Bienvenue sur le Site du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon (91 – Essonne)!

Chers(es) visiteurs(ses) et passionnés(es) de radio et de sciences,

Le Radio-Club F5KEE vous accueille à la Maison des Associations de Viry-Châtillon, au cœur de l’Essonne. Dans ce lieu ouvert et convivial, nous réunissons toutes celles et ceux qui partagent la curiosité des sciences, des techniques et des communications sans fil.

Le radioamateurisme, c’est bien plus qu’un simple hobby :
c’est une passion universelle, où l’on apprend à dialoguer avec le monde entier, à construire ses propres antennes et équipements, à explorer la propagation des ondes, mais aussi à découvrir les technologies numériques et les satellites.

À qui s’adresse le radio-club ?

Le F5KEE s’adresse à tous les publics :

  • les curieux qui veulent découvrir ce qu’est la radio et comment on peut communiquer sans Internet,

  • les jeunes et étudiants attirés par la technique, l’électronique ou l’aéronautique,

  • les futurs radioamateurs qui souhaitent préparer la licence,

  • les opérateurs confirmés qui veulent partager leurs expériences, expérimenter ou participer à des contests,

  • et plus largement, toute personne désireuse d’apprendre, de pratiquer et d’échanger dans un cadre associatif.

Que fait-on au F5KEE ?

Nos activités sont variées et adaptées à tous les niveaux :

  • Découverte et formation : initiation aux bases de la radio, aide à la préparation de la licence radioamateur.

  • Pratique du trafic : contacts en phonie, en CW (morse), en modes numériques (FT8, …), via satellites ou encore à travers le monde en HF.

  • Expérimentations techniques : réalisation et essais d’antennes, utilisation du SDR, projets autour de l’Arduino ou d’interfaces numériques.

  • Activités collectives : organisation de démonstrations publiques, projets éducatifs en lien avec les écoles ou évènements internationaux (ARISS, QO-100, etc.).

  • Vie de club : échanges, entraide, convivialité et partage de connaissances dans une ambiance amicale.

Pourquoi nous rejoindre ?

Adhérer au Radio-Club F5KEE, c’est rejoindre une communauté dynamique et passionnée, c’est apprendre en pratiquant, c’est aussi trouver un lieu où la curiosité technique et la convivialité se conjuguent au quotidien.

C’est également l’occasion d’acquérir des bases solides en électricité et en électronique, compétences précieuses pour comprendre le fonctionnement des équipements mais aussi pour, pourquoi pas, préparer un futur métier dans les domaines techniques, scientifiques ou industriels.

Que vous soyez simple curieux, débutant ou opérateur chevronné, poussez la porte de la Maison des Associations de Viry-Châtillon : F5KEE vous accueille et vous invite à découvrir le monde fascinant du radioamateurisme.

L’équipe du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon

Code Q : lesquels faut-il connaître pour la licence radioamateur et comment les mémoriser ?

Code Q : mémoriser les codes radioamateurs

Lorsqu’on prépare l’examen radioamateur, le code Q fait partie de ces sujets qui peuvent sembler rébarbatifs. QRM, QRN, QRO, QRP, QRV, QSY… À première vue, toutes ces abréviations se ressemblent !

Pourtant, il n’est pas nécessaire de mémoriser des centaines de codes. Une sélection relativement réduite permet de couvrir l’essentiel de ce qu’un futur radioamateur doit comprendre, tout en constituant un vocabulaire que l’on retrouvera ensuite quotidiennement sur les bandes.

Qu’est-ce que le code Q ?

Le code Q est un ensemble d’abréviations composées de trois lettres commençant par Q. Il a été développé à l’origine pour accélérer les communications radiotélégraphiques.

Son principal avantage est son caractère international. Un radioamateur français et un radioamateur japonais peuvent parfaitement comprendre « QRM » ou « QTH » sans parler la même langue.

Un même code peut généralement être employé comme une question ou comme une affirmation.

Par exemple :

QRL ? → Êtes-vous occupé ?

QRL → Je suis occupé.

En télégraphie, le gain de temps est évident. Mais de nombreux codes Q sont également passés dans le langage courant des radioamateurs, y compris en phonie.

Les principaux codes Q à connaître

Voici une sélection particulièrement utile pour la préparation à l’examen et pour le trafic amateur.

Code Signification principale
QRA Nom de la station
QRG Fréquence exacte
QRH Variation de fréquence
QRI Tonalité de l’émission
QRK Lisibilité du signal
QRL Être occupé
QRM Brouillage par d’autres émissions
QRN Parasites
QRO Augmenter la puissance
QRP Diminuer la puissance
QRQ Transmettre plus vite
QRS Transmettre plus lentement
QRT Cesser la transmission
QRU Rien à transmettre
QRV Être prêt
QRX Attendre / rappeler plus tard
QRZ Qui m’appelle ?
QSA Force du signal
QSB Variation de la force du signal, fading
QSL Accusé de réception
QSO Communication entre stations
QSP Retransmettre un message
QSY Changer de fréquence
QTC Message à transmettre
QTH Position géographique

Il existe bien d’autres codes Q, mais apprendre une liste gigantesque sans hiérarchie n’est probablement pas la meilleure manière de préparer l’examen.

Les apprendre par familles plutôt que par ordre alphabétique

La difficulté vient moins du nombre de codes que de leur ressemblance. Essayer de mémoriser successivement QRA, QRB, QRG, QRH, QRI, QRK… favorise les confusions.

Une méthode beaucoup plus efficace consiste à créer des familles logiques.

Fréquence

QRG : fréquence exacte
QRH : variation de fréquence
QSY : changement de fréquence

On peut imaginer une situation réelle :

« Je suis sur quelle fréquence exactement ? » → QRG

« Ma fréquence dérive-t-elle ? » → QRH

« Passons sur 145,450 MHz » → QSY

Brouillages et propagation

Deux codes sont particulièrement faciles à confondre :

QRM : brouillage provoqué par d’autres émissions
QRN : parasites, notamment atmosphériques

Une astuce mnémotechnique fonctionne assez bien :

QRM → M comme Man-made

QRN → N comme Nature

Ajoutons :

QSB → le signal monte et descend : c’est le fading.

Ainsi, si une station disparaît périodiquement dans le bruit sans qu’un autre émetteur ne la couvre, on parlera plutôt de QSB que de QRM.

Force et qualité du signal : attention à QRK et QSA

Voici encore deux notions qu’il ne faut pas mélanger.

QRK concerne la lisibilité du signal.

QSA concerne sa force.

Un signal peut donc être puissant mais difficilement compréhensible, ou relativement faible mais parfaitement lisible.

C’est une distinction que l’on retrouve d’ailleurs dans le fameux report RST : Readability, Strength, Tone utilisé par les radioamateurs.

Puissance et vitesse

Quatre codes peuvent être appris sous forme de deux couples :

QRO ↔ QRP

QRO signifie augmenter la puissance, tandis que QRP signifie la diminuer.

Dans le langage radioamateur moderne, « faire du QRP » désigne couramment le trafic à faible puissance.

Deuxième couple :

QRQ ↔ QRS

QRQ demande d’accélérer la transmission.

QRS demande au contraire de ralentir.

En télégraphie, « QRS » est particulièrement pratique lorsqu’un correspondant transmet du Morse trop rapidement !

Les codes qui racontent presque un QSO

Une autre technique consiste à apprendre plusieurs codes en imaginant le déroulement d’un contact.

Avant d’émettre :

QRL ? → Cette fréquence est-elle occupée ?

