Bienvenue sur le Site du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon (91 – Essonne)!

Chers(es) visiteurs(ses) et passionnés(es) de radio et de sciences,

Le Radio-Club F5KEE vous accueille à la Maison des Associations de Viry-Châtillon, au cœur de l’Essonne. Dans ce lieu ouvert et convivial, nous réunissons toutes celles et ceux qui partagent la curiosité des sciences, des techniques et des communications sans fil.

Le radioamateurisme, c’est bien plus qu’un simple hobby :
c’est une passion universelle, où l’on apprend à dialoguer avec le monde entier, à construire ses propres antennes et équipements, à explorer la propagation des ondes, mais aussi à découvrir les technologies numériques et les satellites.

À qui s’adresse le radio-club ?

Le F5KEE s’adresse à tous les publics :

  • les curieux qui veulent découvrir ce qu’est la radio et comment on peut communiquer sans Internet,

  • les jeunes et étudiants attirés par la technique, l’électronique ou l’aéronautique,

  • les futurs radioamateurs qui souhaitent préparer la licence,

  • les opérateurs confirmés qui veulent partager leurs expériences, expérimenter ou participer à des contests,

  • et plus largement, toute personne désireuse d’apprendre, de pratiquer et d’échanger dans un cadre associatif.

Que fait-on au F5KEE ?

Nos activités sont variées et adaptées à tous les niveaux :

  • Découverte et formation : initiation aux bases de la radio, aide à la préparation de la licence radioamateur.

  • Pratique du trafic : contacts en phonie, en CW (morse), en modes numériques (FT8, …), via satellites ou encore à travers le monde en HF.

  • Expérimentations techniques : réalisation et essais d’antennes, utilisation du SDR, projets autour de l’Arduino ou d’interfaces numériques.

  • Activités collectives : organisation de démonstrations publiques, projets éducatifs en lien avec les écoles ou évènements internationaux (ARISS, QO-100, etc.).

  • Vie de club : échanges, entraide, convivialité et partage de connaissances dans une ambiance amicale.

Pourquoi nous rejoindre ?

Adhérer au Radio-Club F5KEE, c’est rejoindre une communauté dynamique et passionnée, c’est apprendre en pratiquant, c’est aussi trouver un lieu où la curiosité technique et la convivialité se conjuguent au quotidien.

C’est également l’occasion d’acquérir des bases solides en électricité et en électronique, compétences précieuses pour comprendre le fonctionnement des équipements mais aussi pour, pourquoi pas, préparer un futur métier dans les domaines techniques, scientifiques ou industriels.

Que vous soyez simple curieux, débutant ou opérateur chevronné, poussez la porte de la Maison des Associations de Viry-Châtillon : F5KEE vous accueille et vous invite à découvrir le monde fascinant du radioamateurisme.

L’équipe du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon

Après le SDR, voici l’IA-Radio : demain, notre récepteur saura-t-il reconnaître tout seul ce qu’il reçoit ?

IA et SDR

L’intelligence artificielle arrive dans l’univers radioamateur et pourrait bien transformer nos récepteurs SDR. Après avoir révolutionné notre manière d’observer et de décoder le spectre radio, le Software Defined Radio (SDR) pourrait franchir une nouvelle étape grâce à l’IA : reconnaître automatiquement les modulations, identifier certains signaux radio et détecter des interférences. Une évolution aujourd’hui explorée par Radio-FM, un modèle d’intelligence artificielle spécialement entraîné pour analyser directement les signaux radio.

Mais une étape supplémentaire est peut-être en train d’être franchie.

Et si notre récepteur était capable de regarder lui-même le spectre et de nous dire : « Ici, je détecte tel type de modulation ; là, probablement telle technologie ; et ce signal ressemble à une interférence » ?

C’est précisément le domaine exploré par Radio-FM, un nouveau modèle d’intelligence artificielle présenté début août 2026.

Du SDR à la radio « intelligente »

Un SDR transforme une grande partie des fonctions autrefois réalisées par des circuits électroniques en traitements logiciels.

Filtrage, démodulation, largeur de bande, affichage du spectre : tout ou presque peut être réalisé numériquement.

Mais l’opérateur reste généralement celui qui interprète ce qu’il voit.

Devant un waterfall, un radioamateur expérimenté reconnaît rapidement certains signaux. Une porteuse CW est assez caractéristique, tout comme le FT8, la SSB ou différentes transmissions numériques.

L’idée de l’IA-Radio consiste à automatiser une partie de cette analyse.

L’intelligence artificielle ne se contenterait plus de regarder une image du waterfall : elle pourrait travailler directement sur les échantillons I/Q, c’est-à-dire sur les données numériques brutes produites par le récepteur SDR.

Radio-FM : une IA entraînée à comprendre les signaux

Présenté le 6 août 2026 par une équipe de chercheurs, Radio-FM est ce que l’on appelle un foundation model, ou modèle de fondation, spécialisé dans les signaux radio.

Le principe rappelle, dans une certaine mesure, celui des grands modèles utilisés pour le langage ou les images : plutôt que d’entraîner une intelligence artificielle pour une seule tâche extrêmement précise, on cherche à créer un modèle général capable d’apprendre une représentation du monde radio.

Radio-FM a été pré-entraîné à partir de 15 jeux de données couvrant différents domaines : modulations, communications, radars et identification de signaux.

Les chercheurs l’ont ensuite évalué sur 15 bancs d’essai différents.

Selon leurs résultats, Radio-FM atteint les meilleures performances sur 13 des 15 tests, notamment pour la reconnaissance de modulation, l’identification d’émetteurs, la reconnaissance de technologies radio, de radars et d’interférences.

Que pourrait en faire un radioamateur ?

Imaginons maintenant cette technologie intégrée dans un logiciel SDR.

Nous balayons une bande et plusieurs signaux apparaissent.

Aujourd’hui, nous devons les reconnaître nous-mêmes ou utiliser des logiciels spécialisés. Demain, l’IA pourrait potentiellement analyser automatiquement les signaux présents et afficher une estimation :

CW – forte probabilité
modulation numérique – identification probable
signal inconnu – analyse nécessaire

Le principe pourrait aller beaucoup plus loin.

Une IA entraînée spécifiquement sur les bandes radioamateurs pourrait théoriquement apprendre à distinguer de nombreuses familles de signaux et aider l’opérateur à repérer rapidement une activité intéressante dans plusieurs mégahertz de spectre.

On pourrait également imaginer des fonctions de détection automatique d’interférences ou d’identification de signaux inhabituels.

Attention toutefois : Radio-FM n’est pas aujourd’hui un plugin que l’on installe dans SDR++ ou SDR# pour reconnaître automatiquement FT8, RTTY ou FreeDV.

Il s’agit avant tout d’un travail de recherche démontrant les possibilités d’un modèle général appliqué aux signaux radio.

Reconnaître même avec peu d’exemples

Un autre aspect intéressant concerne la capacité d’apprentissage avec relativement peu de données.

