Bienvenue sur le Site du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon (91 – Essonne)!

Chers(es) visiteurs(ses) et passionnés(es) de radio et de sciences,

Le Radio-Club F5KEE vous accueille à la Maison des Associations de Viry-Châtillon, au cœur de l’Essonne. Dans ce lieu ouvert et convivial, nous réunissons toutes celles et ceux qui partagent la curiosité des sciences, des techniques et des communications sans fil.

Le radioamateurisme, c’est bien plus qu’un simple hobby :
c’est une passion universelle, où l’on apprend à dialoguer avec le monde entier, à construire ses propres antennes et équipements, à explorer la propagation des ondes, mais aussi à découvrir les technologies numériques et les satellites.

À qui s’adresse le radio-club ?

Le F5KEE s’adresse à tous les publics :

  • les curieux qui veulent découvrir ce qu’est la radio et comment on peut communiquer sans Internet,

  • les jeunes et étudiants attirés par la technique, l’électronique ou l’aéronautique,

  • les futurs radioamateurs qui souhaitent préparer la licence,

  • les opérateurs confirmés qui veulent partager leurs expériences, expérimenter ou participer à des contests,

  • et plus largement, toute personne désireuse d’apprendre, de pratiquer et d’échanger dans un cadre associatif.

Que fait-on au F5KEE ?

Nos activités sont variées et adaptées à tous les niveaux :

  • Découverte et formation : initiation aux bases de la radio, aide à la préparation de la licence radioamateur.

  • Pratique du trafic : contacts en phonie, en CW (morse), en modes numériques (FT8, …), via satellites ou encore à travers le monde en HF.

  • Expérimentations techniques : réalisation et essais d’antennes, utilisation du SDR, projets autour de l’Arduino ou d’interfaces numériques.

  • Activités collectives : organisation de démonstrations publiques, projets éducatifs en lien avec les écoles ou évènements internationaux (ARISS, QO-100, etc.).

  • Vie de club : échanges, entraide, convivialité et partage de connaissances dans une ambiance amicale.

Pourquoi nous rejoindre ?

Adhérer au Radio-Club F5KEE, c’est rejoindre une communauté dynamique et passionnée, c’est apprendre en pratiquant, c’est aussi trouver un lieu où la curiosité technique et la convivialité se conjuguent au quotidien.

C’est également l’occasion d’acquérir des bases solides en électricité et en électronique, compétences précieuses pour comprendre le fonctionnement des équipements mais aussi pour, pourquoi pas, préparer un futur métier dans les domaines techniques, scientifiques ou industriels.

Que vous soyez simple curieux, débutant ou opérateur chevronné, poussez la porte de la Maison des Associations de Viry-Châtillon : F5KEE vous accueille et vous invite à découvrir le monde fascinant du radioamateurisme.

L’équipe du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon

Hamlib

Hamlib

Le traducteur universel entre votre ordinateur et votre station radio

Vous utilisez WSJT-X, un logiciel de log, un programme de poursuite satellite ou une application de commande à distance ? Il y a de fortes chances que vous ayez déjà utilisé Hamlib, parfois sans même le savoir.

Ce projet libre joue un rôle discret mais essentiel : permettre aux logiciels radioamateurs de communiquer avec des transceivers, des rotors et même certains amplificateurs sans que chaque programme ait à connaître tous les protocoles de tous les constructeurs.

Pourquoi avons-nous besoin de Hamlib ?

Un transceiver moderne peut généralement être commandé depuis un ordinateur par une liaison USB, série, Ethernet, Wi-Fi ou parfois Bluetooth. Le problème est qu’il n’existe pas un langage CAT universel utilisé de manière identique par tous les appareils.

Icom possède notamment son protocole CI-V, tandis que Yaesu, Kenwood, Elecraft et les autres constructeurs utilisent leurs propres commandes et particularités.

Imaginons un logiciel de modes numériques devant supporter plusieurs centaines de radios. Sans intermédiaire, ses développeurs devraient programmer et maintenir séparément le dialogue avec chacune d’elles.

C’est précisément le problème que résout Hamlib.

Logiciel → Hamlib → protocole du constructeur → transceiver

Hamlib fournit aux logiciels une interface commune, puis se charge de traduire leurs demandes dans le langage compris par le matériel sélectionné.

Pourquoi Hamlib ?

Hamlib, le traducteur de la station

Prenons un exemple simple. Un logiciel souhaite régler le transceiver sur 14,074 MHz.

Pour l’application, l’ordre reste essentiellement : « règle la fréquence sur 14 074 000 Hz ».

Hamlib connaît le modèle de transceiver configuré et son protocole. Son backend, c’est-à-dire le module chargé de gérer cette famille d’appareils, transforme alors la demande en commande appropriée.

Le logiciel n’a donc pas besoin de savoir comment un IC-705, un FT-991A ou un TS-590 réalise cette opération.

C’est toute la force du système : une interface commune côté logiciel et des pilotes spécialisés côté matériel. La liste officielle montre d’ailleurs que Hamlib prend en charge des appareils provenant de très nombreux constructeurs.

Que peut commander Hamlib ?

La fréquence est seulement le début. Selon les possibilités du matériel, Hamlib peut notamment lire ou modifier le mode USB, LSB, CW, FM ou AM, sélectionner les VFO, commander le PTT, gérer le fonctionnement en split ou encore accéder à différents niveaux et réglages.

Mais Hamlib ne s’arrête pas aux transceivers. Le projet propose également des interfaces destinées aux rotors d’antennes et aux amplificateurs.

Toutes les fonctions ne sont évidemment pas disponibles sur tous les équipements. Une commande ne peut être utilisée que si le matériel lui-même la permet et si son protocole est correctement pris en charge.

Du clic de souris jusqu’au transceiver

Prenons maintenant WSJT-X. Lorsque nous sélectionnons une bande, le chemin peut être schématisé ainsi :

WSJT-X

demande une fréquence

Hamlib

traduit la commande

CAT / USB / série / réseau

Transceiver

Dans les paramètres de WSJT-X, nous retrouvons justement le choix du modèle de radio, du port série, de la vitesse de communication et différentes options concernant le PTT et le fonctionnement en split. Le bouton Test CAT permet ensuite de vérifier que le dialogue fonctionne.

Ce qui paraît être une simple sélection dans un menu cache donc toute une chaîne de communication.

Comment une commande arrive jusqu'au poste ?

rigctl, rigctld, rotctl… qu’est-ce que c’est ?

Hamlib fournit également plusieurs utilitaires dont les noms peuvent sembler mystérieux.

rigctl permet de commander et d’interroger un transceiver, notamment depuis une ligne de commande.

rigctld va plus loin : le « d » signifie daemon. Il fonctionne comme un serveur de commande radio auquel d’autres logiciels peuvent se connecter par le réseau.

Pour les rotors, on retrouve le même principe avec rotctl et rotctld.

Cette architecture devient particulièrement intéressante lorsque plusieurs logiciels doivent accéder à la même radio. La documentation de WSJT-X recommande justement l’utilisation d’un véritable serveur de contrôle tel que rigctld plutôt qu’un simple partage du port série, susceptible de provoquer des collisions entre commandes CAT.

Hamlib dans une station radioamateur

Les applications sont nombreuses.

Avec WSJT-X, le logiciel peut automatiquement positionner le transceiver sur la fréquence FT8 appropriée et commander l’émission.

Un logiciel de log peut récupérer fréquence et mode afin de compléter automatiquement un QSO.

Dans une station satellite, un programme de poursuite peut modifier continuellement la fréquence afin de compenser l’effet Doppler et transmettre parallèlement les positions demandées au contrôleur du rotor.

Enfin, grâce au fonctionnement en réseau, Hamlib trouve naturellement sa place dans une station télécommandée.

Dans tous ces exemples, Hamlib n’effectue ni le décodage FT8, ni le calcul de l’orbite, ni la tenue du carnet de trafic. Il assure la communication entre l’application et le matériel.

Hamlib au cœur d'une station automatisée

Hamlib sait aussi faire tourner les antennes

Le pilotage des rotors est particulièrement intéressant pour les expérimentateurs.

Une station automatisée peut être organisée ainsi :

Logiciel de poursuite → Hamlib → contrôleur → rotor

Le logiciel détermine par exemple qu’une antenne doit être orientée vers un azimut de 135° et une élévation de 28°. Hamlib transmet les informations au contrôleur compatible, qui se charge du mouvement réel des moteurs.