Vous lancez appel et entendez plusieurs stations :

QRZ ? → Qui m’appelle ?

Vous êtes disponible :

QRV → Je suis prêt.

Vous réalisez la liaison :

QSO → communication entre les deux stations.

Vous confirmez avoir correctement reçu :

QSL → reçu, accusé de réception.

Vous proposez de changer de fréquence :

QSY → changeons de fréquence.

Vous demandez au correspondant d’attendre :

QRX → attendez / je vous rappellerai.

Puis vous terminez :

QRT → cessez la transmission.

En transformant une liste abstraite en scénario, les codes deviennent beaucoup plus faciles à retenir.

Et le fameux QTH ?

C’est probablement avec QSO, QSL, QRM et QRP l’un des codes les plus connus des radioamateurs.

QTH correspond à la position géographique d’une station.

On entend ainsi régulièrement en phonie :

« Mon QTH est Viry-Châtillon. »

Il s’agit d’un usage radioamateur devenu tellement courant que le terme « QTH » est parfois employé comme synonyme de domicile ou de lieu d’émission.

Ne pas apprendre seulement « QRM = brouillage »

Pour préparer efficacement un QCM, il faut être capable de retrouver l’information dans les deux sens.

Première question :

Que signifie QRM ?

→ Brouillage provenant d’autres émissions.

Mais il faut également pouvoir répondre immédiatement à :

Quel code indique un brouillage provoqué par d’autres émissions ?

→ QRM.

C’est important, car reconnaître une réponse lorsqu’on voit le code n’est pas exactement le même exercice mental que retrouver le code à partir de sa définition.

La méthode des cartes recto-verso

Une méthode simple consiste donc à fabriquer de petites cartes.

Sur le recto :

QRN

Au verso :

Parasites atmosphériques / naturels

Mais fabriquez également la carte inverse :

Parasites atmosphériques / naturels

et au verso :

QRN

Avec une vingtaine de codes, cela représente une quarantaine de cartes. Mélangez-les et consacrez-y seulement quelques minutes chaque jour.

Cinq codes par jour

Inutile de vouloir tout apprendre en une soirée.

On peut par exemple organiser la révision ainsi :

Jour 1 : QRM – QRN – QRO – QRP – QRT

Jour 2 : QRV – QRX – QRZ – QSY – QSO

Jour 3 : QSL – QTH – QRG – QRH – QSB

Jour 4 : QRK – QSA – QRQ – QRS – QRL

Les codes restants peuvent être ajoutés progressivement.

À partir du cinquième ou sixième jour, abandonnez l’ordre des listes et travaillez exclusivement avec des questions tirées au hasard.

C’est cette dernière étape qui permet de vérifier que le code est réellement assimilé et non simplement récité grâce à sa position dans une liste.

Apprendre pour l’examen… mais surtout pour la radio

Le code Q ne doit finalement pas être considéré uniquement comme quelques lignes supplémentaires du programme à mémoriser.

Une fois l’indicatif obtenu, certains de ces codes seront rencontrés constamment : QSO, QSL, QTH, QRM, QRN, QSB, QRP, QRO, QRZ ou QSY font véritablement partie du vocabulaire radioamateur international.

Le plus efficace est donc de ne pas chercher à réciter mécaniquement une longue liste. Regroupez les codes par fonction, associez-les à des situations concrètes et entraînez-vous dans les deux sens.

Quelques minutes quotidiennes suffisent alors pour transformer ce qui ressemblait initialement à une soupe de trois lettres en un vocabulaire parfaitement naturel.

Et lorsque « QRM ? » apparaîtra dans une question d’examen, vous ne chercherez plus dans votre mémoire : vous penserez immédiatement brouillage.

POTA : quelle bande choisir pour ne pas appeler les écureuils ? (11/13)

POTA : Quelle bande ?

Dans notre précédent article, « POTA : qui m’entend ? PSK Reporter vous le montre ! », nous avons découvert comment vérifier presque en temps réel jusqu’où porte notre signal.

Mais revenons quelques minutes en arrière.

Nous venons d’arriver dans le parc. L’antenne est montée, la batterie branchée et le transceiver allumé.

Une question se pose :

40, 20, 15 ou 10 mètres : sur quelle bande commencer ?

Car en POTA, disposer de 100 W ne sert pas à grand-chose si nous appelons sur une bande pratiquement fermée !

Il n’existe pas de « meilleure bande POTA »

La propagation HF dépend notamment de l’heure, de la saison, de l’activité solaire, de l’état de l’ionosphère et de la distance que nous souhaitons couvrir.

Ajoutons notre antenne et son installation…

Et notre recette miracle vient de disparaître !

Il existe néanmoins quelques tendances très utiles pour choisir notre première bande.

40 mètres : allons chercher les voisins

Le 40 m (7 MHz) est l’un des grands classiques des sorties POTA.

Il permet fréquemment de réaliser des contacts régionaux ou européens à distances modérées et peut être particulièrement intéressant lorsque nous voulons être entendus en France et dans les pays voisins.

Les liaisons relativement proches peuvent profiter d’une propagation à angle élevé, parfois qualifiée de NVIS lorsque les conditions et l’antenne s’y prêtent.

Le 40 m possède toutefois un inconvénient évident en portable : l’antenne devient assez longue.

Une demi-onde représente environ 20 mètres !

20 mètres : le couteau suisse de l’Activator

S’il fallait choisir une bande pour commencer une activation européenne en journée, le 20 m (14 MHz) serait souvent un excellent candidat.

La bande est très fréquentée, les Hunters nombreux et les dimensions des antennes restent raisonnables.

Selon les conditions, les contacts peuvent aller de quelques centaines à plusieurs milliers de kilomètres.

Avec une simple EFHW, un dipôle ou une verticale et quelques watts, les résultats peuvent déjà être excellents.

Le 20 m constitue donc souvent un bon compromis entre :

activité — portée — taille d’antenne — efficacité en QRP.

Mais là encore, aucune garantie : certains jours, le 20 m semble rempli de stations ; à d’autres moments, notre CQ paraît envoyé directement aux arbres du parc.

15 mètres : à surveiller sérieusement

Le 15 m (21 MHz) devient particulièrement intéressant lorsque l’ionisation permet aux fréquences plus élevées de revenir vers la Terre.

L’avantage est spectaculaire : une antenne relativement petite et quelques watts peuvent permettre de très belles liaisons européennes et DX.

En revanche, cette bande peut être beaucoup moins productive lorsque les conditions sont médiocres.

Le réflexe est donc simple :

écoutez avant de l’écarter.

Quelques stations puissantes, des Activators déjà présents ou des reports numériques lointains peuvent indiquer que le 15 m mérite quelques CQ.

10 mètres : parfois magique, parfois désert

Le 10 m (28 MHz) possède deux personnalités.

Lorsqu’il est fermé :

CQ POTA… CQ POTA…

Les écureuils vous entendent parfaitement.

Lorsqu’il s’ouvre, en revanche, quelques watts peuvent suffire pour réaliser des contacts à plusieurs milliers de kilomètres.

Les antennes deviennent également petites et faciles à transporter.

Pendant les périodes favorables du cycle solaire, il serait donc dommage de ne jamais vérifier le 10 m.

Quelques secondes d’écoute peuvent suffire pour découvrir une bande soudainement remplie de stations.

POTA : 40, 20, 15 ou 10 m : jusqu’où voulez-vous aller ?

