Bienvenue sur le Site du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon (91 – Essonne)!

Chers(es) visiteurs(ses) et passionnés(es) de radio et de sciences,

Le Radio-Club F5KEE vous accueille à la Maison des Associations de Viry-Châtillon, au cœur de l’Essonne. Dans ce lieu ouvert et convivial, nous réunissons toutes celles et ceux qui partagent la curiosité des sciences, des techniques et des communications sans fil.

Le radioamateurisme, c’est bien plus qu’un simple hobby :
c’est une passion universelle, où l’on apprend à dialoguer avec le monde entier, à construire ses propres antennes et équipements, à explorer la propagation des ondes, mais aussi à découvrir les technologies numériques et les satellites.

À qui s’adresse le radio-club ?

Le F5KEE s’adresse à tous les publics :

  • les curieux qui veulent découvrir ce qu’est la radio et comment on peut communiquer sans Internet,

  • les jeunes et étudiants attirés par la technique, l’électronique ou l’aéronautique,

  • les futurs radioamateurs qui souhaitent préparer la licence,

  • les opérateurs confirmés qui veulent partager leurs expériences, expérimenter ou participer à des contests,

  • et plus largement, toute personne désireuse d’apprendre, de pratiquer et d’échanger dans un cadre associatif.

Que fait-on au F5KEE ?

Nos activités sont variées et adaptées à tous les niveaux :

  • Découverte et formation : initiation aux bases de la radio, aide à la préparation de la licence radioamateur ( voir : nos formations )

  • Pratique du trafic : contacts en phonie, en CW (morse), en modes numériques (FT8, …), via satellites ou encore à travers le monde en HF.

  • Expérimentations techniques : réalisation et essais d’antennes, utilisation du SDR, projets autour de l’Arduino ou d’interfaces numériques.

  • Activités collectives : organisation de démonstrations publiques, projets éducatifs en lien avec les écoles ou évènements internationaux (ARISS, QO-100, etc.).

  • Vie de club : échanges, entraide, convivialité et partage de connaissances dans une ambiance amicale.

Pourquoi nous rejoindre ?

Adhérer au Radio-Club F5KEE, c’est rejoindre une communauté dynamique et passionnée, c’est apprendre en pratiquant, c’est aussi trouver un lieu où la curiosité technique et la convivialité se conjuguent au quotidien.

C’est également l’occasion d’acquérir des bases solides en électricité et en électronique, compétences précieuses pour comprendre le fonctionnement des équipements mais aussi pour, pourquoi pas, préparer un futur métier dans les domaines techniques, scientifiques ou industriels.

Que vous soyez simple curieux, débutant ou opérateur chevronné, poussez la porte de la Maison des Associations de Viry-Châtillon : F5KEE vous accueille et vous invite à découvrir le monde fascinant du radioamateurisme.

L’équipe du Radio-Club F5KEE de Viry-Châtillon

Qui décide que le FT8 est ici, les satellites là et les relais ailleurs ?

Qui décide des bandes radioamateur ?

Allumez votre transceiver sur 20 mètres et rendez-vous sur 14,074 MHz : il y a de fortes chances que vous entendiez immédiatement le curieux bourdonnement du FT8. Passez en VHF ou en UHF : certaines portions sont réservées aux relais, d’autres aux satellites, aux balises ou aux modes numériques.

Tout paraît parfaitement rangé.

Mais qui a décidé de mettre le FT8 ici, les satellites là et les relais ailleurs ? Existe-t-il quelque part une administration mondiale qui attribue chaque fréquence ?

La réponse est plus subtile. Le spectre radioamateur repose sur plusieurs étages : réglementation internationale, réglementation nationale, plans de bandes et conventions entre opérateurs.

1. Tout commence très haut : l’UIT

Au sommet se trouve l’Union internationale des télécommunications (UIT ou ITU), une agence spécialisée des Nations unies.

Son rôle n’est pas de décider que le FT8 utilisera 14,074 MHz. L’UIT travaille à une échelle beaucoup plus large : elle organise le spectre radioélectrique mondial entre les différents services.

Radiodiffusion, aviation, marine, satellites, téléphonie mobile, radionavigation, radioamateurs… tout ce petit monde doit cohabiter.

Le monde est divisé en trois régions radio. La France métropolitaine appartient à la Région 1, avec notamment l’Europe et l’Afrique.

L’UIT définit donc les grandes règles du jeu : par exemple, quelles bandes peuvent être attribuées au service amateur ou au service amateur par satellite.

Mais elle ne vient pas placer nos QSO FT8 au kilohertz près.

2. En France, c’est la réglementation française qui commande

Deuxième étage : l’administration nationale.

En France, la gestion du spectre s’appuie notamment sur le Tableau national de répartition des bandes de fréquences, le fameux TNRBF, élaboré et tenu à jour par l’ANFR.

C’est ici que l’on passe de l’organisation internationale à ce que nous avons réellement le droit d’utiliser en France.

Une règle essentielle doit donc être retenue :

la réglementation nationale prime toujours.

Un plan de bande associatif ou une recommandation internationale ne peut évidemment pas autoriser un radioamateur français à émettre sur une fréquence que la réglementation française ne lui attribue pas.

Nous savons maintenant où nous pouvons émettre.

Reste à savoir comment des milliers de radioamateurs vont se partager cet espace.

3. L’IARU organise la circulation

C’est là qu’intervient l’International Amateur Radio Union (IARU) et, pour nous, l’IARU Région 1.

Imaginez une ville.

L’administration décide quelles parcelles peuvent servir de routes. Mais il reste encore à déterminer où placer les voies de circulation, les pistes cyclables, les arrêts de bus et les parkings.

Le plan de bande joue un rôle comparable.

À l’intérieur des bandes accessibles aux radioamateurs, il recommande des portions adaptées aux différentes activités : CW – phonie – modes numériques – balises – signaux faibles – satellites – relais – communications FM…

Le but est simple : éviter que chacun fasse n’importe quoi n’importe où.

Imaginez un relais FM puissant installé au milieu d’une portion utilisée pour recevoir des signaux satellites extrêmement faibles !

Infographie radioamateur : du mondial au local

Du cadre international aux usages locaux : qui décide quoi sur nos bandes ?

