Bienvenue sur le Site du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon (91 – Essonne)!

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Le Radio-Club F5KEE vous accueille à la Maison des Associations de Viry-Châtillon, au cœur de l’Essonne. Dans ce lieu ouvert et convivial, nous réunissons toutes celles et ceux qui partagent la curiosité des sciences, des techniques et des communications sans fil.

Le radioamateurisme, c’est bien plus qu’un simple hobby :
c’est une passion universelle, où l’on apprend à dialoguer avec le monde entier, à construire ses propres antennes et équipements, à explorer la propagation des ondes, mais aussi à découvrir les technologies numériques et les satellites.

À qui s’adresse le radio-club ?

Le F5KEE s’adresse à tous les publics :

  • les curieux qui veulent découvrir ce qu’est la radio et comment on peut communiquer sans Internet,

  • les jeunes et étudiants attirés par la technique, l’électronique ou l’aéronautique,

  • les futurs radioamateurs qui souhaitent préparer la licence,

  • les opérateurs confirmés qui veulent partager leurs expériences, expérimenter ou participer à des contests,

  • et plus largement, toute personne désireuse d’apprendre, de pratiquer et d’échanger dans un cadre associatif.

Que fait-on au F5KEE ?

Nos activités sont variées et adaptées à tous les niveaux :

  • Découverte et formation : initiation aux bases de la radio, aide à la préparation de la licence radioamateur ( voir : nos formations )

  • Pratique du trafic : contacts en phonie, en CW (morse), en modes numériques (FT8, …), via satellites ou encore à travers le monde en HF.

  • Expérimentations techniques : réalisation et essais d’antennes, utilisation du SDR, projets autour de l’Arduino ou d’interfaces numériques.

  • Activités collectives : organisation de démonstrations publiques, projets éducatifs en lien avec les écoles ou évènements internationaux (ARISS, QO-100, etc.).

  • Vie de club : échanges, entraide, convivialité et partage de connaissances dans une ambiance amicale.

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Adhérer au Radio-Club F5KEE, c’est rejoindre une communauté dynamique et passionnée, c’est apprendre en pratiquant, c’est aussi trouver un lieu où la curiosité technique et la convivialité se conjuguent au quotidien.

C’est également l’occasion d’acquérir des bases solides en électricité et en électronique, compétences précieuses pour comprendre le fonctionnement des équipements mais aussi pour, pourquoi pas, préparer un futur métier dans les domaines techniques, scientifiques ou industriels.

Que vous soyez simple curieux, débutant ou opérateur chevronné, poussez la porte de la Maison des Associations de Viry-Châtillon : F5KEE vous accueille et vous invite à découvrir le monde fascinant du radioamateurisme.

L’équipe du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon

Quand le clavier remplaça le manipulateur ! (PSK31)

Quand le clavier remplaça le manipulateur

Pendant des décennies, pour converser à grande distance avec très peu de puissance et quelques dizaines de hertz de bande passante, le radioamateur disposait d’un outil presque imbattable : la télégraphie.

Un manipulateur, une oreille entraînée et quelques watts permettaient déjà de parcourir le monde.

Puis les téléimprimeurs et le RTTY firent entrer le clavier dans les stations. Mais ces lourdes machines allaient à leur tour disparaître. Dans les années 1990, l’ordinateur personnel était désormais présent dans de nombreux shacks et sa carte son allait bientôt devenir un véritable modem.

Une nouvelle question se posa alors : pouvait-on retrouver avec un clavier la simplicité et l’efficacité spectrale de la CW ?

La réponse allait tenir en cinq caractères : PSK31.

Avant le PSK31, le clavier était déjà sur les ondes

Le PSK31 n’a évidemment pas inventé le QSO au clavier. Le RTTY permettait depuis longtemps d’échanger du texte et d’autres modes numériques, comme AMTOR ou le Packet Radio, étaient déjà bien connus des radioamateurs.

Mais ces systèmes avaient chacun leurs contraintes.

Le RTTY utilisait deux fréquences, MARK et SPACE, tandis que le Packet privilégiait davantage l’échange structuré de données. L’idée qui allait conduire au PSK31 était différente : créer un mode extrêmement étroit, efficace et spécialement adapté à une conversation en direct entre deux opérateurs.

Autrement dit, retrouver l’esprit d’un QSO CW ou RTTY, mais avec les possibilités nouvelles du traitement numérique du signal.

Années 1990 : les expériences de SP9VRC

L’histoire passe d’abord par le radioamateur polonais Pawel Jalocha, SP9VRC, qui expérimente notamment un système appelé SLOWBPSK.

Plutôt que d’utiliser deux fréquences comme le RTTY, on exploite ici la phase d’une porteuse.

Le principe est fondamental :

RTTY → on change de fréquence.

BPSK → on change de phase.

Cette technique permet d’obtenir des signaux particulièrement étroits. Les travaux de SP9VRC vont servir de base à ce qui deviendra le PSK31.

Peter Martinez G3PLX entre en scène

Le Britannique Peter Martinez, G3PLX, déjà connu pour ses travaux sur l’AMTOR, reprend et développe le concept afin de créer un mode réellement adapté aux conversations entre radioamateurs.

Le résultat est le PSK31PSK signifie Phase Shift Keying, modulation par déplacement de phase.

Le nombre 31 vient de sa vitesse de transmission, plus exactement : 31,25 bauds.

Cette vitesse peut paraître dérisoire aujourd’hui, mais elle correspond assez bien au rythme auquel un opérateur tape une conversation sur son clavier.

Pourquoi transmettre des milliers de caractères par seconde lorsque l’être humain n’en écrit que quelques-uns ?

Le PSK31 privilégie donc l’efficacité plutôt que la vitesse.

Pourquoi exactement 31,25 bauds ?

Ce nombre assez étrange n’a pas été choisi au hasard.

Les cartes son et systèmes numériques utilisent couramment des fréquences d’échantillonnage qui se prêtent facilement aux divisions binaires.

Avec 8 000 échantillons par seconde : 8000 ÷ 256 = 31,25

On obtient ainsi une vitesse particulièrement pratique pour le traitement numérique de l’époque.

Mais surtout, ralentir la transmission permet de réduire considérablement la largeur du signal.

Un QSO dans quelques dizaines de hertz !

C’est probablement la caractéristique la plus spectaculaire du PSK31.

Une émission BLU occupe typiquement environ 2 400 Hz.

Un signal RTTY traditionnel occupe quelques centaines de hertz selon le shift et le filtrage employés.

Le PSK31, lui, concentre l’information dans quelques dizaines de hertz seulement. La spécification historique indique environ 60 Hz de largeur à −26 dB.

Sur un waterfall, la différence saute aux yeux.

Là où une seule conversation SSB occupe une large portion du spectre, de nombreux signaux PSK31 peuvent apparaître sous la forme de très fines lignes parallèles.

C’est un véritable embouteillage… qui prend très peu de place !

PSK31 : l’efficacité en quelques hertz

Avec seulement quelques dizaines de hertz, le PSK31 permet de concentrer de nombreux QSO dans une faible portion du spectre.

Varicode : toutes les lettres ne sont pas égales

Peter Martinez ajoute une autre idée particulièrement élégante : le Varicode.

Dans certains systèmes numériques, chaque caractère possède un nombre fixe de bits.

Le PSK31 fait autrement.

Les caractères les plus fréquemment utilisés reçoivent des codes courts, tandis que les caractères rares utilisent des séquences plus longues.

Cela rappelle étrangement quelque chose…

En Morse, la lettre très fréquente E vaut simplement : alors qu’une lettre moins fréquente demande plusieurs éléments.

Le Varicode reprend finalement la même philosophie : ne pas gaspiller du temps pour transmettre les caractères que nous utilisons le plus souvent.

Le PSK31 avait remplacé le manipulateur par le clavier, mais il conservait ainsi un peu de l’esprit de la télégraphie !

Deux zéros et le caractère est terminé

Le Varicode possède également une petite astuce.

Les caractères sont séparés par la séquence : 00                                                                                                                                                      

Cette combinaison n’étant pas utilisée à l’intérieur du code représentant un caractère, le logiciel sait immédiatement que la lettre précédente est terminée.

Le texte peut ainsi être envoyé en continu, au rythme auquel l’opérateur le tape.

Quand le signal retourne sa phase

Comment les 0 et les 1 arrivent-ils maintenant jusqu’à l’antenne ?

Dans la forme la plus connue du PSK31, le BPSK31, deux états de phase sont utilisés.

Schématiquement :

1 → la phase reste identique

0 → la phase est retournée de 180°.

Imaginez une sinusoïde. À certains instants, elle poursuit normalement son oscillation ; à d’autres, elle se retrouve inversée.

Le récepteur détecte ces changements et reconstitue les bits, puis le Varicode transforme ceux-ci en caractères affichés sur l’écran.

En pratique, les transitions sont soigneusement façonnées afin d’éviter qu’un changement trop brutal n’étale inutilement l’énergie sur les fréquences voisines.

Voilà l’une des raisons pour lesquelles un PSK31 correctement transmis reste si étroit.

Infographie PSK31 : du texte à l’antenneInfographie PSK31 : du texte à l’antenne

Du Varicode au BPSK31 : les caractères deviennent des changements de phase transmis sur quelques dizaines de hertz.

Et le QPSK31 ?

Une autre variante historique existe : QPSK31.

Alors que BPSK utilise deux états de phase, QPSK en utilise quatre. Le QPSK31 permet notamment d’introduire une correction d’erreurs grâce à un codage convolutionnel et un décodage de type Viterbi.

Mais dans les shacks, c’est surtout BPSK31 qui deviendra l’image emblématique du PSK31.

Décembre 1998 : la carte son change tout

C’est probablement le véritable tournant de notre histoire.