40, 20, 15 ou 10 m : chaque bande offre des possibilités différentes selon la propagation, l’heure et la distance recherchée.

Et le 80 mètres ?

Ne l’oublions pas.

Le 80 m (3,5 MHz) peut devenir intéressant pour des contacts relativement proches, particulièrement aux heures où les bandes hautes deviennent moins favorables.

Son principal problème en POTA tient à l’antenne : une demi-onde approche les 40 mètres.

Il reste néanmoins parfaitement exploitable avec des antennes adaptées ou raccourcies lorsque le terrain le permet.

Alors, quelle bande essayer ?

Gardons ce tableau comme point de départ, jamais comme une garantie :

Notre objectif Bandes à essayer
Contacts proches/régionaux 40 m, éventuellement 80 m
Europe en journée 20 m
Europe et DX si conditions favorables 15 m
Bande haute bien ouverte 10 m
Fin de journée 20 m puis 40 m
Aucun QSO Changer de bande !

La meilleure bande reste finalement…

celle qui fonctionne maintenant.

POTA : Quelle bande essayer aujourd’hui ?

Quelle bande choisir en POTA ? L’heure et la distance donnent une première indication, mais l’écoute et la propagation réelle restent les meilleurs guides.

Comment le savoir avant même de lancer CQ ?

Notre premier instrument coûte zéro euro :

les oreilles.

Parcourons la bande.

Entendons-nous des stations ? Des balises ? Des QSO européens ? Des signaux DX ?

Une bande complètement silencieuse doit déjà nous inciter à vérifier ailleurs.

Deuxième outil : les spots POTA.

Si plusieurs Activators européens sont actuellement signalés sur 20 m, écoutons-les. Qui leur répond ? À quel niveau les recevons-nous ?

Cela donne rapidement une idée de la situation.

PSK Reporter : notre radar numérique

Nous retrouvons ici l’outil étudié dans notre précédent article.

En FT8 ou FT4, quelques transmissions permettent de voir quelles stations nous décodent.

Si nos 5 W sont reçus en Allemagne, Espagne, Italie et Scandinavie, nous savons déjà que notre antenne rayonne et que la propagation existe dans ces directions.

PSK Reporter devient donc une véritable sonde de propagation.

En CW, demandons au Reverse Beacon Network

Les adeptes de CW disposent d’un outil tout aussi remarquable : le Reverse Beacon Network (RBN).

Des stations automatisées écoutent les bandes et signalent les stations qu’elles détectent.

Lançons quelques CQ correctement identifiés et nous pouvons découvrir qui nous reçoit, sur quelle bande et avec quel niveau relatif.

Le RBN indique d’ailleurs explicitement qu’un opérateur peut lancer un CQ rapide pour observer quels reverse beacons l’entendent et ainsi repérer les ouvertures de bandes.

Et le Soleil dans tout cela ?

Pour aller un peu plus loin, surveillons la météo spatiale.

Deux indicateurs sont souvent rencontrés :

SFI — Solar Flux Index : il donne une indication de l’activité solaire susceptible d’influencer l’ionisation favorable aux bandes HF hautes.

Kp : il caractérise l’activité géomagnétique. Un Kp élevé indique une perturbation du champ magnétique terrestre susceptible d’affecter les communications HF.

Mais attention : inutile de transformer notre sortie POTA en centre de contrôle de la NASA !

Ces indices donnent un contexte. L’écoute réelle des bandes reste notre meilleur juge sur le terrain.

Personne ne répond : surtout, ne tournons pas immédiatement le bouton POWER !

Nous sommes spotés et appelons depuis dix minutes.

Zéro QSO.

Avant de passer de 10 à 100 W, vérifions :

✓ sommes-nous correctement spotés ?
✓ la fréquence est-elle réellement libre ?
✓ l’antenne fonctionne-t-elle correctement ?
✓ entendons-nous d’autres stations ?
✓ PSK Reporter ou le RBN nous reçoit-il ?
✓ avons-nous essayé une autre bande ?

Changer de bande peut produire un résultat beaucoup plus spectaculaire qu’ajouter 6 ou 10 dB de puissance.

POTA : Personne ne répond ? Ne tournez pas encore le bouton POWER !

Personne ne répond ? Vérifiez d’abord le spot, l’antenne et la propagation, puis changez de bande avant d’augmenter la puissance.

La stratégie simple

Pour une activation européenne classique en journée, nous pourrions commencer par :

20 m → quelques CQ → observation des résultats.

Puis :

40 m → pour rechercher des Hunters plus proches.

Et si les bandes hautes semblent ouvertes :

15 m → 10 m.

Ne transformons toutefois pas cette séquence en règle.

Si nous allumons la radio et découvrons le 10 m rempli de stations…

commençons évidemment par le 10 m !

C’est finalement l’un des plaisirs du POTA : deux activations réalisées depuis le même parc avec exactement la même station peuvent être complètement différentes.

La propagation décide d’une partie du jeu.

À nous de l’écouter plutôt que de lutter contre elle.

Car en portable, choisir la bonne bande vaut souvent beaucoup plus que choisir le plus gros amplificateur !

Pour aller plus loin

Comment des radioamateurs peuvent-ils mesurer la vitesse d’un vaisseau allant vers la Lune avec un simple signal radio ?

Radioamateurs vers la Lune

Imaginez qu’un vaisseau spatial file vers la Lune en émettant une simple porteuse radio. Depuis la Terre, nous ne voyons évidemment pas sa vitesse. Pourtant, en observant précisément la fréquence de son signal avec un récepteur SDR, nous pouvons déjà mesurer une partie de son mouvement.

Le secret tient en un phénomène bien connu des radioamateurs : l’effet Doppler.

C’est le même principe qui fait glisser la fréquence d’un satellite LEO pendant son passage ou qui intervient dans les liaisons EME. Mais cette fois, nous allons retourner le problème : au lieu de calculer le Doppler pour savoir où régler notre récepteur, nous allons mesurer le Doppler pour calculer la vitesse du vaisseau.

Quand la fréquence devient un compteur de vitesse

Lorsqu’une source radio se rapproche de nous, sa fréquence reçue augmente. Lorsqu’elle s’éloigne, elle diminue.

Pour des vitesses très inférieures à celle de la lumière, nous pouvons écrire :

    \[\Delta f \simeq -f_0\frac{v_r}{c}\]

avec :

  • f0, la fréquence émise ;
  • Δf=fr−f0
  • vr, la vitesse radiale ;
  • c=299 792 458 m/s>, la vitesse de la lumière.

En retournant la formule :

    \[v_r \simeq -c\frac{\Delta f}{f_0}\]

C’est donc remarquablement simple : si nous connaissons précisément la fréquence émise et celle que nous recevons, nous pouvons calculer une vitesse.

La NASA utilise exactement cette propriété pour la navigation spatiale : le Doppler d’une porteuse cohérente permet de déterminer la composante de la vitesse du véhicule suivant la ligne de visée entre celui-ci et la station terrestre.

Mesurer la vitesse vers la Lune par Doppler

Le décalage Doppler d’un signal radio permet de mesurer la vitesse radiale d’un vaisseau par rapport à la station terrestre.

Faisons le calcul sur 436,4 MHz

Imaginons un vaisseau transmettant une porteuse sur :

    \[f_0=436,400000\;MHz\]

Notre SDR indique seulement :

    \[436,395000\;MHz\]

Le signal est donc décalé de :

    \[\Delta f=-5000\;Hz\]

Appliquons notre formule :

    \[v_r=-299\,792\,458\times \frac{-5000}{436\,400\,000}\]

Nous obtenons :

    \[v_r\simeq3435\;m/s\]

soit environ :

    \[\boxed{v_r\simeq3,44\;km/s}\]

Autrement dit, un déplacement de seulement 5 kHz sur notre waterfall correspond ici à une vitesse radiale de plus de 12 000 km/h !

