F5KEE au FAB 2026 de Viry-Châtillon : venez nous rencontrer !

Banniere F5KEE FAB2026

Le samedi 5 septembre 2026, le radio-club F5KEE participera au FAB 2026 de Viry-Châtillon (Fête des Associations), organisé au Stade Longuet.

Pour l’occasion, nous délaisserons notre local habituel pour nous installer en extérieur, sous barnum. Un choix presque incontournable pour des radioamateurs : quand il faut déployer quelques mètres de câble et surtout installer des antennes, le grand air devient rapidement notre meilleur allié !

Cette journée sera avant tout l’occasion de faire découvrir le radioamateurisme au public. Qu’est-ce qu’un radioamateur ? Avec qui peut-on communiquer ? Jusqu’où peut-on aller avec quelques watts et une antenne ? Peut-on contacter des satellites ? Que sont les modes numériques ? Autant de questions auxquelles nous tenterons de répondre simplement, autour de nos équipements et, nous l’espérons, de quelques démonstrations en direct.

Mais le FAB 2026 sera également pour nous un moment de rencontre et de convivialité. Une occasion de sortir du shack, de retrouver les copains du club, d’échanger quelques idées de montages et de projets et, tout simplement, de partager ensemble une agréable journée autour de notre passion commune.

Que vous soyez radioamateur, curieux, passionné d’électronique, de radio ou simplement de passage, n’hésitez donc pas à venir nous rencontrer.

📅 Samedi 5 septembre 2026
📍 Stade Longuet – Viry-Châtillon
📻 Cherchez les antennes… F5KEE ne sera probablement pas très loin !

À samedi au FAB 2026 !

TM-D750 : à quoi sert réellement un waterfall sur un poste uniquement VHF/UHF ?

Bannière TM-D750

Le Kenwood TM-D750 apporte une fonction encore assez inhabituelle sur un mobile VHF/UHF : un affichage waterfall. Nous avions déjà évoqué cette nouveauté dans notre précédent article consacré au TM-D750, mais elle mérite que l’on s’y attarde.

Car une question vient immédiatement à l’esprit : à quoi peut bien servir un waterfall sur un poste principalement destiné à la FM, au D-STAR et à l’APRS ?

En HF, son intérêt paraît évident. Sur un SDR ou un IC-7300, par exemple, on observe une portion entière du spectre et l’on voit immédiatement apparaître les stations. Mais sur 145 ou 430 MHz, où nous utilisons souvent des fréquences simplex ou des relais parfaitement connus, est-ce vraiment utile ?

La réponse est oui… à condition de comprendre ce que le TM-D750 affiche réellement.

Ce n’est pas le waterfall d’un SDR

C’est probablement le point le plus important.

Le TM-D750 ne possède pas un analyseur de spectre large bande fonctionnant comme celui d’un véritable SDR. Son affichage repose sur une évolution d’une fonction bien connue des utilisateurs de Kenwood : le Visual Scan.

Le principe consiste à balayer successivement un certain nombre de fréquences autour de celle utilisée et à mesurer leur niveau.

Kenwood permet de choisir quatre largeurs de Visual Scan :

  • Mode 1 : 23 canaux ;
  • Mode 2 : 33 canaux ;
  • Mode 3 : 57 canaux ;
  • Mode 4 : 115 canaux.

Le bouton VISUAL, directement accessible sur la façade, permet d’ailleurs d’activer cette fonction.

Sur un SDR, une portion du spectre est observée pratiquement simultanément. Avec le TM-D750, le récepteur va au contraire examiner successivement les différents canaux.

Cette différence est fondamentale.

TM-D750 : SDR contre Visual Scan

SDR et TM-D750 : le premier observe une portion de spectre simultanément, tandis que le second construit son affichage par balayages successifs.

Alors, d’où vient le waterfall ?

C’est précisément là que Kenwood a fait évoluer le principe.

Un Visual Scan classique donne une photographie de l’activité détectée pendant le balayage. Mais une émission qui disparaît quelques secondes plus tard risque également de disparaître de l’affichage.

Le TM-D750 conserve désormais l’historique des niveaux relevés lors des balayages précédents.

TM-D750 : Comment se construit le waterfall

Le TM-D750 répète ses balayages et conserve les niveaux détectés : leur succession construit progressivement le waterfall.

Kenwood décrit officiellement la fonction comme permettant d’afficher non seulement le niveau des signaux actuellement scannés, mais également l’historique des niveaux détectés précédemment, sous la forme d’un waterfall couleur.

Autrement dit, l’écran ne nous montre plus seulement :

« Qu’est-ce qui émet maintenant ? »

Il peut également nous montrer :

« Qu’est-ce qui a émis ici il y a quelques instants ? »

Et sur les bandes VHF/UHF, cette différence peut devenir très intéressante.

Trouver une fréquence active

Imaginons que nous arrivions dans une région que nous connaissons mal.

Avec un poste traditionnel, nous pouvons lancer un scan. Le récepteur saute alors de fréquence en fréquence jusqu’à trouver un signal suffisamment puissant pour ouvrir le squelch.

C’est efficace, mais nous ne voyons pratiquement rien de l’activité environnante.

Le Visual Scan apporte une dimension supplémentaire : plusieurs fréquences sont représentées simultanément à l’écran.

Une fréquence régulièrement utilisée va donc progressivement laisser une trace identifiable.

Pour rechercher de l’activité simplex sur 145 MHz, par exemple, cela devient beaucoup plus parlant que de tourner continuellement le VFO.

Retrouver une émission que l’on a manquée

Voilà probablement l’un des meilleurs arguments en faveur du waterfall.

Supposons qu’une station transmette pendant quatre secondes alors que nous regardons ailleurs. Lorsque nous revenons sur le poste, la fréquence est redevenue silencieuse.

Avec un simple S-mètre : nous n’avons rien vu.

Avec un scan traditionnel : nous avons peut-être raté la transmission.

Avec l’historique du waterfall : une trace peut rester visible.

Nous savons alors qu’il s’est passé quelque chose à cet endroit du spectre et pouvons nous placer sur la fréquence pour attendre la prochaine transmission.

Cela peut concerner une conversation simplex, un relais brièvement activé, une balise ou certaines transmissions numériques.

Pourquoi le balayage reste pertinent en VHF/UHF

On pourrait objecter qu’un scanner est forcément moins performant qu’un véritable analyseur de spectre. C’est exact.

Mais l’utilisation de nos bandes VHF/UHF joue plutôt en sa faveur.

Une communication FM vocale dure généralement plusieurs secondes et les fréquences utilisées sont organisées suivant des pas relativement importants.

Le récepteur dispose donc d’un certain temps pour tomber sur le signal.

C’est très différent d’une recherche de petits signaux numériques extrêmement étroits et très courts en HF.

