Bienvenue sur le Site du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon (91 – Essonne)!

Chers(es) visiteurs(ses) et passionnés(es) de radio et de sciences,

Le Radio-Club F5KEE vous accueille à la Maison des Associations de Viry-Châtillon, au cœur de l’Essonne. Dans ce lieu ouvert et convivial, nous réunissons toutes celles et ceux qui partagent la curiosité des sciences, des techniques et des communications sans fil.

Le radioamateurisme, c’est bien plus qu’un simple hobby :
c’est une passion universelle, où l’on apprend à dialoguer avec le monde entier, à construire ses propres antennes et équipements, à explorer la propagation des ondes, mais aussi à découvrir les technologies numériques et les satellites.

À qui s’adresse le radio-club ?

Le F5KEE s’adresse à tous les publics :

  • les curieux qui veulent découvrir ce qu’est la radio et comment on peut communiquer sans Internet,

  • les jeunes et étudiants attirés par la technique, l’électronique ou l’aéronautique,

  • les futurs radioamateurs qui souhaitent préparer la licence,

  • les opérateurs confirmés qui veulent partager leurs expériences, expérimenter ou participer à des contests,

  • et plus largement, toute personne désireuse d’apprendre, de pratiquer et d’échanger dans un cadre associatif.

Que fait-on au F5KEE ?

Nos activités sont variées et adaptées à tous les niveaux :

  • Découverte et formation : initiation aux bases de la radio, aide à la préparation de la licence radioamateur ( voir : nos formations )

  • Pratique du trafic : contacts en phonie, en CW (morse), en modes numériques (FT8, …), via satellites ou encore à travers le monde en HF.

  • Expérimentations techniques : réalisation et essais d’antennes, utilisation du SDR, projets autour de l’Arduino ou d’interfaces numériques.

  • Activités collectives : organisation de démonstrations publiques, projets éducatifs en lien avec les écoles ou évènements internationaux (ARISS, QO-100, etc.).

  • Vie de club : échanges, entraide, convivialité et partage de connaissances dans une ambiance amicale.

Pourquoi nous rejoindre ?

Adhérer au Radio-Club F5KEE, c’est rejoindre une communauté dynamique et passionnée, c’est apprendre en pratiquant, c’est aussi trouver un lieu où la curiosité technique et la convivialité se conjuguent au quotidien.

C’est également l’occasion d’acquérir des bases solides en électricité et en électronique, compétences précieuses pour comprendre le fonctionnement des équipements mais aussi pour, pourquoi pas, préparer un futur métier dans les domaines techniques, scientifiques ou industriels.

Que vous soyez simple curieux, débutant ou opérateur chevronné, poussez la porte de la Maison des Associations de Viry-Châtillon : F5KEE vous accueille et vous invite à découvrir le monde fascinant du radioamateurisme.

L’équipe du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon

RI1FJZ : la DX-pédition arctique entre dans le vif du sujet

Affiche DXpedition arctique RI1FJZ

La très attendue DX-pédition RI1FJZ vers la Terre François-Joseph est désormais d’actualité. L’équipe doit opérer depuis Alexandra Land (EU-019), l’une des régions radio les plus difficiles d’accès au monde.

Le site officiel indique maintenant une période d’activité du 14 au 29 septembre 2026, avec le locator LR30us, en zones CQ 40 et ITU 75.

L’expédition prévoit une installation particulièrement ambitieuse, avec plusieurs stations et amplificateurs. Les opérateurs comptent être actifs en CW, SSB et modes numériques, mais également via les satellites LEO, QO-100 et en EME.

Pour les chasseurs de DX français, RI1FJZ constitue une cible de premier choix : la Terre François-Joseph figure parmi les entités DXCC les plus recherchées. Les conditions arctiques et la logistique maritime peuvent naturellement influencer le calendrier et le rythme des opérations.

Les prochains jours devraient donc être particulièrement intéressants sur les bandes HF. Surveillez les clusters !

Site officiel, informations, spots et log :
RI1FJZ – Expédition Terre François-Joseph

L’IC-7300MK2 reçoit déjà un correctif concernant la qualité du signal

IC-7300MK2 : firmware 1.03

Le 4 septembre 2026, Icom a publié le firmware 1.03 pour l’IC-7300MK2. La liste des modifications tient en quelques lignes, mais l’une d’elles retient immédiatement l’attention des radioamateurs : le constructeur indique avoir corrigé un problème qui pouvait, « dans certaines conditions », dégrader la qualité du signal.

Que se passait-il exactement ? Icom ne le précise pas. Cette mise à jour mérite donc d’être signalée, sans lui attribuer des effets que sa note officielle ne décrit pas.

Que recouvre la « qualité du signal » ?

À la réception, nous pensons spontanément à la facilité avec laquelle une station faible se détache du bruit, ou à la gêne provoquée par une station puissante voisine. À l’émission, la qualité du signal évoque plutôt sa propreté spectrale. Ce sont des notions différentes, et le bref descriptif d’Icom ne dit pas si le problème corrigé touchait la réception, l’émission ou les deux.

Il ne donne pas non plus les conditions qui déclenchaient cette dégradation : bande utilisée, mode, réglage particulier ou durée de fonctionnement, par exemple. Ces pistes peuvent aider à comprendre la question, mais aucune ne doit être présentée comme la cause du défaut.

Une correction, mais aucun gain chiffré annoncé

La version 1.03 corrige un comportement que le constructeur a identifié. En revanche, sa note ne fournit ni mesure avant/après, ni amélioration chiffrée de la sensibilité, du bruit de phase ou du RMDR. On ne peut donc pas promettre qu’après installation un signal FT8 sera mieux décodé ou qu’une station faible deviendra systématiquement plus lisible.

La nuance compte : corriger une dégradation possible n’équivaut pas à augmenter les performances annoncées du poste. Pour un propriétaire qui n’a jamais rencontré le problème, le fonctionnement quotidien pourrait sembler identique après la mise à jour.

L’horloge fait aussi partie des changements

Icom mentionne une seconde modification, liée au fonctionnement de la sauvegarde de l’horloge. Cette fonction permet au poste de conserver l’heure lorsqu’il est éteint. Le constructeur ne décrit toutefois ni symptôme précis ni intervention matérielle à effectuer. Il s’agit d’un changement logiciel distinct du correctif portant sur la qualité du signal.

Faut-il installer le firmware 1.03 ?

Si vous possédez un IC-7300MK2, vérifiez d’abord la version actuellement installée. Avant toute mise à jour, sauvegardez vos réglages, téléchargez le fichier correspondant exactement à votre modèle depuis la page d’assistance Icom, puis suivez la procédure officielle sur carte SD. Une fois le poste redémarré, contrôlez que la version 1.03 apparaît bien.

Attention au nom du modèle : ce firmware est destiné à l’IC-7300MK2, et non à l’IC-7300 d’origine.