Les expérimentations numériques nécessitaient jusque-là du matériel spécialisé ou des systèmes DSP qui n’étaient pas nécessairement accessibles à tous.

À la fin de 1998, Peter Martinez diffuse une implémentation permettant d’utiliser la carte son d’un ordinateur PC.

Désormais, le radioamateur possède déjà presque tout ce dont il a besoin : un transceiver BLU + un ordinateur + une carte son + une interface audio + un logiciel.

Le signal audio produit par l’ordinateur entre dans le transceiver.

À la réception, l’audio du poste retourne vers la carte son.

Et le logiciel fait le reste.

La carte son vient de devenir un modem radio.

1999-2000 : le PSK31 envahit les shacks

Le succès est rapide.

Pourquoi ?

Parce qu’il n’est pas nécessaire d’acheter un émetteur-récepteur spécialement conçu pour ce nouveau mode. Un poste BLU existant convient parfaitement.

Et justement, à cette époque, les ordinateurs multimédias équipés d’une carte son se généralisent.

Quelques câbles et une petite interface d’isolation suffisent pour relier les deux mondes.

Sur les bandes amateur apparaissent alors de plus en plus de ces minuscules signaux.

Le PSK31 devient l’un des symboles de l’arrivée massive du PC dans le shack.

Le waterfall change notre manière de chercher les stations

Avec le PSK31, un autre élément devient rapidement familier : le waterfall.

L’écran affiche une représentation du spectre qui défile dans le temps.

Les émissions PSK31 apparaissent comme de fines traces.

Plus besoin de rechercher laborieusement chaque station uniquement avec le VFO.

On voit les signaux.

Un clic sur une trace…

et le logiciel se cale dessus et commence à afficher le texte.

Plusieurs conversations peuvent même être visibles simultanément dans la bande audio du récepteur.

Le radioamateur ne se contente plus d’écouter le spectre : il le regarde.

Quelques watts peuvent aller très loin

Le PSK31 acquiert également une excellente réputation auprès des amateurs de QRP.

Comme l’énergie est concentrée dans une largeur de bande très réduite, des puissances relativement modestes permettent souvent d’obtenir d’excellents résultats.

Avec une bonne antenne et une propagation favorable, quelques watts peuvent permettre des QSO à plusieurs milliers de kilomètres.

Mais attention : le PSK31 n’abolit évidemment pas les lois de la propagation !

L’antenne, le bruit, la bande utilisée et les conditions ionosphériques restent déterminants.

Le piège de la surmodulation

Un signal aussi étroit possède cependant un ennemi : un mauvais réglage de l’émetteur.

Il est tentant d’augmenter fortement le niveau audio envoyé par la carte son afin d’obtenir davantage de puissance HF.

C’est une erreur.

Si l’étage d’émission n’est plus utilisé dans sa zone linéaire ou si l’ALC intervient fortement, le spectre s’élargit et des produits indésirables apparaissent de chaque côté du signal.

Sur le waterfall, la fine trace devient alors une vilaine tache.

La règle est donc simple : un bon signal PSK31 doit rester propre et étroit.

Les voisins vous en remercieront !

PSK63, PSK125 et les descendants

Le principe du PSK31 donnera naissance à différentes variantes.

En augmentant la vitesse de modulation apparaissent notamment : PSK63 : 62,5 bauds puis PSK125 : 125 bauds.

Le texte arrive plus rapidement, mais l’occupation spectrale augmente également.

D’autres modes et variantes de la famille PSK verront encore le jour, mais le PSK31 restera celui qui aura marqué toute une génération de radioamateurs.

2017 : FT8 change le paysage

Puis arrive une nouvelle révolution.

À partir de 2017, le FT8 connaît un succès spectaculaire.

Très performant avec les signaux faibles, automatisant une grande partie de la séquence d’un contact et permettant d’enchaîner rapidement les QSO, il attire une part considérable de l’activité numérique HF.

Les waterfalls autrefois remplis de PSK31 deviennent beaucoup plus calmes.

Mais comparer directement les deux modes serait trompeur.

FT8 est principalement conçu autour d’échanges courts et structurés.

PSK31 permet une conversation libre.

On peut réellement écrire :

« Bonjour Michel, ici Freddy. Je travaille avec 10 watts et un dipôle. Quel temps fait-il chez toi ? »

Et le correspondant peut répondre ce qu’il veut.

Pas de message imposé.

Pas de séquence chronométrée.

Le clavier redevient simplement le prolongement de l’opérateur.

Du manipulateur au waterfall !

De la CW au PSK31 puis au FT8, les outils évoluent mais les mots continuent de voyager sur les ondes.

Quelques dates à retenir

Années 1990 — Pawel Jalocha SP9VRC expérimente notamment SLOWBPSK.

1998 — Peter Martinez G3PLX finalise et fait connaître le PSK31.

Décembre 1998 — l’implémentation utilisant la carte son du PC contribue fortement à sa diffusion.

1999-2000 — le PSK31 se répand rapidement dans les stations radioamateurs.

Années 2000 — PSK31 devient l’un des modes numériques HF les plus populaires et inspire de nombreuses variantes.

2017 — l’essor du FT8 modifie profondément le paysage des modes numériques sur les bandes amateur.

Aujourd’hui — le PSK31 reste utilisable et conserve une particularité devenue presque originale : permettre de véritables conversations clavier-à-clavier avec un signal extrêmement étroit.

Le clavier avait-il vraiment remplacé le manipulateur ?

En apparence, tout les sépare.

D’un côté, un manipulateur Morse.

De l’autre, un ordinateur, une carte son et un logiciel.

Pourtant, PSK31 retrouve plusieurs qualités qui avaient fait le succès de la CW : une bande passante minuscule, la possibilité de travailler avec une puissance modeste et surtout une véritable conversation entre deux opérateurs.

Même son Varicode rappelle la vieille idée du code Morse : donner les séquences les plus courtes aux caractères que nous utilisons le plus souvent.

Le manipulateur avait disparu du bureau.

Le clavier avait pris sa place.

Mais près d’un siècle après les premiers QSO en télégraphie, le principe restait finalement assez semblable : faire voyager des mots le plus efficacement possible sur les ondes.

Et cette fois, il suffisait de les taper.

Connecteurs RJ : comment les reconnaître et quelles sont leurs dimensions ?

Guide pratique des connecteurs RJ

RJ9, RJ10, RJ11, RJ12, RJ14, RJ25, RJ45, RJ50… À première vue, on pourrait croire qu’à chaque numéro correspond une taille différente de connecteur. En réalité, la famille des connecteurs modulaires est beaucoup moins simple que cela.

Deux connecteurs portant des appellations différentes peuvent avoir exactement les mêmes dimensions, tandis que le nombre de contacts électriques réellement présents peut changer.

Dans le monde radioamateur, la question se pose régulièrement : quelle est cette petite prise utilisée pour le microphone ? Est-ce une RJ11, une RJ12 ou une RJ45 ?

Voyons comment les reconnaître.

1. « RJ » ne définit pas réellement la taille

Le terme RJ signifie Registered Jack. Il provient d’un système américain de normalisation des interfaces téléphoniques.

À l’origine, une désignation comme RJ11 ou RJ14 ne désignait donc pas simplement une fiche, mais une interface avec un type de connecteur et un câblage déterminés.

Avec le temps, l’usage courant a quelque peu simplifié les choses. On parle aujourd’hui volontiers de « prise RJ45 » pour désigner la fiche utilisée sur nos câbles Ethernet.

Techniquement, cette fiche est avant tout un connecteur modulaire 8P8C.

C’est cette notation P/C qui est la plus utile pour identifier physiquement un connecteur.

2. Que signifient 4P4C, 6P2C ou 8P8C ?

La notation est très simple :

P = Positions
C = Contacts

Ainsi :

4P4C signifie 4 positions et 4 contacts.

6P2C signifie 6 positions mais seulement 2 contacts électriques.

6P4C signifie 6 positions et 4 contacts.

6P6C signifie 6 positions et 6 contacts.

8P8C signifie 8 positions et 8 contacts.

C’est une distinction importante : deux fiches peuvent posséder exactement la même largeur tout en ayant un nombre de contacts différent.

Les documentations industrielles confirment d’ailleurs cette organisation : les connecteurs modulaires existent notamment en corps 4, 6 et 8 positions, avec différents nombres de contacts chargés. Molex propose par exemple des modèles 6/2, 6/4, 6/6 et 8/8.

3. Tableau des principaux connecteurs

Voici les familles que l’on rencontre le plus souvent :

Appellation courante Type physique Contacts Largeur approximative de la fiche Utilisation courante
RJ9 / RJ10 / RJ22* 4P4C 4 ≈ 7,6 mm Combinés téléphoniques, micros
RJ11 6P2C 2 ≈ 9,6 mm Téléphone, modem
RJ14 6P4C 4 ≈ 9,6 mm Téléphonie deux lignes
RJ12 6P6C 6 ≈ 9,6 mm Téléphonie, commandes, équipements
RJ25 6P6C 6 ≈ 9,6 mm Téléphonie trois lignes
« RJ45 » 8P8C 8 ≈ 11,7 mm Ethernet, radio, informatique
RJ50** 10P10C 10 ≈ 13,5–13,8 mm Équipements spécialisés

* Les désignations RJ9, RJ10 et RJ22 sont largement utilisées dans le commerce pour les petits connecteurs 4P4C, même si ces appellations ne correspondent pas toutes à des désignations RJ normalisées au sens historique.

** L’appellation RJ50 est elle aussi couramment employée pour le 10P10C.

Les dimensions peuvent varier légèrement suivant les fabricants et la construction de la fiche. Il faut donc considérer ces valeurs comme des dimensions pratiques d’identification, et non comme les cotes mécaniques d’un plan de fabrication.