4. Un plan de bande n’est pas forcément une loi

Voici une distinction fondamentale.

Réglementation ≠ plan de bande ≠ fréquence d’usage.

Plan de bande radioamateur 20 mètres

Le plan de bande organise la cohabitation des différentes activités radioamateurs.

Les plans de bandes de l’IARU sont généralement des recommandations adoptées volontairement par la communauté radioamateur. Certaines de leurs dispositions peuvent cependant être reprises dans les réglementations nationales.

Cela explique pourquoi une fréquence peut être parfaitement légale au sens réglementaire tout en étant un très mauvais choix pour votre émission.

Respecter le plan de bande, c’est aussi respecter les autres utilisateurs.

Et lorsqu’une recommandation IARU et une réglementation nationale sont différentes, aucun doute : la réglementation nationale est prioritaire.

5. Alors, qui a décidé que le FT8 serait sur 14,074 MHz ?

Voilà le cas le plus amusant.

Sur 20 mètres, le FT8 se retrouve massivement autour de : 14,074 MHz USB.

On pourrait imaginer qu’une conférence internationale ait voté solennellement : « À compter de lundi, le FT8 sera sur 14,074 MHz ! »

Il n’en est rien.

WSJT-X fournit des fréquences de travail conventionnelles pour ses différents modes et différentes bandes. Ces fréquences correspondent aux pratiques adoptées par la communauté et peuvent évoluer.

Le logiciel contribue ensuite énormément à leur généralisation : des milliers d’opérateurs installent WSJT-X et disposent immédiatement des mêmes fréquences.

Le phénomène s’auto-entretient.

Plus il y a de stations sur 14,074 MHz, plus il devient intéressant d’y aller. Et plus les opérateurs y vont, plus 14,074 MHz devient la fréquence mondiale du FT8.

C’est donc essentiellement une convention internationale devenue un standard de fait, compatible avec l’organisation générale de la bande.

Personne ne vous empêche techniquement de configurer WSJT-X sur une autre fréquence autorisée. Mais si vous souhaitez contacter le monde entier en FT8, mieux vaut aller là où le monde entier écoute !

Le voyage du FT8 vers 14,074 MHz

14,074 MHz : une convention devenue le rendez-vous mondial du FT8 sur 20 mètres.

6. Pourquoi les satellites ont-ils leur propre quartier ?

Le problème devient encore plus évident avec les satellites radioamateurs.

Leurs signaux peuvent être faibles et affectés par l’effet Doppler. Surtout, un satellite peut être reçu simultanément depuis une immense zone géographique.

Un brouillage local qui paraît insignifiant peut donc perturber une activité beaucoup plus large.

Les plans de bandes prévoient ainsi des portions adaptées au service amateur par satellite, notamment dans certaines bandes VHF et UHF.

Et contrairement au FT8, il existe ici une dimension réglementaire supplémentaire : le service amateur par satellite est lui-même défini dans les allocations internationales et nationales.

On comprend alors pourquoi installer un relais terrestre dans une portion destinée aux satellites serait particulièrement malvenu.

7. Et les relais ?

Les relais posent encore un autre problème.

Deux stations FT8 peuvent arrêter leur émission et changer de fréquence. Un relais installé au sommet d’un pylône est là 24 heures sur 24.

Il faut donc coordonner :

  • sa fréquence d’émission ;
  • sa fréquence de réception ;
  • le décalage entre les deux ;
  • l’espacement des canaux ;
  • sa zone de couverture ;
  • les autres relais utilisant éventuellement les mêmes fréquences.

Les plans VHF/UHF sont donc particulièrement structurés afin que relais, simplex, satellites, balises et communications à signaux faibles puissent cohabiter.

Ce n’est plus seulement une question de fréquence : la géographie entre également dans l’équation.

8. Et lorsqu’un nouveau mode apparaît ?

Les plans de bandes ne sont pas gravés dans le marbre.

Imaginez demain un nouveau mode numérique baptisé « F5K8 ».

Quelques expérimentateurs commencent à l’utiliser. Une fréquence devient progressivement habituelle. Le logiciel la propose par défaut. Le nombre d’utilisateurs augmente.

Nous pourrions alors avoir : expérimentation → fréquence d’usage → adoption internationale → recommandations → éventuelle évolution du plan de bande.

Les associations membres de l’IARU peuvent proposer des évolutions qui sont étudiées dans les groupes de travail et lors des conférences.

Le plan de bande est donc le reflet d’un radioamateurisme qui évolue.

9. Avant d’appuyer sur PTT…

Lorsqu’on souhaite utiliser une fréquence inhabituelle, cinq questions permettent d’éviter bien des problèmes :

La fréquence est-elle autorisée en France ?
Mon mode et ma largeur de bande y sont-ils autorisés ?
Que recommande le plan IARU Région 1 ?
Existe-t-il déjà une activité particulière à cet endroit ?
Mon émission risque-t-elle de gêner d’autres utilisateurs ?

Être autorisé à émettre quelque part ne signifie pas nécessairement qu’il soit intelligent de le faire.

Une gigantesque entente entre radioamateurs

Finalement, personne n’a décidé seul que « le FT8 serait ici, les satellites là et les relais ailleurs ».

L’UIT organise le spectre mondial. Les administrations nationales déterminent ce qui est légal dans chaque pays. L’IARU et ses associations membres coordonnent les usages. Les développeurs et les communautés font émerger certaines fréquences conventionnelles.

Et au bout de la chaîne se trouve… le radioamateur devant son VFO.

Une grande partie du système fonctionne parce que des millions d’opérateurs acceptent volontairement de respecter les mêmes usages.

C’est peut-être cela le plus remarquable : derrière nos quelques kilohertz de FT8, une fréquence satellite ou le shift d’un relais se cachent plus d’un siècle de réglementation, de coordination internationale et de gentlemen’s agreement.

Pour aller plus loin

Quand la voix devint numérique !

Quand la voix devient numérique

Le Morse avait permis à la radio de transmettre des messages.

L’AM lui avait donné la parole.

La BLU avait supprimé ce qui n’était pas indispensable.

La FM avait appris à mieux résister aux parasites.