Cette première mise à jour rappelle qu’une partie du comportement d’un émetteur-récepteur SDR dépend de son logiciel. Pour l’heure, la conclusion la plus solide reste celle d’Icom : un défaut susceptible de dégrader la qualité du signal dans certaines conditions a été corrigé. Si vous avez observé une différence avant et après installation, notez la bande, le mode et les réglages utilisés : ces détails rendront votre retour d’expérience bien plus utile aux autres OM.

Pour aller plus loin : note de version, téléchargement et procédure Icom · annonce d’Icom UK du 4 septembre 2026_)

RadioLog 4.0.1 : le logiciel de log accueille un RTL-SDR auxiliaire

RadioLog, spectre bleu et journal QSO

Et si le logiciel qui enregistre vos QSO vous aidait aussi à écouter les bandes ? RadioLog associe désormais son journal de trafic à un moniteur utilisant une clé RTL-SDR. Pour le radioamateur, l’idée est séduisante : conserver le transceiver pour les contacts et disposer, sur l’ordinateur, d’un second récepteur pour observer et écouter.

Un second récepteur dans l’environnement de travail

RadioLog rassemble déjà plusieurs outils familiers : saisie des QSO, DX Cluster, pilotage CAT, importation et exportation ADIF, ainsi que gestion de confirmations électroniques. Son moniteur RTL-SDR auxiliaire ajoute une fonction de réception visuelle et audio à cet ensemble. Le RTL-SDR est une clé USB qui reçoit les signaux radio et les transmet à l’ordinateur pour traitement ; il ne peut pas émettre. Présentation de RadioLog · Qu’est-ce qu’un RTL-SDR ?

Le mot auxiliaire est essentiel. Le transceiver reste l’équipement utilisé pour trafiquer. La clé SDR constitue une voie de réception supplémentaire, dont on peut envisager l’usage pour explorer une portion de bande ou écouter une fréquence pendant que l’on consulte le journal et les spots DX. Elle ne transforme pas RadioLog en émetteur-récepteur SDR.

Que change exactement la version 4.0.1 ?

Il faut distinguer deux étapes. RadioLog 4.0.0 a introduit la nouvelle présentation du logiciel et affiche déjà le moniteur RTL-SDR parmi ses fonctions. La version 4.0.1, publiée le 12 septembre 2026, est principalement un correctif : elle règle notamment des problèmes d’enregistrement des QSO en mode CB/11 m, d’harmonisation du thème sombre et de sélection initiale des modes.

Le RTL-SDR est donc une nouveauté de la génération 4.0, disponible dans la version actuelle 4.0.1, et non une fonction ajoutée par ce seul correctif. Historique des versions RadioLog

À quoi cela peut-il servir dans le shack ?

Imaginons une séance de trafic : le poste est réglé sur la fréquence du QSO, RadioLog affiche le journal et les informations DX, tandis que la clé RTL-SDR fournit une écoute indépendante. Ce second regard peut être pratique pour surveiller l’activité à proximité ou comparer ce que reçoivent deux antennes, si l’installation et les commandes du moniteur s’y prêtent.

Il reste toutefois une distinction entre l’intérêt théorique d’un récepteur auxiliaire et les fonctions effectivement annoncées par l’éditeur. RadioLog confirme la présence d’un moniteur visuel et audio, mais son manuel public ne précise pas encore en détail ses réglages. On ne peut donc pas lui attribuer sans essai une synchronisation automatique avec le CAT, un décodage de modes numériques ou toutes les fonctions d’un logiciel SDR spécialisé. Manuel officiel · Présentation officielle

Avant de brancher la clé

Toutes les clés RTL-SDR n’offrent pas la même couverture en fréquence. C’est particulièrement important si l’on souhaite écouter les bandes HF : il faut vérifier les caractéristiques du modèle choisi et prévoir une antenne adaptée. Certaines clés, notamment la RTL-SDR Blog V4, demandent aussi des pilotes compatibles. Guide de démarrage RTL-SDR

Dans une station qui émet à proximité, il faut également protéger l’entrée de la clé contre les signaux trop puissants. Une antenne de réception séparée ne garantit pas, à elle seule, une isolation suffisante lorsque le transceiver passe en émission. Le choix du raccordement mérite donc autant d’attention que l’installation du logiciel.

Une évolution intéressante à essayer

RadioLog 4.0.1 est proposé gratuitement aux radioamateurs pour Windows 10 et 11 en 64 bits, sans clé d’activation ni inscription requise. L’ajout d’un moniteur RTL-SDR donne une raison de plus de l’examiner : il rapproche le journal de trafic de l’écoute et de l’observation des bandes, tout en laissant au transceiver son rôle principal.

Le prochain test à réaliser est simple : brancher une clé compatible, ouvrir le moniteur et vérifier sur sa propre station ce qu’il permet réellement d’afficher, d’écouter et de régler. C’est sur ce terrain pratique que l’on mesurera l’utilité de cette nouvelle association entre logbook et SDR.

Pour aller plus loin : RadioLog et téléchargement de la version 4.0.1 · Manuel RadioLog · Guide d’installation RTL-SDR.

Quand la FM fut venue !

Quand la FM fut venue !

Après avoir appris à parler grâce à l’AM, puis à économiser puissance et bande passante avec la BLU, la radio avait encore un problème à résoudre.

Le bruit !

Orages, moteurs électriques, étincelles, systèmes d’allumage des automobiles… tous produisaient des parasites qui venaient joyeusement se mélanger aux émissions.

Puis un ingénieur américain eut une autre idée : et si, au lieu de faire varier l’amplitude de notre onde, nous faisions varier sa fréquence ?

La modulation de fréquence allait profondément transformer la radiodiffusion, mais aussi les communications VHF et UHF des radioamateurs.

Le problème : ces maudits parasites !

Reprenons notre bonne vieille modulation d’amplitude.

En AM, l’information audio fait varier l’amplitude de la porteuse.

Malheureusement, beaucoup de parasites radioélectriques provoquent eux aussi des variations d’amplitude.

Pour notre récepteur, la situation devient délicate.

La voix fait varier l’amplitude : il la détecte.

Une étincelle fait varier brutalement l’amplitude : il la détecte également !

D’où les fameux : CRAC ! POC ! CRRRR !

que connaissent bien ceux qui écoutent les ondes moyennes ou les ondes courtes.

Il fallait trouver autre chose.

Et si l’on faisait varier la fréquence ?

Imaginons maintenant que l’amplitude de notre signal reste pratiquement constante.

Cette fois, c’est sa fréquence instantanée qui se déplace légèrement autour d’une fréquence centrale au rythme de notre voix.

Lorsque le signal audio varie dans un sens, la fréquence monte.

Lorsqu’il varie dans l’autre, elle descend.

Nous venons de décrire le principe de la : FM — Frequency Modulation — modulation de fréquence.

