Bienvenue sur le Site du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon (91 – Essonne)!

Chers(es) visiteurs(ses) et passionnés(es) de radio et de sciences,

Le Radio-Club F5KEE vous accueille à la Maison des Associations de Viry-Châtillon, au cœur de l’Essonne. Dans ce lieu ouvert et convivial, nous réunissons toutes celles et ceux qui partagent la curiosité des sciences, des techniques et des communications sans fil.

Le radioamateurisme, c’est bien plus qu’un simple hobby :
c’est une passion universelle, où l’on apprend à dialoguer avec le monde entier, à construire ses propres antennes et équipements, à explorer la propagation des ondes, mais aussi à découvrir les technologies numériques et les satellites.

À qui s’adresse le radio-club ?

Le F5KEE s’adresse à tous les publics :

  • les curieux qui veulent découvrir ce qu’est la radio et comment on peut communiquer sans Internet,

  • les jeunes et étudiants attirés par la technique, l’électronique ou l’aéronautique,

  • les futurs radioamateurs qui souhaitent préparer la licence,

  • les opérateurs confirmés qui veulent partager leurs expériences, expérimenter ou participer à des contests,

  • et plus largement, toute personne désireuse d’apprendre, de pratiquer et d’échanger dans un cadre associatif.

Que fait-on au F5KEE ?

Nos activités sont variées et adaptées à tous les niveaux :

  • Découverte et formation : initiation aux bases de la radio, aide à la préparation de la licence radioamateur ( voir : nos formations )

  • Pratique du trafic : contacts en phonie, en CW (morse), en modes numériques (FT8, …), via satellites ou encore à travers le monde en HF.

  • Expérimentations techniques : réalisation et essais d’antennes, utilisation du SDR, projets autour de l’Arduino ou d’interfaces numériques.

  • Activités collectives : organisation de démonstrations publiques, projets éducatifs en lien avec les écoles ou évènements internationaux (ARISS, QO-100, etc.).

  • Vie de club : échanges, entraide, convivialité et partage de connaissances dans une ambiance amicale.

Pourquoi nous rejoindre ?

Adhérer au Radio-Club F5KEE, c’est rejoindre une communauté dynamique et passionnée, c’est apprendre en pratiquant, c’est aussi trouver un lieu où la curiosité technique et la convivialité se conjuguent au quotidien.

C’est également l’occasion d’acquérir des bases solides en électricité et en électronique, compétences précieuses pour comprendre le fonctionnement des équipements mais aussi pour, pourquoi pas, préparer un futur métier dans les domaines techniques, scientifiques ou industriels.

Que vous soyez simple curieux, débutant ou opérateur chevronné, poussez la porte de la Maison des Associations de Viry-Châtillon : F5KEE vous accueille et vous invite à découvrir le monde fascinant du radioamateurisme.

L’équipe du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon

EME avec seulement deux Yagi : où se trouve réellement la limite ?

EME avec deux Yagi sous la Lune

Quand on évoque l’EME (Earth-Moon-Earth), les images qui viennent immédiatement à l’esprit sont celles d’impressionnants groupements de quatre, huit ou seize Yagi pointées vers la Lune. Pourtant, l’EME moderne n’est plus exclusivement réservé à ces installations.

Sur 144 MHz, deux bonnes Yagi, quelques centaines de watts et une réception soigneusement optimisée peuvent déjà ouvrir la porte aux communications lunaires. Mais jusqu’où peut-on réellement aller ?

La Lune nous fait payer très cher le voyage

Le principe de l’EME est simple : envoyer notre signal vers la Lune et récupérer sur Terre une infime partie de l’énergie réfléchie.

La distance parcourue approche 800 000 km aller-retour, selon la position de la Lune. À cela s’ajoute le fait que notre satellite n’est évidemment pas un réflecteur parfait. Le signal reçu devient donc extraordinairement faible.

C’est précisément là que les modes numériques modernes ont changé la situation. Avec Q65, intégré à WSJT-X et conçu notamment pour les communications à signaux extrêmement faibles, il devient possible d’exploiter des signaux totalement inaudibles à l’oreille.

En 144 MHz EME, Q65-60A constitue aujourd’hui un choix particulièrement adapté.

Deux Yagi, c’est déjà une vraie antenne EME

Attention cependant : dire « deux Yagi » ne suffit pas.

Deux petites antennes de quelques éléments ne peuvent pas être comparées à deux longues Yagi de 12, 15 ou 18 éléments. C’est leur gain réel, et non simplement leur nombre, qui nous intéresse.

En théorie, coupler deux antennes identiques correctement espacées et mises en phase apporte environ 3 dB par rapport à une seule. En pratique, il faut retrancher les pertes du coupleur et des lignes de phasage.

Ces quelques décibels sont précieux.

L’expérience de stations EME montre d’ailleurs que des contacts 144 MHz sont possibles avec une seule longue Yagi lorsque la station correspondante possède une installation importante. W7GJ explique ainsi que des stations mono-Yagi correctement installées peuvent contacter plusieurs grosses stations EME.

Avec deux bonnes Yagi, nous disposons donc déjà d’une base très sérieuse.

Deux Yagi vers la Lune

Deux longues Yagi 144 MHz correctement couplées peuvent déjà constituer une véritable station EME.

100 W, 300 W ou 500 W ?

Il serait tentant de définir une puissance minimale : « il faut 500 W pour faire de l’EME ».

La réalité est beaucoup moins simple.

Avec 100 W, deux longues Yagi et une excellente réception, quelques grosses stations peuvent devenir accessibles dans de bonnes conditions. Avec 300 à 500 W réellement disponibles aux antennes, le nombre de correspondants potentiels augmente considérablement.

W7GJ indique, à titre d’exemple pour une petite station 144 MHz, que plus de 200 W à l’antenne peuvent déjà permettre des contacts avec certaines grosses stations et que les possibilités augmentent fortement vers 400 W et au-delà.

Il faut cependant distinguer la puissance affichée par l’amplificateur de celle qui arrive réellement aux Yagi.

500 W dans le shack ne signifient pas nécessairement 500 W aux antennes !

Connecteurs, relais, coupleur, lignes de phasage et surtout câble coaxial prélèvent leur part.

En réception, chaque décibel compte

L’erreur classique consiste à concentrer tous les efforts sur l’amplificateur.

En EME, la réception est au moins aussi importante.

Un excellent préamplificateur derrière plusieurs décibels de pertes coaxiales ne pourra jamais récupérer le signal déjà perdu. L’idéal est donc de placer un LNA à très faible bruit au plus près des antennes, accompagné d’un système de commutation et de séquençage TX/RX correctement conçu.

Le principe à retenir est simple :

Yagi → relais RX/TX → LNA → coaxial → récepteur.

Une station de 300 W parfaitement optimisée peut ainsi se révéler plus efficace qu’une installation beaucoup plus puissante gaspillant plusieurs décibels dans ses câbles.

Budget de liaison EME : chaque décibel compte

En EME, le bilan de liaison est extrême : chaque décibel gagné sur les antennes, les câbles et la réception compte.

Q65 repousse encore la limite

Q65 constitue probablement l’élément qui rend aujourd’hui cette petite station réellement intéressante.

WSJT-X permet notamment l’averaging, c’est-à-dire l’exploitation de plusieurs séquences reçues pour améliorer les chances de décodage d’un signal extrêmement faible. W7GJ recommande notamment l’utilisation de cette fonction pour ses opérations EME en Q65.

Nous ne cherchons donc plus nécessairement à « entendre » notre correspondant. Le logiciel peut extraire une information située très profondément dans le bruit.

C’est une différence fondamentale avec l’EME historique pratiqué en CW.

N’oublions pas le sol !

Une petite station possède même un joker étonnant : le ground gain.

Lorsque la Lune se trouve très basse sur l’horizon, l’interaction entre le signal direct et celui réfléchi par le sol peut produire des lobes offrant plusieurs décibels supplémentaires. Avec un horizon favorable et une polarisation horizontale, W7GJ rapporte des gains pouvant atteindre 6 à 8 dB dans certaines configurations.