Cela ouvre également la porte aux réalisations personnelles utilisant Arduino, Raspberry Pi ou d’autres microcontrôleurs : plutôt que d’inventer toute l’interface logicielle, le constructeur peut chercher à rendre son contrôleur compatible avec un protocole déjà reconnu.

Et quand cela ne fonctionne pas ?

Hamlib n’est pas magique. Un mauvais modèle de transceiver, un port COM incorrect, une mauvaise vitesse série ou une configuration RTS/DTR inadaptée suffisent à empêcher la communication.

Autre piège classique : deux logiciels tentant de commander directement le même port CAT. Les commandes peuvent alors entrer en collision. L’utilisation d’un serveur comme rigctld constitue une solution beaucoup plus propre lorsque plusieurs applications doivent partager le contrôle d’une radio.

Il faut également garder Hamlib suffisamment à jour : la prise en charge des matériels et de leurs fonctionnalités évolue régulièrement.

Une formidable boîte à outils pour expérimenter

Hamlib devient particulièrement intéressant dès que l’on souhaite dépasser le simple couple ordinateur-transceiver.

PC → Hamlib → réseau → Raspberry Pi ou contrôleur → station

À partir de cette architecture, on peut imaginer une station distante, un rotor automatique, une station satellite, un banc de mesure ou quantité d’autres automatismes.

Et comme Hamlib est un projet libre, il constitue également une excellente base pour les radioamateurs qui aiment comprendre, programmer et construire leurs propres équipements.

Pour aller plus loin

Vous souhaitez approfondir Hamlib ou vérifier si votre matériel est compatible ? Quelques ressources de référence permettent d’aller plus loin :

De quoi passer progressivement de la simple utilisation de Hamlib à l’expérimentation et à l’automatisation complète d’une station.

Ce qu’il faut retenir

Hamlib n’est ni un logiciel FT8, ni un carnet de trafic, ni un programme de poursuite satellite. C’est avant tout une couche de communication universelle entre nos logiciels et nos équipements radio.

Il évite aux développeurs de réinventer la commande CAT de chaque appareil et facilite considérablement l’automatisation d’une station.

Vous ne voyez presque jamais Hamlib. Pourtant, il est probablement déjà quelque part dans votre station.

Construire une station satellite automatique : du TLE au moteur du rotor

Station Sat

Suivre un satellite à la main avec une antenne directive est tout à fait possible. Mais lorsqu’un satellite en orbite basse traverse le ciel en quelques minutes, il faut simultanément connaître sa position, orienter l’antenne en azimut et en élévation et, pour certaines liaisons, corriger le décalage Doppler.

La bonne nouvelle, c’est que toutes ces opérations peuvent être automatisées.

Derrière une station satellite automatique se cache une chaîne assez logique :

TLE → calcul orbital → logiciel de poursuite → Hamlib → contrôleur → moteurs → antennes

Voyons comment les différents éléments communiquent.

Tout commence par le TLE

Pour suivre un satellite, il faut d’abord savoir où il se trouve et où il va se trouver quelques secondes plus tard.

C’est notamment le rôle des données orbitales appelées TLE — Two-Line Element Set. Malgré leur aspect quelque peu cryptique, ces deux lignes contiennent les paramètres permettant de calculer l’orbite d’un satellite : inclinaison, excentricité, mouvement moyen, époque des éléments, etc.

Des organismes comme CelesTrak publient régulièrement ces données.

Attention cependant : un TLE ne dit pas directement :

« Orientez l’antenne à 137° d’azimut et 43° d’élévation. »

Il faut encore transformer ces paramètres orbitaux en coordonnées utilisables depuis notre station.

Du TLE à la position du satellite

C’est ici qu’intervient un modèle de propagation orbital tel que SGP4.

Le calcul tient compte du TLE, de l’heure et de la position géographique de la station :

TLE + heure UTC + latitude + longitude + altitude → position apparente du satellite

On obtient alors deux valeurs essentielles.

L’azimut (AZ) indique la direction horizontale :

0° = nord — 90° = est — 180° = sud — 270° = ouest.

L’élévation (EL) indique la hauteur du satellite au-dessus de l’horizon :

0° = horizon — 90° = zénith.

Voilà enfin des nombres qu’un rotor peut comprendre.

Du TLE à l’antenne

Gpredict, le chef d’orchestre

Un logiciel comme Gpredict automatise une grande partie de ces opérations.

Après avoir chargé les éléments orbitaux et renseigné la position de la station, il peut prévoir les prochains passages et calculer continuellement l’azimut et l’élévation du satellite.

Pendant un passage, ces valeurs changent constamment :

AZ 125,2° / EL 18,4°

puis quelques secondes plus tard :

AZ 137,4° / EL 42,8°

et ainsi de suite.

Gpredict peut également participer au pilotage de la radio afin de compenser automatiquement le Doppler, particulièrement sensible en VHF et UHF.

Hamlib : faire communiquer logiciel et matériel

Reste un problème : comment transmettre ces coordonnées au rotor ?

Une solution très utilisée dans le monde radioamateur est Hamlib, bibliothèque open source proposant une interface commune avec de nombreux équipements radio.

Pour les rotors, le programme rotctld peut servir d’intermédiaire.

La chaîne devient :

Gpredict → TCP/IP → rotctld → contrôleur du rotor

L’intérêt est considérable : le logiciel de poursuite n’a plus besoin de connaître les détails électroniques ou mécaniques du système.

Il fournit simplement une consigne :

AZ = 137,4° — EL = 42,8°

Le contrôleur se charge du reste.

Arduino ou ESP32 : le contrôleur

Nous arrivons maintenant à la partie qui intéressera particulièrement les amateurs de construction.

Un Arduino, ESP32 ou autre microcontrôleur peut constituer le cerveau du rotor.

Son travail consiste à recevoir les positions demandées, lire les capteurs donnant la position réelle du rotor et commander les moteurs.

Le principe est celui d’un asservissement :

Erreur = position demandée − position mesurée

Si l’azimut demandé est de 137° alors que l’antenne se trouve à 125°, le contrôleur actionne le moteur jusqu’à atteindre la nouvelle position.

Un potentiomètre, un encodeur ou un autre capteur permet de fermer cette boucle de régulation.

Du microcontrôleur au moteur

Les sorties d’un Arduino ne peuvent évidemment pas alimenter directement un moteur de rotor.

Il faut donc ajouter un étage de puissance : pont en H pour certains moteurs à courant continu ou driver adapté pour des moteurs pas-à-pas.

Nous obtenons finalement :

Arduino → driver → moteur → réducteur → rotor

Le réducteur diminue la vitesse et augmente le couple tout en permettant un positionnement plus précis.

Des fins de course peuvent compléter l’installation afin d’éviter qu’une erreur logicielle n’entraîne le rotor au-delà de ses limites mécaniques.

De l’ordinateur aux moteurs

Pourquoi deux moteurs ?

Une station satellite classique possède deux axes indépendants.

Le moteur AZ fait tourner l’ensemble horizontalement, généralement sur une plage proche de 360°.

Le moteur EL incline les antennes entre l’horizon et le zénith.

Les deux mouvements sont effectués simultanément afin que les Yagi VHF/UHF restent orientées vers le satellite pendant tout son passage.

Un passage presque au zénith constitue d’ailleurs un exercice difficile : la direction apparente peut changer très rapidement et le rotor doit être suffisamment réactif.

Rotor satellite AZ/EL

Finalement, rien de mystérieux

Une station satellite automatique peut sembler complexe lorsqu’on l’observe dans son ensemble. Pourtant, elle n’est qu’une succession de blocs relativement simples :

TLE → SGP4 → Gpredict → Hamlib/rotctld → Arduino → drivers → moteurs AZ/EL → antennes.

Chaque bloc possède une fonction précise et peut être remplacé ou amélioré indépendamment.

C’est précisément ce qui rend le projet passionnant pour un radioamateur : informatique, mécanique, électronique, radio et programmation se rencontrent dans une même réalisation.

Et maintenant que nous savons comment tout cela fonctionne, une suite s’impose presque naturellement :

construire notre propre contrôleur de rotor AZ/EL autour d’un Arduino et le faire dialoguer avec Gpredict.