Restait encore une révolution à accomplir : transformer notre voix en nombres avant de l’envoyer sur les ondes.

Bienvenue dans l’univers de la voix numérique et, plus particulièrement, de FreeDV.

Une voix, cela représente beaucoup de données !

Commençons par notre microphone.

Pour numériser simplement une voix échantillonnée 8 000 fois par seconde avec une résolution de 16 bits, il faudrait transmettre :

8 000 × 16 = 128 000 bit/s.

Voilà qui est très raisonnable pour Internet.

Mais sur une liaison HF occupant quelques kilohertz ?

Impossible !

Il faut donc compresser énormément la parole avant de pouvoir l’envoyer par radio.

Et pas comme on compresse un fichier ZIP : il faut exploiter les particularités de la voix humaine.

Années 1990-2000 : faire parler la HF en numérique

L’idée d’utiliser la voix numérique sur les bandes radioamateurs n’est pas née avec FreeDV.

Dès les années 1990 et au début des années 2000, différents expérimentateurs travaillent sur la transmission numérique de la parole dans les canaux étroits disponibles en HF.

Le problème est double.

Il faut d’abord réduire considérablement le débit de la voix.

Il faut ensuite disposer d’un modem capable de transporter ces données à travers un canal HF particulièrement difficile : bruit, fading, multitrajets et brouillages.

Autre problème : les vocodeurs performants sont souvent propriétaires.

Pour un radioamateur qui souhaite comprendre, expérimenter et modifier son système, ce n’est pas idéal.

FDMDV prépare le terrain

Une étape importante est franchie avec FDMDV — Frequency Division Multiplex Digital Voice, développé notamment par Francesco Lanza HB9TLK.

Le principe consiste à répartir les données numériques sur plusieurs porteuses relativement lentes plutôt que de tout transmettre sur une seule porteuse rapide.

C’est particulièrement intéressant en HF, où les réflexions ionosphériques peuvent fortement perturber le signal.

L’expérience acquise avec FDMDV servira directement à la conception de FreeDV. L’interface et plusieurs principes de conception de FreeDV s’en inspireront.

Mais il manque encore un élément essentiel :

un codec vocal ouvert et suffisamment économe en données.

Vers 2009 : David Rowe ressort Codec 2

L’ingénieur et radioamateur australien David Rowe VK5DGR reprend alors des travaux qu’il avait commencés plusieurs années auparavant sur le codage de la parole.

Son objectif est particulièrement intéressant pour les radioamateurs :

créer un codec vocal à très faible débit et open source.

Il deviendra :

Codec 2.

Contrairement à une transmission PCM classique qui cherche à transmettre chaque échantillon sonore, Codec 2 analyse les caractéristiques de la parole et en produit une représentation numérique extrêmement compacte.

Au récepteur, ces informations permettent de reconstruire la voix.

Nous ne transportons donc plus véritablement la forme d’onde originale.

Nous transportons suffisamment d’informations pour que le correspondant puisse la reconstituer.

Codec 2 est aujourd’hui un codec vocal open source spécialement conçu pour les communications numériques à faible débit.

De 128 000 bit/s à quelques milliers

Mesurons le chemin parcouru.

Notre voix PCM précédente demandait :

128 000 bit/s.

Les différentes générations de Codec 2 fonctionnent avec des débits de seulement quelques milliers, voire quelques centaines de bits par seconde selon les modes.

La qualité n’est évidemment pas celle d’un enregistrement Hi-Fi.

Mais ce n’est pas le but.

Pour une communication radio, nous recherchons avant tout :

l’intelligibilité avec le moins de données possible.

Et soudain, transmettre de la voix numérique dans quelques kilohertz de spectre devient envisageable.

De la voix au canal HF

Codec 2 réduit fortement le débit de la voix pour permettre sa transmission dans un canal HF étroit.

2012 : FreeDV est né

En 2012, FreeDV franchit une étape décisive.

Le projet associe plusieurs éléments :

Codec 2 + modem numérique + synchronisation + éventuellement correction d’erreurs.

FreeDV constitue donc beaucoup plus qu’un simple codec : c’est un protocole de voix numérique conçu pour fonctionner sur une liaison radio.

Et surtout, FreeDV peut être utilisé avec un transceiver HF BLU classique.

Le logiciel transforme la parole numérique en un signal audio adapté à l’entrée du poste.

Le transceiver BLU fait ensuite ce qu’il sait parfaitement faire :

transporter ce signal audio sur les ondes.

Il n’est donc pas nécessaire, à l’origine, de posséder un émetteur-récepteur spécialement conçu pour la voix numérique.

Un ordinateur, une interface audio et un poste BLU peuvent suffire.

Dans les entrailles d’une transmission FreeDV

Suivons maintenant notre voix.

Nous parlons devant le microphone.

Le signal est :

numérisé → analysé → compressé par le codec → transformé en bits.

Ces bits peuvent ensuite recevoir des informations supplémentaires permettant la synchronisation ou la correction de certaines erreurs.

Le modem transforme enfin les données en un signal audio que notre transceiver BLU peut transmettre.

Chez notre correspondant, tout se déroule à l’envers :

signal HF → modem → bits → décodage → Codec 2 → voix reconstruite.

Le haut-parleur ne reproduit donc pas directement la voix que nous avons envoyée.

Il reproduit une voix reconstruite à partir des informations numériques reçues.

Chaîne FreeDV : des bits aux ondes

De la voix aux bits, puis des ondes à la voix : la chaîne complète d’une communication FreeDV.

FreeDV 1600 : quinze petites porteuses

Le mode historique FreeDV 1600, apparu en 2012, illustre parfaitement cette philosophie.

Son signal comporte 14 porteuses DQPSK, espacées de 75 Hz, auxquelles s’ajoute une porteuse DBPSK utilisée notamment pour la synchronisation et l’estimation du décalage de fréquence.

Au total :

15 porteuses.

Et tout cela tient dans environ :

1,125 kHz !

Comparons grossièrement :

AM : environ 6 kHz

BLU : environ 2,4 à 3 kHz

FreeDV 1600 : environ 1,1 kHz

Voilà qui aurait probablement fait sourire les pionniers de la radio !