Puisque l’information n’est plus contenue dans l’amplitude, le récepteur peut limiter les variations d’amplitude indésirables avant de démoduler le signal.

Voilà une excellente arme contre de nombreux parasites.

1922 : Carson étudie la FM

Nous retrouvons ici un personnage déjà rencontré dans notre histoire de la BLU : John Renshaw Carson, ingénieur chez AT&T.

Au début des années 1920, Carson étudie mathématiquement plusieurs systèmes de modulation, dont la modulation de fréquence.

Mais la FM n’apparaît pas encore comme la solution miracle au problème du bruit.

Il manque une idée essentielle : utiliser une excursion suffisamment importante et accepter une largeur de bande supérieure afin d’obtenir un véritable avantage sur le bruit.

Cette étape sera franchie par un autre personnage.

Années 1920 : Armstrong veut faire taire le bruit

Edwin Howard Armstrong n’est pas un inconnu dans l’histoire de la radio.

Il a déjà travaillé sur plusieurs inventions fondamentales, notamment la réaction positive, la super-réaction et le récepteur superhétérodyne.

Mais Armstrong est confronté, comme tous les ingénieurs radio de son époque, à un ennemi particulièrement agaçant : les parasites.

Il expérimente différentes solutions et finit par comprendre qu’une modulation de fréquence correctement conçue peut offrir des performances remarquables.

1933 : Armstrong et la FM large bande

En 1933, Armstrong dépose plusieurs brevets concernant son système de modulation de fréquence.

Son idée importante n’est pas simplement de faire varier la fréquence : le principe était déjà connu.

Armstrong développe surtout un système complet de FM large bande, conçu pour obtenir une réception de haute qualité avec une forte amélioration du rapport signal/bruit.

Et cela change tout.

Il accepte pour cela quelque chose que les ingénieurs cherchent généralement à éviter : utiliser davantage de bande passante.

C’est presque l’inverse de notre précédent article consacré à la BLU !

Avec la BLU : moins de spectre pour transmettre efficacement la parole.

Avec la FM large bande : davantage de spectre pour améliorer fortement la qualité de réception.

Deux philosophies différentes, deux solutions parfaitement adaptées à des usages différents.

1935 : Armstrong fait taire les parasites

En 1935, Armstrong présente publiquement son système devant l’Institute of Radio Engineers.

Les démonstrations impressionnent.

Lorsque les conditions sont suffisantes, la FM permet une reproduction sonore particulièrement propre par rapport aux transmissions AM affectées par le bruit.

Armstrong est convaincu que son système représente l’avenir de la radiodiffusion.

Il va investir personnellement une partie considérable de sa fortune pour le démontrer.

Armstrong fait taire les parasites : AM contre FM

En FM, les variations d’amplitude dues aux parasites peuvent être fortement réduites avant la démodulation.

1939 : la FM émet depuis Alpine

Armstrong fait construire une imposante station expérimentale à Alpine, dans le New Jersey.

Sa grande tour devient l’un des symboles des débuts de la FM.

En 1939, sa station W2XMN commence ses émissions régulières.

La qualité sonore obtenue montre que la radio peut offrir bien davantage que la bande audio relativement limitée et la sensibilité aux parasites de la radiodiffusion AM.

La FM est techniquement prête.

Reste à convaincre l’industrie et les autorités.

1940 : une bande pour la FM

En 1940, la FCC américaine établit les règles du nouveau service commercial FM.

Une bande située autour de 42 à 50 MHz est utilisée pour cette nouvelle radiodiffusion.

Des stations commencent à apparaître et des constructeurs commercialisent des récepteurs.

Armstrong semble avoir gagné son pari.

Mais quelques années plus tard, tout va changer.

1945 : la FM doit déménager

Après la Seconde Guerre mondiale, les autorités américaines réorganisent l’utilisation du spectre.

La radiodiffusion FM quitte finalement sa première bande autour de 42–50 MHz pour s’installer beaucoup plus haut, dans la région des 88–108 MHz que nous connaissons aujourd’hui.

Techniquement, ce changement est considérable.

Les premiers postes FM deviennent incompatibles avec les nouvelles fréquences sans adaptation ou convertisseur.

Les premières stations doivent également modifier leurs installations.

Armstrong s’oppose vivement à ce déplacement, qui contribue à ralentir le développement de la FM.

1954 : Armstrong disparaît

Les dernières années de la vie d’Armstrong sont marquées par de longues et coûteuses batailles industrielles et judiciaires autour de ses inventions et de ses brevets.

Le 31 janvier 1954, Edwin Howard Armstrong meurt à New York.

Il ne verra donc pas pleinement le succès mondial que connaîtra la modulation de fréquence.

Quelques décennies plus tard pourtant, des centaines de millions de postes utiliseront quotidiennement le principe qu’il avait défendu.

Comment la voix fait-elle bouger la fréquence ?

Revenons à notre microphone.

Supposons que notre émetteur possède une fréquence centrale : 145,500 MHz

Sans modulation, l’émetteur reste sur cette fréquence.

Lorsque nous parlons, le signal audio fait varier instantanément la fréquence autour de cette valeur.

On appelle : Δf — l’excursion de fréquence.

Avec une excursion de ±5 kHz, notre fréquence instantanée pourra par exemple évoluer entre : 145,495 MHz et 145,505 MHz.

Attention cependant : cela ne signifie pas que notre émission occupe seulement 10 kHz !

La FM génère plusieurs composantes latérales.

Sa largeur de bande réelle est donc plus importante.

La règle de Carson

Nous retrouvons encore Carson !

Une approximation très pratique permet d’estimer la largeur de bande occupée par une émission FM : B ≈ 2 × (Δf + fm)

où :

Δf représente l’excursion maximale de fréquence, et fm la fréquence audio maximale transmise.

Prenons : Δf = 5 kHz

et : fm = 3 kHz

Nous obtenons : B ≈ 2 × (5 + 3)

soit environ : 16 kHz.

Voilà pourquoi la FM occupe généralement davantage de spectre qu’une émission BLU destinée à transmettre une bande audio comparable.

Armstrong fait taire les parasites : AM contre FM

En FM, la voix fait varier la fréquence instantanée autour de la fréquence centrale.

FM large et FM étroite

Toutes les FM ne sont pas identiques.

Pour la radiodiffusion sur la bande 87,5–108 MHz utilisée en Europe, on emploie une FM à large excursion permettant notamment une excellente qualité audio.

On parle généralement de : WFM — Wide FM.

Pour les communications radio professionnelles et radioamateurs, nous n’avons pas besoin de transmettre de la musique en haute fidélité.

On utilise donc une excursion et une bande audio plus réduites : NFM — Narrow FM.

C’est cette FM relativement étroite que nous rencontrons sur nos transceivers VHF/UHF.

