Dans notre précédent article, « POTA : la radio au vert, mode d’emploi ! », nous avons découvert les règles du Parks on the Air, comment choisir un parc et surtout où installer sa station pour que l’activation soit valide.
Cette fois, passons à la pratique : que faut-il réellement emporter pour réussir une activation POTA ? Faut-il 100 W, une énorme batterie et 20 mètres de coaxial, ou peut-on faire tenir toute la station dans un sac à dos ?
La réponse est : les deux ! POTA se prête aussi bien à la station QRP ultralégère qu’à l’installation confortable depuis une voiture. La documentation officielle distingue d’ailleurs plusieurs styles : sac à dos, table de pique-nique, vélo, voiture, camping ou installation plus importante.

Anatomie d’une station POTA : transceiver, batterie LiFePO4, antenne, mât, coaxial, logging et quelques accessoires suffisent pour constituer une station portable efficace. L’objectif n’est pas d’emporter tout le shack, mais uniquement ce qui sera réellement utile sur le terrain.
Le transceiver : 5, 20 ou 100 W ?
Avec 5 à 10 W, un petit transceiver QRP permet de construire une station extrêmement légère. Une batterie de faible capacité suffit et tout peut tenir dans un sac. En contrepartie, il faudra davantage compter sur une bonne antenne, la propagation et le spotting.
Autour de 20 à 25 W, nous obtenons un excellent compromis : suffisamment de puissance pour faciliter les contacts tout en conservant une consommation et un poids raisonnables.
Enfin, 50 à 100 W offrent davantage de confort lorsque les conditions deviennent difficiles. Mais la consommation en émission augmente considérablement : batterie, câbles et parfois même antenne deviennent plus imposants.
POTA n’impose pas de puissance particulière : le choix dépend donc avant tout du type d’activation envisagé.
La batterie : pas besoin d’emporter une centrale électrique !
Pour le portable, les batteries LiFePO4 sont particulièrement intéressantes : elles sont relativement légères, supportent de nombreux cycles et leur tension reste assez stable pendant la décharge.
Mais quelle capacité choisir ?
Prenons une radio consommant 1 A en réception et 5 A en émission. Pour une activation de trois heures avec environ 20 % du temps en émission :
Réception : 1 A × 2,4 h = 2,4 Ah
Émission : 5 A × 0,6 h = 3 Ah
Nous obtenons environ 5,4 Ah. En ajoutant une marge confortable, une batterie de 7 à 10 Ah conviendrait.
Avec un transceiver de 100 W pouvant demander autour de 20 A en émission, le calcul change radicalement !
Avant le départ, chargez évidemment toutes les batteries. Cela semble évident, mais cette vérification figure également parmi les recommandations du guide officiel POTA.
L’antenne : quelques mètres de fil peuvent faire des miracles
Une bonne antenne est probablement plus importante que quelques dizaines de watts supplémentaires.
L’EFHW est très appréciée en portable : légère, peu encombrante et utilisable sur plusieurs bandes lorsqu’elle est correctement conçue.
Le dipôle, éventuellement monté en V inversé, reste une valeur sûre. Il demande toutefois deux brins et un support suffisamment haut.
La verticale est intéressante lorsque l’espace horizontal manque. Elle peut être très rapide à installer, mais nécessitera généralement des radians.
Enfin, un fouet télescopique associé à un système d’adaptation peut constituer une station extrêmement compacte.
Nous reviendrons en détail sur ces solutions dans un prochain article consacré aux antennes POTA.
Et comment faire tenir tout cela en l’air ?
Le mât télescopique en fibre de verre est devenu un compagnon idéal des opérations portables. Léger et repliable, il permet de supporter une antenne filaire sans transporter un pylône !
Un petit trépied, quelques haubans et des sardines peuvent compléter l’installation.
Depuis une voiture, un support maintenu sous une roue permet également d’installer rapidement un mât.
Attention toutefois : un parc n’est pas votre jardin. Certains gestionnaires interdisent de planter des piquets ou de fixer cordes et antennes aux arbres. POTA recommande donc de vérifier les règles locales avant l’installation.
Le petit adaptateur qui peut gâcher la journée
La radio est là. La batterie aussi. L’antenne est montée…
Et l’adaptateur BNC/PL-259 est resté sur l’établi !
C’est souvent le petit matériel qui fait défaut : coaxial, adaptateurs, câble d’alimentation, fusibles, microphone, manipulateur CW, écouteurs, cordelette, sardines, ruban adhésif, stylo…
La solution est toute simple : faites une checklist.

La checklist avant de partir en POTA : radio, batterie chargée, antenne, mât, coaxial, adaptateurs, logging et accessoires… quelques minutes de vérification avant le départ peuvent éviter une activation écourtée par un simple câble oublié. Pensez également à votre confort, à la sécurité et au respect des règles du parc.
Le guide POTA conseille justement de vérifier deux fois le matériel, d’utiliser des listes et d’emporter des pièces de secours lorsque cela est raisonnablement possible. Il recommande également de conserver les manuels et documents utiles sur papier ou hors ligne.
Smartphone, ordinateur… ou bon vieux papier ?
Pour enregistrer les QSO, plusieurs écoles s’affrontent.
Un smartphone ou une tablette constitue une solution légère. Un ordinateur apporte davantage de confort, notamment pour les modes numériques, mais ajoute poids, câbles et consommation.
Et puis il existe cette technologie révolutionnaire qui fonctionne sans batterie :
le carnet et le crayon !
Même avec un logging informatique, gardez-en toujours un dans le sac. Le guide officiel POTA recommande lui aussi un log papier de secours : un ordinateur peut tomber en panne ou manquer d’énergie.
Après l’activation, le journal devra finalement être exporté au format ADIF pour être transmis à POTA.
Trois façons de mettre le shack dans le sac

Trois façons d’aborder le POTA : de la station QRP ultralégère de 5 à 10 W transportée à pied jusqu’à l’installation confortable de 50 à 100 W près du véhicule, chacun peut adapter puissance, batterie, antenne et matériel à son style d’activation. La station polyvalente de 20 à 25 W constitue un excellent compromis entre poids, autonomie et facilité de trafic.
| Ultralégère | Polyvalente | Confort | |
|---|---|---|---|
| Puissance | 5–10 W | 20–25 W | 50–100 W |
| Batterie | 3–6 Ah | 6–10 Ah | 10–20 Ah |
| Antenne | EFHW / fouet | EFHW / dipôle | dipôle / verticale |
| Support | mât léger | mât 6–10 m | mât / trépied |
| Logging | papier / smartphone | smartphone / tablette | tablette / PC |
| Transport | sac à dos | sac + housse | véhicule |
Il n’existe donc pas une station POTA idéale. Celui qui marche plusieurs kilomètres recherchera chaque gramme superflu ; celui qui opère à quelques mètres de sa voiture pourra privilégier autonomie et confort.
Le meilleur matériel ? Celui que vous maîtrisez !
Pour une première activation, inutile de vouloir construire la station portable ultime. Commencez avec le matériel que vous connaissez déjà.
Installez même votre future station dans le jardin avant de partir : radio, batterie, mât, antenne et logging. Chronométrez le montage et vérifiez que rien ne manque.
POTA recommande de commencer par des parcs facilement accessibles et adaptés à son niveau d’expérience. Avec la pratique, on peut progressivement s’aventurer vers des activations plus exigeantes.
Car finalement, réussir une station POTA ne consiste pas à transporter tout le shack.
C’est plutôt découvrir tout ce dont on peut se passer !