Plus une transmission reste présente longtemps par rapport à la durée nécessaire pour effectuer un balayage complet, plus sa probabilité d’être détectée augmente.

Le Visual Scan est donc particulièrement bien adapté à une recherche d’activité radio, plutôt qu’à une analyse précise du spectre.

Voir vivre une portion de bande

Après plusieurs balayages, le waterfall peut donner une représentation assez intuitive de l’occupation des fréquences.

Une fréquence peut apparaître régulièrement.

Une autre seulement de temps en temps.

Une troisième rester totalement silencieuse.

Le radioamateur obtient progressivement une sorte de carte temporelle de l’activité locale.

C’est finalement assez différent de notre façon habituelle d’utiliser un poste FM. Nous avons tendance à mémoriser quelques relais et quelques fréquences simplex puis à écouter uniquement celles-ci.

Le waterfall permet au contraire de regarder ce qui se passe autour de notre fréquence habituelle.

TM-D750 : À quoi ça sert sur 2 m ?

Sur 2 m et 70 cm, le waterfall permet de distinguer d’un coup d’œil activité continue, transmissions intermittentes et fréquences silencieuses.

Intéressant également pour les relais

Prenons maintenant un radioamateur en déplacement.

Il dispose peut-être d’une longue liste de relais dans les mémoires de son poste, mais lesquels sont réellement actifs à cet instant ?

Un affichage graphique de l’activité peut rapidement devenir intéressant.

Cela peut être utile lors d’un trajet, d’une sortie portable, d’une activation POTA ou simplement lors de vacances dans une région inconnue.

Le TM-D750 dispose par ailleurs de 1 000 canaux mémoire et jusqu’à 1 500 entrées dans ses listes de répéteurs, ce qui montre bien son orientation vers l’exploitation mobile et itinérante.

Kenwood n’a pas inventé le Visual Scan avec le D750

La filiation avec le TM-D710 est intéressante.

Celui-ci possédait déjà une fonction Visual Scan permettant de surveiller graphiquement 31, 61, 91 ou 181 canaux.

Le principe n’est donc pas nouveau chez Kenwood.

La nouveauté importante du TM-D750 est d’avoir associé cette philosophie de balayage à un historique représenté sous forme de waterfall couleur.

Ce n’est d’ailleurs pas non plus le premier poste VHF/UHF à proposer un affichage waterfall. L’intérêt du TM-D750 est ailleurs : Kenwood modernise une fonction historiquement présente sur ses mobiles et l’intègre directement à leur logique d’exploitation.

S-mètre, scan, Visual Scan ou waterfall ?

La différence peut finalement se résumer assez simplement :

Fonction Ce qu’elle nous apprend
S-mètre Niveau du signal sur une fréquence
Scan Recherche une fréquence occupée
Visual Scan Montre graphiquement l’activité sur plusieurs fréquences
Visual Scan + waterfall Ajoute l’historique de cette activité
Spectrum scope SDR Observe simultanément une portion de spectre

Cette dernière ligne est importante.

Le waterfall du TM-D750 ne transforme absolument pas le poste en analyseur de spectre.

Il faut aussi connaître ses limites

Une émission très courte peut parfaitement apparaître entre deux passages du scanner et donc ne jamais être détectée.

La représentation obtenue ne permettra pas non plus d’examiner précisément la largeur d’un signal, ses bandes latérales ou les caractéristiques détaillées de sa modulation comme nous pourrions le faire avec un véritable SDR.

Et plus nous demandons au Visual Scan de surveiller de canaux, plus le principe même du balayage impose des compromis.

Il faut donc considérer cet affichage pour ce qu’il est : un outil permettant de visualiser l’activité radio détectée au cours de balayages successifs.

Et non un analyseur FFT déguisé.

Gadget ou véritable outil ?

Sur un transceiver HF moderne, le waterfall est devenu tellement pratique qu’il serait aujourd’hui difficile d’imaginer certains postes sans lui.

En VHF/UHF, son importance est différente.

Nous connaissons généralement les fréquences que nous voulons utiliser et nous travaillons beaucoup avec des canaux mémorisés et des relais. Le waterfall n’est donc certainement pas indispensable pour réaliser un QSO.

Mais il apporte quelque chose que le traditionnel scan ne peut pas offrir aussi facilement : une représentation visuelle et surtout historique de l’activité radio environnante.

Et c’est probablement ainsi qu’il faut comprendre la fonction du TM-D750.

Son waterfall n’est pas destiné à transformer notre bibande en SDR.

Il permet simplement de voir ce que le scanner a entendu pendant que nous ne regardions pas la fréquence.

Une nuance technique importante… qui pourrait bien rendre le Visual Scan beaucoup plus utile qu’il n’y paraît.

De FreeDV à la télévision Full-HD : combien de bits peut-on réellement faire passer dans nos bandes radioamateurs ?

Banniere : De FreeDV à la télévision Full-HD

Lorsque nous parlons de transmission numérique, nous mélangeons facilement hertz, bauds et bits par seconde. Pourtant, ce sont trois choses bien différentes. Entre une conversation en FreeDV qui tient dans quelques kilohertz et une image de télévision HD transmise en DATV, l’écart paraît gigantesque.

Mais combien d’informations peut-on réellement faire passer dans une bande radio ? Et surtout, comment peut-on transmettre de la vidéo avec seulement quelques centaines de kilohertz de spectre ?

quelques bit/s → plusieurs Mbit/s

Du FreeDV à la DATV Full-HD, le débit passe de quelques bit/s à plusieurs Mbit/s.

Un hertz n’est pas un bit par seconde

Commençons par trois définitions.

La largeur de bande, exprimée en hertz, représente l’espace occupé par notre signal dans le spectre. Le débit symbole, exprimé en bauds ou symboles par seconde, indique combien de symboles sont transmis chaque seconde. Enfin, le débit binaire, exprimé en bit/s, mesure la quantité d’information transportée.

Un symbole peut justement représenter plusieurs bits.

Modulation Nombre d’états Bits par symbole
BPSK 2 1
QPSK 4 2
8PSK 8 3
16APSK/QAM 16 4
32APSK 32 5

autour de la partie BPSK/QPSK/8PSK pour expliquer les bits par symbole,

Plus un symbole représente de bits, plus le débit augmente — mais le signal devient aussi plus exigeant à décoder.

Prenons une transmission QPSK à 333 kS/s. Chaque symbole représentant deux bits, nous obtenons théoriquement :

333 000 × 2 = 666 000 bit/s

Nous avons donc déjà 666 kbit/s bruts. Mais ils ne seront pas tous disponibles pour transporter notre voix, nos données ou notre vidéo.

Où disparaissent les bits ?

