Bienvenue sur le Site du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon (91 – Essonne)!

Chers(es) visiteurs(ses) et passionnés(es) de radio et de sciences,

Le Radio-Club F5KEE vous accueille à la Maison des Associations de Viry-Châtillon, au cœur de l’Essonne. Dans ce lieu ouvert et convivial, nous réunissons toutes celles et ceux qui partagent la curiosité des sciences, des techniques et des communications sans fil.

Le radioamateurisme, c’est bien plus qu’un simple hobby :
c’est une passion universelle, où l’on apprend à dialoguer avec le monde entier, à construire ses propres antennes et équipements, à explorer la propagation des ondes, mais aussi à découvrir les technologies numériques et les satellites.

À qui s’adresse le radio-club ?

Le F5KEE s’adresse à tous les publics :

  • les curieux qui veulent découvrir ce qu’est la radio et comment on peut communiquer sans Internet,

  • les jeunes et étudiants attirés par la technique, l’électronique ou l’aéronautique,

  • les futurs radioamateurs qui souhaitent préparer la licence,

  • les opérateurs confirmés qui veulent partager leurs expériences, expérimenter ou participer à des contests,

  • et plus largement, toute personne désireuse d’apprendre, de pratiquer et d’échanger dans un cadre associatif.

Que fait-on au F5KEE ?

Nos activités sont variées et adaptées à tous les niveaux :

  • Découverte et formation : initiation aux bases de la radio, aide à la préparation de la licence radioamateur.

  • Pratique du trafic : contacts en phonie, en CW (morse), en modes numériques (FT8, …), via satellites ou encore à travers le monde en HF.

  • Expérimentations techniques : réalisation et essais d’antennes, utilisation du SDR, projets autour de l’Arduino ou d’interfaces numériques.

  • Activités collectives : organisation de démonstrations publiques, projets éducatifs en lien avec les écoles ou évènements internationaux (ARISS, QO-100, etc.).

  • Vie de club : échanges, entraide, convivialité et partage de connaissances dans une ambiance amicale.

Pourquoi nous rejoindre ?

Adhérer au Radio-Club F5KEE, c’est rejoindre une communauté dynamique et passionnée, c’est apprendre en pratiquant, c’est aussi trouver un lieu où la curiosité technique et la convivialité se conjuguent au quotidien.

C’est également l’occasion d’acquérir des bases solides en électricité et en électronique, compétences précieuses pour comprendre le fonctionnement des équipements mais aussi pour, pourquoi pas, préparer un futur métier dans les domaines techniques, scientifiques ou industriels.

Que vous soyez simple curieux, débutant ou opérateur chevronné, poussez la porte de la Maison des Associations de Viry-Châtillon : F5KEE vous accueille et vous invite à découvrir le monde fascinant du radioamateurisme.

L’équipe du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon

Comment WSJT-X arrive-t-il à décoder 30 stations FT8 presque simultanément ?

Banniere décodage FT4 - FT8

Sur une bande FT8 très fréquentée, le waterfall de WSJT-X peut être couvert de dizaines de traces. Pourtant, quelques instants plus tard, le logiciel affiche parfois 20, 30 messages ou davantage.

Comment un ordinateur peut-il séparer autant de stations qui émettent pratiquement au même moment, avec des signaux parfois extrêmement faibles et quelquefois superposés ?

On pourrait imaginer que WSJT-X utilise des dizaines de petits récepteurs numériques indépendants. La réalité est différente et beaucoup plus intéressante : le programme analyse toute la bande audio, recherche les signaux susceptibles d’être du FT8, tente de les décoder et peut même soustraire certains signaux déjà identifiés avant de recommencer son analyse.

Une seule bande audio pour des dizaines de stations

Lorsque le transceiver est réglé sur une fréquence FT8, il reçoit en réalité une bande de quelques kilohertz.

Un signal FT8 n’occupe qu’environ 50 Hz. De nombreuses stations peuvent donc se trouver simultanément dans la bande passante du récepteur.

Schema 1 FT8

Le logiciel ne reçoit donc pas 30 flux différents : toutes les stations sont présentes dans la même forme d’onde numérisée.

On peut comparer cela à une photographie : l’appareil enregistre toute la scène en une seule fois, puis le logiciel recherche les différents objets présents dans l’image.

Que reçoit réellement WSJT-X : de l’audio ou de l’I/Q ?

C’est un point qui prête souvent à confusion depuis la généralisation des SDR.

Dans une installation classique, WSJT-X ne reçoit pas directement un flux I/Q.

Le transceiver est généralement utilisé en USB. C’est lui qui effectue la conversion du signal RF vers une bande audio ou baseband. Cette bande est ensuite transmise à l’ordinateur par une interface audio, aujourd’hui très souvent intégrée au transceiver et reliée en USB.

Schema 2

Le programme travaille donc normalement sur une forme d’onde audio réelle échantillonnée numériquement.

C’est d’ailleurs pour cette raison que WSJT-X peut sauvegarder les périodes reçues sous forme de fichiers WAV et les redécoder ultérieurement.

Avec un SDR, on rencontre souvent une architecture différente :

Schema3 FT8

Les composantes I et Q conservent une représentation complexe du signal autour d’une fréquence centrale. Mais WSJT-X n’a pas besoin de recevoir directement ces données I/Q pour décoder simultanément de nombreuses stations FT8.

Première étape : trouver où sont les stations

WSJT-X ne commence pas par rechercher des indicatifs.

Il cherche d’abord les endroits de la bande audio où se trouve probablement un signal FT8.

Pour cela, le protocole possède une sorte de signature connue du logiciel : les séquences de synchronisation Costas.

Une transmission FT8 comprend 79 symboles :

Schema 4 FT8

La modulation FT8 utilise 8 tonalités espacées de 6,25 Hz, donnant au signal une largeur d’environ 50 Hz.

WSJT-X recherche ces motifs de synchronisation à de nombreuses fréquences et avec différents petits décalages temporels.

Il peut alors dresser une liste de candidats FT8.

Schema 5 FT8

À ce stade, le programme ne sait pas nécessairement ce que disent ces stations. Il sait essentiellement :

« À cette fréquence audio et avec ce décalage temporel, il existe probablement un signal FT8. »

30 stations ne signifient pas 30 récepteurs

C’est l’une des clés du système.

Une fois les candidats détectés, WSJT-X tente de décoder chacun d’eux.

30 stations dans une seule bande audio

Une bande audio FT8 très encombrée. WSJT-X reçoit simultanément toute la bande audio, ici de 0 à 3000 Hz, dans laquelle peuvent cohabiter plusieurs dizaines de signaux FT8 d’environ 50 Hz de largeur. Le logiciel repère ensuite les différents candidats selon leur fréquence et leur synchronisation temporelle avant de tenter leur décodage.

Pour chaque symbole, le programme analyse les huit tonalités possibles.

Mais il ne se contente pas d’une décision brutale du type :

« La tonalité n° 5 est la plus forte, donc c’est forcément elle. »

Le décodeur travaille avec des informations de vraisemblance. Une tonalité peut être très probable, une autre moins probable, etc.

Ces informations alimentent ensuite le puissant système de correction d’erreurs LDPC, pour Low-Density Parity-Check.

Le message FT8 comporte 77 bits d’information. Après ajout du CRC et du codage correcteur, le mot codé comporte 174 bits.

Cette importante redondance permet de reconstruire un message même lorsque certains symboles ont été fortement dégradés par le bruit ou les interférences.

Ainsi, avec 30 stations suffisamment séparées, le problème revient essentiellement à effectuer de nombreuses tentatives de décodage sur les candidats détectés dans la même bande audio.

Comment WSJT-x trouve et décode le FT8

Les principales étapes du décodage FT8 par WSJT-X. À partir de l’ensemble de la bande audio reçue, le logiciel recherche les séquences de synchronisation Costas, identifie les candidats, analyse leurs huit tonalités, puis utilise le décodage LDPC et le contrôle CRC pour valider les messages. Les signaux correctement décodés peuvent ensuite être reconstruits et soustraits de l’audio afin de permettre une nouvelle passe et de faire apparaître des stations jusque-là masquées.

Faut-il attendre 15 secondes avant de commencer le décodage ?

Non, et c’est un détail particulièrement intéressant.

On pourrait imaginer le fonctionnement suivant :

Schema 6 FT8

Ce serait cependant une perte de temps.

WSJT-X peut engager certains traitements avant même la fin complète de la période FT8.

Des étapes de décodage sont ainsi lancées vers la fin du créneau, une première pouvant commencer aux environs de 11,8 secondes, puis d’autres vers 13,5 et 14,7 secondes, selon le fonctionnement et la version du décodeur.

Le calcul informatique ne commence donc pas brutalement à la quinzième seconde : une partie du travail a déjà été engagée.

Schema 7 FT8

Combien de temps faut-il pour décoder 30 stations ?

Il n’existe pas de durée universelle du genre :

30 stations × 20 ms = 600 ms.

Le temps de calcul dépend de nombreux paramètres :

  • la puissance du processeur ;
  • le nombre de candidats détectés ;
  • la profondeur de décodage choisie ;
  • la qualité des signaux ;
  • le nombre de candidats difficiles ;
  • la quantité d’interférences ;
  • le nombre de passes nécessaires ;
  • les possibilités de parallélisation du processeur.

Surtout, les 30 candidats ne doivent pas obligatoirement être traités comme 30 gros calculs entièrement successifs.

Sur les versions modernes et avec un processeur multicœur, une partie du travail peut être parallélisée.