1961 : la FM devient stéréo

Une autre évolution va considérablement renforcer l’intérêt de la FM pour la musique : la stéréophonie.

En 1961, les États-Unis adoptent un système de radiodiffusion FM stéréo compatible avec les anciens récepteurs mono.

L’astuce est remarquable.

Le signal principal transporte : Gauche + Droite (L+R)

ce qui permet à un poste mono de continuer à fonctionner normalement.

Un signal supplémentaire transporte : Gauche − Droite (L−R) et un petit signal pilote à 19 kHz permet au récepteur stéréo de reconstruire correctement les deux canaux.

La FM devient alors un support idéal pour la musique haute fidélité.

Années 1960-1980 : la FM envahit les postes

Durant les décennies suivantes, la FM progresse rapidement.

Les chaînes Hi-Fi disposent désormais d’un tuner FM stéréo.

Les autoradios adoptent la FM.

Les postes portatifs deviennent AM/FM.

La meilleure qualité audio et la résistance aux parasites séduisent particulièrement les stations musicales.

En Europe, la bande 87,5–108 MHz devient progressivement un immense espace de radiodiffusion.

La FM entre définitivement dans la vie quotidienne.

Et chez les radioamateurs ?

L’histoire est légèrement différente.

Pendant longtemps, sur les bandes VHF et UHF amateurs, l’AM reste très utilisée.

L’ARRL rappelle que, des années 1940 jusqu’à la fin des années 1960, la majorité des amateurs américains opérant en VHF/UHF utilisent encore l’AM.

Puis un phénomène va tout changer : le développement des radiocommunications mobiles professionnelles en FM.

Durant les années 1950 et 1960, les fabricants produisent de grandes quantités de matériels FM destinés aux services professionnels.

Lorsque les réseaux commerciaux évoluent vers des espacements de canaux plus serrés, une partie de ces équipements devient obsolète pour les professionnels…

mais particulièrement intéressante pour les radioamateurs !

Beaucoup fonctionnent justement à proximité des bandes 50 MHz, 144 MHz et 430 MHz.

Les amateurs récupèrent, modifient et réaccordent ces appareils.

Années 1960 : les relais FM arrivent

Les relais radioamateurs existaient avant la FM.

Dans les années 1930, des relais expérimentaux fonctionnaient déjà sur 5 mètres et, dans les années 1950, plusieurs relais AM apparaissent.

Un relais amateur AM documenté, développé par Arthur Gentry, W6MEP, fonctionne ainsi dès 1956 en Californie.

Mais c’est l’association FM + relais qui va véritablement transformer les communications VHF/UHF.

Durant les années 1960, les premiers réseaux de relais FM amateurs commencent à se développer. L’ARRL situe bien dans cette décennie le démarrage du mouvement sur 2 mètres.

Années 1970 : l’explosion des relais

Les années 1970 deviennent véritablement la décennie du relais FM amateur.

Le nombre de relais augmente rapidement, au point que leur coordination et leur règlementation deviennent des sujets importants.

Un amateur équipé d’un petit mobile VHF de quelques watts peut désormais contacter un relais installé sur un point haut et communiquer avec des correspondants situés à plusieurs dizaines, voire parfois beaucoup plus de kilomètres.

Puis arrivent les portatifs.

La radio amateur n’est plus obligatoirement une activité pratiquée devant une imposante station installée dans le shack.

Elle peut nous accompagner dans la voiture ou dans la poche.

De la radiodiffusion aux radioamateurs

Pourquoi la FM semble-t-elle si silencieuse ?

Un récepteur FM possède quelques comportements caractéristiques.

D’abord, l’effet de seuil.

Tant que le signal est suffisamment fort, la réception peut rester très propre. Lorsqu’il devient trop faible, la qualité se dégrade rapidement.

Il existe également l’effet de capture.

Lorsque deux signaux FM suffisamment différents en niveau arrivent simultanément sur la même fréquence, le récepteur tend à privilégier le plus puissant.

Enfin, nos postes utilisent le fameux : SQUELCH.

Lorsque personne n’émet, le récepteur coupe le bruit du haut-parleur.

Silence…

Puis le relais reçoit notre correspondant : CLAC !

Le squelch s’ouvre et la voix apparaît presque instantanément.

Cette façon d’utiliser la radio nous est aujourd’hui tellement familière qu’on oublie à quel point elle diffère de l’écoute permanente du souffle et des parasites d’un ancien récepteur AM.

La FM aujourd’hui

Près d’un siècle après les expériences d’Armstrong, la modulation de fréquence est toujours partout.

Elle reste utilisée pour la radiodiffusion analogique dans de nombreux pays.

Chez les radioamateurs, elle est incontournable en VHF et UHF : communications locales, relais, mobiles, portatifs, satellites FM et de nombreux équipements spécialisés.

Nos transceivers modernes génèrent et démodulent parfois la FM entièrement par traitement numérique.

Mais le principe fondamental reste celui qu’Armstrong avait brillamment exploité : faire transporter l’information par les variations de fréquence plutôt que par les variations d’amplitude.

Quelques dates à retenir

1922 — Carson publie des travaux théoriques sur différents systèmes de modulation, dont la FM.

1933 — Armstrong dépose ses grands brevets sur son système de FM large bande.

1935 — Démonstration publique du système FM d’Armstrong.

1939 — W2XMN émet régulièrement en FM depuis Alpine.

1940 — La radiodiffusion FM commerciale américaine reçoit son cadre règlementaire.

1945 — Réorganisation des fréquences américaines ; la FM abandonne progressivement son ancienne bande pour la région des 88–108 MHz.

1954 — Mort d’Edwin Howard Armstrong.

1961 — Adoption de la radiodiffusion FM stéréophonique aux États-Unis.

Années 1960 — Développement des relais FM radioamateurs.

Années 1970 — Explosion des relais VHF/UHF et des équipements FM amateurs.

Aujourd’hui — La FM reste l’un des principaux modes utilisés pour les communications locales radioamateurs VHF/UHF.

Quand la FM fut venue…

L’AM avait permis à la radio de parler.

La BLU lui avait appris à économiser son énergie et son spectre.

La FM lui apporta autre chose : le confort du silence entre les communications et une remarquable résistance à de nombreux parasites.

Pour y parvenir, Armstrong accepta un compromis étonnant.

Alors que tant d’ingénieurs cherchaient à réduire la largeur des émissions, lui choisit d’occuper davantage de spectre pour obtenir une meilleure réception.

L’histoire lui donna largement raison.

Aujourd’hui encore, lorsque nous prenons un petit portatif, appuyons sur le PTT et ouvrons un relais situé à plusieurs dizaines de kilomètres, nous utilisons l’héritage de cette révolution.

Après les points et les traits, après l’AM et la BLU, la radio avait trouvé une nouvelle façon de faire voyager nos voix.

