
La G5RV n’est certainement pas la dernière nouveauté en matière d’antenne HF. Pourtant, malgré son âge respectable, elle mérite toujours que l’on s’y intéresse, notamment lorsqu’on débute et que l’on cherche une antenne multibande simple, économique et relativement facile à installer.
Pendant longtemps, lorsque j’entendais parler de « G5RV », j’imaginais une antenne compliquée, nécessitant obligatoirement une grosse boîte de couplage externe et toute une installation particulière. Bref, quelque chose que je laissais volontiers aux spécialistes.
Et puis je m’y suis intéressé de plus près.
Les dipôles monobandes ou les multi-dipôles, c’est très bien. Ils fonctionnent, ils sont simples à comprendre et à construire… mais à force de vouloir couvrir plusieurs bandes, on finit rapidement avec des fils et des ficelles un peu partout dans le jardin !
C’est précisément là que la G5RV devient intéressante.
Son principe est finalement assez simple : deux brins rayonnants, une section de ligne bifilaire — le fameux twin ou ladder line — puis une descente vers la station. Avec une installation correctement réalisée, l’ensemble permet de travailler plusieurs bandes HF avec une seule antenne.
Et contrairement à l’idée que je m’en faisais au départ, il n’est pas systématiquement nécessaire de disposer d’une imposante boîte de couplage externe. Selon la bande, le ROS obtenu, la longueur du coaxial et l’environnement de l’antenne, la boîte d’accord intégrée au transceiver peut suffire. Sur d’autres bandes, une boîte d’accord offrant une plage d’adaptation plus importante restera nécessaire.
Ce n’est donc pas une antenne « miraculeuse », ni une antenne parfaitement résonnante partout. C’est plutôt un compromis multibande particulièrement astucieux, imaginé par Louis Varney, G5RV, et qui continue plusieurs décennies plus tard à équiper de très nombreuses stations.
Alors, comment fonctionne réellement une G5RV ? Pourquoi cette étrange longueur de ligne bifilaire ? Quelles bandes peut-on raisonnablement utiliser ? Et surtout, peut-on facilement en construire une soi-même ?
C’est ce que nous allons voir.
Petit descriptif avec l’aide de documents repris de droite et de gauche…

Voyons maintenant d’un peu plus près l’assemblage de la ligne bifilaire (twin) avec les deux brins rayonnants.

Avant de souder la ligne bifilaire (twin), pensez à enfiler au préalable un morceau de gaine thermorétractable. Une fois les connexions réalisées, elle permettra de protéger efficacement les soudures contre l’humidité et les contraintes mécaniques.
À l’autre extrémité du twin, vous pouvez réaliser un montage similaire à l’aide, par exemple, d’une petite plaque de Plexiglas servant de support. Vous y fixerez une prise PL de châssis (SO-239) afin de poursuivre la descente vers la station avec un câble coaxial de 50 Ω.
À cet endroit, prévoyez également un choke balun 1:1 afin de limiter les courants de mode commun susceptibles de circuler sur la gaine extérieure du coaxial. Une réalisation simple consiste à bobiner environ 7 spires de coaxial sur un diamètre de 15 cm. Les dimensions optimales peuvent toutefois varier selon les bandes utilisées et le type de coaxial.
Au final, la G5RV reste une excellente antenne multibande, simple et rapide à construire, facile à installer et relativement peu coûteuse. Autant de qualités qui expliquent pourquoi, plusieurs décennies après sa conception, elle reste toujours aussi populaire chez les radioamateurs.

Autre solution…
La G5RV bande par bande : ce qu’il faut retenir
La G5RV classique mesure environ 31 mètres d’envergure, avec deux brins d’environ 15,5 m, alimentés au centre par environ 10,3 m de ligne bifilaire. Cette ligne n’est pas simplement une descente : elle participe directement à l’adaptation de l’antenne.
Conséquence : le comportement de la G5RV change fortement d’une bande à l’autre. Sur certaines bandes, la boîte d’accord interne du transceiver peut suffire ; sur d’autres, une boîte d’accord à large plage devient préférable, voire indispensable.
| Bande | Comportement de la G5RV classique | Accord |
|---|---|---|
| 80 m | Utilisable, mais l’antenne est électriquement courte | ⚠️ Boîte d’accord généralement nécessaire |
| 60 m | Utilisation possible, mais ce n’est pas une bande naturelle de la G5RV | ⚠️ Accord important à prévoir |
| 40 m | Bon fonctionnement général | ✅ Accord souvent assez facile |
| 30 m | Utilisable mais avec une impédance pouvant être élevée | ⚠️ Boîte d’accord recommandée |
| 20 m | Bande de prédilection de la G5RV | ⭐ Très favorable |
| 17 m | Utilisable avec adaptation | ⚠️ Accord généralement nécessaire |
| 15 m | Bon compromis, souvent facilement exploitable | ✅ Favorable |
| 12 m | Utilisable, mais dépend fortement de l’installation | ⚠️ Accord à prévoir |
| 10 m | Utilisable, avec un diagramme de rayonnement comportant plusieurs lobes | ✅/⚠️ Accord selon l’installation |