Nous transmettons maintenant une conversation entière dans une largeur de spectre plus petite que celle utilisée par une émission BLU classique.

Mais la HF est un drôle de tuyau !

Sur Internet, un bit envoyé dans une fibre optique possède de bonnes chances d’arriver correctement.

La HF est beaucoup moins coopérative.

Notre signal peut atteindre l’antenne du correspondant après plusieurs réflexions ionosphériques.

Certaines parties arrivent légèrement plus tard que d’autres.

Le niveau monte et descend.

Des parasites apparaissent.

Une autre station se trouve à proximité.

Bref :

des bits peuvent être perdus ou modifiés.

Les générations suivantes de FreeDV vont donc chercher à améliorer la résistance à ces conditions difficiles.

2017-2022 : FreeDV devient une famille

FreeDV ne désigne progressivement plus un seul mode, mais plusieurs formes d’onde adaptées à différents compromis.

En 2017 apparaît 700C.

En 2018, 700D utilise notamment un modem OFDM/QPSK et une correction d’erreurs LDPC. Sa largeur RF est d’environ 1 000 Hz.

En 2019, FreeDV 2020 introduit le codec neuronal LPCNet.

En 2020 apparaît 700E.

Puis viennent 2020B et 2020C en 2022.

Les différences concernent le codec, le modem, la largeur occupée, la correction d’erreurs et la capacité à supporter les différents types de propagation HF.

La voix numérique amateur devient un véritable laboratoire.

La correction d’erreurs entre dans la conversation

Certains modes FreeDV utilisent une technique appelée :

FEC — Forward Error Correction.

Le principe consiste à transmettre des informations redondantes permettant au récepteur de retrouver certains bits erronés sans demander leur retransmission.

Pour une conversation en temps réel, c’est indispensable.

Nous ne pouvons pas interrompre notre correspondant toutes les deux secondes en disant :

« Attends, renvoie-moi le paquet précédent ! »

Des modes comme 700D utilisent ainsi des codes LDPC capables de corriger une partie des erreurs provoquées par le canal radio.

BLU et FreeDV ne meurent pas de la même façon

Voilà une différence immédiatement perceptible à l’écoute.

En BLU analogique, lorsque le signal devient plus faible :

la voix se couvre progressivement de bruit.

Nous continuons parfois à comprendre quelques mots au milieu du souffle.

Avec une transmission numérique, le comportement est différent.

Tant que le modem arrive à récupérer suffisamment d’informations, la parole peut rester étonnamment intelligible.

Puis les erreurs augmentent.

La voix commence à présenter des artefacts.

Et lorsque le système ne parvient plus à récupérer suffisamment de données :

le décodage s’effondre.

Il existe donc un effet de seuil beaucoup plus marqué que pour la BLU analogique.

FreeDV est surtout une radio que l’on peut ouvrir

Il existe de nombreux systèmes de voix numérique.

Mais FreeDV possède une particularité fondamentale :

il est open source.

Le protocole, les codecs, les modems et les logiciels peuvent être étudiés par les radioamateurs. Codec 2 est lui-même distribué comme codec vocal open source à faible débit.

Cela change profondément la philosophie du système.

Nous pouvons l’utiliser.

Mais nous pouvons également :

l’étudier, l’expérimenter, le mesurer et participer à son amélioration.

Voilà qui correspond particulièrement bien à l’esprit du service amateur.

Et DMR, D-STAR ou C4FM ?

FreeDV n’est évidemment pas la seule façon de transmettre numériquement la voix par radio.

Les radioamateurs connaissent notamment :

D-STAR, DMR, C4FM/System Fusion, M17…

Ces systèmes ont trouvé une place importante, particulièrement en VHF/UHF et dans les réseaux de relais.

FreeDV poursuit historiquement un objectif différent :

faire fonctionner efficacement la voix numérique sur les bandes HF, notamment à travers un canal de largeur comparable ou inférieure à celui de la BLU.

Il ne s’agit donc pas de déterminer lequel est « meilleur ».

Ils répondent à des architectures et à des usages différents.

2019 : quand un réseau neuronal reconstruit notre voix

Avec FreeDV 2020, une nouvelle étape est franchie.

Le mode utilise LPCNet, un système de codage vocal reposant notamment sur des techniques neuronales.

Nous changeons alors progressivement de philosophie.

Le système ne cherche plus seulement à compresser très fortement une forme d’onde.

Il transmet une représentation compacte à partir de laquelle un modèle peut produire la parole à la réception.

L’idée de la voix reconstruite prend alors une dimension nouvelle.

Et l’histoire ne s’arrête pas là.

2026 : RADE ouvre une nouvelle époque

Aujourd’hui, FreeDV explore une approche encore plus ambitieuse avec RADE — Radio Autoencoder.

Cette technologie combine apprentissage automatique et traitement numérique classique du signal pour transmettre directement une représentation de la parole adaptée au canal radio.

La version FreeDV 2.0.0 a intégré officiellement RADE V1. Le projet annonce pour cette technologie une largeur d’environ 1 500 Hz et un fonctionnement pouvant descendre jusqu’à environ −2 dB de SNR dans certaines conditions.

Nous sommes bien loin du premier FreeDV 1600 de 2012.

Et pourtant l’objectif reste identique :

faire passer une conversation intelligible dans un canal HF aussi efficacement que possible.

Évolution de FreeDV : la voix HF de demain

De Codec 2 à RADE, FreeDV évolue sans cesse pour rendre la voix numérique HF plus efficace.

Quelques dates à retenir

Années 1990-2000 — Expérimentations autour de la voix numérique HF à faible débit.

Années 2000 — FDMDV prépare plusieurs concepts repris ensuite par FreeDV.

Vers 2009 — Développement de Codec 2 par David Rowe VK5DGR.

2012 — Apparition de FreeDV 1600.

2017 — FreeDV 700C.

2018 — FreeDV 700D et sa correction d’erreurs LDPC.

2019 — FreeDV 2020 et le codec neuronal LPCNet.

2020 — FreeDV 700E.

2022 — FreeDV 2020B et 2020C.

2026 — FreeDV 2.0.0 intègre officiellement RADE V1.