À 436,4 MHz, les ordres de grandeur deviennent faciles à retenir :

Doppler mesuré Vitesse radiale
1 Hz 0,687 m/s
10 Hz 6,87 m/s
100 Hz 68,7 m/s
500 Hz 344 m/s
1 kHz 687 m/s
5 kHz 3,44 km/s

Un SDR capable de suivre précisément une porteuse étroite devient donc un étonnant petit « radar de vitesse », même à plusieurs centaines de milliers de kilomètres.

Mesure Doppler SDR et vitesse radiale

Sur le waterfall SDR, le déplacement de la porteuse révèle le Doppler et permet d’en déduire la vitesse radiale du vaisseau.

Attention : nous ne mesurons pas toute la vitesse

Il existe cependant un piège important.

Le Doppler ne donne pas directement la vitesse réelle du vaisseau dans l’espace. Il donne sa vitesse radiale, c’est-à-dire la composante de sa vitesse suivant l’axe reliant la station au vaisseau.

Imaginez un véhicule traversant votre champ de vision de gauche à droite. Il peut se déplacer très vite tout en ne se rapprochant presque pas de vous. Son Doppler sera alors faible.

Pour un engin spatial, c’est exactement pareil.

La NASA rappelle d’ailleurs que les mouvements observés combinent la trajectoire du vaisseau, la rotation quotidienne de la Terre et son mouvement autour du Soleil. Pour un engin évoluant près de la Lune, il faut naturellement ajouter la dynamique du système Terre-Lune.

Mais notre station terrestre bouge elle aussi !

À Viry-Châtillon comme ailleurs, notre antenne n’est jamais réellement immobile.

La Terre effectue un tour sur elle-même en environ 24 heures. À l’équateur, cette rotation correspond à une vitesse tangentielle d’environ 465 m/s. Sous nos latitudes françaises, elle reste de plusieurs centaines de mètres par seconde.

Selon l’heure et la direction du vaisseau, une partie de cette vitesse se projette sur notre ligne de visée.

Il faut donc distinguer :

    \[v_{\text{relative}} = v_{\text{vaisseau}}-v_{\text{station}}\]

puis considérer la projection de cette différence suivant la direction station-vaisseau.

Pour une première expérience pédagogique, mesurer le Doppler brut est déjà passionnant. Pour déterminer réellement une trajectoire, il faut en revanche connaître précisément la position de la station et modéliser ses mouvements.

Encore faut-il connaître exactement la fréquence émise

Voici probablement la principale difficulté pour une station amateur.

Un émetteur annoncé sur 436,400 MHz n’émet pas nécessairement exactement sur 436 400 000 Hz.

Son oscillateur peut varier avec :

  • la température ;
  • son vieillissement ;
  • sa tension d’alimentation ;
  • la qualité de sa référence de fréquence.

Et notre propre SDR possède lui aussi une erreur.

Supposons une erreur de seulement 1 ppm à 436,4 MHz :

    \[436\,400\,000\times10^{-6}=436,4\;Hz\]

Or 436 Hz représentent déjà environ :

    \[300\;m/s\]

d’erreur apparente sur la vitesse !

Une mesure sérieuse nécessite donc une référence stable : TCXO de bonne qualité, OCXO ou, mieux encore, GPSDO fournissant par exemple une référence 10 MHz au SDR.

Les réseaux professionnels vont beaucoup plus loin. Le Deep Space Network utilise des références extrêmement stables et des liaisons cohérentes afin de détecter des variations Doppler inférieures au hertz sur des porteuses de plusieurs gigahertz.

Une expérience que les radioamateurs ont réellement réalisée

Tout cela pourrait sembler théorique. Pourtant, les radioamateurs l’ont déjà fait autour de la Lune.

Le microsatellite chinois DSLWP-B, également connu sous le nom de Longjiang-2 puis Lunar-OSCAR 94, a été placé en orbite lunaire en mai 2018. Il émettait notamment des signaux dans la bande radioamateur des 70 cm.

Des stations terrestres ont enregistré ses transmissions à 435,4 et 436,4 MHz et utilisé leur Doppler pour étudier son mouvement.

L’expérience révèle d’ailleurs exactement le problème que nous venons d’évoquer : lors du traitement des observations sur 436,4 MHz, Daniel Estévez a dû prendre en compte un décalage d’environ −250 Hz de l’émetteur lui-même.

Cela montre qu’il faut séparer :

    \[\text{Doppler observé} = \text{Doppler réel} + \text{erreur émetteur} + \text{erreur récepteur} +\ldots\]

Et si plusieurs radioamateurs écoutent simultanément ?

L’expérience devient encore plus intéressante lorsque deux stations éloignées enregistrent simultanément le même vaisseau.

C’est ce qui a été réalisé avec DSLWP-B entre la station de Shahe, près de Pékin, et le radiotélescope de Dwingeloo aux Pays-Bas.

Les deux stations, séparées d’environ 7 250 km, ont effectué des enregistrements synchronisés par GPS. Les différences de temps et de fréquence entre les deux observations ont ensuite été corrélées.

Le résultat permettait d’obtenir notamment une mesure de delta-vitesse particulièrement précise.

Nous entrons alors dans le domaine du VLBI — Very Long Baseline Interferometry.

Lors d’une expérience ultérieure, des transmissions de DSLWP-B d’environ 30 minutes ont même permis d’exploiter la phase accumulée de la porteuse. La dérivée temporelle de cette différence de phase fournit une information de delta-vitesse extrêmement sensible.

Voilà qui dépasse largement la simple observation d’une trace sur un waterfall !

Comment tenter l’expérience dans une station amateur ?

Le principe d’une chaîne de réception reste pourtant très familier :

antenne → LNA → SDR → ordinateur

Pour améliorer la précision, nous ajouterons :

GPSDO → référence de fréquence du SDR

Nous pouvons ensuite :

  1. enregistrer le signal en IQ ;
  2. mesurer précisément la fréquence de sa porteuse ;
  3. répéter cette mesure régulièrement ;
  4. calculer le Doppler Δf(t);
  5. convertir celui-ci en vitesse radiale r ;
  6. tracer cette vitesse en fonction du temps.

Un waterfall permet déjà de visualiser le phénomène, mais l’enregistrement IQ permet d’effectuer ensuite des mesures beaucoup plus fines par traitement numérique.

Mesurer la vitesse d’un vaisseau vers la Lune

Une station amateur équipée d’une antenne directive, d’un LNA, d’un SDR et d’une référence GPSDO peut mesurer le Doppler d’un vaisseau et en déduire sa vitesse radiale.

GNU Radio et Python sont parfaitement adaptés à cette expérimentation. Pour aller plus loin, un logiciel de mécanique orbitale tel que GMAT permet de calculer le Doppler théorique puis de le comparer aux observations. C’est d’ailleurs cette méthode qui a été utilisée lors des expériences VLBI amateurs avec DSLWP-B.

Du simple waterfall à la détermination d’une orbite

Une seule mesure Doppler ne permet évidemment pas de connaître la position complète d’un vaisseau dans l’espace.

Mais imaginons maintenant que nous enregistrions des centaines ou des milliers de mesures pendant plusieurs heures, puis que d’autres stations fassent la même chose depuis différentes régions du globe.

