Bienvenue sur le Site du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon (91 – Essonne)!

Chers(es) visiteurs(ses) et passionnés(es) de radio et de sciences,

Le Radio-Club F5KEE vous accueille à la Maison des Associations de Viry-Châtillon, au cœur de l’Essonne. Dans ce lieu ouvert et convivial, nous réunissons toutes celles et ceux qui partagent la curiosité des sciences, des techniques et des communications sans fil.

Le radioamateurisme, c’est bien plus qu’un simple hobby :
c’est une passion universelle, où l’on apprend à dialoguer avec le monde entier, à construire ses propres antennes et équipements, à explorer la propagation des ondes, mais aussi à découvrir les technologies numériques et les satellites.

À qui s’adresse le radio-club ?

Le F5KEE s’adresse à tous les publics :

  • les curieux qui veulent découvrir ce qu’est la radio et comment on peut communiquer sans Internet,

  • les jeunes et étudiants attirés par la technique, l’électronique ou l’aéronautique,

  • les futurs radioamateurs qui souhaitent préparer la licence,

  • les opérateurs confirmés qui veulent partager leurs expériences, expérimenter ou participer à des contests,

  • et plus largement, toute personne désireuse d’apprendre, de pratiquer et d’échanger dans un cadre associatif.

Que fait-on au F5KEE ?

Nos activités sont variées et adaptées à tous les niveaux :

  • Découverte et formation : initiation aux bases de la radio, aide à la préparation de la licence radioamateur.

  • Pratique du trafic : contacts en phonie, en CW (morse), en modes numériques (FT8, …), via satellites ou encore à travers le monde en HF.

  • Expérimentations techniques : réalisation et essais d’antennes, utilisation du SDR, projets autour de l’Arduino ou d’interfaces numériques.

  • Activités collectives : organisation de démonstrations publiques, projets éducatifs en lien avec les écoles ou évènements internationaux (ARISS, QO-100, etc.).

  • Vie de club : échanges, entraide, convivialité et partage de connaissances dans une ambiance amicale.

Pourquoi nous rejoindre ?

Adhérer au Radio-Club F5KEE, c’est rejoindre une communauté dynamique et passionnée, c’est apprendre en pratiquant, c’est aussi trouver un lieu où la curiosité technique et la convivialité se conjuguent au quotidien.

C’est également l’occasion d’acquérir des bases solides en électricité et en électronique, compétences précieuses pour comprendre le fonctionnement des équipements mais aussi pour, pourquoi pas, préparer un futur métier dans les domaines techniques, scientifiques ou industriels.

Que vous soyez simple curieux, débutant ou opérateur chevronné, poussez la porte de la Maison des Associations de Viry-Châtillon : F5KEE vous accueille et vous invite à découvrir le monde fascinant du radioamateurisme.

L’équipe du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon

Réseau d’urgence HF : comment choisir la bonne bande sans Internet ?

Banniere Réseau d’urgence HF

80, 40 ou 20 mètres : quand tout tombe, il faut savoir où appeler.

Une panne électrique majeure, plus de réseau mobile, Internet inaccessible… Dans ce genre de situation, nos installations radioamateurs retrouvent immédiatement tout leur intérêt. Un émetteur-récepteur HF, une batterie et quelques dizaines de mètres de fil peuvent suffire pour établir une liaison à plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de kilomètres.

Mais encore faut-il choisir la bonne bande au bon moment.

Car disposer de 100 W et d’une excellente antenne ne sert pas à grand-chose si notre correspondant se trouve… dans la zone de silence de la bande choisie.

La distance n’est pas le seul critère

Imaginons que ADRASEC souhaite mettre en place un réseau HF indépendant d’Internet. Il faut pouvoir joindre une station située à 100 km, une autre à 500 km et éventuellement transmettre un message à plus de 1 000 km.

Quelle bande utiliser ?

La réponse dépend principalement de trois paramètres :

la distance, l’heure et l’état de l’ionosphère.

Pendant la journée, le rayonnement solaire ionise fortement les couches supérieures de l’atmosphère, mais augmente également l’absorption des fréquences HF les plus basses dans la couche D. Après le coucher du Soleil, cette absorption diminue fortement.

Voilà pourquoi une bande excellente à midi peut devenir médiocre la nuit… et inversement.

Un schéma horizontal montrant une station ADRASEC

Quelle bande HF choisir selon la distance ? Les bandes basses 80 et 40 m sont particulièrement adaptées aux communications locales et régionales, notamment en NVIS, tandis que les bandes 20, 17 et 15 m permettent d’envisager des liaisons de plus en plus lointaines lorsque les conditions ionosphériques sont favorables. Ces distances restent indicatives : heure, saison, activité solaire et antennes peuvent considérablement modifier la propagation.

80 mètres : le spécialiste de la nuit

La bande des 80 mètres, autour de 3,5 MHz, est particulièrement intéressante pour établir des communications régionales après le coucher du Soleil.

Avec une antenne adaptée, elle permet de couvrir quelques dizaines à plusieurs centaines de kilomètres. Elle devient donc une candidate sérieuse pour un réseau départemental ou régional.

Son principal défaut apparaît pendant la journée : l’absorption ionosphérique devient importante. Ajoutons à cela un niveau de bruit souvent élevé et des antennes relativement longues.

Pour les communications d’urgence, l’IARU Région 1 indique 3,760 MHz comme centre d’activité.

40 mètres : la bande à essayer en premier

S’il fallait choisir une seule bande pour constituer un réseau HF régional, le 40 mètres serait probablement notre premier candidat.

Autour de 7 MHz, il représente un excellent compromis entre portée, dimensions des antennes et disponibilité.

Pendant la journée, une liaison de quelques centaines de kilomètres peut être obtenue grâce au NVIS — Near Vertical Incidence Skywave.

Le principe est presque paradoxal : au lieu d’essayer d’envoyer le signal le plus loin possible vers l’horizon, on installe généralement une antenne relativement basse afin de favoriser un rayonnement à angle élevé.

Le signal monte alors presque verticalement vers l’ionosphère avant de revenir au sol.

Pourquoi le NVIS permet de communiquer à courte distance

NVIS ou DX : deux stratégies de propagation différentes. Sur 40/80 m, une antenne basse favorise un rayonnement à angle élevé qui permet au signal de revenir à quelques dizaines ou centaines de kilomètres de l’émetteur. Sur les bandes plus hautes, un angle de départ plus faible favorise les grandes distances, mais peut créer une zone de silence rendant les stations proches injoignables.

Résultat : il devient possible de couvrir une zone située approximativement entre quelques dizaines et plusieurs centaines de kilomètres sans relais intermédiaire.

C’est exactement ce que l’on recherche pour un réseau d’urgence régional.

Sur 40 mètres, le centre d’activité d’urgence indiqué par l’IARU Région 1 est 7,110 MHz.

20 mètres : attention à la zone de silence

Pour contacter une station située à 1 000 ou 2 000 km, le 20 mètres devient souvent beaucoup plus intéressant.

La bande des 14 MHz est l’une des grandes bandes DX du radioamateur. Lorsque les conditions sont favorables, quelques dizaines de watts peuvent suffire pour réaliser des liaisons à plusieurs milliers de kilomètres.

Mais il existe un piège.

Votre signal peut parfaitement être reçu à 1 500 km tout en étant totalement inaudible à 200 km.

Entre la portée locale et le premier retour ionosphérique apparaît alors une zone de silence, ou skip zone.

Dans un réseau d’urgence régional, choisir systématiquement la bande offrant la plus grande portée serait donc une erreur.

Le centre mondial d’activité d’urgence sur cette bande est 14,300 MHz.

Et les bandes 17 et 15 mètres ?

Lorsque l’ionisation est suffisante et que les distances deviennent importantes, les bandes des 17 et 15 mètres constituent également d’excellentes possibilités.

L’IARU indique comme centres mondiaux d’activité d’urgence :

18,160 MHz sur 17 mètres et 21,360 MHz sur 15 mètres.

Pour notre réseau régional, elles seront cependant moins prioritaires que les bandes 80 et 40 mètres.

Quelle bande essayer ?

Voici une règle volontairement simplifiée :

Distance Jour Nuit
0–100 km 40 m NVIS 80/40 m
100–500 km 40 m NVIS 40/80 m
500–1 000 km 40/20 m 40 m
1 000–3 000 km 20/17 m 20/40 m
> 3 000 km 20/17/15 m 20 m

Ce tableau n’est évidemment pas une garantie de liaison. Saison, activité solaire, antennes, puissance et bruit radioélectrique peuvent complètement changer la situation.

Il donne simplement la première bande à essayer.

Plus d’Internet ? Écoutez !

Aujourd’hui, nous avons pris l’habitude de consulter VOACAP, les clusters, PSKReporter ou différents indicateurs de propagation.

Mais notre scénario est justement celui où Internet n’existe plus.

Il reste alors un instrument formidable : le récepteur de notre station.

Écoutons plusieurs bandes.

Le 40 mètres regorge de stations européennes ? C’est encourageant. Le 20 mètres est extrêmement actif mais seules des stations lointaines apparaissent ? Une zone de silence existe probablement autour de nous.

Les balises, les stations puissantes et simplement l’activité entendue permettent déjà d’obtenir une bonne idée de l’état de la propagation.

