Bienvenue sur le Site du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon (91 – Essonne)!

Chers(es) visiteurs(ses) et passionnés(es) de radio et de sciences,

Le Radio-Club F5KEE vous accueille à la Maison des Associations de Viry-Châtillon, au cœur de l’Essonne. Dans ce lieu ouvert et convivial, nous réunissons toutes celles et ceux qui partagent la curiosité des sciences, des techniques et des communications sans fil.

Le radioamateurisme, c’est bien plus qu’un simple hobby :
c’est une passion universelle, où l’on apprend à dialoguer avec le monde entier, à construire ses propres antennes et équipements, à explorer la propagation des ondes, mais aussi à découvrir les technologies numériques et les satellites.

À qui s’adresse le radio-club ?

Le F5KEE s’adresse à tous les publics :

  • les curieux qui veulent découvrir ce qu’est la radio et comment on peut communiquer sans Internet,

  • les jeunes et étudiants attirés par la technique, l’électronique ou l’aéronautique,

  • les futurs radioamateurs qui souhaitent préparer la licence,

  • les opérateurs confirmés qui veulent partager leurs expériences, expérimenter ou participer à des contests,

  • et plus largement, toute personne désireuse d’apprendre, de pratiquer et d’échanger dans un cadre associatif.

Que fait-on au F5KEE ?

Nos activités sont variées et adaptées à tous les niveaux :

  • Découverte et formation : initiation aux bases de la radio, aide à la préparation de la licence radioamateur.

  • Pratique du trafic : contacts en phonie, en CW (morse), en modes numériques (FT8, …), via satellites ou encore à travers le monde en HF.

  • Expérimentations techniques : réalisation et essais d’antennes, utilisation du SDR, projets autour de l’Arduino ou d’interfaces numériques.

  • Activités collectives : organisation de démonstrations publiques, projets éducatifs en lien avec les écoles ou évènements internationaux (ARISS, QO-100, etc.).

  • Vie de club : échanges, entraide, convivialité et partage de connaissances dans une ambiance amicale.

Pourquoi nous rejoindre ?

Adhérer au Radio-Club F5KEE, c’est rejoindre une communauté dynamique et passionnée, c’est apprendre en pratiquant, c’est aussi trouver un lieu où la curiosité technique et la convivialité se conjuguent au quotidien.

C’est également l’occasion d’acquérir des bases solides en électricité et en électronique, compétences précieuses pour comprendre le fonctionnement des équipements mais aussi pour, pourquoi pas, préparer un futur métier dans les domaines techniques, scientifiques ou industriels.

Que vous soyez simple curieux, débutant ou opérateur chevronné, poussez la porte de la Maison des Associations de Viry-Châtillon : F5KEE vous accueille et vous invite à découvrir le monde fascinant du radioamateurisme.

L’équipe du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon

FT8Activity : rendez-vous ce soir sur 144 MHz

Banniere contest FT8Activity 2 septembre 2026

Les amateurs de communications numériques ont rendez-vous ce mercredi 2 septembre 2026 pour une nouvelle manche de FT8Activity Europe. Cette rencontre amicale se déroulera sur la bande des 2 mètres, en FT8 et en FT4, de 17 h 00 à 21 h 00 UTC, soit de 19 h 00 à 23 h 00 en France métropolitaine.

FT8Activity est une série européenne destinée à encourager l’utilisation des modes numériques à signaux faibles sur les bandes VHF et UHF. Le calendrier prévoit généralement une soirée par mois sur chacune des trois bandes concernées : 144 MHz, 432 MHz et 1 296 MHz. Ce 2 septembre, c’est donc le 144 MHz qui sera à l’honneur.

Une occasion de tester sa station 2 mètres

Cette soirée n’est pas uniquement réservée aux compétiteurs. Elle constitue une excellente occasion de vérifier les performances d’une station VHF : sensibilité du récepteur, stabilité en fréquence, synchronisation de l’ordinateur, puissance réellement disponible ou encore efficacité de l’antenne.

Une simple antenne verticale permettra certainement de décoder quelques stations proches. Pour rechercher des liaisons plus lointaines, une Yagi installée horizontalement et orientée vers les principales zones d’activité européennes sera nettement préférable. Même avec une puissance modeste, le FT8 peut révéler des ouvertures de propagation qui passeraient facilement inaperçues en phonie.

L’activité devrait se concentrer autour de la fréquence FT8 habituelle de 144,174 MHz. Avant de commencer, il faudra vérifier que l’horloge de l’ordinateur est correctement synchronisée : une erreur de quelques secondes suffit à compromettre les décodages.

Comment participer ?

L’échange comprend le report et le locator Maidenhead à quatre caractères, par exemple JN18 pour une partie de l’Île-de-France. Chaque indicatif ne compte qu’une fois et les différents carrés Locator contactés servent de multiplicateurs. Deux catégories de puissance sont prévues, avec une limite de 100 watts sur 144 MHz pour la catégorie basse puissance.

À la fin de l’activité, les contacts doivent être exportés depuis WSJT-X ou JTDX sous la forme d’un fichier ADIF. Celui-ci peut ensuite être déposé directement sur le site de FT8Activity, sans création préalable de compte. Le classement est calculé automatiquement et les résultats peuvent être consultés en ligne. Les journaux de cette manche sont attendus au plus tard le 5 septembre.

Que l’on souhaite marquer des points, essayer une nouvelle antenne ou simplement découvrir le FT8 en VHF, cette soirée constitue une excellente occasion d’écouter ce qui se passe au-delà de l’horizon.

Informations et dépôt des logs : FT8Activity Europe.