Quand la voix devint numérique…

En un peu plus d’un siècle, notre voix aura subi une étonnante transformation.

Avec l’AM, nous faisions directement varier l’amplitude d’une porteuse.

Avec la BLU, nous avions compris qu’une porteuse et une deuxième bande latérale pouvaient être supprimées.

Avec FreeDV, nous allons encore beaucoup plus loin.

La voix elle-même n’est plus directement transmise.

Elle est analysée, transformée en informations numériques, protégée contre certaines erreurs, transportée par un modem puis reconstruite chez notre correspondant.

Et avec les nouvelles techniques comme RADE, apprentissage automatique et radio commencent désormais à se rencontrer jusque sur nos bandes HF.

Nos anciens auraient probablement eu quelque difficulté à reconnaître leur bonne vieille phonie.

Mais l’objectif, lui, n’a pas changé :

prendre un microphone, lancer un appel et entendre, quelques instants plus tard, la voix d’un autre radioamateur parfois situé à l’autre bout du monde.

Seule la façon de faire voyager cette voix a changé.

Et cette fois, elle voyage en nombres.

Space-DX prépare une HexBeam qui se replie comme un parapluie

HexBeam repliable, ouverte et repliée

HexBeam repliable, ouverte et repliée

Installer une antenne directive multibande prend du temps, surtout lorsqu’on opère en portable. Space-DX travaille sur une HexBeam dont la structure pourrait se déployer et se replier suivant un principe proche de celui d’un parapluie. Une idée prometteuse, mais encore au stade du développement.

Une HexBeam pensée pour les sorties radio ?

Une HexBeam utilise des fils conducteurs maintenus par des bras souples autour d’un support central. Sa forme compacte, comparée à celle d’une grande antenne Yagi HF, en fait une solution appréciée des radioamateurs qui souhaitent disposer d’une antenne directive sur plusieurs bandes.

Son transport et son montage restent toutefois des questions pratiques : il faut assembler ou déployer les bras, mettre les fils en place et vérifier que l’ensemble conserve sa géométrie. C’est sur ce point que le projet de Space-DX pourrait présenter un intérêt. Une publication du 12 septembre 2026 décrit une HexBeam en développement qui se replie à la manière d’un parapluie.

L’image est parlante : les bras viendraient se rapprocher du mât central pour le transport, puis s’écarter lors de l’installation. Si le mécanisme permet réellement de garder les éléments correctement positionnés après chaque ouverture, il pourrait simplifier les opérations sur le terrain. Le fonctionnement précis du prototype reste cependant à confirmer.

Le défi n’est pas seulement mécanique

Sur une HexBeam, la forme et la position des fils influencent l’accord et le rayonnement de l’antenne. Un système repliable doit donc offrir davantage qu’une ouverture rapide : il doit retrouver une géométrie suffisamment régulière à chaque déploiement. La tenue au vent, la résistance des articulations et le risque d’emmêlement des fils seront aussi déterminants pour un usage portable.

Pour juger ce projet, les mesures seront aussi utiles que les images : ROS sur chaque bande, comportement du diagramme de rayonnement, temps de déploiement réel et résultats après plusieurs cycles d’ouverture et de fermeture.

Ce que l’on ignore encore

À la date de cet article, nous n’avons pas trouvé de fiche technique publiée pour cette version repliable. Ses bandes couvertes, son poids, ses dimensions une fois fermée, sa puissance admissible, son prix et sa date de disponibilité ne sont donc pas établis. Le site de Space-DX annonce par ailleurs la préparation d’un nouveau site et ne fournit pas ces renseignements.

L’idée mérite d’être suivie : une HexBeam plus facile à transporter et à installer intéresserait les amateurs de portable, de concours et d’expéditions. Il faudra attendre une présentation technique et des essais pour savoir si cette version « parapluie » tient ses promesses sur l’air.

Pour aller plus loin : présentation du projet sur Simon the Wizard · site de Space-DX

APRS sans TNC — Un smartphone peut-il désormais tout faire ?

APRS sans TNC : radio et randonnée

Pendant longtemps, faire de l’APRS sur les bandes radioamateurs impliquait une petite chaîne de matériels : un GPS pour connaître sa position, un ordinateur ou un tracker pour préparer les données, un TNC pour les transformer en signal exploitable par la radio, puis enfin un émetteur-récepteur VHF.

Aujourd’hui, nous avons dans notre poche un appareil qui possède déjà un GPS, une connexion Internet, du Bluetooth, de l’USB, une puissance de calcul considérable, un écran, une cartographie et même les capacités nécessaires pour générer et décoder les signaux audio de l’APRS.

Alors, en 2026, avons-nous encore besoin d’un TNC ?

La réponse est plus intéressante qu’un simple oui ou non.

Le TNC, cette petite boîte autrefois indispensable

L’APRS — Automatic Packet Reporting System — permet notamment aux radioamateurs d’échanger automatiquement positions, messages courts, informations météorologiques et télémétrie.

En Europe, l’activité APRS VHF se retrouve principalement sur 144,800 MHz, avec une transmission classique en AFSK 1200 bauds utilisant AX.25.

Une station mobile traditionnelle pouvait ressembler à ceci : GPS → ordinateur ou tracker → TNC → émetteur-récepteur VHF → antenne

Le TNC (Terminal Node Controller) jouait un rôle essentiel. On peut grossièrement le comparer au modem de nos anciens ordinateurs : d’un côté les données numériques, de l’autre les tonalités audio que la radio peut transmettre.

Mais regardons maintenant ce que contient un smartphone.

Presque toute une station APRS dans la poche

Un téléphone moderne dispose déjà de pratiquement tout ce dont l’APRS a besoin :

GPS, processeur puissant, traitement numérique du signal, Bluetooth, USB, Wi-Fi, réseau mobile, écran tactile, cartographie et stockage.

Il lui manque essentiellement… la partie radio VHF.

Des applications comme APRSdroid et aprs.fi exploitent désormais ces possibilités. Le smartphone peut connaître notre position, préparer les informations APRS, afficher les autres stations sur une carte, recevoir et envoyer des messages, communiquer avec APRS-IS et, dans certaines configurations, produire ou décoder directement le signal audio AFSK.