Un opérateur HF expérimenté finit ainsi par devenir son propre indicateur de propagation.

Préparer le réseau avant la panne

Le moment où Internet vient de disparaître n’est évidemment pas le meilleur moment pour décider :

« Bon… on se retrouve où ? »

Un réseau d’urgence doit donc être préparé à l’avance.

On peut par exemple définir :

Fréquence principale : 40 m
Fréquence de secours : 80 m
Longue distance : 20 m
Rendez-vous : heure pleine et H+30

Chaque station conserve cette procédure sur une simple feuille de papier à côté du transceiver.

La fiche de secours ADRASEC

Exemple de fiche « Plan B » à conserver près de la station HF : bandes à privilégier selon la distance et l’heure, fréquences de rendez-vous, solutions de secours et procédure d’appel. L’objectif n’est pas d’improviser lorsque les réseaux habituels disparaissent, mais de disposer d’un plan simple connu à l’avance par tous les opérateurs. Les fréquences IARU indiquées sont des centres d’activité d’urgence et non des fréquences exclusivement réservées.

Attention également aux fréquences 3,760, 7,110, 14,300, 18,160 et 21,360 MHz : l’IARU les définit comme des centres d’activité d’urgence, et non comme des fréquences exclusivement réservées au trafic d’urgence.

La radio commence là où Internet s’arrête

La véritable force d’un réseau HF d’urgence ne réside finalement ni dans la puissance de l’émetteur ni dans le prix du transceiver.

Elle réside dans la capacité des opérateurs à comprendre leur moyen de communication.

Pour quelques centaines de kilomètres, pensons 40 mètres et NVIS. La nuit, essayons également 80 mètres. Pour aller beaucoup plus loin, regardons vers 20, 17 ou 15 mètres.

Et surtout : écoutons avant d’émettre.

Car lorsque les écrans Internet deviennent noirs, l’ionosphère, elle, continue de fonctionner.

Liens utiles pour aller plus loin

POTA : après les 10 QSO, la chasse aux trophées commence ! (13/13)

Banniere Awards POTA

Dans notre précédent article, « POTA Park-to-Park : quand les Activators se chassent entre eux ! », nous avons découvert comment réaliser et logger correctement un contact entre deux parcs.

Mais une fois nos 10 QSO réalisés et notre log envoyé, que se passe-t-il ?

POTA ne se contente pas d’enregistrer nos contacts. Au fil des activations et des chasses, le programme construit nos statistiques et débloque automatiquement des awards POTA.

Et c’est là qu’un nouveau jeu commence…

Pas besoin d’envoyer une demande de diplôme

Bonne nouvelle : inutile de remplir un formulaire ou d’envoyer des cartes QSL.

Après traitement des logs, POTA calcule automatiquement les récompenses obtenues. Elles sont accessibles depuis notre compte dans :

My Stats → Awards Issued

Il suffit ensuite de cliquer sur l’award pour télécharger le certificat.

La plupart des récompenses automatiques apparaissent normalement dans les 48 heures suivant le traitement des logs.

De votre premier parc aux awards POTA

De la première activation aux awards : chaque log POTA traité fait progresser automatiquement vos statistiques et vos challenges.

Les premiers awards : collectionner les parcs

L’un des objectifs les plus naturels consiste à activer ou contacter des références différentes.

POTA propose une progression standard :

Bronze → 10 parcs différents
Silver → 20 parcs
Gold → 30 parcs
Platinum → 40 parcs
Diamond → 50 parcs

Ces récompenses existent aussi bien pour les Activators que pour les Hunters.

Au-delà, d’autres niveaux permettent de poursuivre la progression vers 100 références et davantage.

Attention cependant à une nuance importante côté Activator : pour qu’une référence compte dans les Unique Reference Awards, il faut y avoir réalisé au moins 10 QSO au total. Ces contacts peuvent toutefois être répartis sur plusieurs tentatives.

Autrement dit, une sortie ratée à 7 QSO n’est pas forcément perdue : revenez une autre fois et complétez !

Repeat Offender : retourner dans notre parc préféré

Vous activez toujours le petit parc situé à dix minutes de chez vous ?

POTA a pensé à vous !

Les Repeat Offender Awards récompensent les opérateurs qui retournent régulièrement dans la même référence.

Pour un Activator, la première série commence ainsi :

20 activations → Oasis Award
40 → Fox Den
60 → Bear Cave
80 → Fishing Hole
100 → Eagle’s Nest

Et cela continue ensuite par nouveaux paliers.

Voilà qui démontre qu’il n’est pas nécessaire de parcourir 10 000 kilomètres pour collectionner des awards POTA.

Notre parc préféré peut lui aussi devenir un véritable terrain de jeu.

POTA Rover : combien de parcs dans la même journée ?

Pour les Activators qui préfèrent bouger, POTA propose exactement l’inverse : les Rover Awards.

Le principe consiste à réussir plusieurs références différentes pendant une même journée UTC :

5 parcs → Warthog
10 → Rhino
15 → Cheetah
20 → Ostrich
25 → Leopard
30 → Lion

Là, mieux vaut avoir préparé les antennes, les batteries… et l’itinéraire !

Ces awards peuvent être obtenus plusieurs fois.

Park-to-Park : notre article précédent prend tout son sens

Les contacts P2P possèdent leur propre récompense.

Le Park-to-Park Award commence à 25 contacts uniques entre Activators, puis progresse par paliers de 25.

Nous comprenons maintenant pourquoi nous avons autant insisté dans l’article précédent sur les champs ADIF :

MY_SIG_INFO = mon parc

SIG_INFO = son parc

Un P2P correctement identifié dans le log permet au système de reconnaître précisément le contact, particulièrement lors des activations multiples ou lorsqu’un Activator change de parc dans la journée.

Et les Hunters ?

Ils ne sont évidemment pas oubliés.

Un radioamateur peut être Activator le dimanche et Hunter depuis son shack le lundi.

Les Hunters disposent eux aussi des awards liés aux références uniques, aux zones géographiques et à d’autres challenges.

Il existe même un Operator-to-Operator Award, réservé aux Hunters, qui encourage à contacter plusieurs fois les mêmes Activators. Il débute à 50 contacts uniques et progresse ensuite par paliers de 50.

La chasse POTA possède donc elle aussi son système de progression.

POTA : Activator ou Hunter : chacun ses challenges

Activator ou Hunter : les logs POTA alimentent automatiquement des statistiques et des awards adaptés à chaque type d’activité.

Des awards pour voyager… très loin

POTA propose également des DX Awards.

Pour l’Activator, le premier niveau est obtenu en activant des parcs situés dans 5 entités DX différentes.

Pour le Hunter, il faut contacter des Activators situés dans des parcs appartenant à 5 entités DX différentes.

Les niveaux progressent ensuite par tranches de cinq entités.

Voilà un challenge autrement plus difficile pour l’Activator français : il va falloir commencer à prévoir quelques vacances !

Et même des challenges spécialisés

La liste ne s’arrête pas là.

Le Six Meter 6 Pack Activator demande par exemple de réaliser au moins 10 contacts sur 6 mètres depuis six références différentes.

Pour le Hunter, il faut contacter six références différentes sur cette bande.

On trouve également des récompenses liées aux différentes bandes, aux divisions administratives, à certaines périodes de l’année ou encore au nombre de QSO réalisés depuis un même parc.

Le Kilo Award, par exemple, récompense l’Activator ayant réalisé 1 000 QSO depuis la même référence.

Autrement dit, il existe largement de quoi s’occuper !

« J’ai atteint le niveau, mais mon award n’apparaît pas ! »

Avant d’appeler les secours, vérifions quelques points.

Le log a-t-il été envoyé ?

Puis :

a-t-il terminé son traitement ?

Vérifions ensuite que les critères sont réellement atteints : nombre de références uniques, activations valides, P2P correctement renseignés, absence de doublons…

POTA indique que de nombreux awards automatiques apparaissent dans les 48 heures suivant l’upload des logs.

Certaines récompenses particulières peuvent toutefois demander davantage de temps.

Et si quelque chose semble réellement anormal, le Help Desk POTA reste disponible.

POTA : Pourquoi mon award n'apparaît pas ?

Un award POTA tarde à apparaître ? Vérifiez le traitement du log, les critères demandés et les informations ADIF avant de vous inquiéter.

Les statistiques : notre carnet de voyage radio

Les awards sont amusants, mais les statistiques POTA le sont peut-être encore davantage.

Au fil des sorties, nous voyons apparaître les parcs activés, les références chassées, les contacts et les différents résultats accumulés.

Notre compte devient progressivement une sorte de carnet de voyage radio.

Au départ :

« Essayons une activation POTA. »

Quelques mois plus tard :

« J’ai 18 références… encore deux et j’atteins le prochain niveau ! »

Puis nous ouvrons la carte POTA.

Tiens…

ce parc situé à 45 kilomètres, nous ne l’avons encore jamais activé !

Et voilà comment les awards remplissent mystérieusement le coffre de la voiture avec une antenne, un mât, une batterie et une table pliante.

Les awards doivent rester un prétexte pour sortir la radio

Il ne faudrait cependant pas perdre de vue l’essentiel.

POTA n’est pas une compétition obligatoire.

Personne ne nous impose de devenir Rover, de réaliser 1 000 QSO ou d’activer des centaines de références.

