Bienvenue sur le Site du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon (91 – Essonne)!

Chers(es) visiteurs(ses) et passionnés(es) de radio et de sciences,

Le Radio-Club F5KEE vous accueille à la Maison des Associations de Viry-Châtillon, au cœur de l’Essonne. Dans ce lieu ouvert et convivial, nous réunissons toutes celles et ceux qui partagent la curiosité des sciences, des techniques et des communications sans fil.

Le radioamateurisme, c’est bien plus qu’un simple hobby :
c’est une passion universelle, où l’on apprend à dialoguer avec le monde entier, à construire ses propres antennes et équipements, à explorer la propagation des ondes, mais aussi à découvrir les technologies numériques et les satellites.

À qui s’adresse le radio-club ?

Le F5KEE s’adresse à tous les publics :

  • les curieux qui veulent découvrir ce qu’est la radio et comment on peut communiquer sans Internet,

  • les jeunes et étudiants attirés par la technique, l’électronique ou l’aéronautique,

  • les futurs radioamateurs qui souhaitent préparer la licence,

  • les opérateurs confirmés qui veulent partager leurs expériences, expérimenter ou participer à des contests,

  • et plus largement, toute personne désireuse d’apprendre, de pratiquer et d’échanger dans un cadre associatif.

Que fait-on au F5KEE ?

Nos activités sont variées et adaptées à tous les niveaux :

  • Découverte et formation : initiation aux bases de la radio, aide à la préparation de la licence radioamateur.

  • Pratique du trafic : contacts en phonie, en CW (morse), en modes numériques (FT8, …), via satellites ou encore à travers le monde en HF.

  • Expérimentations techniques : réalisation et essais d’antennes, utilisation du SDR, projets autour de l’Arduino ou d’interfaces numériques.

  • Activités collectives : organisation de démonstrations publiques, projets éducatifs en lien avec les écoles ou évènements internationaux (ARISS, QO-100, etc.).

  • Vie de club : échanges, entraide, convivialité et partage de connaissances dans une ambiance amicale.

Pourquoi nous rejoindre ?

Adhérer au Radio-Club F5KEE, c’est rejoindre une communauté dynamique et passionnée, c’est apprendre en pratiquant, c’est aussi trouver un lieu où la curiosité technique et la convivialité se conjuguent au quotidien.

C’est également l’occasion d’acquérir des bases solides en électricité et en électronique, compétences précieuses pour comprendre le fonctionnement des équipements mais aussi pour, pourquoi pas, préparer un futur métier dans les domaines techniques, scientifiques ou industriels.

Que vous soyez simple curieux, débutant ou opérateur chevronné, poussez la porte de la Maison des Associations de Viry-Châtillon : F5KEE vous accueille et vous invite à découvrir le monde fascinant du radioamateurisme.

L’équipe du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon

Écoutons HAARP depuis la France : comment retrouver un signal inconnu entre 2,8 et 10 MHz avec un SDR ?

Écoutons HAARP depuis la France

Imaginez : nous savons qu’un puissant émetteur situé en Alaska va fonctionner pendant quelques heures. Nous savons qu’il émettra quelque part entre 2,8 et 10 MHz… mais nous ignorons sa fréquence exacte.

Comment le retrouver depuis la France ?

C’est précisément le petit défi que nous propose actuellement HAARP. Et avec un SDR, cette recherche devient une excellente occasion d’apprendre à lire un waterfall, surveiller plusieurs MHz de spectre et distinguer un signal expérimental des innombrables émissions présentes en HF.

HAARP, un gigantesque émetteur pour étudier l’ionosphère

HAARP signifie High-frequency Active Auroral Research Program. L’installation se trouve à Gakona, en Alaska, et dépend aujourd’hui de l’University of Alaska Fairbanks.

Son instrument principal, l’Ionospheric Research Instrument (IRI), est constitué de 180 antennes dipôles croisés organisées en réseau phasé. L’ensemble peut produire jusqu’à 3,6 MW de puissance HF et former électroniquement un faisceau dirigé vers différentes régions de l’ionosphère.

L’objectif n’est donc pas de communiquer avec une station distante comme nous le faisons entre radioamateurs. HAARP utilise les ondes HF pour exciter temporairement une petite région de l’ionosphère, puis différents instruments observent les phénomènes produits.

HAARP : de l’Alaska à la France

De l’Alaska à la France : les émissions HF de HAARP peuvent parcourir plusieurs milliers de kilomètres grâce à la propagation ionosphérique.

Une campagne du 8 au 11 septembre 2026

HAARP a annoncé une nouvelle campagne expérimentale du 8 au 11 septembre 2026 UTC.

Les créneaux annoncés sont :

  • 8 septembre : 01:00–05:00 et 17:00–22:30 UTC ;
  • 9 septembre : 14:00–18:00 UTC ;
  • 10 septembre : 12:00–16:00 UTC ;
  • 11 septembre : 02:00–07:00 UTC.

Attention : ces horaires peuvent être modifiés. Les expériences dépendent directement des conditions ionosphériques et géomagnétiques.

Plus amusant encore pour l’écoute : HAARP ne donne pas à l’avance les fréquences exactes.

Nous savons seulement que les émissions de cette campagne se situeront entre 2,8 et 10 MHz.

Nous devons donc les chercher !

Pourquoi la fréquence change-t-elle ?

HAARP ne choisit pas nécessairement une fréquence plusieurs jours à l’avance. Certaines expériences doivent tenir compte de l’état réel de l’ionosphère.

Un paramètre particulièrement intéressant est foF2, la fréquence critique de la couche F2. Elle peut être déterminée à partir d’un ionogramme réalisé à Gakona.

Selon l’expérience, HAARP peut avoir besoin de travailler au-dessous, au voisinage ou au-dessus de cette fréquence. Comme l’ionosphère évolue continuellement avec l’heure, l’ensoleillement et l’activité solaire et géomagnétique, la fréquence d’émission peut également changer en cours d’expérience.

Les ionogrammes de Gakona deviennent donc un premier indice pour notre chasse.

De quoi avons-nous besoin ?

Pas d’une station extraordinaire.

Il nous faut essentiellement :

  • un SDR capable de recevoir les HF ;
  • une antenne couvrant correctement quelques MHz ;
  • un ordinateur et un logiciel affichant un waterfall.

Une boucle active, un long fil, une EFHW, une antenne multibande ou un dipôle peuvent parfaitement convenir.

Côté récepteur, un SDRplay, Airspy HF+, Elad ou autre SDR HF fera l’affaire. Un récepteur RTL-SDR peut également être envisagé s’il dispose réellement de la réception HF nécessaire ou s’il est associé à un convertisseur adapté.

Le véritable avantage du SDR n’est pas ici sa sensibilité, mais sa capacité à voir simultanément une large portion du spectre.

Comment chercher entre 2,8 et 10 MHz ?

Voilà le cœur de notre expérience.

La plage représente environ 7,2 MHz. Chercher fréquence par fréquence serait particulièrement fastidieux.

Avec un SDR affichant 1 ou 2 MHz de spectre, nous pouvons procéder par fenêtres successives :

2,8–4 MHz → 4–6 MHz → 6–8 MHz → 8–10 MHz

Observons alors le waterfall et recherchons l’apparition soudaine d’un signal.

HAARP donne justement quelques précieux indices aux écouteurs. Ses émissions démarrent souvent exactement en haut d’une minute, par exemple :

18:42:00 UTC

Certaines peuvent également commencer à :

18:42:30 UTC

Les changements intervenant sur des repères temporels aussi nets constituent un indice particulièrement intéressant.

Lorsqu’une porteuse apparaît soudainement sur le waterfall, relevons immédiatement sa fréquence centrale.

À quoi ressemble un signal HAARP ?

C’est là que les choses se compliquent : HAARP n’a pas une modulation unique.

Selon l’expérience, l’installation peut transmettre une ou deux porteuses. Celles-ci peuvent être non modulées ou employer différentes formes de modulation : AM, FM, balayage linéaire de fréquence (LFM) ou formes d’onde beaucoup plus complexes.

La largeur d’émission peut atteindre environ 46 kHz, soit ±23 kHz autour de la fréquence centrale, mais certaines expériences utilisent une bande beaucoup plus étroite, voire une simple porteuse.

Autrement dit, ne cherchez pas un dessin précis.

Cherchez plutôt un comportement inhabituel : apparition brutale, porteuse très nette, balayage, structure répétitive, déplacement en fréquence ou cycles émission/repos.

Une fois le signal découvert, réduisons l’affichage à environ 50 kHz autour de celui-ci. Nous pouvons alors examiner beaucoup plus précisément sa modulation.

Repérer un signal HAARP sur un waterfall

Sur un waterfall SDR, un signal HAARP potentiel se repère par son apparition, sa structure, sa largeur et son comportement dans le temps.

Enregistrer maintenant, chercher plus tard

Une autre méthode est particulièrement efficace : l’enregistrement IQ ou baseband.

Un logiciel comme SDR++ peut enregistrer non seulement l’audio d’une station, mais également les données IQ de toute la bande reçue par le SDR. L’enregistrement peut ensuite être relu comme si nous étions toujours devant le récepteur.

C’est extrêmement pratique.