Nous disposons progressivement de suffisamment de contraintes pour rechercher quelle trajectoire explique le mieux toutes ces observations.

C’est le principe de la détermination d’orbite.

La NASA décrit cette méthode comme l’ajustement d’un modèle de trajectoire aux mesures accumulées de distance et de Doppler. Plus les observations sont nombreuses et réparties dans le temps et géographiquement, plus le modèle peut être contraint.

Les observations amateurs de DSLWP-B ont précisément montré jusqu’où cette approche pouvait aller : des mesures Doppler réalisées par des amateurs ont servi à déterminer et à vérifier son orbite lunaire.

Quelques hertz qui nous renseignent à 400 000 km

C’est probablement ce qu’il faut retenir de cette expérience.

Notre SDR ne « voit » ni le vaisseau ni sa vitesse. Il mesure simplement une fréquence.

Pourtant :

    \[\boxed{\text{fréquence}\rightarrow\text{Doppler}\rightarrow \text{vitesse radiale}\rightarrow\text{trajectoire}}\]

Avec une antenne adaptée, un récepteur stable, une bonne référence de fréquence et un peu de traitement numérique, une station radioamateur peut donc réaliser à son échelle une véritable expérience de navigation spatiale par radio.

Et la prochaine fois qu’une fine ligne inclinée traversera le waterfall de votre SDR, regardez-la autrement : ce n’est pas seulement une fréquence qui bouge. C’est peut-être directement le mouvement d’un objet dans l’espace que vous êtes en train de mesurer.

Pour aller plus loin

Actualité du 6 septembre 2026

Actualités radioamateurs : espace et satellites

Spectrum réussit enfin son envol et place cinq satellites en orbite

Après de nombreux reports depuis le début de l’année, le lanceur Spectrum d’Isar Aerospace a finalement décollé le 5 septembre à 20 h 12 UTC depuis Andøya, en Norvège. Cette deuxième mission, baptisée Onward and Upward, marque une étape historique : Spectrum a franchi les différentes phases du vol, atteint la vitesse orbitale puis effectué sa manœuvre de circularisation avant de libérer ses charges utiles. Il s’agit du premier lancement commercial réussi vers l’orbite depuis l’Europe continentale.

Cinq CubeSats étaient à bord : CyBEEsat, TriSat-S, Platform-6, FramSat-1 et SpaceTeamSat1, auxquels s’ajoutait l’expérience non séparable Let It Go. Pour les radioamateurs, FramSat-1 et SpaceTeamSat1 sont particulièrement intéressants avec des liaisons respectivement annoncées sur 435,141 MHz et 437,395 MHz.

SatNOGS s’adapte rapidement aux nouveaux satellites de Spectrum

Le décollage réussi de Spectrum déclenche maintenant une autre phase : identifier précisément les cinq nouveaux objets en orbite et fournir des éléments orbitaux fiables aux stations de réception. La communauté SatNOGS avait anticipé le lancement en créant les fiches des satellites et en leur attribuant des identifiants NORAD temporaires.

Les fréquences annoncées sont variées : 137,500 MHz pour CyBEEsat, 401,360 MHz pour Platform-6, 435,141 MHz pour FramSat-1, 437,395 MHz pour SpaceTeamSat1 et 2280,550 MHz pour TriSat-S. Les TLE utilisés pour programmer les observations doivent désormais être ajustés à l’heure réelle du lancement, puis remplacés progressivement par les données orbitales issues du suivi des objets. C’est précisément l’un des points forts du réseau SatNOGS : des centaines de stations peuvent contribuer à détecter et identifier rapidement les nouveaux satellites.

HamTV : un signal de test à recevoir sur 2395 MHz depuis l’ISS

Autre activité intéressante pour les amateurs de réception satellite : HamTV émet actuellement depuis le module Columbus de l’ISS sur 2395 MHz. Il s’agit pour le moment d’une transmission de test, sans caméra active, permettant notamment aux stations au sol de régler et vérifier leur installation de réception.

Le système HamTV utilise la télévision numérique amateur en DVB-S avec modulation QPSK. ARISS indique que ces transmissions « à vide » sont justement destinées à permettre aux stations terrestres d’affiner leurs équipements. Le signal peut être recherché pendant un passage favorable de l’ISS avec une parabole correctement suivie, une source adaptée à la bande S et un récepteur DATV ou SDR approprié. Une belle occasion de tenter une réception inhabituelle : au lieu d’écouter l’ISS en VHF ou UHF, il faut cette fois pointer sa parabole vers 2,395 GHz.

La Lune fait-elle bouger votre fréquence ? Comprendre le Doppler EME

Doppler EME, la Lune et votre fréquence

Le Doppler EME peut déplacer un signal radio de quelques centaines de hertz à plusieurs dizaines de kilohertz selon la bande utilisée. Lors d’une liaison Earth-Moon-Earth, notre signal parcourt environ 768 000 km aller-retour, mais il ne revient pas nécessairement sur la fréquence où nous l’avons émis.

Imaginons que notre station transmette précisément sur 2 320,100 MHz en direction de la Lune. Environ 2,5 secondes plus tard, l’écho revient. Pourtant, sur le waterfall, il peut apparaître plusieurs kilohertz plus haut ou plus bas.

Notre oscillateur aurait-il dérivé ? La Lune aurait-elle changé notre fréquence ?

Non. Le responsable est l’effet Doppler.

L’effet Doppler : la sirène d’ambulance version radio

Nous connaissons tous cet effet avec une ambulance : le son paraît plus aigu lorsqu’elle s’approche et plus grave lorsqu’elle s’éloigne.

Le même phénomène existe avec les ondes radio.

Pour une vitesse très inférieure à celle de la lumière, le décalage de fréquence peut être approximé par :

    \[\Delta f \simeq f_0 \frac{v_r}{c}\]

où :

  •     \[f_0\]

    est la fréquence du signal ;

  •     \[v_r\]

    la vitesse radiale entre les deux objets ;

  •     \[c\]

    la vitesse de la lumière, soit environ

        \[299\,792\,458\ \text{m/s}\]

    .

Le mot radiale est important. Ce n’est pas la vitesse totale de déplacement qui compte, mais uniquement sa composante suivant l’axe reliant la station à la Lune.

Pourtant, ma station ne bouge pas !

À première vue, notre antenne EME est solidement installée dans le jardin. Pourtant, elle se déplace à grande vitesse.

La Terre tourne sur elle-même. À l’équateur, un point de sa surface parcourt environ 1 670 km/h. Sous nos latitudes françaises, cette vitesse est moindre, mais reste de plusieurs centaines de kilomètres par heure.

Pendant ce temps, la Lune se déplace autour de la Terre à environ 1 km/s.

La géométrie Terre-Lune évolue donc continuellement.

Le Doppler observé dépend notamment :

  • de la position géographique de la station ;
  • de l’heure ;
  • de la position de la Lune dans le ciel ;
  • de la fréquence utilisée ;
  • de la position de la station correspondante.

Voilà pourquoi le locator Maidenhead renseigné dans un logiciel comme WSJT-X est particulièrement important en EME.

Doppler en écho Terre–Lune–Terre

En EME, les mouvements relatifs de la Terre et de la Lune provoquent un décalage Doppler du signal à l’aller comme au retour.

Avec son propre écho, le Doppler intervient deux fois

Supposons maintenant que nous cherchions notre propre écho lunaire.