Une liaison radio n’est jamais parfaite. Bruit, fading, parasites et erreurs de transmission imposent d’ajouter des informations permettant au récepteur de retrouver les données perdues.

C’est le rôle du FEC — Forward Error Correction.

Avec un FEC 2/3, par exemple, seuls deux bits sur trois correspondent schématiquement aux données protégées : le reste sert à la correction.

Notre transmission précédente devient donc approximativement :

666 kbit/s × 2/3 = 444 kbit/s

Et ce n’est pas encore exactement le débit vidéo disponible : il faut également tenir compte des trames, synchronisations, pilotes et autres informations nécessaires au système.

Voilà pourquoi annoncer seulement un « symbol rate » ne suffit pas pour connaître le débit réellement exploitable.

FreeDV : faire parler quelques centaines de bits

FreeDV constitue un remarquable exemple de ce que permettent les transmissions numériques sur HF.

Au lieu de transmettre directement notre voix comme en SSB, celle-ci est analysée et fortement compressée par un codec vocal. Les informations produites sont ensuite protégées contre les erreurs puis modulées pour être transmises par radio.

Les modes historiques de FreeDV ont ainsi démontré qu’une conversation intelligible pouvait être transportée avec des débits extrêmement faibles, de l’ordre du kilobit par seconde.

FreeDV évolue d’ailleurs rapidement. En 2026, le projet travaille notamment autour de RADE, une nouvelle génération reposant sur des techniques d’apprentissage automatique ; le développement de FreeDV 3.0 prévoit même le retrait de plusieurs anciens modes, dont 700D/E et 1600.

Cela illustre parfaitement une première règle :

le débit nécessaire dépend énormément de ce que nous voulons transmettre et de la manière dont nous le compressons.

Et dans nos habituels 2,7 kHz ?

Imaginons maintenant disposer d’un canal radio de la largeur d’une émission SSB, soit environ 2,7 kHz.

On pourrait y transporter de la voix analogique, de la voix numérique, des données ou des images très lentement. Mais affirmer que 2,7 kHz permettent de transporter exactement 2 700 bit/s serait faux.

Tout dépend de l’efficacité spectrale de la transmission.

Elle peut s’exprimer en :

bit/s/Hz

Et c’est une notion beaucoup plus intéressante pour comparer deux systèmes.

Le transpondeur bande étroite de QO-100 en fournit d’ailleurs une jolie démonstration : dans le même environnement radio, AMSAT-DL prévoit de la SSB limitée à 2 700 Hz, une balise BPSK à 400 bit/s et même une balise multimédia 8APSK à 7 200 bit/s.

Alors, pourquoi ne pas mettre toujours plus de bits ?

Parce que la nature finit par nous présenter l’addition.

Une modulation QPSK possède quatre états. Avec 8PSK, nous en avons huit. Avec 16APSK, seize et avec 32APSK, trente-deux.

Plus les états deviennent nombreux, plus le récepteur doit être capable de les distinguer malgré le bruit.

Les spécifications DVB-S2/S2X montrent très bien cette progression : les modulations offrant une efficacité spectrale élevée exigent également un rapport signal/bruit nettement supérieur. Certaines extensions DVB-S2X atteignent même 64, 128 ou 256 états, mais avec des exigences radio autrement plus sévères.

En pratique, il faut donc choisir entre débit, robustesse et largeur de bande.

Avec la DATV, nous changeons d’échelle

Passons maintenant à la télévision numérique amateur.

Les radioamateurs utilisent notamment le DVB-S2, particulièrement bien adapté aux transmissions par satellite et à la DATV.

Prenons encore notre exemple :

333 kS/s en QPSK = 666 kbit/s bruts.

chemin : 333 kS/s → QPSK → FEC → vidéo compressée

De 333 kS/s à l’image Full-HD : modulation, FEC et compression déterminent le débit vidéo réellement disponible.

Après application du FEC et des différents overheads, il reste quelques centaines de kilobits par seconde utilisables.

Et cela peut déjà suffire pour transmettre de la vidéo !

La clé s’appelle évidemment compression vidéo. Une caméra Full-HD produit naturellement une quantité gigantesque de données, mais des codecs comme H.264 ou H.265 recherchent les redondances entre les images et évitent de retransmettre inutilement ce qui n’a pratiquement pas changé.

Une personne parlant devant une caméra fixe est donc beaucoup plus facile à compresser qu’une retransmission sportive remplie de mouvements.

QO-100 : un laboratoire grandeur nature

Le transpondeur large bande de QO-100 constitue une extraordinaire démonstration.

Son plan de bande DATV prévoit différentes catégories d’émissions :

  • 1 MS/s pour les transmissions larges ;
  • 333 et 250 kS/s pour les transmissions étroites ;
  • 125, 66 et même 33 kS/s pour les transmissions très étroites.

La balise elle-même est indiquée à 1 500 kS/s en DVB-S2 avec FEC 4/5.

Nous sommes donc très loin de l’époque où télévision amateur signifiait nécessairement occuper plusieurs mégahertz.

Avec DVB-S2 et la compression vidéo moderne, quelques centaines de kS/s deviennent déjà exploitables pour transporter de l’image animée.

Peut-on vraiment transmettre de la Full-HD ?

Oui, mais le terme Full-HD peut être trompeur.

Full-HD indique essentiellement une définition de 1920 × 1080 pixels. Il ne définit pas le débit nécessaire pour transporter ces images.

Sans compression, à 25 images/s et avec 24 bits par pixel, un calcul simplifié donne :

1920 × 1080 × 25 × 24 ≈ 1,24 Gbit/s !

Autant dire que nous n’allons pas transmettre cela directement sur QO-100.

Mais une fois compressée, cette même vidéo peut descendre à quelques mégabits par seconde, voire beaucoup moins en acceptant certains compromis sur la qualité, la cadence d’image et le contenu.

C’est ainsi qu’une image portant fièrement l’étiquette 1080p peut être transmise avec un débit finalement assez modeste.

Combien peut-on donc transmettre ?

Quelques ordres de grandeur permettent de visualiser l’incroyable étendue des possibilités :

Transmission Débit envisageable
Télémétrie très lente quelques bit/s
Modes numériques faibles signaux dizaines de bit/s
Voix numérique très compressée ~1 kbit/s
Données HF quelques kbit/s
Données numériques VHF/UHF dizaines à centaines de kbit/s
DATV très étroite ~100 à 200 kbit/s
DATV 333 kS/s quelques centaines de kbit/s
DATV 1 MS/s autour du Mbit/s et davantage selon le MODCOD
DATV large plusieurs Mbit/s

Ces valeurs restent volontairement des ordres de grandeur : le débit réel dépend de la modulation, du FEC, du roll-off et de tous les mécanismes utilisés par le protocole.

Et Shannon dans tout cela ?