Avec suffisamment de bande passante et surtout suffisamment d’espace disque, nous pouvons enregistrer plusieurs MHz pendant une partie de l’expérience puis rechercher tranquillement HAARP après coup.

Attention à la taille des fichiers : quelques MHz de données IQ enregistrées pendant plusieurs heures représentent rapidement plusieurs dizaines de gigaoctets.

Attention aux faux HAARP !

Entre 2,8 et 10 MHz, nous allons rencontrer beaucoup de monde : radioamateurs, radiodiffusion internationale, communications aéronautiques ou maritimes, stations utilitaires, signaux numériques, radars HF et, bien entendu, nos parasites domestiques.

Un puissant trait sur le waterfall n’est donc pas automatiquement HAARP.

Il faut accumuler les indices :

heure UTC + fréquence + largeur + modulation + durée + cycles ON/OFF.

Nous pouvons aussi vérifier si le signal disparaît exactement à la fin d’une séquence expérimentale puis revient quelques minutes plus tard sur une autre fréquence.

HAARP précise d’ailleurs que certaines expériences peuvent rester actives quelques minutes comme plusieurs heures, tandis que d’autres utilisent des cycles successifs émission/repos.

Et depuis la France ?

Gakona est à plusieurs milliers de kilomètres de la France. Nous dépendons donc complètement de la propagation ionosphérique HF.

Les chances de recevoir une émission à 3 MHz et à 9 MHz ne seront pas identiques à la même heure. Les fréquences basses sont fortement influencées par l’absorption diurne de la couche D, tandis que les fréquences supérieures dépendent notamment de la MUF disponible sur le trajet.

Il faut également garder à l’esprit que le faisceau HAARP n’est pas nécessairement dirigé vers l’Europe.

Une absence de réception ne signifie donc pas une absence d’émission.

Les WebSDR peuvent nous aider

Si nous trouvons, par exemple, un curieux signal à 5,42 MHz à 18:37 UTC, notons immédiatement ces informations puis cherchons la même fréquence sur plusieurs récepteurs SDR distants.

Un signal observé simultanément par plusieurs stations européennes ou nord-américaines devient beaucoup plus intéressant qu’un trait présent uniquement sur notre propre installation : ce dernier pourrait simplement provenir d’une alimentation à découpage située dans la maison !

Les récepteurs distants constituent donc d’excellents outils de comparaison.

Une véritable petite enquête radio

Voici finalement notre méthode :

1. Consulter le créneau d’émission HAARP.

2. Regarder éventuellement l’ionogramme de Gakona.

3. Ouvrir largement le waterfall du SDR.

4. Explorer progressivement 2,8 à 10 MHz.

5. Surveiller particulièrement les changements à HH:MM:00 et HH:MM:30.

6. Dès qu’un candidat apparaît, relever fréquence et heure UTC.

7. Réduire la bande observée autour du signal et étudier sa modulation.

8. Enregistrer waterfall, audio ou IQ.

9. Comparer éventuellement avec d’autres SDR distants.

Méthode pour repérer un signal HAARP au SDR

De 2,8 à 10 MHz : la méthode pas à pas pour repérer, vérifier et documenter une émission HAARP avec un SDR.

Et surtout : ne concluons pas trop vite que nous avons trouvé HAARP.

Faisons confirmer notre réception

C’est justement là que l’expérience devient particulièrement sympathique pour les radioamateurs.

HAARP accepte officiellement les rapports de réception.

Le formulaire demande notamment la date, l’heure UTC, la fréquence, l’indicatif de l’opérateur, la position ou le locator et une description de la réception.

L’équipe HAARP peut alors vérifier si notre signal correspond effectivement à une émission de l’IRI.

Mieux encore : lorsque la réception est confirmée, il est possible de demander une carte QSL HAARP. Son envoi dépend cependant du temps disponible pour l’équipe et peut prendre plusieurs semaines.

Notre simple chasse au waterfall devient ainsi une véritable expérience d’observation scientifique.

À vos SDR !

HAARP nous offre finalement un exercice particulièrement intéressant : nous connaissons l’émetteur, sa région géographique et approximativement ses horaires, mais nous ignorons la fréquence que nous devons écouter.

C’est exactement le genre de problème que le SDR permet aujourd’hui d’aborder d’une manière qui aurait demandé des moyens considérables il y a quelques décennies.

Alors ouvrez votre waterfall, affichez l’heure en UTC et partez explorer les 2,8 à 10 MHz.

Peut-être qu’au milieu des stations de radiodiffusion, des signaux numériques et des parasites apparaîtra soudainement une nouvelle trace.

Cette fois, ne tournez pas le bouton trop vite : l’Alaska est peut-être en train de faire bouger l’ionosphère sous vos yeux.

Pour aller plus loin

SDRangel : peut-on remplacer dix appareils et logiciels radio par un seul programme ?

SDRangel : un univers radio connecté

Un récepteur, un analyseur de spectre, un scanner, plusieurs décodeurs numériques, un logiciel de poursuite satellite, un correcteur Doppler, une commande de rotor, un émetteur et même un radiotélescope… Habituellement, toutes ces fonctions nécessitent plusieurs appareils ou une collection de logiciels. SDRangel propose de réunir une grande partie de cet univers dans un seul programme.

Mais peut-il réellement devenir le couteau suisse de la station radioamateur ?

SDRangel, le couteau suisse radio

SDRangel, le couteau suisse du radioamateur : réception, émission, décodage, satellites, rotor et radioastronomie réunis dans un même logiciel.

Bien plus qu’un simple logiciel SDR

Au premier abord, SDRangel pourrait être comparé à SDR++, HDSDR ou SDR#. On branche un récepteur SDR, on observe le spectre et le waterfall, puis on sélectionne une fréquence et un mode.

Mais son architecture va beaucoup plus loin.

SDRangel fonctionne avec des « Device Sets », auxquels on ajoute des canaux de réception ou d’émission. À l’intérieur de la bande passante fournie par le SDR, plusieurs canaux peuvent fonctionner simultanément.

Avec un SDR recevant quelques MHz de spectre, on peut donc imaginer écouter une transmission FM tout en surveillant une balise et en décodant un autre signal numérique.

Le logiciel est open source et fonctionne notamment sous Windows, Linux, macOS et Android. Il prend en charge de nombreux matériels : RTL-SDR, Airspy, HackRF, LimeSDR, PlutoSDR, BladeRF, SDRplay, USRP et d’autres interfaces SDR.

La couverture en fréquence ne dépend toutefois pas de SDRangel : c’est le matériel SDR qui détermine les fréquences réellement accessibles.

1 — Un récepteur radio multimode

La première fonction est évidemment celle d’un récepteur.

Avec un SDR approprié, SDRangel permet de recevoir les bandes LF, MF, HF, VHF, UHF et même plusieurs bandes micro-ondes. Les démodulateurs disponibles couvrent les usages classiques comme l’AM, la FM étroite ou large, la SSB et de nombreuses transmissions numériques.

L’intérêt apparaît rapidement : au lieu de considérer le SDR comme un poste possédant un seul VFO, SDRangel exploite réellement le flux I/Q.

Si le SDR fournit 2 MHz de bande instantanée, plusieurs récepteurs virtuels peuvent être placés dans ces 2 MHz.

Un seul dongle peut donc se comporter comme plusieurs récepteurs simultanés, dans les limites de sa bande instantanée et de la puissance du PC.

2 — Un analyseur de spectre… ou presque

SDRangel possède naturellement un spectre et un waterfall, mais il propose également des outils d’analyse beaucoup plus poussés.

On trouve notamment un spectrogramme 2D ou 3D, un oscilloscope temporel et des mesures de puissance, SNR, THD, THD+N, SINAD, SFDR, puissance des canaux adjacents ou encore largeur de bande occupée.

Pour expérimenter sur un émetteur, comparer deux filtres ou observer une modulation, ces fonctions sont particulièrement intéressantes.

Il faut cependant rester prudent : un SDR à quelques dizaines d’euros associé à SDRangel ne devient pas miraculeusement un analyseur de spectre professionnel. Dynamique, précision des niveaux, stabilité et calibration restent celles du matériel utilisé.

3 — Une collection de décodeurs

C’est probablement l’un des domaines dans lesquels SDRangel impressionne le plus.

Le programme dispose de nombreux plugins permettant de recevoir ou décoder des transmissions telles que l’ADS-B des avions, l’AIS maritime, APRS et AX.25, DMR, D-Star, dPMR, FreeDV, FT8, LoRa, M17, RTTY, NAVTEX, POCSAG, radiosondes ou encore certaines transmissions de télévision numérique.

On peut donc passer d’une station APRS à l’observation des avions ADS-B sans changer de programme.

Cela ne signifie pas que SDRangel remplace systématiquement les logiciels spécialisés. Pour pratiquer intensivement le FT8, par exemple, WSJT-X reste beaucoup plus orienté vers l’établissement et la gestion des QSO.

SDRangel propose plutôt un laboratoire multimode universel, là où les autres logiciels sont souvent spécialisés dans une seule famille de transmissions.

4 — Plusieurs radios dans une seule radio

Cette fonction permet de comprendre ce qu’est réellement la SDR.

