EchoLink de A à Z — De l’inscription au premier QSO

manuel EchoLink

Imaginez : vous êtes chez vous, devant votre ordinateur ou avec votre smartphone, et quelques secondes plus tard votre voix sort d’un relais VHF situé à plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de kilomètres. À l’autre bout, un radioamateur vous répond avec son simple portatif. Le miracle de EchoLink !

Bienvenue dans EchoLink.

EchoLink est l’un des systèmes qui ont permis à Internet et à la radio amateur de travailler ensemble. Mais son fonctionnement peut sembler déroutant au début : validation de l’indicatif, numéros de nœuds, suffixes -L et -R, relais, conférences, commandes DTMF…

Nous allons donc reprendre les choses depuis le début et réaliser un véritable petit manuel d’utilisation.


1 — Qu’est-ce qu’EchoLink ?

EchoLink est un système de communication utilisant la VoIP (Voice over IP) pour relier entre elles des stations radioamateurs par Internet.

Il peut être utilisé de plusieurs façons.

La plus simple consiste à utiliser directement un ordinateur ou un smartphone : F5KEE → ordinateur → Internet → radioamateur distant

Mais EchoLink devient beaucoup plus intéressant lorsqu’une station est reliée à un émetteur-récepteur : Radio VHF/UHF → passerelle EchoLink → Internet → passerelle EchoLink → Radio VHF/UHF

Internet constitue alors une sorte de liaison entre deux installations radio distantes.

On peut également utiliser un relais : F5KEE → Internet → EchoLink → relais distant → radioamateurs locaux

C’est cette possibilité qui explique en grande partie le succès d’EchoLink.

Manuel EchoLink

EchoLink relie utilisateurs, passerelles et relais radioamateurs à travers Internet.


2 — Les différents types de stations

En consultant la liste des stations EchoLink, on rencontre plusieurs sortes d’indicatifs.

Une station utilisateur

Par exemple : F5KEE

Il s’agit d’un utilisateur connecté directement depuis un ordinateur, un smartphone ou une tablette.

C’est le mode Single-User.

Aucun émetteur-récepteur n’est nécessaire du côté de cet utilisateur.

Une passerelle « Link »

On pourrait rencontrer : F5KEE-L

Le suffixe -L, pour Link, indique une passerelle vers une fréquence radio généralement utilisée en simplex.

On pourrait donc avoir : 145,xxx MHz ↔ transceiver ↔ F5KEE-L ↔ Internet

Les radioamateurs situés dans la zone de couverture radio de F5KEE-L pourraient ainsi accéder à EchoLink avec leur poste VHF.

Une passerelle vers un relais

On pourrait également avoir : F5KEE-R

Le suffixe -R, pour Repeater, signifie que la passerelle EchoLink est associée à un relais.

Nous aurions alors : Portatif → relais VHF/UHF ↔ F5KEE-R ↔ Internet

Les suffixes -L et -R ne sont donc pas décoratifs : ils indiquent immédiatement la nature du nœud.

Les conférences

On rencontre également des noms entourés d’astérisques, par exemple : *CONF*

Il s’agit de serveurs de conférence pouvant accueillir simultanément plusieurs stations EchoLink.

Ils jouent en quelque sorte le rôle de salons de discussion radio.

Manuel EchoLink

Les quatre principaux types de stations EchoLink : utilisateur, Link (-L), relais (-R) et conférence.


3 — Le numéro de nœud : la véritable « adresse » EchoLink

Chaque station enregistrée sur EchoLink reçoit un numéro de nœud unique.

Imaginons, uniquement pour notre exemple, que F5KEE possède le numéro : 123456

Ce numéro permet d’identifier très facilement la station dans le réseau.

Sur un ordinateur, on recherche généralement une station par son indicatif. Mais depuis un poste VHF/UHF relié à une passerelle EchoLink, le numéro de nœud devient particulièrement intéressant puisqu’il peut être composé avec le clavier DTMF du poste.

Retenez donc cette distinction :

  • F5KEE = indicatif radioamateur
  • 123456 = numéro de nœud EchoLink fictif utilisé dans notre exemple

4 — Première étape : installer EchoLink

Pour commencer simplement, nous utiliserons un ordinateur.

Le logiciel EchoLink officiel est disponible sous Windows. Il existe également des applications officielles pour Android, iPhone/iPad, ainsi qu’EchoLink Web, qui fonctionne directement depuis un navigateur.

Au premier démarrage du logiciel Windows, un assistant de configuration apparaît.