Comparatif des connecteurs RJ à l’échelle

Comparaison à la même échelle des principaux connecteurs modulaires, du 4P4C au 10P10C.

L’illustration générée ne respecte pas systématiquement le nombre de contacts demandé sur les représentations graphiques des connecteurs, malgré plusieurs corrections successives.

4. Trois grandes largeurs à retenir

Pour identifier rapidement un connecteur trouvé dans le shack, il n’est finalement pas nécessaire de retenir tous les numéros RJ.

On peut commencer par regarder le nombre de positions.

4P4C : le petit connecteur

C’est le plus étroit de ceux que nous rencontrerons couramment.

Sa largeur est d’environ 7,6 mm.

On le connaît surtout pour la liaison entre le combiné et la base des anciens téléphones. On le retrouve également sur certains microphones, accessoires et équipements électroniques.

Il possède quatre positions et généralement quatre contacts.

Famille 6P : RJ11, RJ14, RJ12…

Nous passons à une largeur d’environ 9,6 mm.

Et c’est ici que commencent les confusions.

Un RJ11, un RJ14 et certains connecteurs appelés RJ12 ont la même enveloppe mécanique à six positions.

Ce qui change est notamment le nombre de contacts utilisés :

6P2C → 2 contacts
6P4C → 4 contacts
6P6C → 6 contacts

Une prise femelle 6P6C peut donc physiquement accepter plusieurs variantes de cette famille.

Guide des connecteurs RJ 6P en français

RJ11, RJ14 et RJ12/RJ25 : même format 6P, mais un nombre de contacts différent.

8P8C : notre fameux « RJ45 »

C’est probablement le connecteur modulaire le plus connu aujourd’hui.

Sa largeur est d’environ 11,7 mm et il possède huit positions et huit contacts.

On le rencontre évidemment sur les réseaux Ethernet, mais également sur de très nombreux équipements radio.

Les caractéristiques publiées par Molex donnent notamment un pas de 1,02 mm au niveau de l’interface d’accouplement pour ses connecteurs modulaires 4/4, 6/2, 6/4, 6/6 et 8/8.

5. Et le 10P10C ?

Il existe encore plus large : le 10P10C.

Il comporte dix positions et dix contacts et mesure environ 13,5 à 13,8 mm de largeur, suivant les modèles.

Il est nettement moins répandu que le 8P8C et se rencontre surtout sur certains équipements spécialisés, terminaux, scanners, systèmes de commande ou interfaces industrielles.

Il est souvent commercialisé sous le nom RJ50.

6. Comment identifier une fiche inconnue ?

Avec une fiche devant soi, l’identification est assez simple.

Commencez par placer la fiche face à vous, contacts visibles.

Comptez d’abord le nombre total d’emplacements.

Vous en trouvez quatre ? Nous sommes probablement dans la famille 4P.

Six ? Famille 6P.

Huit ? 8P.

Dix ? 10P.

Comptez ensuite les contacts métalliques réellement présents.

Une fiche possédant six emplacements mais seulement deux contacts au centre sera donc une 6P2C.

Avec quatre contacts : 6P4C.

Avec les six contacts : 6P6C.

Cette méthode est beaucoup plus fiable que d’essayer de déterminer visuellement s’il s’agit d’un « RJ11 » ou d’un « RJ12 ».

7. Pourquoi est-ce particulièrement important en radio ?

Les radioamateurs rencontrent régulièrement ces connecteurs.

Les fabricants de transceivers ont largement utilisé les connecteurs modulaires pour les microphones et différentes interfaces parce qu’ils sont compacts, économiques et faciles à remplacer.

On peut ainsi rencontrer des connecteurs 4P4C, 6P6C ou 8P8C sur du matériel radio.

Mais attention à un piège particulièrement important :

le fait que deux appareils possèdent le même connecteur ne signifie absolument pas qu’ils utilisent le même brochage.

Un connecteur 8P8C peut transporter, selon l’appareil :

  • l’audio du microphone ;
  • le PTT ;
  • une tension d’alimentation ;
  • des commandes UP/DOWN ;
  • une masse ;
  • des données ;
  • ou différentes fonctions propres au constructeur.

Brancher un microphone uniquement parce que sa fiche « rentre dans la prise » est donc une mauvaise idée.

8. RJ45 ne veut pas dire Ethernet

C’est probablement le point le plus important à retenir pour nos applications radio.

Une prise ressemblant à celle d’un câble réseau n’implique pas qu’elle transporte de l’Ethernet.

Le connecteur 8P8C n’est qu’une interface mécanique et électrique.

Un constructeur peut parfaitement l’utiliser pour son microphone, une commande déportée ou une liaison propriétaire.

Inversement, les connecteurs modulaires 8P8C sont effectivement largement employés pour Ethernet. Molex commercialise par exemple des fiches modulaires 8/8 destinées aux applications de catégorie 6.

Il faut donc toujours consulter le schéma de brochage de l’appareil avant de réaliser un câble.

9. Une même prise, plusieurs câblages

Prenons la famille à six positions.

Extérieurement, nous pouvons avoir :

6P2C

[ ][ ][●][●][ ][ ]

6P4C

[ ][●][●][●][●][ ]

6P6C

[●][●][●][●][●][●]

Le corps de la fiche conserve sensiblement la même largeur. Seul le nombre de contacts change.

C’est précisément pour cette raison que l’indication 6P4C est souvent beaucoup plus informative pour le technicien que la simple appellation commerciale « RJ ».

10. Attention également au sens de numérotation

Lorsque l’on recherche le brochage d’un microphone ou que l’on fabrique un câble, une autre erreur classique consiste à regarder le connecteur du mauvais côté.

Une fiche vue côté contacts et la même fiche vue côté câble donnent naturellement une numérotation inversée visuellement.

Avant de souder ou sertir un câble, vérifiez donc toujours :

le sens de vue du schéma, la position de l’ergot et la position de la broche 1.

Une photographie prise avant démontage peut éviter bien des hésitations.

Guide de numérotation des connecteurs RJ

11. Le tableau à garder dans le shack

Pour une identification rapide, retenons essentiellement ceci :

Nombre de positions Désignation Largeur indicative Famille courante
4 4P4C ≈ 7,6 mm « RJ9/RJ10 »
6 6P2C ≈ 9,6 mm RJ11
6 6P4C ≈ 9,6 mm RJ14
6 6P6C ≈ 9,6 mm RJ12/RJ25
8 8P8C ≈ 11,7 mm « RJ45 »
10 10P10C ≈ 13,5–13,8 mm « RJ50 »

Les familles 4, 6 et 8 positions sont bien documentées chez les fabricants de connectique. À titre d’exemple, une même série Molex comprend des jacks 4/4, 6/2, 6/4, 6/6 et 8/8, ce qui illustre parfaitement pourquoi le nombre de positions et celui des contacts doivent être distingués.

Conclusion

Derrière l’apparente simplicité des prises RJ se cache donc une petite subtilité : le numéro RJ n’est pas une indication fiable de la taille physique du connecteur.

Pour identifier une fiche, la meilleure méthode consiste à retenir trois informations :

le nombre de positions, le nombre de contacts et la largeur du connecteur.

Pour nos bricolages radioamateurs, la notation 4P4C, 6P2C, 6P4C, 6P6C, 8P8C ou 10P10C est donc particulièrement pratique.

Et surtout, gardons une règle essentielle dans le shack :

deux prises identiques ne signifient jamais deux brochages identiques.

Avant de raccorder un microphone, un transceiver ou une interface, quelques secondes passées à consulter le manuel peuvent éviter d’envoyer une tension d’alimentation là où l’appareil attendait simplement un signal audio.

Peut-on réellement faire un QSO avec une LED ?

QSO LED au cœur de la nuit

Une LED rouge, une lentille, quelques composants électroniques et, plusieurs kilomètres plus loin, un autre radioamateur qui vous répond. L’idée pourrait ressembler à une expérience de laboratoire ou à un défi un peu farfelu. Pourtant, il est parfaitement possible de transmettre du Morse, de la voix et même des données à l’aide d’une simple source lumineuse.

Et les distances atteintes sont loin d’être anecdotiques : des expérimentateurs ont réalisé des liaisons optiques avec des LED sur plusieurs dizaines de kilomètres, et certains contacts ont dépassé les 200 km.

Alors, rangeons momentanément antennes, coaxiaux et ROSmètres : aujourd’hui, notre « émetteur » va s’allumer en rouge !

1 — Une LED peut-elle vraiment devenir un émetteur ?

Oui, car une LED possède une propriété extrêmement intéressante : son intensité lumineuse peut varier très rapidement.

Si nous faisons varier le courant qui la traverse au rythme d’un signal audio, sa luminosité varie exactement de la même manière.

Imaginons que nous parlions devant un microphone : Microphone → amplificateur → modulateur → LED

À l’œil, pratiquement rien ne se passe. La LED semble simplement allumée.

Mais un détecteur électronique placé à distance peut percevoir ces minuscules variations lumineuses et retrouver notre voix.

Nous venons de réaliser une liaison de télécommunication par lumière visible.

2 — De la radio à la lumière

Cela peut sembler très différent de nos bandes radioamateurs. Pourtant, radio et lumière appartiennent à la même grande famille : les ondes électromagnétiques.

En montant en fréquence, nous rencontrons successivement : ondes radio → micro-ondes → infrarouge → lumière visible → ultraviolet.

Une LED rouge émettant vers 660 nm correspond à une fréquence électromagnétique voisine de 454 THz, soit environ 454 000 GHz !

Le spectre électromagnétique en lumière rouge

Des ondes radio à la lumière visible : une LED rouge émet elle aussi une onde électromagnétique.