Les awards sont surtout là pour proposer de nouveaux objectifs.

Pour certains, ce sera visiter 50 parcs.

Pour d’autres, obtenir 25 P2P.

Et pour beaucoup, l’objectif restera simplement :

passer quelques heures dehors, monter une antenne et faire de la radio.

Une activation avec 12 QSO, un sandwich et un café au soleil peut finalement laisser beaucoup plus de souvenirs qu’un compteur supplémentaire.

Mais soyons honnêtes…

Quand il ne manque plus qu’un parc pour décrocher le prochain award, il devient soudain très difficile de laisser la radio à la maison !

Pour aller plus loin

Que pourrait réellement faire une IA dans une station radioamateur ?

L’IA au cœur de la station radioamateur

L’intelligence artificielle s’installe partout. Mais dans le shack d’un radioamateur, pourrait-elle réellement servir à autre chose qu’à rédiger un texte ou répondre à une question ?

Imaginons cette demande : « Cherche-moi une ouverture intéressante sur 10 mètres et préviens-moi si l’Amérique du Sud apparaît. »

Une station équipée d’une IA pourrait observer le spectre, reconnaître les signaux, consulter les informations de propagation, identifier des indicatifs, comparer ceux-ci au log et finalement répondre : « Plusieurs stations brésiliennes viennent d’apparaître vers 28,4 MHz. Voulez-vous que j’oriente l’antenne et règle la radio ? »

Une bonne partie des briques nécessaires existe déjà.

Station radioamateur augmentée par l’IA

Une IA pourrait devenir le copilote de la station, en reliant radio, SDR, rotor, logiciels, propagation et journal de trafic.

Comprendre ce qui apparaît dans le waterfall

Un SDR produit une quantité considérable d’informations que l’opérateur interprète visuellement. Nous reconnaissons assez facilement une porteuse, une émission SSB ou les petites traces caractéristiques du FT8.

Une IA peut apprendre à effectuer ce classement automatiquement. La classification automatique des modulations par réseaux neuronaux fait déjà l’objet de nombreux travaux. Les jeux de données historiques RadioML de DeepSig comportent par exemple différents types de modulations analogiques et numériques destinés à l’expérimentation. DeepSig recommande désormais d’utiliser également de véritables enregistrements radio pour les nouveaux travaux.

On pourrait donc imaginer un waterfall intelligent affichant directement :

FT8 – CW – SSB – RTTY – parasite – signal inconnu.

Un clic sur une émission inconnue pourrait faire apparaître : « Probablement du RTTY : voulez-vous lancer le décodeur ? »

Waterfall SDR intelligent avec IA

L’IA pourrait transformer le waterfall en carte intelligente des signaux, en identifiant modes, indicatifs et stations intéressantes.

L’IA ne remplacerait donc pas forcément les excellents décodeurs existants : elle saurait surtout choisir le bon outil.

Sortir une voix du bruit

L’autre domaine particulièrement prometteur concerne la réduction du bruit.

Des réseaux neuronaux savent déjà distinguer certaines caractéristiques de la parole de celles du bruit. RNNoise, par exemple, associe DSP et réseau neuronal récurrent pour réaliser une suppression de bruit audio.

Dans une station :

Antenne → récepteur → démodulation SSB → traitement IA → haut-parleur

pourrait améliorer l’intelligibilité d’un correspondant faible.

Attention cependant à une différence fondamentale entre supprimer du bruit et reconstituer une information absente. Une IA générative ne devrait jamais inventer une syllabe et nous faire croire que nous avons reçu un indicatif ou un report qui n’était pas réellement présent dans le signal.

Transformer automatiquement un QSO en log

La reconnaissance vocale ouvre une autre possibilité spectaculaire.

L’ordinateur pourrait écouter :

« Fox Four Lima Echo Romeo, you are five nine »

et en extraire automatiquement :

F4LER — RST 59

avec la fréquence, le mode, l’heure et la date déjà fournis par le transceiver.

Après confirmation de l’opérateur, le QSO serait enregistré dans le journal et exportable en ADIF.

La difficulté sera évidemment importante : QRM, QSB, accents, alphabet phonétique, indicatifs inhabituels et signaux faibles constituent un terrain beaucoup plus difficile qu’une conversation enregistrée dans une pièce calme.

Un véritable assistant DX

Une fois l’indicatif reconnu, l’IA pourrait croiser plusieurs informations :

  • pays et locator ;
  • azimut de la station ;
  • QSO précédents ;
  • confirmation QSL ;
  • bande et mode ;
  • propagation actuelle.

Elle pourrait alors annoncer :

« VK9XXX reçu sur 14,195 MHz. Cette entité n’apparaît pas dans votre log. »

Le principe devient particulièrement intéressant avec un SDR couvrant une large portion de bande. Au lieu de demander « quels signaux reçoit ma radio ? », nous demanderions à l’ordinateur :

« Parmi tous ces signaux, lesquels peuvent m’intéresser ? »

Et l’IA pourrait réellement commander la radio

Il ne s’agit plus ici de science-fiction.

Des interfaces comme Hamlib permettent déjà à un programme de contrôler de nombreux équipements. Ses serveurs rigctld, rotctld et ampctld permettent respectivement de communiquer avec transceivers, rotors et amplificateurs par réseau TCP.

Nous pourrions donc construire :

Opérateur → IA → Hamlib → transceiver / rotor / amplificateur

et demander :

« Passe sur 20 mètres en CW et tourne l’antenne vers Tokyo. »

L’IA interpréterait la phrase ; un programme classique exécuterait ensuite les commandes précises.

Cette distinction est importante : l’IA comprend l’intention, le logiciel déterministe pilote le matériel.

Satellites, EME et radioastronomie

L’IA pourrait également devenir le chef d’orchestre des stations complexes.

Pour les satellites :

orbite → passage → rotor → correction Doppler → SDR → décodeur.

Pour l’EME :

position de la Lune → pointage → Doppler → recherche du signal → décodage.

Même la radioastronomie amateur pourrait en profiter. Autour de la raie de l’hydrogène neutre à 1420 MHz, une IA pourrait analyser des heures d’enregistrements, classifier les interférences radioélectriques et signaler les observations méritant une analyse approfondie.

Elle ne remplacerait pas les calculs scientifiques : elle aiderait surtout à trier une énorme quantité de données.

Une station qui apprend ses propres parasites

Voilà une application particulièrement séduisante pour le radioamateur.

Pendant plusieurs jours, l’IA pourrait observer le spectre et découvrir que certaines raies apparaissent lorsque l’ordinateur fonctionne, qu’un bruit large bande accompagne la production des panneaux photovoltaïques ou qu’un parasite revient toutes les 20 kHz.

Elle construirait progressivement une cartographie du QRM de la station et pourrait avertir :

« Ce signal ressemble au parasite habituellement produit par votre alimentation à découpage. »

L’IA pourrait-elle faire le QSO toute seule ?

Techniquement, on peut imaginer :

réception → reconnaissance vocale → IA → génération d’une réponse → synthèse vocale → émission.

Des modèles peuvent d’ailleurs fonctionner directement sur l’ordinateur de la station : Ollama, par exemple, fournit une API locale permettant à un programme d’interroger un modèle installé sur la machine.

Mais cette possibilité pose une question beaucoup plus intéressante :

si l’ordinateur écoute, décide, répond et remplit le log, qui réalise réellement le QSO ?

Sans oublier les questions réglementaires et la nécessité pour l’opérateur de conserver le contrôle de son émission.

IA et radioamateurisme : l’humain aux commandes

L’IA peut analyser, proposer et automatiser de nombreuses tâches, mais l’opérateur doit conserver le contrôle de la station et de ses émissions.

Attention aux hallucinations !

C’est probablement la limite la plus importante. Une IA peut se tromper.

Il serait donc imprudent de lui laisser directement certaines commandes critiques. Une architecture raisonnable afficherait plutôt :

« Je propose 14,195 MHz USB et azimut 220°. Confirmer ? »

avant d’agir.

L’IA deviendrait alors un copilote, pas le commandant de bord.

Et si nous construisions notre première station IA ?

Une première expérience serait finalement assez simple et sans émission automatique :

SDR ou transceiver CAT → Hamlib → reconnaissance des signaux et de la parole → IA locale → log.

L’assistant écouterait, identifierait les modes et indicatifs, consulterait le journal et signalerait les stations intéressantes.

L’opérateur resterait celui qui décide d’appuyer sur le PTT.

Car la station radioamateur du futur ne sera peut-être pas celle qui remplace son opérateur, mais celle qui comprend ce qu’il cherche et l’aide à le trouver.

Pour aller plus loin

Hamlib — contrôle des équipements radio
Hamlib — contrôle réseau des radios et rotors
RNNoise — réduction de bruit par réseau neuronal
DeepSig — jeux de données RadioML
Ollama — modèles d’IA exécutables localement

 

DX-péditions de septembre et octobre 2026 : les opérations à ne pas manquer

Expédition DX sur île lointaine

Le mois de septembre 2026 s’annonce particulièrement animé pour les chasseurs de DX. Plusieurs stations sont déjà actives depuis des entités recherchées, tandis que des opérations importantes se préparent dans l’Arctique, le Pacifique, en Afrique et dans l’océan Indien.