Autrement dit, la petite boîte appelée TNC commence sérieusement à devenir optionnelle.

Du TNC au smartphone : APRS simplifié

Du GPS au TNC, plusieurs appareils étaient autrefois nécessaires. Le smartphone peut aujourd’hui en remplacer l’essentiel.

Première solution : APRS sans radio

C’est la méthode la plus simple.

Smartphone → 4G/5G ou Wi-Fi → APRS-IS

Le GPS du téléphone détermine notre position et l’application l’envoie directement sur Internet vers APRS-IS.

Quelques secondes plus tard, notre indicatif peut apparaître sur une carte comme aprs.fi.

Aucune radio, aucune antenne VHF et aucun TNC ne sont nécessaires.

C’est extrêmement pratique, mais il faut comprendre une différence fondamentale : être visible sur aprs.fi ne signifie pas nécessairement que nous avons émis en radio.

Dans cette configuration, aucune trame n’est passée sur 144,800 MHz. Nous utilisons l’infrastructure Internet de l’APRS.

Et dès que disparaît la couverture mobile, notre belle station APRS disparaît avec elle.

Deuxième solution : le smartphone et un petit TNC

Nous pouvons alors remettre la radio dans la boucle : Smartphone ⇄ Bluetooth/BLE ⇄ TNC ⇄ transceiver VHF

Le smartphone fournit le GPS, la carte, l’interface utilisateur et l’application APRS. Un petit TNC, par exemple de type Mobilinkd, assure l’interface avec le poste.

C’est déjà beaucoup plus compact qu’une ancienne installation avec ordinateur portable, GPS externe et TNC.

Surtout, cette solution fonctionne sans réseau téléphonique : les paquets APRS sont réellement transmis par radio.

Le Bluetooth ou le BLE évite également un câble entre téléphone et TNC, tandis que le petit boîtier spécialisé s’occupe de la partie audio et de la commande du poste.

C’est encore aujourd’hui une excellente solution pour une station mobile fiable.

Troisième solution : supprimons réellement le TNC !

C’est ici que les choses deviennent particulièrement intéressantes.

Pourquoi utiliser un appareil supplémentaire pour fabriquer et décoder de l’AFSK alors que le processeur du téléphone sait parfaitement traiter de l’audio ?

La chaîne devient : GPS → application APRS → modem AFSK logiciel → audio → transceiver VHF

Le TNC matériel vient de disparaître.

APRSdroid permet depuis longtemps d’utiliser l’AFSK audio. Le smartphone génère alors lui-même les tonalités nécessaires à la transmission des paquets et peut exploiter le signal audio provenant du récepteur.

L’application aprs.fi pousse aujourd’hui également dans cette direction avec un modem DSP logiciel capable d’assurer directement une partie du travail autrefois confié au TNC.

Finalement, nous n’avons pas réellement supprimé le TNC.

Nous l’avons transformé en logiciel.

Les trois façons d’utiliser l’APRS avec un smartphone

Trois façons d’utiliser l’APRS avec un smartphone : par Internet, avec un TNC Bluetooth ou directement en audio AFSK sans TNC matériel.

Il reste un problème : appuyer sur le PTT !

Fabriquer les tonalités AFSK est une chose. Les transmettre en est une autre.

Lorsque le téléphone veut envoyer une trame, il faut faire passer le transceiver de réception en émission.

Plusieurs solutions sont possibles suivant le poste : interface dédiée, commande par accessoire, interface USB ou utilisation du VOX.

Cette dernière solution est particulièrement séduisante pour une expérimentation.

Le téléphone commence à produire le signal AFSK. Le VOX du transceiver détecte l’audio, commute automatiquement le poste en émission et la trame part sur 144,800 MHz.

Nous obtenons alors une installation extrêmement réduite : Smartphone → câble audio → portable VHF en VOX → antenne

En théorie, difficile de faire plus simple.

En pratique, quelques difficultés nous attendent.

Le câble audio n’est pas qu’un simple câble

L’AFSK demande une liaison audio correcte.

Un niveau trop faible peut empêcher le bon fonctionnement. Un niveau trop élevé provoquera de la distorsion et rendra les trames difficiles, voire impossibles à décoder.

Il faut également tenir compte des entrées microphone, sorties haut-parleur, masses et connectiques propres à chaque transceiver.

Et nos smartphones modernes compliquent encore légèrement l’affaire : la traditionnelle prise jack a pratiquement disparu. Il faut souvent passer par un adaptateur USB-C/audio.

Attention également au VOX. Son déclenchement doit être suffisamment rapide et il peut être nécessaire de prévoir un petit délai avant l’envoi effectif des données afin de ne pas perdre le début du paquet.

En APRS, un beau signal fort mais saturé n’est pas nécessairement un bon signal !

APRSdroid ou aprs.fi ?

Sur Android, APRSdroid reste une référence. L’application permet notamment de travailler via APRS-IS, avec certains TNC Bluetooth et en AFSK audio.

Mais l’année 2026 a apporté une évolution intéressante : aprs.fi est désormais également disponible sous Android, après avoir été développé sur l’écosystème Apple.

L’application peut travailler avec différents TNC via Bluetooth, BLE, Wi-Fi ou USB selon la plateforme et le matériel, mais propose également un modem DSP logiciel.

Sur iPhone et iPad, aprs.fi permet également l’utilisation de TNC compatibles et du traitement DSP. Les possibilités Bluetooth diffèrent toutefois de celles d’Android : iOS impose davantage de contraintes sur certaines liaisons Bluetooth classiques, tandis que le BLE est largement utilisé par les périphériques modernes.

Le choix dépendra donc beaucoup du téléphone et de l’interface radio dont nous disposons.

Essayons une station APRS minimaliste

Voilà une petite expérimentation parfaitement adaptée au radio-club.

Prenons : un smartphone, une application APRS capable d’AFSK, un adaptateur audio si nécessaire, un câble adapté au transceiver et un portable VHF.

Réglons le poste sur 144,800 MHz FM, sans tonalité CTCSS.

Station APRS minimaliste en montagne

Une station APRS VHF minimaliste : le smartphone assure le GPS et le modem AFSK, tandis que le portable transmet les trames sur 144,800 MHz.