Les auteurs indiquent que Radio-FM obtient de bons résultats en few-shot learning : le modèle peut s’adapter à certaines nouvelles tâches avec un nombre limité d’exemples.

C’est important pour le monde radio.

Il existe énormément de modulations, protocoles, conditions de propagation, niveaux de bruit et situations d’interférences.

Il serait pratiquement impossible de disposer de millions d’enregistrements correctement étiquetés pour chacune d’entre elles.

Un modèle capable de généraliser à partir d’un nombre limité d’exemples devient donc beaucoup plus intéressant.

Et pourquoi pas un récepteur entièrement basé sur l’IA ?

D’autres recherches vont encore plus loin.

En juillet 2026, des chercheurs ont présenté FM-Receiver, un concept de récepteur dans lequel un modèle d’IA prend directement les signaux reçus en entrée pour produire les bits transmis en sortie. Les essais décrits sont réalisés en simulation, mais ils montrent jusqu’où pourrait aller le concept de récepteur « AI-native ».

Nous passerions alors progressivement du :

Software Defined Radio

au :

AI Defined Radio.

Le logiciel ne se contenterait plus d’exécuter les traitements choisis par l’opérateur. Il participerait lui-même à l’interprétation du signal.

L’opérateur ne va pas disparaître

Il ne faut cependant pas imaginer que notre prochain transceiver identifiera infailliblement tout ce qui traverse l’antenne.

Une intelligence artificielle peut se tromper. Le bruit, le fading, les signaux faibles, les brouillages ou des modulations très proches peuvent compliquer considérablement l’identification.

Pour le radioamateur, l’intérêt serait plutôt de disposer d’un nouvel outil d’assistance.

Après le waterfall, le décodage numérique automatique et les logiciels capables de surveiller plusieurs fréquences simultanément, l’intelligence artificielle pourrait devenir une nouvelle couche d’analyse.

Le récepteur ne nous montrerait plus seulement qu’un signal est présent.

Il pourrait également commencer à nous expliquer ce qu’il pense avoir reçu.

Et pour les amateurs de SDR et d’expérimentation numérique, voilà certainement un domaine qu’il faudra suivre de très près.

Liens utiles pour aller plus loin

Pour approfondir l’intelligence artificielle appliquée aux signaux radio, vous pouvez consulter la publication scientifique Radio-FM, à l’origine de cet article. Les lecteurs souhaitant expérimenter pourront également découvrir les jeux de données RadioML de DeepSig, utilisés dans la recherche sur la reconnaissance des modulations, ainsi que SigMF, un format ouvert permettant de stocker et documenter des enregistrements de signaux radio I/Q.

Perséides 2026 : et si nous utilisions les étoiles filantes pour faire des QSO en 144 MHz ?

Perséides 2026

Chaque année au mois d’août, les Perséides offrent l’un des plus beaux spectacles astronomiques de l’été. Mais pour les radioamateurs, ces étoiles filantes présentent un autre intérêt : elles peuvent permettre d’établir des liaisons VHF à plusieurs centaines, voire plus d’un millier de kilomètres, grâce à une technique appelée Meteor Scatter.

Et le moment est particulièrement bien choisi : les Perséides atteignent leur maximum dans la nuit du 12 au 13 août 2026. Cette année, la nouvelle Lune coïncide avec le maximum, offrant d’excellentes conditions d’observation. L’American Meteor Society indique un ZHR théorique de 100, avec des météores pénétrant dans l’atmosphère à environ 59 km/s.

Pour nous radioamateurs, c’est surtout l’occasion de découvrir une propagation VHF assez étonnante.

Quand un météore devient réflecteur radio

Lorsqu’un petit fragment de matière pénètre dans l’atmosphère terrestre à très grande vitesse, il chauffe et laisse derrière lui une traînée ionisée.

Cette ionisation ne dure généralement que quelques fractions de seconde à quelques secondes, parfois davantage pour les météores les plus importants. Pendant ce bref instant, cette zone peut réfléchir ou diffuser des ondes radio.

Deux stations VHF qui ne peuvent normalement pas communiquer directement peuvent alors profiter de cette traînée comme d’un réflecteur temporaire situé à haute altitude.

Le signal apparaît brutalement puis disparaît presque aussi vite. À l’oreille, on peut entendre un fragment de modulation très bref : ce que les amateurs de Meteor Scatter appellent couramment un « ping ».

Tout l’enjeu consiste donc à transmettre suffisamment d’informations pendant ces ouvertures extrêmement courtes.

MSK144 : un mode conçu pour cela

À l’époque où les communications numériques n’existaient pas encore, le Meteor Scatter nécessitait des techniques particulièrement contraignantes, notamment de la télégraphie à très grande vitesse enregistrée puis ralentie à la réception.

Aujourd’hui, le logiciel WSJT-X simplifie considérablement l’expérience grâce au mode MSK144, spécialement développé pour le Meteor Scatter.

MSK144 transmet continuellement de très courtes trames pendant une séquence d’émission. Lorsqu’une réflexion apparaît, même pendant quelques dizaines de millisecondes, le logiciel tente immédiatement de récupérer les informations.

Les messages sont répétés jusqu’à 250 caractères par seconde, précisément afin d’exploiter les réflexions les plus courtes. Le décodage s’effectue en temps réel.

Le principe du QSO reste familier à ceux qui utilisent déjà FT8 : indicatifs, locator, report, confirmation et 73.

Mais ici, tout peut arriver pendant une fraction de seconde !

Jusqu’où peut-on aller ?

C’est justement ce qui rend l’expérience passionnante.

La documentation de WSJT-X indique que des contacts Meteor Scatter sont possibles sur les bandes VHF jusqu’à environ 2 100 km. Les résultats dépendent évidemment de la fréquence, des antennes, de la puissance et surtout de l’activité météoritique.

La bande des 144 MHz constitue un excellent terrain d’expérimentation.

Une station équipée d’une Yagi et d’une puissance raisonnable peut déjà tenter l’expérience. WSJT-X indique qu’avec de la patience, une centaine de watts et une seule Yagi permettent généralement de réaliser des contacts Meteor Scatter, même en dehors des grandes pluies de météores.

Lors des Perséides, les probabilités de disposer de nombreuses traînées ionisées augmentent fortement.

Comment essayer avec WSJT-X ?

Pour quelqu’un utilisant déjà FT8, l’installation est presque familière : transceiver VHF piloté par ordinateur, interface audio et synchronisation correcte de l’horloge.

Dans WSJT-X, il suffit ensuite de sélectionner MSK144. La documentation recommande notamment une fréquence audio de réception de 1 500 Hz et des séquences émission/réception de 15 secondes pour la plupart des utilisations.

Il reste évidemment à orienter l’antenne vers la région où une réflexion favorable peut permettre la liaison avec le correspondant recherché.

Et contrairement au FT8 sur HF, il faudra parfois être patient : plusieurs réflexions peuvent être nécessaires avant d’avoir reçu toutes les informations indispensables pour valider le QSO.

