Vous aimez la radio, les antennes et prendre l’air ? Alors le POTA, pour Parks on the Air, devrait vous plaire. Le principe est simple : quitter momentanément le confort du shack, installer sa station dans un parc référencé et contacter d’autres radioamateurs.
Mais peut-on poser son transceiver sur n’importe quelle table de pique-nique ? L’antenne peut-elle dépasser du parc ? Faut-il obligatoirement fonctionner en QRP ? Combien de QSO faut-il réaliser ? Voyons les règles avant de mettre la radio dans le sac.
Activator ou Hunter ?
POTA distingue deux participants. L’Activator est le radioamateur qui émet depuis un parc reconnu par POTA. Le Hunter, lui, cherche à contacter les stations présentes dans ces parcs.
Bonne nouvelle : pour devenir Hunter, inutile de sortir les chaussures de randonnée. Vous pouvez contacter un activator depuis votre domicile, votre voiture ou pratiquement n’importe quelle station autorisée.
C’est d’ailleurs une excellente façon de découvrir POTA avant de tenter sa première activation.
Tous les parcs ne sont pas POTA
Un espace vert près de chez vous n’est pas automatiquement une référence POTA. Les sites utilisables figurent dans la liste officielle du programme et possèdent une référence spécifique.
La carte disponible sur le site POTA permet de rechercher ces références. Attention cependant : le point affiché sur la carte n’indique qu’une position approximative. Avant de partir, POTA recommande de consulter les sources officielles du parc afin d’en vérifier précisément les limites.
C’est important, car quelques mètres peuvent parfois faire toute la différence.
Où installer sa station ?
C’est probablement la règle POTA la plus importante : l’activator et tout son équipement doivent se trouver sur une propriété publique à l’intérieur des limites du parc.

Où installer sa station POTA ? L’opérateur et l’ensemble de la station doivent rester sur une propriété publique à l’intérieur des limites de la référence. Une antenne qui dépasse du parc ou une installation sur un terrain privé extérieur rend l’activation non valide. Une activation depuis un véhicule est en revanche possible lorsqu’il est stationné sur une propriété publique située dans le parc.
Le transceiver est dans le parc mais le dipôle traverse la clôture ? Ce n’est pas valable. L’opérateur est dans son jardin qui jouxte une forêt référencée POTA ? Ce n’est pas davantage une activation.
Il faut donc considérer toute l’emprise de la station : opérateur, transceiver, alimentation, antenne et accessoires doivent respecter les limites de la référence.
En revanche, rien n’oblige à partir à pied avec un sac de 20 kg. Une station installée dans une voiture ou un camping-car, garé sur une propriété publique située à l’intérieur du parc, est parfaitement admise.
POTA n’est donc pas réservé aux adeptes du QRP et de la randonnée !
Le cas particulier des sentiers et des rivières
Certaines références POTA correspondent à un sentier ou à une rivière plutôt qu’à un parc possédant des limites classiques.
Dans ce cas, l’opérateur et l’ensemble de sa station doivent être installés sur une propriété publique à moins de 30,5 mètres (100 pieds) du bord du sentier ou de la rivière.