Deux choix importants sont proposés : User Mode / Single-User

C’est celui que choisira le radioamateur qui débute.

Le microphone et les haut-parleurs du PC sont utilisés pour communiquer.

Dans notre exemple, nous indiquons simplement : F5KEE

Sysop Mode

Ce mode est destiné aux installations dans lesquelles un émetteur-récepteur est connecté à l’ordinateur.

Nous pourrions alors utiliser : F5KEE-L ou : F5KEE-R

Nous reviendrons sur ce mode à la fin de cet article.


5 — Pourquoi faut-il faire valider son indicatif ?

EchoLink n’est pas un système VoIP ouvert à n’importe quel internaute.

Il est destiné aux radioamateurs licenciés.

Lors de la première utilisation, l’indicatif renseigné doit donc être validé par EchoLink.

Dans notre exemple, nous demandons la validation de : F5KEE

Le système peut demander une preuve permettant de vérifier que l’indicatif appartient bien à une station radioamateur autorisée.

Une fois la validation effectuée, F5KEE peut accéder normalement au réseau.

Si l’indicatif n’est pas encore validé, la liste des stations peut rester vide ou afficher un message indiquant que la validation est en attente.

Attention également à un détail important : F5KEE, F5KEE-L et F5KEE-R sont considérés par EchoLink comme des identifiants différents et doivent être validés séparément.


6 — Découvrons l’écran principal

Une fois connecté, EchoLink affiche la liste des stations actuellement disponibles.

On peut notamment y rencontrer :

  • F1ABC — utilisateur individuel
  • F4XYZ-L — passerelle simplex
  • F6ABC-R — relais
  • *XXXX* — conférence

On trouve également l’état de certaines stations.

Une station disponible peut être appelée directement.

Une station indiquée Busy est déjà occupée ou n’accepte momentanément pas de nouvelle connexion.

EchoLink permet également de rechercher directement un indicatif particulier.


7 — Notre premier QSO

Passons maintenant à la pratique.

Supposons que F5KEE souhaite contacter F1ABC.

Nous recherchons : F1ABC

La station apparaît disponible.

Un double-clic permet d’établir la connexion.

Une fois celle-ci établie, il est préférable de patienter quelques secondes et d’écouter avant de parler.

Nous pouvons ensuite lancer notre appel : « F1ABC de F5KEE, bonjour… »

EchoLink fonctionne comme une communication radio classique : un seul correspondant parle à la fois.

Lorsque nous avons terminé notre passage, nous relâchons le PTT logiciel afin de rendre la parole au correspondant.

À la fin du QSO, il suffit de demander la déconnexion.

Notre premier QSO EchoLink est terminé !


8 — Et si nous passions par un relais ?

C’est probablement l’une des possibilités les plus intéressantes d’EchoLink.

Imaginons que F5KEE souhaite contacter des radioamateurs utilisant un relais situé dans une autre région ou dans un autre pays.

Dans la liste EchoLink apparaît : XX1ABC-R

Le -R nous indique qu’il s’agit d’une passerelle vers un relais.

Nous établissons la connexion.

Le trajet de notre voix devient alors : Micro F5KEE → ordinateur → Internet → XX1ABC-R → émetteur-récepteur → relais local → postes des radioamateurs locaux

Lorsque F5KEE appuie sur le PTT logiciel, sa voix est donc réellement retransmise sur les ondes par l’installation distante.

Les radioamateurs présents sur le relais peuvent lui répondre normalement.

Leur émission RF effectue alors le trajet inverse jusqu’à l’ordinateur de F5KEE.


9 — Dans l’autre sens : utiliser EchoLink avec son portatif

Encore plus intéressant : certains relais permettent aux radioamateurs locaux d’établir eux-mêmes des connexions EchoLink.

Imaginons que nous soyons à proximité d’un relais équipé d’EchoLink.

Avec notre simple portatif VHF/UHF : Portatif → RF Relais local → Passerelle EchoLink → Internet Nœud distant

Comment indiquer au relais quelle station nous voulons contacter ?

Grâce au DTMF.

Ce sont les tonalités que produisent les touches numériques présentes sur de nombreux postes radio.


10 — Les commandes DTMF

EchoLink permet à l’administrateur d’une passerelle, le Sysop, de définir différentes commandes DTMF.

La commande la plus importante permet de demander : Connecte-moi au nœud numéro XXXXX.

Si, dans notre exemple fictif, le numéro de F5KEE était 123456, l’utilisateur pourrait demander la connexion à ce nœud depuis son poste.

Avec la configuration EchoLink par défaut, le numéro du nœud lui-même constitue la commande de connexion.