En 1948, Claude Shannon formalisa une limite fondamentale des télécommunications. La capacité théorique d’un canal peut s’écrire :

C = B × log₂(1 + S/N)

avec B la largeur de bande et S/N le rapport signal/bruit.

Derrière cette formule apparemment savante se cache une idée très simple :

pour transmettre davantage d’informations, il faut davantage de bande passante, un meilleur rapport signal/bruit… ou utiliser plus intelligemment les deux.

On ne peut donc pas multiplier éternellement le débit dans les mêmes 2,7 kHz simplement en inventant une modulation comportant toujours davantage d’états.

Du murmure numérique à la télévision

Nous pouvons maintenant répondre à notre question initiale.

Une liaison radioamateur peut transporter quelques bits par seconde lorsqu’on privilégie la robustesse extrême, environ un kilobit par seconde pour de la voix fortement compressée, des centaines de kilobits par seconde en DATV étroite et plusieurs mégabits par seconde lorsque suffisamment de spectre et de rapport signal/bruit sont disponibles.

Entre FreeDV et une émission DATV Full-HD, le principe reste finalement exactement le même.

Nous échangeons en permanence largeur de bande, puissance, rapport signal/bruit, robustesse et débit.

Et c’est peut-être là que le numérique devient particulièrement passionnant pour le radioamateur : faire passer le maximum d’informations dans le minimum de spectre… tout en réussissant encore à les décoder à l’autre bout !

Liens utiles pour aller plus loin

POTA : quelle antenne planter dans le décor ? 3/8

POTA quelle antenne

Dans notre précédent article, « POTA : tout le shack dans un sac à dos ! », nous avons vu comment constituer une station portable avec transceiver, batterie, mât, coaxial et quelques accessoires indispensables.

Mais nous avons volontairement laissé de côté un élément essentiel : l’antenne.

Car entre 5 W envoyés dans une antenne correctement installée et 100 W dissipés dans une antenne mal adaptée au terrain, le résultat peut réserver quelques surprises ! Alors, EFHW, dipôle, verticale ou simple fouet télescopique : que faut-il emporter pour une activation POTA ?

La meilleure antenne POTA n’existe pas !

Commençons par casser le suspense : il n’existe pas une antenne idéale pour toutes les activations.

Une antenne excellente au sommet d’une colline peut devenir très encombrante sur une petite aire de pique-nique. Une EFHW ultralégère sera parfaite pour marcher plusieurs kilomètres, mais encore faut-il pouvoir déployer son fil. Une verticale sera autonome au milieu d’une prairie, mais demandera une installation correcte de ses radians.

Le choix dépend donc du terrain, des bandes utilisées, du poids transportable, du temps de montage et du type d’activation.

Les quatre grandes antennes POTA

Quatre antennes pour quatre façons d’activer en POTA : EFHW légère et polyvalente, dipôle simple et efficace, verticale autonome avec ses radians ou fouet raccourci pour une installation express. Le meilleur choix dépend surtout du terrain, des bandes utilisées, de l’espace disponible et du poids que vous êtes prêt à transporter.

L’EFHW : quelques mètres de fil dans le sac

L’End-Fed Half-Wave, ou EFHW, est particulièrement séduisante en portable.

Le principe consiste à alimenter un fil proche d’une demi-onde à son extrémité, où l’impédance est élevée. Un transformateur, généralement autour de 49:1, permet de ramener cette impédance vers une valeur exploitable par le transceiver.

Son principal avantage est son poids : quelques dizaines de mètres de fil et un petit transformateur tiennent facilement dans une poche.

Une EFHW conçue pour 40 m peut également permettre de travailler sur plusieurs bandes harmoniques, selon sa réalisation et son environnement.

Elle peut être installée horizontalement, en sloper ou en L inversé.

Attention cependant : l’extrémité alimentée présente une tension RF élevée. Il faut donc conserver les connexions correctement isolées et hors de portée du public.

Le dipôle : simple, efficace et toujours d’actualité

Deux morceaux de fil, une alimentation au centre : difficile de faire beaucoup plus simple.

Pour déterminer une longueur de départ d’un dipôle demi-onde :

L (m) ≈ 143 / f (MHz)

Sur 14,2 MHz, nous obtenons environ 10 mètres au total, soit approximativement 5 mètres de chaque côté.

En POTA, le montage en V inversé est particulièrement intéressant : un seul mât central suffit, les extrémités descendant vers le sol.

Le dipôle monobande est peu compliqué à régler et offre généralement un excellent rendement. Son principal défaut est justement d’être monobande, sauf à construire une version multibande, par exemple avec plusieurs doublets.

La verticale : quand il n’y a pas un arbre à l’horizon

Une prairie parfaitement dégagée est agréable pour la radio… jusqu’au moment où l’on cherche quelque chose pour accrocher son fil !

Une verticale quart d’onde devient alors une excellente candidate.

Sa longueur théorique de départ est approximativement :

L (m) ≈ 71,5 / f (MHz)

À 14,2 MHz, cela représente environ 5 mètres : parfaitement compatible avec un fouet télescopique ou un petit mât.

Mais n’oublions pas la moitié invisible de l’antenne : les radians.

Le sol et les conducteurs placés à sa base participent directement au fonctionnement de la verticale. Plusieurs radians déployés sur le sol peuvent considérablement améliorer une installation par rapport à un simple fouet planté sur un trépied.

Autre avantage : la verticale rayonne à 360°, ce qui convient particulièrement bien lorsque les Hunters peuvent arriver de toutes les directions.

Le fouet raccourci : monté avant que le café refroidisse

Lorsque l’espace est vraiment limité, un fouet télescopique associé à une bobine ou à un dispositif d’adaptation peut permettre d’être opérationnel en quelques minutes.

C’est particulièrement intéressant depuis une table de pique-nique ou près d’un véhicule.

Mais les lois de la physique ne prennent pas de vacances au parc !

Plus une antenne devient courte par rapport à la longueur d’onde, plus sa résistance de rayonnement diminue et plus les pertes prennent de l’importance. Le phénomène devient particulièrement sensible sur 40 et 80 mètres.

Un fouet compact peut donc être extrêmement pratique sans nécessairement offrir le rendement d’un dipôle grandeur réelle.

Même parc, quatre façons d'installer son antenne

Un même parc, quatre installations possibles : l’EFHW profite des arbres, le dipôle en V inversé demande surtout un mât central, la verticale s’affranchit des points d’accroche mais nécessite de l’espace pour ses radians, tandis que le fouet raccourci se contente de quelques mètres carrés. Avant de sortir l’antenne du sac, observez donc le terrain !

Et le coupleur dans tout ça ?

Un coupleur automatique peut être très pratique en portable, particulièrement lorsque l’on souhaite changer rapidement de bande.

