ERMINAZ : trois minuscules satellites radioamateurs européens partent dans l’espace

Trois pico-satellites ERMINAZ

Le 1er octobre 2026, trois satellites pas tout à fait comme les autres doivent prendre le chemin de l’espace. Baptisés ERMINAZ-2U, ERMINAZ-2V et ERMINAZ-2X, ils ne mesurent que 5 cm de côté et pèsent environ 250 grammes. Malgré leur taille minuscule, ces PocketQubes constituent de véritables laboratoires radioamateurs en orbite.

Le lancement est actuellement annoncé à 18 h 18 UTC, soit 20 h 18 en France métropolitaine, à bord de la mission Transporter-18 depuis la base de Vandenberg en Californie. L’horaire reste naturellement susceptible d’être modifié jusqu’au dernier moment.

Plus petits qu’un CubeSat

Nous connaissons maintenant assez bien les CubeSats, ces satellites construits à partir d’unités d’environ 10 × 10 × 10 cm. ERMINAZ va encore plus loin dans la miniaturisation.

Chaque satellite est un PocketQube 1P de seulement 50 × 50 × 50 mm. Huit engins de cette taille pourraient théoriquement tenir dans le volume d’un CubeSat 1U !

Les ERMINAZ-2 sont issus d’un projet conduit par AMSAT-DL, s’appuyant notamment sur l’expérience acquise avec les précédents ERMINAZ et sur les travaux open source QUBIK de la Libre Space Foundation.

Trois satellites à écouter

L’intérêt pour les radioamateurs est immédiat puisque les trois engins utiliseront nos bandes VHF et UHF.

Satellite Fréquence Indicatif
ERMINAZ-2U 435,900 MHz DP0PQA
ERMINAZ-2V 145,920 MHz DP0PQB
ERMINAZ-2X 145,960 MHz DP0PQC

Ces fréquences ont fait l’objet d’une coordination auprès de l’IARU.

Les ERMINAZ ne se contenteront pas d’émettre quelques « bips ». La plateforme permet différentes expérimentations numériques : télémétrie CCSDS, balise CW, transmission d’images SSDV, fonctions de digipeater et plusieurs types de modulation numérique.

Nous avions d’ailleurs déjà présenté sur F5KEE le principe du SSDV, qui permet de découper une photographie en petits paquets radio puis de la reconstruire progressivement au sol.

Un laboratoire de 250 grammes

À bord se trouvent également différents capteurs permettant de recueillir des données sur l’environnement du satellite. La plateforme ERMINAZ comprend notamment des capteurs inertiels et un détecteur de rayonnement.

Les radioamateurs ne recevront donc pas seulement un indicatif : ils pourront récupérer de véritables données scientifiques et techniques.

Illustration unique à placer ici

Schéma : ERMINAZ en orbite → liaison 145/435 MHz → antenne Yagi → SDR → ordinateur affichant télémétrie et image SSDV.

Une orbite à environ 500–600 km

Les ERMINAZ-2 doivent rejoindre une orbite terrestre basse héliosynchrone, inclinée d’environ 97°, avec une altitude approximativement comprise entre 500 et 600 km.

Un tour de Terre devrait demander environ 95 minutes.

Depuis la France, nous disposerons donc régulièrement de passages de quelques minutes pendant lesquels il faudra suivre le satellite… et tenir compte du décalage Doppler.

Sur 435,900 MHz notamment, la fréquence reçue évoluera sensiblement entre l’arrivée du satellite à l’horizon, son passage au plus près et sa disparition.

Pourrons-nous recevoir ERMINAZ à F5KEE ?

C’est probablement la partie la plus intéressante de l’aventure : oui, nous pourrons essayer !

Une station composée d’une antenne VHF/UHF, d’un SDR et d’un ordinateur devrait déjà permettre de rechercher les signaux. Une Yagi, un préamplificateur placé près de l’antenne et un rotor azimut/élévation amélioreront naturellement considérablement les résultats.

L’ensemble du projet présente en outre un intérêt particulier pour les expérimentateurs : une partie importante du matériel et des logiciels ERMINAZ est publiée en open source.

Rendez-vous après le lancement !

Faire tenir un émetteur radio, des capteurs, une alimentation solaire, un ordinateur de bord et tout ce qui permet à un satellite de fonctionner dans un cube de cinq centimètres constitue déjà une remarquable démonstration de miniaturisation.

Mais pour nous, radioamateurs, l’expérience commencera véritablement lorsque les premières balises seront entendues.

Il ne restera alors plus qu’à orienter les antennes vers le ciel et à partir à la recherche de DP0PQA, DP0PQB et DP0PQC !

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