Imaginons qu’un SDR soit réglé sur 145,000 MHz avec une bande instantanée de 2 MHz.

Dans le spectre disponible, SDRangel peut créer plusieurs canaux indépendants :

  • un canal NFM sur une fréquence ;
  • un autre pour surveiller une balise ;
  • un démodulateur numérique ailleurs ;
  • éventuellement un Frequency Tracker sur un signal de référence.

Chaque canal traite une partie du même flux I/Q.

Nous ne sommes donc plus devant un récepteur possédant un VFO, mais devant une petite banque de récepteurs virtuels.

De l’antenne au logiciel avec SDRangel

De l’antenne à SDRangel : un même SDR peut alimenter plusieurs fonctions de réception, d’analyse et de décodage, et même assurer l’émission avec un matériel compatible.

5 — Un scanner de fréquences

SDRangel dispose également d’un Frequency Scanner.

Le principe du scanner classique consiste généralement à passer rapidement d’une fréquence mémorisée à la suivante pour détecter une activité.

Un SDR ajoute une autre possibilité : lorsque plusieurs fréquences se trouvent déjà dans sa bande instantanée, elles peuvent être observées sans avoir à réaccorder constamment le récepteur.

C’est particulièrement intéressant pour surveiller une portion limitée des bandes VHF ou UHF.

6 — Une véritable station satellite

Voilà une fonction particulièrement intéressante pour les radioamateurs.

Le Satellite Tracker peut calculer les passages des satellites et leur position dans le ciel, afficher leur trajectoire et transmettre les coordonnées à la fonction de commande d’un rotor.

Mais SDRangel peut aller encore plus loin.

Lors de l’acquisition d’un satellite, il peut charger des configurations, démarrer la réception, positionner les fréquences et corriger automatiquement le décalage Doppler.

On arrive alors à une chaîne presque entièrement intégrée :

satellite → calcul de trajectoire → pointage des antennes → correction Doppler → SDR → démodulation.

Autant de fonctions qui nécessitaient autrefois plusieurs logiciels communiquant entre eux.

7 — Il peut même commander les antennes

La fonction Rotator Controller complète naturellement le suivi satellite.

Le Satellite Tracker calcule où se trouve le satellite. Le Rotator Controller transmet les informations au système de rotation afin que l’antenne suive la cible en azimut et, pour un système adapté, en élévation.

Cette architecture n’est d’ailleurs pas limitée aux satellites artificiels.

Nous allons bientôt pointer l’antenne beaucoup plus loin.

8 — SDRangel sait aussi émettre

Un point est parfois oublié lorsqu’on parle de SDRangel : le logiciel n’est pas uniquement destiné à la réception.

Son architecture prévoit des chaînes RX mais également TX.

Avec un SDR bidirectionnel comme certains modèles HackRF, PlutoSDR, LimeSDR ou BladeRF, SDRangel peut produire des signaux modulés et les transmettre au SDR.

On peut ainsi envisager différents modulateurs analogiques ou numériques. Le plugin Packet Modulator, par exemple, permet de produire des trames AX.25 et APRS.

La chaîne devient alors :

microphone ou données → SDRangel → modulation numérique I/Q → SDR → étage RF → antenne.

Mais attention : la possibilité de produire un signal ne dispense absolument pas des précautions habituelles.

Selon l’installation, il faudra prévoir filtrage, amplification, commutation émission/réception et contrôle de la pureté spectrale. Et naturellement respecter les bandes, puissances et modes autorisés par la réglementation radioamateur.

SDRangel peut remplacer le modulateur, pas les indispensables étages RF qui suivent.

9 — Et maintenant, transformons-le en radiotélescope !

C’est probablement la fonction la plus inattendue.

SDRangel possède un véritable plugin Radio Astronomy.

Prenons l’expérience désormais accessible à de nombreux radioamateurs : l’observation de l’hydrogène neutre de notre Galaxie.

Celui-ci émet une raie radio autour de :

1420,40575 MHz, soit une longueur d’onde d’environ 21 cm.

Une installation amateur peut être constituée ainsi :

parabole → source 1420 MHz → LNA → filtre → SDR → SDRangel.

Écouter la Voie lactée avec SDRangel

Avec une parabole, un LNA et un SDR, SDRangel permet d’observer la raie HI à 1420,40575 MHz et d’étudier les mouvements de l’hydrogène dans notre Galaxie.

Le signal astronomique étant extrêmement faible, regarder simplement un waterfall ne suffit pas. Il faut accumuler les mesures.

Le spectromètre de SDRangel peut effectuer une intégration temporelle de nombreuses FFT afin d’améliorer la sensibilité. Il propose également des fonctions de calibration et peut afficher les résultats en température de bruit, puissance ou densité de flux.

Plus spectaculaire encore : le spectre peut être affiché non seulement en fréquence, mais également en vitesse radiale.

Pourquoi ?

Parce que les nuages d’hydrogène de notre Galaxie se déplacent par rapport à nous. Leur mouvement décale légèrement la fréquence observée par effet Doppler.

En mesurant ce décalage, on peut donc étudier leurs vitesses.

SDRangel sait travailler avec différents référentiels, notamment topocentrique, barycentrique ou Local Standard of Rest (LSR). Il peut même comparer les observations avec les données du relevé galactique HI LAB.

Nous sommes alors très loin du simple récepteur SDR !

10 — Un Star Tracker pour regarder encore plus loin

La radioastronomie bénéficie d’une autre fonction appelée Star Tracker.

Elle calcule l’azimut et l’élévation des objets célestes et peut transmettre ces informations au Rotator Controller.

Parmi les cibles proposées figurent notamment le Soleil, la Lune, Cassiopeia A, Cygnus A, Taurus A ou Virgo A, ainsi que des régions de référence HI.

Le Star Tracker peut également afficher la ligne de visée à travers la Voie lactée et réaliser des trajectoires de drift scan.

Plus étonnant encore, il peut communiquer avec Stellarium.

SDRangel se présente alors auprès du logiciel de planétarium comme un télescope : on sélectionne une cible céleste et ses coordonnées peuvent être envoyées au système de suivi.

11 — Et pourquoi pas l’EME ?

Les mêmes outils deviennent intéressants pour les communications Terre-Lune-Terre.

Le Star Tracker est explicitement prévu pour des applications de radioastronomie et d’EME.

Il connaît la position de la Lune et peut transmettre son azimut et son élévation au contrôleur du rotor.

Nous pouvons donc imaginer :

Lune → Star Tracker → Rotator Controller → antenne → SDR → analyse/réception.

Une nouvelle fois, plusieurs fonctions traditionnellement réparties entre différents programmes se retrouvent réunies.

Alors, dix appareils dans SDRangel ?

Faisons les comptes :

Fonction traditionnelle SDRangel
Récepteur multimode
Analyseur de spectre
Oscilloscope
Décodeurs numériques
Scanner
Logiciel de suivi satellite
Correction Doppler
Contrôleur de rotor
Émetteur/modulateur ✔ avec SDR TX
Logiciel de radioastronomie
Tracker astronomique/EME

Nous avons même dépassé dix !

Mais il faut interpréter correctement ce tableau. SDRangel remplace les fonctions de nombreux appareils et logiciels, pas nécessairement leur électronique.

Un RTL-SDR reste uniquement un récepteur. Pour émettre, il faudra un SDR possédant une chaîne TX. Pour observer la raie HI, il faudra toujours une parabole, une source adaptée, un LNA et souvent un filtre. Pour émettre quelques dizaines de watts, un étage de puissance et des filtres resteront nécessaires.

La puissance a un prix : la complexité

Pourquoi SDRangel n’a-t-il donc pas remplacé tous les autres programmes SDR ?

Probablement parce que sa formidable polyvalence constitue également son principal défaut pour le débutant.

L’interface et les notions de Device Sets, Channels, Features et plugins demandent un temps d’apprentissage.

SDRangel ressemble finalement moins à un poste radio virtuel qu’à une boîte de Lego RF.

On choisit une source SDR, on ajoute des canaux, des démodulateurs et des fonctions, puis on assemble progressivement sa station.

Cette philosophie peut déconcerter lors du premier lancement. Mais une fois comprise, elle explique pourquoi le programme peut accomplir autant de tâches différentes.

Un véritable laboratoire radio dans le PC

Alors, SDRangel peut-il réellement remplacer dix appareils et logiciels ?

Oui, si l’on parle de leurs fonctions logicielles et de traitement du signal.

Avec le matériel approprié, le même programme peut recevoir une station analogique, surveiller plusieurs fréquences, décoder des transmissions numériques, analyser un signal, suivre un satellite, corriger son Doppler, commander une antenne et produire des signaux en émission.

Et quelques instants plus tard, ce même logiciel peut pointer une parabole vers la Voie lactée et mesurer le déplacement des nuages d’hydrogène grâce à leur raie à 1420 MHz.

C’est probablement la meilleure façon de définir SDRangel : non pas comme un simple logiciel SDR, mais comme un véritable laboratoire radio logiciel.