Gain de sol EME sous la Lune

À faible élévation, la réflexion sur le sol peut renforcer le signal EME de plusieurs décibels.

Ce phénomène explique certains résultats apparemment extraordinaires obtenus avec une seule Yagi.

Mais il est variable : terrain, hauteur de l’antenne et élévation de la Lune influencent fortement le résultat.

Alors, où est réellement la limite ?

Elle n’est finalement ni à deux Yagi, ni à 500 W.

La véritable limite est le bilan de liaison complet entre les deux stations.

Deux longues Yagi, 300 ou 500 W aux antennes, un excellent LNA, des coaxiaux à faibles pertes, un pointage précis et Q65 peuvent parfaitement constituer une petite station EME 144 MHz fonctionnelle.

Au début, les correspondants seront surtout les « big guns », équipés de grandes antennes et de puissances importantes. Deux petites stations identiques auront évidemment beaucoup plus de difficultés à communiquer entre elles.

C’est peut-être finalement la meilleure manière d’aborder l’EME : ne pas chercher immédiatement à construire quatre ou huit antennes, mais commencer par deux excellentes Yagi et traquer chaque décibel perdu.

Car en EME, ce n’est pas forcément celui qui possède le plus d’antennes qui gagne.

C’est celui qui gaspille le moins de dB.

Liens utiles

Documentation officielle WSJT-X et Q65 :
https://wsjt.sourceforge.io/wsjtx-main_en.html

W7GJ — Small or Portable 2m EME Stations :
https://www.bigskyspaces.com/w7gj/smallemestn.htm

W7GJ — conseils pour réussir en EME 144 MHz :
https://www.bigskyspaces.com/w7gj/emetips.htm

W7GJ — configuration de Q65 pour l’EME :
https://www.bigskyspaces.com/w7gj/Q65SETUP.pdf

Et si la télégraphie m’était contée !

De Morse à la radio moderne

Il suffit parfois de tourner le bouton d’un récepteur sur les bandes radioamateurs pour entendre surgir du bruit une succession de sons brefs et longs : ti-ti-tah, tah-ti-ti-ti…

À l’heure des satellites, d’Internet, du FT8 et des transmissions numériques, on pourrait croire cette manière de communiquer reléguée au musée. Pourtant, chaque jour, des milliers de radioamateurs continuent d’échanger ainsi à travers le monde.

Cette survivante a un nom : la CW, héritière directe de près de deux siècles de télégraphie.

Au commencement était… le fil

Bien avant que l’on imagine transmettre une voix par radio, une révolution avait déjà bouleversé les communications : le télégraphe électrique.

Dans les années 1830, plusieurs inventeurs travaillent sur des systèmes permettant d’envoyer une information grâce à l’électricité. Parmi eux, l’Américain Samuel Morse, associé notamment à Alfred Vail, développe un télégraphe électrique et un système de codage permettant de représenter les caractères.

Le principe est génialement simple : plutôt que transmettre directement une lettre, on transmet une succession d’impulsions.

Le fameux code Morse est né.

Le 24 mai 1844, Morse réalise une démonstration restée célèbre entre Washington et Baltimore avec le message :

« What hath God wrought ».

Le télégraphe allait bientôt couvrir les continents de milliers de kilomètres de fils.

Mais un problème subsistait : comment communiquer lorsqu’il n’y avait plus de fil ?

Le Morse prend les airs

À la fin du XIXe siècle, les expériences sur les ondes électromagnétiques ouvrent une nouvelle possibilité : transmettre les signaux télégraphiques… sans conducteur entre l’émetteur et le récepteur.

C’est l’époque de la TSF, la télégraphie sans fil.

Des expérimentateurs comme Guglielmo Marconi mettent progressivement au point des systèmes capables d’établir des communications sur des distances toujours plus importantes.

Le Morse quitte alors les poteaux télégraphiques pour voyager dans les airs.

L’intérêt est considérable, particulièrement en mer. Pour la première fois, un navire peut communiquer avec la terre alors qu’il se trouve à des centaines de kilomètres des côtes.

Les opérateurs radio, avec leurs écouteurs et leur manipulateur, deviennent indispensables à bord de nombreux bâtiments.

Pendant plusieurs décennies, la télégraphie sera ainsi l’un des principaux moyens de communication radio à longue distance.

Deux siècles de télégraphie CW

Du télégraphe électrique à la station radioamateur moderne : près de deux siècles d’évolution, mais toujours le même code.

SOS : trois lettres… qui n’en sont pas vraiment

Parmi les séquences Morse les plus connues figure :

… — …

Nous la lisons naturellement SOS.

Contrairement à une légende tenace, SOS n’a pas été choisi parce qu’il signifiait Save Our Souls ou Save Our Ship.

Cette séquence a surtout été retenue parce qu’elle est simple, symétrique et facilement reconnaissable :

trois signaux courts – trois longs – trois courts.

Adopté internationalement au début du XXe siècle comme signal de détresse radiotélégraphique, SOS deviendra universellement associé aux situations d’urgence.

Pourquoi les radioamateurs parlent-ils de CW ?

Nous employons souvent indifféremment les mots Morse et CW. Ils ne désignent pourtant pas exactement la même chose.

Morse désigne le code utilisé pour représenter les caractères.

CW signifie Continuous Wave, ou onde entretenue.

Les premiers émetteurs radio à étincelles produisaient des émissions très larges et peu propres. L’apparition d’émetteurs capables de générer une onde radio continue et stable améliora considérablement les communications.

En CW, le manipulateur commande essentiellement l’émission de cette porteuse :

porteuse présente – porteuse absente – porteuse présente…

Une particularité mérite d’être soulignée : la tonalité que nous entendons dans le haut-parleur d’un récepteur n’est pas directement « contenue » dans la porteuse CW.

C’est le récepteur qui, grâce à son oscillateur local et à son traitement du signal, transforme la porteuse reçue en une tonalité audible.

De la pioche à la double palette

Le premier outil du télégraphiste est le manipulateur.

Le modèle le plus simple est le manipulateur droit, souvent surnommé chez les radioamateurs français la pioche. L’opérateur appuie sur le levier pour fermer un contact électrique.

Un appui bref produit un dit.

Un appui plus long produit un dah.

Avec l’expérience sont apparus des systèmes permettant d’envoyer plus rapidement et plus régulièrement. Le célèbre bug semi-automatique produit automatiquement les dits tandis que l’opérateur forme encore manuellement les dahs.

Aujourd’hui, beaucoup d’opérateurs utilisent une double palette associée à un manipulateur électronique, le keyer. Une palette commande les dits, l’autre les dahs et l’électronique assure leur durée et leur espacement.

La main ne fabrique donc plus directement chaque impulsion : elle donne des ordres au keyer.

Évolution des manipulateurs CW : de la pioche au keyer

Du manipulateur droit à la double palette : les outils ont évolué, mais le principe de la CW reste le même.

Oubliez les points et les traits !

Voici probablement l’un des conseils les plus importants pour celui qui souhaite apprendre la CW.

À l’école ou dans les livres, le Morse est souvent représenté ainsi :

A : .-
B : -…
C : -.-.
D : -..

C’est très pratique pour imprimer un tableau… mais beaucoup moins pour apprendre à recevoir rapidement du Morse.

Car un télégraphiste expérimenté n’entend pas :

point – trait – point – point.

Il reconnaît un rythme.

De la même manière que nous reconnaissons immédiatement un mot prononcé sans analyser chacune de ses lettres, l’opérateur CW finit par reconnaître directement le son d’un caractère, puis d’un mot entier.

Il vaut donc mieux apprendre :

dit-dah

que :

point-trait.

Le Morse est avant tout une musique.

Le secret du rythme

Le code Morse possède une organisation temporelle très précise.

Le dit constitue l’unité de base.

Le dah dure trois unités.