Voilà pourquoi, dans la pratique, plusieurs dizaines de messages semblent apparaître presque simultanément dans la fenêtre Band Activity.

Et si deux stations se chevauchent ?

C’est ici que le décodage devient particulièrement ingénieux.

Imaginons deux stations extrêmement proches :

Schema 8 FT8

La forme d’onde audio contient alors approximativement :

x(t) = A(t) + B(t) + bruit

La station B peut être partiellement masquée par A.

Mais imaginons que WSJT-X réussisse malgré tout à décoder A.

Il connaît maintenant le message exact envoyé par cette station.

Et c’est là que les choses deviennent particulièrement intéressantes.

Le logiciel peut reconstruire le signal qu’il vient de décoder

Puisque WSJT-X connaît désormais le message A, il connaît également la succession des symboles et tonalités FT8 que cette station a nécessairement émise.

Il peut donc reconstruire mathématiquement son signal.

Il ne suffit cependant pas de fabriquer un FT8 théorique et de le soustraire brutalement : le signal reçu a subi le canal radio et possède une certaine amplitude et une certaine phase.

Le logiciel estime donc ces caractéristiques afin de produire une représentation aussi proche que possible du signal A effectivement reçu.

Schema 9 FT8

Et voilà que B peut devenir décodable alors qu’elle ne l’était pas auparavant.

C’est le principe de la soustraction des signaux décodés, apparenté aux techniques de suppression successive d’interférences.

Et WSJT-X peut recommencer

C’est probablement le mécanisme le plus spectaculaire lorsque la bande FT8 est encombrée.

Imaginons plusieurs stations partiellement superposées :

Schema 10 FT8

Après une première passe, WSJT-X peut donc réexaminer une forme d’onde dont certains signaux correctement décodés ont été retirés.

Une station faible auparavant masquée peut alors devenir un candidat exploitable.

C’est pourquoi le nombre de messages affichés après une période FT8 ne correspond pas simplement au résultat d’une seule analyse spectrale.

Décoder - Soustraire - Recommecer

Décoder, soustraire, recommencer : comment une station faible peut émerger. Après avoir décodé une station FT8, WSJT-X peut reconstruire son signal en estimant notamment son amplitude et sa phase, puis le soustraire de l’audio reçu ; une nouvelle analyse peut alors révéler une station plus faible jusque-là masquée, et le processus peut être répété.

Le logiciel possède encore un autre avantage : le contexte

WSJT-X peut également utiliser ce que l’on appelle le décodage AP, pour a priori.

Pendant un QSO, certaines informations sont déjà connues.

Si vous êtes F4AAA et que vous échangez avec F1BBB, le logiciel connaît déjà ces deux indicatifs. Il sait également que les messages d’un QSO FT8 suivent des structures très précises.

Il ne cherche donc pas toujours n’importe quelle succession de 77 bits parmi toutes les possibilités imaginables.

Une comparaison très simplifiée permet de comprendre le principe.

Si un texte dégradé donne :

BONJ___

il est beaucoup plus facile de retrouver BONJOUR lorsque l’on connaît la langue et le contexte.

Le décodage AP applique une idée comparable, mais évidemment avec des méthodes mathématiques adaptées au protocole FT8.

Du signal reçu aux 30 indicatifs

Nous pouvons maintenant réunir toutes les opérations.

Schema 11 FT8

Le petit miracle qui se produit toutes les 15 secondes

Lorsque 30 lignes apparaissent presque simultanément dans Band Activity, l’ordinateur n’a donc pas simplement écouté 30 fréquences avec 30 récepteurs virtuels.

Il a reçu une seule forme d’onde audio contenant toutes les stations.

Dans cette forme d’onde, il a recherché les signatures caractéristiques du FT8, déterminé leurs positions en fréquence et dans le temps, évalué les huit tonalités de chaque symbole et soumis les informations obtenues au puissant décodeur LDPC.

Une partie de ces opérations peut déjà commencer avant la fin de la période de réception.

Pour les situations difficiles, le logiciel peut aller encore plus loin : reconstruire certains signaux correctement décodés, les soustraire de la forme d’onde reçue puis recommencer l’analyse sur ce qui reste.

Le tout doit être réalisé extrêmement rapidement, car le FT8 impose son rythme : 15 secondes plus tard, le créneau suivant est déjà là.

La véritable prouesse du FT8 n’est donc pas seulement de permettre de décoder des signaux que l’oreille humaine ne distingue pratiquement plus dans le bruit.

C’est aussi de parvenir à retrouver des dizaines de conversations différentes dans quelques kilohertz de spectre, pratiquement au même instant.

CO-128 : le CubeSat qui veut faire du GreenCube, de la DATV et sonder l’ionosphère sur 10 mètres

Banniere CO-128

Les satellites radioamateurs ne se limitent plus aux répéteurs FM ou aux transpondeurs linéaires. CO-128, lancé durant l’été 2026, en apporte une belle démonstration : digipeater sur 2 mètres, télévision numérique sur 10 mètres, balises CW, SDR embarqué et même sondage de l’ionosphère.

Derrière l’indicatif Canada-OSCAR 128 se cache MARMOTSat, un CubeSat canadien particulièrement ambitieux.

MARMOTSat devient CO-128

MARMOTSat, pour Mission for Atmospheric Radio Measurements with Open-source Technology Satellite, est un CubeSat 3U de 340 × 100 × 100 mm, développé principalement par des étudiants de l’University of Victoria, en Colombie-Britannique. Sa masse au moment de l’intégration atteignait environ 5,49 kg.

Le satellite a été placé en orbite terrestre basse le 7 juillet 2026, lors de la mission SpaceX Transporter-17 depuis Vandenberg, en Californie. Après l’activation réussie de sa première balise radioamateur, AMSAT lui a officiellement attribué la désignation Canada-OSCAR 128, ou CO-128.

CO-128

Vue d’ensemble de CO-128/MARMOTSat : architecture du CubeSat 3U, sous-systèmes embarqués, antennes et principales expériences radioamateurs sur 145,875 MHz, 29,410 MHz et 436,125 MHz.

Un laboratoire SDR de trois litres dans l’espace

Une des particularités de CO-128 est son architecture radio largement basée sur le SDR, Software Defined Radio.

Le projet développe notamment le Modular CubeSat Radio (MCR), une plateforme radio modulaire et ouverte. L’idée est séduisante : plutôt que de construire une électronique spécifique pour chaque modulation, une partie importante des traitements est réalisée numériquement et peut donc être modifiée par logiciel.

CO-128 devient ainsi non seulement un satellite à écouter ou à utiliser, mais également un banc d’essai en orbite pour de futures radios spatiales open source.

145,875 MHz : un peu de GreenCube sur 2 mètres

L’une des expériences les plus attendues est le digipeater VHF sur 145,875 MHz.

Le principe rappelle celui qui a fait le succès de IO-117/GreenCube : une station envoie un message numérique au satellite, celui-ci le reçoit puis permet sa retransmission vers d’autres stations.

Le système doit pouvoir fonctionner en communication directe mais également selon le principe store-and-forward : le satellite conserve temporairement certaines données pour les retransmettre ultérieurement.

On peut donc imaginer CO-128 comme une sorte de boîte aux lettres numérique passant à plusieurs centaines de kilomètres au-dessus de nos têtes.

La même fréquence de 145,875 MHz est également utilisée pour une balise CW. Celle-ci a déjà été reçue au sol. L’équipe indiquait le 14 août qu’elle fonctionnait encore de façon intermittente, en fonction notamment de l’énergie disponible à bord.

un peu de GreenCube sur 2 mètres

Principe du digipeater VHF de CO-128 sur 145,875 MHz : retransmission directe d’un message entre deux stations ou fonctionnement « store-and-forward » avec stockage temporaire à bord du satellite.

De la télévision numérique… sur 29,410 MHz !

CO-128 réserve une expérience encore plus étonnante : transmettre des images de la Terre en DVB-S2 sur la bande des 10 mètres.

Le satellite embarque une caméra et prévoit une transmission sur :

29,410 MHz – DVB-S2 – QPSK – 33 ou 66 kbauds – FEC 1/2 – roll-off 0,35.

Pour les radioamateurs pratiquant la DATV, le DVB-S2 est loin d’être inconnu : c’est notamment le système largement utilisé pour les transmissions numériques via QO-100.

Mais recevoir du DVB-S2 à 29 MHz depuis un CubeSat en orbite basse constitue une expérience autrement inhabituelle. Contrairement à QO-100, CO-128 défile rapidement dans le ciel et le signal reçu est soumis au déplacement Doppler.

Le bruit radioélectrique présent sur les bandes HF représente également un sérieux défi. Une bonne antenne et surtout un environnement radio relativement calme devraient donc être précieux.

CO-128 sonde aussi l’ionosphère

La fréquence 29,410 MHz ne sert pas uniquement à transmettre de la vidéo.

CO-128 doit également émettre un signal LFM – Linear Frequency Modulation, autrement dit un signal dont la fréquence varie suivant une loi connue.

Le principe scientifique peut être résumé simplement :

CO-128 émet un signal connu → celui-ci traverse l’ionosphère → une station au sol l’enregistre → les modifications du signal sont analysées.

Ces mesures doivent contribuer à l’étude de la structure et de la composition de l’ionosphère. Le projet a justement été conçu pour expérimenter le sondage transionosphérique par satellite.

