Bienvenue sur le Site du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon (91 – Essonne)!

Chers(es) visiteurs(ses) et passionnés(es) de radio et de sciences,

Le Radio-Club F5KEE vous accueille à la Maison des Associations de Viry-Châtillon, au cœur de l’Essonne. Dans ce lieu ouvert et convivial, nous réunissons toutes celles et ceux qui partagent la curiosité des sciences, des techniques et des communications sans fil.

Le radioamateurisme, c’est bien plus qu’un simple hobby :
c’est une passion universelle, où l’on apprend à dialoguer avec le monde entier, à construire ses propres antennes et équipements, à explorer la propagation des ondes, mais aussi à découvrir les technologies numériques et les satellites.

À qui s’adresse le radio-club ?

Le F5KEE s’adresse à tous les publics :

  • les curieux qui veulent découvrir ce qu’est la radio et comment on peut communiquer sans Internet,

  • les jeunes et étudiants attirés par la technique, l’électronique ou l’aéronautique,

  • les futurs radioamateurs qui souhaitent préparer la licence,

  • les opérateurs confirmés qui veulent partager leurs expériences, expérimenter ou participer à des contests,

  • et plus largement, toute personne désireuse d’apprendre, de pratiquer et d’échanger dans un cadre associatif.

Que fait-on au F5KEE ?

Nos activités sont variées et adaptées à tous les niveaux :

  • Découverte et formation : initiation aux bases de la radio, aide à la préparation de la licence radioamateur.

  • Pratique du trafic : contacts en phonie, en CW (morse), en modes numériques (FT8, …), via satellites ou encore à travers le monde en HF.

  • Expérimentations techniques : réalisation et essais d’antennes, utilisation du SDR, projets autour de l’Arduino ou d’interfaces numériques.

  • Activités collectives : organisation de démonstrations publiques, projets éducatifs en lien avec les écoles ou évènements internationaux (ARISS, QO-100, etc.).

  • Vie de club : échanges, entraide, convivialité et partage de connaissances dans une ambiance amicale.

Pourquoi nous rejoindre ?

Adhérer au Radio-Club F5KEE, c’est rejoindre une communauté dynamique et passionnée, c’est apprendre en pratiquant, c’est aussi trouver un lieu où la curiosité technique et la convivialité se conjuguent au quotidien.

C’est également l’occasion d’acquérir des bases solides en électricité et en électronique, compétences précieuses pour comprendre le fonctionnement des équipements mais aussi pour, pourquoi pas, préparer un futur métier dans les domaines techniques, scientifiques ou industriels.

Que vous soyez simple curieux, débutant ou opérateur chevronné, poussez la porte de la Maison des Associations de Viry-Châtillon : F5KEE vous accueille et vous invite à découvrir le monde fascinant du radioamateurisme.

L’équipe du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon

Deux départs demain : JAMX01 et BY70-4, deux nouveaux satellites à écouter

Banniere JAMX01 + BY70-4

Le 25 août 2026, une fusée chinoise Long March 6C (CZ-6C) doit décoller du centre spatial de Taiyuan avec, parmi ses passagers, deux satellites qui devraient particulièrement intéresser les radioamateurs : JAMX01 et BY70-4. Tous deux embarquent en effet des équipements utilisant les bandes du service amateur, avec de la télémétrie, des transmissions numériques et, pour JAMX01, un digipeater FM. Le lancement est actuellement annoncé vers 03 h 30 UTC, soit 05 h 30 en France métropolitaine.

JAMX01 / BY70-4

JAMX01 et BY70-4 doivent être lancés le 25 août 2026 vers une orbite héliosynchrone proche de 500 km. JAMX01 (~50 kg) embarque notamment un digipeater VHF/UHF et plusieurs transmissions sur 435 MHz, tandis que BY70-4 (~18,7 kg) doit transmettre ses données en BPSK 9600 bit/s sur 437,443 MHz.

JAMX01 : un satellite-école de 50 kg

JAMX01, également présenté sous le nom de Jing’an Dream Star, est avant tout un projet éducatif. Il a été développé avec la participation d’étudiants du district de Jing’an, à Shanghai, et de radioamateurs.

Le projet, commencé en 2019, doit permettre aux jeunes participants de se familiariser avec la conception d’un satellite, son suivi, les radiocommunications et son exploitation en orbite. Le microsatellite pèse environ 50 kg et mesure approximativement 35 × 35 × 35 cm.

Mais JAMX01 n’est pas seulement une expérience pédagogique : sa charge utile radioamateur est particulièrement intéressante.

Fonction Fréquence
Uplink digipeater FM 145,950 MHz
Balise / SSTV 435,075 MHz
Downlink digipeater FM 435,175 MHz
Télémétrie 435,500 MHz

Ces fréquences ont été officiellement coordonnées par l’IARU en janvier 2025. La documentation mentionne notamment une balise BPSK à 9600 bit/s, des images numériques, de la SSTV, de la télémétrie et le digipeater FM.

Un nouveau digipeater VHF/UHF

C’est probablement la fonction qui intéressera le plus les amateurs de trafic satellite.

Le principe est simple :

Principe du digipeater FM

Principe du digipeater FM de JAMX01 : la station radioamateur émet vers le satellite en VHF sur 145,950 MHz (uplink). JAMX01 reçoit le signal et le retransmet vers les stations au sol en UHF sur 435,175 MHz (downlink). Il faudra attendre l’annonce officielle de la mise en service du digipeater avant toute émission.

Station radioamateur → 145,950 MHz → JAMX01 → 435,175 MHz → stations au sol

Le satellite reçoit donc en VHF et retransmet en UHF. Cela rappelle le fonctionnement de plusieurs petits satellites amateurs permettant d’établir des contacts pendant les quelques minutes où ils sont visibles simultanément par deux stations.

Attention toutefois : la présence du matériel à bord ne signifie pas que le digipeater sera immédiatement ouvert au trafic après le lancement. Il faudra attendre que les opérateurs aient vérifié le bon fonctionnement du satellite et annoncé officiellement sa mise en service.

En revanche, rien n’empêche de chercher ses émissions descendantes dès les premiers passages.

BY70-4 : images et télémétrie à 437,443 MHz

Le deuxième passager, BY70-4, également référencé sous les désignations 8104, BY-04 ou Harbin MicroSat, provient de l’équipe LilacSat du Harbin Institute of Technology.

Avec une masse annoncée d’environ 18,7 kg, BY70-4 doit lui aussi rejoindre une orbite héliosynchrone proche de 500 km.

Pour le radioamateur, une fréquence est particulièrement importante :

437,443 MHz — BPSK — 9600 bit/s

Cette fréquence est actuellement répertoriée pour la télémétrie de BY70-4, avec un format annoncé comme compatible avec celui utilisé par ASRTU-1.

Le satellite embarque par ailleurs plusieurs systèmes d’imagerie, ce qui rend la mission particulièrement intéressante pour ceux qui aiment décoder autre chose que quelques octets de télémétrie.

Des transmissions d’images utilisant notamment le principe SSDV sont prévues.

Avec SSDV, une image JPEG peut être découpée en petits paquets transmis indépendamment. C’est particulièrement bien adapté aux satellites : perdre quelques paquets au cours d’un passage n’oblige pas nécessairement à recommencer tout le transfert de l’image.

Une petite particularité concernant BY70-4

Il existe toutefois un détail intéressant autour de 437,443 MHz.

L’équipe de BY70-4 a indiqué que le satellite devait reprendre la coordination précédemment utilisée par BY70-3, désormais rentré dans l’atmosphère. Or la base publique de coordination IARU indique toujours cette fréquence sous BY70-3 et ne comporte actuellement pas de fiche distincte pour BY70-4.

Les bases de suivi radioamateur répertorient néanmoins déjà BY70-4 sur 437,443 MHz en BPSK 9600 bit/s.

Voilà donc une fréquence qu’il sera intéressant de surveiller après la séparation des satellites.

Peut-on les recevoir avec une station amateur simple ?

Bonne nouvelle : nul besoin d’une station digne de la NASA.

Pour tenter la réception, une installation composée d’une petite Yagi 430 MHz, d’un récepteur ou d’un SDR et d’un ordinateur constitue déjà une excellente base.

Une antenne directive montée sur un rotor facilitera évidemment les choses, mais une Yagi tenue à la main peut parfaitement convenir pour effectuer les premiers essais sur un passage élevé.

Le principal piège sera le Doppler.

À 435-437 MHz, le déplacement apparent de fréquence provoqué par la vitesse d’un satellite en orbite basse peut approcher une dizaine de kilohertz entre le début et la fin d’un passage. Sur un waterfall SDR, on voit alors littéralement le signal se déplacer.

Le principal piège sera le Doppler.

Pour une liaison numérique BPSK à 9600 bit/s, suivre correctement cette dérive de fréquence améliorera considérablement les chances de décodage.

Des logiciels de poursuite satellite peuvent heureusement commander automatiquement la fréquence d’un transceiver ou d’un SDR en fonction de la position calculée du satellite.

Les premières heures seront les plus intéressantes

Après le lancement commencera une sorte de chasse au trésor internationale.

Les radioamateurs et les stations du réseau SatNOGS rechercheront les premiers signaux, tandis que les différents objets issus du lancement devront être identifiés et associés aux bons satellites.

Les premiers éléments orbitaux permettront ensuite de calculer beaucoup plus précisément les passages de JAMX01 et BY70-4.

Pour les amateurs équipés en 144/430 MHz, il faudra donc particulièrement surveiller :

JAMX01 : 435,075 — 435,175 — 435,500 MHz
BY70-4 : 437,443 MHz

Et si JAMX01 fonctionne comme prévu, nous pourrions bientôt disposer d’un nouveau satellite permettant également des communications via son digipeater VHF/UHF.