Radio Bulgarie : vos rapports d’écoute récompensés par une nouvelle série de cartes QSL

QSL Radio Bulgarie

Bonne nouvelle pour les SWL, radioamateurs et collectionneurs de cartes QSL : à l’occasion de son 90e anniversaire, Radio Bulgarie poursuit en 2026 l’émission d’une série spéciale de 12 cartes QSL destinées à confirmer les rapports d’écoute reçus au cours de l’année.

Chaque mois, une nouvelle carte évoque un épisode de l’histoire de la Radio Nationale Bulgare (RNB) et de Radio Bulgarie.

La QSL n°9, présentée en septembre, est consacrée aux ensembles musicaux de la RNB durant la période 1948-1960. Elle rappelle notamment la création de l’Orchestre symphonique en 1948, de l’Orchestre de musique folklorique et du Chœur mixte en 1952, puis du Big Band et du Chœur d’enfants en 1960.

Comment recevoir une QSL de Radio Bulgarie ?

Pour obtenir une carte, il suffit d’adresser à Radio Bulgarie un rapport d’écoute suffisamment détaillé.

Pour les émissions de Radio Bulgarie, il faut notamment indiquer la date et la langue de l’émission. Pour les programmes entendus sur les autres stations de la RNB, précisez la date, l’heure et la fréquence, accompagnées de quelques détails permettant d’identifier le contenu reçu.

Le rapport peut être envoyé par courriel à reception.report@bnr.bg, ou par courrier postal à :

Radio nationale bulgare
1040 Sofia
4, boulevard « Dragan Tsankov »
À l’attention de Dessislava Semkovska
Bulgarie

Pensez surtout à indiquer votre adresse postale complète afin de permettre l’envoi de la carte QSL.

Autre détail intéressant pour les collectionneurs : la RNB peut également confirmer certains rapports avec des cartes provenant d’anciennes séries. Il suffit d’en faire la demande dans votre rapport d’écoute.

Une sympathique occasion de renouer avec la tradition du DX et des QSL internationales !

Source et présentation de la QSL n°9 : Radio Bulgarie – QSL n°9

IARU Region 1 VHF Contest 2026 : l’Europe sur 144 MHz les 5 et 6 septembre

Banniere contest VHF 5 et 6 septembre 2026

Le week-end des 5 et 6 septembre 2026, les antennes VHF vont être particulièrement sollicitées ! Comme chaque premier week-end de septembre, l’IARU Région 1 VHF Contest réunira des centaines de stations radioamateurs à travers l’Europe pour l’un des rendez-vous les plus importants de l’année sur la bande des 2 mètres.

En France, le calendrier de la Commission des concours du REF confirme le rendez-vous : départ samedi 5 septembre à 14 h 00 UTC, soit 16 h 00 heure française, et fin le dimanche 6 septembre à 14 h 00 UTC. Pendant 24 heures, une seule bande est concernée : le 144 MHz.

Un concours accessible à tous

Le principe est simple : contacter le plus grand nombre possible de stations et, surtout, parcourir le maximum de kilomètres par radio.

Lors de chaque QSO, les opérateurs échangent le RS ou RST, un numéro de série commençant à 001 et leur locator Maidenhead à six caractères. Le calcul des points est particulièrement facile à comprendre : un kilomètre parcouru correspond à un point. Une liaison de 650 km rapporte donc environ 650 points.

C’est ce qui rend ce concours particulièrement intéressant. Une station modestement équipée peut réaliser de belles performances dès lors qu’elle dispose d’un emplacement dégagé et d’une antenne directive correctement orientée.

Les catégories permettent notamment de participer en mono-opérateur, multi-opérateurs ou pendant seulement six heures, avec également des distinctions de puissance. La catégorie Low Power est limitée à 100 W PEP et impose certaines conditions concernant le système d’antenne.

CW, SSB et FM

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le concours n’est pas exclusivement réservé à la SSB. Plusieurs modes analogiques peuvent être employés conformément au règlement et au plan de bande IARU.

Pour rechercher les stations DX, l’activité sera toutefois particulièrement importante dans la partie SSB/CW du 144 MHz. Une antenne directive horizontale et quelques dizaines de watts permettent déjà de participer sérieusement, surtout lorsque les conditions de propagation sont favorables.

Attention également à ne pas confondre ce rendez-vous avec le concours IARU UHF/SHF : celui-ci aura lieu les 3 et 4 octobre 2026 et concernera alors les bandes 432 MHz et au-dessus.

Comment envoyer son log ?

Les contacts doivent être enregistrés dans un logiciel de concours capable de produire un fichier au format EDI (REG1TEST), format traditionnellement utilisé pour les concours VHF/UHF IARU Région 1.

Pour les stations souhaitant concourir directement au classement IARU, le règlement prévoit une transmission au robot de concours IARU Région 1. Une attention particulière doit être portée au délai : les stations souhaitant être éligibles à la victoire dans leur catégorie doivent transmettre directement leur log au robot IARU avant 23 h 59 UTC le lundi suivant le concours.

Règlement IARU Région 1 :
Consulter le règlement du concours VHF IARU Région 1

Envoi du log :
Robot officiel des concours IARU Région 1

Informations françaises :
Commission des concours du REF

Que l’objectif soit de battre son record de distance, de tester une nouvelle antenne ou simplement de réaliser quelques QSO européens, les 5 et 6 septembre seront donc un excellent week-end pour tourner les antennes vers l’horizon et redécouvrir tout le potentiel du 144 MHz !