Et c’est là que les radioamateurs peuvent jouer un rôle intéressant : des stations équipées de SDR peuvent participer à la collecte des signaux. Le radioamateur ne serait donc plus seulement utilisateur du satellite, mais pourrait devenir contributeur à une expérience scientifique.

CO-128 sonde ionosphèrique

Principe du sondage ionosphérique de CO-128 : un signal LFM émis sur 29,410 MHz traverse l’ionosphère avant d’être enregistré et analysé au sol par des stations radioamateurs équipées d’un SDR.

CO-128 en un coup d’œil

Caractéristique CO-128 / MARMOTSat
Format CubeSat 3U
Dimensions 340 × 100 × 100 mm
Masse ≈ 5,49 kg
Lancement 7 juillet 2026
Orbite LEO
Digipeater VHF 145,875 MHz
Balise CW VHF 145,875 MHz
Balise CW 10 m 29,410 MHz
DATV DVB-S2 29,410 MHz
Sondage LFM 29,410 MHz
TT&C 436,125 MHz
Indicatif balise VA7UVS
Radio SDR modulaire/open source

Les différentes expériences utilisant une fréquence commune ne doivent évidemment pas être considérées comme fonctionnant toutes simultanément.

Peut-on déjà écouter CO-128 ?

Oui, et la situation évolue rapidement.

Une information publiée le 14 août 2026 par l’équipe MARMOTSat apporte d’ailleurs une précision importante : la mise en service générale du satellite (bus commissioning) est annoncée comme achevée depuis le 30 juillet. Les panneaux solaires sont déployés, le contrôle d’attitude fonctionne et le satellite a été identifié sous le numéro NORAD 69912.

La balise CW VHF a déjà été activée et reçue par plusieurs stations. En revanche, toutes les expériences radioamateurs ne sont pas encore nécessairement opérationnelles en permanence. L’activation du digipeater constitue notamment l’une des prochaines grandes étapes annoncées par l’équipe.

Il faudra donc surveiller les informations officielles avant chaque tentative.

Ce qu’il faut retenir

CO-128 est intéressant moins par sa taille que par la quantité d’expériences qu’il embarque. VHF, UHF, bande 10 mètres, digipeater, CW, DVB-S2, SDR et étude de l’ionosphère se retrouvent dans un CubeSat de seulement trois unités.

Après GreenCube pour les communications numériques et QO-100 pour la DATV, CO-128 pourrait bien devenir un nouveau terrain d’expérimentation pour les radioamateurs équipés d’un SDR.

Et cette fois, une partie de l’aventure se déroule sur une bande que beaucoup possèdent déjà dans leur station : le 10 mètres.

Pour aller plus loin

Et si les signaux FT4 et FT8 m’étaient contés !

Banniere FT4 / FT8

Lorsque l’on pratique le FT8 ou le FT4, tout paraît presque trop simple. On sélectionne un indicatif dans WSJT-X, le logiciel prépare automatiquement un message du genre :

F4ABC F5KEE -12

Puis l’émetteur passe en émission et, dans le haut-parleur d’un récepteur voisin, on entend une étrange succession de tonalités.

Mais que transmet réellement notre émetteur ? Comment quelques caractères affichés à l’écran deviennent-ils un signal radio large de seulement quelques dizaines de hertz ?

Suivons le message depuis le clavier jusqu’à l’antenne.

Tout commence avec seulement 77 bits

FT8 et FT4 ne transmettent pas les caractères les uns après les autres comme le ferait un ancien terminal informatique. Ils utilisent des messages très structurés spécialement conçus pour les échanges radioamateurs.

Un message classique peut être :

CQ F5KEE JN18

ou :

F4ABC F5KEE -12

Les indicatifs, le locator, le report ou encore les messages RRR, RR73 et 73 sont compactés afin de tenir dans une charge utile de seulement 77 bits.

C’est extrêmement peu : moins de dix octets suffisent ainsi pour décrire l’essentiel d’un échange radioamateur ! Les cinq bits supplémentaires par rapport aux anciens formats WSJT permettent également d’identifier différents types de messages : indicatifs non standards, concours, DXpedition, etc.

De 77 à 174 bits : ajouter un solide gilet de sauvetage

Transmettre 77 bits directement serait possible, mais la moindre perturbation radio risquerait de transformer le message en charabia.

WSJT-X commence donc par ajouter un CRC de 14 bits. Ce contrôle permet au récepteur de vérifier si le message reconstitué est cohérent.

Nous avons alors :

77 bits + 14 bits = 91 bits

Puis intervient la correction d’erreurs LDPC (Low-Density Parity Check). Elle ajoute encore 83 bits de parité.

Notre petit message est donc devenu :

77 bits d’information → + 14 bits CRC → + 83 bits LDPC → 174 bits

FT4 et FT8 utilisent tous deux ce même code LDPC (174,91). C’est notamment grâce à cette puissante correction d’erreurs que ces modes peuvent récupérer des messages profondément enfouis dans le bruit.

Du message à l'antenne

FT8 : huit tonalités pour transporter les bits

Il faut maintenant transformer nos 174 bits en quelque chose qu’un émetteur puisse transmettre.

FT8 utilise huit tonalités : on parle donc de 8-GFSK.

Avec huit possibilités, un symbole peut représenter trois bits, puisque :

2³ = 8

Les 174 bits produisent donc :

174 / 3 = 58 symboles d’information

Chaque symbole FT8 dure 160 ms, soit une cadence de 6,25 bauds. Les huit tonalités sont séparées de 6,25 Hz et l’ensemble du signal occupe seulement 50 Hz.

Voilà pourquoi tant de stations FT8 peuvent cohabiter dans une portion relativement réduite de nos bandes.

Mais 58 symboles ne constituent pas la totalité d’une émission FT8.

Anatomie d'un signal FT8

Les petits cailloux du Petit Poucet : les séquences de Costas

Pour décoder un signal extrêmement faible, encore faut-il que le récepteur sache précisément où il commence et sur quelle fréquence il se trouve.

FT8 ajoute donc trois séquences de synchronisation de sept symboles, appelées Costas arrays. Elles sont placées au début, au milieu et à la fin de la transmission.

Nous obtenons :

58 symboles utiles + 21 symboles de synchronisation = 79 symboles

À 160 ms par symbole, l’émission elle-même dure environ 12,6 secondes, à l’intérieur d’un cycle émission/réception de 15 secondes.

Ces séquences connues à l’avance constituent en quelque sorte les balises permettant au décodeur de retrouver le signal au milieu du bruit.

FT4 : même recette, mais beaucoup plus vite !

FT4 reprend largement la même philosophie, mais privilégie la vitesse.

Il utilise cette fois seulement quatre tonalités, donc une modulation 4-GFSK.

Quatre possibilités permettent de transporter deux bits par symbole :

2² = 4

Les 174 bits donnent donc 87 symboles d’information.

Mais FT4 transmet à 20,833 bauds : chaque symbole ne dure que 48 ms. Il ajoute quatre séquences Costas de quatre symboles ainsi que deux symboles associés aux rampes de début et de fin.

Au total :

87 + 16 + 2 = 105 symboles

Une transmission ne dure ainsi qu’environ 5,04 secondes, dans un cycle de 7,5 secondes. En contrepartie, le signal occupe environ 83,3 Hz et FT4 est environ 3,5 dB moins sensible que FT8 selon la documentation actuelle de WSJT-X.

C’est le prix à payer pour réaliser des QSO environ deux fois plus rapidement, ce qui explique l’intérêt particulier de FT4 en concours.

Pourquoi GFSK plutôt que simplement FSK ?

Voici une subtilité importante.

Si l’on passait brutalement d’une tonalité à une autre, chaque changement rapide de fréquence engendrerait davantage de composantes spectrales indésirables.

FT4 et FT8 emploient donc de la GFSK : Gaussian Frequency Shift Keying.

Les transitions entre les différentes fréquences sont lissées suivant une forme gaussienne. Cela réduit fortement l’énergie dispersée en dehors du canal utile. Les formes d’onde produites par WSJT-X sont par ailleurs à phase continue et à enveloppe constante.

Autrement dit, ce que nous percevons comme un petit gazouillis est en réalité une succession extrêmement précise de changements de fréquence.

Et finalement, que sort réellement notre émetteur ?

Nous pouvons maintenant reconstituer toute la chaîne :

Message radioamateur

77 bits d’information

CRC + correction LDPC

174 bits

symboles FT8 ou FT4

tonalités GFSK

signal audio

émetteur SSB

signal RF

antenne

L’émetteur ne « connaît » donc ni FT8, ni les indicatifs, ni le locator de notre correspondant. Avec une station traditionnelle pilotée en audio, WSJT-X génère la forme d’onde nécessaire et la chaîne SSB la transpose simplement sur la fréquence radio.

Cela explique également pourquoi il faut éviter de maltraiter ce signal : compression vocale, égalisation agressive ou niveau audio excessif provoquant de l’ALC peuvent élargir inutilement le spectre transmis.

FT8 et FT4 deux modes de la même famille

FT4 ou FT8 : deux frères, deux tempéraments

FT8 et FT4 partagent finalement beaucoup plus que leur nom.

Tous deux partent d’un message de 77 bits, utilisent un CRC, le même puissant code LDPC et une modulation GFSK soigneusement façonnée.

Mais leurs objectifs diffèrent.

FT8 utilise huit tonalités espacées de 6,25 Hz, n’occupe qu’environ 50 Hz et privilégie la réception des signaux très faibles.