Voici une sélection des DX-péditions les plus intéressantes pour les radioamateurs français, avec leurs dates, bandes, modes et particularités. Les calendriers pouvant évoluer rapidement, il reste prudent de consulter les sites officiels et les clusters avant de se mettre à l’écoute.

Les DX-péditions actuellement en cours

9N/OM0GA depuis le Népal

OM0GA est actif sous l’indicatif 9N/OM0GA depuis Kirtipur, au Népal, jusqu’au 19 septembre. L’activité est annoncée sur les bandes du 40 au 10 mètres.

Le Népal reste une entité DXCC recherchée, notamment en Europe. Les meilleures possibilités depuis la France devraient généralement se présenter sur les bandes hautes, lorsque la propagation permet une ouverture vers l’Asie.

8R1TM depuis le Guyana

PY1SAD émet depuis Georgetown sous l’indicatif 8R1TM, jusqu’au 11 septembre. L’opération couvre les bandes HF ainsi que le 6 mètres, en CW, SSB et modes numériques.

Le Guyana représente une cible intéressante pour compléter son DXCC. Sa situation au nord-est de l’Amérique du Sud permet parfois de bonnes ouvertures vers la France en fin d’après-midi ou en soirée. La présence annoncée sur 50 MHz constitue un attrait supplémentaire, même si un contact sur cette bande nécessitera des conditions particulièrement favorables.

3W9C depuis l’île de Hon Son, au Vietnam

SP5APW est actif sous l’indicatif 3W9C depuis l’île de Hon Son, référencée IOTA AS-128, jusqu’au 12 septembre.

L’objectif principal de cette opération est le 6 mètres, avec également une présence annoncée sur 20, 15 et 10 mètres. La station utilise une puissance de 100 W et une antenne VDA, ou Vertical Dipole Array.

Cette DX-pédition cumule deux intérêts : le Vietnam en tant qu’entité DXCC et une référence IOTA relativement recherchée. Depuis la France, le 6 mètres représentera un véritable défi ; les bandes 20, 15 et 10 mètres offriront davantage de possibilités.

D44TWO depuis le Cap-Vert

DF2WO est actif depuis Praia, sur l’île de Santiago, sous l’indicatif D44TWO, jusqu’au 15 septembre.

L’opération est annoncée du 160 au 6 mètres, en CW et SSB. Santiago appartient au groupe IOTA AF-005.

La proximité relative du Cap-Vert rend cette activité particulièrement accessible depuis la France. D44TWO pourra intéresser aussi bien les chasseurs de DXCC que les amateurs de bandes basses. Les ouvertures sur 80 et 160 mètres seront à rechercher principalement autour du lever et du coucher du Soleil.

J38LD et J38DX depuis la Grenade

Les indicatifs J38LD et J38DX sont utilisés depuis la Grenade jusqu’au 12 septembre. L’activité couvre les bandes du 80 au 6 mètres, en SSB, FT8 et FT4.

La Grenade appartient au groupe IOTA NA-024. Les liaisons transatlantiques sont généralement possibles depuis la France, notamment sur 20, 17, 15 et 10 mètres selon la propagation. Les modes numériques devraient offrir de bonnes chances aux stations modestement équipées.

Z68PX depuis le Kosovo

IZ2DPX est actif depuis Grashticë sous l’indicatif Z68PX, jusqu’au 11 septembre. Il utilise les bandes du 60 au 6 mètres, en SSB, FT8 et FT4, avec une puissance d’environ 100 W.

En raison de sa proximité géographique, le Kosovo devrait être facilement audible depuis la France. L’opération présente néanmoins un intérêt particulier sur les bandes de 60 mètres et de 6 mètres, où les occasions de contacter cette entité peuvent être moins fréquentes.

CT9/DK8MM depuis Madère

Une nouvelle activité a été signalée le 8 septembre depuis Madère. DK8MM utilise l’indicatif CT9/DK8MM jusqu’au 15 septembre.

Il participe également à l’activité contest sous l’indicatif CR3W, notamment pendant le WAE SSB Contest, aux côtés de DL5AXX et DL8UD. Les contacts seront confirmés par LoTW et par l’OQRS de Club Log.

Les opérations attendues prochainement

RI1FJZ depuis la Terre François-Joseph

L’une des opérations les plus attendues doit commencer le 9 septembre. Une équipe composée notamment de RA1ZZ, R9LR, RA9USU, RW6MD et R9LM prévoit d’émettre sous l’indicatif RI1FJZ jusqu’au 25 septembre.

La station sera installée dans l’archipel arctique de la Terre François-Joseph, référencé IOTA EU-019. L’activité est annoncée du 160 au 10 mètres, en CW, SSB et FT8.

En raison de son emplacement isolé et de sa présence sur les bandes basses, RI1FJZ constitue une priorité élevée. Les trajets vers la France pourront toutefois être affectés par l’activité géomagnétique dans les régions polaires.

KH8WW depuis les Samoa américaines

YL2GM et EA5EL prévoient d’activer KH8WW depuis l’île d’Aunuʻu, aux Samoa américaines, du 10 au 24 septembre.

La station devrait couvrir les bandes du 160 au 10 mètres, y compris le 60 mètres, en CW, SSB, RTTY et FT8. Plusieurs antennes sont prévues : Spiderbeam, verticales, DX Commander et dipôles en V inversé.

Les Samoa américaines constituent l’une des cibles majeures de septembre. Depuis la France, les contacts seront difficiles, mais les nombreuses bandes et les différents modes annoncés devraient multiplier les possibilités.

KH0N depuis Saipan

JA6CNL sera actif depuis Saipan, dans les îles Mariannes, sous l’indicatif KH0N, du 10 au 15 septembre.

Il s’agira principalement d’une activité numérique en FT8, FT4 et FT2 sur les bandes HF. La durée relativement courte de l’opération et la difficulté du trajet entre la France et le Pacifique rendent cette station particulièrement intéressante à surveiller.

S79/DL2SBY depuis les Seychelles

DL2SBY prévoit d’émettre depuis Mahé, aux Seychelles, sous l’indicatif S79/DL2SBY, du 11 au 21 septembre.

L’activité couvrira les bandes du 80 au 6 mètres, en CW, SSB et FT8. Mahé est référencée IOTA AF-024.

Les Seychelles sont généralement accessibles depuis la France sur les bandes comprises entre 10 et 20 mètres. Cette opération devrait donc offrir de bonnes possibilités, y compris aux stations disposant d’une installation relativement simple.

5W0AF depuis les Samoa

SP5EAQ prévoit d’être actif depuis Apia, aux Samoa, sous l’indicatif 5W0AF, du 21 septembre au 12 octobre.

L’activité sera principalement réalisée en SSB, du 40 au 10 mètres, avec une éventuelle présence sur 80 mètres. Une opération essentiellement consacrée à la phonie est suffisamment rare pour retenir l’attention des chasseurs de DX utilisant peu ou pas les modes numériques.

Une importante activité depuis Ogasawara

Plusieurs opérateurs japonais doivent rejoindre Chichijima, dans l’archipel d’Ogasawara, du 24 septembre au 6 octobre. Les indicatifs annoncés comprennent notamment JD1BON, JD1BOK, JE1NVD/JD1 et JI1CRM/JD1.

L’activité devrait couvrir les bandes du 160 au 6 mètres, en CW, SSB, FT8 et FT4. Chichijima est référencée IOTA AS-031.

Ogasawara constitue une entité DXCC distincte du Japon. La présence de plusieurs opérateurs et la large couverture des bandes augmenteront les chances de contact depuis l’Europe.

9T0MD depuis la République démocratique du Congo

La grande DX-pédition 9T0MD est prévue du 30 septembre au 11 octobre. L’équipe du Mediterraneo DX Club annonce une activité du 160 au 6 mètres, en CW, SSB, FT8 et RTTY.

Il s’agit certainement de l’une des opérations les plus importantes de cette période. Plusieurs stations et antennes devraient être déployées afin de couvrir simultanément différentes bandes. Le site officiel propose déjà des prévisions de propagation VOACAP spécialement destinées aux stations européennes.

XR0Z depuis l’île Alexander Selkirk

CE3VTZ et XQ7IR préparent une opération depuis l’île Alexander Selkirk, dans l’archipel Juan Fernández, pendant environ dix jours en octobre 2026.

Ils utiliseront l’indicatif XR0Z du 160 au 10 mètres, en CW, SSB et FT8. L’île porte la référence IOTA SA-101.

Le site d’émission sera installé dans un refuge situé à environ 1 057 mètres d’altitude. L’acheminement du matériel nécessitera plus de quatre heures de marche, ce qui donne une idée de la difficulté logistique de cette expédition.

6O2M depuis la Somalie

OG2M prévoit d’émettre sous l’indicatif 6O2M depuis Garowe, dans l’État du Puntland, du 5 au 25 octobre.

L’activité est annoncée du 40 au 10 mètres, en CW et SSB. Il s’agira toutefois d’une opération réalisée sur le temps libre de l’opérateur : la présence sur les bandes pourra donc être irrégulière.

La Somalie reste une entité rare et très recherchée. Chaque apparition de 6O2M sur les clusters devrait provoquer une activité importante.