La roue de la loi d’Ohm : comprendre les formules plutôt que les apprendre par cœur

Banniere Loi d'ohm

La roue de la loi d’Ohm est certainement l’un des aide-mémoires les plus connus en électronique. On la retrouve dans les manuels, les ateliers, les laboratoires et jusque sur les murs de nombreux radio-clubs. Elle rassemble, dans un même dessin, les principales formules permettant de calculer une tension, une intensité, une résistance ou une puissance.

Cette roue est très pratique lorsqu’on connaît déjà la loi d’Ohm. Pourtant, lorsqu’on débute, elle peut produire l’effet inverse de celui recherché : douze formules apparaissent simultanément et il devient difficile de savoir laquelle choisir.

Faut-il alors apprendre toutes ces expressions par cœur ? Heureusement, non. Deux relations fondamentales suffisent pour retrouver l’ensemble de la roue.

Roue Loi d'Ohm

La roue de la loi d’Ohm rassemble les douze formules reliant la tension, l’intensité, la résistance et la puissance.

Que contient la roue de la loi d’Ohm ?

La roue repose sur quatre grandeurs électriques :

Grandeur Symbole Unité
Tension U volt (V)
Intensité I ampère (A)
Résistance R ohm (Ω)
Puissance P watt (W)

La tension représente la différence de potentiel électrique entre deux points. L’intensité correspond au courant qui traverse le circuit. La résistance s’oppose au passage de ce courant, tandis que la puissance indique la quantité d’énergie électrique utilisée ou dissipée chaque seconde.

La roue regroupe généralement les douze formules suivantes :

Pour calculer la tension

    \[U = R \times I\]

    \[U = \frac{P}{I}\]

    \[U = \sqrt{P \times R}\]

Pour calculer l’intensité

    \[I = \frac{U}{R}\]

    \[I = \frac{P}{U}\]

    \[I = \sqrt{\frac{P}{R}}\]

Pour calculer la résistance

    \[R = \frac{U}{I}\]

    \[R = \frac{P}{I^2}\]

    \[R = \frac{U^2}{P}\]

Pour calculer la puissance

    \[P = U \times I\]

    \[P = R \times I^2\]

    \[P = \frac{U^2}{R}\]

Présentées de cette manière, ces douze formules donnent l’impression qu’il faut toutes les mémoriser. En réalité, elles dérivent de seulement deux relations.

Les deux formules à retenir

La première est la véritable loi d’Ohm :

    \[U = R \times I\]

Elle signifie que la tension aux bornes d’une résistance est égale à la valeur de cette résistance multipliée par le courant qui la traverse.

La seconde est la formule de la puissance électrique :

    \[P = U \times I\]

Elle indique que la puissance consommée ou dissipée est égale au produit de la tension par l’intensité.

deux relations fondamentales

Deux relations fondamentales suffisent pour retrouver toutes les formules de la roue.

Ces deux expressions constituent le point de départ de toutes les autres formules de la roue.

Par exemple, si nous connaissons la tension et la résistance, nous pouvons transformer la loi d’Ohm pour rechercher l’intensité :

    \[I = \frac{U}{R}\]

Si nous remplaçons ensuite II par U/RU/R dans la formule de la puissance, nous obtenons :

    \[P = U \times \frac{U}{R}\]

Soit :

    \[P = \frac{U^2}{R}\]

La roue n’est donc pas un ensemble de douze lois différentes. C’est simplement une représentation des différentes façons de combiner deux relations fondamentales.

Une autre approche : que cherche-t-on ?

methode je cherche je connais

Pour sélectionner la bonne formule, il suffit d’identifier la grandeur recherchée et les deux grandeurs connues.

Plutôt que de parcourir toute la roue à la recherche d’une formule, commençons par nous poser une question :

Quelle grandeur voulons-nous calculer ?

Nous devons choisir entre :

  • U : la tension ;
  • I : l’intensité ;
  • R : la résistance ;
  • P : la puissance.

Demandons-nous ensuite :

Quelles sont les deux grandeurs déjà connues ?

Ces deux questions suffisent généralement pour sélectionner la formule appropriée.

Prenons un exemple simple. Une résistance de 24 Ω est alimentée sous 12 V. Nous voulons connaître le courant qui la traverse.

Nous cherchons donc I et nous connaissons U et R. La relation à utiliser devient immédiatement :

    \[I = \frac{U}{R}\]

Le calcul donne :

    \[I = \frac{12}{24} = 0,5\ \text{A}\]

Le courant traversant la résistance est donc de 0,5 A, soit 500 mA.

Cette démarche est plus facile à retenir qu’une roue complète : je détermine ce que je cherche, j’identifie ce que je connais, puis je choisis la formule correspondante.

Un exemple appliqué à la radio

Supposons que nous mesurions une tension efficace de 20 V aux bornes d’une charge fictive de 50 Ω. Quelle puissance reçoit-elle ?

Nous cherchons P, tandis que nous connaissons U et R. La formule adaptée est :

    \[P = \frac{U^2}{R}\]

En remplaçant les lettres par les valeurs :

    \[P = \frac{20^2}{50}\]

    \[P = \frac{400}{50} = 8\ \text{W}\]

La charge fictive reçoit donc une puissance de 8 W.

Dans le cas d’un signal alternatif ou radiofréquence, la tension utilisée dans ce calcul doit être une tension efficace, également appelée tension RMS. Une mesure crête ou crête à crête ne peut pas être introduite directement dans la formule sans conversion préalable.

Ne pas oublier les unités

De nombreuses erreurs ne viennent pas de la formule, mais des unités employées.