Liens et ressources utiles

Pour aller plus loin et commencer à expérimenter avec votre propre station satellite automatique, voici quelques ressources de référence :

  • CelesTrak — pour récupérer les données orbitales TLE et comprendre leur format : celestrak.org
  • Gpredict — logiciel open source permettant de prévoir les passages des satellites et de piloter radios et rotors : projet Gpredict
  • Hamlib — bibliothèque open source assurant l’interface entre les logiciels radioamateurs et de nombreux transceivers ou contrôleurs de rotors : documentation Hamlib
  • SatNOGS — réseau mondial de stations sol satellites open source, particulièrement intéressant pour découvrir des solutions de rotors, contrôleurs et logiciels réalisés par la communauté : satnogs.org
  • AMSAT — une excellente porte d’entrée pour suivre l’actualité des satellites radioamateurs, leurs fréquences et leurs modes de fonctionnement : AMSAT

Ces ressources permettent de passer progressivement de la théorie à l’expérimentation : récupérer les TLE, prévoir un passage, calculer la trajectoire, commander le rotor et finalement suivre automatiquement un satellite avec ses propres antennes.

LinHT : et si le prochain talkie-walkie radioamateur était entièrement open source ?

LinHT

Nos talkies-walkies modernes ont énormément progressé. FM, DMR, D-Star, C4FM, GPS, Bluetooth… ils embarquent parfois une électronique impressionnante. Pourtant, leur fonctionnement reste généralement déterminé par le constructeur : on peut programmer des fréquences, des mémoires et quelques paramètres, mais certainement pas réinventer le fonctionnement de la radio.

LinHT propose une approche radicalement différente.

Imaginez un portatif UHF contenant un véritable ordinateur Linux, capable d’exécuter GNU Radio et associé à un frontal RF fournissant directement les signaux I/Q. Le mode radio n’est alors plus nécessairement figé dans l’électronique : une partie importante du fonctionnement du poste devient… du logiciel.

C’est précisément l’idée derrière LinHT, pour Linux Handheld Transceiver.

LinHT, c’est quoi exactement ?

LinHT est un projet de talkie-walkie SDR open source développé par des membres de la communauté M17. Il succède au projet OpenHT avec un objectif clairement affiché : réaliser une plateforme radio portable ouverte, modifiable et suffisamment accessible pour permettre l’expérimentation.

Le projet ne part d’ailleurs pas complètement de zéro. Les prototypes actuels utilisent le boîtier d’un Retevis C62 ainsi que plusieurs de ses éléments mécaniques : écran, boutons latéraux, connecteur SMA, prises audio, encodeur et diverses pièces du châssis.

Mais la carte électronique principale est remplacée par celle du LinHT.

Attention toutefois : en 2026, LinHT reste un projet expérimental. Il ne s’agit pas encore d’un talkie que l’on commande pour l’utiliser le lendemain.

À l’intérieur : un véritable ordinateur Linux

Schema LinHT

Le cœur du LinHT n’est pas un petit microcontrôleur comme on pourrait l’imaginer dans un talkie classique.

Il utilise un module informatique basé sur un NXP i.MX93, avec deux cœurs ARM Cortex-A55 cadencés jusqu’à 1,7 GHz, auxquels s’ajoute un Cortex-M33. La configuration actuelle dispose de 2 Go de mémoire LPDDR4 et 32 Go d’eMMC.

Autrement dit, nous sommes beaucoup plus proches d’un petit ordinateur embarqué que d’un poste radio traditionnel.

Le système fonctionne sous Linux, construit avec Yocto, et peut notamment exécuter Python, des outils de développement et surtout GNU Radio.

L’architecture peut être résumée ainsi :

Antenne → frontal RF → signaux I/Q → Linux → GNU Radio → traitement du mode radio

Et détail intéressant : les concepteurs ont choisi de réaliser cette architecture sans FPGA dans la chaîne de traitement.

Le SX1255 : quand le talkie devient SDR

Pour comprendre l’intérêt de LinHT, il faut regarder le composant situé entre l’antenne et l’ordinateur : le Semtech SX1255.

Celui-ci constitue le frontal RF Direct-IQ du poste.

Dans une radio conventionnelle, une grande partie des fonctions de réception et de modulation est assurée par des circuits électroniques spécialisés. Avec LinHT, le SX1255 fournit au système les composantes I et Q du signal.

Sans entrer trop profondément dans les mathématiques, ces deux signaux permettent de conserver les informations d’amplitude et de phase nécessaires au traitement numérique.

Le logiciel peut ensuite filtrer, démoduler ou décoder le signal.

C’est là toute la différence :

le matériel reçoit le signal ; le logiciel décide en grande partie quoi en faire.

La version actuelle reste cependant UHF uniquement et travaille avec une largeur de bande I/Q pouvant atteindre environ 500 kHz.

GNU Radio directement dans le talkie

C’est probablement la partie la plus séduisante du projet pour l’expérimentateur.

LinHT peut exécuter GNU Radio directement à bord.

On peut donc construire une chaîne de réception ressemblant conceptuellement à :

RF → I/Q → filtrage → démodulation → décodage → audio

et réaliser le chemin inverse en émission.

Le projet a naturellement beaucoup travaillé sur M17, protocole numérique vocal open source destiné aux radioamateurs. Dès novembre 2025, LinHT fonctionnait déjà comme un véritable transceiver M17 autonome.

Mais l’architecture ne se limite pas théoriquement à un seul mode. La documentation actuelle mentionne notamment FM, SSB, M17 et différents modes numériques expérimentaux, tandis que des essais de réception TETRA ont également été réalisés.

Un talkie peut ainsi devenir une véritable plateforme portable d’expérimentation SDR.

Et côté puissance ?

Un SDR expérimental capable de décoder des signaux sur une table de laboratoire est une chose. Un véritable talkie capable d’émettre plusieurs watts en est une autre.

La Rev B a justement permis de franchir cette étape.

Elle intègre un amplificateur RF GRF5604. Les essais ont mesuré environ 4,5 W en CW et autour de 3,5 W lors d’un essai M17.

Les concepteurs ont également validé la commutation émission/réception ainsi que deux atténuateurs RF programmables destinés notamment à éviter la saturation du récepteur.

LinHT commence donc réellement à ressembler à un portatif utilisable sur l’air.

Open source… jusqu’au circuit imprimé

L’intérêt du projet ne se limite pas à Linux.

La documentation matérielle est publiée : schémas électroniques, fichiers KiCad, PCB, nomenclature et données nécessaires à la fabrication sont accessibles.

On peut donc étudier le fonctionnement du poste, modifier son électronique et développer ses propres logiciels ou chaînes GNU Radio.

Il faut néanmoins apporter une nuance au terme « open source » : les fichiers matériels sont actuellement distribués sous licence CC BY-NC-SA 4.0, qui comporte notamment une restriction concernant l’utilisation commerciale.

Peut-on déjà construire son LinHT ?

Techniquement, un expérimentateur très bien équipé peut étudier le projet et envisager sa réalisation.

Mais nous sommes encore loin d’un kit à monter tranquillement un dimanche après-midi.

La Rev B a été fabriquée et testée et a permis de valider une grande partie de l’architecture. Plusieurs problèmes ont néanmoins été identifiés, notamment autour du GNSS, de certaines commandes matérielles et de l’intégration audio.

Ces enseignements servent maintenant au développement de la Rev C, qui devra elle-même être fabriquée et mesurée avant que ses performances puissent être considérées comme acquises.

Et si c’était cela, le talkie de demain ?

LinHT est finalement intéressant au-delà du projet lui-même.

Depuis des décennies, nous utilisons des postes dont le constructeur définit les possibilités. LinHT inverse en partie cette logique : le matériel devient une plateforme sur laquelle le radioamateur peut expérimenter.

Linux, GNU Radio, SDR, matériel documenté et logiciels modifiables réunis dans un appareil tenant dans la main…

Après les talkies que l’on pouvait simplement programmer, voici peut-être venir une nouvelle génération : des talkies que l’on pourra véritablement transformer.

Reste maintenant à voir si LinHT restera un formidable terrain de jeu pour quelques passionnés… ou s’il préfigure réellement le talkie-walkie radioamateur de demain.

Pour aller plus loin

Vous souhaitez suivre le développement de LinHT, consulter ses schémas ou découvrir plus en détail son architecture ? Voici les principales ressources officielles du projet.

  • Documentation matérielle LinHT : schémas, fichiers KiCad, Gerber, nomenclature et modèles 3D.
    linux-radio.eu
  • M17 Project : site de la communauté à l’origine de LinHT et du protocole numérique M17.
    m17project.org
  • Actualités LinHT : essais des prototypes et évolution des différentes révisions matérielles.
    Actualités LinHT
  • Architecture interne de LinHT : présentation détaillée du SX1255, de l’i.MX93, de Linux et de GNU Radio.
    Comprendre le fonctionnement de LinHT
  • Sources matérielles : fichiers de conception du circuit imprimé.
    Dépôt LinHT-hw sur GitHub

LinHT évoluant rapidement, privilégiez ces sources officielles pour disposer des informations les plus récentes.