Et cette fois, elle avait appris à faire taire une bonne partie du bruit.

Quand on supprima la moitié du signal : l’arrivée de la BLU !

L'arrivee de la BLU

Dans notre précédent article, « Quand les postes se mirent à parler ! », nous avons vu comment la modulation d’amplitude avait permis à la radio de transporter la voix.

Mais l’AM avait un petit défaut…

Elle transmettait beaucoup de choses pour finalement transporter assez peu d’informations !

Une puissante porteuse au centre, une bande latérale en dessous, une autre au-dessus… et ces deux bandes latérales contenaient essentiellement la même information.

Alors pourquoi tout transmettre ?

Les ingénieurs allaient progressivement apporter une réponse aussi élégante que radicale :

supprimons ce qui est inutile !

La BLU — bande latérale unique, ou SSB (Single Sideband) — était en route.

Le problème caché de l’AM

Reprenons une émission AM classique.

Si nous observons son signal sur un analyseur de spectre, nous trouvons :

Bande latérale inférieure | PORTEUSE | Bande latérale supérieure

ou, en anglais :

LSB | CARRIER | USB

Si notre voix contient des fréquences allant jusqu’à 3 kHz, le signal AM occupe environ :

2 × 3 kHz = 6 kHz.

Mais ce n’est pas tout.

La porteuse consomme une partie importante de la puissance de l’émetteur alors qu’elle ne transporte pas directement l’information audio.

Plus étonnant encore : chacune des deux bandes latérales permet de retrouver l’information transmise.

On envoie donc deux fois le message, accompagné d’une porteuse !

D’un point de vue énergétique et spectral, il y avait certainement moyen de faire mieux.

1915 : Carson et l’idée de la bande latérale unique

L’histoire de la BLU est beaucoup plus ancienne que les transceivers amateurs que nous connaissons.

Dès les années 1910, les ingénieurs travaillent sur la possibilité de supprimer une partie du spectre d’un signal modulé.

L’Américain John Renshaw Carson, ingénieur chez AT&T, joue un rôle majeur dans la formalisation de la transmission à bande latérale unique. Une demande de brevet est déposée en 1915.

L’idée fondamentale est déjà là :

pourquoi transmettre deux bandes latérales lorsque l’une d’elles suffit ?

Mais entre comprendre le principe et construire un équipement capable de l’exploiter correctement, il reste un monde.

Années 1920 : la BLU sort du laboratoire

Les communications téléphoniques à grande distance constituent un excellent terrain d’application.

Sur ces liaisons coûteuses, économiser de la puissance et surtout de la largeur de bande représente un avantage considérable.

AT&T développe ainsi des systèmes utilisant la bande latérale unique pour ses communications à longue distance.

En 1927, lorsque le service radiotéléphonique commercial transatlantique entre New York et Londres entre dans l’histoire des télécommunications, la BLU est déjà utilisée dans les systèmes de téléphonie transocéanique.

Autrement dit, la BLU existait dans les télécommunications professionnelles près de trente ans avant sa véritable démocratisation chez les radioamateurs.

Pourquoi les radioamateurs ne l’adoptent-ils pas immédiatement ?

Parce que produire un bon signal BLU dans les années 1920 ou 1930 n’est pas simple.

Il faut supprimer efficacement la porteuse, éliminer l’une des deux bandes latérales et disposer d’oscillateurs suffisamment stables.

Le récepteur doit également être capable de reconstituer correctement la porteuse manquante.

Tout cela est beaucoup plus compliqué qu’un émetteur AM classique.

Et puis, les bandes amateurs ne connaissent pas encore l’encombrement qu’elles connaîtront après la Seconde Guerre mondiale.

Pourquoi compliquer une station qui fonctionne déjà très bien ?

Années 1930 : quelques amateurs tentent l’expérience

Certains expérimentateurs s’intéressent néanmoins à cette nouvelle technique.

Dans les années 1930, des articles et expériences consacrés à la SSB apparaissent dans la littérature radioamateur américaine.

Mais cela reste une affaire de spécialistes.

L’AM domine largement la téléphonie amateur.

Pour entendre véritablement la BLU sur les bandes amateurs, il faudra attendre l’après-guerre.

1948 : la BLU revient dans les shacks

La Seconde Guerre mondiale a provoqué des progrès considérables en électronique.

Les oscillateurs sont devenus plus stables, les récepteurs plus performants et de nouvelles techniques de filtrage sont disponibles.

En janvier 1948, le magazine américain QST consacre sa couverture et plusieurs articles à la SSSC — Single Sideband Suppressed Carrier.

Quelques mois plus tard, en juillet 1948, débute même une chronique régulière consacrée à la BLU.

La révolution commence réellement chez les amateurs.

Mais elle ne fait pas l’unanimité !

Certains opérateurs AM considèrent ces nouvelles émissions comme une curiosité produisant des voix étranges.

Le fameux son « Donald Duck » de la BLU mal accordée devient même un argument pour ses détracteurs.

Coupons maintenant notre émission AM !

Pour comprendre la BLU, prenons notre signal AM et retirons progressivement ce qui n’est pas indispensable.

Au départ :

LSB | PORTEUSE | USB

Première étape : supprimons la porteuse

Nous obtenons :

LSB | …….. | USB

C’est ce que l’on appelle une modulation DSB-SC :

Double Side Band – Suppressed Carrier.

Les deux bandes latérales sont toujours présentes, mais la porteuse a disparu.

Nous avons déjà économisé beaucoup de puissance.

Mais nous pouvons aller encore plus loin.

Deuxième étape : supprimons une bande latérale

Gardons par exemple uniquement :

USB

Et voilà !

Nous venons de créer un signal SSB, ou BLU.

Nous aurions tout aussi bien pu conserver :

LSB

Dans les deux cas, l’information audio nécessaire est toujours présente.

C’est là toute l’élégance de la BLU.

De l’AM à la BLU : comprendre le spectre

De l’AM à la BLU : supprimer la porteuse et une bande latérale permet de transmettre la même information avec moins de spectre.

Deux fois moins de largeur de bande

Prenons une voix dont le spectre utile monte à environ 3 kHz.

En AM, il faut approximativement :

6 kHz

puisque nous transmettons deux bandes latérales.

En BLU, une seule suffit :

environ 3 kHz.

Dans les équipements radioamateurs réels, les filtres de phonie SSB sont souvent encore un peu plus étroits, typiquement autour de 2,4 à 2,8 kHz.

On peut donc installer davantage de communications dans une même portion du spectre.

C’est précisément l’un des avantages qui rendra la BLU si attractive lorsque les bandes amateurs deviendront de plus en plus fréquentées.

Et la puissance ?

Voilà un sujet qui provoque parfois des comparaisons trompeuses.

On entend par exemple :

« 100 W en BLU correspondent à 400 W en AM. »

Ce raccourci n’est pas rigoureusement correct sans préciser ce que l’on compare.