Mais attention à une confusion fréquente :

ROS 1:1 ne signifie pas forcément bon rendement.

Le coupleur adapte l’impédance présentée au transceiver afin que celui-ci puisse transférer correctement sa puissance. Il ne peut pas supprimer les pertes d’une antenne trop courte, d’une mauvaise installation ou d’un système de radians insuffisant.

Autrement dit, le TX peut être parfaitement heureux alors qu’une partie importante des watts chauffe ailleurs !

20 ou 40 mètres : le sac ne sera pas le même

La bande choisie influence directement les dimensions de notre installation.

Sur 20 m, un dipôle mesure environ 10 m et une verticale quart d’onde environ 5 m.

Sur 40 m, nous passons approximativement à 20 m pour le dipôle et 10 m pour le quart d’onde.

Cela explique pourquoi les antennes raccourcies deviennent tentantes lorsque l’on descend en fréquence.

Pour une première activation, le 20 m constitue donc une bande particulièrement confortable en termes de dimensions d’antenne, tandis que le 40 m reste très intéressant pour des liaisons plus régionales selon l’heure et la propagation.

Alors, laquelle mettre dans le sac ?

Voici quelques pistes pratiques :

Situation Solution à envisager
Randonnée / station QRP EFHW légère
Un seul mât disponible Dipôle en V inversé
Aucun arbre disponible Verticale + radians
Très peu d’espace Fouet télescopique
Installation très rapide Verticale ou fouet
Plusieurs bandes recherchées EFHW / multibande
Activation depuis le véhicule Verticale sur support
Rendement privilégié Dipôle résonant

Ce tableau n’est évidemment pas un classement. Chaque terrain peut faire mentir nos prévisions !

Quelle antenne POTA choisir ?

Quelle antenne choisir pour une activation POTA ? À pied ou en voiture, avec ou sans arbres, beaucoup ou peu d’espace : quelques questions suffisent pour orienter le choix entre EFHW, dipôle en V inversé, verticale à radians et fouet raccourci. Il n’existe pas d’antenne universelle : la meilleure sera celle adaptée au terrain… et que vous maîtrisez déjà.

Testez-la avant de partir !

La pire façon de découvrir une nouvelle antenne consiste probablement à la sortir de son emballage au milieu du parc.

Montez-la auparavant dans le jardin ou sur un terrain connu. Mesurez son ROS, vérifiez les bandes réellement utilisables, repérez la longueur des haubans et entraînez-vous à la monter.

Vous découvrirez peut-être qu’il manque un adaptateur, qu’un câble est trop court ou que le fameux mât « ultraléger » se transforme en canne à pêche dès que le vent souffle.

Une activation POTA doit rester un plaisir.

Et finalement, la meilleure antenne POTA sera souvent celle que vous connaissez suffisamment bien pour l’installer rapidement, correctement et sans mauvaise surprise.

Dans notre prochain volet, nous laisserons enfin le matériel tranquille pour passer au trafic : « POTA : 10 QSO avant l’apéro ! » Comment choisir sa bande, se spotter, lancer son CQ et décrocher les dix contacts nécessaires à une activation réussie ?

Yaesu FTX-1 : nouveau firmware et enfin le logiciel ADMS-19

Bannier Yeasu FTX-1 ADMS19

Le Yaesu FTX-1 poursuit son évolution. Après plusieurs mises à jour depuis sa commercialisation, Yaesu propose un nouveau firmware accompagné d’une nouveauté particulièrement attendue : ADMS-19, le logiciel permettant de gérer plus facilement les mémoires du transceiver depuis un ordinateur.

FTX-1 Yaesu et ADMS19

Le Yaesu FTX-1 peut désormais profiter du logiciel ADMS-19 pour la gestion de ses mémoires.

Un nouveau firmware pour le FTX-1

Cette mise à jour concerne plusieurs composants logiciels internes du FTX-1 :

  • DISPLAY : 01-10
  • MAIN : 01-13
  • DSP : 01-10
  • SDR : 01-06 (inchangé)
  • OPT : 01-14

Comme souvent avec les équipements SDR modernes, le FTX-1 repose sur plusieurs firmwares indépendants. Il est donc important de vérifier les différentes versions présentes dans le poste avant d’effectuer la mise à jour.

Mais cette fois, l’intérêt principal n’est probablement pas dans les numéros de version.

ADMS-19 : enfin !

La véritable nouveauté est l’arrivée d’ADMS-19 (Amateur Data Management System), le logiciel de gestion destiné spécifiquement au FTX-1.

Ce type d’outil existe déjà pour plusieurs transceivers Yaesu. Il permet de préparer et modifier confortablement sur ordinateur les mémoires du poste, plutôt que de tout saisir depuis son écran.

Et sur un appareil aussi polyvalent que le FTX-1, capable de travailler en HF, 50 MHz, VHF et UHF, l’intérêt est évident.

Fréquences favorites, relais, noms des mémoires, modes, décalages ou encore tonalités peuvent rapidement représenter des dizaines, voire des centaines d’entrées. ADMS-19 devrait rendre leur organisation beaucoup plus pratique.

Mise à jour par carte microSD

La mise à jour du FTX-1 s’effectue à l’aide d’une carte microSD, préalablement formatée dans le transceiver.

Les fichiers du firmware sont ensuite placés dans le dossier prévu sur la carte avant de lancer la procédure depuis le FTX-1.

Comme toujours, il faudra suivre scrupuleusement les instructions de Yaesu et surtout ne jamais interrompre l’alimentation pendant la mise à jour.

Le FTX-1 continue de mûrir

Depuis son lancement, le FTX-1 a déjà reçu plusieurs améliorations importantes par logiciel. WIRES-X, par exemple, n’est arrivé qu’avec une mise à jour publiée en mars 2026.

L’arrivée d’ADMS-19 confirme donc une tendance : le matériel était là, mais l’environnement logiciel du FTX-1 continue progressivement de se compléter.

On pourra évidemment regretter qu’un logiciel de gestion des mémoires arrive aussi tard pour un transceiver de cette catégorie.

Mais pour les possesseurs du FTX-1, l’essentiel est ailleurs : ADMS-19 est enfin là, et programmer son FTX-1 depuis un PC devrait devenir beaucoup plus confortable.

Icom IC-7110 : le X-026 enfin dévoilé — que vaut réellement le successeur de l’IC-7100 ?

Banniere ICOM IC7110

Depuis plusieurs mois, Icom entretenait le mystère autour d’un nouveau transceiver désigné simplement sous le nom de code X-026. Quelques silhouettes, un prototype volontairement dissimulé et suffisamment d’indices pour alimenter les spéculations…

Le voile vient finalement de tomber au Tokyo Ham Fair 2026 : le X-026 devient officiellement Icom IC-7110.