L’examen radioamateur français se modernise

examen radioamateur ANFR

Qu’est-ce qui change réellement ?

L’examen permettant d’obtenir le certificat d’opérateur radioamateur en France évolue. Mais attention : il ne s’agit ni d’un nouvel examen, ni d’une modification du programme. C’est avant tout l’infrastructure informatique utilisée par l’ANFR qui se modernise.

Une évolution assez discrète pour le candidat, mais intéressante puisqu’elle concerne l’outil sur lequel passent les futurs radioamateurs.

Un examen déjà entièrement informatisé

Depuis plusieurs années, les candidats ne répondent plus à un questionnaire papier. L’examen organisé par l’Agence nationale des fréquences (ANFR) est informatisé.

Le principe reste bien connu : une partie consacrée à la réglementation et une seconde aux connaissances techniques.

L’ANFR propose d’ailleurs sur son site une présentation en ligne de l’interface d’examen, permettant de se familiariser avec son fonctionnement. L’Agence précise cependant qu’il s’agit uniquement d’une présentation et non d’un véritable logiciel d’entraînement.

C’est l’infrastructure qui se cache derrière cette interface qui évolue.

Une nouvelle solution informatique

Les informations publiées autour de cette modernisation indiquent que l’examen doit désormais s’appuyer sur la solution d’un éditeur numérique français.

L’objectif est de disposer d’une interface plus moderne et d’une infrastructure plus robuste, mais également d’un système susceptible d’évoluer plus facilement dans les années à venir.

La nouvelle solution doit aussi permettre de conserver un environnement de présentation accessible depuis le site de l’ANFR afin que les futurs candidats puissent découvrir l’interface avant de se présenter à l’examen.

L’évolution concerne donc essentiellement les coulisses informatiques de l’examen, plutôt que l’examen lui-même.

Un hébergement dans un cloud français

Un autre point mérite l’attention : l’hébergement des données.

Les informations disponibles indiquent que les données doivent rester sous la maîtrise de l’ANFR et être hébergées dans un cloud français.

Ce choix prend évidemment une importance particulière lorsqu’une administration manipule les informations personnelles des candidats.

Sur son site officiel, l’ANFR confirme que les données renseignées dans l’outil d’examen font l’objet d’un traitement par l’Agence dans le cadre de sa mission d’organisation des examens. Elle précise également les droits des candidats en matière d’accès, de rectification, d’effacement et d’opposition conformément au RGPD.

Ce qui ne change pas

C’est probablement le point le plus important pour les futurs candidats : cette modernisation informatique ne signifie pas qu’il faut revoir sa préparation à l’examen.

Les informations disponibles indiquent que le contenu des épreuves et les conditions d’accès ne sont pas modifiés par ce changement d’infrastructure.

Le programme reste fixé par l’annexe 1 de l’arrêté du 21 septembre 2000 relatif aux conditions d’obtention des certificats d’opérateur des services d’amateur.

L’inscription continue également de s’effectuer auprès d’un centre d’examen de l’ANFR. L’Agence organise les sessions dans ses services régionaux et ses antennes et précise qu’il convient de prendre rendez-vous directement auprès du centre choisi.

Autrement dit, inutile de jeter vos cours et de recommencer votre préparation !

Vers un examen davantage dématérialisé ?

Cette évolution pourrait néanmoins préparer l’avenir.

Une infrastructure informatique plus moderne et plus souple facilite théoriquement les mises à jour, la maintenance et l’évolution des services proposés aux candidats. Elle ne signifie toutefois pas que l’examen radioamateur pourra prochainement être passé depuis son domicile.

À ce jour, l’ANFR continue d’organiser les examens dans ses centres et antennes, avec la possibilité exceptionnelle d’organiser certaines sessions à l’extérieur de ses locaux. Pour cela, plusieurs conditions doivent être réunies, notamment plus de dix candidats sur une même journée et un éloignement supérieur à 100 km du centre d’examen le plus proche.

Pour les sessions organisées dans un établissement scolaire ou universitaire, l’ANFR recommande même de prendre contact avec le centre concerné au moins six mois auparavant.

Une modernisation bienvenue

Pour le candidat, cette évolution ne provoquera donc probablement aucun bouleversement spectaculaire.

Et c’est finalement plutôt une bonne nouvelle.

Le but n’est pas de réinventer l’examen radioamateur, mais de moderniser l’outil informatique qui permet de l’organiser, d’améliorer sa pérennité et de disposer d’une infrastructure capable d’accompagner les évolutions futures.

Programme, préparation, rendez-vous auprès de l’ANFR et passage des épreuves restent pour l’instant fondamentalement identiques.

La modernisation se déroule surtout derrière l’écran.

Mais dans un hobby où SDR, traitement numérique, modes numériques et stations contrôlées par ordinateur prennent chaque année davantage d’importance, il était finalement assez logique que l’examen permettant de devenir radioamateur modernise lui aussi son infrastructure numérique.

Les liens utiles de l’ANFR pour les futurs radioamateurs

Pour terminer, voici quelques pages officielles de l’Agence nationale des fréquences (ANFR) qu’il est utile de conserver dans ses favoris lorsqu’on prépare l’examen ou que l’on vient d’obtenir son certificat.

Préparer et passer l’examen radioamateur
La page « Les certificats » explique comment choisir un centre d’examen, s’inscrire, préparer les épreuves et se présenter le jour J. Elle rappelle également le déroulement des deux QCM de 20 questions, consacrés à la réglementation et à la technique.

Les certificats et l’examen radioamateur

Découvrir l’interface de l’examen
L’ANFR propose une présentation en ligne permettant de découvrir le fonctionnement des épreuves informatisées. Attention : il ne s’agit pas d’un logiciel d’entraînement complet, mais d’une présentation destinée à se familiariser avec l’interface.

Présentation des épreuves d’examen

Obtenir et gérer son indicatif
Une fois le certificat obtenu, cette rubrique explique les différentes catégories d’indicatifs et les démarches permettant notamment de demander un indicatif personnel, un indicatif de radio-club ou un indicatif spécial. On y trouve également les informations concernant les duplicatas et la suspension d’un indicatif.

Les indicatifs radioamateurs

Accéder au téléservice Radioamateur
Le téléservice de l’ANFR permet d’effectuer en ligne plusieurs démarches administratives liées à son activité radioamateur.

Téléservice Radioamateur de l’ANFR

Consulter l’annuaire officiel des radioamateurs
L’ANFR met également à disposition un annuaire permettant de rechercher les radioamateurs autorisés.

Annuaire officiel des radioamateurs

Trouver une réponse à une question particulière
Changement d’adresse, obtention d’un indicatif, radio-clubs, examen pour les personnes en situation de handicap, bandes de fréquences autorisées… la rubrique Questions/Réponses regroupe de nombreuses informations pratiques.

Questions / Réponses Radioamateurs

Enfin, pour les textes réglementaires qui encadrent notre activité, la rubrique dédiée permet de retrouver les principales références juridiques applicables au service amateur.

Cadre juridique des radioamateurs

Ces pages constituent les sources officielles à privilégier : réglementation, modalités d’examen ou démarches administratives peuvent évoluer et une information ancienne trouvée sur un forum ou un site radioamateur n’est pas nécessairement encore valable.

L’UIT publie son nouveau Handbook 2026

Handbook 2026

Une référence mondiale pour les radioamateurs

L’Union internationale des télécommunications (UIT) vient de publier l’édition 2026 de son Handbook on Amateur and Amateur-Satellite Services. Derrière ce titre plutôt institutionnel se cache un document particulièrement intéressant : il dresse un panorama international du radioamateurisme, de ses techniques, de sa réglementation et de son rôle dans les communications modernes.

Un document destiné aux administrations… mais pas seulement

Le Handbook n’est pas à proprement parler un manuel destiné à apprendre à trafiquer. L’UIT indique qu’il rassemble dans un même document les informations relatives aux services amateur et amateur par satellite, principalement à destination des administrations et des organisations radioamateurs.

Mais son contenu mérite largement l’attention des opérateurs.

Cette édition 2026 actualise une grande partie de la précédente version. L’UIT précise notamment que les chapitres concernant les satellites et les techniques opérationnelles ont été largement révisés, tandis que de nouvelles parties expliquent l’apport du radioamateurisme à la société et à l’enseignement technique.