H49A depuis les îles Salomon

Une équipe internationale sera active depuis Guadalcanal, dans les îles Salomon, sous l’indicatif H49A, du 9 au 21 octobre.

L’activité couvrira toutes les bandes HF ainsi que le 6 mètres, en CW, SSB et FT8. Guadalcanal appartient au groupe IOTA OC-047.

La présence de plusieurs opérateurs et l’organisation structurée de cette expédition devraient offrir de bonnes chances de contact, malgré la grande distance séparant les îles Salomon de la France.

Quelles stations surveiller en priorité ?

Pour les radioamateurs français, RI1FJZ sera la première cible importante à rechercher dès le 9 septembre. KH8WW représentera ensuite le grand défi du mois en raison de sa localisation dans le Pacifique.

À plus long terme, 9T0MD devrait être l’opération la plus accessible parmi les grandes DX-péditions annoncées. XR0Z, 6O2M et H49A seront probablement plus difficiles, mais particulièrement intéressantes pour les chasseurs d’entités rares et de références IOTA.

Enfin, les amateurs de 6 mètres pourront surveiller 3W9C, 8R1TM, KH8WW, S79/DL2SBY, 9T0MD et H49A. Sur cette bande, les ouvertures peuvent être brèves : une surveillance régulière des balises, des clusters et des outils de propagation sera indispensable.

Sources et liens utiles

Les dates, indicatifs et programmes peuvent être modifiés en fonction des transports, des autorisations, de la météo ou des conditions locales. Avant tout appel, vérifiez les dernières informations publiées par les équipes ainsi que les spots récents sur les clusters DX.

Écoutons HAARP depuis la France : comment retrouver un signal inconnu entre 2,8 et 10 MHz avec un SDR ?

Écoutons HAARP depuis la France

Imaginez : nous savons qu’un puissant émetteur situé en Alaska va fonctionner pendant quelques heures. Nous savons qu’il émettra quelque part entre 2,8 et 10 MHz… mais nous ignorons sa fréquence exacte.

Comment le retrouver depuis la France ?

C’est précisément le petit défi que nous propose actuellement HAARP. Et avec un SDR, cette recherche devient une excellente occasion d’apprendre à lire un waterfall, surveiller plusieurs MHz de spectre et distinguer un signal expérimental des innombrables émissions présentes en HF.

HAARP, un gigantesque émetteur pour étudier l’ionosphère

HAARP signifie High-frequency Active Auroral Research Program. L’installation se trouve à Gakona, en Alaska, et dépend aujourd’hui de l’University of Alaska Fairbanks.

Son instrument principal, l’Ionospheric Research Instrument (IRI), est constitué de 180 antennes dipôles croisés organisées en réseau phasé. L’ensemble peut produire jusqu’à 3,6 MW de puissance HF et former électroniquement un faisceau dirigé vers différentes régions de l’ionosphère.

L’objectif n’est donc pas de communiquer avec une station distante comme nous le faisons entre radioamateurs. HAARP utilise les ondes HF pour exciter temporairement une petite région de l’ionosphère, puis différents instruments observent les phénomènes produits.

HAARP : de l’Alaska à la France

De l’Alaska à la France : les émissions HF de HAARP peuvent parcourir plusieurs milliers de kilomètres grâce à la propagation ionosphérique.

Une campagne du 8 au 11 septembre 2026

HAARP a annoncé une nouvelle campagne expérimentale du 8 au 11 septembre 2026 UTC.

Les créneaux annoncés sont :

  • 8 septembre : 01:00–05:00 et 17:00–22:30 UTC ;
  • 9 septembre : 14:00–18:00 UTC ;
  • 10 septembre : 12:00–16:00 UTC ;
  • 11 septembre : 02:00–07:00 UTC.

Attention : ces horaires peuvent être modifiés. Les expériences dépendent directement des conditions ionosphériques et géomagnétiques.

Plus amusant encore pour l’écoute : HAARP ne donne pas à l’avance les fréquences exactes.

Nous savons seulement que les émissions de cette campagne se situeront entre 2,8 et 10 MHz.

Nous devons donc les chercher !

Pourquoi la fréquence change-t-elle ?

HAARP ne choisit pas nécessairement une fréquence plusieurs jours à l’avance. Certaines expériences doivent tenir compte de l’état réel de l’ionosphère.

Un paramètre particulièrement intéressant est foF2, la fréquence critique de la couche F2. Elle peut être déterminée à partir d’un ionogramme réalisé à Gakona.

Selon l’expérience, HAARP peut avoir besoin de travailler au-dessous, au voisinage ou au-dessus de cette fréquence. Comme l’ionosphère évolue continuellement avec l’heure, l’ensoleillement et l’activité solaire et géomagnétique, la fréquence d’émission peut également changer en cours d’expérience.

Les ionogrammes de Gakona deviennent donc un premier indice pour notre chasse.

De quoi avons-nous besoin ?

Pas d’une station extraordinaire.

Il nous faut essentiellement :

  • un SDR capable de recevoir les HF ;
  • une antenne couvrant correctement quelques MHz ;
  • un ordinateur et un logiciel affichant un waterfall.

Une boucle active, un long fil, une EFHW, une antenne multibande ou un dipôle peuvent parfaitement convenir.

Côté récepteur, un SDRplay, Airspy HF+, Elad ou autre SDR HF fera l’affaire. Un récepteur RTL-SDR peut également être envisagé s’il dispose réellement de la réception HF nécessaire ou s’il est associé à un convertisseur adapté.

Le véritable avantage du SDR n’est pas ici sa sensibilité, mais sa capacité à voir simultanément une large portion du spectre.

Comment chercher entre 2,8 et 10 MHz ?

Voilà le cœur de notre expérience.

La plage représente environ 7,2 MHz. Chercher fréquence par fréquence serait particulièrement fastidieux.

Avec un SDR affichant 1 ou 2 MHz de spectre, nous pouvons procéder par fenêtres successives :

2,8–4 MHz → 4–6 MHz → 6–8 MHz → 8–10 MHz

Observons alors le waterfall et recherchons l’apparition soudaine d’un signal.

HAARP donne justement quelques précieux indices aux écouteurs. Ses émissions démarrent souvent exactement en haut d’une minute, par exemple :

18:42:00 UTC

Certaines peuvent également commencer à :

18:42:30 UTC

Les changements intervenant sur des repères temporels aussi nets constituent un indice particulièrement intéressant.

Lorsqu’une porteuse apparaît soudainement sur le waterfall, relevons immédiatement sa fréquence centrale.

À quoi ressemble un signal HAARP ?

C’est là que les choses se compliquent : HAARP n’a pas une modulation unique.

Selon l’expérience, l’installation peut transmettre une ou deux porteuses. Celles-ci peuvent être non modulées ou employer différentes formes de modulation : AM, FM, balayage linéaire de fréquence (LFM) ou formes d’onde beaucoup plus complexes.

La largeur d’émission peut atteindre environ 46 kHz, soit ±23 kHz autour de la fréquence centrale, mais certaines expériences utilisent une bande beaucoup plus étroite, voire une simple porteuse.

Autrement dit, ne cherchez pas un dessin précis.

Cherchez plutôt un comportement inhabituel : apparition brutale, porteuse très nette, balayage, structure répétitive, déplacement en fréquence ou cycles émission/repos.

Une fois le signal découvert, réduisons l’affichage à environ 50 kHz autour de celui-ci. Nous pouvons alors examiner beaucoup plus précisément sa modulation.

Repérer un signal HAARP sur un waterfall

Sur un waterfall SDR, un signal HAARP potentiel se repère par son apparition, sa structure, sa largeur et son comportement dans le temps.

Enregistrer maintenant, chercher plus tard

Une autre méthode est particulièrement efficace : l’enregistrement IQ ou baseband.

Un logiciel comme SDR++ peut enregistrer non seulement l’audio d’une station, mais également les données IQ de toute la bande reçue par le SDR. L’enregistrement peut ensuite être relu comme si nous étions toujours devant le récepteur.

C’est extrêmement pratique.

Avec suffisamment de bande passante et surtout suffisamment d’espace disque, nous pouvons enregistrer plusieurs MHz pendant une partie de l’expérience puis rechercher tranquillement HAARP après coup.

Attention à la taille des fichiers : quelques MHz de données IQ enregistrées pendant plusieurs heures représentent rapidement plusieurs dizaines de gigaoctets.

Attention aux faux HAARP !

Entre 2,8 et 10 MHz, nous allons rencontrer beaucoup de monde : radioamateurs, radiodiffusion internationale, communications aéronautiques ou maritimes, stations utilitaires, signaux numériques, radars HF et, bien entendu, nos parasites domestiques.

Un puissant trait sur le waterfall n’est donc pas automatiquement HAARP.

Il faut accumuler les indices :

heure UTC + fréquence + largeur + modulation + durée + cycles ON/OFF.

Nous pouvons aussi vérifier si le signal disparaît exactement à la fin d’une séquence expérimentale puis revient quelques minutes plus tard sur une autre fréquence.

HAARP précise d’ailleurs que certaines expériences peuvent rester actives quelques minutes comme plusieurs heures, tandis que d’autres utilisent des cycles successifs émission/repos.

Et depuis la France ?

Gakona est à plusieurs milliers de kilomètres de la France. Nous dépendons donc complètement de la propagation ionosphérique HF.