Et le choix de cette référence n’est évidemment pas anodin. L’IC-7110 est présenté comme le successeur direct de l’IC-7100, apparu en 2013 et dont la production japonaise s’est achevée en 2025.

Treize ans plus tard, Icom conserve donc la philosophie de son célèbre « couteau suisse » HF/VHF/UHF, mais lui offre une sérieuse cure de modernisation.

Alors, simple IC-7100 avec un bel écran couleur ou véritable nouvelle génération ?

Un véritable descendant de l’IC-7100

La première bonne nouvelle est qu’Icom n’a pas bouleversé le concept.

L’IC-7110 reste un transceiver HF, 50, 144 et 430 MHz, capable de fonctionner en SSB, CW, AM, FM, RTTY et bien entendu en D-STAR. La version destinée au marché européen doit également couvrir la bande des 70 MHz (4 mètres).

Icom conserve surtout l’architecture qui faisait l’originalité de l’IC-7100 : le poste est constitué d’une unité radio séparée de la façade de commande.

Les deux éléments sont reliés par un câble de 3,5 mètres, avec un câble de 5 mètres annoncé en option.

C’est particulièrement pratique en mobile : l’unité radio peut disparaître sous un siège ou dans le coffre tandis que seule la façade reste accessible au conducteur.

Attention toutefois : contrairement à ce que certaines premières images du projet X-026 pouvaient laisser imaginer, la façade n’est pas un transceiver autonome. Elle doit obligatoirement être reliée au boîtier radio.

architecture particulière de l'IC-7110

Architecture de l’Icom IC-7110 : une façade déportée reliée à l’unité radio HF/VHF/UHF.

Enfin un véritable affichage SDR

C’était probablement le domaine dans lequel l’IC-7100 accusait le plus son âge.

Son petit écran tactile monochrome était novateur en 2013, mais paraît aujourd’hui bien rudimentaire face aux interfaces des IC-7300 ou IC-705.

L’IC-7110 adopte donc un écran tactile couleur de 4,3 pouces, accompagné de commandes physiques rétroéclairées.

On retrouve surtout ce qui est devenu pratiquement indispensable sur un transceiver moderne : analyseur de spectre en temps réel et waterfall.

Le radioamateur peut ainsi visualiser instantanément l’activité autour de la fréquence utilisée, repérer un signal puis se déplacer directement dessus.

L’interface reprend clairement la philosophie de l’IC-705, ce qui devrait permettre aux utilisateurs des SDR récents d’Icom de retrouver rapidement leurs habitudes.

Un récepteur à échantillonnage direct

La modernisation ne se limite pas à l’écran.

Selon les premières informations communiquées lors du Ham Fair, le récepteur de l’IC-7110 utilise une architecture SDR à échantillonnage direct, comme l’IC-705.

Dans ce type d’architecture, le signal RF reçu est numérisé beaucoup plus tôt dans la chaîne de réception qu’avec un transceiver superhétérodyne traditionnel. Une grande partie du traitement — filtrage, démodulation, largeur de bande — peut ensuite être réalisée numériquement.

C’est cette architecture qui permet notamment d’obtenir les analyseurs de spectre rapides et les waterfalls auxquels nous sommes désormais habitués.

Il faudra cependant attendre des mesures indépendantes pour juger réellement les performances du récepteur : dynamique, comportement en présence de signaux puissants, bruit de phase, sélectivité, etc.

Sur ce point, une fiche commerciale ne remplacera jamais un passage au banc de mesure !

Deux bandes simultanément

Voici probablement l’une des évolutions les plus intéressantes par rapport à l’IC-7100 : l’IC-7110 permet la réception simultanée de deux bandes différentes.

Les premières informations indiquent notamment les combinaisons :

HF + 144 MHz

HF + 430 MHz

144 + 430 MHz

Voilà qui change considérablement l’utilisation d’un appareil multibande.

On pourra par exemple réaliser un QSO sur 20 mètres tout en surveillant le relais VHF local, écouter simultanément une fréquence VHF et une fréquence UHF ou conserver une fréquence d’appel active pendant une activité HF.

L’arrière du boîtier présente d’ailleurs deux sorties haut-parleur et deux connecteurs d’antenne.

Attention cependant à ne pas confondre double réception et full duplex. Les possibilités précises d’émission/réception simultanées devront être vérifiées lorsque la documentation technique complète sera publiée.

Wi-Fi, Bluetooth, GNSS et USB-C

Treize années séparent l’IC-7100 de son successeur et cela se remarque également côté connectivité.

L’IC-7110 reçoit désormais :

  • le Wi-Fi ;
  • le Bluetooth 5.3 ;
  • un récepteur GNSS intégré ;
  • une interface USB Type-C ;
  • un emplacement pour carte SD ;
  • une interface réseau LAN.

Le Bluetooth permettra notamment l’utilisation de casques ou accessoires audio sans fil.

Le Wi-Fi va plus loin. Icom annonce la possibilité de connecter directement le transceiver à Internet afin d’effectuer certaines mises à jour en ligne, notamment le firmware et les listes de répéteurs D-STAR.

La télécommande via le logiciel RS-BA1 est également annoncée.

Nous sommes donc très loin de la connectivité proposée par l’IC-7100 à sa sortie.

D-STAR toujours présent

Sans surprise, Icom conserve son mode numérique maison D-STAR.

Mais l’environnement qui l’accompagne devient beaucoup plus moderne.

Grâce au GNSS, au Wi-Fi et à la possibilité de récupérer les informations de répéteurs en ligne, l’utilisation mobile ou portable devrait être nettement plus confortable.

L’IC-7110 dispose également d’une fonction de surveillance des répéteurs D-STAR.

Ce n’est donc pas une révolution du protocole D-STAR lui-même, mais plutôt une modernisation complète de son intégration dans le transceiver.

Une petite surprise européenne : le 70 MHz

La version destinée au Royaume-Uni et à l’Europe devrait proposer la bande 70 MHz, également appelée bande des 4 mètres.

C’est une excellente nouvelle pour les radioamateurs européens disposant de cette allocation.

Il faudra évidemment tenir compte des réglementations nationales : l’existence de la bande dans le transceiver ne signifie pas automatiquement qu’elle puisse être utilisée partout avec les mêmes limites de fréquence et de puissance.

Les télégraphistes ne sont pas oubliés

L’IC-7110 récupère également une fonction récemment apparue sur l’IC-7300MK2 : le décodage CW intégré.

Le transceiver peut donc afficher les caractères Morse décodés directement à l’écran.

Cette fonction pourra être intéressante pour l’apprentissage ou comme aide ponctuelle lorsque les conditions de réception deviennent difficiles.