Le signal quitte la Terre, atteint la Lune puis revient vers notre station.

Dans une représentation simplifiée, le décalage Doppler est donc subi à l’aller puis au retour :

    \[\Delta f_{\text{écho}} \simeq 2 f_0 \frac{v_r}{c}\]

Prenons une vitesse radiale instantanée de seulement :

    \[v_r=200\ \text{m/s}\]

À 144 MHz :

    \[\Delta f \simeq 2\times144\times10^6 \times\frac{200}{299\,792\,458}\]

soit environ :

    \[\boxed{192\ \text{Hz}}\]

Passons maintenant à 2 320 MHz :

    \[\Delta f \simeq 2\times2,320\times10^9 \times\frac{200}{299\,792\,458}\]

Nous obtenons environ :

    \[\boxed{3\,095\ \text{Hz}}\]

Plus de 3 kHz de décalage pour exactement la même vitesse !

Le Doppler augmente donc directement avec la fréquence.

Plus nous montons en fréquence, plus le problème devient sérieux

Les valeurs exactes dépendent évidemment de la géométrie Terre-Lune, mais les ordres de grandeur montrent rapidement l’importance du phénomène.

Bande EME Doppler maximal, ordre de grandeur
144 MHz ~440 Hz
432 MHz ~1,3 kHz
1 296 MHz ~4 kHz
2,3 GHz ~7 kHz
5,7 GHz ~18 kHz
10 GHz ~30 kHz
24 GHz plusieurs dizaines de kHz

Le Doppler EME selon la fréquence

En EME, le décalage Doppler augmente avec la fréquence : de quelques centaines de hertz à 144 MHz à plusieurs dizaines de kilohertz en SHF.

À 144 MHz, quelques centaines de hertz restent relativement faciles à visualiser.

À 2,3 GHz, nous pouvons déjà chercher notre correspondant plusieurs kilohertz trop loin.

À 10 GHz, ignorer le Doppler peut signifier regarder plusieurs dizaines de kilohertz à côté du signal !

Et la fréquence continue de bouger

Une complication supplémentaire apparaît : le Doppler n’est pas fixe.

La Lune traverse le ciel et la composante radiale de la vitesse de notre station évolue continuellement. Le décalage peut donc augmenter, diminuer ou changer de signe.

On parle alors de Doppler rate, c’est-à-dire la vitesse d’évolution du décalage, exprimée par exemple en Hz/minute.

Sur un waterfall, un signal suffisamment long peut donc apparaître légèrement incliné.

Autrement dit, connaître le Doppler à 21 h 00 ne signifie pas qu’il sera identique quelques minutes plus tard.

La Lune ne décale pas seulement le signal : elle l’élargit

Voici un deuxième phénomène particulièrement intéressant.

La Lune n’est pas un miroir ponctuel. Son diamètre est d’environ 3 475 km et les ondes sont réfléchies par différentes zones de sa surface.

Or toutes ces zones ne présentent pas exactement la même vitesse radiale par rapport à nos stations.

Les différentes composantes réfléchies reviennent donc avec des décalages Doppler légèrement différents.

Le résultat est un élargissement spectral du signal appelé notamment libration spreading.

Il faut donc distinguer deux choses :

Doppler shift : déplacement de l’ensemble du signal.

Doppler spread : élargissement du signal autour de sa fréquence centrale.

Et, là encore, l’effet devient de plus en plus important lorsque la fréquence augmente.

Doppler et libration lunaire en EME

En EME, l’écho lunaire est à la fois décalé par l’effet Doppler, élargi par la libration et soumis à une dérive au cours du temps.

Ce que l’on observe réellement sur le waterfall

Imaginons une porteuse extrêmement fine envoyée vers la Lune.

Sans mouvement, elle devrait revenir pratiquement au même endroit.

Dans la réalité, elle peut revenir :

  • décalée de plusieurs kilohertz ;
  • légèrement élargie ;
  • avec une fréquence qui dérive ;
  • avec des fluctuations rapides d’amplitude.

Ce dernier phénomène participe au libration fading, bien connu des opérateurs EME.

À haute fréquence, la Lune transforme donc notre belle raie théorique en un signal beaucoup plus complexe.

Heureusement, WSJT-X fait les calculs

Effectuer continuellement tous ces calculs serait particulièrement fastidieux. C’est pourquoi WSJT-X intègre les paramètres astronomiques nécessaires aux communications EME.

Dans View → Astronomical Data, on trouve notamment :

  • Az / El : azimut et élévation de la Lune ;
  • SelfDop : Doppler de son propre écho ;
  • DxDop : Doppler concernant la liaison avec la station DX ;
  • Width : largeur Doppler estimée ;
  • Delay : délai de propagation Terre-Lune-Terre.

Le logiciel connaît notre position grâce au locator et calcule continuellement l’évolution de la géométrie Terre-Lune.

En mode Echo, WSJT-X peut également aider à détecter son propre écho lunaire et afficher différentes informations telles que le Doppler, la largeur et le rapport signal/bruit.

Une fréquence constante… sur la Lune !

Une solution particulièrement élégante utilisée en EME est appelée CFOM : Constant Frequency On Moon.

Le principe consiste à imaginer un observateur installé sur la surface lunaire.

Chaque station terrestre corrige sa fréquence de façon à ce que cet observateur fictif reçoive toujours le signal sur la même fréquence.

La fréquence terrestre bouge donc volontairement afin que la fréquence soit constante dans le référentiel lunaire.

WSJT-X propose plusieurs stratégies de correction Doppler adaptées aux situations EME, dont Full Doppler to DX Grid, Own Echo et Constant Frequency on Moon.

Le logiciel peut ainsi piloter la fréquence du transceiver pour suivre automatiquement l’évolution du Doppler.

Et Q65 dans tout cela ?

Les modes numériques utilisés en EME doivent eux aussi tenir compte de l’environnement spectral particulier de la liaison lunaire.

C’est notamment le cas de Q65, aujourd’hui très utilisé pour les signaux extrêmement faibles.

À titre indicatif, WSJT-X recommande différentes sous-variantes suivant les bandes :

Bande Mode souvent adapté
144 MHz Q65-60A
432 MHz Q65-60B
1 296 MHz Q65-60C
2,3 GHz Q65-60C
3,4 / 5,7 GHz Q65-60D
10 GHz Q65-60D ou E
≥ 24 GHz Q65-60E

L’espacement des tonalités augmente avec les variantes, ce qui permet notamment de mieux s’accommoder de l’élargissement Doppler rencontré sur les bandes les plus élevées.

Alors, où est mon écho à 2 320,100 MHz ?

Nous pouvons maintenant répondre à notre question initiale.

Si nous émettons sur 2 320,100 MHz, notre écho ne reviendra pas nécessairement sur 2 320,100 MHz.

Selon la position de la Lune et celle de notre station, il pourra se trouver plusieurs kilohertz au-dessus ou au-dessous, tout en dérivant lentement.

La valeur exacte ne peut donc pas être donnée simplement à partir de la fréquence : elle doit être calculée pour un lieu, une date et une heure déterminés.

C’est précisément ce que fait WSJT-X.

À 144 MHz, le Doppler peut encore sembler n’être qu’une petite complication. À 1,3 GHz, il devient important. À 2,3 GHz et au-dessus, il fait véritablement partie de l’exploitation de la station.

La Lune ne modifie donc pas réellement la fréquence de notre émetteur. Mais avec près de 768 000 km de trajet aller-retour, la mécanique céleste suffit à faire bouger notre signal de plusieurs kilohertz.