Évidemment, aucun oscillateur de notre montage ne travaille directement à cette fréquence. C’est le matériau semi-conducteur de la LED qui produit la lumière.

Notre électronique ne fait que modifier son intensité.

3 — Comment mettre notre voix dans la lumière ?

La méthode la plus intuitive consiste à faire varier le courant de la LED avec le signal provenant du microphone.

Lorsque le signal audio augmente, la LED éclaire légèrement davantage. Lorsqu’il diminue, elle éclaire un peu moins.

Ces variations peuvent se produire des milliers ou des millions de fois par seconde sans que notre œil les distingue.

On parle de modulation d’intensité.

À l’autre extrémité de la liaison, une photodiode transforme ces variations lumineuses en un très faible courant électrique : LED → lumière modulée → photodiode → préamplificateur → haut-parleur

Et notre correspondant entend notre voix.

Nous pourrions également transmettre du Morse en faisant commuter la LED ou, mieux encore, en modulant celle-ci par une tonalité audio que notre manipulateur interrompt au rythme des points et des traits.

4 — Mais une LED éclaire dans toutes les directions !

Voilà notre premier gros problème.

Une LED de quelques watts peut produire beaucoup de lumière, mais celle-ci est dispersée dans un angle relativement important. À quelques kilomètres, seule une fraction infime atteint notre correspondant.

Nous devons donc concentrer cette lumière.

C’est ici qu’intervient notre nouvelle « antenne » : la lentille.

Une LED placée approximativement au foyer d’une lentille produit un faisceau beaucoup plus étroit.

Nous pouvons utiliser une lentille classique, une optique récupérée ou une grande lentille de Fresnel.

Nous obtenons ainsi l’équivalent optique d’une antenne directive.

Plus le faisceau est étroit, plus l’énergie est concentrée vers notre correspondant. Mais l’alignement devient également beaucoup plus délicat.

5 — Et à la réception ?

Exactement le problème inverse.

La lumière arrivant après plusieurs kilomètres est extrêmement faible. Il faut donc en récupérer le maximum.

Une grande lentille collecte la lumière sur toute sa surface et la concentre sur une petite photodiode.

Une BPW34, par exemple, constitue un détecteur intéressant et facile à trouver pour les premières expérimentations.

Le signal électrique qu’elle produit est cependant minuscule. On utilise donc généralement un amplificateur transimpédance, spécialement adapté aux photodiodes.

Notre récepteur devient : Lentille → photodiode → préamplificateur → filtre → amplificateur audio → casque

Principe d’une liaison optique par LED

Principe d’un QSO optique : la LED modulée transmet le signal lumineux vers une photodiode placée à distance.

La qualité du récepteur est capitale. Augmenter sans cesse la puissance de la LED n’est pas forcément la meilleure façon de gagner de la distance : améliorer l’optique et réduire le bruit du récepteur peut être beaucoup plus efficace.

6 — Notre principal brouilleur s’appelle… le Soleil !

Sur 40 mètres, nous surveillons le bruit atmosphérique et les autres stations.

Avec notre récepteur optique, nous découvrons un brouilleur autrement plus puissant : la lumière ambiante.

Le Soleil, le ciel, les lampadaires, les phares automobiles et même certains éclairages domestiques produisent énormément de lumière.

La solution consiste notamment à utiliser un tube devant le détecteur pour limiter son champ de vision, éventuellement un filtre optique adapté à la couleur de notre LED et surtout une modulation permettant de séparer notre signal de la lumière ambiante.

Une liaison réalisée de nuit sera naturellement beaucoup plus confortable.

Voilà un QSO pour lequel attendre le coucher du Soleil peut améliorer considérablement les conditions !

7 — Quel rapport avec une station radio ?

Finalement, beaucoup plus qu’on pourrait le croire.

Dans une station classique, nous avons : TX → antenne → propagation → antenne → RX

Dans notre station optique : LED → lentille → atmosphère → lentille → photodiode

La puissance de la LED rappelle la puissance de notre émetteur. La concentration du faisceau joue un rôle comparable au gain d’une antenne directive. Le diamètre de l’optique de réception détermine la quantité d’énergie récupérée, tandis que la sensibilité du détecteur et le bruit électronique conditionnent les signaux les plus faibles que nous pouvons recevoir.

Nous retrouvons donc pratiquement toutes nos préoccupations habituelles de radioamateur.

8 — Et la propagation ?

Cette fois, oublions l’ionosphère.

Notre liaison dépend principalement de la visibilité entre les deux stations et de l’état de l’atmosphère.

Le brouillard est évidemment redoutable. La pluie, la brume, la pollution et les poussières peuvent également atténuer le signal.

Sur les longues distances apparaît aussi un phénomène intéressant : la scintillation.

Les mouvements de l’atmosphère et les différences de température font légèrement varier le trajet de la lumière. Le signal reçu peut alors fluctuer rapidement.

C’est un phénomène comparable à certains égards au fading que nous connaissons bien en radio, même si son origine physique est différente.

9 — Jusqu’où peut-on aller avec une LED ?

Quelques mètres ne présentent pratiquement aucune difficulté.

Avec une bonne optique, quelques centaines de mètres deviennent rapidement accessibles. Ensuite commence le véritable DX optique.

Un kilomètre est parfaitement réaliste, puis plusieurs kilomètres deviennent envisageables avec une bonne optique, un récepteur sensible et deux emplacements correctement dégagés.

Des radioamateurs ont cependant poussé l’expérience beaucoup plus loin.

La RSGB rapporte des expérimentations utilisant des LED haute puissance sur des distances de l’ordre de 100 km.

Plus spectaculaire encore, les expérimentateurs américains Clint Turner KA7OEI et Ron Jones K7RJ ont documenté en 2007 une liaison optique bidirectionnelle entre le mont Ellen dans l’Utah et le mont Wheeler dans le Nevada.

Distance : environ 173 miles, soit 278 km.

Un QSO LED entre deux sommets

En visibilité directe entre deux points hauts, une liaison optique par LED peut atteindre des distances étonnantes.

Le contact fut notamment réalisé en Morse, avec également des essais de communication vocale.

Nous sommes déjà très loin de la petite LED clignotante posée sur notre établi !

10 — LED ou laser ?

À ce stade, une question vient naturellement : pourquoi ne pas employer un laser ?

C’est effectivement possible, et les radioamateurs expérimentent depuis longtemps les communications laser.

Un laser possède l’immense avantage de produire un faisceau extrêmement étroit. Mais cet avantage devient également un inconvénient : l’alignement doit être extraordinairement précis.

S’ajoute surtout la question de la sécurité oculaire. Certains lasers peuvent provoquer des lésions irréversibles, parfois sans que le faisceau paraisse particulièrement puissant.

Pour une première expérimentation F5KEE, la LED est donc beaucoup plus intéressante : économique, robuste, simple à moduler et généralement bien moins problématique en matière de sécurité.

11 — Essayons sur notre établi

Nous pouvons commencer très simplement.

Pour l’émetteur : Microphone → préamplificateur → transistor ou MOSFET → LED rouge

Pour le récepteur : BPW34 → préamplificateur → amplificateur audio → écouteur

Liaison optique par LED : émetteur et récepteur

Une liaison optique expérimentale peut être réalisée avec une LED de puissance, une photodiode et quelques composants courants.

Plaçons les deux montages à quelques mètres et parlons devant le microphone.

Puis éloignons progressivement le récepteur.

Ensuite seulement, ajoutons une lentille devant la LED et une autre devant la photodiode.

Le gain obtenu devient alors spectaculaire.

Une seconde expérience peut consister à transmettre une tonalité de 1 kHz, puis du Morse. Avec un filtre audio centré autour de cette tonalité, nous pouvons détecter des niveaux lumineux beaucoup plus faibles.

Nous retrouvons alors quelque chose que connaissent parfaitement les amateurs de CW et de modes numériques : plus la bande passante du récepteur est étroite, plus il devient facile de sortir un petit signal du bruit.

12 — De notre expérience au Li-Fi

Notre montage peut sembler anecdotique. Il ne l’est pas vraiment.

Les communications modernes par lumière visible, souvent regroupées sous l’appellation VLC — Visible Light Communication, utilisent exactement cette propriété : une source lumineuse peut être modulée suffisamment rapidement pour transporter de l’information tout en donnant à l’œil l’impression d’un éclairage parfaitement stable.

Les systèmes modernes peuvent évidemment utiliser des modulations et des débits infiniment plus sophistiqués que notre petit montage.

Mais le principe fondamental reste étonnamment proche.

Alors, peut-on réellement faire un QSO avec une LED ?

Oui, incontestablement.

Nous pouvons transmettre notre indicatif en Morse, notre voix et même des données. Avec une optique adaptée, un bon récepteur et deux emplacements dégagés, les kilomètres s’accumulent rapidement.

Et lorsque certains expérimentateurs réussissent à établir une liaison sur 278 km, la LED cesse définitivement d’être un simple voyant lumineux.

Cette expérience nous rappelle surtout quelque chose que les radioamateurs ont toujours aimé démontrer : il n’est pas nécessaire de disposer d’une technologie extraordinaire pour expérimenter les télécommunications.

Parfois, quelques composants, deux lentilles et une LED rouge suffisent pour inventer une nouvelle manière de dire : « CQ CQ CQ… »

Actualités DX et DX-péditions — 18 septembre 2026

Actualité DX : passion radio mondiale

La seconde moitié de septembre devient particulièrement intéressante pour les chasseurs de DX. RI1FJZ reste la vedette incontestable, tandis que plusieurs opérations sont actuellement actives aux Samoa américaines, aux Seychelles, au Népal ou dans les Caraïbes. De nouvelles activités démarrent également cette semaine, notamment depuis Curaçao, La Réunion, les Maldives et les Samoa.