Une règle reste cependant essentielle : on peut écouter les premières émissions dès leur apparition, mais on attend l’annonce officielle de la mise en service avant de transmettre vers le satellite.

Liens utiles

  • IARU Amateur Satellite Frequency Coordination — fiche de coordination de JAMX01 et fréquences officielles : Fiche IARU de JAMX01
  • AMSAT News Service — informations récentes sur JAMX01, BY70-4 et leur lancement : Bulletin AMSAT ANS-235
  • AMSAT — informations complémentaires concernant BY70-4 et la question de sa coordination : Actualités AMSAT
  • AMSAT-SM — tableau pratique des satellites et fréquences, où BY70-4 est déjà indiqué sur 437,443 MHz : Satellite Status and Online Tracker

MSK144 : peut-on faire du Meteor Scatter avec une simple station 144 MHz ?

Banniere meteor scatter

Faire un QSO à 1 500 km sur 144 MHz sans relais, sans satellite et alors que la bande semble complètement fermée ? C’est possible grâce au Meteor Scatter, qui exploite pendant quelques fractions de seconde les traînées ionisées laissées par les météores dans la haute atmosphère.

Mais faut-il pour autant disposer d’un amplificateur de plusieurs centaines de watts et d’un impressionnant groupement d’antennes ? Pas nécessairement. Avec MSK144, une station 144 MHz relativement classique permet déjà de tenter l’expérience.

Quelques millisecondes pour faire passer un message

Lorsqu’un météore pénètre dans l’atmosphère, il crée derrière lui une traînée ionisée. Pendant un instant très court, celle-ci peut diffuser un signal VHF et permettre à deux stations normalement hors de portée de s’entendre.

Sur 144 MHz, beaucoup de ces « pings » ne durent que quelques dizaines ou centaines de millisecondes. Il faut donc transmettre énormément d’informations pendant ce très court instant.

C’est précisément la raison d’être de MSK144, développé par K9AN et K1JT et intégré à WSJT-X.

Le protocole utilise des trames de 144 bits, une modulation à 2 000 bauds et atteint un débit effectif d’environ 250 caractères par seconde. Une trame normale ne dure que 72 ms. Son codage correcteur d’erreurs permet en outre de décoder certains signaux jusqu’à environ –8 dB dans une bande de référence de 2 500 Hz.

Autrement dit, MSK144 a été spécialement conçu pour extraire un message d’un ping extrêmement bref.

Meteor scater

Principe d’une liaison Meteor Scatter en MSK144 sur 144 MHz. Les signaux émis par deux stations équipées d’antennes Yagi sont diffusés par la brève traînée ionisée créée par un météore dans la haute atmosphère. MSK144 exploite ces réflexions de très courte durée pour permettre des liaisons pouvant dépasser 1 000 km, même avec une station VHF relativement modeste.

Jusqu’à 2 100 km sur 144 MHz

Le Meteor Scatter n’est d’ailleurs pas réservé aux Perséides ou aux Géminides. Des météores sporadiques pénètrent continuellement dans l’atmosphère et des QSO MS peuvent être réalisés toute l’année.

La documentation de WSJT-X indique des distances pouvant atteindre environ 2 100 km. Elle précise également que les QSO sont généralement plus faciles le matin que le soir et deviennent plus difficiles lorsque l’on approche de cette limite.

Reste la question essentielle : combien de watts faut-il ?

50 W, 100 W ou 500 W ?

Il n’existe pas de puissance minimale magique en dessous de laquelle le Meteor Scatter cesserait brutalement de fonctionner.

Un signal de 10 ou 25 W peut parfaitement être réfléchi par une traînée météoritique et être décodé. Cela ne signifie cependant pas qu’une station de 10 W permettra facilement d’enchaîner les QSO.

Pour une première approche sur 144 MHz, on peut retenir les ordres de grandeur suivants :

Puissance Avec une Yagi correcte En pratique
10 W décodages possibles expérimental
25 W QSO possibles dans de bonnes conditions difficile
50 W réellement exploitable bon point de départ
100 W nettement plus confortable puissance conseillée
200–300 W davantage de pings exploitables station confortable
500 W et + marge importante station spécialisée

Meteor scatter 2

Quelle puissance pour le Meteor Scatter en MSK144 ? Il n’existe pas de seuil absolu : quelques dizaines de watts peuvent permettre des décodages et des QSO lorsque les conditions sont favorables. Autour de 50 W, l’expérimentation devient réellement accessible avec une bonne Yagi, tandis que 100 W constituent une configuration de départ confortable. Augmenter la puissance améliore les probabilités, mais le gain d’antenne, les pertes de ligne et la qualité de réception restent tout aussi déterminants.

Les premières valeurs ne constituent évidemment pas des seuils garantis : le résultat dépend de la distance, de l’antenne des deux correspondants, des pertes, du bruit local et surtout du météore qui passe au bon moment.

En revanche, nous disposons d’une référence intéressante : la documentation officielle de WSJT-X indique qu’avec de la patience, 100 W ou davantage et une seule Yagi suffisent généralement pour pratiquer le Meteor Scatter.

K1JT donne également comme exemple de bonne station de débutant sur 2 mètres 100 W et une Yagi dix éléments.

Avant d’ajouter des watts, regardez l’antenne

Passer de 50 à 100 W ne représente que 3 dB. Pour gagner encore 3 dB par la puissance, il faudrait passer de 100 à 200 W. Et atteindre 400 W pour gagner 6 dB par rapport à 100 W.

Une bonne antenne peut donc être beaucoup plus rentable.

Une Yagi apportant par exemple une dizaine de décibels de gain dans la direction du correspondant transforme complètement le bilan de liaison par rapport à une antenne omnidirectionnelle.

Meteor scatter 3

Watts ou antenne ? Passer de 50 à 500 W apporte 10 dB supplémentaires, mais une Yagi offrant 10 dBd de gain procure théoriquement un avantage du même ordre dans sa direction privilégiée, sans augmenter la puissance de l’émetteur. En Meteor Scatter, une bonne antenne, un coaxial à faibles pertes et une réception soignée peuvent donc être plus efficaces qu’une simple course aux watts.

Et sur 144 MHz, il faut également surveiller les pertes du coaxial.

Avant d’acheter un PA de 500 W, mieux vaut donc disposer d’une bonne Yagi, d’un coaxial faible perte et d’une réception correctement optimisée.

La station minimale pour essayer

Beaucoup de radioamateurs possèdent finalement déjà presque tout le matériel nécessaire :

Transceiver 144 MHz SSB → 50 à 100 W → coaxial faible perte → Yagi horizontale → ordinateur avec WSJT-X

Dans WSJT-X, les réglages de départ recommandés sont simples :

  • mode MSK144 ;
  • décodage Fast ;
  • fréquence audio de réception 1 500 Hz ;
  • F Tol = 100 Hz ;
  • périodes émission/réception de 15 secondes ;
  • horloge de l’ordinateur correctement synchronisée.

Contrairement à la plupart des autres modes de WSJT-X, le décodeur MSK144 travaille en temps réel : lorsqu’un ping apparaît, le message décodé peut donc s’afficher presque immédiatement.

En Région 1, il faudra également respecter le plan de bande et les procédures Meteor Scatter de l’IARU, notamment pour les appels et les QSO « random ».

Alors, peut-on commencer avec 50 W ?

Oui.

Avec 50 W et une Yagi correcte, particulièrement pendant une pluie météoritique importante, tenter ses premiers décodages puis ses premiers QSO MSK144 est parfaitement réaliste.

Avec 100 W, les choses deviennent évidemment plus confortables et cette puissance constitue probablement un excellent objectif pour une petite station Meteor Scatter sur 144 MHz.

Les 300, 500 ou 1 000 W amélioreront encore le bilan de liaison, mais ils ne constituent absolument pas un ticket d’entrée obligatoire.

Vous possédez un transceiver 144 MHz de 50 W, une Yagi et un ordinateur ? Avant d’acheter un amplificateur, installez WSJT-X et écoutez les météores. Vous pourriez être surpris de ce que votre station sait déjà faire.

Liens utiles

WSJT-X — documentation et utilisation de MSK144
La documentation décrit les réglages du mode et indique notamment la portée d’environ 2 100 km ainsi que la référence pratique de 100 W et une Yagi.
WSJT-X User Guide — MSK144

The MSK144 Protocol for Meteor-Scatter Communication — K9AN et K1JT
La référence technique pour comprendre la modulation, les trames, le codage correcteur et les performances du protocole.
Télécharger l’article technique MSK144 publié dans QEX

IARU Region 1 — VHF Handbook
Document de référence pour les procédures d’exploitation Meteor Scatter, les périodes d’émission et les recommandations applicables en Région 1.
IARU Region 1 — VHF Handbook

K5ND — Meteor Scatter et MSK144
Une ressource pratique complémentaire consacrée à l’utilisation de MSK144 et à son prédécesseur FSK441.
K5ND — MSK144 vs FSK441 Meteor Scatter Modes

Pour aller plus loin sur F5KEE
Notre article consacré aux Perséides explique plus largement comment les traînées météoritiques permettent d’établir des liaisons sur 144 MHz.
F5KEE — Perséides 2026 : et si nous utilisions les étoiles filantes pour faire des QSO en 144 MHz ?

Le retour du Meccano radio : construire un transceiver moderne avec des modules

Banniere modules

Pendant longtemps, construire son propre transceiver signifiait se lancer dans un circuit imprimé complexe comportant des dizaines, voire des centaines de composants. Une erreur quelque part et commençait alors une longue séance de dépannage.

Et si nous revenions au Meccano radio ?