Les Perséides : le moment idéal pour essayer

Le Meteor Scatter ne fonctionne pas uniquement pendant les grandes pluies d’étoiles filantes. Des météores sporadiques pénètrent continuellement dans notre atmosphère et permettent des contacts tout au long de l’année.

Mais les Perséides constituent une occasion particulièrement intéressante pour débuter.

Elles sont actives du 17 juillet au 24 août, avec leur maximum les 12 et 13 août 2026. Elles proviennent des poussières laissées par la comète 109P/Swift-Tuttle.

Alors, cette nuit, ne vous contentez peut-être pas de regarder les étoiles filantes.

Allumez également le transceiver, lancez WSJT-X, sélectionnez MSK144 et écoutez le 144 MHz.

Une poussière de quelques millimètres située à une centaine de kilomètres au-dessus de votre antenne pourrait bien vous permettre de réaliser votre prochain DX.

Liens utiles pour aller plus loin

Pour approfondir le Meteor Scatter et préparer vos premiers QSO en MSK144, consultez la documentation officielle de WSJT-X ainsi que l’excellent document technique The MSK144 Protocol for Meteor-Scatter Communication de K9AN et K1JT. Pour connaître les périodes les plus favorables, l’American Meteor Society publie un calendrier des pluies de météores indiquant notamment les dates des maxima, la vitesse des météores et leur taux horaire théorique.

 

Après QO-100 : à quoi pourrait ressembler son successeur ?

QO-100 - Future GEO

Depuis sa mise en service en 2019, Qatar OSCAR-100 (QO-100) a profondément changé la pratique du satellite chez les radioamateurs. Pour la première fois, nous disposons d’un transpondeur radioamateur en orbite géostationnaire, accessible 24 heures sur 24 sur une immense zone géographique.

Avec une parabole, un LNB et quelques watts en 2,4 GHz, il est aujourd’hui possible de réaliser des contacts à plusieurs milliers de kilomètres en SSB, CW, modes numériques ou DATV.

Mais QO-100 ne sera évidemment pas éternel. Et dans le domaine spatial, préparer une nouvelle mission demande des années.

C’est pourquoi AMSAT-DL réfléchit déjà à l’après QO-100, dans le cadre d’une étude menée avec l’Agence spatiale européenne (ESA). Le projet porte un nom : futureGEO.

Pourquoi préparer maintenant l’après QO-100 ?

Il n’est absolument pas question d’enterrer QO-100. Lors du workshop futureGEO organisé à Friedrichshafen en juin 2026, une durée de fonctionnement encore importante d’Es’hail-2 a été évoquée.

Mais concevoir une nouvelle charge utile, choisir les technologies, obtenir les fréquences, trouver des partenaires puis surtout une opportunité de lancement peut prendre de nombreuses années.

Depuis janvier 2025, AMSAT-DL travaille ainsi dans le cadre du programme ARTES Future Preparation de l’ESA sur une étude baptisée Future Amateur Geostationary Payload Definition.

L’objectif est de déterminer ce que pourrait devenir la prochaine génération de charge utile radioamateur géostationnaire.

Trois grandes pistes sont actuellement étudiées.

Enhanced QO-100+ : améliorer ce qui fonctionne déjà

La première solution serait la plus proche de notre QO-100 actuel.

Baptisée provisoirement Enhanced QO-100+, elle conserverait le principe des transpondeurs classiques : le satellite reçoit nos émissions et les retransmet vers la Terre.

Nous pourrions ainsi retrouver un transpondeur bande étroite destiné à la SSB, CW et aux modes numériques ainsi qu’un transpondeur large bande pour la DATV.

Mais cette nouvelle génération pourrait apporter plusieurs améliorations : nouvelles balises, plusieurs bandes de fréquences, transmission de textes et d’images ou encore fonctions destinées aux communications d’urgence.

Cette solution aurait un avantage évident : nous savons déjà que le concept QO-100 fonctionne remarquablement bien.

Digital Innovation Lab : un SDR dans l’espace

La deuxième proposition est beaucoup plus ambitieuse.

Avec le Digital Innovation Lab, il ne serait plus simplement question de placer un relais dans l’espace. La charge utile disposerait d’importantes capacités de traitement numérique du signal.

Nous entrerions alors véritablement dans le domaine du SDR — Software Defined Radio — spatial.

Contrairement à un transpondeur classique qui retransmet essentiellement ce qu’il reçoit, une plateforme numérique pourrait traiter les signaux à bord et permettre d’expérimenter de nouvelles modulations ou de nouveaux protocoles.

On peut alors imaginer un véritable laboratoire radioamateur géostationnaire, permettant de tester de nouvelles technologies sans devoir construire un nouveau satellite pour chaque expérimentation.

C’est probablement l’idée la plus révolutionnaire de futureGEO : certaines fonctions pourraient évoluer grâce au logiciel alors que le satellite serait déjà en orbite.

High Frequency Pathfinder : explorer encore plus haut

La troisième proposition regarde encore plus loin.

Le High Frequency Pathfinder serait notamment destiné à explorer les communications dans les bandes millimétriques (mmWave).

Pour les expérimentateurs radioamateurs, ce serait un formidable terrain de jeu : nouvelles antennes, propagation sur les très hautes fréquences, balises expérimentales, mesures scientifiques et nouvelles techniques de transmission.

Nous serions alors bien au-delà d’un simple « QO-100 amélioré ».

Le satellite deviendrait également une plateforme d’expérimentation hyperfréquence.

Trois visions pour le futur

Ces trois concepts représentent finalement trois philosophies différentes.

Enhanced QO-100+ privilégie la continuité en améliorant une formule éprouvée.

Digital Innovation Lab transforme le satellite en plateforme SDR évolutive et expérimentale.

High Frequency Pathfinder ouvre la porte aux expérimentations sur les bandes millimétriques et aux technologies radio de demain.

La future solution pourrait d’ailleurs combiner plusieurs de ces idées.

Il faut cependant rester prudent : futureGEO n’est pas encore un satellite dont le lancement serait programmé. Nous sommes actuellement dans une phase d’étude et de définition des besoins.

QO-100 n’était peut-être que le début

QO-100 a démontré qu’un satellite géostationnaire radioamateur pouvait devenir un formidable outil de communication et d’expérimentation.

Sept ans après son lancement, nous nous sommes presque habitués à pouvoir utiliser depuis notre jardin un transpondeur situé à près de 36 000 km au-dessus de la Terre.

La question n’est donc peut-être plus seulement de savoir comment remplacer QO-100.

Elle devient plutôt :

que pourrions-nous faire de mieux la prochaine fois ?

Avec QO-100+, le Digital Innovation Lab et le High Frequency Pathfinder, les premières réponses commencent à apparaître.

Le successeur de QO-100 pourrait ainsi ne plus être seulement un relais radioamateur, mais devenir un véritable laboratoire radio dans l’espace accessible depuis nos stations.

Une évolution que nous suivrons évidemment avec beaucoup d’intérêt.