Cas particulier des sentiers et rivières POTA : lorsque le sentier ou la rivière constitue lui-même la référence POTA, l’opérateur et l’ensemble de sa station doivent se trouver sur une propriété publique, à moins de 30,5 m (100 pieds) du bord. Être suffisamment proche ne suffit pas si l’installation se trouve sur une propriété privée.
Cela permet notamment d’utiliser certains parkings ou points d’accès situés à proximité d’un sentier.
POTA ne donne pas tous les droits !
Ce n’est pas parce qu’un endroit possède une référence POTA que l’on peut y faire n’importe quoi.
Les lois, la réglementation radioamateur et les règles du gestionnaire du site restent toujours prioritaires sur les règles POTA.
Un parc peut par exemple interdire l’accès à certaines zones ou certaines installations. Avant de planter un piquet, tendre 40 mètres de fil ou accrocher une antenne à un arbre, mieux vaut donc vérifier ce qui est autorisé.
Et naturellement, nous laissons l’endroit exactement comme nous l’avons trouvé.
Combien de QSO pour réussir l’activation ?
Le chiffre à retenir est 10.
Une activation est réussie lorsque l’opérateur réalise au moins 10 QSO depuis le parc pendant une même journée UTC. Plusieurs périodes d’activité dans le même parc peuvent être cumulées pendant cette journée.
Vous avez démonté l’antenne avec seulement huit contacts dans le log ? Envoyez-le quand même ! L’activation ne sera pas validée comme réussie, mais les Hunters contactés pourront recevoir leurs crédits.
Quelles bandes et quels modes ?
POTA n’impose ni bande particulière, ni mode particulier, ni puissance maximale spécifique au programme. L’opérateur doit naturellement respecter les privilèges de sa licence et la réglementation applicable.
SSB, CW, FM, FT8 et autres modes numériques peuvent donc être utilisés. Les bandes WARC sont également autorisées puisque POTA n’est pas un concours.
Les contacts passant par un répéteur terrestre ne sont pas valables. En revanche, petite subtilité intéressante pour les amateurs de trafic spatial : les contacts par satellite radioamateur sont autorisés.
CQ POTA !
POTA n’impose pas d’échange particulier. Pas besoin d’apprendre une procédure compliquée avant de se lancer.
On pourra simplement appeler :
« CQ POTA, CQ POTA, de F4XXX… »
Indicatif et report permettront d’établir le contact, et il est naturellement pratique d’annoncer sa référence POTA.
L’activator peut également se spotter lui-même sur le site POTA. Les Hunters peuvent eux aussi spotter ou re-spotter une station entendue. Un spot disparaît normalement environ 30 minutes après le dernier signalement.
Avec une petite station portable et quelques watts, ce spotting peut radicalement changer le rythme d’une activation !
Et si deux parcs se contactent ?
Lorsqu’un activator contacte un autre activator, nous obtenons un P2P, Park-to-Park.
Les deux opérateurs obtiennent alors les crédits correspondants. Il est recommandé d’enregistrer la référence du parc du correspondant dans le champ approprié du fichier ADIF afin d’assurer correctement l’attribution des crédits P2P.
Il est même possible d’activer simultanément plusieurs références lorsque leurs territoires se chevauchent réellement. Toute la station doit alors être située dans cette zone commune et un log distinct doit être transmis pour chaque référence.
N’oubliez pas le log
Après l’activation, le travail n’est pas tout à fait terminé.
L’activator doit transmettre son journal de trafic à POTA au format ADIF. Parmi les informations indispensables figurent l’indicatif du correspondant, la date et l’heure UTC, la bande et le mode.
Le fichier peut être directement envoyé depuis la rubrique My Log Uploads du site POTA.
Le Hunter, lui, n’a rien à transmettre à POTA : ses contacts seront crédités grâce aux logs envoyés par les activators.
Alors, on sort la radio ?
Finalement, le POTA repose sur quelques règles assez simples : choisir une référence officielle, vérifier précisément ses limites, installer toute la station au bon endroit, respecter le site, réaliser au moins 10 QSO et envoyer son log.

Une activation POTA en six étapes : choisir une référence, vérifier précisément ses limites, installer toute la station dans la zone autorisée, se spotter et appeler CQ, réaliser au moins 10 QSO au cours de la même journée UTC, puis transmettre son log au format ADIF. Une procédure finalement assez simple pour mettre la radio au vert !
Reste maintenant la question qui intéresse forcément le bricoleur radioamateur : que faut-il mettre dans le sac pour réussir sa première activation ?
Transceiver, batterie, antenne, mât, coaxial, carnet de trafic… Voilà justement de quoi préparer notre prochaine sortie — et notre prochain article !