Il faut notamment se souvenir que :

  • 1 A = 1 000 mA ;
  • 1 mA = 0,001 A ;
  • 1 kΩ = 1 000 Ω ;
  • 1 MΩ = 1 000 000 Ω ;
  • 1 kW = 1 000 W ;
  • 1 mW = 0,001 W.

Prenons une LED parcourue par un courant de 20 mA. Pour effectuer un calcul en ampères, il faut convertir cette valeur :

    \[20\ \text{mA} = 0,020\ \text{A}\]

Si cette conversion est oubliée, le résultat sera mille fois trop grand ou trop petit.

Une bonne habitude consiste donc à convertir toutes les valeurs en volts, ampères, ohms et watts avant de commencer le calcul. On pourra ensuite exprimer le résultat avec l’unité la plus pratique.

La roue reste-t-elle utile ?

Oui, car elle constitue un excellent aide-mémoire. Elle permet à une personne déjà familiarisée avec les grandeurs électriques de retrouver rapidement une formule.

Cependant, la roue ne doit pas remplacer le raisonnement. Elle devient beaucoup plus facile à utiliser lorsque l’on comprend que :

  1. seules deux relations sont véritablement fondamentales ;
  2. la grandeur recherchée détermine la famille de formules ;
  3. les deux grandeurs connues permettent de choisir la formule exacte ;
  4. les unités doivent être vérifiées avant le calcul.

La meilleure façon d’apprendre la loi d’Ohm n’est donc pas de mémoriser aveuglément douze expressions. Il faut commencer par comprendre les relations entre la tension, l’intensité, la résistance et la puissance.

Un calculateur pour apprendre en pratiquant

Le calculateur interactif placé ci-dessous reprend cette méthode progressive.

Commencez par sélectionner la grandeur recherchée : U, I, R ou P. Indiquez ensuite les deux grandeurs que vous connaissez, puis saisissez leurs valeurs et leurs unités. La formule correspondante sera choisie automatiquement.

Un volet d’explication permet également de comprendre comment la formule a été obtenue. L’objectif n’est donc pas seulement de fournir un résultat, mais d’aider chacun à acquérir le bon raisonnement.

Après quelques essais, la roue de la loi d’Ohm ne devrait plus apparaître comme un tableau rempli de formules compliquées. Elle deviendra ce qu’elle aurait toujours dû être : un simple aide-mémoire représentant les relations logiques entre quatre grandeurs électriques.

Liens utiles pour aller plus loin

POTA : du premier CQ au fichier ADIF ! (6/13)

Bannière POTA fichier ADIF

Dans notre précédent article, « POTA en QRP : 5 watts, vraiment suffisants ? », nous avons vu qu’une bonne antenne, quelques watts et un peu de stratégie peuvent suffire pour remplir le log.

Justement, parlons-en, de ce fameux log POTA !

Vous venez de terminer votre activation. Dix, vingt ou peut-être cinquante indicatifs sont inscrits dans le carnet. Mission accomplie ?

Presque ! Il reste une étape essentielle : transformer ces QSO en fichier ADIF et transmettre le log à POTA. C’est lui qui permettra de créditer votre activation… mais également les Hunters qui vous ont contacté.

La vie d'un QSO POTA

La vie d’un QSO POTA : après le contact radio, les informations sont enregistrées dans le log, exportées au format ADIF puis transmises à POTA. Le traitement du fichier permet ensuite de créditer l’Activator, mais aussi les Hunters qui l’ont contacté. D’où l’importance de conserver un log complet et correctement renseigné.

Que faut-il noter pendant le QSO ?

Bonne nouvelle : inutile d’écrire un roman à chaque contact.

Pour traiter correctement les QSO, POTA demande notamment les informations suivantes :

  • votre indicatif de station ou d’opérateur ;
  • l’indicatif du correspondant ;
  • la date UTC ;
  • l’heure UTC ;
  • la bande ;
  • le mode ou sous-mode.

Ce sont les informations essentielles qui devront finalement se retrouver dans le fichier ADIF. POTA accepte également plusieurs champs complémentaires permettant notamment d’identifier votre parc et les contacts Park-to-Park.

Un report, le prénom du correspondant ou quelques commentaires peuvent évidemment être conservés dans votre log personnel, mais ils ne constituent pas les éléments essentiels au traitement d’un QSO POTA.

Papier ou électronique ?

Les deux !

Un smartphone ou une tablette permettent de logger directement sur le terrain et, selon le logiciel choisi, d’exporter ensuite le fichier ADIF.

Un ordinateur apporte encore davantage de possibilités, notamment lorsqu’il est relié au transceiver : fréquence, heure et mode peuvent alors être enregistrés automatiquement.

Mais l’électronique possède un défaut bien connu : elle tombe parfois en panne précisément lorsqu’on en a besoin.

Le carnet et le crayon restent donc d’excellents compagnons. POTA reconnaît parfaitement le logging papier ; il faudra simplement retranscrire les contacts après l’activation dans un logiciel capable de produire un ADIF. Le guide officiel recommande même de photographier les pages du carnet avec son téléphone afin d’en conserver une sauvegarde.

UTC : attention au changement de journée !

Votre montre indique 23 h 30 ?

Avant d’écrire la date dans le log, demandez-vous : 23 h 30 dans quel fuseau ?

POTA utilise la date et l’heure UTC pour les QSO.

En France métropolitaine, l’heure légale est généralement UTC+2 en été et UTC+1 en hiver. Ainsi, 22 h 30 locales en été correspondent à 20 h 30 UTC.

Ce détail devient particulièrement important autour de minuit UTC, puisque les contacts nécessaires à une activation sont comptabilisés par journée UTC.