FT4, avec quatre tonalités espacées de 20,833 Hz et environ 83 Hz de largeur, sacrifie quelques décibels de sensibilité pour aller deux fois plus vite.

Alors, la prochaine fois que votre transceiver émettra son étrange chant numérique, vous saurez ce qui se cache derrière.

Ce n’est pas simplement un « bruit FT8 ».

Ce sont 77 petits bits qui, solidement protégés, synchronisés puis transformés en tonalités, tentent de raconter votre QSO à une station parfois située à plusieurs milliers de kilomètres.

Pour aller plus loin

Qu’est-ce que SatNOGS et à quoi sert-il ?

Banniere SatNOGS

Imaginez que votre antenne VHF/UHF, votre clé SDR et un simple Raspberry Pi puissent devenir une petite pièce d’une immense station de réception répartie sur toute la planète. Lorsqu’un satellite disparaît sous votre horizon, une autre station située quelques centaines ou milliers de kilomètres plus loin peut continuer à le recevoir.

C’est précisément l’idée de SatNOGS, acronyme de Satellite Networked Open Ground Station : créer un réseau mondial, ouvert et collaboratif de stations de réception satellite.

Et la bonne nouvelle pour les radioamateurs est qu’il n’est pas nécessaire de disposer d’une installation digne d’un centre spatial pour commencer.

Un projet né dans un hackerspace

SatNOGS apparaît en avril 2014 lors du NASA International Space Apps Challenge, au hackerspace d’Athènes, en Grèce. L’objectif de l’équipe est alors de développer une station sol satellite entièrement ouverte, aussi bien du côté matériel que logiciel.

Quelques mois plus tard, le projet participe au premier Hackaday Prize et remporte le grand prix. L’équipe choisit la récompense financière de 198 418 dollars, qui permet de lancer ce qui deviendra la Libre Space Foundation (LSF), organisation grecque à but non lucratif consacrée aux technologies spatiales libres et open source.

Il serait toutefois incorrect d’attribuer SatNOGS à un inventeur unique. Le projet est dès l’origine une œuvre collective réunissant électroniciens, développeurs, spécialistes des antennes et makers.

Parmi ses figures historiques se trouve Pierros Papadeas, SV1QVE, ingénieur en architecture, technologue spatial et défenseur de l’open source. Cofondateur de la Libre Space Foundation, il en est aujourd’hui le directeur exécutif. Mais les noms de Vasilis Tsiligiannis, Agisilaos Zisimatos, Manthos Papamatthaiou et de nombreux autres contributeurs sont également associés aux débuts et au développement de SatNOGS.

Une station sol… mais surtout un réseau

Une station SatNOGS ressemble finalement beaucoup à une station satellite que pourrait construire un radioamateur.

La chaîne de réception peut se résumer ainsi :

Satellite → antenne → SDR → ordinateur → Internet → réseau SatNOGS

Le récepteur peut être un SDR relativement économique. Un Raspberry Pi peut assurer le traitement et exécuter le logiciel SatNOGS Client.

Celui-ci récupère les observations programmées sur le réseau. Au moment prévu, il lance automatiquement la réception, utilise les paramètres du satellite concerné, gère la correction Doppler et, si la station en possède un, commande également le rotor d’antenne par l’intermédiaire de Hamlib.

Les logiciels SatNOGS utilisent notamment GNU Radio et SoapySDR pour assurer une grande partie du traitement des signaux.

À la fin du passage, les résultats sont envoyés vers le réseau : spectre en cascade (waterfall), données reçues, télémétrie ou autres informations produites pendant l’observation.

SatNOGS

Principe de fonctionnement de SatNOGS : des stations de réception réparties dans le monde partagent automatiquement leurs observations de satellites.

Pourquoi mettre des stations en réseau ?

Un satellite en orbite basse, ou LEO, se déplace extrêmement rapidement par rapport à l’observateur. Depuis une station donnée, un passage exploitable ne dure généralement que quelques minutes.

Une station française peut donc recevoir un CubeSat puis le perdre sous son horizon. Mais le satellite peut ensuite devenir visible depuis une station située en Allemagne, en Pologne, en Asie, puis ailleurs.

SatNOGS transforme ainsi des stations indépendantes en une sorte d’observatoire satellite mondial et collaboratif.

Le réseau dépasse aujourd’hui les 500 stations opérationnelles, pour plus de 4 000 stations enregistrées. En juillet 2025, SatNOGS avait franchi le cap des 12 millions d’observations.

Toutes ces données peuvent être extrêmement utiles aux radioamateurs, mais aussi aux universités et aux équipes qui viennent de lancer un CubeSat et souhaitent savoir si celui-ci fonctionne réellement une fois en orbite.

Que peut faire un radioamateur avec SatNOGS ?

Premier point important : il n’est pas obligatoire de posséder une station SatNOGS pour utiliser le réseau.

On peut consulter la base de données des satellites, rechercher leurs fréquences et leurs modes de transmission, examiner les observations réalisées par les stations réparties dans le monde ou encore étudier les signaux reçus.

Cela devient particulièrement intéressant lorsqu’un nouveau CubeSat est lancé. Même s’il ne passe pas au-dessus de votre QTH, il est possible de suivre les observations réalisées ailleurs.

SatNOGS peut également constituer une formidable base pédagogique pour découvrir les transmissions satellite, le Doppler, la télémétrie, les SDR et le traitement numérique des signaux.

Et pour ceux qui aiment programmer, SatNOGS propose des API ouvertes permettant d’interroger les bases de données et de développer ses propres applications.

Construire sa première station

Il n’est pas nécessaire de commencer par deux grandes Yagi croisées et un rotor azimut/élévation.

Une première station expérimentale peut être constituée de :

antenne omnidirectionnelle + RTL-SDR + Raspberry Pi + connexion Internet.

Construire sa première station SatNOGS

Une station SatNOGS peut commencer très simplement. Une antenne, un SDR et un Raspberry Pi suffisent pour expérimenter avant de passer éventuellement à une installation avec LNA, filtres, antennes directives et rotor.

Une antenne adaptée aux bandes satellites VHF ou UHF permet déjà d’expérimenter et de recevoir certains satellites.

Ensuite, comme souvent chez les radioamateurs, on peut améliorer progressivement l’installation : meilleur SDR, filtres, LNA placé près de l’antenne, antennes directives et finalement poursuite automatique.

Une installation plus ambitieuse pourra donc utiliser :

Yagi VHF/UHF → LNA/filtres → SDR → Raspberry Pi → SatNOGS Client

avec en complément un rotor azimut/élévation.

SatNOGS peut d’ailleurs travailler avec du matériel radioamateur existant. La commande des rotors passant notamment par Hamlib, des équipements comme le Yaesu G-5500 peuvent être intégrés à une station.

Autrement dit, une partie du matériel déjà utilisé pour les satellites radioamateurs peut parfaitement servir de point de départ.

Et si nous construisions la nôtre ?

C’est probablement là que SatNOGS devient vraiment intéressant pour un radioamateur bricoleur.

Un Raspberry Pi, une clé RTL-SDR et une antenne construite maison suffisent pour réaliser une première expérience. On peut ensuite ajouter un LNA, fabriquer des antennes plus performantes et, pourquoi pas, construire son propre rotor.

SatNOGS réunit ainsi plusieurs domaines qui nous intéressent particulièrement : radio, satellites, SDR, Raspberry Pi, Arduino, mécanique, antennes et logiciels libres.

Et surtout, contrairement à beaucoup de projets que nous construisons pour notre seul usage, une station SatNOGS peut travailler pendant notre absence et fournir ses observations à toute une communauté.

Cela nous donne d’ailleurs une idée pour un prochain projet F5KEE :

peut-on construire une station SatNOGS réellement efficace pour moins de 100 € ?

Voilà un défi qui mérite probablement que l’on sorte le fer à souder…

Pour aller plus loin

  • SatNOGS — site officiel du projet — Présentation générale de SatNOGS, de son histoire et de ses différentes composantes.
  • SatNOGS Network — Le cœur du réseau : permet de consulter les stations, les satellites et les observations réalisées dans le monde entier.
  • SatNOGS Database — Base de données des satellites, fréquences, émetteurs, modes et informations orbitales.
  • Documentation officielle SatNOGS — Documentation technique destinée notamment aux développeurs et à l’installation des différents composants.
  • Wiki SatNOGS — Probablement le lien le plus intéressant pour le radioamateur souhaitant construire et configurer sa propre station.
  • Libre Space Foundation — Fondation à but non lucratif qui développe et héberge SatNOGS.
  • Dépôts GitLab de SatNOGS — Codes sources des différents logiciels constituant l’écosystème SatNOGS.
  • API SatNOGS Database — Pour les radioamateurs et développeurs souhaitant récupérer automatiquement les informations sur les satellites et leurs émetteurs. L’accès à l’API est ouvert.
  • Communauté Libre Space / SatNOGS — Forum de discussion consacré notamment à SatNOGS, aux satellites et aux projets de la Libre Space Foundation.
  • Pierros Papadeas — SV1QVE — Site personnel de l’un des fondateurs de SatNOGS, aujourd’hui cofondateur et directeur exécutif de la Libre Space Foundation.

Que faut-il réellement pour faire faire le tour du monde à un ballon de quelques grammes ?

Banniere Pico-Ballon

Faire le tour du monde avec quelques grammes d’électronique suspendus sous un ballon ressemblant à celui d’une fête d’anniversaire ? C’est pourtant ce que réalisent régulièrement les amateurs de pico-ballons. Pas de moteur, pas de liaison satellite coûteuse et quelques milliwatts seulement : le véritable secret réside dans la chasse au gramme, l’énergie solaire, le WSPR… et les vents de la haute atmosphère.