L’espace entre deux éléments d’un même caractère vaut une unité, celui entre deux caractères trois unités et l’espace entre deux mots sept unités.

Ces proportions sont essentielles.

Un Morse mal espacé devient rapidement pénible à comprendre, même lorsque chaque caractère pris séparément est correct.

C’est pourquoi un bon opérateur CW ne se contente pas d’envoyer les bons dits et dahs : il respecte le rythme.

Le Morse, une question de rythme !

En Morse, tout est affaire de rythme : 1 unité pour un dit, 3 pour un dah et des espacements précis pour rendre le message parfaitement lisible.

12 WPM, 20 WPM, 30 WPM…

La vitesse de transmission est généralement exprimée en WPM, Words Per Minute, c’est-à-dire mots par minute.

Pour disposer d’une référence commune, on utilise traditionnellement le mot PARIS comme mot étalon.

Mais il existe une difficulté lorsqu’on débute.

Si les caractères sont envoyés très lentement, l’apprenti risque de commencer à compter mentalement les dits et les dahs :

un court, deux courts, un long…

Une habitude dont il sera ensuite difficile de se débarrasser.

La méthode Farnsworth propose une solution astucieuse : envoyer les caractères eux-mêmes à une vitesse relativement élevée, par exemple 18 ou 20 WPM, tout en augmentant l’espace entre eux.

Le débutant apprend ainsi immédiatement la sonorité globale du caractère sans être submergé par la vitesse du texte.

À quoi ressemble un QSO CW ?

Imaginons que notre station lance appel :

CQ CQ CQ DE F5KEE F5KEE K

Cela signifie simplement :

Appel général, ici F5KEE, à vous.

Une station répond :

F4KEE DE F6XXX K

Le QSO peut commencer.

Pour gagner du temps, les télégraphistes utilisent depuis longtemps des abréviations et des codes.

On rencontrera ainsi très souvent :

DE : de / ici
K : à vous
R : reçu
RST : report du signal
QTH : localisation de la station
QRM : brouillage provoqué par d’autres émissions
QRN : parasites
QRP : faible puissance
73 : salutations / amitiés
SK : fin de liaison

Un QSO CW peut donc transmettre beaucoup d’informations avec très peu de caractères.

Et lors d’un concours ou d’un pile-up DX, l’échange peut devenir extrêmement court : indicatif, report, numéro ou référence… et station suivante !

Pourquoi la CW fonctionne-t-elle si bien avec des signaux faibles ?

Voilà l’une des raisons expliquant sa longévité.

La CW peut être reçue avec une bande passante très étroite, souvent de quelques centaines de hertz. En réduisant la largeur du filtre du récepteur, on élimine une grande partie du bruit et des signaux voisins.

La CW concentre également l’énergie transmise dans une porteuse très étroite.

Cela ne signifie pas qu’une onde CW possède une propriété magique lui permettant d’aller « plus loin » que les autres.

Mais lorsque les conditions deviennent mauvaises, un opérateur entraîné peut encore extraire une information d’un signal extrêmement faible.

C’est particulièrement intéressant pour le DX et le QRP.

Avec quelques watts seulement — parfois beaucoup moins — il est possible de réaliser des liaisons à plusieurs milliers de kilomètres lorsque la propagation le permet.

C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles la CW reste appréciée lors d’activités portables : un émetteur simple, une petite batterie, une antenne et un manipulateur peuvent constituer une station extrêmement efficace.

Et maintenant, l’ordinateur sait-il lire le Morse ?

Nos transceivers modernes, SDR et logiciels peuvent naturellement décoder de la CW.

Dans de bonnes conditions, avec un signal propre et un opérateur envoyant régulièrement, les résultats peuvent être impressionnants.

Mais la réalité des bandes radio est rarement parfaite.

QSB, QRM, parasites, signaux simultanés, différences de vitesse et manipulation imparfaite peuvent rapidement mettre un décodeur automatique en difficulté.

L’oreille et surtout le cerveau humain conservent alors un avantage étonnant : nous sommes capables de reconstituer un mot dont une partie a disparu et d’utiliser le contexte pour comprendre ce que nous avons mal reçu.

L’ordinateur est donc un excellent assistant, mais apprendre réellement à écouter la CW reste une expérience très différente.

Faut-il encore apprendre la CW aujourd’hui ?

Pendant longtemps, la connaissance du Morse était associée à l’accès à certaines classes de licences et aux bandes décamétriques.

Ce n’est plus une obligation réglementaire pour le radioamateur français.

On pourrait donc penser que la CW allait progressivement disparaître.

C’est pourtant loin d’être le cas.

Elle reste très présente dans les concours, le DX, le QRP, les activations POTA et SOTA, mais également chez les amateurs de construction personnelle.

Car il est difficile d’imaginer un mode radio plus minimaliste : quelques composants peuvent suffire à construire un petit émetteur CW parfaitement fonctionnel.

Il existe également quelque chose de difficilement quantifiable : le plaisir de comprendre directement un signal Morse.

Au début, on n’entend qu’une succession incompréhensible de sons.

Puis quelques lettres apparaissent.

Un indicatif.

Un CQ.

Un 73.

Et un jour, presque sans s’en rendre compte, on n’écoute plus du Morse : on écoute quelqu’un parler.

Comment commencer ?

La première règle pourrait être : ne cherchez pas à apprendre le tableau des points et des traits par cœur.

Apprenez les caractères avec vos oreilles.

Des méthodes comme Koch permettent d’introduire progressivement les caractères, tandis que l’espacement Farnsworth permet de travailler immédiatement avec des caractères envoyés à une vitesse réaliste.

Dix ou quinze minutes quotidiennes valent généralement mieux qu’une longue séance hebdomadaire.

Écoutez également les bandes CW, même si vous ne comprenez presque rien au départ. Essayez simplement d’identifier un CQ, puis quelques indicatifs.

Et surtout, n’attendez pas de savoir recevoir à 25 ou 30 WPM pour oser répondre à une station.

Tout radioamateur ayant aujourd’hui une excellente maîtrise de la CW a, un jour, envoyé son premier QSO hésitant.

Une technologie obsolète… vraiment ?

Le télégraphe électrique appartient désormais aux musées. Les grandes stations radiotélégraphiques maritimes se sont tues et les communications modernes transportent en une fraction de seconde des quantités d’informations que Samuel Morse n’aurait probablement jamais imaginées.

Et pourtant, sur nos bandes radioamateurs, les dits et les dahs continuent leur voyage.

Avec parfois un émetteur de plusieurs milliers d’euros.

Parfois avec un petit montage construit sur un coin d’établi.

Et quelque part, à plusieurs centaines ou milliers de kilomètres, une oreille reconnaît soudain :

dit-dit-dit dah-dah-dah dit-dit-dit

Près de deux siècles après les premiers télégraphes électriques, le Morse n’est donc peut-être pas une technologie qui refuse de mourir.

C’est simplement une idée suffisamment simple et efficace pour ne jamais avoir vraiment vieilli.

73… et peut-être bientôt 73 en CW !

IC-SDR : faut-il encore dix logiciels différents pour exploiter un RTL-SDR ?

IC-SDR : Un monde de signaux

Le RTL-SDR est probablement l’un des accessoires qui a le plus contribué à démocratiser la radio logicielle. Pour quelques dizaines d’euros, cette petite clé USB initialement conçue pour recevoir la télévision numérique peut devenir un véritable récepteur SDR et ouvrir une fenêtre sur une immense partie du spectre radio.

Mais il y a un revers à cette extraordinaire polyvalence : les logiciels s’accumulent !

Un programme pour écouter la FM ou la BLU, un autre pour suivre les avions, encore un pour décoder les sondes météo, un autre pour l’APRS, le 433 MHz, la SSTV…

Avec IC-SDR, apparu en septembre 2026, une autre approche se dessine : réunir une grande partie de ces fonctions dans une seule application.