Pour aller plus loin

  • Site officiel SDRangel : présentation générale, fonctions et téléchargements.
  • Projet SDRangel sur GitHub : code source et documentation du projet.
  • Wiki SDRangel – Quick Start : indispensable pour comprendre Device Sets, Channels et Features.
  • Feature Plugins : documentation des fonctions Satellite Tracker, Star Tracker, Rotator Controller, AFC, etc.
  • Radio Astronomy Plugin : spectromètre, radiomètre, calibration et étude de la raie HI.
  • Star Tracker Plugin : radioastronomie, EME, suivi du Soleil et de la Lune et interface avec Stellarium.

POTA Park-to-Park : quand les Activators se chassent entre eux ! (12/13)

Banniere POTA P2P

Dans notre précédent article, « POTA : quelle bande choisir pour ne pas appeler les écureuils ? », nous avons vu comment choisir entre 40, 20, 15 ou 10 mètres selon la propagation.

Maintenant que notre activation fonctionne, allons chercher un correspondant un peu particulier : un autre Activator POTA !

Lorsque deux stations installées dans des parcs se contactent, nous réalisons un Park-to-Park, généralement abrégé P2P.

Et vous allez voir que la chasse aux P2P peut rapidement devenir un jeu dans le jeu.

Un QSO, deux Activators

Imaginons :

F4AAA active F-1234

et quelques centaines de kilomètres plus loin :

F5BBB active F-5678.

F4AAA contacte F5BBB.

Les deux stations sont alors simultanément Activators et Hunters : chacune réalise un QSO depuis son propre parc avec un opérateur installé dans un autre parc.

C’est exactement ce que POTA appelle un Park-to-Park.

Le P2P n’est pas un mode particulier. Il peut être réalisé en SSB, CW, numérique ou sur toute autre bande et mode autorisés par les règles POTA.

Un QSO, deux parcs

Comment trouver les autres Activators ?

La méthode la plus simple consiste à consulter les spots POTA.

Supposons que nous soyons en train d’activer F-1234 sur 20 mètres et découvrions :

F5BBB — F-5678 — 14,244 MHz — SSB

Nous pouvons momentanément quitter notre fréquence, nous régler sur 14,244 MHz et écouter.

F5BBB lance CQ POTA ?

Parfait.

Attendons notre tour et appelons-le.

Dans un pile-up, préciser « Park-to-Park » peut aider l’Activator à identifier qu’un autre parc cherche à le contacter. Le guide POTA indique d’ailleurs explicitement que cette mention peut être utilisée lorsqu’un Activator en chasse un autre.

Que faut-il échanger ?

Pas besoin d’une procédure compliquée.

En phonie, le QSO pourrait ressembler à ceci :

— F5BBB, ici F4AAA, Park-to-Park.

— F4AAA, vous êtes 57 depuis F-5678.

— Reçu 57, vous êtes 59 depuis F-1234. Merci pour le Park-to-Park !

Et voilà.

L’information essentielle supplémentaire par rapport à un QSO classique est la référence du parc distant.

Notez-la soigneusement.

Ne comptez pas uniquement sur votre mémoire ou sur le spot affiché quelques minutes auparavant.

Comment réaliser un P2P ?

Un P2P en pratique : trouvez un Activator, écoutez, réalisez le QSO, échangez les références des parcs et notez-les soigneusement dans votre log.

Le P2P compte-t-il dans nos 10 QSO ?

Oui.

Un Park-to-Park reste un QSO réalisé pendant notre activation. S’il respecte les règles POTA, il participe donc à notre activité comme les autres contacts.

Il n’est pas nécessaire de réaliser dix QSO ordinaires puis de commencer ensuite les P2P.

Vous pourriez même théoriquement compléter une activation avec de nombreux contacts Park-to-Park si suffisamment d’Activators sont présents.

Et pendant certains événements POTA, ce n’est pas difficile !

Le point important : notre fichier ADIF

C’est ici qu’une petite erreur peut nous faire perdre le crédit P2P.

POTA utilise des champs ADIF spécifiques pour identifier les parcs.

Pour notre propre parc :

MY_SIG = POTA

MY_SIG_INFO = F-1234

Pour le parc de notre correspondant :

SIG = POTA

SIG_INFO = F-5678

Autrement dit :

MY_SIG_INFO = MON parc

SIG_INFO = SON parc

Le P2P dans le fichier ADIF

En P2P, MY_SIG_INFO contient la référence de votre parc et SIG_INFO celle du parc de votre correspondant.

Voilà probablement la règle la plus importante à retenir.

Un QSO P2P pourrait donc contenir notamment :

<MY_SIG:4>POTA

<MY_SIG_INFO:6>F-1234

<SIG:4>POTA

<SIG_INFO:6>F-5678

Votre logiciel de log peut évidemment présenter cela sous une forme beaucoup plus conviviale avec simplement deux cases « My Park » et « Their Park ».

Mais dans le fichier ADIF final, ce sont bien ces informations qui permettent à POTA d’identifier correctement le Park-to-Park.

Faut-il que les deux Activators envoient leur log ?

Oui, c’est la bonne pratique.

Chacun est responsable du log de sa propre activation.

La documentation POTA recommande d’utiliser correctement les champs P2P afin d’assurer le rapprochement entre les contacts. Elle précise également que le crédit dépend du traitement correct des informations provenant des Activators.

Nous retrouvons donc une règle déjà évoquée dans notre article consacré à l’ADIF :

envoyez toujours votre log, même si vous n’avez pas atteint les dix QSO nécessaires à une activation réussie.

Vos correspondants attendent peut-être leurs crédits !

Et si l’autre Activator est dans deux parcs ?

Voici le fameux 2-fer, voire 3-fer.

Un Activator peut parfois se trouver physiquement dans une zone où plusieurs références POTA valides se chevauchent réellement.

Attention : deux parcs simplement voisins ne suffisent pas.

Pour qu’une activation multiple soit valable, POTA exige que les zones se chevauchent réellement et que l’ensemble de la station soit situé dans cette zone commune.

Si notre correspondant nous annonce deux références valides, la documentation POTA indique de créer des entrées appropriées avec les différentes références dans SIG_INFO afin que les P2P puissent être crédités.

Nous noterons donc soigneusement toutes les références annoncées.

Le 2-fer est une pratique plus avancée : mieux vaut vérifier sérieusement les limites officielles avant de revendiquer plusieurs parcs.

P2P en CW : trois lettres qui changent tout

En CW, nous pouvons également rechercher les autres Activators.

Le guide CW de POTA indique qu’en présence d’un pile-up, un Activator peut envoyer :

P2P

plutôt que son indicatif.

Si l’Activator répond au P2P, nous envoyons alors notre call.

Après le report, nous pouvons transmettre notre référence de parc. Le correspondant fera généralement de même.

Le Reverse Beacon Network et les spots POTA sont particulièrement pratiques pour localiser les Activators CW présents sur les bandes.

Et en FT8 ou FT4 : comment logger correctement un P2P ?

Un contact Park-to-Park est également possible en FT8 ou FT4. Pour POTA, le principe du log reste le même qu’en SSB ou en CW : ce qui change est simplement le mode du QSO.

La difficulté vient plutôt de l’échange des références des parcs.

Les messages FT8 et FT4 sont très courts et ne permettent pas d’échanger aussi facilement :

« Je suis dans F-1234 et vous êtes dans F-5678. »

Le bon réflexe consiste donc à consulter les spots POTA. Si nous voyons par exemple :

F5BBB — F-5678 — 14,074 MHz — FT8

et que nous réalisons ensuite un QSO FT8 avec F5BBB, nous savons que notre correspondant est en train d’activer F-5678.

Attention cependant : vérifions que le spot correspond bien à l’activation en cours et ne recopions jamais automatiquement une ancienne référence simplement parce que nous avons déjà contacté cette station auparavant.

Que faut-il mettre dans l’ADIF ?

Supposons que :

nous activions F-1234
et que
F5BBB active F-5678.

Notre QSO FT8 devra notamment contenir :

<CALL:5>F5BBB
<MODE:3>FT8
<MY_SIG:4>POTA
<MY_SIG_INFO:6>F-1234
<SIG:4>POTA
<SIG_INFO:6>F-5678

Exactement comme pour un P2P en phonie ou en CW :

MY_SIG_INFO = MON parc

SIG_INFO = SON parc

Le fait que le contact soit réalisé en FT8 ne modifie donc pas la façon dont les références POTA sont renseignées dans l’ADIF.

Notre logiciel de log peut éventuellement ajouter ces champs automatiquement. Sinon, il faudra renseigner manuellement la référence du parc distant avant de produire ou de corriger le fichier ADIF destiné à POTA.

FT8 + spots POTA : le duo pratique

La méthode peut finalement se résumer ainsi :

1 — consulter les spots POTA ;
2 — repérer un Activator FT8 sur notre bande ;
3 — réaliser normalement le QSO dans WSJT-X ;
4 — vérifier la référence du parc distant ;
5 — renseigner cette référence dans notre log ;
6 — contrôler l’ADIF avant son envoi à POTA.

PSK Reporter peut nous montrer où notre signal est reçu, mais ce sont les spots POTA qui nous permettent généralement d’identifier le parc activé par notre correspondant.

En FT8 comme dans les autres modes, un principe reste donc essentiel :

pour obtenir le crédit Park-to-Park, connaître l’indicatif ne suffit pas : il faut aussi correctement identifier et logger la référence du parc distant.