De la réglementation à l’expérimentation

Le premier chapitre revient sur l’histoire du service amateur, les licences, les qualifications des opérateurs, les stations de radio-club, les relais et balises ainsi que la reconnaissance internationale des licences, notamment dans le cadre de la CEPT.

Mais le deuxième chapitre devient beaucoup plus concret.

On y retrouve les plans de bandes, les activités radio, les concours, DXpeditions, radiogoniométrie et programmes destinés aux jeunes. Le Handbook aborde également les différents systèmes de communication : télégraphie, transmission de données, téléphonie, images et multimédia.

L’expérimentation occupe elle aussi une place importante avec la conception d’antennes, l’étude de la propagation, le traitement numérique du signal et même les systèmes SDR — Software Defined Radio.

Voilà qui montre à quel point la radio d’amateur actuelle dépasse largement l’image du simple émetteur-récepteur posé sur une table.

Une place importante pour les communications d’urgence

L’UIT consacre également une partie du Handbook au rôle des radioamateurs lors des catastrophes.

Réseaux locaux, liaisons à moyenne distance et communications longue distance sont évoqués. Cette reconnaissance n’est pas anodine : une recommandation UIT-R actualisée en février 2026 encourage les administrations à favoriser l’existence de réseaux radioamateurs capables de fonctionner lorsque les autres moyens de télécommunication deviennent indisponibles, y compris depuis des installations temporaires alimentées sur batteries ou groupes électrogènes.

Les satellites radioamateurs à l’honneur

Un chapitre complet concerne le service amateur par satellite.

Stations terriennes, bandes utilisées, expérimentation, satellites de communication, missions éducatives et coordination internationale des fréquences sont abordés.

Pour ceux qui pratiquent les satellites LEO ou QO-100, cette partie permet surtout de comprendre tout le travail réglementaire et de coordination qui existe derrière quelques minutes de QSO via un satellite.

Une photographie du radioamateurisme moderne

Ce Handbook 2026 est finalement intéressant pour une raison simple : il montre comment une organisation internationale considère aujourd’hui notre activité.

On y retrouve les fondamentaux — antennes, trafic, bandes de fréquences — mais aussi SDR, traitement numérique, satellites, Internet, multimédia, expérimentation et communications d’urgence.

À l’heure où certains imaginent encore le radioamateurisme comme une activité essentiellement centrée sur la télégraphie et la phonie HF, le document de l’UIT raconte une tout autre histoire.

Le radioamateur reste un opérateur, mais il est également expérimentateur, concepteur, utilisateur du numérique et acteur potentiel des communications d’urgence.

Et en 2026, l’UIT continue manifestement de considérer cette activité centenaire comme suffisamment actuelle pour lui consacrer un Handbook international entièrement remis à jour.

Pour consulter le document : Handbook on Amateur and Amateur-Satellite Services — édition 2026 (PDF officiel UIT)

SDRoxide

SDRoxide

A quoi ressemblera la station radioamateur 100 % logicielle ?

La radio logicielle, ou SDR (Software Defined Radio), n’est plus une nouveauté chez les radioamateurs. Panadapter, waterfall, filtrage numérique ou pilotage CAT font désormais partie du quotidien de nombreuses stations. Mais un projet récent pousse le concept beaucoup plus loin : SDRoxide ambitionne de rassembler dans un seul logiciel pratiquement tout ce qui compose aujourd’hui une station numérique.

Plus qu’un simple programme SDR, il donne un aperçu assez fascinant de ce que pourrait devenir la station radioamateur de demain.

Un logiciel pour remplacer… plusieurs logiciels

Une station moderne peut rapidement devenir une collection de programmes : logiciel SDR, WSJT-X pour le FT8, Fldigi pour certains modes numériques, logiciel de log, DX Cluster, suivi satellite, propagation, carnet de trafic, etc.

SDRoxide cherche précisément à éviter cette accumulation.

Écrit en Rust et distribué en open source, il fonctionne sous Linux, Windows et macOS. Il peut communiquer avec différents matériels par SoapySDR, OpenHPSDR, TCI ou CAT/Audio, ce qui lui permet de piloter aussi bien certains SDR qu’un émetteur-récepteur traditionnel contrôlable par CAT.

L’idée est simple : faire du PC le véritable centre de la station.

Du waterfall au FT8

L’interface comprend évidemment les fonctions attendues d’un logiciel SDR : panadapter accéléré par GPU, waterfall, double VFO, RIT/XIT, filtres réglables, AGC, noise blanker, notch automatique, enregistrement audio, etc.

Mais SDRoxide va beaucoup plus loin.

Il intègre directement FT8 et FT4, avec décodage, séquencement des QSO et journalisation. S’ajoutent PSK31, RTTY, Olivia, THOR, FSQ et même la SSTV.

Un skimmer peut également surveiller une portion importante du spectre et décoder simultanément des signaux CW, PSK et RTTY. Les indicatifs détectés apparaissent alors directement sur le waterfall.

Autrement dit, on ne regarde plus simplement le spectre : le logiciel commence à expliquer ce qui s’y passe.

L’intelligence artificielle arrive dans le récepteur

Autre fonction intéressante : la réduction de bruit utilisant un réseau neuronal.

SDRoxide propose RNNoise, destiné à reconnaître la parole et à réduire certains bruits parasites. Cette technique complète les méthodes DSP classiques comme la réduction spectrale du bruit, le noise blanker et le notch automatique.

C’est probablement l’une des évolutions que nous retrouverons de plus en plus dans nos équipements : au lieu de simplement filtrer certaines fréquences, le logiciel tente d’identifier ce qui constitue réellement la voix utile.

Le projet intègre également FreeDV RADE, mode de voix numérique utilisant un codec neuronal.

Propagation, satellites et activité solaire

Voilà une fonctionnalité plus inattendue : SDRoxide possède une sorte de HamClock en trois dimensions.

Le logiciel peut afficher le Soleil, les éruptions solaires, les CME, l’ovale auroral et différents indices comme Kp et F10.7. Il exploite notamment des données provenant de la NASA, de la NOAA, du réseau GIRO et de CelesTrak.

Il sait également afficher les orbites et passages des satellites.

La propagation n’est donc plus une information consultée sur un site extérieur : elle devient une composante de l’environnement de trafic.

DX Cluster, POTA, SOTA et carnet de trafic

Même philosophie pour le reste de la station.

SDRoxide intègre un DX Cluster, les spots POTA et SOTA, ainsi que PSK Reporter. Les informations peuvent apparaître directement sur le panadapter.

Le carnet de trafic est également intégré, avec import/export ADIF et connexions prévues avec plusieurs services utilisés par les radioamateurs, notamment LoTW, eQSL et Club Log.

On commence alors à comprendre la philosophie du projet : faire disparaître les frontières entre le récepteur, les modes numériques, le log et les services Internet.

Et la station devient accessible depuis un navigateur

SDRoxide peut fonctionner directement sur l’ordinateur de la station, mais également en mode serveur.

Dans ce cas, l’interface peut être utilisée depuis un navigateur Web, tandis qu’un client natif permet également l’exploitation à distance.

On peut donc imaginer le transceiver et le PC restant dans le shack tandis que l’opérateur utilise sa station depuis un autre ordinateur.

La station radio devient progressivement un service accessible sur le réseau.

Le poste radio va-t-il disparaître ?

Pas tout à fait.

Même avec une station « 100 % logicielle », il faudra toujours une partie matérielle : convertisseurs analogique-numérique et numérique-analogique, oscillateurs, filtres RF, préamplificateurs, amplificateur de puissance et, bien entendu, une antenne.

Le logiciel ne remplacera jamais les 100 W de l’étage final ni le filtre passe-bas placé derrière !

Mais la frontière se déplace.

Autrefois, le comportement d’un poste était largement déterminé par son électronique. Avec le SDR, une part croissante de ses possibilités dépend désormais du logiciel.

SDRoxide pousse simplement cette logique jusqu’au bout.

Le projet reste néanmoins jeune et ses développeurs le présentent eux-mêmes comme un logiciel bêta en développement actif. La version disponible lors de la rédaction de cet article est la 0.6.0.

Mais l’intérêt de SDRoxide dépasse déjà le logiciel lui-même. Il montre une direction possible pour notre hobby : demain, nous n’installerons peut-être plus cinq ou dix programmes autour de notre transceiver.