L’idée consiste à décomposer le transceiver en petites briques indépendantes, construites ou achetées séparément, testées individuellement puis assemblées. Une philosophie que la RSGB remet aujourd’hui en avant dans ses activités consacrées à l’expérimentation et au homebrew. Son Experimenters’ Corner, apparu dans RadCom en novembre 2025, aborde justement construction personnelle, logiciel, impression 3D et techniques permettant d’expérimenter à moindre coût.

Idees anciennes

Principe d’un transceiver modulaire : chaque fonction — filtrage, amplification, mélange, traitement ou émission — constitue une brique indépendante qui peut être construite, testée et améliorée séparément avant son intégration dans la chaîne complète.

Une idée ancienne remise au goût du jour

Nos anciens pratiquaient déjà naturellement cette méthode. Un récepteur pouvait être constitué d’un VFO, d’un mélangeur, d’un amplificateur FI, d’un détecteur et d’un amplificateur BF.

Ce qui change aujourd’hui, c’est la facilité avec laquelle nous pouvons obtenir ou fabriquer ces différentes fonctions.

Un récepteur moderne pourrait ainsi se résumer à :

ANTENNE → FILTRE → LNA → MÉLANGEUR → FI/SDR → AUDIO

Et pour l’émission :

MIC/DSP → MÉLANGEUR → DRIVER → PA → FILTRE → ANTENNE

Chaque rectangle devient un petit projet à lui seul.

Des briques modernes à quelques euros

Le VFO analogique peut désormais laisser place à un Si5351, un AD9850 ou un ADF4351 commandé par Arduino, ESP32 ou RP2040. La RSGB organise d’ailleurs des ateliers autour des DDS AD9850, AD9851 et du synthétiseur ADF4351.

Autour de cette source de fréquence peuvent venir se greffer mélangeur, filtres passe-bande, amplificateurs MMIC, étage BF, relais de commutation et amplificateur de puissance.

Mais construction modulaire ne signifie pas obligatoirement empiler des modules chinois. Rien n’empêche de bobiner son propre filtre, de construire son mélangeur à diodes ou son amplificateur, tout en utilisant un module commercial pour le synthétiseur.

Construire, tester… puis assembler

C’est probablement le principal intérêt de la méthode.

Nick Wood, M0NTV, ardent défenseur de la construction modulaire, propose précisément de transformer un gros projet intimidant en plusieurs réalisations beaucoup plus accessibles. Pour son récepteur à conversion directe 40 mètres présenté à la RSGB, il décompose ainsi la radio en quatre modules, montre leur schéma, leur construction et leurs résultats de mesure avant de les réunir.

La méthode devient :

CONSTRUIRE → TESTER → VALIDER → PASSER AU MODULE SUIVANT

Si le mélangeur fonctionne, on sait qu’il fonctionne avant même de construire l’amplificateur BF.

CONSTRUIRE, TESTER, VALIDER

La méthode modulaire appliquée au « Meccano radio » : chaque fonction du transceiver est construite, mesurée et validée séparément avant l’assemblage final. Une approche qui simplifie le dépannage, facilite les évolutions et permet de comprendre progressivement le rôle de chaque étage.

Le vrai défi : faire dialoguer les modules

Car assembler cinq cartes ne suffit pas à fabriquer une bonne radio.

Il faut connaître leur impédance, niveau d’entrée admissible, puissance de sortie, gain et alimentation. Il faut également surveiller bruit, masses, découplages, blindage et produits indésirables.

Le convertisseur Easy-100 publié par la RSGB pour QO-100 en constitue un excellent exemple. Son architecture associe atténuateur, filtre 433 MHz, synthétiseur, mélangeur et étages RF. La conception raisonne explicitement en niveaux : jusqu’à +40 dBm provenant du transceiver, ramenés à +20 dBm avant le mélangeur, avec un oscillateur local d’environ +4 dBm.

Autrement dit, le schéma général ressemble bien à un Meccano, mais les interfaces entre les pièces doivent être calculées.

Les interfaces

Les interfaces sont le véritable défi d’un transceiver modulaire : impédance de 50 Ω, niveaux en dBm, gains et pertes, filtrage, alimentation, blindage et masses doivent être maîtrisés. Une seule brique mal adaptée peut dégrader les performances de toute la chaîne.

Une formidable école de radio

C’est peut-être là que cette approche devient plus intéressante qu’un kit traditionnel.

On peut remplacer le VFO, expérimenter un autre mélangeur, comparer deux filtres ou ajouter un nouveau PA sans reconstruire toute la radio. Et chaque modification oblige à comprendre ce qui entre dans un module et ce qui doit en sortir.

La RSGB semble d’ailleurs vouloir renforcer cette culture expérimentale : son Experimenters’ Corner présente désormais aussi bien modules LoRa, émetteurs-récepteurs, mélangeurs, générateurs que wattmètres.

Finalement, le prochain transceiver construit au radio-club ne sera peut-être pas un gigantesque circuit imprimé.

Et si nous construisions un transceiver F5KEE comme un véritable Meccano : une dizaine de briques, réalisées et expliquées une par une ?

Liens utiles

RSGB — 40m on a Glue Stick, Nick Wood M0NTV
Présentation d’un récepteur 40 m construit et testé module par module.
40m on a Glue Stick – M0NTV

RSGB — Easy-100 pour QO-100
Excellent exemple d’une réalisation RF reposant sur plusieurs modules interconnectés.
Easy-100 – document technique PDF

RSGB — RadCom, juin 2019
Sommaire du numéro dans lequel le projet Easy-100 a été publié.
RadCom June 2019

RSGB — Experimenters’ Corner
La nouvelle rubrique consacrée au homebrew et aux technologies d’expérimentation.
Experimenters’ Corner

RSGB — Making use of emerging technologies
Portail consacré aux technologies émergentes appliquées au radioamateurisme.
Making use of emerging technologies

RSGB — Atelier DDS
Exemple d’utilisation pratique des AD9850, AD9851 et ADF4351 pour générer un signal RF.
DDS Programming Workshop

RSGB — Easy-100 satellite upconverter forum
Informations et ressources complémentaires autour du projet Easy-100.
Easy-100 satellite upconverter forum

SolderSmoke
Une excellente source d’inspiration pour la construction radio traditionnelle et modulaire.
SolderSmoke

SolderSmoke — exemple de récepteur modulaire
Un projet dont les blocs fonctionnels ont été réalisés et testés séparément avant leur interconnexion.
Description technique du récepteur

Après 40 ans de TLE, pourquoi le suivi des satellites radioamateurs doit changer de format ?

Banniere TLE

Depuis des décennies, le radioamateur qui souhaite suivre un satellite commence presque toujours par télécharger ses TLE. Ces deux mystérieuses lignes de chiffres alimentent ensuite GPredict, SatPC32 ou d’autres logiciels capables de calculer le prochain passage, l’azimut, l’élévation et même la correction Doppler.

Mais en juillet 2026, ce vénérable format a rencontré une limite qui était inscrite dans sa conception depuis l’origine : il n’y a tout simplement plus assez de place pour numéroter les nouveaux objets spatiaux.

Deux lignes qui ont fait le tour du monde

Un TLE — Two-Line Element set — ressemble à ceci :

ISS (ZARYA)
1 25544U 98067A 26200.12345678 ...
2 25544 51.6400 123.4567 ...

Derrière cette apparence peu engageante se trouvent les paramètres décrivant l’orbite : inclinaison, excentricité, argument du périgée, anomalie moyenne, mouvement moyen, époque de référence, etc.Chaque information possède une position déterminée dans la ligne. Le numéro NORAD de l’objet, par exemple, occupe un champ de seulement cinq caractères.
Anatomie d'un TLE

Anatomie d’un TLE. Les paramètres orbitaux sont codés dans deux lignes de 69 caractères selon des positions fixes. Ce format très compact fournit notamment à SGP4 les éléments nécessaires pour calculer la position future du satellite.

Le principe était parfaitement logique à l’époque : produire un format extrêmement compact et facilement transmissible. Mais plusieurs décennies plus tard, cette économie de caractères devient une contrainte.

Le mur des 99 999 est arrivé

Le problème était connu depuis longtemps, mais il est désormais très concret.

Le 11 juillet 2026, avec l’ajout de Saramago, CelesTrak a annoncé l’épuisement de l’espace disponible pour les numéros de catalogue traditionnels sur cinq chiffres. Les nouveaux objets utilisent désormais des identifiants à six chiffres, à partir de 100000.

Le mur des 99 999

Le mur des 99 999. Le TLE classique ne réserve que cinq caractères au numéro de catalogue NORAD. Le passage aux identifiants à six chiffres en juillet 2026 rend donc nécessaire l’utilisation de formats capables de représenter les nouveaux objets, comme l’OMM.

Or regardons notre TLE :

1 25544U ...
└────┘
5 caractères

Essayons maintenant :

100000

Il faut six caractères.

Le TLE classique ne peut donc plus représenter directement ces nouveaux numéros. CelesTrak est très clair : les données GP des nouveaux objets catalogués avec ces identifiants ne seront plus disponibles sous forme de TLE traditionnel. Au 21 août 2026, le catalogue officiel avait déjà atteint 100403.

Une solution intermédiaire appelée Alpha-5 permet de coder davantage d’identifiants en utilisant des caractères alphabétiques. Elle prolonge la vie de certains logiciels, mais ne règle pas les autres limitations structurelles du TLE.

Le successeur existe déjà : OMM

Il n’est heureusement pas nécessaire d’inventer un nouveau format dans l’urgence.

Le CCSDS — Consultative Committee for Space Data Systems normalise notamment l’OMM, Orbit Mean-Elements Message. Celui-ci fait partie du standard Orbit Data Messages. Sa version actuelle est le CCSDS 502.0-B-3, publiée en 2023.