Les P2P ont aussi leurs awards

POTA récompense spécifiquement les contacts Park-to-Park.

Le programme propose un Park-to-Park Award destiné aux Activators qui contactent d’autres Activators. Le premier certificat est attribué à partir de 25 contacts P2P uniques, puis progresse par paliers de 25.

Ces récompenses sont générées automatiquement à partir des logs traités par POTA.

Voilà une excellente raison supplémentaire de noter correctement les références !

Attention, le P2P devient vite addictif !

Au début de l’activation, notre objectif était simple :

« Il me faut mes 10 QSO. »

Puis nous regardons les spots.

Un Activator sur 40 m…

Un autre sur 20 m…

Tiens, un nouveau parc sur 15 m !

Quelques minutes plus tard, nous ne lançons même plus CQ : nous sommes devenus Hunter depuis notre propre parc.

C’est tout le charme du Park-to-Park.

Le POTA n’est plus seulement une relation entre un Activator et des Hunters installés chez eux.

Les parcs commencent à communiquer entre eux.

Alors, lors de votre prochaine activation, une fois vos premiers QSO dans le log, ouvrez les spots et partez à la chasse.

Votre prochain correspondant est peut-être lui aussi assis sur une table de pique-nique, avec une batterie qui commence à faiblir et un café déjà froid !

Pour aller plus loin

DX-péditions : les opérations à ne pas manquer en septembre 2026 et aujourd’hui

Expéditions DX : explorer, contacter, partager

Le mois de septembre 2026 s’annonce particulièrement intéressant pour les chasseurs de DX. Du Pacifique à l’Arctique en passant par l’Afrique, plusieurs équipes vont activer des entités parfois difficiles à contacter depuis la France. Certaines opérations sont déjà en cours, tandis que d’autres se préparent à démarrer dans les prochains jours.

Voici notre sélection F5KEE au 7 septembre 2026.

P29YY : derniers jours depuis la Papouasie-Nouvelle-Guinée

Il faut faire vite pour contacter P29YY. Maxim, OH7O, est actif depuis Kavieng, sur l’île de New Ireland (OC-008), en Papouasie-Nouvelle-Guinée, jusqu’au 8 septembre.

L’activité concerne principalement les bandes 80 à 10 mètres, avec une possibilité d’utilisation du 160 mètres. Plusieurs modes sont annoncés : SSB, FT8 et CW, cette dernière pouvant être pratiquée à vitesse réduite sur demande.

Depuis la France, le chemin vers la Papouasie-Nouvelle-Guinée est évidemment exigeant. Une surveillance des clusters et de la propagation reste donc indispensable.

QSL via M0OXO/OQRS et LoTW.

RI1FJZ : la grosse opération à surveiller

C’est probablement l’une des DX-péditions les plus intéressantes de cette rentrée : RI1FJZ depuis la Terre François-Joseph (EU-019).

Il faudra toutefois patienter quelques jours supplémentaires. Le départ depuis Mourmansk a été retardé par les conditions météorologiques et l’arrivée de l’équipe sur le site est désormais envisagée autour du 13 septembre.

L’expédition devrait disposer de moyens conséquents, avec jusqu’à sept stations. Deux seraient principalement consacrées à la CW et à la SSB, tandis que cinq autres pourraient assurer les modes numériques.

L’opération ne se limitera pas aux liaisons HF classiques puisque des activités EME et satellites, y compris via QO-100, sont également prévues.

Pour les chasseurs de DXCC, l’enjeu est important : la Terre François-Joseph demeure une entité recherchée. RI1FJZ sera donc certainement à l’origine de beaux pile-up dès son apparition sur les bandes.

À noter : le retard du départ constitue le principal changement de calendrier de ces derniers jours.

KH8WW : cap sur les Samoa américaines

Autre opération particulièrement intéressante : KH8WW, prévue depuis Aunu’u Island, aux Samoa américaines, du 10 au 24 septembre.

L’équipe composée notamment de YL2GM et EA5EL prévoit une couverture très large, du 160 au 10 mètres, avec également la bande des 60 mètres.

Les modes annoncés comprennent CW, SSB, RTTY et FT8.

Le dispositif d’antennes devrait comprendre notamment une Spiderbeam, des verticales pour les bandes basses, un système DX Commander ainsi qu’un dipôle pour le 60 mètres.

Depuis la France, les Samoa américaines représentent un DX nettement plus difficile que ne le laisse supposer la puissance des stations modernes. Les ouvertures peuvent être relativement courtes : cluster, propagation et Gray Line seront donc à surveiller.

V51WH : la Namibie pendant plusieurs semaines

La station V51WH doit rester active depuis la Namibie jusqu’au 10 octobre.

DK2WH opère près d’Omaruru et annonce une couverture particulièrement étendue allant du 160 au 6 mètres, sans oublier le 60 mètres.

La durée de l’opération constitue ici un avantage : contrairement à une DX-pédition de quelques jours, les opérateurs européens disposeront de nombreuses occasions pour rechercher une bonne ouverture vers l’Afrique australe.

L’indicatif V55Y devrait également être utilisé pendant le CQ WW RTTY.

5W0AF : Samoa à partir du 21 septembre

À partir du 21 septembre et jusqu’au 12 octobre, SP5EAQ prévoit d’être actif depuis Vaiale, près d’Apia aux Samoa, sous l’indicatif 5W0AF.

L’opération devrait privilégier la SSB sur les bandes comprises entre 40 et 10 mètres, avec également une activité envisagée sur 80 mètres.

Cette expédition avait précédemment rencontré des problèmes de transport ayant entraîné son report. Les nouvelles dates annoncées placent désormais l’opération parmi les DX à surveiller pour la seconde moitié du mois.

Ogasawara : plusieurs indicatifs depuis Chichijima

Du 24 septembre au 6 octobre, plusieurs opérateurs doivent être présents sur Chichijima, dans les îles Ogasawara (AS-031).

Les indicatifs annoncés comprennent notamment JD1BON, JD1BOI, JE1NVD/JD1 et JI1CRM/JD1.

L’activité devrait couvrir de nombreuses bandes, potentiellement du 160 au 6 mètres, en CW, SSB, FT8 et FT4.

Attention à ne pas considérer ces stations comme de simples indicatifs japonais : les îles Ogasawara constituent une entité DXCC distincte du Japon.

9T0MD : une grosse expédition africaine en préparation

Enfin, il faut déjà inscrire 9T0MD sur le calendrier.

Le Mediterranean DX Club prépare une importante opération depuis la République démocratique du Congo, approximativement du 30 septembre au 11 octobre.

L’activité annoncée couvre le 160 au 6 mètres en CW, SSB, FT8 et RTTY.

Mais 9T0MD présente une autre particularité susceptible d’intéresser les radioamateurs français : une activité QO-100 et EME est également prévue.

La position géographique du Congo devrait rendre l’opération QO-100 particulièrement accessible depuis l’Europe, et pourrait permettre à des stations habituellement peu intéressées par les DX-péditions HF de participer à l’événement.

Que faut-il surveiller en priorité ?

Au 7 septembre, trois indicatifs méritent une attention particulière.

P29YY est la priorité immédiate puisque l’opération doit se terminer le 8 septembre. KH8WW devrait ensuite commencer dès le 10 septembre depuis les Samoa américaines.

Mais l’opération qui attirera probablement le plus l’attention dans les prochains jours reste RI1FJZ. Son arrivée en Terre François-Joseph ayant été retardée par la météo, il faudra surveiller attentivement les annonces de l’équipe avant de se fier aux premières dates publiées.

La fin septembre sera tout aussi intéressante avec 5W0AF, les stations JD1 depuis Ogasawara et surtout 9T0MD.

Un bon mois pour laisser le transceiver allumé… et garder un œil sur le cluster !

Pour aller plus loin

Les calendriers et informations sur les DX-péditions évoluent parfois jusqu’au dernier moment. Pour vérifier les dates, fréquences et éventuelles modifications, on pourra consulter régulièrement DX-World, 425 DX News, NG3K ADXO et Club Log.

Code Q : lesquels faut-il connaître pour la licence radioamateur et comment les mémoriser ?

Code Q : mémoriser les codes radioamateurs

Lorsqu’on prépare l’examen radioamateur, le code Q fait partie de ces sujets qui peuvent sembler rébarbatifs. QRM, QRN, QRO, QRP, QRV, QSY… À première vue, toutes ces abréviations se ressemblent !

Pourtant, il n’est pas nécessaire de mémoriser des centaines de codes. Une sélection relativement réduite permet de couvrir l’essentiel de ce qu’un futur radioamateur doit comprendre, tout en constituant un vocabulaire que l’on retrouvera ensuite quotidiennement sur les bandes.

Qu’est-ce que le code Q ?

Le code Q est un ensemble d’abréviations composées de trois lettres commençant par Q. Il a été développé à l’origine pour accélérer les communications radiotélégraphiques.

Son principal avantage est son caractère international. Un radioamateur français et un radioamateur japonais peuvent parfaitement comprendre « QRM » ou « QTH » sans parler la même langue.

Un même code peut généralement être employé comme une question ou comme une affirmation.

Par exemple :

QRL ? → Êtes-vous occupé ?