Aujourd’hui, un pico-ballon décolle de Huntsville

L’actualité nous fournit justement une excellente illustration. Ce samedi 22 août 2026, le Huntsville Hamfest, qui accueille cette année l’ARRL National Convention, prévoit un lancement de pico-ballon devant l’Embassy Suites de Huntsville, en Alabama.

Le décollage est annoncé vers midi, à l’issue du forum consacré aux « BalloonSats » de Bill Brown, WB8ELK, l’un des pionniers américains du ballon radioamateur. Le programme précise toutefois que le lancement reste soumis aux conditions de vent.

Mais comment un ballon aussi léger peut-il espérer parcourir des dizaines de milliers de kilomètres ?

Le secret : ne pas monter indéfiniment

Un ballon-sonde classique monte jusqu’à ce que la diminution de la pression atmosphérique fasse gonfler son enveloppe et provoque son éclatement.

Pour un pico-ballon longue durée, l’objectif est différent : obtenir un ensemble ballon + gaz + charge utile capable d’atteindre une altitude où sa montée finit par se stabiliser.

Le réglage du free lift, c’est-à-dire l’excédent de portance disponible au décollage, devient donc déterminant. Trop important, le ballon risque de monter trop haut ; insuffisant, il ne rejoindra pas les vents intéressants.

Une fois stabilisé, le ballon devient essentiellement le passager de l’atmosphère.

Chaque gramme compte

Sous le ballon, la charge utile est réduite à l’essentiel :

GPS → microcontrôleur → émetteur WSPR → cellules solaires → antenne.

Un tracker comme le Traquito Jetpack associe par exemple un Raspberry Pi Pico à un GPS et à un générateur RF Si5351A. Il peut transmettre automatiquement sa position, son altitude, sa vitesse et sa tension d’alimentation.

La construction d’un pico-ballon devient donc un exercice fascinant d’optimisation : quelques dixièmes de gramme économisés sur le circuit imprimé, les fils ou les connexions peuvent avoir leur importance.

Anatomie d'un pico-ballon

Quelques milliwatts… entendus à des milliers de kilomètres

C’est ici que la radio apporte la petite touche de magie.

Le WSPR (Weak Signal Propagation Reporter) a été conçu pour transmettre des signaux extrêmement faibles. Un réseau mondial de radioamateurs et de récepteurs automatiques écoute en permanence les différentes bandes WSPR.

Le ballon n’a donc pas besoin d’établir une liaison directe avec son propriétaire.

Il émet simplement périodiquement son message. Quelque part sur Terre, une station peut le recevoir et envoyer le spot sur Internet.

La télémétrie peut même être encodée dans les messages WSPR pour transmettre notamment position, altitude, température, vitesse et tension.

Quelques milliwatts + des milliers de récepteurs = un système de suivi pratiquement mondial.

Banniere pico-ballon

Survivre grâce au Soleil

Une grosse batterie serait beaucoup trop lourde. Les pico-ballons longue durée utilisent donc généralement de minuscules cellules photovoltaïques.

Traquito documente par exemple des alimentations solaires complètes de seulement 4,5 à 6,3 grammes.

La difficulté apparaît chaque matin : lorsque le Soleil se lève, la tension des cellules augmente très progressivement. Certains convertisseurs peuvent alors rester bloqués. Le Jetpack utilise justement une surveillance de tension capable de réinitialiser automatiquement l’électronique lorsque l’alimentation devient insuffisante.

Chaque lever de Soleil devient ainsi un nouveau démarrage de la station.

Une immense antenne pour un minuscule émetteur

Le détail le plus étonnant reste probablement l’antenne.

Sur 20 mètres, un dipôle représente environ 10 mètres de fil. Cela paraît gigantesque comparé à quelques grammes d’électronique, mais avec du fil extrêmement fin, sa masse reste acceptable.

Le ballon emporte donc une véritable antenne HF filaire verticale, dont une partie peut également contribuer mécaniquement à la suspension de la charge utile.

Et maintenant… laisser faire la Terre

Après le lancement, pratiquement tout échappe à l’opérateur.

Le Soleil fournit l’électricité, le GPS détermine la position, le WSPR la transmet et les vents déplacent le ballon.

Le défi n’est donc pas seulement de construire un émetteur miniature. Il faut créer un ensemble suffisamment léger, équilibré, sobre et fiable pour redémarrer chaque matin pendant plusieurs semaines.

C’est peut-être cela qui rend les pico-ballons aussi fascinants pour les radioamateurs.

Faire le tour du monde ne nécessite finalement ni moteur, ni satellite personnel, ni centaines de watts : quelques grammes, quelques milliwatts, beaucoup d’ingéniosité… et un sérieux coup de main de l’atmosphère peuvent suffire.

Pour aller plus loin

Pourquoi une antenne avec un ROS de 1:1 peut-elle rayonner très mal ?

ROS 1:1, mais quelle efficacité ?

Chez les radioamateurs, il existe un réflexe presque universel : régler l’antenne, regarder le ROSmètre et se réjouir lorsque l’aiguille indique 1:1. On pourrait alors penser que toute la puissance de l’émetteur part dans les airs.

Malheureusement, ce n’est pas aussi simple.

La meilleure démonstration tient en un objet que nous connaissons tous : la charge fictive 50 Ω. Branchez-la à votre émetteur : le ROS sera proche de 1:1. Pourtant, elle ne constitue pas une bonne antenne. Son rôle est précisément de transformer la puissance RF en chaleur plutôt que de la rayonner.

Un ROS parfait indique donc une bonne adaptation d’impédance, pas nécessairement une bonne antenne.

Ce que mesure réellement le ROS

Le ROS traduit la désadaptation entre une ligne de transmission et sa charge. Avec une charge parfaitement adaptée, il n’y a théoriquement aucune puissance réfléchie et le ROS vaut 1:1.

À titre d’exemple, un ROS de 1,5:1 ne représente qu’environ 4 % de puissance réfléchie.

Mais le ROS ne mesure directement ni le gain de l’antenne, ni son diagramme de rayonnement, ni son rendement.

Autrement dit :

ROS faible ≠ rendement élevé.

Où passent réellement les watts ?

Deux exemples de rayonnement

Pour comprendre le problème, simplifions la résistance présentée par une antenne :

Rentrée = Rrayonnement + Rpertes

La première représente la partie associée à la puissance effectivement rayonnée. La seconde regroupe les pertes : résistance des conducteurs, sol, bobines, transformateurs, matériaux environnants, etc.

Le rendement de rayonnement peut alors s’écrire :

η = Rrayonnement / (Rrayonnement + Rpertes)

Prenons deux antennes parfaitement résistives :

Antenne A : 45 Ω de résistance de rayonnement + 5 Ω de pertes = 50 Ω
Antenne B : 5 Ω de résistance de rayonnement + 45 Ω de pertes = 50 Ω

Dans notre exemple simplifié, les deux peuvent présenter un magnifique ROS de 1:1.

Pourtant, la première possède un rendement de 90 %, tandis que celui de la seconde n’est que de 10 %.

Avec 100 W acceptés par chacune, l’une peut donc rayonner 90 W et l’autre seulement 10 W, le reste étant dissipé en chaleur. Le rendement d’une antenne est bien le rapport entre puissance rayonnée et puissance fournie à l’antenne.

Le coaxial peut même cacher le problème

Voilà un autre piège.

Un câble coaxial réel possède des pertes. L’onde allant vers l’antenne est atténuée, mais l’onde réfléchie l’est également lorsqu’elle revient vers la station.

Conséquence surprenante : un long câble présentant beaucoup de pertes peut donner, côté émetteur, l’impression d’un ROS meilleur que celui réellement présent à l’antenne.

Cela ne signifie évidemment pas que l’installation fonctionne mieux : une partie de l’énergie chauffe simplement le coaxial. L’ARRL souligne l’importance des pertes de ligne et montre qu’elles peuvent devenir particulièrement problématiques avec un ROS élevé.

Pertes cable coaxial

Un ROS qui s’améliore dans le shack ne signifie pas que l’antenne s’est améliorée : le câble peut simplement avoir dissipé une partie de l’énergie.

Et la boîte d’accord ?

Même prudence avec une boîte d’accord.

Une boîte peut transformer l’impédance présentée à l’émetteur afin qu’il voie ses 50 Ω préférés et un ROS de 1:1.

Mais elle ne modifie pas nécessairement le ROS existant entre la boîte et l’antenne. L’ARRL donne précisément l’exemple d’un ROS de 2,5:1 côté antenne qui reste à 2,5:1 malgré le 1:1 obtenu entre la boîte et le transceiver.

Une boîte d’accord adapte donc l’émetteur au système d’antenne ; elle ne transforme pas automatiquement une mauvaise antenne en bonne antenne.

Elle peut elle-même introduire des pertes, notamment lorsqu’elle doit adapter des impédances difficiles.

Avec la boite d'accord

Alors, comment savoir si notre antenne rayonne vraiment ?

Le NanoVNA et le ROSmètre restent d’excellents outils, mais ils ne racontent qu’une partie de l’histoire.

On peut compléter leurs mesures par une comparaison avec une antenne de référence, un mesureur de champ placé à distance constante ou des observations répétées via WSPR ou FT8. Une comparaison des niveaux reçus est généralement beaucoup plus instructive qu’un unique report.