Au lieu de chercher une information à une position précise dans une ligne, on travaille avec des champs clairement identifiés :

OBJECT_NAME = ISS (ZARYA)
NORAD_CAT_ID = 25544
EPOCH = ...
INCLINATION = ...
ECCENTRICITY = ...
MEAN_MOTION = ...

L’OMM peut être représenté notamment en KVN ou XML. Pour ses services GP, CelesTrak propose également des représentations utilisant les mots-clés OMM en JSON et CSV, beaucoup plus faciles à intégrer dans les applications modernes. Depuis mai 2026, CelesTrak utilise même CSV comme format par défaut pour ses requêtes GP.

Attention : SGP4 ne disparaît pas

C’est probablement le point le plus important à comprendre.

TLE et SGP4 ne sont pas la même chose.

TLE et SGP4 ne sont pas la même chose

Du fichier orbital à la station radioamateur. TLE et OMM sont des formats servant à transmettre les éléments orbitaux ; SGP4 reste le modèle qui les propage pour déterminer la position et la vitesse du satellite. Ces calculs permettent ensuite de prévoir les passages, de commander le rotor et de corriger automatiquement le Doppler.

Le TLE est essentiellement la manière de stocker et transmettre les éléments orbitaux. SGP4 est le modèle mathématique utilisé pour les propager dans le temps.

On peut résumer ainsi :

TLE et SGP4

Passer du TLE à l’OMM ne signifie donc pas nécessairement jeter les algorithmes utilisés actuellement. L’OMM a justement été conçu pour transmettre des éléments moyens orbitaux et fait partie des formats normalisés d’échange de données orbitales.

Et pour nos stations radioamateurs ?

À court terme, rien ne va brutalement cesser de fonctionner. Les satellites possédant déjà un numéro NORAD compatible avec le TLE pourront continuer à être distribués et suivis de cette manière. La liste radioamateur de CelesTrak contient d’ailleurs toujours de nombreux satellites historiques sous cette forme.

Le problème concernera surtout les futurs satellites.

Nos logiciels de poursuite, scripts Python, Raspberry Pi et systèmes automatisés de commande de rotor devront progressivement apprendre à lire autre chose que deux lignes de 69 caractères.

Pour un développeur, accepter du CSV, JSON ou OMM est aujourd’hui beaucoup plus raisonnable que de construire un nouveau programme dépendant exclusivement du TLE.

La fin d’une époque, pas celle du suivi satellite

Le TLE aura rendu un service extraordinaire. Compact, universel et relativement simple à échanger, il est devenu un langage commun pour des générations de passionnés de satellites.

Mais l’espace autour de la Terre de 2026 n’est plus celui des années 1980.

Le franchissement des 100000 objets catalogués en juillet 2026 constitue donc un excellent symbole : ce n’est pas notre manière de calculer les orbites qui doit nécessairement disparaître, mais la vieille enveloppe de 69 caractères dans laquelle nous transportons leurs paramètres.

Pour les radioamateurs qui développent aujourd’hui leurs propres trackers, la recommandation devient donc simple :

prévoyez dès maintenant autre chose que le seul TLE.

Liens utiles

Comment WSJT-X arrive-t-il à décoder 30 stations FT8 presque simultanément ?

Banniere décodage FT4 - FT8

Sur une bande FT8 très fréquentée, le waterfall de WSJT-X peut être couvert de dizaines de traces. Pourtant, quelques instants plus tard, le logiciel affiche parfois 20, 30 messages ou davantage.

Comment un ordinateur peut-il séparer autant de stations qui émettent pratiquement au même moment, avec des signaux parfois extrêmement faibles et quelquefois superposés ?

On pourrait imaginer que WSJT-X utilise des dizaines de petits récepteurs numériques indépendants. La réalité est différente et beaucoup plus intéressante : le programme analyse toute la bande audio, recherche les signaux susceptibles d’être du FT8, tente de les décoder et peut même soustraire certains signaux déjà identifiés avant de recommencer son analyse.

Une seule bande audio pour des dizaines de stations

Lorsque le transceiver est réglé sur une fréquence FT8, il reçoit en réalité une bande de quelques kilohertz.

Un signal FT8 n’occupe qu’environ 50 Hz. De nombreuses stations peuvent donc se trouver simultanément dans la bande passante du récepteur.

Schema 1 FT8

Le logiciel ne reçoit donc pas 30 flux différents : toutes les stations sont présentes dans la même forme d’onde numérisée.

On peut comparer cela à une photographie : l’appareil enregistre toute la scène en une seule fois, puis le logiciel recherche les différents objets présents dans l’image.

Que reçoit réellement WSJT-X : de l’audio ou de l’I/Q ?

C’est un point qui prête souvent à confusion depuis la généralisation des SDR.

Dans une installation classique, WSJT-X ne reçoit pas directement un flux I/Q.

Le transceiver est généralement utilisé en USB. C’est lui qui effectue la conversion du signal RF vers une bande audio ou baseband. Cette bande est ensuite transmise à l’ordinateur par une interface audio, aujourd’hui très souvent intégrée au transceiver et reliée en USB.

Schema 2

Le programme travaille donc normalement sur une forme d’onde audio réelle échantillonnée numériquement.

C’est d’ailleurs pour cette raison que WSJT-X peut sauvegarder les périodes reçues sous forme de fichiers WAV et les redécoder ultérieurement.

Avec un SDR, on rencontre souvent une architecture différente :

Schema3 FT8

Les composantes I et Q conservent une représentation complexe du signal autour d’une fréquence centrale. Mais WSJT-X n’a pas besoin de recevoir directement ces données I/Q pour décoder simultanément de nombreuses stations FT8.

Première étape : trouver où sont les stations

WSJT-X ne commence pas par rechercher des indicatifs.

Il cherche d’abord les endroits de la bande audio où se trouve probablement un signal FT8.

Pour cela, le protocole possède une sorte de signature connue du logiciel : les séquences de synchronisation Costas.

Une transmission FT8 comprend 79 symboles :

Schema 4 FT8

La modulation FT8 utilise 8 tonalités espacées de 6,25 Hz, donnant au signal une largeur d’environ 50 Hz.

WSJT-X recherche ces motifs de synchronisation à de nombreuses fréquences et avec différents petits décalages temporels.

Il peut alors dresser une liste de candidats FT8.

Schema 5 FT8

À ce stade, le programme ne sait pas nécessairement ce que disent ces stations. Il sait essentiellement :

« À cette fréquence audio et avec ce décalage temporel, il existe probablement un signal FT8. »

30 stations ne signifient pas 30 récepteurs

C’est l’une des clés du système.

Une fois les candidats détectés, WSJT-X tente de décoder chacun d’eux.

30 stations dans une seule bande audio

Une bande audio FT8 très encombrée. WSJT-X reçoit simultanément toute la bande audio, ici de 0 à 3000 Hz, dans laquelle peuvent cohabiter plusieurs dizaines de signaux FT8 d’environ 50 Hz de largeur. Le logiciel repère ensuite les différents candidats selon leur fréquence et leur synchronisation temporelle avant de tenter leur décodage.

Pour chaque symbole, le programme analyse les huit tonalités possibles.

Mais il ne se contente pas d’une décision brutale du type :

« La tonalité n° 5 est la plus forte, donc c’est forcément elle. »

Le décodeur travaille avec des informations de vraisemblance. Une tonalité peut être très probable, une autre moins probable, etc.

Ces informations alimentent ensuite le puissant système de correction d’erreurs LDPC, pour Low-Density Parity-Check.

Le message FT8 comporte 77 bits d’information. Après ajout du CRC et du codage correcteur, le mot codé comporte 174 bits.

Cette importante redondance permet de reconstruire un message même lorsque certains symboles ont été fortement dégradés par le bruit ou les interférences.

Ainsi, avec 30 stations suffisamment séparées, le problème revient essentiellement à effectuer de nombreuses tentatives de décodage sur les candidats détectés dans la même bande audio.

Comment WSJT-x trouve et décode le FT8

Les principales étapes du décodage FT8 par WSJT-X. À partir de l’ensemble de la bande audio reçue, le logiciel recherche les séquences de synchronisation Costas, identifie les candidats, analyse leurs huit tonalités, puis utilise le décodage LDPC et le contrôle CRC pour valider les messages. Les signaux correctement décodés peuvent ensuite être reconstruits et soustraits de l’audio afin de permettre une nouvelle passe et de faire apparaître des stations jusque-là masquées.

Faut-il attendre 15 secondes avant de commencer le décodage ?

Non, et c’est un détail particulièrement intéressant.

On pourrait imaginer le fonctionnement suivant :

Schema 6 FT8

Ce serait cependant une perte de temps.

WSJT-X peut engager certains traitements avant même la fin complète de la période FT8.

Des étapes de décodage sont ainsi lancées vers la fin du créneau, une première pouvant commencer aux environs de 11,8 secondes, puis d’autres vers 13,5 et 14,7 secondes, selon le fonctionnement et la version du décodeur.

Le calcul informatique ne commence donc pas brutalement à la quinzième seconde : une partie du travail a déjà été engagée.

Schema 7 FT8

Combien de temps faut-il pour décoder 30 stations ?

Il n’existe pas de durée universelle du genre :

30 stations × 20 ms = 600 ms.

Le temps de calcul dépend de nombreux paramètres :

  • la puissance du processeur ;
  • le nombre de candidats détectés ;
  • la profondeur de décodage choisie ;
  • la qualité des signaux ;
  • le nombre de candidats difficiles ;
  • la quantité d’interférences ;
  • le nombre de passes nécessaires ;
  • les possibilités de parallélisation du processeur.