QRL → Je suis occupé.

En télégraphie, le gain de temps est évident. Mais de nombreux codes Q sont également passés dans le langage courant des radioamateurs, y compris en phonie.

Les principaux codes Q à connaître

Voici une sélection particulièrement utile pour la préparation à l’examen et pour le trafic amateur.

Code Signification principale
QRA Nom de la station
QRG Fréquence exacte
QRH Variation de fréquence
QRI Tonalité de l’émission
QRK Lisibilité du signal
QRL Être occupé
QRM Brouillage par d’autres émissions
QRN Parasites
QRO Augmenter la puissance
QRP Diminuer la puissance
QRQ Transmettre plus vite
QRS Transmettre plus lentement
QRT Cesser la transmission
QRU Rien à transmettre
QRV Être prêt
QRX Attendre / rappeler plus tard
QRZ Qui m’appelle ?
QSA Force du signal
QSB Variation de la force du signal, fading
QSL Accusé de réception
QSO Communication entre stations
QSP Retransmettre un message
QSY Changer de fréquence
QTC Message à transmettre
QTH Position géographique

Il existe bien d’autres codes Q, mais apprendre une liste gigantesque sans hiérarchie n’est probablement pas la meilleure manière de préparer l’examen.

Les apprendre par familles plutôt que par ordre alphabétique

La difficulté vient moins du nombre de codes que de leur ressemblance. Essayer de mémoriser successivement QRA, QRB, QRG, QRH, QRI, QRK… favorise les confusions.

Une méthode beaucoup plus efficace consiste à créer des familles logiques.

Fréquence

QRG : fréquence exacte
QRH : variation de fréquence
QSY : changement de fréquence

On peut imaginer une situation réelle :

« Je suis sur quelle fréquence exactement ? » → QRG

« Ma fréquence dérive-t-elle ? » → QRH

« Passons sur 145,450 MHz » → QSY

Brouillages et propagation

Deux codes sont particulièrement faciles à confondre :

QRM : brouillage provoqué par d’autres émissions
QRN : parasites, notamment atmosphériques

Une astuce mnémotechnique fonctionne assez bien :

QRM → M comme Man-made

QRN → N comme Nature

Ajoutons :

QSB → le signal monte et descend : c’est le fading.

Ainsi, si une station disparaît périodiquement dans le bruit sans qu’un autre émetteur ne la couvre, on parlera plutôt de QSB que de QRM.

Force et qualité du signal : attention à QRK et QSA

Voici encore deux notions qu’il ne faut pas mélanger.

QRK concerne la lisibilité du signal.

QSA concerne sa force.

Un signal peut donc être puissant mais difficilement compréhensible, ou relativement faible mais parfaitement lisible.

C’est une distinction que l’on retrouve d’ailleurs dans le fameux report RST : Readability, Strength, Tone utilisé par les radioamateurs.

Puissance et vitesse

Quatre codes peuvent être appris sous forme de deux couples :

QRO ↔ QRP

QRO signifie augmenter la puissance, tandis que QRP signifie la diminuer.

Dans le langage radioamateur moderne, « faire du QRP » désigne couramment le trafic à faible puissance.

Deuxième couple :

QRQ ↔ QRS

QRQ demande d’accélérer la transmission.

QRS demande au contraire de ralentir.

En télégraphie, « QRS » est particulièrement pratique lorsqu’un correspondant transmet du Morse trop rapidement !

Les codes qui racontent presque un QSO

Une autre technique consiste à apprendre plusieurs codes en imaginant le déroulement d’un contact.

Avant d’émettre :

QRL ? → Cette fréquence est-elle occupée ?

Vous lancez appel et entendez plusieurs stations :

QRZ ? → Qui m’appelle ?

Vous êtes disponible :

QRV → Je suis prêt.

Vous réalisez la liaison :

QSO → communication entre les deux stations.

Vous confirmez avoir correctement reçu :

QSL → reçu, accusé de réception.

Vous proposez de changer de fréquence :

QSY → changeons de fréquence.

Vous demandez au correspondant d’attendre :

QRX → attendez / je vous rappellerai.

Puis vous terminez :

QRT → cessez la transmission.

En transformant une liste abstraite en scénario, les codes deviennent beaucoup plus faciles à retenir.

Et le fameux QTH ?

C’est probablement avec QSO, QSL, QRM et QRP l’un des codes les plus connus des radioamateurs.

QTH correspond à la position géographique d’une station.

On entend ainsi régulièrement en phonie :

« Mon QTH est Viry-Châtillon. »

Il s’agit d’un usage radioamateur devenu tellement courant que le terme « QTH » est parfois employé comme synonyme de domicile ou de lieu d’émission.

Ne pas apprendre seulement « QRM = brouillage »

Pour préparer efficacement un QCM, il faut être capable de retrouver l’information dans les deux sens.

Première question :

Que signifie QRM ?

→ Brouillage provenant d’autres émissions.

Mais il faut également pouvoir répondre immédiatement à :

Quel code indique un brouillage provoqué par d’autres émissions ?

→ QRM.

C’est important, car reconnaître une réponse lorsqu’on voit le code n’est pas exactement le même exercice mental que retrouver le code à partir de sa définition.

La méthode des cartes recto-verso

Une méthode simple consiste donc à fabriquer de petites cartes.

Sur le recto :

QRN

Au verso :

Parasites atmosphériques / naturels

Mais fabriquez également la carte inverse :

Parasites atmosphériques / naturels

et au verso :

QRN

Avec une vingtaine de codes, cela représente une quarantaine de cartes. Mélangez-les et consacrez-y seulement quelques minutes chaque jour.

Cinq codes par jour

Inutile de vouloir tout apprendre en une soirée.

On peut par exemple organiser la révision ainsi :

Jour 1 : QRM – QRN – QRO – QRP – QRT

Jour 2 : QRV – QRX – QRZ – QSY – QSO

Jour 3 : QSL – QTH – QRG – QRH – QSB

Jour 4 : QRK – QSA – QRQ – QRS – QRL

Les codes restants peuvent être ajoutés progressivement.

À partir du cinquième ou sixième jour, abandonnez l’ordre des listes et travaillez exclusivement avec des questions tirées au hasard.

C’est cette dernière étape qui permet de vérifier que le code est réellement assimilé et non simplement récité grâce à sa position dans une liste.

Apprendre pour l’examen… mais surtout pour la radio

Le code Q ne doit finalement pas être considéré uniquement comme quelques lignes supplémentaires du programme à mémoriser.

Une fois l’indicatif obtenu, certains de ces codes seront rencontrés constamment : QSO, QSL, QTH, QRM, QRN, QSB, QRP, QRO, QRZ ou QSY font véritablement partie du vocabulaire radioamateur international.

Le plus efficace est donc de ne pas chercher à réciter mécaniquement une longue liste. Regroupez les codes par fonction, associez-les à des situations concrètes et entraînez-vous dans les deux sens.

Quelques minutes quotidiennes suffisent alors pour transformer ce qui ressemblait initialement à une soupe de trois lettres en un vocabulaire parfaitement naturel.

Et lorsque « QRM ? » apparaîtra dans une question d’examen, vous ne chercherez plus dans votre mémoire : vous penserez immédiatement brouillage.

POTA : quelle bande choisir pour ne pas appeler les écureuils ? (11/13)

POTA : Quelle bande ?

Dans notre précédent article, « POTA : qui m’entend ? PSK Reporter vous le montre ! », nous avons découvert comment vérifier presque en temps réel jusqu’où porte notre signal.

Mais revenons quelques minutes en arrière.

Nous venons d’arriver dans le parc. L’antenne est montée, la batterie branchée et le transceiver allumé.

Une question se pose :

40, 20, 15 ou 10 mètres : sur quelle bande commencer ?

Car en POTA, disposer de 100 W ne sert pas à grand-chose si nous appelons sur une bande pratiquement fermée !

Il n’existe pas de « meilleure bande POTA »

La propagation HF dépend notamment de l’heure, de la saison, de l’activité solaire, de l’état de l’ionosphère et de la distance que nous souhaitons couvrir.

Ajoutons notre antenne et son installation…

Et notre recette miracle vient de disparaître !

Il existe néanmoins quelques tendances très utiles pour choisir notre première bande.

40 mètres : allons chercher les voisins

Le 40 m (7 MHz) est l’un des grands classiques des sorties POTA.

Il permet fréquemment de réaliser des contacts régionaux ou européens à distances modérées et peut être particulièrement intéressant lorsque nous voulons être entendus en France et dans les pays voisins.

Les liaisons relativement proches peuvent profiter d’une propagation à angle élevé, parfois qualifiée de NVIS lorsque les conditions et l’antenne s’y prêtent.

Le 40 m possède toutefois un inconvénient évident en portable : l’antenne devient assez longue.

Une demi-onde représente environ 20 mètres !

20 mètres : le couteau suisse de l’Activator

S’il fallait choisir une bande pour commencer une activation européenne en journée, le 20 m (14 MHz) serait souvent un excellent candidat.

La bande est très fréquentée, les Hunters nombreux et les dimensions des antennes restent raisonnables.

Selon les conditions, les contacts peuvent aller de quelques centaines à plusieurs milliers de kilomètres.