Les chances de recevoir une émission à 3 MHz et à 9 MHz ne seront pas identiques à la même heure. Les fréquences basses sont fortement influencées par l’absorption diurne de la couche D, tandis que les fréquences supérieures dépendent notamment de la MUF disponible sur le trajet.

Il faut également garder à l’esprit que le faisceau HAARP n’est pas nécessairement dirigé vers l’Europe.

Une absence de réception ne signifie donc pas une absence d’émission.

Les WebSDR peuvent nous aider

Si nous trouvons, par exemple, un curieux signal à 5,42 MHz à 18:37 UTC, notons immédiatement ces informations puis cherchons la même fréquence sur plusieurs récepteurs SDR distants.

Un signal observé simultanément par plusieurs stations européennes ou nord-américaines devient beaucoup plus intéressant qu’un trait présent uniquement sur notre propre installation : ce dernier pourrait simplement provenir d’une alimentation à découpage située dans la maison !

Les récepteurs distants constituent donc d’excellents outils de comparaison.

Une véritable petite enquête radio

Voici finalement notre méthode :

1. Consulter le créneau d’émission HAARP.

2. Regarder éventuellement l’ionogramme de Gakona.

3. Ouvrir largement le waterfall du SDR.

4. Explorer progressivement 2,8 à 10 MHz.

5. Surveiller particulièrement les changements à HH:MM:00 et HH:MM:30.

6. Dès qu’un candidat apparaît, relever fréquence et heure UTC.

7. Réduire la bande observée autour du signal et étudier sa modulation.

8. Enregistrer waterfall, audio ou IQ.

9. Comparer éventuellement avec d’autres SDR distants.

Méthode pour repérer un signal HAARP au SDR

De 2,8 à 10 MHz : la méthode pas à pas pour repérer, vérifier et documenter une émission HAARP avec un SDR.

Et surtout : ne concluons pas trop vite que nous avons trouvé HAARP.

Faisons confirmer notre réception

C’est justement là que l’expérience devient particulièrement sympathique pour les radioamateurs.

HAARP accepte officiellement les rapports de réception.

Le formulaire demande notamment la date, l’heure UTC, la fréquence, l’indicatif de l’opérateur, la position ou le locator et une description de la réception.

L’équipe HAARP peut alors vérifier si notre signal correspond effectivement à une émission de l’IRI.

Mieux encore : lorsque la réception est confirmée, il est possible de demander une carte QSL HAARP. Son envoi dépend cependant du temps disponible pour l’équipe et peut prendre plusieurs semaines.

Notre simple chasse au waterfall devient ainsi une véritable expérience d’observation scientifique.

À vos SDR !

HAARP nous offre finalement un exercice particulièrement intéressant : nous connaissons l’émetteur, sa région géographique et approximativement ses horaires, mais nous ignorons la fréquence que nous devons écouter.

C’est exactement le genre de problème que le SDR permet aujourd’hui d’aborder d’une manière qui aurait demandé des moyens considérables il y a quelques décennies.

Alors ouvrez votre waterfall, affichez l’heure en UTC et partez explorer les 2,8 à 10 MHz.

Peut-être qu’au milieu des stations de radiodiffusion, des signaux numériques et des parasites apparaîtra soudainement une nouvelle trace.

Cette fois, ne tournez pas le bouton trop vite : l’Alaska est peut-être en train de faire bouger l’ionosphère sous vos yeux.

Pour aller plus loin

SDRangel : peut-on remplacer dix appareils et logiciels radio par un seul programme ?

SDRangel : un univers radio connecté

Un récepteur, un analyseur de spectre, un scanner, plusieurs décodeurs numériques, un logiciel de poursuite satellite, un correcteur Doppler, une commande de rotor, un émetteur et même un radiotélescope… Habituellement, toutes ces fonctions nécessitent plusieurs appareils ou une collection de logiciels. SDRangel propose de réunir une grande partie de cet univers dans un seul programme.

Mais peut-il réellement devenir le couteau suisse de la station radioamateur ?

SDRangel, le couteau suisse radio

SDRangel, le couteau suisse du radioamateur : réception, émission, décodage, satellites, rotor et radioastronomie réunis dans un même logiciel.

Bien plus qu’un simple logiciel SDR

Au premier abord, SDRangel pourrait être comparé à SDR++, HDSDR ou SDR#. On branche un récepteur SDR, on observe le spectre et le waterfall, puis on sélectionne une fréquence et un mode.

Mais son architecture va beaucoup plus loin.

SDRangel fonctionne avec des « Device Sets », auxquels on ajoute des canaux de réception ou d’émission. À l’intérieur de la bande passante fournie par le SDR, plusieurs canaux peuvent fonctionner simultanément.

Avec un SDR recevant quelques MHz de spectre, on peut donc imaginer écouter une transmission FM tout en surveillant une balise et en décodant un autre signal numérique.

Le logiciel est open source et fonctionne notamment sous Windows, Linux, macOS et Android. Il prend en charge de nombreux matériels : RTL-SDR, Airspy, HackRF, LimeSDR, PlutoSDR, BladeRF, SDRplay, USRP et d’autres interfaces SDR.

La couverture en fréquence ne dépend toutefois pas de SDRangel : c’est le matériel SDR qui détermine les fréquences réellement accessibles.

1 — Un récepteur radio multimode

La première fonction est évidemment celle d’un récepteur.

Avec un SDR approprié, SDRangel permet de recevoir les bandes LF, MF, HF, VHF, UHF et même plusieurs bandes micro-ondes. Les démodulateurs disponibles couvrent les usages classiques comme l’AM, la FM étroite ou large, la SSB et de nombreuses transmissions numériques.

L’intérêt apparaît rapidement : au lieu de considérer le SDR comme un poste possédant un seul VFO, SDRangel exploite réellement le flux I/Q.

Si le SDR fournit 2 MHz de bande instantanée, plusieurs récepteurs virtuels peuvent être placés dans ces 2 MHz.

Un seul dongle peut donc se comporter comme plusieurs récepteurs simultanés, dans les limites de sa bande instantanée et de la puissance du PC.

2 — Un analyseur de spectre… ou presque

SDRangel possède naturellement un spectre et un waterfall, mais il propose également des outils d’analyse beaucoup plus poussés.

On trouve notamment un spectrogramme 2D ou 3D, un oscilloscope temporel et des mesures de puissance, SNR, THD, THD+N, SINAD, SFDR, puissance des canaux adjacents ou encore largeur de bande occupée.

Pour expérimenter sur un émetteur, comparer deux filtres ou observer une modulation, ces fonctions sont particulièrement intéressantes.

Il faut cependant rester prudent : un SDR à quelques dizaines d’euros associé à SDRangel ne devient pas miraculeusement un analyseur de spectre professionnel. Dynamique, précision des niveaux, stabilité et calibration restent celles du matériel utilisé.

3 — Une collection de décodeurs

C’est probablement l’un des domaines dans lesquels SDRangel impressionne le plus.

Le programme dispose de nombreux plugins permettant de recevoir ou décoder des transmissions telles que l’ADS-B des avions, l’AIS maritime, APRS et AX.25, DMR, D-Star, dPMR, FreeDV, FT8, LoRa, M17, RTTY, NAVTEX, POCSAG, radiosondes ou encore certaines transmissions de télévision numérique.

On peut donc passer d’une station APRS à l’observation des avions ADS-B sans changer de programme.

Cela ne signifie pas que SDRangel remplace systématiquement les logiciels spécialisés. Pour pratiquer intensivement le FT8, par exemple, WSJT-X reste beaucoup plus orienté vers l’établissement et la gestion des QSO.

SDRangel propose plutôt un laboratoire multimode universel, là où les autres logiciels sont souvent spécialisés dans une seule famille de transmissions.

4 — Plusieurs radios dans une seule radio

Cette fonction permet de comprendre ce qu’est réellement la SDR.

Imaginons qu’un SDR soit réglé sur 145,000 MHz avec une bande instantanée de 2 MHz.

Dans le spectre disponible, SDRangel peut créer plusieurs canaux indépendants :

  • un canal NFM sur une fréquence ;
  • un autre pour surveiller une balise ;
  • un démodulateur numérique ailleurs ;
  • éventuellement un Frequency Tracker sur un signal de référence.

Chaque canal traite une partie du même flux I/Q.

Nous ne sommes donc plus devant un récepteur possédant un VFO, mais devant une petite banque de récepteurs virtuels.

De l’antenne au logiciel avec SDRangel

De l’antenne à SDRangel : un même SDR peut alimenter plusieurs fonctions de réception, d’analyse et de décodage, et même assurer l’émission avec un matériel compatible.

5 — Un scanner de fréquences

SDRangel dispose également d’un Frequency Scanner.

Le principe du scanner classique consiste généralement à passer rapidement d’une fréquence mémorisée à la suivante pour détecter une activité.

Un SDR ajoute une autre possibilité : lorsque plusieurs fréquences se trouvent déjà dans sa bande instantanée, elles peuvent être observées sans avoir à réaccorder constamment le récepteur.

C’est particulièrement intéressant pour surveiller une portion limitée des bandes VHF ou UHF.

6 — Une véritable station satellite

Voilà une fonction particulièrement intéressante pour les radioamateurs.