Un RTL-SDR… mais une collection de logiciels

Le principe du RTL-SDR est finalement assez simple. Une clé utilisant le RTL2832U, associée à un tuner compatible, reçoit une portion du spectre et transmet au PC les échantillons numériques I/Q. C’est ensuite essentiellement le logiciel qui effectue le travail : affichage du spectre, démodulation, filtrage et éventuellement décodage des transmissions.

Cette architecture explique l’extraordinaire polyvalence du RTL-SDR.

Avec le même petit récepteur, on peut écouter une transmission FM, observer un relais radioamateur, recevoir les balises ADS-B des avions, suivre une radiosonde météo ou détecter les transmissions d’une station météo domestique.

Mais chaque nouvelle expérience conduit souvent à installer un nouveau programme.

SDR++, SDR#, dump1090, rtl_433, Dire Wolf, logiciels SSTV, décodeurs de radiosondes… L’expérimentateur finit rapidement avec une véritable boîte à outils informatique.

IC-SDR veut mettre de l’ordre dans tout cela

IC-SDR est un logiciel open source développé par Luis Lopez Martinez. L’application est actuellement destinée à Windows et a été écrite en langage Go avec un objectif affiché de performances et d’efficacité.

Son intérêt ne réside pas seulement dans sa capacité à afficher un joli waterfall.

IC-SDR cherche surtout à regrouper réception, observation du spectre, scanner et décodage de plusieurs types de transmissions dans une même interface.

Le projet est encore très jeune : lors de sa présentation publique du 10 septembre 2026, la version b0.1.0 était mentionnée. Quelques heures plus tard, son développeur signalait déjà une version 0.3.1 apportant notamment une carte des trajectoires de satellites et plusieurs corrections.

Autant dire que les fonctionnalités peuvent évoluer très rapidement !

IC-SDR : Le spectre en un coup d’œil

IC-SDR rassemble réception, waterfall, décodage dans une seule interface.

D’abord un véritable récepteur SDR

Avant de parler des décodeurs, IC-SDR peut naturellement être utilisé comme récepteur radio logiciel classique.

Il prend en charge les principales démodulations :

AM – NFM – WFM – USB – LSB

Le logiciel dispose également d’un spectre en temps réel et d’un waterfall.

Pour un radioamateur, cela permet déjà d’explorer une bonne partie des transmissions analogiques accessibles dans la plage de fréquences de son RTL-SDR.

L’utilisateur peut donc commencer simplement : brancher son dongle, choisir une fréquence et observer ce qui apparaît sur le spectre.

Mais c’est lorsque l’on commence à cliquer sur les fonctions de décodage qu’IC-SDR devient beaucoup plus intéressant.

Avions, bateaux, ballons… et bien davantage

IC-SDR intègre directement plusieurs décodeurs qui nécessitent habituellement des programmes spécialisés.

On trouve notamment :

  • ADS-B 1090 MHz et UAT 978 MHz, pour les transmissions aéronautiques ;
  • AIS, utilisé pour l’identification et le suivi des navires ;
  • radiosondes, pour recevoir les ballons météorologiques ;
  • APRS, bien connu des radioamateurs ;
  • rtl_433, pour de nombreux capteurs et objets transmettant notamment autour de 433 MHz ;
  • DMR, pour les transmissions radio numériques ;
  • SSTV, pour recevoir des images transmises par radio ;
  • TETRA, autre système de radiocommunication numérique.

C’est probablement là que se trouve la principale originalité d’IC-SDR : passer d’un type de signal à un autre sans devoir construire à chaque fois une nouvelle chaîne logicielle.

Un seul récepteur, tant de signaux !

Avec IC-SDR, une simple clé RTL-SDR permet d’explorer et de décoder de nombreux signaux, de l’ADS-B aux radiosondes.

Le 433 MHz : un formidable terrain d’expérimentation

Prenons un exemple.

Vous placez votre RTL-SDR aux environs de 433,92 MHz. Sur le waterfall apparaissent régulièrement de petites transmissions très brèves.

De quoi s’agit-il ?

Peut-être du capteur extérieur d’une station météo, d’un thermomètre sans fil, d’un détecteur ou d’un autre objet utilisant cette bande.

L’outil open source rtl_433 est justement devenu une référence pour identifier et décoder un très grand nombre de ces équipements.

Traditionnellement, il faut donc quitter son logiciel SDR ou organiser une chaîne permettant de transmettre les données vers le décodeur.

L’intégration de rtl_433 dans IC-SDR rend l’expérience beaucoup plus accessible : on observe un signal et on tente immédiatement de comprendre ce qu’il transporte.

C’est exactement le genre d’utilisation qui peut transformer le RTL-SDR en véritable laboratoire pédagogique.

Suivre également ce qui se déplace

Le même principe devient particulièrement spectaculaire avec les transmissions comportant des informations de position.

Les avions transmettant en ADS-B sur 1090 MHz constituent l’exemple le plus connu. Avec une antenne adaptée et un simple RTL-SDR, il est possible de recevoir les identifiants, positions, altitudes et autres informations diffusées par les appareils présents dans la zone de réception.

L’AIS applique un principe comparable au monde maritime.

Les radiosondes météorologiques constituent un troisième terrain passionnant : leurs transmissions permettent de suivre leur ascension sous ballon, puis leur descente vers le sol.

IC-SDR rassemble donc dans une même philosophie des domaines qui, jusqu’à présent, conduisaient généralement l’expérimentateur à installer plusieurs applications différentes.

Un scanner derrière le waterfall

Observer un waterfall est très efficace lorsque l’opérateur est devant son écran. Mais que faire lorsqu’on souhaite rechercher automatiquement de l’activité ?

IC-SDR propose également un scanner de segments de fréquences avec déclenchement instantané, associé à une banque de mémoires.

La différence est importante.

Avec le waterfall, c’est l’opérateur qui cherche le signal.

Avec le scanner, c’est le logiciel qui recherche l’activité.

Le petit RTL-SDR se rapproche alors du fonctionnement d’un scanner radio traditionnel, tout en conservant les avantages de la visualisation SDR.

Enregistrer seulement ce qui est intéressant

Autre fonction intéressante : l’enregistreur audio peut automatiquement éliminer les périodes de silence.

Imaginons que l’on souhaite surveiller pendant plusieurs heures une fréquence relativement peu active.

Un enregistrement audio continu produirait principalement… du silence.

En ne conservant que les périodes comportant réellement une activité, IC-SDR permet d’obtenir un fichier beaucoup plus facile à consulter et évite de gaspiller inutilement de l’espace disque.

Pour la surveillance occasionnelle d’un relais, d’une fréquence locale ou d’une activité particulière, cette petite fonction peut devenir très pratique.

Avant et après : tout-en-un SDR

Alors, pouvons-nous désinstaller tous nos autres logiciels ?

Pas si vite !

IC-SDR est extrêmement prometteur, mais il ne faut pas confondre intégration de nombreuses fonctions et remplacement de tous les logiciels spécialisés.

Un passionné d’ADS-B utilisant une installation permanente, plusieurs récepteurs et une base de données conservera probablement ses outils spécialisés.

Il en sera de même pour celui qui exploite une station automatisée de réception de radiosondes ou qui souhaite disposer de fonctions très avancées en DMR, APRS ou SSTV.

Même pour la réception SDR traditionnelle, des applications matures comme SDR++ offrent une architecture modulaire, plusieurs VFO, une large compatibilité matérielle et fonctionnent sous Windows, Linux, macOS et BSD.

IC-SDR doit donc plutôt être considéré, au moins pour le moment, comme un couteau suisse du RTL-SDR.

Et c’est justement ce qui le rend intéressant.

Une excellente porte d’entrée dans le monde SDR

Le débutant est probablement celui qui profitera le plus de cette approche.

Auparavant, lorsqu’un nouveau venu demandait :

« Que peut-on faire avec un RTL-SDR ? »

la réponse pouvait rapidement prendre la forme d’une liste interminable de programmes à télécharger, installer et configurer.