HAMgpt : quand l’intelligence artificielle se met au service des radioamateurs

HamGPT

L’intelligence artificielle s’installe progressivement dans de nombreux domaines techniques et le radioamateurisme n’échappe pas à cette évolution. Après les assistants généralistes comme ChatGPT, voici HAMgpt, une intelligence artificielle développée spécifiquement pour les radioamateurs.

Lancé en 2026, HAMgpt se présente comme un « Personal AI Copilot for Amateur Radio », autrement dit un copilote intelligent destiné à accompagner l’opérateur dans ses activités radio.

Propagation, DX, satellites, relais, antennes, calculs ou théorie de la radioélectricité : son champ d’utilisation est particulièrement vaste.

Un assistant adapté au radioamateur

L’un des intérêts de HAMgpt est sa capacité à tenir compte du contexte de l’utilisateur : indicatif, pays, localisation, classe de licence et certains éléments concernant sa station.

Cette personnalisation permet de poser des questions très concrètes.

Au lieu de demander simplement :

« Quelle bande utiliser pour faire du DX ? »

on peut demander :

« Depuis ma position, quelle bande semble actuellement la plus favorable pour contacter l’Amérique du Nord ? »

HAMgpt peut alors associer les connaissances de l’intelligence artificielle aux données disponibles concernant les conditions de propagation et l’activité radio.

Propagation, DX, POTA et SOTA

La propagation constitue naturellement l’un de ses domaines de prédilection.

Les possibilités de liaison dépendent de nombreux paramètres : heure, saison, activité solaire, état de l’ionosphère, fréquence et distance à parcourir.

HAMgpt peut aider l’opérateur à interpréter ces informations et à choisir une bande présentant de bonnes probabilités d’ouverture vers une région donnée.

L’assistant s’intéresse également au DX et aux activités populaires comme le POTA (Parks On The Air) et le SOTA (Summits On The Air).

L’intérêt est évident : plutôt que de consulter plusieurs services, l’opérateur peut demander à l’intelligence artificielle de synthétiser les informations utiles.

Cela ne dispense évidemment pas d’écouter les bandes ou de consulter WSPR, PSK Reporter et les différents clusters DX pour constater ce qui se passe réellement.

Satellites et relais VHF/UHF

HAMgpt peut également fournir des informations concernant les passages de satellites radioamateurs en fonction de la localisation de l’opérateur.

Même principe pour les relais : il peut rechercher les relais VHF et UHF à proximité (uniquement USA !), avec leurs principales caractéristiques : fréquence, décalage émission/réception et tonalités d’accès.

Une fonction particulièrement intéressante pour le radioamateur en déplacement.

HAMgpt sait aussi parler technique

Il serait cependant réducteur de présenter HAMgpt uniquement comme un outil consacré à la propagation, aux satellites et aux relais.

On peut également lui soumettre des questions techniques de radioélectricité.

Il est ainsi possible de l’interroger sur le fonctionnement d’un dipôle, d’une verticale ou d’une Yagi, mais aussi sur la résonance, les circuits RLC, le gain, les décibels ou l’adaptation d’impédance.

Quelques exemples :

« Pourquoi un dipôle demi-onde mesure-t-il réellement un peu moins de λ/2 ? »

« Pourquoi une antenne verticale quart d’onde nécessite-t-elle des radians ? »

« Quelle est la différence entre gain, directivité et rendement d’une antenne ? »

HAMgpt peut ainsi devenir un outil pédagogique pour approfondir certaines notions de radioélectricité.

ROS, impédance et lignes de transmission

Les problèmes d’adaptation peuvent également lui être soumis.

HAMgpt peut expliquer le ROS/SWR, le coefficient de réflexion ou les notions de résistance, de réactance et d’impédance complexe.

On pourrait par exemple lui demander :

« Mon antenne présente une impédance de 25 + j30 Ω sur une ligne de 50 Ω. Que signifie cette mesure ? »

L’assistant pourra expliquer la partie résistive et la réactance inductive, puis éventuellement effectuer les calculs correspondants.

Pertes dans les câbles coaxiaux, coefficient de vélocité, longueur électrique, transformateurs quart d’onde, stubs, baluns, ununs et chokes font également partie des sujets que l’on peut aborder.

HAMgpt peut aussi apporter une aide au dépannage en suggérant différentes causes possibles face à un ROS anormal ou à une installation qui ne fonctionne plus correctement.

Où trouver HAMgpt et dans quelle langue lui parler ?

HAMgpt est accessible directement sur son site Internet :

HAMgpt : https://hamgpt.co/

Une démonstration est accessible depuis la page d’accueil et il est possible de créer un compte gratuit pour utiliser plus complètement le service.

L’interface et la présentation du site sont principalement en anglais, et HAMgpt peut naturellement être interrogé en anglais ou en espagnol.

Bonne nouvelle pour ceux qui maîtrisent moins bien la langue de Shakespeare : il comprend très bien les questions formulées en français. Lors de son utilisation, il peut même répondre en français, même si ce comportement ne semble pas encore être présenté comme une fonctionnalité officiellement garantie.

On peut donc parfaitement essayer de lui écrire :

« Pourquoi mon antenne verticale présente-t-elle un ROS élevé sur 14 MHz ? »

sans nécessairement traduire la question en anglais.

HAMgpt et ChatGPT : deux approches complémentaires

HAMgpt pourrait être présenté comme un « ChatGPT pour radioamateurs », mais cette définition serait trop simpliste.

Une intelligence artificielle généraliste peut développer une théorie, effectuer une démonstration mathématique, analyser un circuit ou accompagner la conception d’un projet.

HAMgpt apporte surtout une spécialisation radioamateur, associée à des informations propres à cette activité.

On pourrait résumer la différence ainsi :

ChatGPT : « Comment fonctionne la propagation sur 20 mètres ? »

HAMgpt : « Est-ce une bonne idée d’essayer le 20 mètres depuis ma station maintenant ? »

Les deux approches sont donc davantage complémentaires que concurrentes.

Un outil supplémentaire dans la station

Propagation, DX, POTA, SOTA, satellites, relais, antennes, ROS, lignes de transmission et théorie de la radioélectricité : HAMgpt couvre finalement une bonne partie des préoccupations du radioamateur.

Une précaution reste néanmoins indispensable : une intelligence artificielle peut se tromper. Une formule, un calcul, une longueur d’antenne ou une information réglementaire importante doit toujours être vérifiée auprès d’une source fiable.

HAMgpt ne remplacera donc ni l’expérimentation, ni les mesures, ni le fer à souder, ni le NanoVNA et encore moins les discussions entre radioamateurs.

Mais il pourrait bien devenir un nouvel outil dans la boîte à outils de l’OM.

 

Éclipses solaires et radioamateurisme : quand la Lune perturbe la propagation des ondes

Eclipse 12 aout 2026

Une éclipse solaire est avant tout un spectacle astronomique fascinant. Pendant quelques minutes, la Lune vient masquer une partie ou la totalité du Soleil et transforme parfois le jour en une étrange pénombre.