Il faut également surveiller les éléments susceptibles de dissiper la puissance : coaxial trop long ou inadapté à la fréquence, bobine de raccourcissement, transformateur, mauvais contacts ou pertes dans le sol.

Ce qu’il faut retenir

Un ROS de 1:1 signifie avant tout que l’émetteur voit une charge correctement adaptée.

Il ne garantit absolument pas que cette charge transforme efficacement les watts en ondes radio.

Gardons donc trois notions bien séparées :

ROS faible = bonne adaptation
Bon rendement = peu de pertes
Bonne antenne = puissance efficacement rayonnée dans les directions utiles

Une charge fictive possède un excellent ROS. Personne ne songerait pourtant à l’installer au sommet d’un pylône !

Pour aller plus loin

Construire une valise de communication d’urgence autonome pour moins de 500 €

Banniere valise d'urgence

Tempête, inondation, panne électrique prolongée ou rupture des réseaux téléphoniques : lorsque les infrastructures habituelles cessent de fonctionner, la radio retrouve immédiatement tout son intérêt. Pour un radioamateur, il est possible de réunir dans une seule valise une véritable station de communication autonome, transportable et opérationnelle en quelques minutes.

Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, un budget inférieur à 500 € peut suffire.

Exemple de valise

À quoi pourrait ressembler notre valise de communication d’urgence autonome.

Une station pensée pour fonctionner sans infrastructure

Notre cahier des charges est simple : la valise doit permettre de communiquer en VHF/UHF, fonctionner plusieurs heures sans secteur, utiliser une antenne extérieure, transmettre éventuellement des messages numériques et pouvoir être rechargée depuis le secteur, une voiture ou un panneau solaire.

Ce concept rejoint celui des Go-Kits utilisés par les organisations de communications d’urgence. Certaines recommandations ARES/RACES prévoient par exemple une station VHF/UHF de 25 W minimum et une batterie d’au moins 20 Ah pour une station autonome de 12 heures.

Schema valise

Architecture électrique de notre valise de communication d’urgence

Le cœur de la valise : un poste VHF/UHF

Un transceiver bibande FM 20 à 50 W constitue un excellent compromis. Il permet les communications directes en simplex mais également l’accès aux relais encore opérationnels.

La puissance maximale n’est cependant pas toujours souhaitable.

En situation d’urgence, l’autonomie devient aussi importante que la portée. Si 5 ou 10 W permettent d’établir la liaison, inutile d’émettre à 50 W et de vider inutilement la batterie.

L’autre élément déterminant sera l’antenne. Une antenne bibande placée à quelques mètres de hauteur sera généralement beaucoup plus efficace qu’une augmentation de puissance.

20 Ah de LiFePO₄ comme réservoir d’énergie

Une batterie LiFePO₄ 12,8 V / 20 Ah représente environ :

12,8 × 20 = 256 Wh

Elle constitue un excellent compromis entre capacité, poids et encombrement.

La distribution électrique pourra être réalisée autour de connecteurs Anderson Powerpole, très utilisés dans les installations radio d’urgence. On ajoutera un fusible général, plusieurs départs protégés, un voltmètre et des sorties USB.

La valise devient ainsi également une petite centrale électrique capable de recharger téléphone, tablette ou accessoires.

Et lorsque la batterie est vide ?

C’est là qu’intervient le solaire.

Un panneau pliable de 50 à 60 W, associé à un régulateur de charge, peut prolonger considérablement l’autonomie. L’installation devient alors :

Panneau solaire → régulateur → batterie LiFePO₄ → distribution → équipements

Une seconde entrée permettra de raccorder la valise au 12 V d’un véhicule.

L’objectif n’est pas nécessairement de recharger complètement la batterie en quelques heures, mais de produire suffisamment d’énergie pour ralentir fortement sa décharge, voire équilibrer la consommation lors d’une utilisation radio modérée.

Ajouter une véritable messagerie radio

Pourquoi se limiter à la phonie ?

Un petit ordinateur et une interface audio/PTT USB permettent d’ajouter des communications numériques. Winlink est particulièrement intéressant : son écosystème prend notamment en charge AX.25 Packet et VARA FM en VHF/UHF.

Il devient alors possible de transmettre des messages structurés par radio lorsque les réseaux traditionnels ne sont plus disponibles. RMS Packet est d’ailleurs conçu pour permettre la création de passerelles VHF/UHF et est présenté par Winlink comme adapté aux portails temporaires de communication d’urgence.

Raspberry Pi ou vieux PC portable ?

Le Raspberry Pi semble naturellement indiqué, mais attention à la consommation.

Un Raspberry Pi 5 peut demander une alimentation 5 V / 5 A, soit jusqu’à 25 W disponibles, notamment pour alimenter correctement ses périphériques USB.

Pour une station fonctionnant sur batterie, un Raspberry Pi moins puissant, un mini-PC basse consommation ou simplement un ancien ordinateur portable déjà disponible peut donc être plus judicieux.

La récupération permettra également de respecter facilement notre budget.

Combien coûte notre valise ?

Équipement Budget indicatif
Valise robuste 40 €
Transceiver VHF/UHF 100 €
Batterie LiFePO₄ 20 Ah 80 €
Panneau solaire 50–60 W 60 €
Régulateur solaire 25 €
Petit ordinateur/récupération 50 €
Interface numérique 25 €
Distribution, fusibles, Powerpole 35 €
Convertisseurs et câblage 25 €
Antenne et coaxial 40 €
Total ≈ 480 €

Ces prix sont naturellement des ordres de grandeur : récupération et bonnes affaires peuvent facilement ramener la facture vers 300 à 400 €.

Une valise, mais surtout un système cohérent

La réussite du projet ne dépend finalement pas du nombre d’appareils entassés dans une caisse. Une bonne station d’urgence doit avant tout être simple, modulaire, protégée électriquement et immédiatement utilisable.

Radio, batterie, panneau solaire, antenne et informatique doivent pouvoir fonctionner indépendamment et être remplacés facilement.

Une fois construite, il restera surtout un test à réaliser : charger complètement la batterie, couper volontairement l’alimentation secteur et utiliser la station pendant 24 heures en totale autonomie.

C’est probablement à ce moment-là que commencera la partie la plus intéressante de l’expérience.

Liens utiles

Comment optimiser ses achats de composants électroniques en Chine avec la nouvelle taxe sur les petits colis ?

Bannière achats chinois

Pendant des années, commander quelques modules Arduino, connecteurs SMA ou petits circuits imprimés directement en Chine était presque devenu un réflexe chez les radioamateurs.

Un Si5351 à 3 €, un Arduino Nano à 4 €, un OLED à 2 € : même avec plusieurs commandes, les frais restaient souvent dérisoires.

Depuis le 1er juillet 2026, les règles européennes ont changé. Les petits colis provenant de pays hors Union européenne et d’une valeur inférieure à 150 € sont désormais concernés par un droit de douane forfaitaire de 3,60 €.

Cela ne signifie pourtant pas qu’il faut abandonner les fournisseurs chinois. Il faut surtout changer notre façon de commander.

Ce qui a réellement changé

Première chose à comprendre : les fameux 3 € + 0,60 € ne sont pas nécessairement appliqués une seule fois au colis.

Le droit est calculé selon les différentes catégories tarifaires de marchandises contenues dans l’envoi.

Un colis comprenant plusieurs produits relevant de la même catégorie ne déclenche donc pas forcément autant de droits de 3,6 € qu’il contient de composants.

À l’inverse, réunir dans un même colis des marchandises appartenant à plusieurs catégories tarifaires peut multiplier les droits.

Voilà qui change quelque peu notre manière de remplir le panier !

1. Éviter les microcommandes

Commander aujourd’hui un module électronique à 2,50 € tout seul peut devenir beaucoup moins intéressant.

Pour un projet Arduino ou autres, mieux vaut préparer sa nomenclature avant de commander :

  • Arduino ;
  • afficheur ;
  • modules RF ;
  • connecteurs ;
  • relais ;
  • composants passifs ;
  • PCB.

L’objectif n’est plus de commander immédiatement le composant dont on vient d’avoir besoin, mais de regrouper intelligemment ses besoins.

2. Constituer un petit stock d’atelier

Pour les composants utilisés régulièrement, acheter cinq ou dix exemplaires peut devenir beaucoup plus logique qu’une succession de commandes unitaires.

Résistances, condensateurs, transistors courants, régulateurs, connecteurs, Arduino Nano, OLED, relais et modules DC-DC sont de bons candidats.

Un radioamateur qui construit régulièrement aura presque toujours besoin de ces composants.

Le petit stock que nous avions autrefois tendance à considérer comme de l’argent immobilisé pourrait désormais devenir une façon de réduire le coût réel de nos approvisionnements.

3. Comparer systématiquement Chine et Europe

C’est probablement la conséquence la plus intéressante de cette réforme.

Prenons un module vendu :

Chine : 4,20 €

et disponible chez un fournisseur européen :

Europe : 7,50 €

À première vue, le choix semble évident.

Mais une fois intégrés droit de douane, éventuels frais annexes, délai de livraison et difficulté d’un retour, les 3,30 € d’écart peuvent devenir beaucoup moins convaincants.

Pour les composants à faible valeur, le fournisseur européen redevient donc parfois compétitif.

4. Acheter des lots plutôt que des composants unitaires

Besoin d’un Arduino Nano ?

Regardez le prix de cinq.

Besoin d’un connecteur SMA ?

Regardez le sachet de dix.