Elle ne remplacera évidemment pas une bonne oreille : comme tous les décodeurs automatiques, ses performances dépendront fortement de la qualité du signal, du bruit, du QSB et de la régularité de la manipulation de la station reçue.

Toujours pas de coupleur automatique !

Voilà peut-être la première petite déception.

Malgré cette importante modernisation, l’IC-7110 ne possède toujours pas de coupleur automatique d’antenne intégré.

Icom explique ce choix par la volonté de conserver une unité radio compacte et recommande notamment l’utilisation de son coupleur externe AH-6.

Le boîtier radio mesurerait approximativement 168 × 58 × 240 mm, selon les mesures effectuées sur le modèle présenté au Ham Fair. La façade mesurerait environ 198 × 83 × 39 mm.

Ces dimensions restent provisoires tant qu’Icom n’a pas publié la fiche technique définitive.

IC-7100 contre IC-7110 : treize années d’évolution

Voici ce que donnent les principales évolutions connues à ce jour :

Fonction IC-7100 IC-7110
HF / 50 MHz Oui Oui
144 / 430 MHz Oui Oui
70 MHz Europe Selon version/limitations Oui annoncé Europe
Puissance HF/50 jusqu’à 100 W 100 W
Puissance 144 MHz jusqu’à 50 W 50 W
Puissance 430 MHz selon version 50 W annoncé
D-STAR Oui Oui
Écran Monochrome Couleur 4,3″
Waterfall Non Oui
SDR Direct Sampling Non Oui
Double réception interbandes Non Oui
Wi-Fi Non Oui
Bluetooth Non Oui, 5.3
GNSS intégré Non Oui
USB-C Non Oui
Décodeur CW Non Oui
Façade déportée Oui Oui
Coupleur automatique Non Non

On comprend immédiatement que l’IC-7110 ne constitue pas une simple évolution cosmétique.

Icom a conservé le concept de l’IC-7100, mais a pratiquement reconstruit l’électronique et l’interface autour des technologies de sa génération SDR actuelle.

Trois versions annoncées

Au Japon, trois déclinaisons ont été annoncées.

L’IC-7110S délivrerait 10 W en HF et 20 W à partir du 50 MHz.

L’IC-7110M proposerait 50 W sur toutes les bandes.

Enfin, l’IC-7110 atteindrait 100 W sur HF/50 MHz et 50 W sur 144/430 MHz.

Il faudra attendre les annonces d’Icom Europe pour connaître précisément les versions qui seront commercialisées chez nous.

Fixe, mobile ou portable ?

La polyvalence reste clairement la raison d’être de l’IC-7110.

Dans une station fixe, il pourrait remplacer plusieurs appareils avec un seul transceiver couvrant pratiquement toutes les bandes amateur usuelles du décamétrique à l’UHF.

En mobile, sa façade séparée constitue probablement son meilleur argument. Le boîtier RF peut être installé à distance tandis que le petit contrôleur reste sur le tableau de bord.

En portable, la situation est plus nuancée. L’appareil reste compact, mais il faut transporter le boîtier radio, le contrôleur, le câble et une alimentation capable de fournir la puissance nécessaire. Nous sommes donc loin de la philosophie autonome d’un IC-705.

La double réception pourrait également rendre l’IC-7110 intéressant pour certaines activités satellites, mais attendons la documentation définitive avant de lui attribuer des possibilités full duplex qui ne sont pas encore confirmées.

Alors, que vaut réellement ce successeur de l’IC-7100 ?

Sur le papier, l’évolution est considérable.

Icom semble avoir identifié presque tous les domaines dans lesquels l’IC-7100 avait pris un sérieux coup de vieux : affichage monochrome, absence de waterfall, architecture de réception ancienne génération, connectivité limitée et réception unique.

L’IC-7110 apporte en réponse SDR à échantillonnage direct, écran couleur, waterfall, double réception, Wi-Fi, Bluetooth, GNSS, USB-C et décodage CW, tout en conservant la couverture HF/VHF/UHF, le D-STAR et surtout l’excellente idée de la façade déportée.

Il subsiste néanmoins quelques inconnues importantes.

Icom n’a encore communiqué ni prix officiel, ni date précise de commercialisation, et la fiche technique définitive reste à venir. Les performances réelles du récepteur devront également être mesurées avant de pouvoir comparer sérieusement l’IC-7110 aux autres transceivers du marché.

Mais une chose paraît déjà acquise : l’IC-7110 n’est pas simplement un IC-7100 auquel Icom aurait greffé un écran couleur.

Treize ans après son prédécesseur, il reprend son concept particulièrement réussi et le transpose enfin dans la génération SDR actuelle.

Reste maintenant la question que beaucoup de radioamateurs vont se poser en regardant les premières photos du Ham Fair :

combien faudra-t-il débourser pour installer un IC-7110 dans le shack ou dans la voiture ?

Pour aller plus loin

HamLife.jp — Présentation de l’IC-7110 au Tokyo Ham Fair 2026
Premières photographies réelles du poste, caractéristiques recueillies auprès d’Icom et vidéo de présentation.
https://www.hamlife.jp/2026/08/29/hamfair2026-icom-ic7110-release/

Icom UK — Présentation officielle de l’IC-7110
Premières caractéristiques destinées notamment au marché européen.
https://icomuk.co.uk/Unveiled-Tokyo-Ham-Fair-2026-Introducing-the-New-Icom-IC-7110/2/5662/

Icom Japan
Site officiel du constructeur, à surveiller pour l’arrivée de la fiche technique et du manuel de l’IC-7110.
https://www.icom.co.jp/

Icom France
À surveiller pour les caractéristiques, disponibilité et tarif de la future version française.
https://www.icomfrance.com/

Icom — IC-7100
Documentation de l’ancien modèle permettant de comparer les deux générations.
https://www.icom.co.jp/lineup/products/IC-7100/

POTA : tout le shack dans un sac à dos ! (2/8)

POTA dans le sac

Dans notre précédent article, « POTA : la radio au vert, mode d’emploi ! », nous avons découvert les règles du Parks on the Air, comment choisir un parc et surtout où installer sa station pour que l’activation soit valide.

Cette fois, passons à la pratique : que faut-il réellement emporter pour réussir une activation POTA ? Faut-il 100 W, une énorme batterie et 20 mètres de coaxial, ou peut-on faire tenir toute la station dans un sac à dos ?

La réponse est : les deux ! POTA se prête aussi bien à la station QRP ultralégère qu’à l’installation confortable depuis une voiture. La documentation officielle distingue d’ailleurs plusieurs styles : sac à dos, table de pique-nique, vélo, voiture, camping ou installation plus importante.

Anatomie d'une station POTA

Anatomie d’une station POTA : transceiver, batterie LiFePO4, antenne, mât, coaxial, logging et quelques accessoires suffisent pour constituer une station portable efficace. L’objectif n’est pas d’emporter tout le shack, mais uniquement ce qui sera réellement utile sur le terrain.