Mais pour les radioamateurs, une éclipse est également une formidable expérience grandeur nature.

En masquant temporairement le rayonnement solaire, la Lune modifie l’ionisation des couches supérieures de l’atmosphère. Or ce sont précisément ces couches qui permettent à nos signaux HF de parcourir des centaines, voire des milliers de kilomètres.

Une éclipse peut donc modifier la propagation radio, parfois de façon spectaculaire.

Et justement, le 12 août 2026, une importante éclipse solaire sera observable depuis la France. Une excellente occasion de tourner les boutons de nos émetteurs… mais aussi de sortir le carnet de mesures !

1 – Pourquoi les éclipses intéressent-elles les radioamateurs ?

Pour comprendre l’intérêt d’une éclipse, il faut revenir rapidement sur le fonctionnement de la propagation HF.

À plusieurs dizaines ou centaines de kilomètres au-dessus de nos têtes se trouve l’ionosphère.

Sous l’action principalement des rayonnements ultraviolets et X du Soleil, les molécules et les atomes présents dans cette région sont ionisés. Plusieurs couches apparaissent alors, traditionnellement appelées :

  • couche D ;
  • couche E ;
  • couches F1 et F2.

Ces différentes régions jouent un rôle essentiel dans la propagation des ondes radio.

Grâce à elles, un signal HF peut revenir vers la Terre au lieu de poursuivre simplement son chemin dans l’espace. Plusieurs bonds entre la Terre et l’ionosphère peuvent ainsi permettre des communications à très grande distance.

Mais cette ionosphère n’est absolument pas constante.

Elle varie entre le jour et la nuit, avec les saisons, l’activité solaire et même en fonction de notre position géographique.

Une éclipse solaire introduit une variation supplémentaire particulièrement intéressante.

2 – Une nuit artificielle en pleine journée

Lors d’une éclipse solaire, la Lune se place entre la Terre et le Soleil.

Dans la zone concernée, une partie du rayonnement solaire disparaît pendant quelques minutes.

Pour l’ionosphère, c’est un peu comme si la nuit tombait brutalement en pleine journée.

La comparaison n’est évidemment pas parfaite. L’éclipse est beaucoup plus courte qu’une véritable nuit et toutes les couches de l’ionosphère ne réagissent pas à la même vitesse.

Néanmoins, la diminution du rayonnement solaire provoque une réduction de l’ionisation.

Et cette modification peut directement influencer nos communications radio.

3 – La couche D : celle qui nous intéresse particulièrement

La couche D est située approximativement entre 60 et 90 km d’altitude.

Pendant la journée, elle absorbe une partie importante de l’énergie des signaux HF, particulièrement aux fréquences les plus basses.

C’est notamment pour cette raison que les bandes 160 et 80 mètres sont généralement beaucoup plus performantes la nuit.

Après le coucher du Soleil, la couche D perd rapidement une grande partie de son ionisation. L’absorption diminue alors fortement.

Pendant une éclipse, un phénomène comparable peut temporairement se produire.

La couche D s’affaiblit alors que nous sommes encore en pleine journée.

Résultat : certaines fréquences habituellement fortement absorbées peuvent soudainement mieux se propager.

4 – Les bandes basses pourraient en profiter

Les bandes les plus intéressantes à surveiller seront donc notamment :

Bande Fréquence approximative Effet potentiel
160 m 1,8 MHz diminution de l’absorption
80 m 3,5 MHz amélioration possible
60 m 5 MHz conditions proches du crépuscule
40 m 7 MHz propagation améliorée sur certains trajets
30 m 10 MHz variations intéressantes
20 m 14 MHz évolution possible des conditions

Il ne faut cependant pas comprendre ce tableau comme la garantie de réaliser soudainement des DX extraordinaires.

La propagation dépend d’un très grand nombre de paramètres. L’éclipse ne fait qu’en modifier certains.

C’est précisément cette incertitude qui rend l’expérience intéressante !

5 – Et les bandes hautes ?

On pourrait penser que toutes les bandes HF vont bénéficier de l’éclipse.

Ce n’est pas nécessairement le cas.

La diminution du rayonnement solaire influence également les couches supérieures de l’ionosphère et notamment la région F.

La densité électronique peut diminuer et provoquer une baisse de la MUF, la Maximum Usable Frequency, ou fréquence maximale utilisable pour une liaison donnée.

Une liaison parfaitement établie sur 21 ou 28 MHz pourrait donc devenir plus difficile pendant l’éclipse.

Nous pourrions ainsi observer deux phénomènes simultanément :

une amélioration de certaines bandes basses et une dégradation de certaines bandes hautes.

6 – L’éclipse solaire du 12 août 2026

Cette année nous offre justement une occasion exceptionnelle de réaliser quelques expériences.

Le mercredi 12 août 2026, une éclipse totale de Soleil traversera notamment le Groenland, l’Islande et le nord de l’Espagne.

Depuis la France métropolitaine, elle sera partielle mais particulièrement importante.

En région parisienne, plus de 90 % du disque solaire sera occulté au maximum.

Une particularité devra toutefois être prise en compte dans nos observations : l’éclipse se déroulera en fin de journée.

Nous observerons donc simultanément les effets de l’éclipse et ceux de l’arrivée naturelle du crépuscule.

Il faudra en tenir compte pour interpréter les résultats.

7 – FT8 : beaucoup de stations pour observer la propagation

Les modes numériques constituent d’excellents outils pour étudier le phénomène.

FT8 présente notamment l’avantage d’être extrêmement utilisé.

Il sera possible d’observer les stations reçues avant, pendant et après l’éclipse et de comparer leurs rapports.

Une station habituellement inaudible à une heure donnée pourrait par exemple devenir décodable pendant quelques dizaines de minutes.

Inversement, certaines stations pourraient disparaître.

Les données FT8 peuvent donc donner une première indication des modifications de propagation.

Mais il existe un outil encore plus adapté.

8 – WSPR : un excellent laboratoire

Le WSPR – Weak Signal Propagation Reporter – a justement été conçu pour étudier la propagation.

Une station transmet périodiquement un signal de très faible puissance contenant notamment son indicatif et son locator.

Les stations qui reçoivent ce signal publient automatiquement leurs rapports.

Nous pouvons ainsi savoir :

  • qui nous reçoit ;
  • à quelle distance ;
  • sur quelle fréquence ;
  • avec quel rapport signal/bruit ;
  • et à quelle heure.

Pour étudier une éclipse, c’est presque idéal.

On pourrait par exemple laisser une station WSPR fonctionner plusieurs heures sur 40, 30 ou 20 mètres et observer l’évolution des reports.

9 – Une expérience simple à réaliser

Pas besoin d’être scientifique ou de disposer d’un laboratoire !

Une expérience intéressante pourrait consister à commencer les observations environ deux heures avant l’éclipse et à les poursuivre jusqu’à deux heures après.

Par exemple :

14 MHz → 10 MHz → 7 MHz

Plusieurs stations pourraient également se répartir les bandes.