Le plus simple consiste donc à régler dès le départ l’horloge du logiciel ou de la montre utilisée pour le logging sur UTC.

ADIF : derrière le nom barbare, quelque chose de simple

ADIF signifie Amateur Data Interchange Format.

Il s’agit d’un format standard permettant aux logiciels radioamateurs d’échanger des journaux de trafic.

Une entrée peut ressembler à ceci :

<CALL:5>F1ABC <QSO_DATE:8>20260828 <TIME_ON:4>1423 <BAND:3>20M <MODE:3>SSB <EOR>

Pas besoin de devenir programmeur !

CALL contient l’indicatif, QSO_DATE la date UTC, TIME_ON l’heure UTC, BAND la bande et MODE le mode utilisé.

POTA exige que les logs d’activation soient transmis au format ADIF.

Le logiciel de logging se charge normalement de créer ce fichier pour vous.

Anatomie d'un fichier ADIF POTA

Anatomie d’un fichier ADIF POTA : chaque QSO est décrit par une série de champs indiquant notamment l’indicatif, la date et l’heure UTC, la bande et le mode. Les champs MY_SIG_INFO et SIG_INFO permettent en plus d’identifier votre parc et, lors d’un contact Park-to-Park, celui de votre correspondant.

Et comment POTA sait-il dans quel parc j’étais ?

Deux champs ADIF sont particulièrement intéressants :

MY_SIG = POTA

et

MY_SIG_INFO = référence de votre parc

Par exemple, MY_SIG_INFO peut contenir la référence POTA du parc que vous activez.

Ces champs sont optionnels, car l’outil d’importation peut vous demander les informations manquantes lors de l’envoi. Il est néanmoins très pratique que le logiciel de logging les renseigne directement.

Vous obtenez alors un fichier beaucoup plus explicite et réutilisable ultérieurement.

P2P : surtout, notez le parc du voisin !

Lors d’un Park-to-Park, vous contactez un autre Activator depuis votre propre parc.

En plus de son indicatif, notez donc sa référence POTA.

Dans l’ADIF, deux champs sont prévus :

SIG = POTA

SIG_INFO = parc du correspondant

POTA recommande fortement de renseigner SIG_INFO pour les P2P. Cela devient particulièrement important lorsque l’un des opérateurs active plusieurs références simultanément ou successivement : une référence SIG_INFO correcte permet au système d’identifier les crédits P2P correspondants.

Lorsque vous entendez :

« Park-to-Park ! »

le réflexe doit donc être :

indicatif + référence du parc.

Vérifiez avant d’envoyer !

L’activation est terminée et votre logiciel vient de produire activation.adi.

Ne cliquez pas immédiatement partout !

Vérifiez au minimum :

indicatifs — date UTC — heure UTC — bande — mode — votre parc — références P2P.

POTA rappelle que l’intégrité du log reste sous la responsabilité de l’Activator et recommande de le contrôler avant l’envoi.

Les doublons ne nécessitent toutefois pas une chasse obsessionnelle : l’outil POTA les détecte et les rejette automatiquement.

Avant d'envoyer : la checklist du log

La checklist avant d’envoyer son log POTA : vérifiez les indicatifs, la date et l’heure UTC, la bande, le mode et la référence du parc, sans oublier SIG_INFO pour les contacts Park-to-Park. Une dernière relecture du fichier ADIF avant son envoi sur POTA évite bien des corrections… et garantit que les Hunters recevront correctement leurs crédits.

Direction POTA !

Une fois connecté à pota.app, ouvrez la rubrique « My Log Uploads ».

Sélectionnez votre fichier ADIF et suivez les étapes proposées par l’outil d’importation. Celui-ci exploite les informations présentes dans le fichier et peut demander certaines précisions lorsqu’elles manquent.

POTA recommande, lorsque c’est possible, de regrouper les contacts d’une même activation dans un seul fichier ADIF, même si ce n’est pas obligatoire. Un fichier peut également contenir plusieurs journées UTC.

J’ai fait seulement 8 QSO : je jette le fichier ?

Surtout pas !

Même si vous n’avez pas atteint les dix contacts nécessaires pour obtenir le crédit d’activation, transmettez votre log.

Pourquoi ?

Parce que les Hunters ne transmettent pas leurs propres logs à POTA. Leurs crédits proviennent des logs envoyés par les Activators.

Vos huit correspondants comptent donc sur vous !

Une erreur après l’envoi ?

Vous découvrez que votre fichier contenait une erreur ?

La procédure actuelle consiste à demander la suppression du log erroné depuis My Log Uploads, avec le bouton de support correspondant. Une fois l’ancien log retiré par le helpdesk, vous pouvez envoyer la version corrigée.

Les bénévoles POTA ne modifient pas individuellement les QSO à votre place.

D’où l’intérêt de notre vérification avant envoi !

Le log : la mémoire de votre activation

Quelques minutes auparavant, votre activation était faite de signaux parfois faibles, d’indicatifs griffonnés et de voix sortant du haut-parleur.

Après l’envoi de l’ADIF, ces contacts alimentent les statistiques POTA, les crédits des Hunters, vos P2P et éventuellement différents awards.

Le fichier ADIF est donc beaucoup plus qu’une formalité administrative : c’est la mémoire numérique de votre sortie radio.

Et conservez-en une copie !

Une batterie peut se vider, un ordinateur tomber en panne et un service en ligne évoluer…

mais un bon fichier ADIF sauvegardé ne pèse que quelques kilo-octets.

Le prochain volet sera : « POTA : où planter l’antenne sans planter l’activation ? »

Pour aller plus loin

Code couleur des résistances : comment lire leur valeur sans se tromper ?