RI1FJZ toujours actif depuis la Terre François-Joseph

La DX-pédition RI1FJZ reste à surveiller en priorité. L’équipe est bien installée sur la Terre François-Joseph, IOTA EU-019, mais les conditions locales compliquent sérieusement l’exploitation de la station.

La présence importante d’ours polaires impose notamment de fortes restrictions aux déplacements extérieurs. L’équipe a également signalé des limitations concernant l’alimentation électrique, empêchant pour l’instant une exploitation à pleine puissance. Malgré cela, RI1FJZ continue d’être entendu sur les bandes.

L’opération est annoncée sur 160 à 10 mètres en CW, SSB et FT8, avec également des projets sur les bandes VHF/UHF et par satellite. La fin de l’activité reste actuellement annoncée autour du 25 septembre, sous réserve des conditions rencontrées sur place.

Pour les chasseurs de DXCC, RI1FJZ constitue incontestablement l’une des opérations à surveiller attentivement cette semaine.

PJ2/K5SL : Curaçao démarre aujourd’hui

Autre nouveauté de ce 18 septembre, Randy K5SL doit commencer son activité depuis Curaçao sous l’indicatif PJ2/K5SL.

Il s’agit d’une opération de vacances prévue jusqu’au 26 septembre, exclusivement en CW, sur les bandes 40, 30, 20 et 17 mètres.

L’opérateur prévoit principalement d’être présent le matin et en fin d’après-midi, heure locale. Il faudra donc surveiller les clusters afin de repérer ses premières apparitions.

QSL via K5SL.

5Q7DX et OV2T : HF et satellites depuis EU-171

Une activité particulièrement intéressante pour les amateurs français est actuellement menée depuis Saeby, dans le nord du Jutland au Danemark, référence IOTA EU-171.

Les opérateurs utilisent notamment les indicatifs 5Q7DX, OV2T et OZ/PA1SVM. L’activité doit se poursuivre jusqu’au 23 septembre environ, sur un spectre particulièrement large allant du 160 mètres au 2 mètres, en CW, SSB et modes numériques.

Particularité intéressante : l’équipe prévoit également une activité via les satellites RS-44 et QO-100.

La proximité géographique avec la France en fait évidemment une cible beaucoup plus facile que certaines DX-péditions lointaines et une excellente occasion pour les amateurs de trafic satellite.

Les principales opérations actuellement sur l’air

KH8WW — Samoa américaines, Aunuʻu
Jusqu’au 24 septembre. Activité prévue du 160 au 10 mètres, y compris 60 mètres, en CW, SSB, RTTY et FT8. L’équipe utilise notamment Spiderbeam, verticales et DX Commander. IOTA OC-045.

S79/DL2SBY — Seychelles, Mahé
Jusqu’au 21 septembre. Kasimir DL2SBY est particulièrement actif depuis Mahé, IOTA AF-024, du 80 au 6 mètres en CW, SSB et FT8. Une cible intéressante depuis l’Europe, notamment sur les bandes hautes.

9N/OM0GA — Népal
L’activité depuis Kirtipur doit se terminer le 19 septembre. Trafic annoncé du 40 au 10 mètres. Il ne reste donc que peu de temps pour tenter le contact.

8R1TM — Guyana
Aldir PY1SAD est de nouveau actif depuis Georgetown. Activité annoncée sur les bandes HF et 6 mètres en CW, SSB, modes numériques ainsi que par satellite.

V47YA et V47RCX — Saint-Kitts-et-Nevis
Les deux stations doivent rester actives jusqu’au 30 septembre, du 160 au 6 mètres en CW, SSB et FT8. V47RCX concentre principalement son activité sur le FT8.

J48S — Samos, Grèce
Dirk ON5CT est actif depuis l’île de Samos, IOTA EU-049, jusqu’au 10 octobre. Activité du 80 au 10 mètres en SSB, RTTY, FT8, FT4 et occasionnellement CW.

À surveiller dans les prochains jours

Le calendrier va encore s’enrichir très rapidement.

Dès le 19 septembre, Ludovic F1TEQ doit être actif depuis La Réunion sous l’indicatif FR/F1TEQ, jusqu’au 26 septembre. Il poursuivra ensuite son voyage depuis Mayotte, sous FH/F1TEQ, du 26 au 30 septembre. Les deux opérations sont prévues sur les bandes HF.

Le 20 septembre, 8Q7JH doit commencer depuis l’île de Thulhagiri aux Maldives, IOTA AS-013, avec une activité sur 20, 15 et 10 mètres en FT8, CW et SSB.

Le 21 septembre, ce sera au tour de 5W0AF depuis les Samoa. SP5EAQ prévoit une activité principalement en SSB du 40 au 10 mètres, avec une possibilité d’utilisation du 80 mètres.

Du 24 septembre au 6 octobre, plusieurs opérateurs japonais rejoindront Chichijima dans l’archipel d’Ogasawara, IOTA AS-031. Les indicatifs annoncés comprennent notamment JD1BON et JD1BOK, avec une activité prévue du 160 au 6 mètres en CW, SSB, FT8 et FT4.

Enfin, du 25 au 27 septembre, OC100ISL activera l’île San Lorenzo au Pérou, IOTA SA-052, également référencée comme phare ARLHS PER-006.

Et surtout : préparer 9T0MD

La grande opération à inscrire dès maintenant dans les carnets reste 9T0MD, depuis la République démocratique du Congo.

La DX-pédition est annoncée du 30 septembre au 11 octobre 2026, avec une couverture très importante allant du 160 au 6 mètres, en CW, SSB, FT8 et RTTY. L’équipe prévoit également des activités EME et satellite.

Il s’agit donc d’une opération à préparer sérieusement : antennes, propagation, fréquences annoncées et possibilités sur les différentes bandes devront être surveillées à l’approche du départ.

Que surveiller depuis la France ?

Pour les prochains jours, RI1FJZ mérite évidemment une attention particulière en raison de la rareté de la Terre François-Joseph et des conditions difficiles rencontrées par l’équipe.

S79/DL2SBY aux Seychelles constitue une cible probablement plus accessible, particulièrement sur 15 et 20 mètres lorsque la propagation est favorable.

Les amateurs de satellites pourront, quant à eux, rechercher 5Q7DX et OV2T sur QO-100 et RS-44.

Enfin, surveillons dès aujourd’hui l’apparition de PJ2/K5SL depuis Curaçao et, à partir de demain, les premiers signaux de FR/F1TEQ depuis La Réunion.

La fin septembre s’annonce donc particulièrement chargée : il est temps de garder un œil sur le waterfall… et l’autre sur le DX Cluster !

Quand les radios se mirent en réseau !

Quand les radios se mirent en réseau

L’histoire du Packet Radio

Aujourd’hui, envoyer quelques lignes de texte à l’autre bout du monde ne prend qu’une fraction de seconde. Internet, Wi-Fi et téléphones mobiles ont rendu les réseaux numériques tellement ordinaires que nous avons presque oublié à quel point l’idée était révolutionnaire.

Pourtant, bien avant l’arrivée d’Internet dans les foyers, des radioamateurs avaient déjà trouvé le moyen de relier leurs ordinateurs par radio, de transmettre des messages numériques, de les faire passer automatiquement par des relais et même de créer de véritables boîtes aux lettres électroniques accessibles par les ondes.

Une nouvelle époque commençait.

Nos radios n’allaient plus seulement transporter de la voix, de la télégraphie ou du RTTY.

Elles allaient se mettre en réseau.

Des ordinateurs qui commencent à parler aux radios

À la fin des années 1970, l’informatique change rapidement.

Les microprocesseurs deviennent accessibles, les premiers micro-ordinateurs arrivent chez les particuliers et les radioamateurs commencent naturellement à se demander comment associer ces nouvelles machines à leurs transceivers.

La transmission de données par radio n’est évidemment pas nouvelle. Le RTTY permet depuis longtemps de transmettre du texte.

Mais le Packet introduit une idée différente.

Au lieu d’envoyer continuellement une succession de caractères, les informations sont regroupées dans des paquets de données.

Chaque paquet contient non seulement le message, mais également différentes informations permettant notamment d’identifier son origine et sa destination et de vérifier son intégrité.

Le principe ressemble déjà beaucoup à celui des réseaux informatiques.

1978-1979 : l’aventure commence au Canada

L’une des grandes étapes de l’histoire du Packet Radio se déroule au Canada.

En septembre 1978, les autorités canadiennes autorisent les radioamateurs à expérimenter des transmissions numériques autres que le traditionnel Baudot.

Les expérimentations commencent rapidement.

En janvier 1979, le Vancouver Amateur Digital Communications Group, plus connu sous l’acronyme VADCG, est constitué.

Ses membres développent du matériel et un protocole permettant aux ordinateurs de communiquer par radio sous forme de paquets.

Durant l’été 1979, d’autres expérimentations apparaissent notamment à Ottawa et Montréal.

À cette époque, le nombre d’utilisateurs de ces nouvelles transmissions numériques en Amérique du Nord se compte encore seulement par dizaines.

Mais la machine est lancée.

1980 : le Packet traverse la frontière

En mars 1980, les transmissions ASCII deviennent accessibles aux expérimentations radioamateurs américaines.

Les réalisations canadiennes commencent alors à circuler aux États-Unis.

En décembre de la même année, un premier digipeater américain utilisant une technologie dérivée des travaux du VADCG entre en service à San Francisco.

Le concept est fondamental.

Une station n’est désormais plus obligée de communiquer directement avec sa destination.

Une station intermédiaire peut recevoir le paquet puis le retransmettre.

La radio commence réellement à devenir un réseau.

Le TNC : la petite boîte qui change tout

Au début des années 1980 apparaît un appareil qui deviendra indissociable du Packet Radio : le TNC — Terminal Node Controller.