Première étape : essayons simplement de recevoir.

Si l’activité APRS locale est suffisante, nous devrions entendre les fameux courts « bruits de modem » caractéristiques des paquets. L’application pourra tenter de les décoder et afficher les stations reçues.

Deuxième étape : configurons notre indicatif et notre position puis préparons une balise.

Le téléphone fabrique le paquet AX.25, le modem logiciel le transforme en AFSK et le signal est envoyé vers le transceiver.

Avec le VOX correctement configuré : clic… émission… brrrzzzt… réception !

Notre smartphone vient d’émettre une véritable balise APRS sur la bande des 2 mètres sans aucun TNC matériel.

Si un iGate se trouve à portée, celui-ci pourra recevoir notre paquet radio et le transmettre vers APRS-IS. Quelques instants plus tard, nous pourrons éventuellement retrouver notre station sur aprs.fi.

Nous aurons alors parcouru toute la chaîne : Smartphone → VHF → iGate → Internet → aprs.fi

Et cette fois, contrairement à notre première expérience, notre paquet aura réellement voyagé par radio.

Et pourquoi ne pas transformer le smartphone en iGate ?

Le raisonnement peut être poussé encore plus loin.

Puisque le téléphone peut décoder les paquets reçus par la radio et dispose simultanément d’une connexion Internet, il possède les deux éléments fondamentaux nécessaires à un iGate.

La radio reçoit les trames sur 144,800 MHz, le smartphone les décode puis les transmet vers APRS-IS.

Certaines applications modernes, dont aprs.fi, proposent justement des fonctions permettant un fonctionnement RX iGate.

Notre téléphone peut donc devenir à la fois GPS, terminal APRS, modem logiciel, cartographie, messagerie et passerelle vers Internet.

Il ne lui manque toujours qu’une chose : l’émetteur-récepteur VHF lui-même.

Alors, le TNC est-il mort ?

Pas vraiment.

Pour une expérimentation, une station portable légère ou une utilisation occasionnelle, le smartphone peut aujourd’hui remplacer une quantité impressionnante de matériel.

Mais un TNC dédié conserve de sérieux avantages pour une station permanente ou mobile : connexions radio fiables, commande PTT maîtrisée, fonctionnement autonome et absence des aléas liés aux adaptateurs audio ou au système d’exploitation du téléphone.

Pour un digipeater ou un iGate destiné à fonctionner 24 heures sur 24, nous préférerons généralement une solution dédiée plutôt qu’un téléphone posé à côté d’un transceiver.

Le smartphone n’a donc pas tué le TNC.

Il a simplement démontré quelque chose de beaucoup plus intéressant : le TNC n’était finalement qu’une fonction… et cette fonction peut désormais être assurée par logiciel.

Pour aller plus loin

APRSdroid
https://aprsdroid.org/

aprs.fi
https://aprs.fi/

Guide aprs.fi pour Android
https://android-guide.aprs.fi/

Guide aprs.fi pour iPhone et iPad
https://ios-guide.aprs.fi/

France APRS
https://www.franceaprs.fr/

Mobilinkd — TNC Bluetooth
https://www.mobilinkd.com/

RI1FJZ : la DX-pédition arctique entre dans le vif du sujet

Affiche DXpedition arctique RI1FJZ

La très attendue DX-pédition RI1FJZ vers la Terre François-Joseph est désormais d’actualité. L’équipe doit opérer depuis Alexandra Land (EU-019), l’une des régions radio les plus difficiles d’accès au monde.

Le site officiel indique maintenant une période d’activité du 14 au 29 septembre 2026, avec le locator LR30us, en zones CQ 40 et ITU 75.

L’expédition prévoit une installation particulièrement ambitieuse, avec plusieurs stations et amplificateurs. Les opérateurs comptent être actifs en CW, SSB et modes numériques, mais également via les satellites LEO, QO-100 et en EME.

Pour les chasseurs de DX français, RI1FJZ constitue une cible de premier choix : la Terre François-Joseph figure parmi les entités DXCC les plus recherchées. Les conditions arctiques et la logistique maritime peuvent naturellement influencer le calendrier et le rythme des opérations.

Les prochains jours devraient donc être particulièrement intéressants sur les bandes HF. Surveillez les clusters !

Site officiel, informations, spots et log :
RI1FJZ – Expédition Terre François-Joseph

L’IC-7300MK2 reçoit déjà un correctif concernant la qualité du signal

IC-7300MK2 : firmware 1.03

Le 4 septembre 2026, Icom a publié le firmware 1.03 pour l’IC-7300MK2. La liste des modifications tient en quelques lignes, mais l’une d’elles retient immédiatement l’attention des radioamateurs : le constructeur indique avoir corrigé un problème qui pouvait, « dans certaines conditions », dégrader la qualité du signal.

Que se passait-il exactement ? Icom ne le précise pas. Cette mise à jour mérite donc d’être signalée, sans lui attribuer des effets que sa note officielle ne décrit pas.

Que recouvre la « qualité du signal » ?

À la réception, nous pensons spontanément à la facilité avec laquelle une station faible se détache du bruit, ou à la gêne provoquée par une station puissante voisine. À l’émission, la qualité du signal évoque plutôt sa propreté spectrale. Ce sont des notions différentes, et le bref descriptif d’Icom ne dit pas si le problème corrigé touchait la réception, l’émission ou les deux.

Il ne donne pas non plus les conditions qui déclenchaient cette dégradation : bande utilisée, mode, réglage particulier ou durée de fonctionnement, par exemple. Ces pistes peuvent aider à comprendre la question, mais aucune ne doit être présentée comme la cause du défaut.

Une correction, mais aucun gain chiffré annoncé

La version 1.03 corrige un comportement que le constructeur a identifié. En revanche, sa note ne fournit ni mesure avant/après, ni amélioration chiffrée de la sensibilité, du bruit de phase ou du RMDR. On ne peut donc pas promettre qu’après installation un signal FT8 sera mieux décodé ou qu’une station faible deviendra systématiquement plus lisible.