Pour chaque bande, nous pourrions relever le nombre de stations reçues, leurs distances et surtout les rapports signal/bruit.

Il serait ensuite possible de représenter ces résultats sous forme de graphiques.

Nous pourrions peut-être observer une évolution correspondant au passage de l’ombre de la Lune.

10 – Comparer avec la veille et le lendemain

Une difficulté subsiste : comment savoir si une variation observée est réellement provoquée par l’éclipse ?

La propagation change naturellement en permanence.

Une méthode simple consiste donc à réaliser exactement les mêmes observations :

le 11 août → le 12 août → le 13 août.

Même antenne, même puissance, mêmes bandes et mêmes horaires.

Les journées du 11 et du 13 août servent alors de références.

Si une anomalie importante apparaît uniquement le 12 août au moment de l’éclipse, elle devient beaucoup plus intéressante.

L’expérience prend alors une véritable dimension scientifique.

11 – Et les VHF/UHF ?

Les effets seront beaucoup moins évidents.

Les communications locales en VHF et UHF ne reposent généralement pas sur la réflexion ionosphérique comme les communications HF.

Votre relais 145 MHz local ne devrait donc pas soudainement disparaître parce que la Lune passe devant le Soleil !

Des phénomènes ionosphériques subtils peuvent néanmoins être étudiés sur certaines fréquences et certains modes particuliers.

Pour une première expérience radioamateur, il sera cependant beaucoup plus intéressant de se concentrer sur les bandes HF.

12 – Attention : ne regardez jamais directement le Soleil

Si l’expérience radio est sans danger particulier, l’observation visuelle de l’éclipse nécessite en revanche des précautions impératives.

Il ne faut jamais regarder directement le Soleil sans protection spécialement conçue pour l’observation solaire.

Des lunettes de soleil ordinaires ne suffisent absolument pas.

Et surtout, ne regardez jamais le Soleil au travers de jumelles, d’un télescope ou d’un autre instrument optique dépourvu d’un filtre solaire approprié placé à l’entrée de l’instrument.

L’expérience radio peut d’ailleurs parfaitement être réalisée sans observer directement le Soleil.

13 – Ce qu’il faut retenir

Une éclipse solaire n’est pas seulement un magnifique phénomène astronomique.

Pour les radioamateurs, c’est également une expérience naturelle à l’échelle d’un continent.

Lorsque la Lune masque le Soleil, le rayonnement reçu par l’ionosphère diminue. La couche D s’affaiblit, l’absorption des fréquences basses peut diminuer et les conditions de propagation HF peuvent temporairement se rapprocher de celles rencontrées au crépuscule.

Pendant ce temps, la modification des couches supérieures peut également entraîner une baisse de la fréquence maximale utilisable.

Certaines bandes peuvent donc s’améliorer alors que d’autres se dégradent.

Le 12 août 2026, nous disposerons d’une excellente occasion de vérifier tout cela depuis nos propres stations.

Quelques watts, une antenne HF, FT8 ou WSPR et un ordinateur suffisent pour participer à l’expérience.

Et plutôt que de simplement constater que « la propagation était bizarre ce soir-là », essayons de conserver les données.

Avant, pendant et après l’éclipse.

Puis comparons-les avec celles de la veille et du lendemain.

C’est aussi cela, le radioamateurisme : utiliser nos stations non seulement pour communiquer, mais également pour observer, expérimenter et essayer de comprendre les phénomènes qui permettent à nos ondes de parcourir le monde.

De nouvelles pages techniques ont été publiées

La technique radioamateur occupe une place importante sur le site du Radio-Club F5KEE. Nous venons de publier plusieurs nouvelles pages destinées à mieux comprendre certains éléments essentiels de nos installations : lignes coaxiales, ROS, adaptation d’impédance, baluns, ununs et chokes. Certaines pages proposent également des calculateurs permettant de passer directement de la théorie à la pratique. Voici les cinq nouveaux dossiers techniques à découvrir :

Hamexpo 2026, le 3 octobre au Parc des Expositions du Mans

Hamexpo 2023 Le Mans 3 octobre

Hamexpo 2026 aura lieu le 3 octobre au Mans. Exposants, brocante radioamateur, conférences, ANFR et examens : découvrez le programme.

Véritable rendez-vous incontournable du monde radioamateur, Hamexpo est la plus importante manifestation radioamateur de France. Vous y retrouverez de nombreux exposants, qu’il s’agisse de commerçants spécialisés, de fabricants, d’associations ou encore de radio-clubs. Une vaste zone sera également dédiée à la brocante radioamateur, où chacun pourra vendre ou dénicher du matériel d’occasion.

L’ANFR sera naturellement présente avec son stand d’information. Elle organisera également quatre sessions d’examen, accueillant chacune 10 candidats souhaitant obtenir leur licence radioamateur.

Le tarif d’entrée est fixé à 10 €. L’accès est gratuit pour les YL, les jeunes jusqu’à 16 ans, les étudiants (sur présentation de leur carte) ainsi que pour les candidats à l’examen.

Tout au long de la journée, plusieurs conférences viendront compléter le programme et permettront d’échanger autour de nombreux sujets liés à notre passion.

Pour ceux qui souhaitent déjeuner sur place, un restaurant installé dans l’enceinte de l’exposition proposera un repas complet au tarif raisonnable de 25 €.

À partir de la fin août, les réservations des entrées et des repas seront ouvertes sur le site officiel de Hamexpo :
https://web.r-e-f.org/hamexpo-2026

 

OpsLog : un nouveau carnet de trafic radioamateur français qui mérite votre attention

OPSLOG

Le monde des logiciels de carnet de trafic est dominé depuis de nombreuses années par des références incontournables comme Logger32, Log4OM, Swisslog ou Ham Radio Deluxe. Ces logiciels sont devenus très complets au fil des ans, mais ils reposent souvent sur des architectures anciennes.

Depuis quelques mois, un nouveau projet français attire pourtant l’attention de nombreux radioamateurs : OpsLog.

Développé par F4BPO Greg, OpsLog est un logiciel open source dont le développement a officiellement débuté le 26 mai 2026 avec la publication de sa première version sur Gitea. Malgré sa jeunesse, le projet évolue à un rythme particulièrement soutenu, avec plusieurs dizaines de mises à jour en seulement quelques semaines.

Un projet français en pleine évolution

OpsLog n’est pas né d’une simple expérimentation. Dès son premier commit, le logiciel disposait déjà d’une architecture moderne comprenant :

  • une base de données SQLite ;
  • l’import des fichiers ADIF ;
  • la gestion des profils opérateurs ;
  • le contrôle CAT via OmniRig ;
  • la recherche automatique des indicatifs sur QRZ.com et HamQTH ;
  • une interface graphique moderne développée avec React et Wails.

Depuis cette première version, le développement est particulièrement dynamique. Presque chaque semaine, de nouvelles fonctionnalités apparaissent : support de nouveaux transceivers, amélioration du DX Cluster, suivi des spots, nouvelles interfaces CAT, optimisation de l’ergonomie et corrections de nombreux détails.