Le Satellite Tracker peut calculer les passages des satellites et leur position dans le ciel, afficher leur trajectoire et transmettre les coordonnées à la fonction de commande d’un rotor.

Mais SDRangel peut aller encore plus loin.

Lors de l’acquisition d’un satellite, il peut charger des configurations, démarrer la réception, positionner les fréquences et corriger automatiquement le décalage Doppler.

On arrive alors à une chaîne presque entièrement intégrée :

satellite → calcul de trajectoire → pointage des antennes → correction Doppler → SDR → démodulation.

Autant de fonctions qui nécessitaient autrefois plusieurs logiciels communiquant entre eux.

7 — Il peut même commander les antennes

La fonction Rotator Controller complète naturellement le suivi satellite.

Le Satellite Tracker calcule où se trouve le satellite. Le Rotator Controller transmet les informations au système de rotation afin que l’antenne suive la cible en azimut et, pour un système adapté, en élévation.

Cette architecture n’est d’ailleurs pas limitée aux satellites artificiels.

Nous allons bientôt pointer l’antenne beaucoup plus loin.

8 — SDRangel sait aussi émettre

Un point est parfois oublié lorsqu’on parle de SDRangel : le logiciel n’est pas uniquement destiné à la réception.

Son architecture prévoit des chaînes RX mais également TX.

Avec un SDR bidirectionnel comme certains modèles HackRF, PlutoSDR, LimeSDR ou BladeRF, SDRangel peut produire des signaux modulés et les transmettre au SDR.

On peut ainsi envisager différents modulateurs analogiques ou numériques. Le plugin Packet Modulator, par exemple, permet de produire des trames AX.25 et APRS.

La chaîne devient alors :

microphone ou données → SDRangel → modulation numérique I/Q → SDR → étage RF → antenne.

Mais attention : la possibilité de produire un signal ne dispense absolument pas des précautions habituelles.

Selon l’installation, il faudra prévoir filtrage, amplification, commutation émission/réception et contrôle de la pureté spectrale. Et naturellement respecter les bandes, puissances et modes autorisés par la réglementation radioamateur.

SDRangel peut remplacer le modulateur, pas les indispensables étages RF qui suivent.

9 — Et maintenant, transformons-le en radiotélescope !

C’est probablement la fonction la plus inattendue.

SDRangel possède un véritable plugin Radio Astronomy.

Prenons l’expérience désormais accessible à de nombreux radioamateurs : l’observation de l’hydrogène neutre de notre Galaxie.

Celui-ci émet une raie radio autour de :

1420,40575 MHz, soit une longueur d’onde d’environ 21 cm.

Une installation amateur peut être constituée ainsi :

parabole → source 1420 MHz → LNA → filtre → SDR → SDRangel.

Écouter la Voie lactée avec SDRangel

Avec une parabole, un LNA et un SDR, SDRangel permet d’observer la raie HI à 1420,40575 MHz et d’étudier les mouvements de l’hydrogène dans notre Galaxie.

Le signal astronomique étant extrêmement faible, regarder simplement un waterfall ne suffit pas. Il faut accumuler les mesures.

Le spectromètre de SDRangel peut effectuer une intégration temporelle de nombreuses FFT afin d’améliorer la sensibilité. Il propose également des fonctions de calibration et peut afficher les résultats en température de bruit, puissance ou densité de flux.

Plus spectaculaire encore : le spectre peut être affiché non seulement en fréquence, mais également en vitesse radiale.

Pourquoi ?

Parce que les nuages d’hydrogène de notre Galaxie se déplacent par rapport à nous. Leur mouvement décale légèrement la fréquence observée par effet Doppler.

En mesurant ce décalage, on peut donc étudier leurs vitesses.

SDRangel sait travailler avec différents référentiels, notamment topocentrique, barycentrique ou Local Standard of Rest (LSR). Il peut même comparer les observations avec les données du relevé galactique HI LAB.

Nous sommes alors très loin du simple récepteur SDR !

10 — Un Star Tracker pour regarder encore plus loin

La radioastronomie bénéficie d’une autre fonction appelée Star Tracker.

Elle calcule l’azimut et l’élévation des objets célestes et peut transmettre ces informations au Rotator Controller.

Parmi les cibles proposées figurent notamment le Soleil, la Lune, Cassiopeia A, Cygnus A, Taurus A ou Virgo A, ainsi que des régions de référence HI.

Le Star Tracker peut également afficher la ligne de visée à travers la Voie lactée et réaliser des trajectoires de drift scan.

Plus étonnant encore, il peut communiquer avec Stellarium.

SDRangel se présente alors auprès du logiciel de planétarium comme un télescope : on sélectionne une cible céleste et ses coordonnées peuvent être envoyées au système de suivi.

11 — Et pourquoi pas l’EME ?

Les mêmes outils deviennent intéressants pour les communications Terre-Lune-Terre.

Le Star Tracker est explicitement prévu pour des applications de radioastronomie et d’EME.

Il connaît la position de la Lune et peut transmettre son azimut et son élévation au contrôleur du rotor.

Nous pouvons donc imaginer :

Lune → Star Tracker → Rotator Controller → antenne → SDR → analyse/réception.

Une nouvelle fois, plusieurs fonctions traditionnellement réparties entre différents programmes se retrouvent réunies.

Alors, dix appareils dans SDRangel ?

Faisons les comptes :

Fonction traditionnelle SDRangel
Récepteur multimode
Analyseur de spectre
Oscilloscope
Décodeurs numériques
Scanner
Logiciel de suivi satellite
Correction Doppler
Contrôleur de rotor
Émetteur/modulateur ✔ avec SDR TX
Logiciel de radioastronomie
Tracker astronomique/EME

Nous avons même dépassé dix !

Mais il faut interpréter correctement ce tableau. SDRangel remplace les fonctions de nombreux appareils et logiciels, pas nécessairement leur électronique.

Un RTL-SDR reste uniquement un récepteur. Pour émettre, il faudra un SDR possédant une chaîne TX. Pour observer la raie HI, il faudra toujours une parabole, une source adaptée, un LNA et souvent un filtre. Pour émettre quelques dizaines de watts, un étage de puissance et des filtres resteront nécessaires.

La puissance a un prix : la complexité

Pourquoi SDRangel n’a-t-il donc pas remplacé tous les autres programmes SDR ?

Probablement parce que sa formidable polyvalence constitue également son principal défaut pour le débutant.

L’interface et les notions de Device Sets, Channels, Features et plugins demandent un temps d’apprentissage.

SDRangel ressemble finalement moins à un poste radio virtuel qu’à une boîte de Lego RF.

On choisit une source SDR, on ajoute des canaux, des démodulateurs et des fonctions, puis on assemble progressivement sa station.

Cette philosophie peut déconcerter lors du premier lancement. Mais une fois comprise, elle explique pourquoi le programme peut accomplir autant de tâches différentes.

Un véritable laboratoire radio dans le PC

Alors, SDRangel peut-il réellement remplacer dix appareils et logiciels ?

Oui, si l’on parle de leurs fonctions logicielles et de traitement du signal.

Avec le matériel approprié, le même programme peut recevoir une station analogique, surveiller plusieurs fréquences, décoder des transmissions numériques, analyser un signal, suivre un satellite, corriger son Doppler, commander une antenne et produire des signaux en émission.

Et quelques instants plus tard, ce même logiciel peut pointer une parabole vers la Voie lactée et mesurer le déplacement des nuages d’hydrogène grâce à leur raie à 1420 MHz.

C’est probablement la meilleure façon de définir SDRangel : non pas comme un simple logiciel SDR, mais comme un véritable laboratoire radio logiciel.

Pour aller plus loin

  • Site officiel SDRangel : présentation générale, fonctions et téléchargements.
  • Projet SDRangel sur GitHub : code source et documentation du projet.
  • Wiki SDRangel – Quick Start : indispensable pour comprendre Device Sets, Channels et Features.
  • Feature Plugins : documentation des fonctions Satellite Tracker, Star Tracker, Rotator Controller, AFC, etc.
  • Radio Astronomy Plugin : spectromètre, radiomètre, calibration et étude de la raie HI.
  • Star Tracker Plugin : radioastronomie, EME, suivi du Soleil et de la Lune et interface avec Stellarium.

POTA Park-to-Park : quand les Activators se chassent entre eux ! (12/13)

Banniere POTA P2P

Dans notre précédent article, « POTA : quelle bande choisir pour ne pas appeler les écureuils ? », nous avons vu comment choisir entre 40, 20, 15 ou 10 mètres selon la propagation.

Maintenant que notre activation fonctionne, allons chercher un correspondant un peu particulier : un autre Activator POTA !

Lorsque deux stations installées dans des parcs se contactent, nous réalisons un Park-to-Park, généralement abrégé P2P.

Et vous allez voir que la chasse aux P2P peut rapidement devenir un jeu dans le jeu.

Un QSO, deux Activators

Imaginons :

F4AAA active F-1234

et quelques centaines de kilomètres plus loin :

F5BBB active F-5678.

F4AAA contacte F5BBB.

Les deux stations sont alors simultanément Activators et Hunters : chacune réalise un QSO depuis son propre parc avec un opérateur installé dans un autre parc.

C’est exactement ce que POTA appelle un Park-to-Park.