D’autres commandes existent notamment pour rechercher une station, demander l’état du système ou provoquer une déconnexion.

Mais il existe une règle essentielle : les commandes DTMF peuvent être personnalisées par l’administrateur du relais.

Il ne faut donc jamais supposer que toutes les passerelles utilisent exactement les mêmes commandes.

Avant d’utiliser un relais EchoLink, consultez les informations publiées par son responsable.


11 — Exemple d’un QSO entièrement réalisé par radio

Imaginons maintenant deux radioamateurs.

Le premier se trouve en France avec son portatif.

Le second se trouve au Canada et utilise un relais compatible EchoLink.

Le trajet peut devenir : Portatif français → VHF → Relais français → EchoLink → Internet Relais canadien → VHF/UHF Portatif canadien

Les deux correspondants utilisent donc réellement leur poste radio.

Internet ne sert que de liaison entre les deux infrastructures RF.

On comprend alors mieux pourquoi EchoLink est parfois décrit comme une extension mondiale des réseaux VHF/UHF locaux.

Manuel EchoLink

Un QSO France–Canada en VHF/UHF : EchoLink assure la liaison Internet entre les deux relais.


12 — Les conférences EchoLink

Une connexion EchoLink classique relie deux stations.

Mais il est également possible de réunir plusieurs utilisateurs.

C’est le principe des conférences.

Imaginez une table ronde virtuelle :

F5KEE ─┐
F1ABC ──┤
ON6XYZ ─┼→ CONFÉRENCE
DL1ABC ─┤
G4XYZ ──┘

Lorsque F5KEE parle, tous les participants entendent son émission.

Puis F5KEE rend la parole et un autre participant intervient.

Le fonctionnement est donc très proche d’un QSO en table ronde.

Les conférences peuvent réunir des utilisateurs connectés directement mais également, selon leur configuration, des passerelles RF.

Comme toujours en radio, la discipline d’exploitation est essentielle : passages raisonnablement courts et quelques secondes de silence avant de reprendre la parole.


13 — EchoLink depuis un smartphone

Pour découvrir EchoLink, le smartphone constitue probablement aujourd’hui la solution la plus simple.

Des applications officielles existent pour Android et iOS.

Le principe reste identique : smartphone → Internet → réseau EchoLink

Après identification, on peut rechercher une station, un Link, un relais ou une conférence puis établir une connexion.

Le bouton PTT affiché à l’écran remplace simplement celui d’un émetteur-récepteur.

C’est particulièrement pratique en déplacement.

On peut ainsi écouter ou utiliser un relais EchoLink situé à l’autre bout du monde depuis un téléphone connecté en Wi-Fi ou au réseau mobile.


14 — EchoLink directement dans un navigateur

Une possibilité plus récente mérite également d’être signalée : EchoLink Web.

Cette version fonctionne directement depuis un navigateur compatible et évite l’installation du logiciel Windows.

C’est une solution intéressante pour essayer rapidement EchoLink depuis un ordinateur utilisant un autre système d’exploitation.

Sous Linux, on trouve également SvxLink/QTel, compatible avec le réseau EchoLink, mais qui n’est pas développé ni pris en charge directement par EchoLink.


15 — « Ça ne marche pas ! » : quelques pistes

EchoLink dépend évidemment de la connexion Internet et certains problèmes peuvent apparaître.

Je ne vois aucune station

Vérifiez tout d’abord que votre indicatif a bien été validé.

Je vois les stations mais impossible de me connecter

Un pare-feu ou le routeur peut bloquer les communications nécessaires.

EchoLink utilise notamment les ports :

  • UDP 5198
  • UDP 5199

Certaines configurations réseau peuvent nécessiter une adaptation du pare-feu ou du routeur.

J’entends mais personne ne m’entend

Vérifiez le microphone sélectionné, son niveau d’entrée et les autorisations données au logiciel.

Le son sature

Le niveau du microphone est probablement trop élevé.

Comme en radio, un niveau audio plus élevé ne signifie pas une meilleure modulation.

Je suis derrière un réseau très restrictif

EchoLink propose également un système de Proxy permettant de contourner certaines difficultés de connexion.

Lorsque la connexion directe fonctionne correctement, elle reste toutefois généralement préférable.


16 — Le test EchoLink à connaître

Avant de partir appeler un relais situé à 10 000 km, mieux vaut vérifier notre installation !

EchoLink dispose d’un serveur de test connu sous le nom : *ECHOTEST*

Il permet notamment de contrôler la chaîne audio.