Cette cadence de développement témoigne d’une réelle volonté de construire un logiciel moderne, capable d’évoluer rapidement selon les besoins des utilisateurs.

Où suivre le projet ?

Même si OpsLog ne dispose pas encore d’un site vitrine dédié, son développement est entièrement public.

L’auteur met à disposition l’ensemble du projet sur son serveur Gitea personnel, où il est possible de :

  • télécharger les dernières versions ;
  • suivre les nouvelles fonctionnalités ;
  • consulter l’historique complet des développements ;
  • signaler d’éventuels problèmes.

Les ressources officielles sont :

  • ROuGGy’s Programming World (site de développement de l’auteur) ;
  • dépôt officiel OpsLog, contenant le code source, les versions et l’historique du projet.

Cette transparence est appréciable et permet à chacun de constater l’évolution du logiciel pratiquement en temps réel.

Un projet pensé avec les technologies actuelles

Contrairement à de nombreux logiciels historiques, OpsLog repose sur des technologies modernes :

  • interface graphique réactive ;
  • développement en Go et React ;
  • base de données SQLite intégrée ;
  • architecture facilement évolutive.

Cette approche permet d’obtenir un logiciel rapide, agréable à utiliser et relativement simple à maintenir.

Une saisie des QSO simplifiée

L’un des principaux atouts d’OpsLog est son interface de saisie.

Toutes les informations essentielles sont regroupées sur une seule ligne :

  • indicatif ;
  • fréquence ;
  • bande ;
  • mode ;
  • RST ;
  • heure UTC ;
  • commentaires.

L’objectif est de réduire au maximum le nombre de clics afin que l’opérateur reste concentré sur son trafic.

Le logiciel mémorise également plusieurs paramètres afin d’accélérer la saisie des contacts successifs.

Contrôle CAT intégré

OpsLog dispose déjà d’un contrôle CAT particulièrement complet.

Le logiciel récupère automatiquement :

  • la fréquence ;
  • le mode ;
  • la bande ;
  • le SPLIT ;
  • les VFO.

L’interface repose sur OmniRig, ce qui assure une bonne compatibilité avec de nombreux transceivers du marché.

Recherche automatique des stations

Lorsqu’un indicatif est saisi, OpsLog peut interroger automatiquement plusieurs services comme :

  • QRZ.com ;
  • HamQTH.

Les informations sont ensuite mémorisées localement afin d’accélérer les recherches futures.

Importation des anciens carnets

Changer de logiciel est souvent une étape délicate.

OpsLog facilite cette migration grâce à la prise en charge du format ADIF, standard utilisé par la quasi-totalité des logiciels radioamateurs.

Quelques minutes suffisent pour retrouver plusieurs milliers de QSO dans le nouveau carnet.

Suivi du DX

Pendant la saisie, OpsLog indique immédiatement :

  • si la station a déjà été contactée ;
  • si le DXCC est nouveau ;
  • si la bande ou le mode représentent un nouveau slot.

Ces informations sont particulièrement utiles pour les amateurs de DX et de diplômes.

Une ouverture vers les autres logiciels

L’auteur ne souhaite pas faire d’OpsLog un logiciel isolé.

Plusieurs développements sont déjà orientés vers l’interconnexion avec d’autres applications radioamateurs.

Parmi les fonctionnalités annoncées ou en cours figurent notamment :

  • le pilotage de rotateurs ;
  • le support des DX Clusters ;
  • la communication réseau avec d’autres logiciels spécialisés.

Un logiciel encore jeune…

Il serait toutefois injuste de comparer directement OpsLog à des logiciels développés depuis plus de vingt ans.

Certaines fonctions avancées restent encore en cours de développement :

  • gestion complète des diplômes ;
  • concours ;
  • synchronisation avec davantage de services en ligne ;
  • personnalisation avancée.

Mais le rythme de développement laisse penser que ces fonctionnalités arriveront progressivement.

Notre avis

OpsLog représente probablement ce que beaucoup attendaient depuis longtemps : un carnet de trafic moderne, développé avec les technologies actuelles et conçu dès le départ pour évoluer rapidement.

Son développement très actif, assuré par F4BPO depuis le printemps 2026, montre qu’il ne s’agit pas d’un simple projet expérimental mais d’un logiciel appelé à s’enrichir au fil des versions.

S’il poursuit sur cette lancée, OpsLog pourrait rapidement devenir une alternative sérieuse aux logiciels historiques.

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Les amplificateurs de puissance pour QO-100

Les amplificateurs de puissance pour QO-100

Comment choisir le bon amplificateur pour la bande 2,4 GHz ?

Depuis la mise en service du satellite géostationnaire QO-100 (Es’hail-2), des milliers de radioamateurs ont découvert le plaisir de réaliser des contacts via un satellite accessible 24 heures sur 24. Contrairement aux satellites défilants, il suffit de pointer une parabole vers une position fixe dans le ciel pour disposer d’un relais permanent couvrant une vaste partie de l’Europe, de l’Afrique et de l’Asie.

Pour émettre sur le transpondeur bande étroite (Narrow Band), la plupart des stations utilisent un transverter ou un SDR, suivi d’un amplificateur de puissance fonctionnant à 2,4 GHz. C’est précisément ce dernier élément qui soulève le plus de questions : quelle puissance choisir ? Les amplificateurs Wi-Fi à 50 € sont-ils réellement suffisants ? Faut-il investir dans un modèle professionnel de 20 ou 40 W ?

Dans cet article, nous faisons le point sur les différentes solutions disponibles et sur les critères qui comptent réellement.


Pourquoi un amplificateur est-il nécessaire ?

La majorité des transverters destinés à QO-100 délivrent entre 100 mW et 500 mW.

Cette puissance est insuffisante pour alimenter directement une parabole de 80 cm en phonie SSB. Un amplificateur devient donc indispensable afin d’obtenir une puissance rayonnée permettant d’être reçu confortablement sur le satellite. Toutefois, cela ne signifie pas qu’il faille rechercher la puissance maximale : la qualité du signal est bien plus importante que le nombre de watts affiché sur le wattmètre.


La puissance n’est pas tout

Beaucoup de débutants pensent qu’un amplificateur de 20 W sera quatre fois meilleur qu’un modèle de 5 W.

En radiofréquence, ce raisonnement est faux.

Voici le gain obtenu lorsque la puissance double :

Puissance Gain
1 W 0 dB
2 W +3 dB
4 W +6 dB
8 W +9 dB
16 W +12 dB

Autrement dit, passer de 4 W à 16 W ne procure qu’un gain de 6 dB.

Si votre parabole est correctement pointée et que votre antenne d’émission est bien réalisée, quelques watts suffisent généralement pour produire un excellent signal sur QO-100.


La première règle : rester linéaire

Le transpondeur bande étroite de QO-100 est utilisé simultanément par de nombreux radioamateurs.