Son rôle peut être résumé ainsi : Ordinateur → TNC → Transceiver → Antenne

Station packet radio rétro des années 80

Le TNC faisait le lien entre l’ordinateur et le transceiver pour communiquer en Packet Radio.

Et, naturellement, dans l’autre sens à la réception.

Le TNC constitue en quelque sorte l’interface intelligente entre l’ordinateur et la radio.

Il transforme les données provenant du terminal en trames pouvant être transmises par radio. À la réception, il effectue l’opération inverse et fournit les informations reçues à l’ordinateur.

Pour l’utilisateur, cela simplifie considérablement l’exploitation.

On branche son ordinateur au TNC, le TNC au transceiver et l’on peut commencer à communiquer avec d’autres stations numériques.

1982 : TAPR entre en scène

Aux États-Unis, un autre groupe va jouer un rôle déterminant : le Tucson Amateur Packet Radio, ou TAPR.

En 1982, le développement d’un TNC accessible aux radioamateurs s’accélère.

L’un des grands objectifs est alors de mettre fin à la multiplication de solutions incompatibles.

Car un réseau n’a réellement d’intérêt que si les machines parlent le même langage.

Des travaux associant notamment AMSAT, AMRAD et les expérimentateurs du Packet conduisent à l’adoption d’un protocole qui deviendra emblématique du Packet Radio : AX.25.

En 1983, TAPR commence à produire ses premiers TNC et AX.25 se diffuse rapidement.

AX.25 : quand l’indicatif devient une adresse

AX.25 signifie Amateur X.25.

Le protocole reprend des principes provenant du monde des réseaux informatiques et les adapte aux contraintes particulières des communications radioamateurs.

L’une de ses caractéristiques les plus intéressantes est que l’adresse d’une station peut être directement basée sur son indicatif radioamateur.

Notre radio-club pourrait ainsi apparaître dans une trame sous la forme : F5KEE

Il est également possible d’ajouter un numéro appelé SSID, permettant de distinguer plusieurs équipements ou services utilisant le même indicatif :

F5KEE-1
F5KEE-2
F5KEE-7

L’indicatif radioamateur devient donc littéralement une adresse dans le réseau.

Une trame AX.25 contient également des informations de contrôle et un mécanisme de vérification permettant de détecter une transmission corrompue.

Nous sommes désormais très loin d’un simple texte envoyé aveuglément par radio.

Le fameux Packet à 1200 bauds

Sur les bandes VHF et UHF, le Packet Radio va être largement associé à une vitesse devenue presque mythique :

1200 bit/s.

Cela semble aujourd’hui ridiculement lent.

Une connexion Internet moderne transporte en une seconde ce qu’une station Packet aurait mis des heures, voire beaucoup plus, à transmettre !

Mais il faut replacer ces performances dans leur époque.

À 1200 bit/s, il était parfaitement possible d’envoyer des messages, des bulletins, des informations techniques ou de petites quantités de données.

Le système classique utilise notamment une modulation AFSK, directement compatible avec l’entrée audio de nombreux transceivers FM.

Les deux tonalités couramment associées au système Bell 202 sont : 1200 Hz et 2200 Hz.

Quiconque a déjà écouté une transmission Packet ou APRS reconnaît immédiatement cette succession caractéristique de tonalités.

Des paquets qui sautent de relais en relais

L’une des grandes forces du Packet est le digipeater.

Le mot vient de digital repeater.

Contrairement à un relais vocal qui retransmet immédiatement le signal reçu, le digipeater reçoit une trame numérique, l’identifie puis la retransmet.

On peut alors imaginer : F5KEE → DIGI1 → DIGI2 → F4XXX

Le réseau Packet Radio AX.25 en montagne

Grâce aux digipeaters, les trames AX.25 peuvent voyager de relais en relais jusqu’à leur destinataire.

La station F5KEE n’a pas besoin d’être directement entendue par F4XXX.

Les paquets peuvent être acheminés à travers plusieurs stations intermédiaires.

Progressivement, des digipeaters apparaissent sur des points hauts et commencent à constituer de véritables infrastructures numériques régionales.

Les radios viennent réellement de se mettre en réseau.

Les années 1980 : l’explosion du Packet

Le développement devient extrêmement rapide.

En 1983, TAPR produit ses premiers TNC en série. Les constructeurs commerciaux comprennent rapidement l’intérêt de ce nouveau marché.

Des marques comme Kantronics, AEA, Pac-Comm et d’autres proposent leurs propres TNC.

Au milieu des années 1980, le phénomène explose.

Quelques centaines de TNC seulement existaient en Amérique du Nord au début des années 1980. Les estimations publiées à l’époque évoquent environ 650 appareils en 1983, 2 500 en 1984 et près de 10 000 envisagés pour la fin de 1985.

Le Packet Radio devient l’une des grandes nouveautés du monde radioamateur.

Bienvenue sur les BBS !

Mais que faire une fois connecté ?

C’est ici qu’interviennent les BBS — Bulletin Board Systems.

On pourrait grossièrement les comparer à des serveurs de messagerie et d’informations accessibles par radio.

Le radioamateur se connecte à une BBS Packet.

Il peut consulter les messages disponibles, lire des bulletins, déposer un message destiné à un autre radioamateur ou récupérer ceux qui lui sont adressés.

Et surtout, certaines BBS peuvent échanger automatiquement des messages entre elles.

Votre correspondant n’a donc pas nécessairement besoin d’être présent devant son ordinateur lorsque vous envoyez votre message.

Nous sommes dans les années 1980.

Le Web n’existe pas encore.

Pourtant, les radioamateurs disposent déjà de boîtes aux lettres électroniques accessibles par les ondes.

Un véritable réseau radioamateur

Durant les années 1980 et 1990, les infrastructures deviennent progressivement plus complexes.

Aux simples digipeaters viennent s’ajouter des nodes, capables d’assurer des fonctions de routage plus élaborées.

Une station peut entrer sur le réseau par un point d’accès local puis progresser de node en node.

Certaines liaisons entre nœuds utilisent des bandes et des vitesses différentes de celles employées par les utilisateurs.

Des réseaux régionaux, nationaux puis internationaux se développent.

Des expérimentateurs vont même travailler sur TCP/IP par radio. Dès 1985, Phil Karn, KA9Q, propose l’utilisation de TCP/IP pour les niveaux supérieurs des réseaux Packet radioamateurs.

La frontière entre informatique et radio devient de plus en plus mince.

9600 bit/s : il faut aller plus vite !

1200 bit/s devient rapidement limité.

De nouvelles techniques sont donc expérimentées.

L’une des plus célèbres est associée à l’indicatif britannique G3RUH, avec une transmission Packet à 9600 bit/s.

Cette fois, il ne suffit généralement plus d’injecter simplement deux tonalités audio dans l’entrée microphone d’un transceiver quelconque.

La chaîne radio doit présenter des caractéristiques adaptées à la transmission des données.

Mais le gain est considérable : huit fois le débit du Packet 1200.

Le 9600 bit/s connaîtra notamment un grand succès dans le domaine des communications numériques par satellite.

Le Packet prend de l’altitude

Les radioamateurs vont naturellement essayer leurs réseaux numériques dans l’espace.

Différents satellites amateurs emportent des systèmes Packet permettant de transmettre des messages ou de la télémétrie.

Le principe est particulièrement intéressant : un satellite peut recevoir des données provenant d’une station terrestre et les retransmettre vers d’autres stations situées dans sa zone de couverture.

Plus tard, des satellites universitaires et de nombreux CubeSats utiliseront encore des trames AX.25, notamment pour transmettre leur télémétrie.

Même la Station spatiale internationale a accueilli et utilisé des fonctions Packet radioamateur.

Le réseau imaginé quelques décennies auparavant avait quitté la Terre !

APRS : l’héritier que nous entendons encore

Le Packet traditionnel a aujourd’hui largement disparu de nombreuses régions, mais l’une de ses descendances est toujours très présente : l’APRS — Automatic Packet Reporting System.

Développé autour des travaux de Bob Bruninga, WB4APR, l’APRS reprend notamment les trames AX.25 pour transporter différentes informations :

  • position géographique ;
  • messages courts ;
  • télémétrie ;
  • informations météorologiques ;
  • données provenant de stations mobiles.

En Europe, il suffit encore aujourd’hui d’écouter 144,800 MHz pour entendre les fameuses rafales numériques de l’APRS à 1200 bit/s.

Le son caractéristique du Packet des années 1980 est donc toujours présent sur nos bandes.

Internet arrive et change la donne

À partir des années 1990, puis surtout avec la démocratisation d’Internet, le Packet Radio perd progressivement une grande partie de son intérêt comme moyen d’échange de messages.

Pourquoi attendre qu’un message transite lentement à 1200 bit/s par plusieurs nodes lorsqu’un modem téléphonique puis l’ADSL permettent de communiquer instantanément avec le monde entier ?

Les BBS Packet ferment progressivement.

Les réseaux de nodes deviennent moins nombreux.

De nombreux TNC finissent dans les cartons ou sur les étagères des shacks.

Le Packet Radio semble appartenir au passé.

Mais seulement en apparence.

Le Packet est-il vraiment mort ?

Évolution du Packet Radio à travers les âges

Pas tout à fait.

AX.25 est toujours bien vivant.

On le retrouve dans l’APRS, dans certaines communications par satellites radioamateurs, dans la télémétrie de nombreux petits satellites et dans diverses expérimentations numériques.

Le matériel, lui, a beaucoup évolué.

Là où il fallait autrefois acheter ou construire un TNC rempli de composants, un ordinateur moderne peut aujourd’hui effectuer une grande partie du travail par logiciel grâce à sa carte son ou à une interface radio numérique.

Le TNC physique est parfois devenu un TNC logiciel.