Surtout, les 30 candidats ne doivent pas obligatoirement être traités comme 30 gros calculs entièrement successifs.

Sur les versions modernes et avec un processeur multicœur, une partie du travail peut être parallélisée.

Voilà pourquoi, dans la pratique, plusieurs dizaines de messages semblent apparaître presque simultanément dans la fenêtre Band Activity.

Et si deux stations se chevauchent ?

C’est ici que le décodage devient particulièrement ingénieux.

Imaginons deux stations extrêmement proches :

Schema 8 FT8

La forme d’onde audio contient alors approximativement :

x(t) = A(t) + B(t) + bruit

La station B peut être partiellement masquée par A.

Mais imaginons que WSJT-X réussisse malgré tout à décoder A.

Il connaît maintenant le message exact envoyé par cette station.

Et c’est là que les choses deviennent particulièrement intéressantes.

Le logiciel peut reconstruire le signal qu’il vient de décoder

Puisque WSJT-X connaît désormais le message A, il connaît également la succession des symboles et tonalités FT8 que cette station a nécessairement émise.

Il peut donc reconstruire mathématiquement son signal.

Il ne suffit cependant pas de fabriquer un FT8 théorique et de le soustraire brutalement : le signal reçu a subi le canal radio et possède une certaine amplitude et une certaine phase.

Le logiciel estime donc ces caractéristiques afin de produire une représentation aussi proche que possible du signal A effectivement reçu.

Schema 9 FT8

Et voilà que B peut devenir décodable alors qu’elle ne l’était pas auparavant.

C’est le principe de la soustraction des signaux décodés, apparenté aux techniques de suppression successive d’interférences.

Et WSJT-X peut recommencer

C’est probablement le mécanisme le plus spectaculaire lorsque la bande FT8 est encombrée.

Imaginons plusieurs stations partiellement superposées :

Schema 10 FT8

Après une première passe, WSJT-X peut donc réexaminer une forme d’onde dont certains signaux correctement décodés ont été retirés.

Une station faible auparavant masquée peut alors devenir un candidat exploitable.

C’est pourquoi le nombre de messages affichés après une période FT8 ne correspond pas simplement au résultat d’une seule analyse spectrale.

Décoder - Soustraire - Recommecer

Décoder, soustraire, recommencer : comment une station faible peut émerger. Après avoir décodé une station FT8, WSJT-X peut reconstruire son signal en estimant notamment son amplitude et sa phase, puis le soustraire de l’audio reçu ; une nouvelle analyse peut alors révéler une station plus faible jusque-là masquée, et le processus peut être répété.

Le logiciel possède encore un autre avantage : le contexte

WSJT-X peut également utiliser ce que l’on appelle le décodage AP, pour a priori.

Pendant un QSO, certaines informations sont déjà connues.

Si vous êtes F4AAA et que vous échangez avec F1BBB, le logiciel connaît déjà ces deux indicatifs. Il sait également que les messages d’un QSO FT8 suivent des structures très précises.

Il ne cherche donc pas toujours n’importe quelle succession de 77 bits parmi toutes les possibilités imaginables.

Une comparaison très simplifiée permet de comprendre le principe.

Si un texte dégradé donne :

BONJ___

il est beaucoup plus facile de retrouver BONJOUR lorsque l’on connaît la langue et le contexte.

Le décodage AP applique une idée comparable, mais évidemment avec des méthodes mathématiques adaptées au protocole FT8.

Du signal reçu aux 30 indicatifs

Nous pouvons maintenant réunir toutes les opérations.

Schema 11 FT8

Le petit miracle qui se produit toutes les 15 secondes

Lorsque 30 lignes apparaissent presque simultanément dans Band Activity, l’ordinateur n’a donc pas simplement écouté 30 fréquences avec 30 récepteurs virtuels.

Il a reçu une seule forme d’onde audio contenant toutes les stations.

Dans cette forme d’onde, il a recherché les signatures caractéristiques du FT8, déterminé leurs positions en fréquence et dans le temps, évalué les huit tonalités de chaque symbole et soumis les informations obtenues au puissant décodeur LDPC.

Une partie de ces opérations peut déjà commencer avant la fin de la période de réception.

Pour les situations difficiles, le logiciel peut aller encore plus loin : reconstruire certains signaux correctement décodés, les soustraire de la forme d’onde reçue puis recommencer l’analyse sur ce qui reste.

Le tout doit être réalisé extrêmement rapidement, car le FT8 impose son rythme : 15 secondes plus tard, le créneau suivant est déjà là.

La véritable prouesse du FT8 n’est donc pas seulement de permettre de décoder des signaux que l’oreille humaine ne distingue pratiquement plus dans le bruit.

C’est aussi de parvenir à retrouver des dizaines de conversations différentes dans quelques kilohertz de spectre, pratiquement au même instant.

CO-128 : le CubeSat qui veut faire du GreenCube, de la DATV et sonder l’ionosphère sur 10 mètres

Banniere CO-128

Les satellites radioamateurs ne se limitent plus aux répéteurs FM ou aux transpondeurs linéaires. CO-128, lancé durant l’été 2026, en apporte une belle démonstration : digipeater sur 2 mètres, télévision numérique sur 10 mètres, balises CW, SDR embarqué et même sondage de l’ionosphère.

Derrière l’indicatif Canada-OSCAR 128 se cache MARMOTSat, un CubeSat canadien particulièrement ambitieux.

MARMOTSat devient CO-128

MARMOTSat, pour Mission for Atmospheric Radio Measurements with Open-source Technology Satellite, est un CubeSat 3U de 340 × 100 × 100 mm, développé principalement par des étudiants de l’University of Victoria, en Colombie-Britannique. Sa masse au moment de l’intégration atteignait environ 5,49 kg.

Le satellite a été placé en orbite terrestre basse le 7 juillet 2026, lors de la mission SpaceX Transporter-17 depuis Vandenberg, en Californie. Après l’activation réussie de sa première balise radioamateur, AMSAT lui a officiellement attribué la désignation Canada-OSCAR 128, ou CO-128.

CO-128

Vue d’ensemble de CO-128/MARMOTSat : architecture du CubeSat 3U, sous-systèmes embarqués, antennes et principales expériences radioamateurs sur 145,875 MHz, 29,410 MHz et 436,125 MHz.

Un laboratoire SDR de trois litres dans l’espace

Une des particularités de CO-128 est son architecture radio largement basée sur le SDR, Software Defined Radio.

Le projet développe notamment le Modular CubeSat Radio (MCR), une plateforme radio modulaire et ouverte. L’idée est séduisante : plutôt que de construire une électronique spécifique pour chaque modulation, une partie importante des traitements est réalisée numériquement et peut donc être modifiée par logiciel.

CO-128 devient ainsi non seulement un satellite à écouter ou à utiliser, mais également un banc d’essai en orbite pour de futures radios spatiales open source.

145,875 MHz : un peu de GreenCube sur 2 mètres

L’une des expériences les plus attendues est le digipeater VHF sur 145,875 MHz.

Le principe rappelle celui qui a fait le succès de IO-117/GreenCube : une station envoie un message numérique au satellite, celui-ci le reçoit puis permet sa retransmission vers d’autres stations.

Le système doit pouvoir fonctionner en communication directe mais également selon le principe store-and-forward : le satellite conserve temporairement certaines données pour les retransmettre ultérieurement.

On peut donc imaginer CO-128 comme une sorte de boîte aux lettres numérique passant à plusieurs centaines de kilomètres au-dessus de nos têtes.

La même fréquence de 145,875 MHz est également utilisée pour une balise CW. Celle-ci a déjà été reçue au sol. L’équipe indiquait le 14 août qu’elle fonctionnait encore de façon intermittente, en fonction notamment de l’énergie disponible à bord.

un peu de GreenCube sur 2 mètres

Principe du digipeater VHF de CO-128 sur 145,875 MHz : retransmission directe d’un message entre deux stations ou fonctionnement « store-and-forward » avec stockage temporaire à bord du satellite.

De la télévision numérique… sur 29,410 MHz !

CO-128 réserve une expérience encore plus étonnante : transmettre des images de la Terre en DVB-S2 sur la bande des 10 mètres.

Le satellite embarque une caméra et prévoit une transmission sur :

29,410 MHz – DVB-S2 – QPSK – 33 ou 66 kbauds – FEC 1/2 – roll-off 0,35.

Pour les radioamateurs pratiquant la DATV, le DVB-S2 est loin d’être inconnu : c’est notamment le système largement utilisé pour les transmissions numériques via QO-100.

Mais recevoir du DVB-S2 à 29 MHz depuis un CubeSat en orbite basse constitue une expérience autrement inhabituelle. Contrairement à QO-100, CO-128 défile rapidement dans le ciel et le signal reçu est soumis au déplacement Doppler.

Le bruit radioélectrique présent sur les bandes HF représente également un sérieux défi. Une bonne antenne et surtout un environnement radio relativement calme devraient donc être précieux.

CO-128 sonde aussi l’ionosphère

La fréquence 29,410 MHz ne sert pas uniquement à transmettre de la vidéo.

CO-128 doit également émettre un signal LFM – Linear Frequency Modulation, autrement dit un signal dont la fréquence varie suivant une loi connue.

Le principe scientifique peut être résumé simplement :

CO-128 émet un signal connu → celui-ci traverse l’ionosphère → une station au sol l’enregistre → les modifications du signal sont analysées.

Ces mesures doivent contribuer à l’étude de la structure et de la composition de l’ionosphère. Le projet a justement été conçu pour expérimenter le sondage transionosphérique par satellite.

Et c’est là que les radioamateurs peuvent jouer un rôle intéressant : des stations équipées de SDR peuvent participer à la collecte des signaux. Le radioamateur ne serait donc plus seulement utilisateur du satellite, mais pourrait devenir contributeur à une expérience scientifique.