Le transceiver pourrait devenir une interface RF, tandis que la véritable station radio serait… le logiciel.

Pour aller plus loin

Pour découvrir SDRoxide plus en détail, le mieux est encore de visiter le site officiel du projet. Vous y trouverez une présentation des nombreuses fonctionnalités du logiciel, des captures de l’interface, les informations nécessaires pour l’installer ainsi que les liens vers son développement open source. SDRoxide étant encore en évolution, c’est également l’endroit à privilégier pour suivre les nouvelles versions et découvrir les fonctions ajoutées au fil du développement. Si l’idée d’une station radioamateur largement pilotée par logiciel vous tente, voilà un projet qui mérite assurément d’être essayé !

Découvrir le site officiel de SDRoxide

Après le SDR, voici l’IA-Radio : demain, notre récepteur saura-t-il reconnaître tout seul ce qu’il reçoit ?

IA et SDR

L’intelligence artificielle arrive dans l’univers radioamateur et pourrait bien transformer nos récepteurs SDR. Après avoir révolutionné notre manière d’observer et de décoder le spectre radio, le Software Defined Radio (SDR) pourrait franchir une nouvelle étape grâce à l’IA : reconnaître automatiquement les modulations, identifier certains signaux radio et détecter des interférences. Une évolution aujourd’hui explorée par Radio-FM, un modèle d’intelligence artificielle spécialement entraîné pour analyser directement les signaux radio.

Mais une étape supplémentaire est peut-être en train d’être franchie.

Et si notre récepteur était capable de regarder lui-même le spectre et de nous dire : « Ici, je détecte tel type de modulation ; là, probablement telle technologie ; et ce signal ressemble à une interférence » ?

C’est précisément le domaine exploré par Radio-FM, un nouveau modèle d’intelligence artificielle présenté début août 2026.

Du SDR à la radio « intelligente »

Un SDR transforme une grande partie des fonctions autrefois réalisées par des circuits électroniques en traitements logiciels.

Filtrage, démodulation, largeur de bande, affichage du spectre : tout ou presque peut être réalisé numériquement.

Mais l’opérateur reste généralement celui qui interprète ce qu’il voit.

Devant un waterfall, un radioamateur expérimenté reconnaît rapidement certains signaux. Une porteuse CW est assez caractéristique, tout comme le FT8, la SSB ou différentes transmissions numériques.

L’idée de l’IA-Radio consiste à automatiser une partie de cette analyse.

L’intelligence artificielle ne se contenterait plus de regarder une image du waterfall : elle pourrait travailler directement sur les échantillons I/Q, c’est-à-dire sur les données numériques brutes produites par le récepteur SDR.

Radio-FM : une IA entraînée à comprendre les signaux

Présenté le 6 août 2026 par une équipe de chercheurs, Radio-FM est ce que l’on appelle un foundation model, ou modèle de fondation, spécialisé dans les signaux radio.

Le principe rappelle, dans une certaine mesure, celui des grands modèles utilisés pour le langage ou les images : plutôt que d’entraîner une intelligence artificielle pour une seule tâche extrêmement précise, on cherche à créer un modèle général capable d’apprendre une représentation du monde radio.

Radio-FM a été pré-entraîné à partir de 15 jeux de données couvrant différents domaines : modulations, communications, radars et identification de signaux.

Les chercheurs l’ont ensuite évalué sur 15 bancs d’essai différents.

Selon leurs résultats, Radio-FM atteint les meilleures performances sur 13 des 15 tests, notamment pour la reconnaissance de modulation, l’identification d’émetteurs, la reconnaissance de technologies radio, de radars et d’interférences.

Que pourrait en faire un radioamateur ?

Imaginons maintenant cette technologie intégrée dans un logiciel SDR.

Nous balayons une bande et plusieurs signaux apparaissent.

Aujourd’hui, nous devons les reconnaître nous-mêmes ou utiliser des logiciels spécialisés. Demain, l’IA pourrait potentiellement analyser automatiquement les signaux présents et afficher une estimation :

CW – forte probabilité
modulation numérique – identification probable
signal inconnu – analyse nécessaire

Le principe pourrait aller beaucoup plus loin.

Une IA entraînée spécifiquement sur les bandes radioamateurs pourrait théoriquement apprendre à distinguer de nombreuses familles de signaux et aider l’opérateur à repérer rapidement une activité intéressante dans plusieurs mégahertz de spectre.

On pourrait également imaginer des fonctions de détection automatique d’interférences ou d’identification de signaux inhabituels.

Attention toutefois : Radio-FM n’est pas aujourd’hui un plugin que l’on installe dans SDR++ ou SDR# pour reconnaître automatiquement FT8, RTTY ou FreeDV.

Il s’agit avant tout d’un travail de recherche démontrant les possibilités d’un modèle général appliqué aux signaux radio.

Reconnaître même avec peu d’exemples

Un autre aspect intéressant concerne la capacité d’apprentissage avec relativement peu de données.

Les auteurs indiquent que Radio-FM obtient de bons résultats en few-shot learning : le modèle peut s’adapter à certaines nouvelles tâches avec un nombre limité d’exemples.

C’est important pour le monde radio.

Il existe énormément de modulations, protocoles, conditions de propagation, niveaux de bruit et situations d’interférences.

Il serait pratiquement impossible de disposer de millions d’enregistrements correctement étiquetés pour chacune d’entre elles.

Un modèle capable de généraliser à partir d’un nombre limité d’exemples devient donc beaucoup plus intéressant.

Et pourquoi pas un récepteur entièrement basé sur l’IA ?

D’autres recherches vont encore plus loin.

En juillet 2026, des chercheurs ont présenté FM-Receiver, un concept de récepteur dans lequel un modèle d’IA prend directement les signaux reçus en entrée pour produire les bits transmis en sortie. Les essais décrits sont réalisés en simulation, mais ils montrent jusqu’où pourrait aller le concept de récepteur « AI-native ».

Nous passerions alors progressivement du :

Software Defined Radio

au :

AI Defined Radio.

Le logiciel ne se contenterait plus d’exécuter les traitements choisis par l’opérateur. Il participerait lui-même à l’interprétation du signal.

L’opérateur ne va pas disparaître

Il ne faut cependant pas imaginer que notre prochain transceiver identifiera infailliblement tout ce qui traverse l’antenne.

Une intelligence artificielle peut se tromper. Le bruit, le fading, les signaux faibles, les brouillages ou des modulations très proches peuvent compliquer considérablement l’identification.

Pour le radioamateur, l’intérêt serait plutôt de disposer d’un nouvel outil d’assistance.

Après le waterfall, le décodage numérique automatique et les logiciels capables de surveiller plusieurs fréquences simultanément, l’intelligence artificielle pourrait devenir une nouvelle couche d’analyse.

Le récepteur ne nous montrerait plus seulement qu’un signal est présent.

Il pourrait également commencer à nous expliquer ce qu’il pense avoir reçu.

Et pour les amateurs de SDR et d’expérimentation numérique, voilà certainement un domaine qu’il faudra suivre de très près.

Liens utiles pour aller plus loin

Pour approfondir l’intelligence artificielle appliquée aux signaux radio, vous pouvez consulter la publication scientifique Radio-FM, à l’origine de cet article. Les lecteurs souhaitant expérimenter pourront également découvrir les jeux de données RadioML de DeepSig, utilisés dans la recherche sur la reconnaissance des modulations, ainsi que SigMF, un format ouvert permettant de stocker et documenter des enregistrements de signaux radio I/Q.

Perséides 2026 : et si nous utilisions les étoiles filantes pour faire des QSO en 144 MHz ?

Perséides 2026

Chaque année au mois d’août, les Perséides offrent l’un des plus beaux spectacles astronomiques de l’été. Mais pour les radioamateurs, ces étoiles filantes présentent un autre intérêt : elles peuvent permettre d’établir des liaisons VHF à plusieurs centaines, voire plus d’un millier de kilomètres, grâce à une technique appelée Meteor Scatter.

Et le moment est particulièrement bien choisi : les Perséides atteignent leur maximum dans la nuit du 12 au 13 août 2026. Cette année, la nouvelle Lune coïncide avec le maximum, offrant d’excellentes conditions d’observation. L’American Meteor Society indique un ZHR théorique de 100, avec des météores pénétrant dans l’atmosphère à environ 59 km/s.

Pour nous radioamateurs, c’est surtout l’occasion de découvrir une propagation VHF assez étonnante.