Une modulation SSB déformée ou un amplificateur saturé génèrent des produits d’intermodulation qui viennent polluer plusieurs kilohertz de bande passante.

C’est pourquoi il est toujours préférable d’utiliser un amplificateur à 50 % de sa puissance maximale plutôt qu’à pleine puissance.

Un amplificateur fonctionnant dans sa zone linéaire :

  • produit une modulation plus propre ;
  • limite les produits d’intermodulation (IMD) ;
  • chauffe moins ;
  • offre une meilleure fiabilité à long terme.

Les amplificateurs Wi-Fi chinois

Depuis plusieurs années, les amplificateurs Wi-Fi 2,4 GHz sont devenus la solution la plus populaire pour débuter sur QO-100.

Le plus connu est sans doute l’EDUP EP-AB003, souvent annoncé pour 8 W.

En pratique, cette valeur correspond davantage à une puissance en saturation qu’à une puissance exploitable en SSB. Pour conserver une bonne linéarité, la plupart des utilisateurs limitent la puissance de sortie entre 2 et 4 W.

Avantages

  • prix très abordable ;
  • facile à trouver ;
  • consommation réduite ;
  • idéal pour débuter.

Inconvénients

  • puissance commerciale souvent optimiste ;
  • refroidissement perfectible ;
  • linéarité moyenne à forte puissance ;
  • qualité variable selon les fabricants.

Pour une station économique équipée d’une parabole de 80 cm, ce type d’amplificateur constitue néanmoins une excellente solution.


Les amplificateurs DX Patrol

DX Patrol propose depuis plusieurs années des amplificateurs spécifiquement conçus pour QO-100.

Ils délivrent environ 10 à 12 W sous 28 V grâce à un convertisseur DC-DC généralement fourni avec l’ensemble.

Par rapport aux modèles Wi-Fi, ils offrent :

  • une meilleure intégration ;
  • une commutation émission/réception prévue dès l’origine ;
  • des performances plus constantes ;
  • une meilleure qualité de fabrication.

Ils représentent un bon compromis entre simplicité de mise en œuvre et performances.


Les amplificateurs SG-Lab

Pour de nombreux radioamateurs, les amplificateurs SG-Lab constituent une référence.

Le modèle 20 W fonctionne sous 28 V et offre une excellente linéarité lorsqu’il est correctement piloté.

Ses principaux atouts sont :

  • conception dédiée au trafic radioamateur ;
  • excellente stabilité ;
  • faible distorsion ;
  • mesures de puissance directe et réfléchie disponibles.

En contrepartie, il nécessite une alimentation plus élaborée qu’un simple amplificateur Wi-Fi.


Les modules professionnels de récupération

De nombreux OM utilisent également des modules provenant d’équipements professionnels :

  • Ericsson ;
  • Nokia ;
  • Huawei ;
  • stations LTE ou UMTS.

Ces amplificateurs offrent souvent des performances remarquables pour un prix raisonnable sur le marché de l’occasion.

En revanche, leur intégration demande davantage de compétences :

  • alimentation spécifique ;
  • commande émission/réception ;
  • filtrage ;
  • adaptation mécanique.

Ils s’adressent principalement aux radioamateurs appréciant les réalisations personnelles.


Le refroidissement : un point souvent négligé

À 2,4 GHz, un amplificateur peut dissiper plusieurs dizaines de watts sous forme de chaleur.

Même si certains modèles semblent fonctionner correctement sans ventilation, leur température augmente rapidement lors d’un trafic prolongé.

Quelques recommandations simples :

  • utiliser un radiateur généreux ;
  • appliquer une pâte thermique de qualité ;
  • installer un ventilateur silencieux ;
  • éviter les boîtiers totalement fermés.

Un amplificateur qui reste froid conservera plus longtemps ses performances et sa linéarité.


L’alimentation

Selon les modèles, plusieurs tensions sont utilisées :

  • 12 V ;
  • 13,8 V ;
  • 24 V ;
  • 28 V.

Les modèles les plus puissants fonctionnent généralement sous 28 V.

Il faut également prévoir :

  • une alimentation suffisamment dimensionnée ;
  • des câbles de forte section ;
  • une bonne protection par fusible.

Une alimentation sous-dimensionnée provoque une chute de tension qui réduit la puissance disponible et augmente parfois la distorsion.


Attention au câble coaxial

À 2,4 GHz, les pertes deviennent importantes.

Quelques mètres de mauvais câble peuvent faire perdre une partie importante de la puissance produite par l’amplificateur.

Pour cette raison, on installe souvent le PA au plus près de l’antenne afin de limiter la longueur de câble entre l’amplificateur et le système rayonnant.

Le choix d’un câble à faibles pertes, comme ceux présentés dans notre guide consacré aux câbles coaxiaux, est donc particulièrement important.


LEILA : le gardien du satellite

QO-100 dispose d’un système de surveillance baptisé LEILA (LEIstungs Limit Anzeige).

Son rôle est de rappeler à l’ordre les stations dont le signal dépasse le niveau recommandé.

Lorsqu’un opérateur émet avec une puissance excessive, un signal sonore caractéristique est injecté afin de l’inciter à réduire immédiatement sa puissance. L’objectif est de préserver la qualité du transpondeur pour l’ensemble des utilisateurs.


Quel amplificateur choisir ?

Votre objectif Solution recommandée
Découvrir QO-100 à moindre coût Amplificateur Wi-Fi 2 à 4 W
Station économique et performante DX Patrol
Station fixe de qualité SG-Lab
Projet expérimental Module professionnel de récupération

Dans la majorité des cas, il est inutile de rechercher la puissance maximale. Une station correctement réglée, utilisant quelques watts avec une bonne linéarité, donnera de bien meilleurs résultats qu’un amplificateur puissant fonctionnant en saturation.


Conclusion

L’amplificateur de puissance constitue un élément essentiel d’une station QO-100, mais il ne doit pas être choisi uniquement en fonction de la puissance annoncée.

La linéarité, la qualité du refroidissement, la stabilité de l’alimentation et la qualité du câble coaxial influencent tout autant les performances finales. Pour la plupart des radioamateurs, un amplificateur délivrant entre 2 et 10 W dans de bonnes conditions d’utilisation est largement suffisant pour réaliser d’excellents QSO via le satellite.

Comme souvent en radioamateurisme, le meilleur résultat s’obtient par un ensemble cohérent : une parabole correctement pointée, une antenne d’émission bien réalisée, un amplificateur utilisé dans sa zone linéaire et une puissance adaptée aux recommandations de l’AMSAT. Un signal propre sera toujours plus apprécié qu’un signal puissant mais dégradé.

Ressources documentaire

Cet article consacré aux amplificateurs de puissance pour QO-100, ainsi que les illustrations qui l’accompagnent, ont été élaborés à partir de recherches documentaires et avec l’aide de ChatGPT. Les informations présentées ont ensuite été sélectionnées, adaptées et complétées afin de proposer un contenu pratique, fiable et accessible aux radioamateurs.