Avec un logiciel réunissant récepteur, waterfall, scanner et plusieurs décodeurs, l’approche devient beaucoup plus intuitive.

On peut commencer par écouter une station FM, découvrir ensuite les avions en ADS-B, essayer le 433 MHz, chercher une radiosonde puis explorer l’APRS ou la SSTV.

Un dongle, une antenne, un logiciel… et beaucoup de choses à découvrir.

Dix logiciels différents ? Peut-être plus pour très longtemps !

IC-SDR ne signe certainement pas la disparition des logiciels SDR spécialisés. Ceux-ci restent indispensables dès que l’on souhaite pousser une activité particulière beaucoup plus loin.

Mais ce nouveau projet illustre une évolution intéressante.

Pendant longtemps, l’une des grandes forces du RTL-SDR était justement son gigantesque écosystème logiciel. Pour pratiquement chaque signal rencontré sur le spectre, quelqu’un avait développé un programme capable de le recevoir ou de le décoder.

IC-SDR tente aujourd’hui de rassembler une partie de cet écosystème derrière une seule interface.

Pour l’expérimentateur confirmé, ce sera peut-être simplement un outil supplémentaire dans une collection déjà bien remplie.

Pour celui qui vient d’acheter son premier RTL-SDR, l’intérêt pourrait être beaucoup plus important : découvrir une multitude de facettes de la radio sans commencer par installer une multitude de logiciels.

Alors, faut-il encore dix logiciels différents pour exploiter un RTL-SDR ?

Pour tout faire au niveau expert, probablement.

Pour commencer à explorer sérieusement le spectre… peut-être déjà beaucoup moins !

IC-SDR en vidéo

Pour mieux découvrir IC-SDR et son interface, voici une démonstration vidéo du logiciel. Elle permet de voir plus concrètement son fonctionnement et la manière dont les différentes fonctions sont regroupées au sein d’une même application.

Pour aller plus loin

IC-SDR – projet et téléchargements :
https://github.com/LuislopezMartinez/IC-SDR/releases

Présentation d’IC-SDR sur RTL-SDR.com :
https://www.rtl-sdr.com/ic-sdr-a-new-multimode-sdr-software-for-windows-written-in-go/

RTL-SDR / Osmocom :
https://github.com/osmocom/rtl-sdr

SDR++ :
https://github.com/AlexandreRouma/SDRPlusPlus

POTA : le guide F5KEE en 13 articles

POTA : La radio au vert !

Une radio, une batterie, quelques mètres de fil et l’envie de prendre l’air : il n’en faut parfois pas beaucoup pour quitter le shack et découvrir Parks on the Air (POTA).

Mais derrière le principe apparemment simple — installer une station dans un parc et contacter d’autres radioamateurs — apparaissent rapidement de nombreuses questions. Quel matériel emporter ? Quelle antenne choisir ? Faut-il obligatoirement réaliser 10 QSO ? Comment trouver un parc ? Quelle bande utiliser ? Comment transmettre son log ? Que sont les contacts Park-to-Park ?

Pour y répondre progressivement, F5KEE a consacré une série de 13 articles au POTA, depuis la découverte du programme jusqu’aux awards, en passant par le QRP, PSK Reporter, le rôle du Hunter et la situation particulière du POTA en France.

Voici donc notre parcours complet. Vous pouvez le suivre dans l’ordre pour découvrir POTA ou piocher directement le chapitre correspondant à votre prochaine question.

1 — POTA : la radio au vert, mode d’emploi !

Le point de départ de notre aventure. Ce premier volet présente le principe de Parks on the Air, les rôles respectifs des Activators et des Hunters et les grandes règles du programme. Une introduction destinée à comprendre POTA avant de charger radio, batterie et antenne dans la voiture.

https://www.f5kee.fr/trafic/pota-la-radio-au-vert-mode-demploi/

2 — POTA : tout le shack dans un sac à dos !

Que faut-il réellement emporter pour activer un parc ? Transceiver, batterie, câbles, carnet de log, accessoires et petit matériel de secours : ce deuxième volet apprend à constituer une station portable cohérente, sans transformer une sympathique sortie radio en déménagement complet du shack.

https://www.f5kee.fr/trafic/pota-tout-le-shack-dans-un-sac-a-dos/

3 — POTA : quelle antenne planter dans le décor ?

Dipôle, EFHW, verticale, fouet ou antenne raccourcie : l’antenne idéale dépend surtout du terrain et de l’activation envisagée. Nous comparons les principales solutions portables, leurs avantages, leurs contraintes et les compromis entre rendement, encombrement, facilité d’installation et bandes disponibles.

https://www.f5kee.fr/trafic/pota-quelle-antenne-planter-dans-le-decor/

4 — POTA : 10 QSO avant l’apéro !

La station est installée : il faut maintenant remplir le log ! Ce volet explique comment lancer appel, attirer les Hunters, utiliser le spotting et organiser son trafic pour atteindre les 10 QSO nécessaires à une activation réussie, sans oublier que l’objectif principal reste de prendre plaisir à trafiquer.

https://www.f5kee.fr/trafic/pota-10-qso-avant-lapero-4-8/

5 — POTA en QRP : 5 watts, vraiment suffisants ?

Faut-il vraiment transporter 100 W pour réussir une activation ? Nous examinons ce qu’il est possible de faire avec seulement 5 W, l’importance de l’antenne et de la propagation et les bonnes pratiques permettant au QRP de devenir un véritable atout pour alléger une station portable.

https://www.f5kee.fr/trafic/pota-en-qrp-5-watts-vraiment-suffisants-5-8/

6 — POTA : du premier CQ au fichier ADIF !

Faire les QSO n’est que la première partie du travail : encore faut-il les enregistrer correctement. De l’appel CQ jusqu’à la production du fichier ADIF, ce volet accompagne l’Activator dans la tenue de son log et explique les informations indispensables pour que son activation soit correctement prise en compte.

https://www.f5kee.fr/trafic/pota-du-premier-cq-au-fichier-adif-6-13/

7 — POTA : où planter l’antenne sans planter l’activation ?

Tous les coins de verdure ne constituent pas automatiquement un emplacement POTA valable. Nous voyons comment trouver une référence, vérifier les limites du parc, choisir son emplacement et préparer son activation. Nous abordons également la déclaration d’intention et le spotting afin que les Hunters puissent nous retrouver.

https://www.f5kee.fr/trafic/pota-ou-planter-lantenne-sans-planter-lactivation-7-13/

8 — POTA côté Hunter : chassez les parcs sans quitter votre shack !

POTA ne nécessite pas forcément de partir avec un sac à dos. Depuis sa station fixe, le Hunter recherche les Activators, consulte les spots et tente de contacter de nouvelles références. Ce volet explique comment débuter la chasse aux parcs et participer pleinement au programme sans quitter son shack.

https://www.f5kee.fr/trafic/pota-cote-hunter-chassez-les-parcs-sans-quitter-votre-shack-8-9/

9 — POTA France : plus de coordinateur, mais toujours des Activators !

La situation française a évolué en 2026 après le départ du coordinateur national. Ce volet fait le point sur les conséquences pratiques pour les radioamateurs français : activations, références, transmission des logs et organisation du programme. L’objectif : savoir comment continuer à pratiquer POTA en France malgré cette évolution.

https://www.f5kee.fr/trafic/pota-france-plus-de-coordinateur-mais-toujours-des-activators-9-13/

10 — POTA : qui m’entend ? PSK Reporter vous le montre !

Personne ne répond à nos appels FT8… mais cela signifie-t-il que personne ne nous reçoit ? PSK Reporter permet de visualiser où notre signal numérique est décodé. Nous apprenons à l’utiliser comme véritable sonde de propagation et comme outil de diagnostic pendant une activation POTA.

https://www.f5kee.fr/radio-club/pota-qui-mentend-psk-reporter-vous-le-montre-10-13/

11 — POTA : quelle bande choisir pour ne pas appeler les écureuils ?