Quand un météore devient réflecteur radio

Lorsqu’un petit fragment de matière pénètre dans l’atmosphère terrestre à très grande vitesse, il chauffe et laisse derrière lui une traînée ionisée.

Cette ionisation ne dure généralement que quelques fractions de seconde à quelques secondes, parfois davantage pour les météores les plus importants. Pendant ce bref instant, cette zone peut réfléchir ou diffuser des ondes radio.

Deux stations VHF qui ne peuvent normalement pas communiquer directement peuvent alors profiter de cette traînée comme d’un réflecteur temporaire situé à haute altitude.

Le signal apparaît brutalement puis disparaît presque aussi vite. À l’oreille, on peut entendre un fragment de modulation très bref : ce que les amateurs de Meteor Scatter appellent couramment un « ping ».

Tout l’enjeu consiste donc à transmettre suffisamment d’informations pendant ces ouvertures extrêmement courtes.

MSK144 : un mode conçu pour cela

À l’époque où les communications numériques n’existaient pas encore, le Meteor Scatter nécessitait des techniques particulièrement contraignantes, notamment de la télégraphie à très grande vitesse enregistrée puis ralentie à la réception.

Aujourd’hui, le logiciel WSJT-X simplifie considérablement l’expérience grâce au mode MSK144, spécialement développé pour le Meteor Scatter.

MSK144 transmet continuellement de très courtes trames pendant une séquence d’émission. Lorsqu’une réflexion apparaît, même pendant quelques dizaines de millisecondes, le logiciel tente immédiatement de récupérer les informations.

Les messages sont répétés jusqu’à 250 caractères par seconde, précisément afin d’exploiter les réflexions les plus courtes. Le décodage s’effectue en temps réel.

Le principe du QSO reste familier à ceux qui utilisent déjà FT8 : indicatifs, locator, report, confirmation et 73.

Mais ici, tout peut arriver pendant une fraction de seconde !

Jusqu’où peut-on aller ?

C’est justement ce qui rend l’expérience passionnante.

La documentation de WSJT-X indique que des contacts Meteor Scatter sont possibles sur les bandes VHF jusqu’à environ 2 100 km. Les résultats dépendent évidemment de la fréquence, des antennes, de la puissance et surtout de l’activité météoritique.

La bande des 144 MHz constitue un excellent terrain d’expérimentation.

Une station équipée d’une Yagi et d’une puissance raisonnable peut déjà tenter l’expérience. WSJT-X indique qu’avec de la patience, une centaine de watts et une seule Yagi permettent généralement de réaliser des contacts Meteor Scatter, même en dehors des grandes pluies de météores.

Lors des Perséides, les probabilités de disposer de nombreuses traînées ionisées augmentent fortement.

Comment essayer avec WSJT-X ?

Pour quelqu’un utilisant déjà FT8, l’installation est presque familière : transceiver VHF piloté par ordinateur, interface audio et synchronisation correcte de l’horloge.

Dans WSJT-X, il suffit ensuite de sélectionner MSK144. La documentation recommande notamment une fréquence audio de réception de 1 500 Hz et des séquences émission/réception de 15 secondes pour la plupart des utilisations.

Il reste évidemment à orienter l’antenne vers la région où une réflexion favorable peut permettre la liaison avec le correspondant recherché.

Et contrairement au FT8 sur HF, il faudra parfois être patient : plusieurs réflexions peuvent être nécessaires avant d’avoir reçu toutes les informations indispensables pour valider le QSO.

Les Perséides : le moment idéal pour essayer

Le Meteor Scatter ne fonctionne pas uniquement pendant les grandes pluies d’étoiles filantes. Des météores sporadiques pénètrent continuellement dans notre atmosphère et permettent des contacts tout au long de l’année.

Mais les Perséides constituent une occasion particulièrement intéressante pour débuter.

Elles sont actives du 17 juillet au 24 août, avec leur maximum les 12 et 13 août 2026. Elles proviennent des poussières laissées par la comète 109P/Swift-Tuttle.

Alors, cette nuit, ne vous contentez peut-être pas de regarder les étoiles filantes.

Allumez également le transceiver, lancez WSJT-X, sélectionnez MSK144 et écoutez le 144 MHz.

Une poussière de quelques millimètres située à une centaine de kilomètres au-dessus de votre antenne pourrait bien vous permettre de réaliser votre prochain DX.

Liens utiles pour aller plus loin

Pour approfondir le Meteor Scatter et préparer vos premiers QSO en MSK144, consultez la documentation officielle de WSJT-X ainsi que l’excellent document technique The MSK144 Protocol for Meteor-Scatter Communication de K9AN et K1JT. Pour connaître les périodes les plus favorables, l’American Meteor Society publie un calendrier des pluies de météores indiquant notamment les dates des maxima, la vitesse des météores et leur taux horaire théorique.

 

Après QO-100 : à quoi pourrait ressembler son successeur ?

QO-100 - Future GEO

Depuis sa mise en service en 2019, Qatar OSCAR-100 (QO-100) a profondément changé la pratique du satellite chez les radioamateurs. Pour la première fois, nous disposons d’un transpondeur radioamateur en orbite géostationnaire, accessible 24 heures sur 24 sur une immense zone géographique.

Avec une parabole, un LNB et quelques watts en 2,4 GHz, il est aujourd’hui possible de réaliser des contacts à plusieurs milliers de kilomètres en SSB, CW, modes numériques ou DATV.

Mais QO-100 ne sera évidemment pas éternel. Et dans le domaine spatial, préparer une nouvelle mission demande des années.

C’est pourquoi AMSAT-DL réfléchit déjà à l’après QO-100, dans le cadre d’une étude menée avec l’Agence spatiale européenne (ESA). Le projet porte un nom : futureGEO.

Pourquoi préparer maintenant l’après QO-100 ?

Il n’est absolument pas question d’enterrer QO-100. Lors du workshop futureGEO organisé à Friedrichshafen en juin 2026, une durée de fonctionnement encore importante d’Es’hail-2 a été évoquée.

Mais concevoir une nouvelle charge utile, choisir les technologies, obtenir les fréquences, trouver des partenaires puis surtout une opportunité de lancement peut prendre de nombreuses années.

Depuis janvier 2025, AMSAT-DL travaille ainsi dans le cadre du programme ARTES Future Preparation de l’ESA sur une étude baptisée Future Amateur Geostationary Payload Definition.

L’objectif est de déterminer ce que pourrait devenir la prochaine génération de charge utile radioamateur géostationnaire.

Trois grandes pistes sont actuellement étudiées.

Enhanced QO-100+ : améliorer ce qui fonctionne déjà

La première solution serait la plus proche de notre QO-100 actuel.

Baptisée provisoirement Enhanced QO-100+, elle conserverait le principe des transpondeurs classiques : le satellite reçoit nos émissions et les retransmet vers la Terre.

Nous pourrions ainsi retrouver un transpondeur bande étroite destiné à la SSB, CW et aux modes numériques ainsi qu’un transpondeur large bande pour la DATV.

Mais cette nouvelle génération pourrait apporter plusieurs améliorations : nouvelles balises, plusieurs bandes de fréquences, transmission de textes et d’images ou encore fonctions destinées aux communications d’urgence.

Cette solution aurait un avantage évident : nous savons déjà que le concept QO-100 fonctionne remarquablement bien.

Digital Innovation Lab : un SDR dans l’espace

La deuxième proposition est beaucoup plus ambitieuse.

Avec le Digital Innovation Lab, il ne serait plus simplement question de placer un relais dans l’espace. La charge utile disposerait d’importantes capacités de traitement numérique du signal.

Nous entrerions alors véritablement dans le domaine du SDR — Software Defined Radio — spatial.

Contrairement à un transpondeur classique qui retransmet essentiellement ce qu’il reçoit, une plateforme numérique pourrait traiter les signaux à bord et permettre d’expérimenter de nouvelles modulations ou de nouveaux protocoles.

On peut alors imaginer un véritable laboratoire radioamateur géostationnaire, permettant de tester de nouvelles technologies sans devoir construire un nouveau satellite pour chaque expérimentation.

C’est probablement l’idée la plus révolutionnaire de futureGEO : certaines fonctions pourraient évoluer grâce au logiciel alors que le satellite serait déjà en orbite.

High Frequency Pathfinder : explorer encore plus haut

La troisième proposition regarde encore plus loin.

Le High Frequency Pathfinder serait notamment destiné à explorer les communications dans les bandes millimétriques (mmWave).