Pour certains composants très bon marché, le coût unitaire supplémentaire devient minime tandis que les exemplaires restants rejoignent le stock de l’atelier.

Cette stratégie est particulièrement pertinente pour les connecteurs, borniers, transistors, LED, résistances, condensateurs, relais et petits modules électroniques.

5. Commander par projet

Une autre méthode consiste à préparer complètement un projet avant de passer commande.

Prenons notre futur analyseur d’antenne Arduino :

Arduino Nano, Si5351, OLED, encodeur, PCB, connecteurs BNC, résistances de précision, boîtier…

On établit d’abord la nomenclature complète, on vérifie ce qui se trouve déjà dans les tiroirs et on ne commande ensuite que ce qui manque réellement.

Cette méthode évite également le classique :

« Zut, j’ai oublié le connecteur… »

suivi trois jours plus tard d’une nouvelle commande de 2,80 €.

6. Attention aux vendeurs partenaires : un panier ne signifie pas forcément un colis

Voilà une habitude qu’il va probablement falloir changer sur certaines grandes plateformes chinoises.

Lorsque plusieurs produits sont proposés par différents commerçants ou vendeurs partenaires, nous avons facilement l’impression de réaliser une seule commande puisque tout apparaît dans le même panier et que nous effectuons un seul paiement.

Mais derrière cette commande peuvent se cacher plusieurs vendeurs, plusieurs entrepôts et surtout plusieurs colis.

Et c’est précisément ce qui peut devenir pénalisant avec les nouvelles règles.

Pour nos achats de composants, il devient donc préférable, lorsque c’est possible, de privilégier les articles réellement regroupables par la plateforme ou provenant d’un même circuit logistique, plutôt que d’accumuler dans le panier des articles expédiés indépendamment par une multitude de vendeurs partenaires.

Avant de valider une commande, il faut donc regarder non seulement le prix, mais aussi :

Qui vend ? D’où part le produit ? Et les articles seront-ils réellement regroupés dans le même envoi ?

Un Arduino chez un vendeur, un Si5351 chez un deuxième, un OLED chez un troisième et des connecteurs chez un quatrième peuvent sembler constituer une commande unique à l’écran, alors qu’ils peuvent finalement générer plusieurs expéditions.

La règle pratique devient donc : moins de vendeurs et moins de colis, chaque fois que la plateforme permet réellement de regrouper les produits.

Attention toutefois à ne pas confondre « vendu sur la même plateforme » et « expédié dans le même colis ». C’est bien le mode d’expédition réel qu’il faut vérifier.

7. Attention : un gros colis n’est pas automatiquement la solution

Il serait tentant de conclure :

« Il suffit de tout regrouper dans un seul colis. »

Ce serait trop simple.

Le droit forfaitaire européen est appliqué aux différentes catégories tarifaires présentes dans l’envoi.

Un colis mélangeant composants électroniques, outils, câbles, boîtiers et autres produits peut donc relever de plusieurs catégories et cumuler plusieurs droits.

Il faut par conséquent rechercher un compromis entre regroupement des achats et homogénéité de la commande.

8. Les entrepôts européens deviennent intéressants

Certaines plateformes asiatiques proposent des marchandises déjà stockées en France, en Allemagne, en Espagne, en Pologne ou dans d’autres pays de l’Union européenne.

Dans ce cas, il faut regarder attentivement le lieu réel d’expédition.

Un produit quelques euros plus cher mais déjà présent dans l’Union européenne peut devenir plus intéressant qu’une expédition directe depuis Shenzhen.

Sans oublier le délai : trois ou quatre jours au lieu de plusieurs semaines peut également avoir une valeur.

9. Calculer le vrai prix, pas celui affiché

La bonne comparaison n’est donc plus :

prix Chine < prix France ou Europe ?

mais :

prix rendu dans ma boîte aux lettres = produit + transport + fiscalité + éventuels frais de traitement.

À cela peuvent même s’ajouter des critères moins facilement chiffrables : délai, garantie, facilité de retour et qualité réelle du composant.

Un module chinois affiché à 3 € n’est donc plus nécessairement un module qui vous coûtera réellement 3 €.

Faut-il arrêter d’acheter en Chine ?

Certainement pas.

La Chine reste incontournable pour quantité de modules électroniques, PCB, composants spécialisés et petites séries que l’on trouve difficilement ailleurs.

Mais l’époque où l’on pouvait commander impulsivement un module à 1,80 € ici, un connecteur à 2,20 € là et trois composants à 4 € la semaine suivante devient beaucoup moins intéressante.

Il faudra également perdre un autre réflexe : remplir un panier avec des produits provenant d’une multitude de vendeurs différents simplement parce que chacun propose le composant recherché quelques centimes moins cher.

Économiser 40 centimes sur un module n’a guère d’intérêt si cela provoque finalement une expédition supplémentaire.

Pour le radioamateur bricoleur, la bonne stratégie pourrait désormais tenir en cinq principes :

prévoir, comparer, regrouper, limiter les expéditions et stocker.

Finalement, cette nouvelle fiscalité pourrait même avoir un effet inattendu : nous obliger à mieux préparer nos projets avant de sortir la carte bancaire.

Et ça, pour un électronicien, ce n’est peut-être pas une si mauvaise habitude.

10 appareils radioamateurs que l’on peut construire avec un Arduino plutôt que les acheter

Banniere 10 appareils radioamateur avec Arduino

Dans une station radioamateur, les accessoires finissent parfois par coûter presque aussi cher que le transceiver. Pourtant, avec un Arduino Nano ou Uno, quelques modules et un afficheur OLED, il est possible de construire soi-même une étonnante quantité d’appareils utiles.

L’ARRL consacre d’ailleurs plusieurs ouvrages aux applications radioamateurs de l’Arduino : analyseur d’antenne, VFO DDS, contrôleur de rotor, manipulateur CW, etc.

Voici dix projets qui pourraient bien vous éviter quelques achats.

1. ROS-mètre et wattmètre numérique

Budget : 20–40 € — Difficulté : ★★☆☆☆

Un coupleur directionnel mesure les puissances directe et réfléchie. Deux entrées analogiques de l’Arduino récupèrent ces tensions et calculent automatiquement puissance, puissance réfléchie et ROS. Ajoutez un petit OLED et vous obtenez un instrument autonome.

Le plus délicat n’est finalement pas l’Arduino, mais la réalisation et l’étalonnage de la partie RF.

2. Analyseur d’antenne HF

Budget : 30–50 € — Difficulté : ★★★☆☆

Ajoutons au montage précédent un Si5351, capable de générer la fréquence de mesure. L’Arduino balaie une plage de fréquences, mesure le ROS et recherche automatiquement la résonance de l’antenne.

Le principe est parfaitement documenté : générateur Si5351, pont de ROS et Arduino suffisent à constituer la base de l’appareil.

Ce n’est évidemment pas un NanoVNA, mais pour régler une antenne HF, l’expérience est particulièrement instructive.

3. Générateur HF / VFO numérique

Budget : 20–35 € — Difficulté : ★★☆☆☆

Un Arduino + Si5351 + encodeur rotatif + OLED permet de réaliser un VFO numérique très pratique.

On sélectionne la fréquence, le pas de réglage et éventuellement différentes bandes. Le même montage peut devenir le VFO d’un récepteur ou d’un petit transceiver QRP.

Attention cependant : les sorties du Si5351 sont des signaux carrés et nécessitent un filtrage adapté si l’on recherche un signal spectralement propre.

4. Fréquencemètre

Budget : 15–30 € — Difficulté : ★★☆☆☆

L’Arduino sait compter des impulsions. Avec un étage d’entrée correctement conçu et éventuellement un prédiviseur pour les fréquences élevées, il peut devenir un petit fréquencemètre.

Voilà un appareil particulièrement intéressant pour restaurer un ancien récepteur ou ajouter un affichage numérique à un montage analogique.

5. Manipulateur électronique CW

Budget : 15–30 € — Difficulté : ★☆☆☆☆

Deux entrées pour les palettes, une sortie de commande du transceiver et quelques lignes de programme : voici un keyer CW.

On peut ajouter vitesse réglable, mode iambique, mémoires de messages, CQ automatique ou fonction balise. C’est probablement l’un des meilleurs projets pour débuter avec Arduino et la radio.

6. Décodeur CW autonome

Budget : 20–35 € — Difficulté : ★★★☆☆

Cette fois, l’Arduino écoute la BF du récepteur, détecte la tonalité CW, mesure la durée des points et des traits puis tente de reconstituer les caractères Morse sur un afficheur.

Le projet est plus délicat qu’un keyer car il faut s’adapter à la vitesse et aux irrégularités de manipulation. C’est justement ce qui le rend intéressant.

7. Contrôleur de rotor

Budget : 30–50 € — Difficulté : ★★★☆☆

Pourquoi remplacer un ancien rotor encore parfaitement fonctionnel simplement parce que son contrôleur est dépassé ?

L’Arduino peut lire la position, commander les relais gauche/droite et afficher l’azimut. Il peut également recevoir une consigne provenant du PC.

L’ARRL documente notamment des contrôleurs et modernisations pour les rotors Yaesu G-450A/G-800SA.

8. Contrôleur azimut/élévation pour satellites

Budget : 40–70 € — Difficulté : ★★★★☆

Passons à deux axes : azimut et élévation.

Avec deux capteurs de position et quatre commandes moteur, l’Arduino peut piloter un système de poursuite d’antenne satellite. Relié à un logiciel de tracking, il devient possible de suivre automatiquement ISS, cubesats et satellites radioamateurs.