CO-128 sonde ionosphèrique

Principe du sondage ionosphérique de CO-128 : un signal LFM émis sur 29,410 MHz traverse l’ionosphère avant d’être enregistré et analysé au sol par des stations radioamateurs équipées d’un SDR.

CO-128 en un coup d’œil

Caractéristique CO-128 / MARMOTSat
Format CubeSat 3U
Dimensions 340 × 100 × 100 mm
Masse ≈ 5,49 kg
Lancement 7 juillet 2026
Orbite LEO
Digipeater VHF 145,875 MHz
Balise CW VHF 145,875 MHz
Balise CW 10 m 29,410 MHz
DATV DVB-S2 29,410 MHz
Sondage LFM 29,410 MHz
TT&C 436,125 MHz
Indicatif balise VA7UVS
Radio SDR modulaire/open source

Les différentes expériences utilisant une fréquence commune ne doivent évidemment pas être considérées comme fonctionnant toutes simultanément.

Peut-on déjà écouter CO-128 ?

Oui, et la situation évolue rapidement.

Une information publiée le 14 août 2026 par l’équipe MARMOTSat apporte d’ailleurs une précision importante : la mise en service générale du satellite (bus commissioning) est annoncée comme achevée depuis le 30 juillet. Les panneaux solaires sont déployés, le contrôle d’attitude fonctionne et le satellite a été identifié sous le numéro NORAD 69912.

La balise CW VHF a déjà été activée et reçue par plusieurs stations. En revanche, toutes les expériences radioamateurs ne sont pas encore nécessairement opérationnelles en permanence. L’activation du digipeater constitue notamment l’une des prochaines grandes étapes annoncées par l’équipe.

Il faudra donc surveiller les informations officielles avant chaque tentative.

Ce qu’il faut retenir

CO-128 est intéressant moins par sa taille que par la quantité d’expériences qu’il embarque. VHF, UHF, bande 10 mètres, digipeater, CW, DVB-S2, SDR et étude de l’ionosphère se retrouvent dans un CubeSat de seulement trois unités.

Après GreenCube pour les communications numériques et QO-100 pour la DATV, CO-128 pourrait bien devenir un nouveau terrain d’expérimentation pour les radioamateurs équipés d’un SDR.

Et cette fois, une partie de l’aventure se déroule sur une bande que beaucoup possèdent déjà dans leur station : le 10 mètres.

Pour aller plus loin

Et si les signaux FT4 et FT8 m’étaient contés !

Banniere FT4 / FT8

Lorsque l’on pratique le FT8 ou le FT4, tout paraît presque trop simple. On sélectionne un indicatif dans WSJT-X, le logiciel prépare automatiquement un message du genre :

F4ABC F5KEE -12

Puis l’émetteur passe en émission et, dans le haut-parleur d’un récepteur voisin, on entend une étrange succession de tonalités.

Mais que transmet réellement notre émetteur ? Comment quelques caractères affichés à l’écran deviennent-ils un signal radio large de seulement quelques dizaines de hertz ?

Suivons le message depuis le clavier jusqu’à l’antenne.

Tout commence avec seulement 77 bits

FT8 et FT4 ne transmettent pas les caractères les uns après les autres comme le ferait un ancien terminal informatique. Ils utilisent des messages très structurés spécialement conçus pour les échanges radioamateurs.

Un message classique peut être :

CQ F5KEE JN18

ou :

F4ABC F5KEE -12

Les indicatifs, le locator, le report ou encore les messages RRR, RR73 et 73 sont compactés afin de tenir dans une charge utile de seulement 77 bits.

C’est extrêmement peu : moins de dix octets suffisent ainsi pour décrire l’essentiel d’un échange radioamateur ! Les cinq bits supplémentaires par rapport aux anciens formats WSJT permettent également d’identifier différents types de messages : indicatifs non standards, concours, DXpedition, etc.

De 77 à 174 bits : ajouter un solide gilet de sauvetage

Transmettre 77 bits directement serait possible, mais la moindre perturbation radio risquerait de transformer le message en charabia.

WSJT-X commence donc par ajouter un CRC de 14 bits. Ce contrôle permet au récepteur de vérifier si le message reconstitué est cohérent.

Nous avons alors :

77 bits + 14 bits = 91 bits

Puis intervient la correction d’erreurs LDPC (Low-Density Parity Check). Elle ajoute encore 83 bits de parité.

Notre petit message est donc devenu :

77 bits d’information → + 14 bits CRC → + 83 bits LDPC → 174 bits

FT4 et FT8 utilisent tous deux ce même code LDPC (174,91). C’est notamment grâce à cette puissante correction d’erreurs que ces modes peuvent récupérer des messages profondément enfouis dans le bruit.

Du message à l'antenne

FT8 : huit tonalités pour transporter les bits

Il faut maintenant transformer nos 174 bits en quelque chose qu’un émetteur puisse transmettre.

FT8 utilise huit tonalités : on parle donc de 8-GFSK.

Avec huit possibilités, un symbole peut représenter trois bits, puisque :

2³ = 8

Les 174 bits produisent donc :

174 / 3 = 58 symboles d’information

Chaque symbole FT8 dure 160 ms, soit une cadence de 6,25 bauds. Les huit tonalités sont séparées de 6,25 Hz et l’ensemble du signal occupe seulement 50 Hz.

Voilà pourquoi tant de stations FT8 peuvent cohabiter dans une portion relativement réduite de nos bandes.

Mais 58 symboles ne constituent pas la totalité d’une émission FT8.

Anatomie d'un signal FT8

Les petits cailloux du Petit Poucet : les séquences de Costas

Pour décoder un signal extrêmement faible, encore faut-il que le récepteur sache précisément où il commence et sur quelle fréquence il se trouve.

FT8 ajoute donc trois séquences de synchronisation de sept symboles, appelées Costas arrays. Elles sont placées au début, au milieu et à la fin de la transmission.

Nous obtenons :

58 symboles utiles + 21 symboles de synchronisation = 79 symboles

À 160 ms par symbole, l’émission elle-même dure environ 12,6 secondes, à l’intérieur d’un cycle émission/réception de 15 secondes.

Ces séquences connues à l’avance constituent en quelque sorte les balises permettant au décodeur de retrouver le signal au milieu du bruit.

FT4 : même recette, mais beaucoup plus vite !

FT4 reprend largement la même philosophie, mais privilégie la vitesse.

Il utilise cette fois seulement quatre tonalités, donc une modulation 4-GFSK.

Quatre possibilités permettent de transporter deux bits par symbole :

2² = 4

Les 174 bits donnent donc 87 symboles d’information.

Mais FT4 transmet à 20,833 bauds : chaque symbole ne dure que 48 ms. Il ajoute quatre séquences Costas de quatre symboles ainsi que deux symboles associés aux rampes de début et de fin.

Au total :

87 + 16 + 2 = 105 symboles

Une transmission ne dure ainsi qu’environ 5,04 secondes, dans un cycle de 7,5 secondes. En contrepartie, le signal occupe environ 83,3 Hz et FT4 est environ 3,5 dB moins sensible que FT8 selon la documentation actuelle de WSJT-X.

C’est le prix à payer pour réaliser des QSO environ deux fois plus rapidement, ce qui explique l’intérêt particulier de FT4 en concours.

Pourquoi GFSK plutôt que simplement FSK ?

Voici une subtilité importante.

Si l’on passait brutalement d’une tonalité à une autre, chaque changement rapide de fréquence engendrerait davantage de composantes spectrales indésirables.

FT4 et FT8 emploient donc de la GFSK : Gaussian Frequency Shift Keying.

Les transitions entre les différentes fréquences sont lissées suivant une forme gaussienne. Cela réduit fortement l’énergie dispersée en dehors du canal utile. Les formes d’onde produites par WSJT-X sont par ailleurs à phase continue et à enveloppe constante.

Autrement dit, ce que nous percevons comme un petit gazouillis est en réalité une succession extrêmement précise de changements de fréquence.

Et finalement, que sort réellement notre émetteur ?

Nous pouvons maintenant reconstituer toute la chaîne :

Message radioamateur

77 bits d’information

CRC + correction LDPC

174 bits

symboles FT8 ou FT4

tonalités GFSK

signal audio

émetteur SSB

signal RF

antenne

L’émetteur ne « connaît » donc ni FT8, ni les indicatifs, ni le locator de notre correspondant. Avec une station traditionnelle pilotée en audio, WSJT-X génère la forme d’onde nécessaire et la chaîne SSB la transpose simplement sur la fréquence radio.

Cela explique également pourquoi il faut éviter de maltraiter ce signal : compression vocale, égalisation agressive ou niveau audio excessif provoquant de l’ALC peuvent élargir inutilement le spectre transmis.

FT8 et FT4 deux modes de la même famille

FT4 ou FT8 : deux frères, deux tempéraments

FT8 et FT4 partagent finalement beaucoup plus que leur nom.

Tous deux partent d’un message de 77 bits, utilisent un CRC, le même puissant code LDPC et une modulation GFSK soigneusement façonnée.

Mais leurs objectifs diffèrent.

FT8 utilise huit tonalités espacées de 6,25 Hz, n’occupe qu’environ 50 Hz et privilégie la réception des signaux très faibles.

FT4, avec quatre tonalités espacées de 20,833 Hz et environ 83 Hz de largeur, sacrifie quelques décibels de sensibilité pour aller deux fois plus vite.

Alors, la prochaine fois que votre transceiver émettra son étrange chant numérique, vous saurez ce qui se cache derrière.

Ce n’est pas simplement un « bruit FT8 ».