Pour les expérimentateurs radioamateurs, ce serait un formidable terrain de jeu : nouvelles antennes, propagation sur les très hautes fréquences, balises expérimentales, mesures scientifiques et nouvelles techniques de transmission.

Nous serions alors bien au-delà d’un simple « QO-100 amélioré ».

Le satellite deviendrait également une plateforme d’expérimentation hyperfréquence.

Trois visions pour le futur

Ces trois concepts représentent finalement trois philosophies différentes.

Enhanced QO-100+ privilégie la continuité en améliorant une formule éprouvée.

Digital Innovation Lab transforme le satellite en plateforme SDR évolutive et expérimentale.

High Frequency Pathfinder ouvre la porte aux expérimentations sur les bandes millimétriques et aux technologies radio de demain.

La future solution pourrait d’ailleurs combiner plusieurs de ces idées.

Il faut cependant rester prudent : futureGEO n’est pas encore un satellite dont le lancement serait programmé. Nous sommes actuellement dans une phase d’étude et de définition des besoins.

QO-100 n’était peut-être que le début

QO-100 a démontré qu’un satellite géostationnaire radioamateur pouvait devenir un formidable outil de communication et d’expérimentation.

Sept ans après son lancement, nous nous sommes presque habitués à pouvoir utiliser depuis notre jardin un transpondeur situé à près de 36 000 km au-dessus de la Terre.

La question n’est donc peut-être plus seulement de savoir comment remplacer QO-100.

Elle devient plutôt :

que pourrions-nous faire de mieux la prochaine fois ?

Avec QO-100+, le Digital Innovation Lab et le High Frequency Pathfinder, les premières réponses commencent à apparaître.

Le successeur de QO-100 pourrait ainsi ne plus être seulement un relais radioamateur, mais devenir un véritable laboratoire radio dans l’espace accessible depuis nos stations.

Une évolution que nous suivrons évidemment avec beaucoup d’intérêt.

HAMgpt : quand l’intelligence artificielle se met au service des radioamateurs

HamGPT

L’intelligence artificielle s’installe progressivement dans de nombreux domaines techniques et le radioamateurisme n’échappe pas à cette évolution. Après les assistants généralistes comme ChatGPT, voici HAMgpt, une intelligence artificielle développée spécifiquement pour les radioamateurs.

Lancé en 2026, HAMgpt se présente comme un « Personal AI Copilot for Amateur Radio », autrement dit un copilote intelligent destiné à accompagner l’opérateur dans ses activités radio.

Propagation, DX, satellites, relais, antennes, calculs ou théorie de la radioélectricité : son champ d’utilisation est particulièrement vaste.

Un assistant adapté au radioamateur

L’un des intérêts de HAMgpt est sa capacité à tenir compte du contexte de l’utilisateur : indicatif, pays, localisation, classe de licence et certains éléments concernant sa station.

Cette personnalisation permet de poser des questions très concrètes.

Au lieu de demander simplement :

« Quelle bande utiliser pour faire du DX ? »

on peut demander :

« Depuis ma position, quelle bande semble actuellement la plus favorable pour contacter l’Amérique du Nord ? »

HAMgpt peut alors associer les connaissances de l’intelligence artificielle aux données disponibles concernant les conditions de propagation et l’activité radio.

Propagation, DX, POTA et SOTA

La propagation constitue naturellement l’un de ses domaines de prédilection.

Les possibilités de liaison dépendent de nombreux paramètres : heure, saison, activité solaire, état de l’ionosphère, fréquence et distance à parcourir.

HAMgpt peut aider l’opérateur à interpréter ces informations et à choisir une bande présentant de bonnes probabilités d’ouverture vers une région donnée.

L’assistant s’intéresse également au DX et aux activités populaires comme le POTA (Parks On The Air) et le SOTA (Summits On The Air).

L’intérêt est évident : plutôt que de consulter plusieurs services, l’opérateur peut demander à l’intelligence artificielle de synthétiser les informations utiles.

Cela ne dispense évidemment pas d’écouter les bandes ou de consulter WSPR, PSK Reporter et les différents clusters DX pour constater ce qui se passe réellement.

Satellites et relais VHF/UHF

HAMgpt peut également fournir des informations concernant les passages de satellites radioamateurs en fonction de la localisation de l’opérateur.

Même principe pour les relais : il peut rechercher les relais VHF et UHF à proximité (uniquement USA !), avec leurs principales caractéristiques : fréquence, décalage émission/réception et tonalités d’accès.

Une fonction particulièrement intéressante pour le radioamateur en déplacement.

HAMgpt sait aussi parler technique

Il serait cependant réducteur de présenter HAMgpt uniquement comme un outil consacré à la propagation, aux satellites et aux relais.

On peut également lui soumettre des questions techniques de radioélectricité.

Il est ainsi possible de l’interroger sur le fonctionnement d’un dipôle, d’une verticale ou d’une Yagi, mais aussi sur la résonance, les circuits RLC, le gain, les décibels ou l’adaptation d’impédance.

Quelques exemples :

« Pourquoi un dipôle demi-onde mesure-t-il réellement un peu moins de λ/2 ? »

« Pourquoi une antenne verticale quart d’onde nécessite-t-elle des radians ? »

« Quelle est la différence entre gain, directivité et rendement d’une antenne ? »

HAMgpt peut ainsi devenir un outil pédagogique pour approfondir certaines notions de radioélectricité.

ROS, impédance et lignes de transmission

Les problèmes d’adaptation peuvent également lui être soumis.

HAMgpt peut expliquer le ROS/SWR, le coefficient de réflexion ou les notions de résistance, de réactance et d’impédance complexe.

On pourrait par exemple lui demander :

« Mon antenne présente une impédance de 25 + j30 Ω sur une ligne de 50 Ω. Que signifie cette mesure ? »

L’assistant pourra expliquer la partie résistive et la réactance inductive, puis éventuellement effectuer les calculs correspondants.

Pertes dans les câbles coaxiaux, coefficient de vélocité, longueur électrique, transformateurs quart d’onde, stubs, baluns, ununs et chokes font également partie des sujets que l’on peut aborder.

HAMgpt peut aussi apporter une aide au dépannage en suggérant différentes causes possibles face à un ROS anormal ou à une installation qui ne fonctionne plus correctement.

Où trouver HAMgpt et dans quelle langue lui parler ?

HAMgpt est accessible directement sur son site Internet :

HAMgpt : https://hamgpt.co/

Une démonstration est accessible depuis la page d’accueil et il est possible de créer un compte gratuit pour utiliser plus complètement le service.

L’interface et la présentation du site sont principalement en anglais, et HAMgpt peut naturellement être interrogé en anglais ou en espagnol.

Bonne nouvelle pour ceux qui maîtrisent moins bien la langue de Shakespeare : il comprend très bien les questions formulées en français. Lors de son utilisation, il peut même répondre en français, même si ce comportement ne semble pas encore être présenté comme une fonctionnalité officiellement garantie.

On peut donc parfaitement essayer de lui écrire :

« Pourquoi mon antenne verticale présente-t-elle un ROS élevé sur 14 MHz ? »

sans nécessairement traduire la question en anglais.

HAMgpt et ChatGPT : deux approches complémentaires

HAMgpt pourrait être présenté comme un « ChatGPT pour radioamateurs », mais cette définition serait trop simpliste.

Une intelligence artificielle généraliste peut développer une théorie, effectuer une démonstration mathématique, analyser un circuit ou accompagner la conception d’un projet.

HAMgpt apporte surtout une spécialisation radioamateur, associée à des informations propres à cette activité.

On pourrait résumer la différence ainsi :

ChatGPT : « Comment fonctionne la propagation sur 20 mètres ? »

HAMgpt : « Est-ce une bonne idée d’essayer le 20 mètres depuis ma station maintenant ? »

Les deux approches sont donc davantage complémentaires que concurrentes.

Un outil supplémentaire dans la station

Propagation, DX, POTA, SOTA, satellites, relais, antennes, ROS, lignes de transmission et théorie de la radioélectricité : HAMgpt couvre finalement une bonne partie des préoccupations du radioamateur.

Une précaution reste néanmoins indispensable : une intelligence artificielle peut se tromper. Une formule, un calcul, une longueur d’antenne ou une information réglementaire importante doit toujours être vérifiée auprès d’une source fiable.

HAMgpt ne remplacera donc ni l’expérimentation, ni les mesures, ni le fer à souder, ni le NanoVNA et encore moins les discussions entre radioamateurs.

Mais il pourrait bien devenir un nouvel outil dans la boîte à outils de l’OM.