La nuance compte : corriger une dégradation possible n’équivaut pas à augmenter les performances annoncées du poste. Pour un propriétaire qui n’a jamais rencontré le problème, le fonctionnement quotidien pourrait sembler identique après la mise à jour.

L’horloge fait aussi partie des changements

Icom mentionne une seconde modification, liée au fonctionnement de la sauvegarde de l’horloge. Cette fonction permet au poste de conserver l’heure lorsqu’il est éteint. Le constructeur ne décrit toutefois ni symptôme précis ni intervention matérielle à effectuer. Il s’agit d’un changement logiciel distinct du correctif portant sur la qualité du signal.

Faut-il installer le firmware 1.03 ?

Si vous possédez un IC-7300MK2, vérifiez d’abord la version actuellement installée. Avant toute mise à jour, sauvegardez vos réglages, téléchargez le fichier correspondant exactement à votre modèle depuis la page d’assistance Icom, puis suivez la procédure officielle sur carte SD. Une fois le poste redémarré, contrôlez que la version 1.03 apparaît bien.

Attention au nom du modèle : ce firmware est destiné à l’IC-7300MK2, et non à l’IC-7300 d’origine.

Cette première mise à jour rappelle qu’une partie du comportement d’un émetteur-récepteur SDR dépend de son logiciel. Pour l’heure, la conclusion la plus solide reste celle d’Icom : un défaut susceptible de dégrader la qualité du signal dans certaines conditions a été corrigé. Si vous avez observé une différence avant et après installation, notez la bande, le mode et les réglages utilisés : ces détails rendront votre retour d’expérience bien plus utile aux autres OM.

Pour aller plus loin : note de version, téléchargement et procédure Icom · annonce d’Icom UK du 4 septembre 2026_)

RadioLog 4.0.1 : le logiciel de log accueille un RTL-SDR auxiliaire

RadioLog, spectre bleu et journal QSO

Et si le logiciel qui enregistre vos QSO vous aidait aussi à écouter les bandes ? RadioLog associe désormais son journal de trafic à un moniteur utilisant une clé RTL-SDR. Pour le radioamateur, l’idée est séduisante : conserver le transceiver pour les contacts et disposer, sur l’ordinateur, d’un second récepteur pour observer et écouter.

Un second récepteur dans l’environnement de travail

RadioLog rassemble déjà plusieurs outils familiers : saisie des QSO, DX Cluster, pilotage CAT, importation et exportation ADIF, ainsi que gestion de confirmations électroniques. Son moniteur RTL-SDR auxiliaire ajoute une fonction de réception visuelle et audio à cet ensemble. Le RTL-SDR est une clé USB qui reçoit les signaux radio et les transmet à l’ordinateur pour traitement ; il ne peut pas émettre. Présentation de RadioLog · Qu’est-ce qu’un RTL-SDR ?

Le mot auxiliaire est essentiel. Le transceiver reste l’équipement utilisé pour trafiquer. La clé SDR constitue une voie de réception supplémentaire, dont on peut envisager l’usage pour explorer une portion de bande ou écouter une fréquence pendant que l’on consulte le journal et les spots DX. Elle ne transforme pas RadioLog en émetteur-récepteur SDR.

Que change exactement la version 4.0.1 ?

Il faut distinguer deux étapes. RadioLog 4.0.0 a introduit la nouvelle présentation du logiciel et affiche déjà le moniteur RTL-SDR parmi ses fonctions. La version 4.0.1, publiée le 12 septembre 2026, est principalement un correctif : elle règle notamment des problèmes d’enregistrement des QSO en mode CB/11 m, d’harmonisation du thème sombre et de sélection initiale des modes.

Le RTL-SDR est donc une nouveauté de la génération 4.0, disponible dans la version actuelle 4.0.1, et non une fonction ajoutée par ce seul correctif. Historique des versions RadioLog

À quoi cela peut-il servir dans le shack ?

Imaginons une séance de trafic : le poste est réglé sur la fréquence du QSO, RadioLog affiche le journal et les informations DX, tandis que la clé RTL-SDR fournit une écoute indépendante. Ce second regard peut être pratique pour surveiller l’activité à proximité ou comparer ce que reçoivent deux antennes, si l’installation et les commandes du moniteur s’y prêtent.

Il reste toutefois une distinction entre l’intérêt théorique d’un récepteur auxiliaire et les fonctions effectivement annoncées par l’éditeur. RadioLog confirme la présence d’un moniteur visuel et audio, mais son manuel public ne précise pas encore en détail ses réglages. On ne peut donc pas lui attribuer sans essai une synchronisation automatique avec le CAT, un décodage de modes numériques ou toutes les fonctions d’un logiciel SDR spécialisé. Manuel officiel · Présentation officielle

Avant de brancher la clé

Toutes les clés RTL-SDR n’offrent pas la même couverture en fréquence. C’est particulièrement important si l’on souhaite écouter les bandes HF : il faut vérifier les caractéristiques du modèle choisi et prévoir une antenne adaptée. Certaines clés, notamment la RTL-SDR Blog V4, demandent aussi des pilotes compatibles. Guide de démarrage RTL-SDR

Dans une station qui émet à proximité, il faut également protéger l’entrée de la clé contre les signaux trop puissants. Une antenne de réception séparée ne garantit pas, à elle seule, une isolation suffisante lorsque le transceiver passe en émission. Le choix du raccordement mérite donc autant d’attention que l’installation du logiciel.

Une évolution intéressante à essayer

RadioLog 4.0.1 est proposé gratuitement aux radioamateurs pour Windows 10 et 11 en 64 bits, sans clé d’activation ni inscription requise. L’ajout d’un moniteur RTL-SDR donne une raison de plus de l’examiner : il rapproche le journal de trafic de l’écoute et de l’observation des bandes, tout en laissant au transceiver son rôle principal.

Le prochain test à réaliser est simple : brancher une clé compatible, ouvrir le moniteur et vérifier sur sa propre station ce qu’il permet réellement d’afficher, d’écouter et de régler. C’est sur ce terrain pratique que l’on mesurera l’utilité de cette nouvelle association entre logbook et SDR.

Pour aller plus loin : RadioLog et téléchargement de la version 4.0.1 · Manuel RadioLog · Guide d’installation RTL-SDR.