Ce sont 77 petits bits qui, solidement protégés, synchronisés puis transformés en tonalités, tentent de raconter votre QSO à une station parfois située à plusieurs milliers de kilomètres.

Pour aller plus loin

Qu’est-ce que SatNOGS et à quoi sert-il ?

Banniere SatNOGS

Imaginez que votre antenne VHF/UHF, votre clé SDR et un simple Raspberry Pi puissent devenir une petite pièce d’une immense station de réception répartie sur toute la planète. Lorsqu’un satellite disparaît sous votre horizon, une autre station située quelques centaines ou milliers de kilomètres plus loin peut continuer à le recevoir.

C’est précisément l’idée de SatNOGS, acronyme de Satellite Networked Open Ground Station : créer un réseau mondial, ouvert et collaboratif de stations de réception satellite.

Et la bonne nouvelle pour les radioamateurs est qu’il n’est pas nécessaire de disposer d’une installation digne d’un centre spatial pour commencer.

Un projet né dans un hackerspace

SatNOGS apparaît en avril 2014 lors du NASA International Space Apps Challenge, au hackerspace d’Athènes, en Grèce. L’objectif de l’équipe est alors de développer une station sol satellite entièrement ouverte, aussi bien du côté matériel que logiciel.

Quelques mois plus tard, le projet participe au premier Hackaday Prize et remporte le grand prix. L’équipe choisit la récompense financière de 198 418 dollars, qui permet de lancer ce qui deviendra la Libre Space Foundation (LSF), organisation grecque à but non lucratif consacrée aux technologies spatiales libres et open source.

Il serait toutefois incorrect d’attribuer SatNOGS à un inventeur unique. Le projet est dès l’origine une œuvre collective réunissant électroniciens, développeurs, spécialistes des antennes et makers.

Parmi ses figures historiques se trouve Pierros Papadeas, SV1QVE, ingénieur en architecture, technologue spatial et défenseur de l’open source. Cofondateur de la Libre Space Foundation, il en est aujourd’hui le directeur exécutif. Mais les noms de Vasilis Tsiligiannis, Agisilaos Zisimatos, Manthos Papamatthaiou et de nombreux autres contributeurs sont également associés aux débuts et au développement de SatNOGS.

Une station sol… mais surtout un réseau

Une station SatNOGS ressemble finalement beaucoup à une station satellite que pourrait construire un radioamateur.

La chaîne de réception peut se résumer ainsi :

Satellite → antenne → SDR → ordinateur → Internet → réseau SatNOGS

Le récepteur peut être un SDR relativement économique. Un Raspberry Pi peut assurer le traitement et exécuter le logiciel SatNOGS Client.

Celui-ci récupère les observations programmées sur le réseau. Au moment prévu, il lance automatiquement la réception, utilise les paramètres du satellite concerné, gère la correction Doppler et, si la station en possède un, commande également le rotor d’antenne par l’intermédiaire de Hamlib.

Les logiciels SatNOGS utilisent notamment GNU Radio et SoapySDR pour assurer une grande partie du traitement des signaux.

À la fin du passage, les résultats sont envoyés vers le réseau : spectre en cascade (waterfall), données reçues, télémétrie ou autres informations produites pendant l’observation.

SatNOGS

Principe de fonctionnement de SatNOGS : des stations de réception réparties dans le monde partagent automatiquement leurs observations de satellites.

Pourquoi mettre des stations en réseau ?

Un satellite en orbite basse, ou LEO, se déplace extrêmement rapidement par rapport à l’observateur. Depuis une station donnée, un passage exploitable ne dure généralement que quelques minutes.

Une station française peut donc recevoir un CubeSat puis le perdre sous son horizon. Mais le satellite peut ensuite devenir visible depuis une station située en Allemagne, en Pologne, en Asie, puis ailleurs.

SatNOGS transforme ainsi des stations indépendantes en une sorte d’observatoire satellite mondial et collaboratif.

Le réseau dépasse aujourd’hui les 500 stations opérationnelles, pour plus de 4 000 stations enregistrées. En juillet 2025, SatNOGS avait franchi le cap des 12 millions d’observations.

Toutes ces données peuvent être extrêmement utiles aux radioamateurs, mais aussi aux universités et aux équipes qui viennent de lancer un CubeSat et souhaitent savoir si celui-ci fonctionne réellement une fois en orbite.

Que peut faire un radioamateur avec SatNOGS ?

Premier point important : il n’est pas obligatoire de posséder une station SatNOGS pour utiliser le réseau.

On peut consulter la base de données des satellites, rechercher leurs fréquences et leurs modes de transmission, examiner les observations réalisées par les stations réparties dans le monde ou encore étudier les signaux reçus.

Cela devient particulièrement intéressant lorsqu’un nouveau CubeSat est lancé. Même s’il ne passe pas au-dessus de votre QTH, il est possible de suivre les observations réalisées ailleurs.

SatNOGS peut également constituer une formidable base pédagogique pour découvrir les transmissions satellite, le Doppler, la télémétrie, les SDR et le traitement numérique des signaux.

Et pour ceux qui aiment programmer, SatNOGS propose des API ouvertes permettant d’interroger les bases de données et de développer ses propres applications.

Construire sa première station

Il n’est pas nécessaire de commencer par deux grandes Yagi croisées et un rotor azimut/élévation.

Une première station expérimentale peut être constituée de :

antenne omnidirectionnelle + RTL-SDR + Raspberry Pi + connexion Internet.

Construire sa première station SatNOGS

Une station SatNOGS peut commencer très simplement. Une antenne, un SDR et un Raspberry Pi suffisent pour expérimenter avant de passer éventuellement à une installation avec LNA, filtres, antennes directives et rotor.

Une antenne adaptée aux bandes satellites VHF ou UHF permet déjà d’expérimenter et de recevoir certains satellites.

Ensuite, comme souvent chez les radioamateurs, on peut améliorer progressivement l’installation : meilleur SDR, filtres, LNA placé près de l’antenne, antennes directives et finalement poursuite automatique.

Une installation plus ambitieuse pourra donc utiliser :

Yagi VHF/UHF → LNA/filtres → SDR → Raspberry Pi → SatNOGS Client

avec en complément un rotor azimut/élévation.

SatNOGS peut d’ailleurs travailler avec du matériel radioamateur existant. La commande des rotors passant notamment par Hamlib, des équipements comme le Yaesu G-5500 peuvent être intégrés à une station.

Autrement dit, une partie du matériel déjà utilisé pour les satellites radioamateurs peut parfaitement servir de point de départ.

Et si nous construisions la nôtre ?

C’est probablement là que SatNOGS devient vraiment intéressant pour un radioamateur bricoleur.

Un Raspberry Pi, une clé RTL-SDR et une antenne construite maison suffisent pour réaliser une première expérience. On peut ensuite ajouter un LNA, fabriquer des antennes plus performantes et, pourquoi pas, construire son propre rotor.

SatNOGS réunit ainsi plusieurs domaines qui nous intéressent particulièrement : radio, satellites, SDR, Raspberry Pi, Arduino, mécanique, antennes et logiciels libres.

Et surtout, contrairement à beaucoup de projets que nous construisons pour notre seul usage, une station SatNOGS peut travailler pendant notre absence et fournir ses observations à toute une communauté.

Cela nous donne d’ailleurs une idée pour un prochain projet F5KEE :

peut-on construire une station SatNOGS réellement efficace pour moins de 100 € ?

Voilà un défi qui mérite probablement que l’on sorte le fer à souder…

Pour aller plus loin

  • SatNOGS — site officiel du projet — Présentation générale de SatNOGS, de son histoire et de ses différentes composantes.
  • SatNOGS Network — Le cœur du réseau : permet de consulter les stations, les satellites et les observations réalisées dans le monde entier.
  • SatNOGS Database — Base de données des satellites, fréquences, émetteurs, modes et informations orbitales.
  • Documentation officielle SatNOGS — Documentation technique destinée notamment aux développeurs et à l’installation des différents composants.
  • Wiki SatNOGS — Probablement le lien le plus intéressant pour le radioamateur souhaitant construire et configurer sa propre station.
  • Libre Space Foundation — Fondation à but non lucratif qui développe et héberge SatNOGS.
  • Dépôts GitLab de SatNOGS — Codes sources des différents logiciels constituant l’écosystème SatNOGS.
  • API SatNOGS Database — Pour les radioamateurs et développeurs souhaitant récupérer automatiquement les informations sur les satellites et leurs émetteurs. L’accès à l’API est ouvert.
  • Communauté Libre Space / SatNOGS — Forum de discussion consacré notamment à SatNOGS, aux satellites et aux projets de la Libre Space Foundation.
  • Pierros Papadeas — SV1QVE — Site personnel de l’un des fondateurs de SatNOGS, aujourd’hui cofondateur et directeur exécutif de la Libre Space Foundation.

Que faut-il réellement pour faire faire le tour du monde à un ballon de quelques grammes ?

Banniere Pico-Ballon

Faire le tour du monde avec quelques grammes d’électronique suspendus sous un ballon ressemblant à celui d’une fête d’anniversaire ? C’est pourtant ce que réalisent régulièrement les amateurs de pico-ballons. Pas de moteur, pas de liaison satellite coûteuse et quelques milliwatts seulement : le véritable secret réside dans la chasse au gramme, l’énergie solaire, le WSPR… et les vents de la haute atmosphère.

Aujourd’hui, un pico-ballon décolle de Huntsville

L’actualité nous fournit justement une excellente illustration. Ce samedi 22 août 2026, le Huntsville Hamfest, qui accueille cette année l’ARRL National Convention, prévoit un lancement de pico-ballon devant l’Embassy Suites de Huntsville, en Alabama.