Banniere code couleur resistance

Les résistances font partie des composants que l’on rencontre le plus souvent en électronique. Dans un montage radioamateur, une alimentation, un amplificateur, un filtre ou une simple carte Arduino, elles sont partout. Pourtant, contrairement à de nombreux composants modernes, les résistances traversantes n’affichent généralement pas leur valeur en clair.

Pour connaître leur valeur, il faut décoder les anneaux de couleur imprimés sur leur corps. Le principe est simple une fois que l’on connaît la règle. Voyons comment lire rapidement une résistance à 4, 5 ou 6 anneaux.

Pourquoi utiliser des couleurs ?

Une petite résistance ne laisse pas beaucoup de place pour imprimer « 4,7 kΩ ±5 % ». Les fabricants utilisent donc depuis longtemps un système normalisé dans lequel chaque couleur représente un chiffre, un multiplicateur ou une tolérance.

Le principe repose sur une série de dix couleurs correspondant aux chiffres de 0 à 9 :

Noir 0 – Brun 1 – Rouge 2 – Orange 3 – Jaune 4 – Vert 5 – Bleu 6 – Violet 7 – Gris 8 – Blanc 9.

À celles-ci viennent notamment s’ajouter l’or et l’argent, utilisés pour certains multiplicateurs et pour les tolérances.

Le tableau du code couleur des résistances

tableau du code couleur des résistances

Le tableau suivant constitue la référence essentielle à conserver près de l’établi.

Couleur Chiffre Multiplicateur Tolérance Coeff. température
Noir 0 × 1 250 ppm/°C
Brun 1 × 10 ± 1 % 100 ppm/°C
Rouge 2 × 100 ± 2 % 50 ppm/°C
Orange 3 × 1 k 15 ppm/°C
Jaune 4 × 10 k 25 ppm/°C
Vert 5 × 100 k ± 0,5 % 20 ppm/°C
Bleu 6 × 1 M ± 0,25 % 10 ppm/°C
Violet 7 × 10 M ± 0,1 % 5 ppm/°C
Gris 8 × 100 M ± 0,05 % 1 ppm/°C
Blanc 9 × 1 G
Or × 0,1 ± 5 %
Argent × 0,01 ± 10 %

Dans quel sens lire une résistance ?

Avant même de décoder les couleurs, il faut savoir dans quel sens tenir la résistance.

Sur une résistance classique à quatre anneaux, l’anneau de tolérance, souvent or ou argent, est généralement légèrement séparé des autres. Il doit se trouver à droite.

On commence donc la lecture depuis l’autre extrémité.

Lorsque les anneaux sont difficiles à distinguer ou régulièrement espacés, cette règle peut être moins évidente, notamment avec certaines résistances de précision. Dans le doute, le multimètre reste le meilleur arbitre.

Comment lire une résistance à 4 anneaux ?

C’est probablement le cas le plus courant dans les tiroirs de nos ateliers.

Les quatre anneaux correspondent à :

1er anneau : premier chiffre
2e anneau : deuxième chiffre
3e anneau : multiplicateur
4e anneau : tolérance

Prenons une résistance :

Jaune – Violet – Rouge – Or

Jaune correspond à 4, violet à 7 et rouge indique un multiplicateur de ×100.

Nous obtenons donc :

47 × 100 = 4 700 Ω

soit :

4,7 kΩ ±5 %

L’anneau or indique en effet une tolérance de ±5 %.

Cela signifie que la résistance réelle peut théoriquement se situer entre environ 4,465 kΩ et 4,935 kΩ.

Et une résistance à 5 anneaux ?

Les résistances de précision utilisent fréquemment cinq anneaux. Cette fois, les trois premiers anneaux représentent trois chiffres significatifs.

La lecture devient :

1er anneau : premier chiffre
2e anneau : deuxième chiffre
3e anneau : troisième chiffre
4e anneau : multiplicateur
5e anneau : tolérance

Prenons :

Brun – Noir – Noir – Rouge – Brun

Les trois premiers anneaux donnent :

1 – 0 – 0 = 100

Le rouge correspond au multiplicateur ×100 :

100 × 100 = 10 000 Ω

Nous avons donc une résistance de :

10 kΩ ±1 %

Le dernier anneau brun indique la tolérance de ±1 %.

Et une résistance à 5 anneaux ?

Lecture pratique du code couleur : exemples de résistances à 4 et 5 anneaux et calcul de leur valeur.CodeCouleur

Et avec 6 anneaux ?

Une résistance à six anneaux se lit pratiquement comme une résistance à cinq anneaux. Le sixième anneau ajoute généralement une information concernant le coefficient de température.

Celui-ci s’exprime en ppm/°C, c’est-à-dire en parties par million par degré Celsius.

Cette caractéristique est surtout importante dans les circuits de précision : appareils de mesure, références de tension, oscillateurs, circuits analogiques sensibles ou équipements devant conserver leurs caractéristiques malgré les variations de température.

Pour nos montages courants, cette information est souvent secondaire, mais il est utile de savoir à quoi correspond ce mystérieux sixième anneau.

Attention aux résistances de faible valeur

L’or et l’argent ne servent pas uniquement à indiquer la tolérance. Lorsqu’ils occupent la position du multiplicateur, ils permettent de représenter des résistances inférieures à 10 Ω.

Par exemple :

Rouge – Rouge – Or – Or

Rouge = 2
Rouge = 2
Or = ×0,1

Donc :

22 × 0,1 = 2,2 Ω

avec une tolérance de ±5 %.

De même, l’argent comme multiplicateur correspond à ×0,01.