Le P2P n’est pas un mode particulier. Il peut être réalisé en SSB, CW, numérique ou sur toute autre bande et mode autorisés par les règles POTA.

Un QSO, deux parcs

Comment trouver les autres Activators ?

La méthode la plus simple consiste à consulter les spots POTA.

Supposons que nous soyons en train d’activer F-1234 sur 20 mètres et découvrions :

F5BBB — F-5678 — 14,244 MHz — SSB

Nous pouvons momentanément quitter notre fréquence, nous régler sur 14,244 MHz et écouter.

F5BBB lance CQ POTA ?

Parfait.

Attendons notre tour et appelons-le.

Dans un pile-up, préciser « Park-to-Park » peut aider l’Activator à identifier qu’un autre parc cherche à le contacter. Le guide POTA indique d’ailleurs explicitement que cette mention peut être utilisée lorsqu’un Activator en chasse un autre.

Que faut-il échanger ?

Pas besoin d’une procédure compliquée.

En phonie, le QSO pourrait ressembler à ceci :

— F5BBB, ici F4AAA, Park-to-Park.

— F4AAA, vous êtes 57 depuis F-5678.

— Reçu 57, vous êtes 59 depuis F-1234. Merci pour le Park-to-Park !

Et voilà.

L’information essentielle supplémentaire par rapport à un QSO classique est la référence du parc distant.

Notez-la soigneusement.

Ne comptez pas uniquement sur votre mémoire ou sur le spot affiché quelques minutes auparavant.

Comment réaliser un P2P ?

Un P2P en pratique : trouvez un Activator, écoutez, réalisez le QSO, échangez les références des parcs et notez-les soigneusement dans votre log.

Le P2P compte-t-il dans nos 10 QSO ?

Oui.

Un Park-to-Park reste un QSO réalisé pendant notre activation. S’il respecte les règles POTA, il participe donc à notre activité comme les autres contacts.

Il n’est pas nécessaire de réaliser dix QSO ordinaires puis de commencer ensuite les P2P.

Vous pourriez même théoriquement compléter une activation avec de nombreux contacts Park-to-Park si suffisamment d’Activators sont présents.

Et pendant certains événements POTA, ce n’est pas difficile !

Le point important : notre fichier ADIF

C’est ici qu’une petite erreur peut nous faire perdre le crédit P2P.

POTA utilise des champs ADIF spécifiques pour identifier les parcs.

Pour notre propre parc :

MY_SIG = POTA

MY_SIG_INFO = F-1234

Pour le parc de notre correspondant :

SIG = POTA

SIG_INFO = F-5678

Autrement dit :

MY_SIG_INFO = MON parc

SIG_INFO = SON parc

Le P2P dans le fichier ADIF

En P2P, MY_SIG_INFO contient la référence de votre parc et SIG_INFO celle du parc de votre correspondant.

Voilà probablement la règle la plus importante à retenir.

Un QSO P2P pourrait donc contenir notamment :

<MY_SIG:4>POTA

<MY_SIG_INFO:6>F-1234

<SIG:4>POTA

<SIG_INFO:6>F-5678

Votre logiciel de log peut évidemment présenter cela sous une forme beaucoup plus conviviale avec simplement deux cases « My Park » et « Their Park ».

Mais dans le fichier ADIF final, ce sont bien ces informations qui permettent à POTA d’identifier correctement le Park-to-Park.

Faut-il que les deux Activators envoient leur log ?

Oui, c’est la bonne pratique.

Chacun est responsable du log de sa propre activation.

La documentation POTA recommande d’utiliser correctement les champs P2P afin d’assurer le rapprochement entre les contacts. Elle précise également que le crédit dépend du traitement correct des informations provenant des Activators.

Nous retrouvons donc une règle déjà évoquée dans notre article consacré à l’ADIF :

envoyez toujours votre log, même si vous n’avez pas atteint les dix QSO nécessaires à une activation réussie.

Vos correspondants attendent peut-être leurs crédits !

Et si l’autre Activator est dans deux parcs ?

Voici le fameux 2-fer, voire 3-fer.

Un Activator peut parfois se trouver physiquement dans une zone où plusieurs références POTA valides se chevauchent réellement.

Attention : deux parcs simplement voisins ne suffisent pas.

Pour qu’une activation multiple soit valable, POTA exige que les zones se chevauchent réellement et que l’ensemble de la station soit situé dans cette zone commune.

Si notre correspondant nous annonce deux références valides, la documentation POTA indique de créer des entrées appropriées avec les différentes références dans SIG_INFO afin que les P2P puissent être crédités.

Nous noterons donc soigneusement toutes les références annoncées.

Le 2-fer est une pratique plus avancée : mieux vaut vérifier sérieusement les limites officielles avant de revendiquer plusieurs parcs.

P2P en CW : trois lettres qui changent tout

En CW, nous pouvons également rechercher les autres Activators.

Le guide CW de POTA indique qu’en présence d’un pile-up, un Activator peut envoyer :

P2P

plutôt que son indicatif.

Si l’Activator répond au P2P, nous envoyons alors notre call.

Après le report, nous pouvons transmettre notre référence de parc. Le correspondant fera généralement de même.

Le Reverse Beacon Network et les spots POTA sont particulièrement pratiques pour localiser les Activators CW présents sur les bandes.

Et en FT8 ou FT4 : comment logger correctement un P2P ?

Un contact Park-to-Park est également possible en FT8 ou FT4. Pour POTA, le principe du log reste le même qu’en SSB ou en CW : ce qui change est simplement le mode du QSO.

La difficulté vient plutôt de l’échange des références des parcs.

Les messages FT8 et FT4 sont très courts et ne permettent pas d’échanger aussi facilement :

« Je suis dans F-1234 et vous êtes dans F-5678. »

Le bon réflexe consiste donc à consulter les spots POTA. Si nous voyons par exemple :

F5BBB — F-5678 — 14,074 MHz — FT8

et que nous réalisons ensuite un QSO FT8 avec F5BBB, nous savons que notre correspondant est en train d’activer F-5678.

Attention cependant : vérifions que le spot correspond bien à l’activation en cours et ne recopions jamais automatiquement une ancienne référence simplement parce que nous avons déjà contacté cette station auparavant.

Que faut-il mettre dans l’ADIF ?

Supposons que :

nous activions F-1234
et que
F5BBB active F-5678.

Notre QSO FT8 devra notamment contenir :

<CALL:5>F5BBB
<MODE:3>FT8
<MY_SIG:4>POTA
<MY_SIG_INFO:6>F-1234
<SIG:4>POTA
<SIG_INFO:6>F-5678

Exactement comme pour un P2P en phonie ou en CW :

MY_SIG_INFO = MON parc

SIG_INFO = SON parc

Le fait que le contact soit réalisé en FT8 ne modifie donc pas la façon dont les références POTA sont renseignées dans l’ADIF.

Notre logiciel de log peut éventuellement ajouter ces champs automatiquement. Sinon, il faudra renseigner manuellement la référence du parc distant avant de produire ou de corriger le fichier ADIF destiné à POTA.

FT8 + spots POTA : le duo pratique

La méthode peut finalement se résumer ainsi :

1 — consulter les spots POTA ;
2 — repérer un Activator FT8 sur notre bande ;
3 — réaliser normalement le QSO dans WSJT-X ;
4 — vérifier la référence du parc distant ;
5 — renseigner cette référence dans notre log ;
6 — contrôler l’ADIF avant son envoi à POTA.

PSK Reporter peut nous montrer où notre signal est reçu, mais ce sont les spots POTA qui nous permettent généralement d’identifier le parc activé par notre correspondant.

En FT8 comme dans les autres modes, un principe reste donc essentiel :

pour obtenir le crédit Park-to-Park, connaître l’indicatif ne suffit pas : il faut aussi correctement identifier et logger la référence du parc distant.

Les P2P ont aussi leurs awards

POTA récompense spécifiquement les contacts Park-to-Park.

Le programme propose un Park-to-Park Award destiné aux Activators qui contactent d’autres Activators. Le premier certificat est attribué à partir de 25 contacts P2P uniques, puis progresse par paliers de 25.

Ces récompenses sont générées automatiquement à partir des logs traités par POTA.

Voilà une excellente raison supplémentaire de noter correctement les références !

Attention, le P2P devient vite addictif !

Au début de l’activation, notre objectif était simple :

« Il me faut mes 10 QSO. »

Puis nous regardons les spots.

Un Activator sur 40 m…

Un autre sur 20 m…

Tiens, un nouveau parc sur 15 m !

Quelques minutes plus tard, nous ne lançons même plus CQ : nous sommes devenus Hunter depuis notre propre parc.

C’est tout le charme du Park-to-Park.

Le POTA n’est plus seulement une relation entre un Activator et des Hunters installés chez eux.

Les parcs commencent à communiquer entre eux.

Alors, lors de votre prochaine activation, une fois vos premiers QSO dans le log, ouvrez les spots et partez à la chasse.

Votre prochain correspondant est peut-être lui aussi assis sur une table de pique-nique, avec une batterie qui commence à faiblir et un café déjà froid !

Prochain volet : « POTA : après les 10 QSO, la chasse aux trophées commence ! (13/13) ».

POTA : après les 10 QSO, la chasse aux trophées commence ! (13/13)

POTA : après les 10 QSO, la chasse aux trophées commence ! (13/13)

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