Avec une simple EFHW, un dipôle ou une verticale et quelques watts, les résultats peuvent déjà être excellents.

Le 20 m constitue donc souvent un bon compromis entre :

activité — portée — taille d’antenne — efficacité en QRP.

Mais là encore, aucune garantie : certains jours, le 20 m semble rempli de stations ; à d’autres moments, notre CQ paraît envoyé directement aux arbres du parc.

15 mètres : à surveiller sérieusement

Le 15 m (21 MHz) devient particulièrement intéressant lorsque l’ionisation permet aux fréquences plus élevées de revenir vers la Terre.

L’avantage est spectaculaire : une antenne relativement petite et quelques watts peuvent permettre de très belles liaisons européennes et DX.

En revanche, cette bande peut être beaucoup moins productive lorsque les conditions sont médiocres.

Le réflexe est donc simple :

écoutez avant de l’écarter.

Quelques stations puissantes, des Activators déjà présents ou des reports numériques lointains peuvent indiquer que le 15 m mérite quelques CQ.

10 mètres : parfois magique, parfois désert

Le 10 m (28 MHz) possède deux personnalités.

Lorsqu’il est fermé :

CQ POTA… CQ POTA…

Les écureuils vous entendent parfaitement.

Lorsqu’il s’ouvre, en revanche, quelques watts peuvent suffire pour réaliser des contacts à plusieurs milliers de kilomètres.

Les antennes deviennent également petites et faciles à transporter.

Pendant les périodes favorables du cycle solaire, il serait donc dommage de ne jamais vérifier le 10 m.

Quelques secondes d’écoute peuvent suffire pour découvrir une bande soudainement remplie de stations.

POTA : 40, 20, 15 ou 10 m : jusqu’où voulez-vous aller ?

40, 20, 15 ou 10 m : chaque bande offre des possibilités différentes selon la propagation, l’heure et la distance recherchée.

Et le 80 mètres ?

Ne l’oublions pas.

Le 80 m (3,5 MHz) peut devenir intéressant pour des contacts relativement proches, particulièrement aux heures où les bandes hautes deviennent moins favorables.

Son principal problème en POTA tient à l’antenne : une demi-onde approche les 40 mètres.

Il reste néanmoins parfaitement exploitable avec des antennes adaptées ou raccourcies lorsque le terrain le permet.

Alors, quelle bande essayer ?

Gardons ce tableau comme point de départ, jamais comme une garantie :

Notre objectif Bandes à essayer
Contacts proches/régionaux 40 m, éventuellement 80 m
Europe en journée 20 m
Europe et DX si conditions favorables 15 m
Bande haute bien ouverte 10 m
Fin de journée 20 m puis 40 m
Aucun QSO Changer de bande !

La meilleure bande reste finalement…

celle qui fonctionne maintenant.

POTA : Quelle bande essayer aujourd’hui ?

Quelle bande choisir en POTA ? L’heure et la distance donnent une première indication, mais l’écoute et la propagation réelle restent les meilleurs guides.

Comment le savoir avant même de lancer CQ ?

Notre premier instrument coûte zéro euro :

les oreilles.

Parcourons la bande.

Entendons-nous des stations ? Des balises ? Des QSO européens ? Des signaux DX ?

Une bande complètement silencieuse doit déjà nous inciter à vérifier ailleurs.

Deuxième outil : les spots POTA.

Si plusieurs Activators européens sont actuellement signalés sur 20 m, écoutons-les. Qui leur répond ? À quel niveau les recevons-nous ?

Cela donne rapidement une idée de la situation.

PSK Reporter : notre radar numérique

Nous retrouvons ici l’outil étudié dans notre précédent article.

En FT8 ou FT4, quelques transmissions permettent de voir quelles stations nous décodent.

Si nos 5 W sont reçus en Allemagne, Espagne, Italie et Scandinavie, nous savons déjà que notre antenne rayonne et que la propagation existe dans ces directions.

PSK Reporter devient donc une véritable sonde de propagation.

En CW, demandons au Reverse Beacon Network

Les adeptes de CW disposent d’un outil tout aussi remarquable : le Reverse Beacon Network (RBN).

Des stations automatisées écoutent les bandes et signalent les stations qu’elles détectent.

Lançons quelques CQ correctement identifiés et nous pouvons découvrir qui nous reçoit, sur quelle bande et avec quel niveau relatif.

Le RBN indique d’ailleurs explicitement qu’un opérateur peut lancer un CQ rapide pour observer quels reverse beacons l’entendent et ainsi repérer les ouvertures de bandes.

Et le Soleil dans tout cela ?

Pour aller un peu plus loin, surveillons la météo spatiale.

Deux indicateurs sont souvent rencontrés :

SFI — Solar Flux Index : il donne une indication de l’activité solaire susceptible d’influencer l’ionisation favorable aux bandes HF hautes.

Kp : il caractérise l’activité géomagnétique. Un Kp élevé indique une perturbation du champ magnétique terrestre susceptible d’affecter les communications HF.

Mais attention : inutile de transformer notre sortie POTA en centre de contrôle de la NASA !

Ces indices donnent un contexte. L’écoute réelle des bandes reste notre meilleur juge sur le terrain.

Personne ne répond : surtout, ne tournons pas immédiatement le bouton POWER !

Nous sommes spotés et appelons depuis dix minutes.

Zéro QSO.

Avant de passer de 10 à 100 W, vérifions :

✓ sommes-nous correctement spotés ?
✓ la fréquence est-elle réellement libre ?
✓ l’antenne fonctionne-t-elle correctement ?
✓ entendons-nous d’autres stations ?
✓ PSK Reporter ou le RBN nous reçoit-il ?
✓ avons-nous essayé une autre bande ?

Changer de bande peut produire un résultat beaucoup plus spectaculaire qu’ajouter 6 ou 10 dB de puissance.

POTA : Personne ne répond ? Ne tournez pas encore le bouton POWER !

Personne ne répond ? Vérifiez d’abord le spot, l’antenne et la propagation, puis changez de bande avant d’augmenter la puissance.

La stratégie simple

Pour une activation européenne classique en journée, nous pourrions commencer par :

20 m → quelques CQ → observation des résultats.

Puis :

40 m → pour rechercher des Hunters plus proches.

Et si les bandes hautes semblent ouvertes :

15 m → 10 m.

Ne transformons toutefois pas cette séquence en règle.

Si nous allumons la radio et découvrons le 10 m rempli de stations…

commençons évidemment par le 10 m !

C’est finalement l’un des plaisirs du POTA : deux activations réalisées depuis le même parc avec exactement la même station peuvent être complètement différentes.

La propagation décide d’une partie du jeu.

À nous de l’écouter plutôt que de lutter contre elle.

Car en portable, choisir la bonne bande vaut souvent beaucoup plus que choisir le plus gros amplificateur !

Prochain volet : « POTA Park-to-Park : quand les Activators se chassent entre eux ! (12/13) »
Pour aller plus loin

Comment des radioamateurs peuvent-ils mesurer la vitesse d’un vaisseau allant vers la Lune avec un simple signal radio ?

Radioamateurs vers la Lune

Imaginez qu’un vaisseau spatial file vers la Lune en émettant une simple porteuse radio. Depuis la Terre, nous ne voyons évidemment pas sa vitesse. Pourtant, en observant précisément la fréquence de son signal avec un récepteur SDR, nous pouvons déjà mesurer une partie de son mouvement.

Le secret tient en un phénomène bien connu des radioamateurs : l’effet Doppler.

C’est le même principe qui fait glisser la fréquence d’un satellite LEO pendant son passage ou qui intervient dans les liaisons EME. Mais cette fois, nous allons retourner le problème : au lieu de calculer le Doppler pour savoir où régler notre récepteur, nous allons mesurer le Doppler pour calculer la vitesse du vaisseau.

Quand la fréquence devient un compteur de vitesse

Lorsqu’une source radio se rapproche de nous, sa fréquence reçue augmente. Lorsqu’elle s’éloigne, elle diminue.

Pour des vitesses très inférieures à celle de la lumière, nous pouvons écrire :

    \[\Delta f \simeq -f_0\frac{v_r}{c}\]

avec :

  • f0, la fréquence émise ;
  • Δf=fr−f0
  • vr, la vitesse radiale ;
  • c=299 792 458 m/s>, la vitesse de la lumière.

En retournant la formule :

    \[v_r \simeq -c\frac{\Delta f}{f_0}\]

C’est donc remarquablement simple : si nous connaissons précisément la fréquence émise et celle que nous recevons, nous pouvons calculer une vitesse.

La NASA utilise exactement cette propriété pour la navigation spatiale : le Doppler d’une porteuse cohérente permet de déterminer la composante de la vitesse du véhicule suivant la ligne de visée entre celui-ci et la station terrestre.

Mesurer la vitesse vers la Lune par Doppler

Le décalage Doppler d’un signal radio permet de mesurer la vitesse radiale d’un vaisseau par rapport à la station terrestre.