Ce qui est certain, c’est qu’en AM une part importante de la puissance est consacrée à la porteuse et que la puissance utile est répartie entre deux bandes latérales.

En BLU, pas de porteuse permanente et une seule bande latérale.

La puissance émise est donc beaucoup mieux consacrée à l’information que nous voulons transmettre.

C’est l’une des raisons pour lesquelles la BLU s’est révélée particulièrement efficace pour les communications HF à longue distance. Elle réduit également fortement la largeur de bande nécessaire par rapport à l’AM conventionnelle.

USB ou LSB ?

Puisque nous ne conservons qu’une bande latérale, laquelle choisir ?

Deux possibilités existent :

USB — Upper Side Band
Bande latérale supérieure.

LSB — Lower Side Band
Bande latérale inférieure.

Techniquement, les deux permettent exactement de transmettre la parole.

Chez les radioamateurs, des conventions d’exploitation se sont progressivement installées.

On rencontre traditionnellement davantage :

LSB sur 160, 80 et 40 mètres,
USB sur 20 mètres et les bandes supérieures.

Ce n’est pas une propriété physique de ces bandes : il s’agit essentiellement d’une convention historique.

Dans les entrailles d’un émetteur BLU

Du microphone à l’antenne : les principales étapes de génération d’un signal BLU.

Pourquoi cette voix de Donald Duck ?

Voilà probablement l’expérience que tout radioamateur a faite un jour.

Placez un récepteur en SSB légèrement à côté de la fréquence d’un correspondant.

Sa voix devient trop grave…

ou trop aiguë.

Pourquoi ?

Parce que l’émetteur BLU ne transmet plus la porteuse.

Le récepteur doit donc la recréer localement à l’aide d’un oscillateur — historiquement le BFO, Beat Frequency Oscillator.

Si cette porteuse recréée n’est pas exactement au bon endroit, toutes les fréquences audio récupérées sont décalées.

Une voix humaine peut alors prendre cette sonorité artificielle caractéristique.

Sur les anciens équipements, trouver le réglage exact pouvait demander une certaine habitude.

Aujourd’hui, la stabilité des synthétiseurs numériques rend l’opération presque transparente.

Pourquoi entend-on Donald Duck en BLU ?

En BLU, un léger décalage d’accord suffit à rendre la voix trop grave ou trop aiguë.

1953 : plus de 300 stations SSB américaines

Au début des années 1950, le mouvement accélère.

En avril 1953, QST recense déjà plus de 300 stations SSB actives aux États-Unis et rapporte également un premier QSO transatlantique bidirectionnel en SSB sur 75 mètres.

La BLU n’est plus une expérience de laboratoire.

Elle fonctionne réellement sur les bandes amateurs.

En décembre 1954, l’ARRL publie la première édition de son ouvrage Single Sideband for the Radio Amateur.

Le message est clair : la SSB est désormais devenue une technique amateur à part entière.

1955 : Collins mise sur la BLU

Un industriel va jouer un rôle particulièrement important dans cette transition : Collins Radio.

Son fondateur, Arthur Collins, W0CXX, est lui-même radioamateur.

En 1955, Collins réoriente fortement sa gamme vers les équipements SSB.

Les progrès des filtres mécaniques permettent d’obtenir une sélection beaucoup plus efficace de la bande latérale souhaitée.

Les équipements restent coûteux, mais ils démontrent qu’une station BLU peut être stable, performante et réellement utilisable au quotidien.

1956 : la BLU monte à bord des bombardiers

L’histoire réserve alors un épisode étonnant où les radioamateurs vont influencer les communications militaires.

Le général américain Curtis LeMay, lui-même radioamateur, connaît les performances obtenues par les amateurs en SSB.

En 1956, deux vols d’essai sont organisés depuis le quartier général du Strategic Air Command, l’un vers le Groenland et l’autre vers Okinawa.

Des équipements SSB amateurs sont utilisés à bord et des contacts radioamateurs sont réalisés pendant les vols.

Parmi les participants figurent notamment Art Collins, W0CXX, et Leo Meyerson, W0GFQ.

Les performances convainquent le Strategic Air Command, qui adopte ensuite la SSB pour les communications HF de ses nouveaux bombardiers B-52.

La technique expérimentée par quelques amateurs quelques années auparavant entre ainsi dans un système de communication stratégique.

1957 : le transceiver BLU arrive

En mai 1957, Collins présente le KWM-1.

Cette fois, émetteur et récepteur sont réunis dans un véritable transceiver SSB relativement compact.

C’est une évolution considérable par rapport aux stations constituées de multiples appareils séparés.

La révolution du transceiver amateur moderne commence à prendre forme.

Années 1960 : la BLU détrône progressivement l’AM

La transition n’est cependant pas instantanée.

Les amateurs attachés à l’AM défendent sa qualité audio et la simplicité de son utilisation.

Les partisans de la SSB répondent :

moins de bande passante, moins de puissance gaspillée et davantage d’efficacité pour le DX.

Le débat devient parfois animé !

Encore en 1963, les courriers publiés dans QST témoignent de l’opposition entre défenseurs de l’AM et partisans de la nouvelle SSB.

Mais techniquement, la tendance est désormais difficile à inverser.

Durant les années 1960, la BLU devient progressivement le mode dominant pour la phonie HF amateur.

L’AM ne disparaît pas pour autant et conserve encore aujourd’hui ses passionnés.

La BLU aujourd’hui

Regardez maintenant la façade d’un transceiver amateur moderne.

Vous y trouverez presque toujours :

LSB – USB – CW – AM – FM

Plus d’un siècle après les premiers travaux sur la bande latérale unique, le principe reste donc au cœur des communications HF.

Bien sûr, nos radios actuelles utilisent des synthétiseurs numériques, des DSP, des filtres logiciels et parfois une architecture entièrement SDR.

Mais lorsque nous appuyons sur USB ou LSB, nous exploitons toujours cette idée née au début du XXᵉ siècle :

ne transmettre que ce qui est réellement nécessaire.

Quelques dates à retenir

1915 — John Renshaw Carson dépose une demande de brevet concernant la transmission à bande latérale unique.

Années 1920 — La SSB commence à être employée dans les télécommunications à grande distance.

1927 — La BLU est utilisée dans les communications radiotéléphoniques transatlantiques commerciales.

Années 1930 — Premières expérimentations radioamateurs, encore très marginales.

1948QST consacre plusieurs articles à la SSB et lance une chronique régulière sur ce nouveau mode.

1953 — Plus de 300 stations SSB sont recensées aux États-Unis.

1954 — Publication de Single Sideband for the Radio Amateur par l’ARRL.

1955 — Collins Radio s’engage fortement dans le développement d’équipements SSB.

1956 — Des essais en vol démontrent l’efficacité de la BLU pour les communications HF du Strategic Air Command.