40, 20, 15 ou 10 mètres ? Il n’existe pas de bande miracle. Nous examinons comment choisir en fonction de l’heure, de la propagation et de la distance recherchée, avec PSK Reporter et le Reverse Beacon Network comme alliés. Avant d’ajouter des watts, essayons donc une autre bande !

https://www.f5kee.fr/trafic/pota-quelle-bande-choisir-pour-ne-pas-appeler-les-ecureuils-11-13/

12 — POTA Park-to-Park : quand les Activators se chassent entre eux !

Quand deux Activators installés dans deux parcs se contactent, ils réalisent un Park-to-Park (P2P). Nous expliquons comment trouver ces stations, échanger les références et surtout renseigner correctement MY_SIG_INFO et SIG_INFO dans l’ADIF, y compris lorsque le contact est réalisé en FT8.

https://www.f5kee.fr/trafic/pota-park-to-park-quand-les-activators-se-chassent-entre-eux-12-13/

13 — POTA : après les 10 QSO, la chasse aux trophées commence !

Une fois les premières activations enregistrées, POTA propose de nouveaux objectifs. Awards, références uniques, Repeat Offender, Rover, Park-to-Park, DX et statistiques transforment progressivement notre compte en carnet de route radio. Les diplômes donnent de nouveaux défis… et quelques bonnes excuses pour retourner dans les parcs !

https://www.f5kee.fr/trafic/pota-apres-les-10-qso-la-chasse-aux-trophees-commence-13-13/

Treize articles… mais surtout une invitation à sortir la radio

Au fil de ces 13 volets, nous sommes partis de la découverte de POTA pour arriver aux activations, au QRP, au logging, à la propagation, aux P2P et finalement aux awards.

Mais POTA reste avant tout quelque chose de très simple : prendre sa radio et aller trafiquer dehors.

Nul besoin de posséder la station la plus puissante ou l’antenne la plus sophistiquée. Un petit transceiver, une batterie, quelques mètres de fil et un parc correctement référencé peuvent suffire pour passer un excellent moment et remplir le log de correspondants parfois situés à plusieurs milliers de kilomètres.

Que vous soyez Activator, Hunter ou alternativement les deux, cette série restera disponible comme guide pratique pour préparer vos prochaines sorties.

Alors consultez la carte, choisissez votre prochain parc et chargez la batterie…

Il ne reste plus qu’à lancer CQ POTA !

F5KEE à la Fête des Associations de Viry-Châtillon 2026

F5KEE au FAB 2026 à Viry-Châtillon

Le samedi 5 septembre 2026, le radio-club F5KEE participait à la Fête des Associations de Viry-Châtillon, organisée dans le cadre de FAB 2026. Cette journée ensoleillée et la température agréable, fut une belle occasion de présenter au public les nombreuses facettes du radioamateurisme.

Dès 7 h 30, les membres du club étaient sur place pour installer le matériel. Notre stand comprenait une station décamétrique reliée à une antenne G5RV, une station VHF équipée d’une antenne verticale VHF/UHF, ainsi que deux stations QO-100 disposant chacune de leur propre parabole. Cette diversité permettait aux visiteurs de découvrir aussi bien les communications terrestres que les liaisons réalisées par l’intermédiaire du satellite géostationnaire QO-100.

FAB 2026 Viry-Chatillon

À partir de 9 h, le public a commencé à parcourir les allées. Bien visible, notre kakémono a attiré l’attention de nombreux visiteurs et favorisé les échanges. Plusieurs personnes se sont montrées intéressées par nos activités et quelques contacts prometteurs ont été établis. Nous espérons naturellement les retrouver prochainement au sein du radio-club.

Vers 16 h, nous avons également eu le plaisir de recevoir la visite du maire de Viry-Châtillon et de son équipe, avec lesquels nous avons pu échanger autour de notre passion et des activités de F5KEE.

La manifestation s’est achevée vers 17 h, après une journée agréable et riche en rencontres. Il ne restait alors plus qu’à démonter les antennes et les stations, puis à rapporter l’ensemble du matériel dans les locaux du club.

Un grand merci aux membres présents pour leur participation, ainsi qu’aux organisateurs et à toutes les personnes venues nous rencontrer. Rendez-vous, nous l’espérons, pour une prochaine découverte du monde passionnant de la radio !

Trafic via l’ISS : comment utiliser le répéteur radioamateur à 400 km d’altitude ?

Trafic radio via l’ISS

À près de 400 km au-dessus de nos têtes, la Station spatiale internationale n’est pas seulement un laboratoire scientifique habité. Elle embarque également plusieurs équipements destinés aux radioamateurs. Parmi eux se trouve un véritable répéteur FM cross-band, accessible aux radioamateurs du monde entier lorsqu’il est en service.

Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, il n’est pas nécessaire de disposer d’une station digne d’un centre spatial pour tenter l’expérience. Un transceiver VHF/UHF, une antenne adaptée et quelques connaissances sur le trafic satellite permettent déjà d’écouter — et éventuellement de réaliser un QSO — à travers l’ISS.

Voyons comment procéder.

Un relais FM… qui se déplace à 28 000 km/h !

Le principe ressemble beaucoup à celui d’un relais terrestre.

Votre station émet un signal vers le répéteur : c’est la liaison montante, ou uplink. Le répéteur reçoit votre émission puis la retransmet sur une autre fréquence : c’est la liaison descendante, ou downlink.

La différence est évidemment que notre relais se trouve dans l’espace et se déplace à environ 28 000 km/h !

Dans le cas du répéteur actuellement installé dans le module européen Columbus de l’ISS, le fonctionnement est dit V/U :

VHF → ISS → UHF

La station au sol émet donc en VHF et reçoit en UHF.

Le système utilise notamment un Kenwood D710GA, intégré à l’ARISS InterOperable Radio System (IORS). La station du module Columbus utilise l’indicatif NA1SS.

Les paramètres du répéteur

Voici l’essentiel à retenir pour programmer votre transceiver :

Paramètre Valeur
Mode FM
Liaison montante 145,990 MHz
CTCSS sur la montée 67,0 Hz
Liaison descendante 437,800 MHz
Configuration V/U
Équipement Columbus Kenwood D710GA
Indicatif de la station NA1SS

La configuration publiée actuellement par ARISS est donc :

Vous émettez sur 145,990 MHz avec un CTCSS de 67 Hz et vous écoutez sur 437,800 MHz.

Attention à ne pas inverser les deux fréquences ! Et surtout, on n’émet pas sur la fréquence de descente.

Le répéteur de l’ISS en action

Principe du répéteur FM de l’ISS : montée sur 145,990 MHz et descente sur 437,800 MHz.

Ne confondons pas répéteur et contact avec les astronautes

Une confusion est assez fréquente.

Utiliser le répéteur de l’ISS ne signifie pas que vous allez automatiquement discuter avec un astronaute !

Dans le fonctionnement qui nous intéresse ici, l’ISS sert simplement de relais entre deux radioamateurs au sol.

Par exemple :

F4LER → ISS → F4XXX

Pour les contacts vocaux directs avec l’équipage, d’autres fréquences sont utilisées. ARISS indique notamment 145,800 MHz comme fréquence mondiale de descente des contacts vocaux avec l’équipage.

Le répéteur cross-band FM est donc une activité bien distincte.

Première étape : savoir quand l’ISS va passer

Impossible évidemment d’utiliser le répéteur si l’ISS se trouve de l’autre côté de la planète !

Il faut donc commencer par prévoir ses passages.

Trois informations sont particulièrement intéressantes :

AOS — Acquisition Of Signal : l’ISS apparaît au-dessus de l’horizon et devient théoriquement accessible.

Élévation maximale : point du passage où elle atteint sa plus grande hauteur dans le ciel depuis votre position.

LOS — Loss Of Signal : l’ISS disparaît sous l’horizon et la liaison devient impossible.

Pour une première tentative, mieux vaut choisir un passage avec une élévation importante. La traversée sera plus favorable et la durée pendant laquelle l’ISS sera exploitable sera généralement plus confortable.