Le décollage est annoncé vers midi, à l’issue du forum consacré aux « BalloonSats » de Bill Brown, WB8ELK, l’un des pionniers américains du ballon radioamateur. Le programme précise toutefois que le lancement reste soumis aux conditions de vent.

Mais comment un ballon aussi léger peut-il espérer parcourir des dizaines de milliers de kilomètres ?

Le secret : ne pas monter indéfiniment

Un ballon-sonde classique monte jusqu’à ce que la diminution de la pression atmosphérique fasse gonfler son enveloppe et provoque son éclatement.

Pour un pico-ballon longue durée, l’objectif est différent : obtenir un ensemble ballon + gaz + charge utile capable d’atteindre une altitude où sa montée finit par se stabiliser.

Le réglage du free lift, c’est-à-dire l’excédent de portance disponible au décollage, devient donc déterminant. Trop important, le ballon risque de monter trop haut ; insuffisant, il ne rejoindra pas les vents intéressants.

Une fois stabilisé, le ballon devient essentiellement le passager de l’atmosphère.

Chaque gramme compte

Sous le ballon, la charge utile est réduite à l’essentiel :

GPS → microcontrôleur → émetteur WSPR → cellules solaires → antenne.

Un tracker comme le Traquito Jetpack associe par exemple un Raspberry Pi Pico à un GPS et à un générateur RF Si5351A. Il peut transmettre automatiquement sa position, son altitude, sa vitesse et sa tension d’alimentation.

La construction d’un pico-ballon devient donc un exercice fascinant d’optimisation : quelques dixièmes de gramme économisés sur le circuit imprimé, les fils ou les connexions peuvent avoir leur importance.

Anatomie d'un pico-ballon

Quelques milliwatts… entendus à des milliers de kilomètres

C’est ici que la radio apporte la petite touche de magie.

Le WSPR (Weak Signal Propagation Reporter) a été conçu pour transmettre des signaux extrêmement faibles. Un réseau mondial de radioamateurs et de récepteurs automatiques écoute en permanence les différentes bandes WSPR.

Le ballon n’a donc pas besoin d’établir une liaison directe avec son propriétaire.

Il émet simplement périodiquement son message. Quelque part sur Terre, une station peut le recevoir et envoyer le spot sur Internet.

La télémétrie peut même être encodée dans les messages WSPR pour transmettre notamment position, altitude, température, vitesse et tension.

Quelques milliwatts + des milliers de récepteurs = un système de suivi pratiquement mondial.

Banniere pico-ballon

Survivre grâce au Soleil

Une grosse batterie serait beaucoup trop lourde. Les pico-ballons longue durée utilisent donc généralement de minuscules cellules photovoltaïques.

Traquito documente par exemple des alimentations solaires complètes de seulement 4,5 à 6,3 grammes.

La difficulté apparaît chaque matin : lorsque le Soleil se lève, la tension des cellules augmente très progressivement. Certains convertisseurs peuvent alors rester bloqués. Le Jetpack utilise justement une surveillance de tension capable de réinitialiser automatiquement l’électronique lorsque l’alimentation devient insuffisante.

Chaque lever de Soleil devient ainsi un nouveau démarrage de la station.

Une immense antenne pour un minuscule émetteur

Le détail le plus étonnant reste probablement l’antenne.

Sur 20 mètres, un dipôle représente environ 10 mètres de fil. Cela paraît gigantesque comparé à quelques grammes d’électronique, mais avec du fil extrêmement fin, sa masse reste acceptable.

Le ballon emporte donc une véritable antenne HF filaire verticale, dont une partie peut également contribuer mécaniquement à la suspension de la charge utile.

Et maintenant… laisser faire la Terre

Après le lancement, pratiquement tout échappe à l’opérateur.

Le Soleil fournit l’électricité, le GPS détermine la position, le WSPR la transmet et les vents déplacent le ballon.

Le défi n’est donc pas seulement de construire un émetteur miniature. Il faut créer un ensemble suffisamment léger, équilibré, sobre et fiable pour redémarrer chaque matin pendant plusieurs semaines.

C’est peut-être cela qui rend les pico-ballons aussi fascinants pour les radioamateurs.

Faire le tour du monde ne nécessite finalement ni moteur, ni satellite personnel, ni centaines de watts : quelques grammes, quelques milliwatts, beaucoup d’ingéniosité… et un sérieux coup de main de l’atmosphère peuvent suffire.

Pour aller plus loin

Pourquoi une antenne avec un ROS de 1:1 peut-elle rayonner très mal ?

ROS 1:1, mais quelle efficacité ?

Chez les radioamateurs, il existe un réflexe presque universel : régler l’antenne, regarder le ROSmètre et se réjouir lorsque l’aiguille indique 1:1. On pourrait alors penser que toute la puissance de l’émetteur part dans les airs.

Malheureusement, ce n’est pas aussi simple.

La meilleure démonstration tient en un objet que nous connaissons tous : la charge fictive 50 Ω. Branchez-la à votre émetteur : le ROS sera proche de 1:1. Pourtant, elle ne constitue pas une bonne antenne. Son rôle est précisément de transformer la puissance RF en chaleur plutôt que de la rayonner.

Un ROS parfait indique donc une bonne adaptation d’impédance, pas nécessairement une bonne antenne.

Ce que mesure réellement le ROS

Le ROS traduit la désadaptation entre une ligne de transmission et sa charge. Avec une charge parfaitement adaptée, il n’y a théoriquement aucune puissance réfléchie et le ROS vaut 1:1.

À titre d’exemple, un ROS de 1,5:1 ne représente qu’environ 4 % de puissance réfléchie.

Mais le ROS ne mesure directement ni le gain de l’antenne, ni son diagramme de rayonnement, ni son rendement.

Autrement dit :

ROS faible ≠ rendement élevé.

Où passent réellement les watts ?

Deux exemples de rayonnement

Pour comprendre le problème, simplifions la résistance présentée par une antenne :

Rentrée = Rrayonnement + Rpertes

La première représente la partie associée à la puissance effectivement rayonnée. La seconde regroupe les pertes : résistance des conducteurs, sol, bobines, transformateurs, matériaux environnants, etc.

Le rendement de rayonnement peut alors s’écrire :

η = Rrayonnement / (Rrayonnement + Rpertes)

Prenons deux antennes parfaitement résistives :

Antenne A : 45 Ω de résistance de rayonnement + 5 Ω de pertes = 50 Ω
Antenne B : 5 Ω de résistance de rayonnement + 45 Ω de pertes = 50 Ω

Dans notre exemple simplifié, les deux peuvent présenter un magnifique ROS de 1:1.

Pourtant, la première possède un rendement de 90 %, tandis que celui de la seconde n’est que de 10 %.

Avec 100 W acceptés par chacune, l’une peut donc rayonner 90 W et l’autre seulement 10 W, le reste étant dissipé en chaleur. Le rendement d’une antenne est bien le rapport entre puissance rayonnée et puissance fournie à l’antenne.

Le coaxial peut même cacher le problème

Voilà un autre piège.

Un câble coaxial réel possède des pertes. L’onde allant vers l’antenne est atténuée, mais l’onde réfléchie l’est également lorsqu’elle revient vers la station.

Conséquence surprenante : un long câble présentant beaucoup de pertes peut donner, côté émetteur, l’impression d’un ROS meilleur que celui réellement présent à l’antenne.

Cela ne signifie évidemment pas que l’installation fonctionne mieux : une partie de l’énergie chauffe simplement le coaxial. L’ARRL souligne l’importance des pertes de ligne et montre qu’elles peuvent devenir particulièrement problématiques avec un ROS élevé.

Pertes cable coaxial

Un ROS qui s’améliore dans le shack ne signifie pas que l’antenne s’est améliorée : le câble peut simplement avoir dissipé une partie de l’énergie.

Et la boîte d’accord ?

Même prudence avec une boîte d’accord.

Une boîte peut transformer l’impédance présentée à l’émetteur afin qu’il voie ses 50 Ω préférés et un ROS de 1:1.

Mais elle ne modifie pas nécessairement le ROS existant entre la boîte et l’antenne. L’ARRL donne précisément l’exemple d’un ROS de 2,5:1 côté antenne qui reste à 2,5:1 malgré le 1:1 obtenu entre la boîte et le transceiver.

Une boîte d’accord adapte donc l’émetteur au système d’antenne ; elle ne transforme pas automatiquement une mauvaise antenne en bonne antenne.

Elle peut elle-même introduire des pertes, notamment lorsqu’elle doit adapter des impédances difficiles.

Avec la boite d'accord

Alors, comment savoir si notre antenne rayonne vraiment ?

Le NanoVNA et le ROSmètre restent d’excellents outils, mais ils ne racontent qu’une partie de l’histoire.

On peut compléter leurs mesures par une comparaison avec une antenne de référence, un mesureur de champ placé à distance constante ou des observations répétées via WSPR ou FT8. Une comparaison des niveaux reçus est généralement beaucoup plus instructive qu’un unique report.

Il faut également surveiller les éléments susceptibles de dissiper la puissance : coaxial trop long ou inadapté à la fréquence, bobine de raccourcissement, transformateur, mauvais contacts ou pertes dans le sol.

Ce qu’il faut retenir

Un ROS de 1:1 signifie avant tout que l’émetteur voit une charge correctement adaptée.

Il ne garantit absolument pas que cette charge transforme efficacement les watts en ondes radio.

Gardons donc trois notions bien séparées :

ROS faible = bonne adaptation
Bon rendement = peu de pertes
Bonne antenne = puissance efficacement rayonnée dans les directions utiles

Une charge fictive possède un excellent ROS. Personne ne songerait pourtant à l’installer au sommet d’un pylône !

Pour aller plus loin