La G5RV sur les bandes radioamateurs : son comportement et les besoins d’adaptation varient fortement avec la fréquence. Conçue principalement pour le 20 mètres, elle peut néanmoins être exploitée sur une grande partie des bandes HF, moyennant une adaptation appropriée selon l’installation.
Le 20 mètres : là où la G5RV est vraiment chez elle
C’est un point essentiel pour comprendre cette antenne. Louis Varney, G5RV, l’avait conçue principalement comme une antenne 3/2 λ sur 20 mètres.
À cette fréquence, les deux brins horizontaux représentent ensemble environ trois demi-ondes. La ligne bifilaire joue alors son rôle d’adaptation et permet d’obtenir, à son extrémité, une impédance beaucoup plus facilement exploitable.
La G5RV est donc avant tout une excellente antenne 20 mètres qui possède l’heureuse particularité de pouvoir fonctionner sur de nombreuses autres bandes.
Et sur 80 mètres ?
Elle fonctionne, mais il faut garder à l’esprit que ses quelque 31 mètres sont nettement inférieurs à la longueur d’un dipôle demi-onde pour 3,5 MHz, qui avoisinerait 40 mètres.
L’impédance présentée à la station peut donc être assez éloignée des 50 Ω attendus par le transceiver. Une boîte d’accord disposant d’une plage suffisamment large sera généralement nécessaire.
En montant en fréquence
Sur 40, 30, 17, 15, 12 et 10 mètres, l’antenne devient progressivement longue par rapport à la longueur d’onde.
Elle rayonne alors avec plusieurs lobes : contrairement à un simple dipôle demi-onde, le maximum de rayonnement ne se trouve plus nécessairement perpendiculairement au fil.
Ce n’est pas forcément un défaut. Pour le DX, certains de ces lobes peuvent même devenir particulièrement intéressants.
Attention au ROS mesuré dans la station
Il faut enfin distinguer deux choses :
un ROS acceptable au niveau du transceiver ne signifie pas nécessairement que l’ensemble de l’antenne est parfaitement adapté.
La longueur et les pertes du coaxial peuvent modifier le ROS observé dans le shack. Avec un ROS important, un coaxial trop long ou présentant beaucoup de pertes peut dissiper une partie non négligeable de la puissance avant même qu’elle n’arrive à l’antenne.
C’est pourquoi la G5RV fonctionne particulièrement bien lorsqu’on respecte son principe d’origine : ligne bifilaire aux bonnes dimensions, coaxial de bonne qualité aussi court que raisonnablement possible et boîte d’accord lorsque celle du poste ne suffit plus.
En résumé
La G5RV n’est donc ni une antenne miraculeusement résonnante sur toutes les bandes, ni simplement un dipôle auquel on aurait ajouté un morceau de twin.
C’est un système d’antenne multibande, dans lequel le doublet et la ligne bifilaire travaillent ensemble.
Et c’est précisément ce qui fait son intérêt : avec deux fils et une seule ligne d’alimentation, on peut disposer d’une antenne HF capable de travailler sur une grande partie des bandes radioamateurs.
Le concepteur de cet aérien…
L’antenne G5RV doit son nom à son concepteur, le radioamateur britannique Louis Varney (1911-2000), dont l’indicatif était tout simplement G5RV.
Mise au point au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, vers 1946, puis largement décrite et popularisée dans la littérature radioamateur au cours des décennies suivantes, cette antenne filaire a été pensée pour offrir une solution simple et multibande aux opérateurs HF.
Son originalité réside notamment dans l’utilisation d’un doublet associé à une section de ligne bifilaire, cette dernière participant à la transformation de l’impédance avant la descente vers la station.
Simple à construire, économique et capable d’être exploitée sur plusieurs bandes décamétriques avec une adaptation appropriée, la G5RV est progressivement devenue l’une des antennes multibandes les plus connues du monde radioamateur. Près de 80 ans après sa conception, elle reste encore aujourd’hui largement construite et utilisée.

La G5RV raccourcie n c’est une super idée
Merci et meilleures 73’s
Michel F6CDT