Mais les principes inventés il y a plus de quarante ans sont toujours là.

Une révolution un peu oubliée

Le Packet Radio paraît aujourd’hui extraordinairement lent.

1200 bit/s !

De quoi faire sourire à l’époque de la fibre optique, de la 5G et des connexions mesurées en gigabits.

Mais juger le Packet uniquement sur son débit serait passer à côté de ce qu’il représentait.

Pour la première fois, des radioamateurs pouvaient connecter leurs ordinateurs par radio, adresser automatiquement leurs correspondants, détecter les erreurs de transmission, utiliser des relais numériques, déposer des messages dans des BBS et construire des réseaux couvrant progressivement des régions entières.

Ils expérimentaient même TCP/IP par radio alors qu’Internet était encore totalement inconnu du grand public.

Le Packet Radio n’était pas Internet.

Il n’avait d’ailleurs jamais eu vocation à le devenir.

Mais il démontrait déjà quelque chose d’extraordinairement moderne : une information numérique pouvait trouver son chemin à travers un réseau de stations radio.

Après avoir appris à transporter la télégraphie, la voix, le texte et les images, la radio venait de franchir une nouvelle étape.

Cette fois, les radios s’étaient mises en réseau !

LakeShark : le RTL-SDR n’a-t-il bientôt plus besoin d’un ordinateur ?

LakeShark : le SDR partout, sans limites !

Pendant plus de quinze ans, le RTL-SDR a presque toujours été accompagné d’un ordinateur. On branche le petit dongle USB, on lance SDR#, SDR++, Gqrx ou un autre logiciel et l’écran se transforme en récepteur radio doté d’un spectre et d’un waterfall.

Mais cette association pourrait bien ne plus être obligatoire.

Un projet open source baptisé LakeShark montre qu’un simple microcontrôleur moderne peut désormais recevoir directement les données d’un RTL-SDR, les traiter, démoduler certains signaux et afficher un waterfall… sans Windows, Linux ni même Raspberry Pi.

Bienvenue dans l’ère du SDR réellement autonome.

Le RTL-SDR ne travaillait pas seul

Le succès du RTL-SDR vient d’un heureux détournement : certaines clés USB destinées à recevoir la télévision numérique contiennent un circuit RTL2832U permettant d’accéder aux échantillons I/Q du signal radio.

Mais le dongle ne constitue qu’une partie du récepteur.

Traditionnellement, la chaîne ressemble à ceci : Antenne → tuner → RTL2832U → USB → ordinateur → logiciel SDR

L’ordinateur récupère continuellement les échantillons I/Q et effectue les traitements numériques nécessaires : filtrage, démodulation, FFT, waterfall, décodage et interface graphique.

C’est précisément ce qui permet à un dongle à quelques dizaines d’euros de devenir tour à tour récepteur FM, scanner, récepteur ADS-B ou outil d’analyse du spectre.

Le problème est évident pour une utilisation portable : il faut toujours lui adjoindre une machine suffisamment puissante.

LakeShark change la chaîne

LakeShark, développé par Samuel Reynolds (SAMS0N1TE), prend une direction différente.

Le RTL-SDR est directement connecté au port USB Host d’une carte utilisant un ESP32-P4. Ce microcontrôleur récupère le flux I/Q et assure lui-même une partie du travail normalement confié au PC.

La chaîne devient alors : Antenne → RTL-SDR → USB → ESP32-P4 → DSP → écran/audio

RTL-SDR : ordinateur ou LakeShark autonome

Dans sa version récente, LakeShark cible notamment le LilyGO T-Display P4, une petite plateforme équipée d’un écran tactile de 4,1 pouces, d’un GPS et pouvant recevoir un clavier détachable.

Nous ne sommes donc plus très loin de l’apparence d’un véritable récepteur portable.

Pourquoi l’ESP32-P4 change-t-il la donne ?

Les premiers ESP32 étaient déjà remarquablement puissants pour leur prix, mais traiter continuellement le flot de données d’un RTL-SDR représentait une autre affaire.

L’ESP32-P4 franchit une étape supplémentaire.

Il dispose notamment d’un processeur RISC-V double cœur, de mémoire PSRAM et surtout d’une interface USB Host suffisamment performante pour communiquer directement avec le RTL-SDR.

LakeShark utilise cette puissance pour remplir une mémoire tampon avec les échantillons I/Q reçus par USB. Ceux-ci sont ensuite traités par différents algorithmes DSP.

Le logiciel privilégie notamment les calculs en nombres entiers afin d’obtenir de bonnes performances avec les ressources disponibles. Le projet annonce par exemple 240 kéch/s pour le P25, 256 kéch/s pour FM/POCSAG et jusqu’à 2 Méch/s pour l’ADS-B.

Nous sommes évidemment loin de la puissance d’un ordinateur moderne, mais elle devient suffisante pour de nombreuses applications radio spécialisées.

Que peut recevoir LakeShark ?

C’est ici que le projet devient particulièrement intéressant.

LakeShark permet notamment la réception FM large et étroite, le décodage POCSAG, la réception ADS-B sur 1090 MHz ainsi que le P25 Phase 1, un système radio numérique surtout répandu en Amérique du Nord.

Le logiciel sait également afficher un spectre et un waterfall permettant de rechercher visuellement les émissions.

D’autres fonctions ont progressivement été ajoutées : enregistrement de signaux sub-GHz, affichage des avions ADS-B sur une carte hors ligne, journal de terrain, GPS ou encore expérimentations LoRa/MeshCore.

Le projet va donc bien au-delà d’un simple programme permettant de changer la fréquence du RTL-SDR.

Un waterfall dans un microcontrôleur

C’est probablement l’un des aspects les plus symboliques de LakeShark.

Sur nos ordinateurs, nous sommes habitués à voir défiler le waterfall de SDR++ ou SDR#. Derrière cette représentation se cache pourtant un traitement numérique permanent.

Les échantillons I/Q sont analysés grâce à une FFT afin de déterminer l’énergie présente aux différentes fréquences. Les résultats successifs constituent ensuite le waterfall.

LakeShark effectue désormais ce travail directement dans le système embarqué.

Autrement dit, le PC n’est même plus nécessaire pour voir le spectre radio.

LakeShark en mode ADS-B sur T-Display P4

Pourquoi ne pas simplement utiliser un Raspberry Pi ?

C’est une excellente question.

Un Raspberry Pi reste beaucoup plus proche d’un ordinateur traditionnel. Il exécute Linux, dispose d’un système de fichiers, lance plusieurs programmes et peut faire fonctionner des logiciels SDR complexes.

Un microcontrôleur travaille différemment.

Il démarre rapidement, consomme généralement moins d’énergie et peut être entièrement consacré à une fonction déterminée.

Un autre projet récent, OrcSDR, utilise lui aussi l’ESP32-P4 avec un RTL-SDR. Cela montre que LakeShark n’est probablement pas un cas isolé mais l’apparition d’une nouvelle famille de SDR embarqués.

Le PC peut-il alors partir à la retraite ?

Pas encore !

Un ordinateur reste incomparablement plus flexible. SDR++, GNU Radio ou les nombreux logiciels spécialisés permettent des traitements autrement plus complexes, des bandes passantes importantes, l’enregistrement massif des données I/Q et l’utilisation simultanée de nombreuses applications.

LakeShark suit plutôt une autre philosophie : faire quelques tâches radio directement dans un appareil compact et spécialisé.

Il ne faut donc pas considérer l’ESP32-P4 comme un Core i7 miniature.

La véritable nouveauté est ailleurs : certaines applications SDR n’ont simplement plus besoin de la puissance d’un ordinateur généraliste.

Et pour le radioamateur ?

C’est probablement là que cette évolution devient passionnante.

Imaginons un petit boîtier comprenant un écran tactile, une batterie et un RTL-SDR. Il pourrait devenir récepteur portable VHF/UHF, moniteur de balises, récepteur satellite, scanner, analyseur de spectre simplifié, récepteur ADS-B ou outil de chasse au renard.

Chaque application pourrait disposer de son propre firmware spécialisé.

Et puisque LakeShark est open source, les expérimentateurs peuvent étudier le fonctionnement du programme et développer leurs propres applications.

Nous pourrions donc assister à une évolution assez amusante du SDR.

Hier : RTL-SDR + PC

Puis : RTL-SDR + Raspberry Pi

Aujourd’hui : RTL-SDR + microcontrôleur

Le SDR avait remplacé une grande partie des circuits électroniques du récepteur par du logiciel.

Désormais, le logiciel pourrait bien finir par se passer… de l’ordinateur qui le faisait fonctionner.

Évolution du RTL-SDR vers l’autonomie

Du PC à LakeShark : quinze ans de miniaturisation du RTL-SDR.

Pour aller plus loin

LakeShark – projet officiel
https://github.com/SAMS0N1TE/LakeShark

LakeShark – versions et firmwares
https://github.com/SAMS0N1TE/LakeShark/releases

Présentation détaillée de LakeShark sur RTL-SDR.com
https://www.rtl-sdr.com/lakeshark-p25-phase-1-fm-pocsag-ads-b-and-sub-ghz-with-an-rtl-sdr-on-the-lilygo-t-display-p4-esp32-p4/

Présentation et documentation LakeShark – TerminalBay
https://terminalbay.com/?m=lakeshark-showcase

Wiki et guides LakeShark
https://terminalbay.com/?m=wiki

Projet rtl-sdr / librtlsdr d’Osmocom
https://github.com/osmocom/rtl-sdr

OrcSDR – un autre RTL-SDR autonome sur ESP32-P4
https://www.rtl-sdr.com/orcsdr-running-rtl-sdr-directly-on-an-esp32-p4/

La Yagi a 100 ans : pourquoi personne n’a encore réussi à la remplacer ?