Commencez par écouter !

C’est probablement le meilleur conseil que l’on puisse donner à quelqu’un qui découvre le trafic satellite.

Avant d’appuyer sur le PTT, écoutez 437,800 MHz.

Lors d’un bon passage et lorsque le répéteur est actif, vous pourrez entendre les stations qui l’utilisent. Cela permet également de comprendre très rapidement le rythme particulier du trafic satellite.

Les échanges sont généralement courts.

Il faut garder à l’esprit que contrairement à un relais local, des radioamateurs situés dans plusieurs pays peuvent se retrouver simultanément dans la zone couverte par l’ISS.

Et tout le monde partage le même canal FM.

Le Doppler : la fréquence semble se déplacer

Voici l’une des particularités les plus intéressantes du trafic satellite.

Lorsque l’ISS arrive rapidement vers nous, sa fréquence reçue paraît légèrement plus élevée. Lorsqu’elle s’éloigne, elle paraît plus basse.

C’est l’effet Doppler.

Le phénomène est proportionnel à la fréquence. Il devient donc particulièrement sensible sur la descente UHF à 437,800 MHz.

Infographie pédagogique sur l’effet Doppler de l’ISS

Effet Doppler sur la descente UHF de l’ISS : la fréquence reçue diminue progressivement pendant le passage.

Pour une utilisation manuelle, on peut par exemple prévoir plusieurs mémoires de réception autour de la fréquence centrale :

Situation approximative Réception
ISS en approche 437,810 MHz
Approche 437,805 MHz
Passage proche 437,800 MHz
Éloignement 437,795 MHz
ISS s’éloigne 437,790 MHz

Ces valeurs constituent avant tout des pas pratiques de réglage : la correction réelle varie continuellement avec la géométrie du passage.

Au début, on écoute donc légèrement au-dessus de 437,800 MHz, puis on diminue progressivement la fréquence au cours du passage.

Sur la montée à 145,990 MHz, le Doppler existe également, mais son amplitude est environ trois fois plus faible qu’en 70 cm.

Un logiciel de poursuite satellite peut naturellement effectuer des corrections beaucoup plus précises.

Quelle antenne utiliser ?

ARISS indique qu’une station typique peut utiliser une antenne Yagi à polarisation circulaire pouvant être orientée en azimut et en élévation.

Mais il est également possible d’expérimenter avec des moyens beaucoup plus modestes.

Une petite Yagi VHF/UHF portable, telle qu’une antenne de type Arrow, constitue une excellente solution. Elle permet de suivre manuellement le déplacement de l’ISS dans le ciel.

Radioamateur en contact avec l’ISS

Une petite Yagi bi-bande permet de suivre manuellement l’ISS et d’accéder à son répéteur FM.

Avec une antenne directive, le gain apporté par l’antenne est souvent beaucoup plus intéressant que d’essayer simplement d’augmenter la puissance d’émission.

Même une antenne verticale ou une ground-plane peut permettre certaines réceptions lorsque les conditions sont favorables, ce qu’ARISS confirme également.

Comment lancer un appel ?

Supposons maintenant que l’ISS arrive, que vous entendiez parfaitement le répéteur et que votre station soit prête.

Écoutez d’abord quelques instants.

Attendez un intervalle libre et lancez un appel très court.

Par exemple :

« F5KEE, JN18 »

Une station peut alors vous répondre :

« F5KEE de F4XXX… »

L’échange peut rester extrêmement simple :

« F4XXX, F5KEE, JN18, 59, 73 ! »

L’autre station confirme et le QSO est terminé.

Indicatif, locator, report et éventuellement prénom : inutile d’occuper le répéteur pendant trente secondes pour transmettre des informations qui ne sont pas indispensables.

Sur un passage très fréquenté, quelques secondes peuvent suffire pour un QSO complet.

Le full-duplex : un avantage considérable

Pour le trafic satellite FM, disposer d’une station capable de fonctionner en full-duplex est particulièrement confortable.

Cela signifie que vous pouvez émettre sur :

145,990 MHz

tout en continuant à recevoir simultanément :

437,800 MHz.

L’intérêt est considérable : vous pouvez entendre votre propre signal retransmis par l’ISS.

Si vous vous entendez correctement sur la descente, vous savez immédiatement que votre signal entre dans le répéteur.

Dans le cas contraire, inutile d’appeler continuellement en espérant qu’une station vous entende.

Le full-duplex permet également de mieux entendre les éventuelles collisions avec d’autres stations.

Pas besoin de « pousser les watts »

Avec les satellites FM, augmenter la puissance n’est pas nécessairement la bonne solution.

Une antenne correctement orientée, une vue dégagée et un passage favorable comptent énormément.

Surtout, des dizaines de stations peuvent tenter simultanément d’accéder au répéteur. Une station excessivement puissante risque simplement de rendre l’accès plus difficile pour les autres.

La bonne pratique consiste donc à employer la puissance nécessaire à l’établissement de la liaison, sans chercher à écraser le canal.

Une procédure simple pour votre première tentative

Pour résumer, une première expérience peut se préparer ainsi :

1. Recherchez un passage favorable de l’ISS.

2. Vérifiez que le répéteur ARISS est actuellement en service.

3. Programmez l’émission sur 145,990 MHz FM + CTCSS 67 Hz.

4. Programmez la réception autour de 437,800 MHz avec plusieurs mémoires pour faciliter la correction Doppler.

5. Commencez par écouter la descente avant l’AOS.

6. Orientez progressivement votre antenne vers l’ISS.

7. Lorsque le répéteur est bien reçu, attendez un intervalle libre avant d’appeler.

8. Donnez votre indicatif clairement et brièvement.

9. Si une station répond, réalisez un échange court.

10. Continuez à corriger la fréquence de réception au fur et à mesure que l’ISS traverse le ciel.

Et surtout : écoutez beaucoup avant d’émettre. Quelques passages uniquement consacrés à la réception constituent un excellent apprentissage.

Le répéteur n’est pas disponible en permanence

Même si l’ISS passe au-dessus de chez vous, cela ne garantit pas que le répéteur soit utilisable.

Les équipements radioamateurs peuvent être arrêtés temporairement pour différentes opérations à bord. C’est notamment le cas lors de certaines sorties extravéhiculaires (EVA), opérations d’amarrage ou de désamarrage.

Il faut donc vérifier le statut ARISS avant de conclure à une panne de votre station !

Au moment de la rédaction de cet article, en septembre 2026, ARISS indique le Kenwood D710GA du module Columbus en mode répéteur vocal, sur 145,990 MHz en montée avec PL 67 Hz et 437,800 MHz en descente.

Un relais pas tout à fait comme les autres

Utiliser le répéteur de l’ISS constitue probablement l’une des façons les plus simples de découvrir le trafic radioamateur par satellite.

Il y a quelque chose d’assez particulier à appuyer sur le PTT en sachant que votre signal quitte votre antenne, parcourt environ 400 km jusqu’à la Station spatiale internationale, y est reçu puis retransmis vers la Terre quelques fractions de seconde plus tard.

Et tout cela peut être réalisé avec une station radioamateur relativement modeste.

La première étape est d’ailleurs gratuite et ne demande aucun matériel supplémentaire : lors du prochain bon passage de l’ISS, programmez 437,800 MHz, corrigez progressivement le Doppler… et écoutez.

Vous découvrirez peut-être qu’à 400 km au-dessus de votre tête, le relais est déjà occupé !

Réseau d’urgence HF : comment choisir la bonne bande sans Internet ?

Banniere Réseau d’urgence HF

80, 40 ou 20 mètres : quand tout tombe, il faut savoir où appeler.

Une panne électrique majeure, plus de réseau mobile, Internet inaccessible… Dans ce genre de situation, nos installations radioamateurs retrouvent immédiatement tout leur intérêt. Un émetteur-récepteur HF, une batterie et quelques dizaines de mètres de fil peuvent suffire pour établir une liaison à plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de kilomètres.