On s’y connecte, on parle quelques secondes, puis le système permet de vérifier le signal transmis.

C’est extrêmement pratique pour régler son microphone avant son premier véritable QSO.


17 — Et si F5KEE créait sa propre passerelle ?

Nous arrivons ici au niveau supérieur.

Le radio-club pourrait connecter un émetteur-récepteur à un ordinateur exécutant EchoLink.

Deux architectures seraient alors possibles.

F5KEE-L

Le système fonctionne sur une fréquence simplex :

Radio locale ↔ transceiver ↔ interface ↔ PC ↔ EchoLink

Nous créons alors une véritable passerelle RF/Internet.

F5KEE-R

La passerelle est reliée à un relais : Utilisateurs RF ↔ Relais ↔ transceiver/interface ↔ F5KEE-R ↔ Internet

Dans ce cas, les utilisateurs du relais peuvent accéder au réseau EchoLink.

Et inversement, des radioamateurs connectés à EchoLink peuvent être retransmis sur le relais.


18 — Que faut-il pour construire un nœud ?

Une installation Sysop comprend typiquement : un ordinateur, un émetteur-récepteur, une interface audio/PTT, une connexion Internet, et éventuellement la gestion du squelch/COS.

Manuel EchoLink

Principe d’une passerelle EchoLink F5KEE-L : transceiver, interface audio/PTT, ordinateur et connexion Internet.

EchoLink doit alors être configuré en : Sysop Mode et non plus en Single-User Mode.

L’administrateur doit régler correctement plusieurs paramètres : détection de réception, commande PTT, niveaux audio, identification, temporisations et éventuellement commandes DTMF.

Un tel système doit naturellement respecter la réglementation radioamateur applicable et, dans le cas d’une connexion à un relais existant, être mis en place avec l’accord de son responsable.

Cela pourrait d’ailleurs constituer un prochain article F5KEE : « Construisons notre propre passerelle EchoLink ».


19 — Quelques bonnes pratiques

EchoLink utilise Internet, mais lorsque nous entrons sur un relais nous arrivons dans un environnement radio déjà utilisé par d’autres OM.

Les bonnes habitudes radioamateurs restent donc valables.

Écoutez avant de parler.

Après la connexion à un relais, attendez quelques secondes avant de lancer appel.

Annoncez clairement votre indicatif.

Laissez des blancs entre les passages : une autre station peut vouloir intervenir.

Évitez les passages interminables.

Sur une conférence, respectez le tour de table.

Et surtout, n’oubliez pas que derrière l’écran se trouvent parfois des radioamateurs qui, eux, vous écoutent simplement avec leur poste VHF ou UHF.


En résumé

EchoLink peut paraître compliqué lorsque l’on rencontre pour la première fois ses numéros de nœuds, ses suffixes -L et -R et ses commandes DTMF.

En réalité, le principe est assez simple :

  • F5KEE → utilisateur EchoLink
  • F5KEE-L → passerelle vers une fréquence simplex
  • F5KEE-R → passerelle associée à un relais
  • Numéro de nœud → adresse numérique permettant de retrouver une station
  • DTMF → commandes permettant notamment de piloter EchoLink depuis un poste radio
  • Conférence → plusieurs stations réunies simultanément.

EchoLink ne remplace donc pas nécessairement la radio : il peut au contraire servir de pont entre plusieurs réseaux radio géographiquement très éloignés.

Avec un simple ordinateur ou smartphone, on peut découvrir le réseau en quelques minutes. Avec un portatif VHF/UHF et un relais compatible, l’expérience redevient essentiellement radio.

Et avec un ordinateur, une interface et un transceiver, il devient même possible de mettre en service sa propre porte d’entrée vers EchoLink.

Voilà qui devrait donner quelques idées d’expérimentation au radio-club F5KEE !


Liens utiles

Site officiel EchoLink
https://www.echolink.org/

Téléchargement d’EchoLink et accès aux différentes plateformes
https://www.echolink.org/download.htm

Validation de l’indicatif
https://www.echolink.org/validation/

Aide sur l’utilisation de base
https://echolink.org/help_ex/basicop.htm

Configuration initiale
https://secure.echolink.org/help_ex/initialsetup.htm

Commandes DTMF
https://echolink.org/help_ex/dtmf_functions.htm

Configuration d’un nœud Sysop
https://echolink.org/help_ex/sysop.htm

Support et dépannage
https://echolink.org/support.htm

Documentation utilisateur EchoLink
https://echolink.org/downloads/EchoLinkUsersGuide_2_1.pdf

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