Des réalisations Arduino de contrôleurs AZ/EL font partie des projets radioamateurs déjà largement documentés.

9. Séquenceur TX/RX

Budget : 20–40 € — Difficulté : ★★☆☆☆

Avec un amplificateur, un transverter ou un préamplificateur VHF/UHF installé près de l’antenne, l’ordre des commutations devient crucial.

L’Arduino peut couper le LNA, commuter le relais coaxial, activer le PA puis autoriser l’émission. Au retour en réception, il effectue exactement la séquence inverse avec des temporisations programmables.

Simple, économique et surtout entièrement personnalisable.

10. Référence de fréquence pilotée par GPS

Budget : 35–60 € — Difficulté : ★★★★☆

Un module GPS fournit une référence temporelle 1 PPS extrêmement précise. L’Arduino peut l’utiliser pour mesurer et corriger progressivement un oscillateur.

F1ATB décrit par exemple une réalisation utilisant Arduino Nano, GPS et Si5351 : l’Arduino compte le signal pendant 40 secondes puis calcule la correction à appliquer à la référence du Si5351.

Attention toutefois : précision en fréquence ne signifie pas automatiquement excellente pureté spectrale. Les essais de F1ATB montrent justement des raies parasites avec certaines corrections du Si5351. Voilà d’ailleurs une excellente leçon de radio !

Alors, pourquoi acheter ?

Construire ces appareils n’est pas toujours moins cher si l’on compte le boîtier, les connecteurs et les heures passées devant le fer à souder.

Mais ce serait oublier l’essentiel.

Lorsqu’on construit son ROS-mètre, on comprend réellement comment le ROS est mesuré. Lorsqu’on fabrique son VFO, on découvre le fonctionnement d’un synthétiseur. Et lorsqu’on automatise son rotor, on peut modifier son fonctionnement sans attendre qu’un constructeur ait prévu l’option.

C’est précisément ce qui fait tout l’intérêt de la construction radioamateur : ne pas seulement utiliser la technique, mais comprendre ce qui se passe dans la boîte.

À propos des budgets : les prix indiqués sont des estimations réalistes pour 2026, composants, petits accessoires et frais d’importation compris. Depuis le 1er juillet 2026, les petits colis provenant de pays hors UE peuvent être soumis à un droit de douane forfaitaire de 3,60 € par catégorie d’article. Acheter plusieurs modules séparément peut donc sensiblement augmenter le coût final d’un montage.

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Peut-on construire un SDR hautes performances pour quelques dizaines d’euros ?

Bannière SDR HF à 50 €

Il y a encore quelques années, construire un récepteur SDR performant supposait un convertisseur analogique-numérique rapide, un FPGA et une bonne dose de compétences en traitement numérique du signal. Aujourd’hui, quelques composants bon marché et un microcontrôleur peuvent déjà donner des résultats étonnants.

Alors, peut-on réellement construire un SDR HF performant pour 30 à 50 € ?

La réponse est oui… à condition de choisir intelligemment son architecture.

Ce qui fait réellement les performances d’un SDR

Un bel écran avec un waterfall ne transforme pas un récepteur médiocre en SDR hautes performances. Les caractéristiques importantes restent celles de n’importe quel récepteur radio :

  • la sensibilité ;
  • la dynamique ;
  • la sélectivité ;
  • la résistance aux signaux puissants ;
  • la réjection de la bande latérale indésirable ;
  • le bruit de phase de l’oscillateur ;
  • la qualité des filtres RF.

Le traitement numérique peut réaliser des filtres impressionnants, un AGC, un notch ou une réduction de bruit, mais il existe une règle fondamentale :

ce qui est perdu ou saturé avant la conversion numérique ne pourra pas être récupéré par logiciel.

La solution économique : le détecteur I/Q

Plutôt que de numériser directement toute la bande HF à plusieurs dizaines de méch/s, une solution beaucoup moins coûteuse consiste à convertir le signal RF en deux signaux basse fréquence : I (In phase) et Q (Quadrature).

L’architecture devient :

Antenne → filtre RF → détecteur QSD → I/Q → ADC → microcontrôleur → DSP → audio

SDR HF à 50 €

Le détecteur à échantillonnage en quadrature, souvent associé au principe de Tayloe, effectue une grande partie du travail avec seulement quelques composants.

Un synthétiseur comme le Si5351 fournit l’oscillateur local tandis que le microcontrôleur réalise ensuite numériquement le filtrage, le déphasage, la sélection USB/LSB, l’AGC et éventuellement la réduction de bruit.

L’uSDX : la démonstration spectaculaire

Le projet uSDX de Guido Ten Dolle, PE1NNZ, montre jusqu’où cette philosophie peut être poussée.

Son récepteur utilise un détecteur I/Q suivi directement par les convertisseurs ADC d’un simple ATmega328P. Le processeur effectue ensuite le déphasage de Hilbert, le filtrage, l’AGC et la démodulation.

Malgré cette électronique minimaliste, le concepteur annonce un MDS d’environ –135 dBm à 28 MHz dans une bande de 200 Hz et une dynamique de blocage atteignant 123 dB à 20 kHz. Le convertisseur interne n’est pourtant que sur 10 bits ; l’oversampling, la décimation et les atténuateurs commutables permettent d’en tirer beaucoup plus qu’on pourrait l’imaginer.

Et l’uSDX ne se contente pas de recevoir : il produit également jusqu’à environ 5 W en SSB et CW.

Et avec un microcontrôleur moderne ?

C’est probablement là que l’expérience devient passionnante en 2026.

L’ATmega328P de l’uSDX est un processeur 8 bits extrêmement modeste. Pour quelques euros, nous disposons maintenant de microcontrôleurs beaucoup plus puissants : RP2040, RP2350, STM32 ou ESP32.

Avec davantage de RAM et de puissance DSP, on peut envisager des filtres FIR plus élaborés, FFT, waterfall, notch automatique, réduction de bruit ou traitement audio plus sophistiqué.

QRP Labs utilise justement un STM32F446 Cortex-M4 à 168 MHz avec unité de calcul flottant dans son QMX. Son SDR embarqué travaille notamment avec une carte son USB 24 bits à 48 kéch/s et annonce une suppression de bande latérale indésirable de 60 à 70 dB.

Combien coûterait notre SDR ?

Pour un récepteur expérimental construit autour de cette architecture, un budget de composants pourrait ressembler à ceci :

Élément Budget
RP2040 / STM32 5 à 10 €
Si5351 3 à 5 €
QSD / commutateurs analogiques 3 à 5 €
ADC ou codec audio 5 à 10 €
amplificateurs opérationnels 3 à 5 €
filtres RF 5 à 10 €
PCB et connectique 10 à 15 €

Soit environ 35 à 55 €, hors boîtier, écran et alimentation.

Ce n’est donc plus vraiment le prix du processeur qui limite les performances. Une part importante du travail devra porter sur l’étage analogique, les filtres RF, l’horloge et la gestion des niveaux.

Pourquoi ne pas numériser directement la HF ?

C’est l’autre grande famille de SDR :

Antenne → filtres → ADC rapide → FPGA/DSP

Cette architecture DDC permet de visualiser et traiter instantanément une largeur de spectre beaucoup plus importante. Mais un ADC rapide possédant une bonne dynamique, son horloge, le FPGA et le circuit imprimé associé font rapidement exploser notre budget.

Pour quelques dizaines d’euros, le QSD I/Q reste donc une solution particulièrement astucieuse.

Alors, SDR hautes performances ou simple gadget ?

Un montage à 40 ou 50 € ne rivalisera pas forcément avec un transceiver commercial de plusieurs milliers d’euros lorsqu’il faudra recevoir un signal minuscule à proximité immédiate d’une station très puissante.

Mais les projets comme l’uSDX démontrent quelque chose d’essentiel : une architecture intelligente et beaucoup de DSP peuvent aujourd’hui produire un excellent récepteur avec très peu de composants.

Le véritable défi n’est donc peut-être plus de savoir s’il est possible de construire un SDR performant pour quelques dizaines d’euros.

La question devient plutôt :

jusqu’où pourrions-nous pousser un SDR moderne construit autour d’un RP2040 ou d’un STM32 avec un budget de 50 € ?

Voilà un projet de construction qui mériterait bien que l’on sorte le fer à souder !

Pour aller plus loin

🔧 Et si on le construisait ?

Plutôt que d’en rester à la théorie, imaginons un SDR HF à moins de 50 €, conçu autour de composants faciles à trouver et suffisamment simple pour être construit par un radioamateur.

Notre cahier des charges :
Réception : 1,8 à 30 MHz
Modes : CW, LSB, USB, AM
Architecture : conversion directe I/Q
DSP : réalisé par microcontrôleur
Connexion : USB vers un PC
Affichage : fréquence, S-mètre et éventuellement waterfall

Antenne → filtres passe-bande → QSD/Tayloe → amplificateurs I/Q
→ codec audio/ADC → RP2040 ou STM32 → DSP → audio/USB

Un Si5351 fournirait l’oscillateur local au détecteur I/Q.
Le microcontrôleur assurerait ensuite les filtres numériques, la démodulation, l’AGC, le notch, le traitement audio et éventuellement la FFT pour afficher le spectre.

L’objectif serait ensuite de mesurer ses performances :
sensibilité, MDS, réjection de bande latérale, dynamique et comportement face aux signaux puissants.

👉 Voilà peut-être un prochain projet à construire !