Mais encore faut-il choisir la bonne bande au bon moment.

Car disposer de 100 W et d’une excellente antenne ne sert pas à grand-chose si notre correspondant se trouve… dans la zone de silence de la bande choisie.

La distance n’est pas le seul critère

Imaginons que ADRASEC souhaite mettre en place un réseau HF indépendant d’Internet. Il faut pouvoir joindre une station située à 100 km, une autre à 500 km et éventuellement transmettre un message à plus de 1 000 km.

Quelle bande utiliser ?

La réponse dépend principalement de trois paramètres :

la distance, l’heure et l’état de l’ionosphère.

Pendant la journée, le rayonnement solaire ionise fortement les couches supérieures de l’atmosphère, mais augmente également l’absorption des fréquences HF les plus basses dans la couche D. Après le coucher du Soleil, cette absorption diminue fortement.

Voilà pourquoi une bande excellente à midi peut devenir médiocre la nuit… et inversement.

Un schéma horizontal montrant une station ADRASEC

Quelle bande HF choisir selon la distance ? Les bandes basses 80 et 40 m sont particulièrement adaptées aux communications locales et régionales, notamment en NVIS, tandis que les bandes 20, 17 et 15 m permettent d’envisager des liaisons de plus en plus lointaines lorsque les conditions ionosphériques sont favorables. Ces distances restent indicatives : heure, saison, activité solaire et antennes peuvent considérablement modifier la propagation.

80 mètres : le spécialiste de la nuit

La bande des 80 mètres, autour de 3,5 MHz, est particulièrement intéressante pour établir des communications régionales après le coucher du Soleil.

Avec une antenne adaptée, elle permet de couvrir quelques dizaines à plusieurs centaines de kilomètres. Elle devient donc une candidate sérieuse pour un réseau départemental ou régional.

Son principal défaut apparaît pendant la journée : l’absorption ionosphérique devient importante. Ajoutons à cela un niveau de bruit souvent élevé et des antennes relativement longues.

Pour les communications d’urgence, l’IARU Région 1 indique 3,760 MHz comme centre d’activité.

40 mètres : la bande à essayer en premier

S’il fallait choisir une seule bande pour constituer un réseau HF régional, le 40 mètres serait probablement notre premier candidat.

Autour de 7 MHz, il représente un excellent compromis entre portée, dimensions des antennes et disponibilité.

Pendant la journée, une liaison de quelques centaines de kilomètres peut être obtenue grâce au NVIS — Near Vertical Incidence Skywave.

Le principe est presque paradoxal : au lieu d’essayer d’envoyer le signal le plus loin possible vers l’horizon, on installe généralement une antenne relativement basse afin de favoriser un rayonnement à angle élevé.

Le signal monte alors presque verticalement vers l’ionosphère avant de revenir au sol.

Pourquoi le NVIS permet de communiquer à courte distance

NVIS ou DX : deux stratégies de propagation différentes. Sur 40/80 m, une antenne basse favorise un rayonnement à angle élevé qui permet au signal de revenir à quelques dizaines ou centaines de kilomètres de l’émetteur. Sur les bandes plus hautes, un angle de départ plus faible favorise les grandes distances, mais peut créer une zone de silence rendant les stations proches injoignables.

Résultat : il devient possible de couvrir une zone située approximativement entre quelques dizaines et plusieurs centaines de kilomètres sans relais intermédiaire.

C’est exactement ce que l’on recherche pour un réseau d’urgence régional.

Sur 40 mètres, le centre d’activité d’urgence indiqué par l’IARU Région 1 est 7,110 MHz.

20 mètres : attention à la zone de silence

Pour contacter une station située à 1 000 ou 2 000 km, le 20 mètres devient souvent beaucoup plus intéressant.

La bande des 14 MHz est l’une des grandes bandes DX du radioamateur. Lorsque les conditions sont favorables, quelques dizaines de watts peuvent suffire pour réaliser des liaisons à plusieurs milliers de kilomètres.

Mais il existe un piège.

Votre signal peut parfaitement être reçu à 1 500 km tout en étant totalement inaudible à 200 km.

Entre la portée locale et le premier retour ionosphérique apparaît alors une zone de silence, ou skip zone.

Dans un réseau d’urgence régional, choisir systématiquement la bande offrant la plus grande portée serait donc une erreur.

Le centre mondial d’activité d’urgence sur cette bande est 14,300 MHz.

Et les bandes 17 et 15 mètres ?

Lorsque l’ionisation est suffisante et que les distances deviennent importantes, les bandes des 17 et 15 mètres constituent également d’excellentes possibilités.

L’IARU indique comme centres mondiaux d’activité d’urgence :

18,160 MHz sur 17 mètres et 21,360 MHz sur 15 mètres.

Pour notre réseau régional, elles seront cependant moins prioritaires que les bandes 80 et 40 mètres.

Quelle bande essayer ?

Voici une règle volontairement simplifiée :

Distance Jour Nuit
0–100 km 40 m NVIS 80/40 m
100–500 km 40 m NVIS 40/80 m
500–1 000 km 40/20 m 40 m
1 000–3 000 km 20/17 m 20/40 m
> 3 000 km 20/17/15 m 20 m

Ce tableau n’est évidemment pas une garantie de liaison. Saison, activité solaire, antennes, puissance et bruit radioélectrique peuvent complètement changer la situation.

Il donne simplement la première bande à essayer.

Plus d’Internet ? Écoutez !

Aujourd’hui, nous avons pris l’habitude de consulter VOACAP, les clusters, PSKReporter ou différents indicateurs de propagation.

Mais notre scénario est justement celui où Internet n’existe plus.

Il reste alors un instrument formidable : le récepteur de notre station.

Écoutons plusieurs bandes.

Le 40 mètres regorge de stations européennes ? C’est encourageant. Le 20 mètres est extrêmement actif mais seules des stations lointaines apparaissent ? Une zone de silence existe probablement autour de nous.

Les balises, les stations puissantes et simplement l’activité entendue permettent déjà d’obtenir une bonne idée de l’état de la propagation.

Un opérateur HF expérimenté finit ainsi par devenir son propre indicateur de propagation.

Préparer le réseau avant la panne

Le moment où Internet vient de disparaître n’est évidemment pas le meilleur moment pour décider :

« Bon… on se retrouve où ? »

Un réseau d’urgence doit donc être préparé à l’avance.

On peut par exemple définir :

Fréquence principale : 40 m
Fréquence de secours : 80 m
Longue distance : 20 m
Rendez-vous : heure pleine et H+30

Chaque station conserve cette procédure sur une simple feuille de papier à côté du transceiver.

La fiche de secours ADRASEC

Exemple de fiche « Plan B » à conserver près de la station HF : bandes à privilégier selon la distance et l’heure, fréquences de rendez-vous, solutions de secours et procédure d’appel. L’objectif n’est pas d’improviser lorsque les réseaux habituels disparaissent, mais de disposer d’un plan simple connu à l’avance par tous les opérateurs. Les fréquences IARU indiquées sont des centres d’activité d’urgence et non des fréquences exclusivement réservées.

Attention également aux fréquences 3,760, 7,110, 14,300, 18,160 et 21,360 MHz : l’IARU les définit comme des centres d’activité d’urgence, et non comme des fréquences exclusivement réservées au trafic d’urgence.

La radio commence là où Internet s’arrête

La véritable force d’un réseau HF d’urgence ne réside finalement ni dans la puissance de l’émetteur ni dans le prix du transceiver.

Elle réside dans la capacité des opérateurs à comprendre leur moyen de communication.

Pour quelques centaines de kilomètres, pensons 40 mètres et NVIS. La nuit, essayons également 80 mètres. Pour aller beaucoup plus loin, regardons vers 20, 17 ou 15 mètres.

Et surtout : écoutons avant d’émettre.

Car lorsque les écrans Internet deviennent noirs, l’ionosphère, elle, continue de fonctionner.

Liens utiles pour aller plus loin