Faisons le calcul sur 436,4 MHz

Imaginons un vaisseau transmettant une porteuse sur :

    \[f_0=436,400000\;MHz\]

Notre SDR indique seulement :

    \[436,395000\;MHz\]

Le signal est donc décalé de :

    \[\Delta f=-5000\;Hz\]

Appliquons notre formule :

    \[v_r=-299\,792\,458\times \frac{-5000}{436\,400\,000}\]

Nous obtenons :

    \[v_r\simeq3435\;m/s\]

soit environ :

    \[\boxed{v_r\simeq3,44\;km/s}\]

Autrement dit, un déplacement de seulement 5 kHz sur notre waterfall correspond ici à une vitesse radiale de plus de 12 000 km/h !

À 436,4 MHz, les ordres de grandeur deviennent faciles à retenir :

Doppler mesuré Vitesse radiale
1 Hz 0,687 m/s
10 Hz 6,87 m/s
100 Hz 68,7 m/s
500 Hz 344 m/s
1 kHz 687 m/s
5 kHz 3,44 km/s

Un SDR capable de suivre précisément une porteuse étroite devient donc un étonnant petit « radar de vitesse », même à plusieurs centaines de milliers de kilomètres.

Mesure Doppler SDR et vitesse radiale

Sur le waterfall SDR, le déplacement de la porteuse révèle le Doppler et permet d’en déduire la vitesse radiale du vaisseau.

Attention : nous ne mesurons pas toute la vitesse

Il existe cependant un piège important.

Le Doppler ne donne pas directement la vitesse réelle du vaisseau dans l’espace. Il donne sa vitesse radiale, c’est-à-dire la composante de sa vitesse suivant l’axe reliant la station au vaisseau.

Imaginez un véhicule traversant votre champ de vision de gauche à droite. Il peut se déplacer très vite tout en ne se rapprochant presque pas de vous. Son Doppler sera alors faible.

Pour un engin spatial, c’est exactement pareil.

La NASA rappelle d’ailleurs que les mouvements observés combinent la trajectoire du vaisseau, la rotation quotidienne de la Terre et son mouvement autour du Soleil. Pour un engin évoluant près de la Lune, il faut naturellement ajouter la dynamique du système Terre-Lune.

Mais notre station terrestre bouge elle aussi !

À Viry-Châtillon comme ailleurs, notre antenne n’est jamais réellement immobile.

La Terre effectue un tour sur elle-même en environ 24 heures. À l’équateur, cette rotation correspond à une vitesse tangentielle d’environ 465 m/s. Sous nos latitudes françaises, elle reste de plusieurs centaines de mètres par seconde.

Selon l’heure et la direction du vaisseau, une partie de cette vitesse se projette sur notre ligne de visée.

Il faut donc distinguer :

    \[v_{\text{relative}} = v_{\text{vaisseau}}-v_{\text{station}}\]

puis considérer la projection de cette différence suivant la direction station-vaisseau.

Pour une première expérience pédagogique, mesurer le Doppler brut est déjà passionnant. Pour déterminer réellement une trajectoire, il faut en revanche connaître précisément la position de la station et modéliser ses mouvements.

Encore faut-il connaître exactement la fréquence émise

Voici probablement la principale difficulté pour une station amateur.

Un émetteur annoncé sur 436,400 MHz n’émet pas nécessairement exactement sur 436 400 000 Hz.

Son oscillateur peut varier avec :

  • la température ;
  • son vieillissement ;
  • sa tension d’alimentation ;
  • la qualité de sa référence de fréquence.

Et notre propre SDR possède lui aussi une erreur.

Supposons une erreur de seulement 1 ppm à 436,4 MHz :

    \[436\,400\,000\times10^{-6}=436,4\;Hz\]

Or 436 Hz représentent déjà environ :

    \[300\;m/s\]

d’erreur apparente sur la vitesse !

Une mesure sérieuse nécessite donc une référence stable : TCXO de bonne qualité, OCXO ou, mieux encore, GPSDO fournissant par exemple une référence 10 MHz au SDR.

Les réseaux professionnels vont beaucoup plus loin. Le Deep Space Network utilise des références extrêmement stables et des liaisons cohérentes afin de détecter des variations Doppler inférieures au hertz sur des porteuses de plusieurs gigahertz.

Une expérience que les radioamateurs ont réellement réalisée

Tout cela pourrait sembler théorique. Pourtant, les radioamateurs l’ont déjà fait autour de la Lune.

Le microsatellite chinois DSLWP-B, également connu sous le nom de Longjiang-2 puis Lunar-OSCAR 94, a été placé en orbite lunaire en mai 2018. Il émettait notamment des signaux dans la bande radioamateur des 70 cm.

Des stations terrestres ont enregistré ses transmissions à 435,4 et 436,4 MHz et utilisé leur Doppler pour étudier son mouvement.

L’expérience révèle d’ailleurs exactement le problème que nous venons d’évoquer : lors du traitement des observations sur 436,4 MHz, Daniel Estévez a dû prendre en compte un décalage d’environ −250 Hz de l’émetteur lui-même.

Cela montre qu’il faut séparer :

    \[\text{Doppler observé} = \text{Doppler réel} + \text{erreur émetteur} + \text{erreur récepteur} +\ldots\]

Et si plusieurs radioamateurs écoutent simultanément ?

L’expérience devient encore plus intéressante lorsque deux stations éloignées enregistrent simultanément le même vaisseau.

C’est ce qui a été réalisé avec DSLWP-B entre la station de Shahe, près de Pékin, et le radiotélescope de Dwingeloo aux Pays-Bas.

Les deux stations, séparées d’environ 7 250 km, ont effectué des enregistrements synchronisés par GPS. Les différences de temps et de fréquence entre les deux observations ont ensuite été corrélées.

Le résultat permettait d’obtenir notamment une mesure de delta-vitesse particulièrement précise.

Nous entrons alors dans le domaine du VLBI — Very Long Baseline Interferometry.

Lors d’une expérience ultérieure, des transmissions de DSLWP-B d’environ 30 minutes ont même permis d’exploiter la phase accumulée de la porteuse. La dérivée temporelle de cette différence de phase fournit une information de delta-vitesse extrêmement sensible.

Voilà qui dépasse largement la simple observation d’une trace sur un waterfall !

Comment tenter l’expérience dans une station amateur ?

Le principe d’une chaîne de réception reste pourtant très familier :

antenne → LNA → SDR → ordinateur

Pour améliorer la précision, nous ajouterons :

GPSDO → référence de fréquence du SDR

Nous pouvons ensuite :

  1. enregistrer le signal en IQ ;
  2. mesurer précisément la fréquence de sa porteuse ;
  3. répéter cette mesure régulièrement ;
  4. calculer le Doppler Δf(t);
  5. convertir celui-ci en vitesse radiale r ;
  6. tracer cette vitesse en fonction du temps.

Un waterfall permet déjà de visualiser le phénomène, mais l’enregistrement IQ permet d’effectuer ensuite des mesures beaucoup plus fines par traitement numérique.

Mesurer la vitesse d’un vaisseau vers la Lune

Une station amateur équipée d’une antenne directive, d’un LNA, d’un SDR et d’une référence GPSDO peut mesurer le Doppler d’un vaisseau et en déduire sa vitesse radiale.

GNU Radio et Python sont parfaitement adaptés à cette expérimentation. Pour aller plus loin, un logiciel de mécanique orbitale tel que GMAT permet de calculer le Doppler théorique puis de le comparer aux observations. C’est d’ailleurs cette méthode qui a été utilisée lors des expériences VLBI amateurs avec DSLWP-B.

Du simple waterfall à la détermination d’une orbite

Une seule mesure Doppler ne permet évidemment pas de connaître la position complète d’un vaisseau dans l’espace.

Mais imaginons maintenant que nous enregistrions des centaines ou des milliers de mesures pendant plusieurs heures, puis que d’autres stations fassent la même chose depuis différentes régions du globe.

Nous disposons progressivement de suffisamment de contraintes pour rechercher quelle trajectoire explique le mieux toutes ces observations.

C’est le principe de la détermination d’orbite.

La NASA décrit cette méthode comme l’ajustement d’un modèle de trajectoire aux mesures accumulées de distance et de Doppler. Plus les observations sont nombreuses et réparties dans le temps et géographiquement, plus le modèle peut être contraint.

Les observations amateurs de DSLWP-B ont précisément montré jusqu’où cette approche pouvait aller : des mesures Doppler réalisées par des amateurs ont servi à déterminer et à vérifier son orbite lunaire.

Quelques hertz qui nous renseignent à 400 000 km

C’est probablement ce qu’il faut retenir de cette expérience.

Notre SDR ne « voit » ni le vaisseau ni sa vitesse. Il mesure simplement une fréquence.

Pourtant :

    \[\boxed{\text{fréquence}\rightarrow\text{Doppler}\rightarrow \text{vitesse radiale}\rightarrow\text{trajectoire}}\]

Avec une antenne adaptée, un récepteur stable, une bonne référence de fréquence et un peu de traitement numérique, une station radioamateur peut donc réaliser à son échelle une véritable expérience de navigation spatiale par radio.

Et la prochaine fois qu’une fine ligne inclinée traversera le waterfall de votre SDR, regardez-la autrement : ce n’est pas seulement une fréquence qui bouge. C’est peut-être directement le mouvement d’un objet dans l’espace que vous êtes en train de mesurer.

Pour aller plus loin