La Yagi fête ses 100 ans大小规律

Regardez les antennes installées sur un pylône radioamateur. Malgré les transceivers SDR, les modes numériques, les amplificateurs à transistors et les logiciels de simulation, on y retrouve très souvent une vieille connaissance : la Yagi.

Et vieille, elle l’est vraiment ! En 1926, les travaux de Shintaro Uda et Hidetsugu Yagi faisaient connaître une antenne directive utilisant plusieurs éléments métalliques, dont un seul était directement alimenté.

Cent ans plus tard, le principe est toujours là.

Comment une antenne imaginée à l’époque des premiers développements de la radio moderne peut-elle encore équiper nos stations HF, VHF et UHF ? N’avons-nous vraiment rien trouvé de mieux ?

Une invention japonaise devenue universelle

L’histoire commence à l’Université impériale de Tohoku, au Japon. Shintaro Uda travaille sur des réseaux d’éléments permettant de concentrer les ondes dans une direction privilégiée. Les recherches débutent au milieu des années 1920 et donnent naissance à ce qui sera appelé le « wave canal », littéralement un canal à ondes.

Hidetsugu Yagi contribue ensuite largement à faire connaître ces travaux à l’étranger, notamment avec une publication en anglais en 1928. L’antenne passera ainsi à la postérité sous le nom de Yagi, même si l’appellation Yagi-Uda rend davantage justice aux deux chercheurs.

Le plus étonnant est que le principe découvert à cette époque est pratiquement celui que nous utilisons encore aujourd’hui.

1926 : Naissance de l’antenne Yagi-Uda

Trois types d’éléments et une idée géniale

Prenons une Yagi classique. Nous trouvons successivement : un réflecteur, un élément alimenté et un ou plusieurs directeurs.

Seul l’élément alimenté est relié au câble coaxial. Les autres tubes métalliques ne sont connectés à rien.

Alors, à quoi servent-ils ?

Ils sont appelés éléments parasites. Le champ électromagnétique produit par l’élément alimenté provoque des courants dans ces éléments voisins. Ceux-ci rayonnent à leur tour.

En choisissant soigneusement leurs longueurs et leurs espacements, les différents champs électromagnétiques se combinent favorablement dans une direction et beaucoup moins favorablement dans l’autre.

La directivité de la Yagi apparaît ainsi sans moteur, sans électronique et surtout sans devoir alimenter séparément tous les éléments.

C’est probablement là que réside le coup de génie de Yagi et Uda.

Infographie d’une antenne Yagi directionnelle

Pourquoi certains éléments sont-ils plus longs ou plus courts ?

Sur une Yagi traditionnelle, le réflecteur est généralement légèrement plus long que l’élément alimenté, tandis que les directeurs sont plus courts.

Ces différences ne sont pas dues au hasard.

Modifier légèrement la longueur d’un élément change la façon dont le courant induit réagit au champ électromagnétique reçu. Sa phase est également modifiée.

Les dimensions et les espacements sont donc calculés afin que les rayonnements produits par tous les éléments se renforcent principalement vers l’avant.

Il ne faut cependant pas imaginer que le réflecteur fonctionne comme un miroir derrière une lampe. Le phénomène est beaucoup plus subtil : c’est l’interaction électromagnétique entre tous les éléments qui construit le diagramme de rayonnement.

Mais d’où vient le gain ?

Voilà une confusion fréquente.

Une antenne Yagi ne crée aucune puissance supplémentaire.

Si nous injectons 10 W dans l’antenne, elle ne transforme évidemment pas ces 10 W en 20 ou 50 W.

Son gain provient de la façon dont elle répartit l’énergie dans l’espace.

Un dipôle rayonne largement autour de lui. Une Yagi concentre davantage cette énergie dans une direction privilégiée. Le signal devient donc plus important dans cette direction et plus faible dans d’autres.

C’est exactement ce qui nous intéresse pour contacter une station DX, travailler un satellite ou réaliser une liaison VHF à grande distance.

Alors ajoutons des directeurs !

L’idée semble évidente : si un directeur améliore la directivité, ajoutons-en dix, vingt ou cinquante !

Cela fonctionne… mais pas indéfiniment.

Ajouter des directeurs et allonger le boom permet généralement d’augmenter le gain, mais chaque nouvel élément apporte progressivement moins d’amélioration.

Les travaux devenus classiques de Peter Viezbicke, publiés par le National Bureau of Standards américain, ont notamment étudié l’influence de la longueur du boom, du diamètre et de l’espacement des éléments.

Une règle importante apparaît : doubler le nombre d’éléments ne double absolument pas le gain.

Il arrive donc un moment où quelques décibels supplémentaires nécessitent une antenne beaucoup plus longue, plus lourde et plus difficile à installer.

Le véritable secret de la Yagi

Après cent ans, nous arrivons peut-être à la véritable raison de son succès.

Une Yagi peut être construite avec : un boom, quelques tubes métalliques et un seul élément alimenté.

Avec cette remarquable simplicité, nous obtenons pourtant un gain appréciable, un faisceau directif, un bon rendement et souvent un rapport avant/arrière intéressant.

Pas besoin d’alimenter individuellement dix éléments avec dix câbles soigneusement ajustés. Pas besoin de déphaseurs électroniques ni de processeurs.

Pour le radioamateur, elle possède également un avantage considérable : elle peut être construite à l’atelier avec des matériaux relativement ordinaires.

Pourtant, la Yagi est loin d’être parfaite

Notre centenaire possède quelques défauts.

Une Yagi optimisée pour un gain élevé peut présenter une bande passante relativement étroite. Son impédance peut devenir assez faible et nécessiter un système d’adaptation.

En HF, ses dimensions deviennent rapidement impressionnantes. Une Yagi pour 20 mètres n’a évidemment plus les dimensions sympathiques d’une petite antenne pour 432 MHz !

Ses performances dépendent également des diamètres, longueurs et espacements des éléments. Le boom, le mât et l’environnement proche peuvent eux aussi modifier son comportement.

La Yagi n’est donc certainement pas l’antenne parfaite.

Et toutes celles qui devaient la remplacer ?

Les concurrentes n’ont pourtant pas manqué.

La log-périodique offre une bande passante considérablement plus importante. La Quad possède des caractéristiques particulièrement intéressantes et reste appréciée de nombreux radioamateurs. La Moxon permet de réaliser une antenne directive compacte avec un excellent rapport avant/arrière.

Aux fréquences plus élevées, la parabole permet d’obtenir des gains considérables.

Et aujourd’hui, les réseaux phasés peuvent même orienter électroniquement leur faisceau sans faire tourner physiquement l’antenne.

Toutes peuvent donc faire « mieux » qu’une Yagi dans un domaine particulier.

Mais généralement au prix d’un autre compromis : encombrement, complexité, bande de fréquence, mécanique, coût ou système d’alimentation.

Comparatif des antennes directives

L’ordinateur n’a pas tué la Yagi

Il lui a même offert une seconde jeunesse.

Yagi et Uda devaient expérimenter physiquement différentes configurations. Aujourd’hui, des logiciels comme 4NEC2, EZNEC ou MMANA-GAL permettent au radioamateur de modifier virtuellement la longueur d’un directeur de quelques millimètres et d’observer immédiatement les conséquences sur le gain, l’impédance ou le rapport avant/arrière.

Les ordinateurs ont ainsi permis de pousser beaucoup plus loin l’optimisation d’un principe vieux d’un siècle.

Les Yagi modernes ne sont donc pas nécessairement de simples copies des antennes des années 1920 : leurs dimensions et leurs espacements peuvent être optimisés avec une précision dont leurs inventeurs ne pouvaient que rêver.

De la HF aux satellites

La Yagi possède enfin une extraordinaire faculté d’adaptation.

Sur les bandes HF, elle est devenue l’une des grandes antennes du trafic DX. Sur 50 et 144 MHz, les longs modèles permettent de concentrer fortement le rayonnement pour la tropo, les concours ou même l’EME.

Sur 145 et 435 MHz, quelques morceaux d’aluminium suffisent pour fabriquer une antenne portable permettant de travailler les satellites radioamateurs.

Le même principe fonctionne encore beaucoup plus haut en fréquence.

Les dimensions changent, mais la physique reste la même.

Alors, personne n’a vraiment réussi à la remplacer ?

En réalité, la question est presque mal posée.

Depuis 1926, nous avons inventé des antennes plus compactes, plus larges bandes, plus directives ou capables d’orienter électroniquement leur faisceau.

Mais il reste extrêmement difficile de réunir simultanément :

gain, rendement, simplicité, robustesse et faible coût.

C’est précisément dans cette zone d’équilibre que la Yagi-Uda demeure extraordinairement compétitive.

Cent ans après les expériences de Shintaro Uda et Hidetsugu Yagi, nous continuons donc à installer leurs réflecteurs et leurs directeurs sur nos pylônes.

La plus grande réussite de ces deux chercheurs n’est peut-être pas simplement d’avoir inventé une bonne antenne.

C’est d’avoir trouvé une solution tellement simple qu’un siècle plus tard, nous cherchons encore une bonne raison de l’abandonner.

Pour aller plus loin

Proceedings of the Japan Academy / Tohoku UniversityA century of the Yagi-Uda antenna
https://www.jstage.jst.go.jp/article/pjab/101/1/101_pjab.101.001/_article

NIST — Peter ViezbickeYagi Antenna Design, NBS Technical Note 688
https://www.nist.gov/publications/yagi-antenna-design

ARRL — UHF Beams — Réalisations et documentation sur les antennes directives UHF
https://www.arrl.org/uhf-beams

IEEE TechNav — Yagi-Uda Antennas — Documentation et publications techniques consacrées à la Yagi-Uda
https://technav.ieee.org/topic/yagi-uda-antennas/