Et lorsqu’on cherche un signal situé parfois plus de 20 dB sous le bruit, mieux vaut savoir exactement où regarder !

Pour aller plus loin

WSJT-X User Guide — documentation officielle de WSJT-X, avec les fonctions EME, les données astronomiques et les corrections Doppler :
https://wsjtx.github.io/wsjtx/guide-full.html

ARRL Handbook — EME — chapitre technique consacré aux communications Terre-Lune-Terre, au Doppler et aux phénomènes de libration :
https://wsjt.sourceforge.io/Hbk_2010_Ch30_EME.pdf

Joe Taylor K1JT — Lunar Echoes — article technique consacré à l’analyse des échos lunaires :
https://wsjt.sourceforge.io/LunarEchoes_QEX.pdf

Bob Atkins KA1GT — Constant Frequency On Moon — excellente explication du principe CFOM et de son intérêt en EME :
https://bobatkins.com/radio/CFOM.html

POTA : qui m’entend ? PSK Reporter vous le montre ! (10/13)

Banniere POTA PSK Reporter

Dans notre précédent article, « POTA France 2026 : que faire sans coordinateur français ? », nous avons vu que les Activators français pouvaient continuer leurs activités POTA et transmettre directement leurs logs.

Revenons maintenant sur le terrain.

La station est installée, l’antenne déployée et WSJT-X commence à envoyer nos premiers appels FT8. Mais personne ne répond…

Notre signal sort-il seulement du parc ?

Avant d’accuser l’antenne, les 5 watts ou la propagation, ouvrons PSK Reporter. Cet outil peut nous montrer, presque en temps réel, où notre signal numérique est reçu dans le monde.

PSK Reporter, c’est quoi ?

PSK Reporter est un réseau de collecte automatique des signaux numériques décodés par les radioamateurs.

Son principe est simple :

notre station → émission FT8 → station distante → décodage → PSK Reporter → carte.

Si une station située en Allemagne décode notre CQ et utilise un logiciel transmettant ses réceptions à PSK Reporter, notre indicatif peut apparaître sur la carte quelques instants plus tard.

PSK Reporter devient ainsi un formidable outil pour répondre à la question :

« Où suis-je entendu ? »

Et aucun QSO n’est nécessaire !

POTA : Comment votre signal arrive sur PSK Reporter ?

PSK Reporter : ce sont les stations qui vous décodent qui font apparaître votre signal sur la carte.

Comment apparaître sur PSK Reporter ?

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, nous n’avons pas besoin de créer une « activation » sur PSK Reporter.

Ce sont les stations qui nous reçoivent qui transmettent les informations.

Avec FT8 et WSJT-X, utilisons donc des messages standards contenant notre indicatif. PSK Reporter indique que WSJT-X peut reporter les messages standards correctement décodés, alors que les messages non standards ne le sont pas nécessairement.

Pour un Activator POTA, la documentation officielle propose notamment d’ajouter une macro du type :

CQ POTA F4XXX JN18

avec notre indicatif et notre locator.

Si l’indicatif est trop long pour conserver le locator dans le message disponible, POTA recommande d’omettre le locator.

Attention au locator !

Voilà un piège classique du radioamateur portable.

À la maison, WSJT-X connaît déjà notre locator.

Mais notre parc peut se trouver dans un autre carré Maidenhead.

Avant de commencer l’activation, ouvrons donc :

WSJT-X → Settings → General

et vérifions :

My Call → notre indicatif utilisé pendant l’activation
My Grid → le locator réel de notre emplacement

La documentation POTA demande justement de mettre à jour My Grid lorsqu’on opère depuis un emplacement différent.

Sinon, nous risquons de faire croire à tout le monde que notre petite table de camping se trouve toujours dans le jardin de la maison !

Et « Enable PSK Reporter Spotting » ?

Dans :

WSJT-X → Settings → Reporting

se trouve l’option :

Enable PSK Reporter Spotting.

Activons-la : cela contribue au réseau PSK Reporter en transmettant les stations que notre propre WSJT-X décode.

Mais attention à ne pas inverser les rôles.

Cette case n’est pas ce qui permet directement à notre propre signal d’apparaître sur la carte. Pour cela, il faut qu’une ou plusieurs stations distantes nous décodent et transmettent à leur tour leurs réceptions.

C’est le principe collaboratif de PSK Reporter : chacun écoute et renseigne la carte pour les autres.

POTA : WSJT-X : les réglages avant de lancer CQ POTA

Avant d’appeler CQ POTA en FT8, vérifiez votre indicatif, le locator du parc et les paramètres de reporting de WSJT-X.

Faisons l’expérience depuis notre parc

Installons-nous sur 20 mètres en FT8.

Lançons quelques appels :

CQ POTA F4XXX JN18

Puis ouvrons le site PSK Reporter.

Recherchons notre indicatif comme station émettrice et limitons éventuellement l’affichage à la bande et au mode utilisés.

Après quelques minutes, les premiers reports peuvent apparaître.

France…

Belgique…

Allemagne…

Italie…

Et peut-être beaucoup plus loin !

Pour chaque réception, PSK Reporter peut notamment fournir l’indicatif de la station réceptrice, son locator, la fréquence et des informations associées au report.

Nos 5 watts viennent peut-être de traverser l’Europe alors que notre log affiche toujours…

zéro QSO !

PSK Reporter n’est pas un spot POTA

C’est une distinction essentielle.

PSK Reporter dit essentiellement :

« F4XXX a été décodé à cet endroit. »

Le spot POTA dit :

« F4XXX active actuellement le parc F-1234 sur cette fréquence et dans ce mode. »

PSK Reporter ne remplace donc pas le spotting POTA.

En FT8 ou FT4, la longueur limitée des messages ne permet pas toujours d’indiquer la référence du parc. Le guide officiel POTA recommande alors aux Hunters de consulter la page des spots pour identifier le parc activé.

Le bon réflexe reste donc :

se spotter sur POTA + appeler CQ POTA en FT8/FT4.

Les deux systèmes sont complémentaires.

Personne ne répond… mais toute l’Europe m’entend !

Voilà l’une des utilisations les plus intéressantes de PSK Reporter.

Supposons que nous appelions depuis dix minutes sans obtenir de QSO.

Nous regardons la carte et découvrons vingt stations qui nous ont décodés entre -8 et -19 dB.

Conclusion ?

Notre station fonctionne !

L’émetteur sort bien, l’antenne rayonne et la propagation permet à notre signal d’atteindre ces régions.

Le problème est peut-être simplement que personne ne souhaite nous répondre à cet instant.

À l’inverse, après plusieurs appels, aucun report n’apparaît.

Nous pouvons alors vérifier :

fréquence et bande → puissance réellement émise → ROS → antenne → réglages WSJT-X → locator → propagation.

Et avant d’augmenter la puissance, essayons éventuellement une autre bande.

POTA : 5 W : jusqu’où suis-je entendu ?

PSK Reporter permet de visualiser où votre signal FT8 est reçu et à quel niveau, même sans avoir réalisé le moindre QSO.

Et avec GridTracker ?

Les utilisateurs de GridTracker 2 peuvent aller encore plus loin.

Le logiciel travaille avec WSJT-X et peut afficher sur sa carte les informations provenant de PSK Reporter. Une fonction permet notamment de visualiser les endroits où nos transmissions ont été reçues.

GridTracker possède également une intégration POTA : les activations présentes sur pota.app peuvent être affichées sur la carte et le logiciel propose différentes fonctions facilitant la chasse et les contacts Park-to-Park.