1957 — Apparition du Collins KWM-1, étape importante vers le transceiver SSB moderne.

Années 1960 — La BLU devient progressivement le mode principal de téléphonie HF chez les radioamateurs.

Aujourd’hui — USB et LSB restent incontournables sur les bandes décamétriques.

Faire mieux avec moins

L’histoire de la BLU résume finalement assez bien toute l’histoire des radiocommunications.

Au commencement, on cherche simplement à faire fonctionner quelque chose.

Puis on cherche à le rendre plus efficace.

Avec l’AM, nous avions réussi à faire voyager la voix dans l’éther.

Avec la BLU, les ingénieurs se sont demandé s’il était vraiment nécessaire de transporter une puissante porteuse et deux exemplaires de la même information.

Ils ont supprimé la porteuse.

Puis une bande latérale.

Et la voix était toujours là !

Moins de spectre, moins de puissance gaspillée… mais toujours le même message à l’arrivée.

La radio venait d’apprendre une leçon qui allait guider toute son évolution future :

pour aller plus loin, il n’est pas toujours nécessaire d’en envoyer davantage. Parfois, il suffit d’en envoyer moins… mais mieux.

Le shack va-t-il disparaître dans une seule boîte ? Du SDR au PA 500 W intégré

Le shack radio dans une seule boîte

Il fut un temps où une station HF un peu ambitieuse ressemblait rapidement à une petite centrale technique : transceiver, alimentation 13,8 V, amplificateur, boîte d’accord, wattmètre, interfaces diverses et, plus récemment, ordinateur. Avec l’Aurora AU-510, FlexRadio pousse très loin la tendance inverse : faire entrer presque toute la station dans une seule boîte.

Un SDR… mais de 500 W !

À première vue, l’Aurora AU-510 appartient à la famille désormais bien connue des transceivers SDR. Mais sa particularité est ailleurs : l’amplificateur de puissance fait partie intégrante du poste.

L’appareil délivre de 1 à 500 W PEP sur les bandes HF de 160 à 10 mètres, et jusqu’à 200 W sur 6 mètres. Il couvre en réception de 30 kHz à 54 MHz et repose sur un échantillonnage direct 16 bits à 122,88 Méch/s. L’AU-510 dispose de deux récepteurs indépendants et de deux panadapters.

Autrement dit, nous ne sommes plus vraiment devant un transceiver auquel on aurait simplement ajouté un gros PA : l’ensemble a été conçu comme une station intégrée de 500 W.

Comment faire entrer 500 W dans une si petite boîte ?

C’est probablement l’innovation la plus intéressante de l’Aurora.

Un amplificateur HF linéaire classique transforme une part importante de l’énergie consommée en chaleur. Il faut donc une alimentation conséquente, des transistors correctement refroidis, un imposant dissipateur et parfois une ventilation énergique.

FlexRadio annonce pour l’Aurora un rendement nominal voisin de 80 %. Cette performance repose notamment sur une architecture à modulation polaire et une amplification en commutation de classe D. Le signal est traité en séparant ses informations d’enveloppe (amplitude) et de phase, avant leur utilisation par l’étage d’émission.

Moins d’énergie perdue signifie beaucoup moins de chaleur à évacuer. C’est précisément ce qui permet de loger le PA de 500 W dans un volume qui aurait autrefois été largement occupé par le seul amplificateur.

FlexRadio Aurora AU-510 au shack radioL’Aurora AU-510, vue trois-quarts montrant la compacité de l’appareil

L’alimentation et le coupleur sont également dedans

L’intégration ne s’arrête pas au PA. L’AU-510 contient son alimentation secteur 80 à 264 V AC. Plus besoin d’une alimentation 13,8 ou 50 V externe posée sous la table.

Même chose pour l’adaptation d’antenne : un coupleur automatique supportant les 500 W est intégré et peut adapter un ROS allant jusqu’à environ 3:1.

Il suffit donc, dans une configuration simple, d’apporter le secteur, le réseau et l’antenne.

Et les boutons ?

Sur l’AU-510, ils ont pratiquement disparu avec la façade traditionnelle ! L’exploitation passe par SmartSDR, depuis un ordinateur ou un contrôleur Maestro, et les fonctions SmartLink permettent également l’exploitation distante.

L’Aurora intègre aussi SmartSignal, le système de prédistorsion adaptative de FlexRadio. Le principe consiste à connaître les défauts introduits par l’étage de puissance afin de les compenser en amont et d’améliorer la propreté spectrale du signal transmis.

Station SDR Aurora dans un shack radio

L’Aurora AU-510 et SmartSDR : une station HF de 500 W où matériel et logiciel ne font plus qu’un.

Le shack devient presque un réseau informatique

C’est peut-être là que se trouve la véritable révolution. Le radioamateur n’a même plus besoin d’être assis devant son émetteur.

La radio peut être installée dans un local technique, voire sur un site distant, tandis que l’opérateur retrouve devant lui écran, clavier, souris ou contrôleur. L’Aurora reprend pour cela les possibilités d’exploitation distante de la famille FLEX-8000.

Le shack traditionnel :

transceiver → PA → coupleur → long coaxial → antenne

peut progressivement devenir :

opérateur → réseau → station intégrée → antenne.

Alors, la fin du shack ?

Pas tout à fait ! Antennes, commutations, accessoires et ordinateur ne vont évidemment pas s’évaporer. Et cette intégration possède une contrepartie : lorsqu’une seule boîte concentre le SDR, le PA, l’alimentation et le coupleur, une panne peut immobiliser une grande partie de la station.

Mais la direction prise est fascinante. Après avoir fait entrer les filtres, le récepteur, le spectre, le waterfall et une partie des instruments de mesure dans le logiciel, le SDR est maintenant en train d’avaler l’amplificateur, le coupleur et l’alimentation.

Avec l’Aurora AU-510, le shack ne disparaît donc pas encore. Mais quelques-unes de ses boîtes, assurément !

Pour aller plus loin

L’Aurora AU-510 introduit plusieurs technologies qui méritent d’être explorées au-delà de cette présentation. Le site de FlexRadio propose une présentation complète de la gamme Aurora ainsi qu’une fiche détaillée de l’Aurora AU-510. Pour comparer les différentes versions, notamment les AU-510, AU-510M, AU-520 et AU-520M, consultez le tableau comparatif officiel Aurora. Enfin, la FAQ technique FlexRadio permet d’approfondir des sujets particulièrement intéressants pour le radioamateur, comme le rendement de l’émetteur, la modulation polaire, SmartSignal, SmartSDR et le fonctionnement à distance. Ces documents permettent de mieux comprendre pourquoi l’Aurora représente davantage qu’un simple transceiver de forte puissance : c’est une nouvelle manière d’envisager l’architecture complète d’une station HF.