Le transceiver : 5, 20 ou 100 W ?

Avec 5 à 10 W, un petit transceiver QRP permet de construire une station extrêmement légère. Une batterie de faible capacité suffit et tout peut tenir dans un sac. En contrepartie, il faudra davantage compter sur une bonne antenne, la propagation et le spotting.

Autour de 20 à 25 W, nous obtenons un excellent compromis : suffisamment de puissance pour faciliter les contacts tout en conservant une consommation et un poids raisonnables.

Enfin, 50 à 100 W offrent davantage de confort lorsque les conditions deviennent difficiles. Mais la consommation en émission augmente considérablement : batterie, câbles et parfois même antenne deviennent plus imposants.

POTA n’impose pas de puissance particulière : le choix dépend donc avant tout du type d’activation envisagé.

La batterie : pas besoin d’emporter une centrale électrique !

Pour le portable, les batteries LiFePO4 sont particulièrement intéressantes : elles sont relativement légères, supportent de nombreux cycles et leur tension reste assez stable pendant la décharge.

Mais quelle capacité choisir ?

Prenons une radio consommant 1 A en réception et 5 A en émission. Pour une activation de trois heures avec environ 20 % du temps en émission :

Réception : 1 A × 2,4 h = 2,4 Ah
Émission : 5 A × 0,6 h = 3 Ah

Nous obtenons environ 5,4 Ah. En ajoutant une marge confortable, une batterie de 7 à 10 Ah conviendrait.

Avec un transceiver de 100 W pouvant demander autour de 20 A en émission, le calcul change radicalement !

Avant le départ, chargez évidemment toutes les batteries. Cela semble évident, mais cette vérification figure également parmi les recommandations du guide officiel POTA.

L’antenne : quelques mètres de fil peuvent faire des miracles

Une bonne antenne est probablement plus importante que quelques dizaines de watts supplémentaires.

L’EFHW est très appréciée en portable : légère, peu encombrante et utilisable sur plusieurs bandes lorsqu’elle est correctement conçue.

Le dipôle, éventuellement monté en V inversé, reste une valeur sûre. Il demande toutefois deux brins et un support suffisamment haut.

La verticale est intéressante lorsque l’espace horizontal manque. Elle peut être très rapide à installer, mais nécessitera généralement des radians.

Enfin, un fouet télescopique associé à un système d’adaptation peut constituer une station extrêmement compacte.

Nous reviendrons en détail sur ces solutions dans un prochain article consacré aux antennes POTA.

Et comment faire tenir tout cela en l’air ?

Le mât télescopique en fibre de verre est devenu un compagnon idéal des opérations portables. Léger et repliable, il permet de supporter une antenne filaire sans transporter un pylône !

Un petit trépied, quelques haubans et des sardines peuvent compléter l’installation.

Depuis une voiture, un support maintenu sous une roue permet également d’installer rapidement un mât.

Attention toutefois : un parc n’est pas votre jardin. Certains gestionnaires interdisent de planter des piquets ou de fixer cordes et antennes aux arbres. POTA recommande donc de vérifier les règles locales avant l’installation.

Le petit adaptateur qui peut gâcher la journée

La radio est là. La batterie aussi. L’antenne est montée…

Et l’adaptateur BNC/PL-259 est resté sur l’établi !

C’est souvent le petit matériel qui fait défaut : coaxial, adaptateurs, câble d’alimentation, fusibles, microphone, manipulateur CW, écouteurs, cordelette, sardines, ruban adhésif, stylo…

La solution est toute simple : faites une checklist.

La checklist avant de fermer le coffre

La checklist avant de partir en POTA : radio, batterie chargée, antenne, mât, coaxial, adaptateurs, logging et accessoires… quelques minutes de vérification avant le départ peuvent éviter une activation écourtée par un simple câble oublié. Pensez également à votre confort, à la sécurité et au respect des règles du parc.

Le guide POTA conseille justement de vérifier deux fois le matériel, d’utiliser des listes et d’emporter des pièces de secours lorsque cela est raisonnablement possible. Il recommande également de conserver les manuels et documents utiles sur papier ou hors ligne.

Smartphone, ordinateur… ou bon vieux papier ?

Pour enregistrer les QSO, plusieurs écoles s’affrontent.

Un smartphone ou une tablette constitue une solution légère. Un ordinateur apporte davantage de confort, notamment pour les modes numériques, mais ajoute poids, câbles et consommation.

Et puis il existe cette technologie révolutionnaire qui fonctionne sans batterie :

le carnet et le crayon !

Même avec un logging informatique, gardez-en toujours un dans le sac. Le guide officiel POTA recommande lui aussi un log papier de secours : un ordinateur peut tomber en panne ou manquer d’énergie.

Après l’activation, le journal devra finalement être exporté au format ADIF pour être transmis à POTA.

Trois façons de mettre le shack dans le sac

5 W / 20 W / 100 W : quel POTA êtes-vous ?

Trois façons d’aborder le POTA : de la station QRP ultralégère de 5 à 10 W transportée à pied jusqu’à l’installation confortable de 50 à 100 W près du véhicule, chacun peut adapter puissance, batterie, antenne et matériel à son style d’activation. La station polyvalente de 20 à 25 W constitue un excellent compromis entre poids, autonomie et facilité de trafic.

Ultralégère Polyvalente Confort
Puissance 5–10 W 20–25 W 50–100 W
Batterie 3–6 Ah 6–10 Ah 10–20 Ah
Antenne EFHW / fouet EFHW / dipôle dipôle / verticale
Support mât léger mât 6–10 m mât / trépied
Logging papier / smartphone smartphone / tablette tablette / PC
Transport sac à dos sac + housse véhicule

Il n’existe donc pas une station POTA idéale. Celui qui marche plusieurs kilomètres recherchera chaque gramme superflu ; celui qui opère à quelques mètres de sa voiture pourra privilégier autonomie et confort.

Le meilleur matériel ? Celui que vous maîtrisez !

Pour une première activation, inutile de vouloir construire la station portable ultime. Commencez avec le matériel que vous connaissez déjà.

Installez même votre future station dans le jardin avant de partir : radio, batterie, mât, antenne et logging. Chronométrez le montage et vérifiez que rien ne manque.

POTA recommande de commencer par des parcs facilement accessibles et adaptés à son niveau d’expérience. Avec la pratique, on peut progressivement s’aventurer vers des activations plus exigeantes.

Car finalement, réussir une station POTA ne consiste pas à transporter tout le shack.

C’est plutôt découvrir tout ce dont on peut se passer !

Le prochain volet sera : POTA : quelle antenne planter dans le décor ? 3/8

Pour aller plus loin