Nous obtenons alors un véritable tableau de bord :

WSJT-X pour le trafic → PSK Reporter pour voir où nous sommes reçus → GridTracker pour visualiser → POTA pour l’activation et les spots.

Le petit test F5KEE : 5 W, 1 W… jusqu’où descendrons-nous ?

Profitons maintenant de PSK Reporter pour faire une expérience.

Depuis le parc :

1 — réglons la puissance à 5 W ;
2 — envoyons quelques CQ FT8 ;
3 — observons les reports ;
4 — passons à 2 W ;
5 — recommençons ;
6 — puis essayons 1 W.

Comparons ensuite le nombre et la distance des stations qui nous ont reçus.

Voilà une façon beaucoup plus instructive de tester une station QRP que de simplement regarder le wattmètre !

Vous risquez même d’avoir une surprise :

avec une bonne propagation, 1 W peut aller beaucoup plus loin que prévu.

Lors de votre prochaine activation POTA, lancez donc quelques appels FT8 avant même votre premier QSO et regardez PSK Reporter.

Votre log sera peut-être encore vide…

mais votre signal aura déjà fait le tour de l’Europe !

Prochain article : « POTA : quelle bande choisir pour ne pas appeler les écureuils ? (11/13) »

 

Pour aller plus loin

Retevis annonce le HS5 : un SDR HF/VHF/UHF 100 W annoncé comme entièrement ouvert

Banniere Retrevis HS5

Le marché des transceivers SDR continue de bouger. Après les équipements traditionnels des grands constructeurs et l’arrivée de nombreux SDR autonomes, Retevis propose désormais une machine particulièrement ambitieuse : le HS5, un transceiver DDC/DUC doté d’un grand écran tactile, d’une puissance pouvant atteindre 100 W et surtout présenté comme une plateforme matérielle et logicielle entièrement ouverte.

Sur le papier, la proposition est séduisante. Mais que sait-on réellement du HS5 à ce jour ?

Un véritable SDR de station

Dans le Retevis HS5 : comment fonctionne le SDR DDC/DUC ?

Architecture SDR DDC/DUC du Retevis HS5 : conversion numérique, traitement FPGA et DSP au cœur du transceiver.

Le HS5 repose sur une architecture DDC/DUC (Digital Down Converter / Digital Up Converter). Contrairement à un poste superhétérodyne traditionnel multipliant les changements de fréquence et les étages analogiques, une grande partie du traitement du signal est ici réalisée numériquement.

Retevis annonce également un spectaculaire waterfall 3D affiché sur un écran tactile capacitif de 7 pouces, ainsi qu’un atténuateur réglable de 0 à 31 dB, un LNA, des filtres passe-bande et une dynamique ADC annoncée aux environs de 100 dB.

Le modèle HS5 commercialisé correspond à la version puissante RS-998, équipée d’un coupleur automatique d’antenne intégré.

Caractéristique Retevis HS5 / RS-998
Architecture SDR DDC/DUC
Réception 0,5 à 750 MHz
Émission 0–30 MHz + 144–148 MHz
Puissance HF 100 W
Puissance VHF 50 W+
Modes CW, LSB, USB, AM, FM, WFM, DIGI
Écran tactile capacitif 7 pouces
Atténuateur 0 à 31 dB
Alimentation 13,8 V
Consommation TX 15 A+ annoncés
Dimensions 340 × 140 × 135 mm
Masse annoncée 5,55 kg

Ces caractéristiques placent donc davantage le HS5 dans la catégorie des stations de base transportables que dans celle des petits SDR QRP.

HF, VHF et UHF… mais attention !

La mention « HF+UV » utilisée dans la présentation peut prêter à confusion.

Le récepteur couvre 0,5 à 750 MHz, ce qui permet effectivement d’écouter les bandes HF, VHF et une bonne partie de l’UHF, notamment notre bande radioamateur des 430 MHz.

Mais l’émetteur ne suit pas cette couverture.

À ce jour, Retevis indique officiellement une émission de 0 à 30 MHz et de 144 à 148 MHz seulement. Le HS5 peut donc recevoir l’UHF mais n’est pas annoncé capable d’émettre sur 430 MHz.

Il serait donc plus exact de parler d’un transceiver HF/VHF avec réception étendue jusqu’à 750 MHz.

Retrevis HS5 Couverture

Retevis HS5 : réception jusqu’à 750 MHz, mais émission limitée aux HF et à la bande des 144 MHz.

Du FT8 sans ordinateur

Une autre fonction mérite l’attention des radioamateurs : le FT8 est directement intégré au transceiver.

Le manuel confirme que le HS5 peut encoder et décoder le FT8 sans équipement externe. L’opérateur renseigne notamment son indicatif et son locator, et le poste dispose même d’un mécanisme permettant de répondre automatiquement après lancement d’un CQ. Retevis recommande par ailleurs de réduire la puissance pour ce mode numérique.

Le poste propose également le décodage CW, l’enregistrement sur carte TF/SD, une carte son USB intégrée et le Wi-Fi.

On commence donc à se rapprocher davantage d’un ordinateur spécialisé dans la radio que d’un simple émetteur-récepteur piloté par DSP.

« Entièrement open source » : la promesse qui change tout ?

C’est probablement l’affirmation la plus intrigante de Retevis.

Le constructeur indique explicitement que le logiciel et le matériel sont entièrement open source et peuvent être modifiés selon les besoins.

Pour les expérimentateurs, une telle plateforme pourrait être passionnante : modification du firmware, ajout de fonctions numériques, évolution de l’interface, développement de nouveaux traitements DSP, voire modification de certaines parties matérielles.

Mais il convient pour l’instant de rester prudent.

Une véritable plateforme ouverte devrait idéalement fournir les sources du firmware, les schémas électroniques, la documentation de l’architecture, éventuellement les sources FPGA, les outils nécessaires à la compilation et surtout des licences clairement définies.

À l’heure où nous publions cet article, nous n’avons pas identifié de dépôt public officiel regroupant clairement l’ensemble de ces éléments. Retevis fournit toutefois déjà le manuel HS5 dans son centre de téléchargement.

Il faudra donc surveiller ce que recouvre concrètement cette promesse d’ouverture.

Un poste prometteur… qui devra passer au banc de mesure

Retevis affiche actuellement le HS5 à 1 285,99 dollars sur sa boutique internationale. À ce niveau de prix, le radioamateur attendra autre chose qu’une impressionnante liste de fonctions.

Il faudra mesurer la dynamique réelle du récepteur, son comportement en présence de signaux puissants, la sélectivité, le bruit de phase et surtout la pureté spectrale de l’émetteur à 100 W.

Il faudra également vérifier la qualité du FT8 autonome et découvrir jusqu’où il est réellement possible de modifier le logiciel et le matériel.

Le Retevis HS5 / RS-998 pourrait ainsi devenir une machine particulièrement intéressante pour les expérimentateurs… à condition que les performances mesurées et l’ouverture réelle du projet soient à la hauteur des caractéristiques annoncées.

Pour aller plus loin

Retevis – site officiel
Découvrir le site officiel Retevis

Retevis HS5 / RS-998 – page officielle
Caractéristiques et présentation du Retevis HS5

Manuel du HS5 / RS-998
Consulter le manuel technique du transceiver

Centre de téléchargement Retevis
Manuels et ressources Retevis

Annonce du HS5 du 2 septembre 2026
Présentation du HS5 par Simon The Wizard