Une petite astuce pour mémoriser le code

Il n’est finalement pas indispensable d’apprendre immédiatement toutes les correspondances. Avec l’habitude, les couleurs les plus utilisées finissent par être mémorisées naturellement.

On rencontre par exemple très souvent :

Brun = 1
Rouge = 2
Orange = 3
Jaune = 4

Ainsi, une résistance brun-noir-rouge devient rapidement reconnaissable : 10 × 100 = 1 kΩ.

Une jaune-violet-rouge donne 47 × 100 = 4,7 kΩ.

Une brun-noir-orange donne 10 × 1 000 = 10 kΩ.

Et une jaune-violet-orange donne 47 × 1 000 = 47 kΩ.

À force de manipuler des composants, certaines valeurs deviennent reconnaissables au premier coup d’œil.

Les couleurs ne sont pas toujours faciles à distinguer

Sur le papier, le système paraît infaillible. Sur l’établi, c’est parfois une autre histoire !

Une résistance ancienne ayant chauffé peut présenter des couleurs altérées. Le rouge peut être confondu avec le brun, le bleu avec le violet et certaines teintes deviennent difficiles à identifier sous un mauvais éclairage.

Le problème est encore plus sensible pour les personnes ayant des difficultés à distinguer certaines couleurs.

Il ne faut donc jamais hésiter à utiliser un multimètre.

Pour obtenir une mesure fiable dans un circuit, il peut être nécessaire de dessouder au moins une patte de la résistance. Les autres composants connectés en parallèle peuvent sinon modifier complètement la valeur mesurée.

Code couleur ou multimètre ?

Les deux méthodes sont complémentaires.

Le code couleur permet d’identifier immédiatement la valeur nominale prévue par le fabricant et sa tolérance. Le multimètre permet de connaître la valeur réellement mesurée.

Cette distinction peut devenir intéressante lors d’un dépannage. Une résistance ayant fortement chauffé ou vieilli peut avoir changé de valeur, alors que ses anneaux continuent évidemment d’indiquer sa valeur d’origine.

Une résistance marquée 10 kΩ ±5 % mais mesurée à 15 kΩ mérite donc quelques soupçons !

Ce qu’il faut retenir

Pour une résistance à 4 anneaux, retenez simplement :

2 chiffres + multiplicateur + tolérance

Pour une résistance à 5 anneaux :

3 chiffres + multiplicateur + tolérance

Et pour une résistance à 6 anneaux :

3 chiffres + multiplicateur + tolérance + coefficient de température

Enfin, lorsque les couleurs sont douteuses, que la résistance semble avoir chauffé ou que vous dépannez un appareil, ne faites pas une confiance aveugle aux anneaux : sortez le multimètre !

Le code couleur permet de savoir ce que la résistance devrait être. La mesure permet de savoir ce qu’elle est réellement.

Formulaire de calcul des résistances

Mettre FT8 dans un ballon : peut-on faire des QSO HF depuis la stratosphère avec quelques milliwatts ?

Banniere ballon FT8

Faire décoller un émetteur WSPR sous un ballon est déjà une expérience fascinante. Mais pourquoi se contenter d’une balise ? Pourrait-on installer une véritable station FT8 sous un ballon stratosphérique et réaliser des QSO HF depuis 25 ou 30 km d’altitude ?

Un projet britannique permet aujourd’hui de poser sérieusement la question.

Une balise FT8 de seulement 10 mW

Steve, G4AQB, membre du Bolton Wireless Club, a réalisé une petite balise HF capable d’émettre en WSPR et FT8. Elle est basée sur un projet de Gene, W3PM, initialement développé pour la bande expérimentale des 40 MHz.

L’électronique reste étonnamment simple : un Arduino Nano, un synthétiseur Si5351A, un GPS NEO-6M disposant d’une sortie 1 PPS et éventuellement un petit écran OLED.

Le GPS joue ici un rôle essentiel. FT8 exige une excellente synchronisation temporelle, tandis que la fréquence produite par le Si5351 doit rester suffisamment précise. Le logiciel utilise donc le GPS pour maintenir temps et fréquence dans les limites nécessaires.

Plus étonnant encore : la puissance de sortie n’est que de 10 mW.

Lors des essais effectués par G4AQB sur les bandes des 10 et 20 mètres, cette minuscule balise a pourtant été reçue par de nombreuses stations européennes et ses signaux sont apparus sur PSKReporter.

G4AQB explique avoir construit l’ensemble dans la perspective de l’embarquer à bord d’un ballon expérimental haute altitude. À ce jour, aucune date publique de lancement n’a cependant été annoncée.

le principe du ballon FT8

Principe de la balise FT8/WSPR de 10 mW destinée à une future expérience sous ballon stratosphérique.

Projet FT8/WSPR de G4AQB
Projet W3PM sur GitHub

Pourquoi FT8 est-il intéressant dans un ballon ?

FT8 a précisément été conçu pour communiquer lorsque les signaux deviennent extrêmement faibles.

Une transmission occupe une séquence d’environ 15 secondes et WSJT-X est capable de décoder des signaux situés très largement sous le niveau de bruit audible. C’est pourquoi des radioamateurs réalisent quotidiennement des liaisons intercontinentales avec seulement quelques watts.

Documentation officielle WSJT-X

Un ballon possède en plus un avantage spectaculaire : son antenne peut se retrouver à 30 km au-dessus du sol, sans bâtiment, arbre ou relief immédiatement autour d’elle.

Mais attention à une idée reçue : en HF, monter à 30 km ne permet pas automatiquement de communiquer à 5 000 ou 10 000 km.