Si5351 : le petit circuit à quelques euros qui a révolutionné les VFO radioamateurs

Banniere Si5351

Lorsqu’on construit un récepteur ou un émetteur HF, une question arrive très rapidement : comment produire une fréquence stable et facilement réglable ?

Pendant longtemps, la réponse était le VFO analogique : bobine, condensateur variable, transistor oscillateur et beaucoup de précautions pour éviter que la fréquence ne dérive avec la température. Puis sont arrivés les synthétiseurs numériques et les DDS.

Aujourd’hui, un minuscule circuit à quelques euros est devenu extrêmement populaire dans les montages radioamateurs : le Si5351.

Associé à un Arduino, un ESP32 ou un RP2040, il permet de construire très simplement un VFO numérique couvrant une bonne partie du spectre utilisé par nos montages.

Le Si5351, c’est quoi exactement ?

Le Si5351 est avant tout un générateur d’horloges programmable par I²C. À l’origine, il n’a d’ailleurs pas été conçu spécifiquement pour la radio.

Son rôle est de remplacer plusieurs quartz, oscillateurs et circuits PLL par un seul composant programmable. Selon les versions, il peut disposer de plusieurs sorties indépendantes. Le petit Si5351A à trois sorties CLK0, CLK1 et CLK2 est celui que l’on rencontre le plus souvent sur les modules destinés aux Arduino.

À partir d’un quartz, généralement de 25 ou 27 MHz, le circuit peut synthétiser de très nombreuses fréquences. Les versions récentes du composant sont spécifiées jusqu’à 200 MHz, même si, pour nos applications radioamateurs, il est souvent préférable de rester bien en dessous de cette limite.

le module et ses connexions

Le Si5351A se pilote simplement en I²C et offre trois sorties de fréquence programmables.

Non, le Si5351 n’est pas un DDS !

C’est une confusion fréquente.

Un AD9850, AD9851 ou AD9833 est un DDS – Direct Digital Synthesizer. Le Si5351 utilise une architecture différente basée sur des PLL et des diviseurs MultiSynth.

On peut simplifier son fonctionnement ainsi :

Quartz → PLL → MultiSynth → diviseur → sortie CLK

e fonctionnement interne PLL/MultiSynth

Architecture simplifiée du Si5351 : le quartz alimente les PLL, puis les MultiSynth génèrent les trois fréquences de sortie.

Le quartz fournit la référence. Une PLL génère une fréquence interne élevée, puis les circuits MultiSynth effectuent les divisions nécessaires pour obtenir la fréquence demandée.

Le Si5351 possède notamment deux PLL internes, PLLA et PLLB. Les rapports de multiplication et de division peuvent être fractionnaires, ce qui autorise un choix extrêmement fin des fréquences de sortie.

Les divisions entières sont néanmoins intéressantes lorsque cela est possible, notamment pour réduire le jitter ; la documentation de la bibliothèque Adafruit recommande d’ailleurs de privilégier les valeurs entières lorsque l’application le permet.

Trois sorties qui changent beaucoup de choses

C’est probablement ce qui explique une partie du succès du Si5351 chez les radioamateurs.

Imaginons un petit transceiver HF.

Nous pourrions utiliser :

CLK0 → VFO
CLK1 → BFO
CLK2 → second oscillateur local

Le microcontrôleur peut alors modifier ces fréquences par logiciel.

Ajoutons un encodeur rotatif, quelques boutons et un petit écran OLED : nous obtenons déjà les bases d’un VFO moderne avec pas de 10 Hz, 100 Hz ou 1 kHz, mémoires, RIT, décalage de fréquence intermédiaire, changement de bande, etc.

Et tout cela sans modifier la partie HF du montage.

Attention : ce n’est pas une belle sinusoïde

Il faut cependant éviter un piège.

Les sorties du Si5351 sont des signaux numériques proches du carré, et non les belles sinusoïdes que l’on pourrait attendre d’un générateur RF de laboratoire.

Or un signal carré contient de nombreuses harmoniques impaires :

fondamentale + 3e harmonique + 5e + 7e…

comparaison entre signal carré brut et spectre harmonique

Le signal carré du Si5351 contient de nombreuses harmoniques : un filtrage permet d’obtenir un signal RF beaucoup plus propre.

Un signal produit à 7 MHz possède donc également des composantes à 21, 35 MHz, etc.

Cela n’empêche absolument pas d’utiliser le Si5351 comme oscillateur local pour attaquer certains mélangeurs numériques ou logiques. En revanche, si son signal doit être utilisé dans une chaîne d’émission, filtrage et adaptation deviennent indispensables.

Le niveau de sortie peut également être programmé. Les bibliothèques courantes proposent quatre valeurs de courant : 2, 4, 6 ou 8 mA.

Et la précision ?

Le Si5351 ne peut évidemment pas être plus précis que sa référence.

Si notre quartz possède une erreur de 10 ppm, à 28 MHz cela représente :

28 000 000 × 10 / 1 000 000 = 280 Hz

Pas vraiment négligeable !

Heureusement, il est possible de calibrer le Si5351 par logiciel. Une méthode courante consiste à générer par exemple 10 MHz, mesurer précisément la fréquence obtenue puis introduire un facteur de correction dans le programme. La bibliothèque Etherkit prévoit directement cette possibilité.

Pour obtenir une meilleure stabilité thermique, on trouve également des modules utilisant un TCXO plutôt qu’un simple quartz.

C’est particulièrement intéressant pour les modes numériques et les montages nécessitant une excellente stabilité.

Arduino + Si5351 : un couple presque idéal

Le pilotage est particulièrement simple puisque le Si5351 communique en I²C. Il suffit donc essentiellement de SDA et SCL entre le microcontrôleur et le module.

Des bibliothèques existent déjà pour Arduino et permettent de demander une fréquence sans avoir à calculer soi-même tous les paramètres des PLL et MultiSynth. Adafruit propose par exemple une bibliothèque et des exemples de câblage et de programmation ; Etherkit maintient également une bibliothèque Si5351 très utilisée dans les projets radioamateurs.

C’est précisément ce qui rend ce composant aussi séduisant : derrière une apparente simplicité se cache un véritable synthétiseur de fréquences.

Un composant presque incontournable pour expérimenter

Le Si5351 n’est pas parfait. Son signal carré impose de surveiller les harmoniques, le jitter peut devenir important dans certaines configurations et la stabilité dépend fortement de la référence utilisée.

Mais son faible prix, ses multiples sorties et son pilotage extrêmement simple compensent largement ces limitations.

Pour quelques euros, nous disposons finalement d’une petite boîte à fréquences programmable capable de devenir VFO, BFO, oscillateur local ou générateur de laboratoire expérimental.

Et maintenant que nous savons ce qu’il contient, il reste une chose beaucoup plus amusante à faire : prendre un Si5351, un Arduino, un encodeur et un écran OLED… et construire notre propre VFO HF.