Pour les grandes distances sur 20 ou 10 mètres, l’ionosphère reste le principal acteur. L’altitude supprime surtout les obstacles proches et offre une situation particulièrement intéressante pour étudier la propagation.

WSPR et FT8 : ce n’est pas la même expérience

Une balise WSPR peut transmettre périodiquement son indicatif et différentes informations. Des stations réparties dans le monde la reçoivent et transmettent leurs reports vers Internet.

Elle répond essentiellement à la question :

« Jusqu’où mon ballon est-il entendu ? »

Une véritable station FT8 poserait une question beaucoup plus ambitieuse :

« Avec quelles stations mon ballon peut-il réellement communiquer ? »

Et cela change complètement l’électronique nécessaire.

Émettre du FT8 ne signifie pas réaliser un QSO

La balise de G4AQB sait émettre des messages FT8 préprogrammés. Elle ne constitue donc pas encore une station capable d’effectuer automatiquement des QSO.

Pour cela, le ballon devrait être capable d’écouter les réponses, de les décoder et d’enchaîner correctement les échanges.

Par exemple :

CQ → appel d’une station → report → R-report → RR73 → 73

Il faudrait donc embarquer non seulement un émetteur, mais également un récepteur HF, un décodeur FT8 et un calculateur capable de gérer automatiquement le QSO.

Nous passerions alors d’une balise de propagation à un véritable transceiver FT8 autonome.

À quoi ressemblerait notre station embarquée ?

Une architecture expérimentale pourrait comporter :

Antenne → filtre HF → récepteur → calculateur → décodeur FT8 → gestion du QSO → synthétiseur → amplificateur → filtre passe-bas → antenne

Il faudrait ajouter un GPS avec référence temporelle, une alimentation, une télémétrie indépendante et probablement des capteurs permettant de connaître l’état de la station.

Un petit ordinateur ARM ou un microcontrôleur suffisamment puissant pourrait assurer une partie du traitement.

La difficulté n’est donc pas vraiment de fabriquer l’émetteur. C’est la réception et le décodage autonome qui compliquent fortement l’expérience.

architecture complète d'une station FT8 bidirectionnelle embarquée

Architecture d’une station FT8 autonome capable de recevoir, décoder et répondre depuis un ballon stratosphérique.

Combien de watts faudrait-il ?

L’expérience de G4AQB donne un indice intéressant puisque seulement 10 mW ont déjà permis des réceptions européennes depuis le sol.

Regardons les différences :

10 mW = +10 dBm
100 mW = +20 dBm
1 W = +30 dBm
5 W ≈ +37 dBm

comparaison 10 mW / 100 mW / 1 W / 5 W

De 10 mW à 5 W : influence théorique de la puissance FT8 sur le bilan de liaison depuis la stratosphère.

Passer de 10 mW à 1 W apporte donc 20 dB supplémentaires.

Dans de bonnes conditions de propagation, quelques centaines de milliwatts pourraient déjà produire des résultats étonnants. Avec 1 ou 2 W, l’expérience deviendrait particulièrement intéressante.

Mais augmenter la puissance entraîne immédiatement davantage de consommation, une batterie plus importante et donc davantage de masse.

Et l’antenne ?

C’est probablement l’un des problèmes les plus intéressants.

Sur 20 mètres, un dipôle demi-onde approche 10 mètres de longueur totale. Sur 10 mètres, seulement 5 mètres environ.

Sous un ballon, une antenne filaire verticale ou légèrement inclinée devient parfaitement envisageable : contrairement à une station terrestre, nous disposons justement de dizaines de mètres… vers le bas !

Le 10 mètres serait donc particulièrement séduisant lorsque la propagation le permet. Le 20 mètres offrirait probablement davantage d’ouvertures, mais au prix d’une antenne plus longue.

Un opérateur FT8 robotisé à 30 km d’altitude ?

Reste une question fondamentale : la station pourrait-elle choisir seule à qui répondre ?

Techniquement, c’est envisageable. Le logiciel pourrait lancer CQ, analyser les réponses reçues, sélectionner un indicatif et dérouler automatiquement la séquence FT8.

Mais cette automatisation introduit une autre dimension : la réglementation. Selon le pays de lancement, il faudra vérifier les règles concernant les stations automatiques, l’identification, les fréquences utilisées, le contrôle de l’émission et naturellement celles concernant le ballon lui-même.

Alors, des QSO FT8 depuis la stratosphère ?

Techniquement, oui.

Et paradoxalement, produire le signal FT8 serait probablement la partie la plus facile.

L’expérience de G4AQB montre déjà qu’un émetteur de 10 mW peut être entendu à plusieurs centaines ou milliers de kilomètres lorsque la propagation coopère. FT8 est précisément destiné aux communications numériques à très faible niveau de signal.

Le véritable défi serait de construire une station suffisamment légère pour recevoir, décoder puis répondre automatiquement.

Un ballon équipé d’un transceiver FT8 de seulement 1 W, d’un GPS et de quelques mètres de fil pourrait alors devenir une extraordinaire expérience de propagation : une station radioamateur autonome flottant à près de 30 km d’altitude.

Et lorsque G4AQB annoncera finalement la date de son lancement, l’expérience méritera assurément d’être suivie sur PSKReporter.

Pour aller plus loin

G4AQB – HF WSPR and FT8 Beacon
W3PM – balise GPS FT8/WSPR
WSJT-X – site officiel
Guide utilisateur WSJT-X
Bolton Wireless Club
PSKReporter
F5KEE – Envoyer sa propre expérience radio dans la stratosphère
F5KEE – Faire le tour du monde avec un ballon de quelques grammes