IARU Région 1 : qu’est-ce qui va réellement changer pour les radioamateurs européens après Vienne 2026 ?

IARU Vienne 2026

Du 19 au 23 septembre 2026, les représentants des associations membres de l’IARU Région 1 se sont réunis à Vienne pour leur 27e Conférence générale. Plans de bandes, HF, VHF-UHF, micro-ondes, satellites, compatibilité électromagnétique, communications d’urgence ou encore avenir du radioamateurisme : de nombreux sujets susceptibles d’influencer nos pratiques ont été examinés.

Mais attention aux annonces trop rapides : une décision prise par l’IARU ne devient pas automatiquement une nouvelle réglementation applicable dans chaque pays.

Quelques jours seulement après la conférence, tous les détails pratiques et leur traduction dans les différents documents IARU ne sont d’ailleurs pas nécessairement définitifs. Certaines informations présentées dans cet article pourront donc encore évoluer à mesure que les recommandations finales, plans de bandes révisés et éventuelles décisions réglementaires nationales seront publiés.

IARU, CEPT, administrations : qui décide quoi ?

C’est probablement le point le plus important pour comprendre les conséquences de Vienne 2026.

L’IARU (International Amateur Radio Union) représente et coordonne les intérêts du service amateur au niveau international. En Région 1, elle couvre notamment l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient.

Elle élabore entre autres des plans de bandes permettant aux radioamateurs d’organiser intelligemment l’utilisation des fréquences : CW ici, modes numériques ailleurs, balises, satellites, communications à large bande, etc.

Mais un plan de bande IARU n’est pas, à lui seul, une autorisation nationale d’émettre.

En simplifiant :

  • UIT / CEPT / autorités nationales → cadre réglementaire et allocations
  • IARU → coordination, recommandations et plans de bandes
  • Administration française → fréquences et conditions effectivement autorisées en France

Cette distinction devient particulièrement importante avec l’une des propositions les plus remarquées de Vienne.

IARU Vienne 2026

De l’UIT à l’administration nationale : le chemin qui transforme les décisions internationales en fréquences réellement utilisables par les radioamateurs.

Le 40 mètres jusqu’à 7,300 MHz ?

Voilà probablement l’information qui fera le plus dresser l’oreille aux amateurs de HF.

La conférence a approuvé une proposition encourageant les associations membres à œuvrer auprès des instances compétentes en faveur d’une extension de la bande des 40 mètres jusqu’à 7,300 MHz.

Actuellement, en Région 1, la bande amateur s’arrête généralement à 7,200 MHz, alors que les radioamateurs de la Région 2 disposent déjà de fréquences jusqu’à 7,300 MHz.

Cent kilohertz supplémentaires seraient évidemment intéressants, notamment lors des périodes de forte occupation du 40 mètres.

Mais ne tournez pas immédiatement le VFO vers 7,250 MHz !

La conférence de Vienne n’a pas ouvert la bande 7,200–7,300 MHz aux radioamateurs européens.

IARU Vienne 2026

40 mètres : l’extension jusqu’à 7,300 MHz est un objectif soutenu après Vienne 2026, mais elle n’est pas encore autorisée en Région 1.

Elle donne une orientation et un objectif à défendre auprès des autorités compétentes. Une éventuelle extension nécessitera encore un processus réglementaire international et/ou national.

En France, il faudra donc attendre une éventuelle modification officielle des fréquences autorisées avant de pouvoir exploiter cette portion du spectre.

Autrement dit : 7,300 MHz constitue aujourd’hui un objectif, pas une nouvelle limite de bande utilisable.

Du changement pour la FM sur 10 mètres

Une évolution plus directement liée au plan de bande concerne la FM sur 28 MHz.

La conférence a notamment approuvé l’évolution de la largeur de bande indiquée pour les canaux FM 10 mètres, passant de 6 à 10 kHz.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que les caractéristiques réelles des émissions FM utilisées par de nombreux équipements modernes s’accordent difficilement avec une limite de 6 kHz.

Il ne faut cependant pas confondre largeur de bande occupée, excursion FM et espacement entre canaux.

Cette modification vise surtout à rendre le plan de bande plus cohérent avec la réalité technique des émissions pratiquées sur 10 mètres.

Pour l’opérateur utilisant occasionnellement son transceiver en FM sur 28 MHz, la révolution restera donc limitée. C’est surtout le cadre recommandé qui s’adapte à la pratique.

23 cm : Galileo change la donne

La bande 1 240–1 300 MHz, bien connue des amateurs de VHF/UHF/SHF, reste un dossier particulièrement sensible.

La raison tient notamment à la coexistence avec les systèmes de radionavigation par satellite (RNSS), dont Galileo.

Des travaux internationaux ont déjà conduit à définir des mesures destinées à permettre la coexistence entre certaines activités radioamateurs et ces systèmes de navigation.

Cela pourrait progressivement conduire à une réorganisation de certaines utilisations de la bande 23 cm.

Pour les amateurs pratiquant le 1,2 GHz, il faudra donc surveiller attentivement les futurs plans de bandes et leur éventuelle traduction réglementaire.

Là encore, prudence : les modalités précises peuvent encore évoluer et toutes les conséquences de Vienne 2026 ne doivent pas être considérées comme immédiatement applicables.

430–440 MHz : une bande précieuse à protéger

Autre sujet important : notre bonne vieille bande des 70 cm.

Le spectre UHF devient extrêmement convoité : télécommunications, satellites, objets connectés et nombreuses autres applications cherchent des fréquences disponibles.

Les travaux présentés autour de Vienne montrent une nouvelle fois combien la défense du spectre radioamateur constitue aujourd’hui l’une des missions essentielles de l’IARU.

Cela permet aussi de rappeler une notion parfois oubliée : suivant la fréquence et le pays, le service amateur peut disposer d’un statut primaire ou secondaire.

Être autorisé à utiliser une fréquence ne signifie donc pas nécessairement que nous sommes les seuls utilisateurs du spectre.

Pour le radioamateur européen, l’enjeu des prochaines années sera probablement autant de conserver les bandes existantes que d’en obtenir de nouvelles.

VHF, UHF et micro-ondes : surveillons nos plans de bandes

La commission C5 de l’IARU Région 1 travaille sur les bandes VHF, UHF et SHF : 50 MHz, 70 MHz, 144 MHz, 430 MHz, 1,2 GHz, 2,3 GHz et les bandes micro-ondes supérieures.

Les plans de bandes évoluent régulièrement pour tenir compte des nouveaux modes numériques, satellites, balises, concours et nouvelles techniques.

Une bonne habitude consiste donc à ne pas conserver pendant dix ans le même tableau imprimé au-dessus de la station !

Après Vienne 2026, il sera particulièrement intéressant de surveiller la publication des versions révisées des plans de bandes IARU Région 1.

Le QRM domestique devient un véritable problème de spectre

Nous pensons souvent à la protection de nos bandes contre d’autres services radio.

Pourtant, l’un des adversaires les plus sérieux du radioamateur moderne se trouve parfois… dans sa propre maison ou celle du voisin.

Alimentations à découpage, panneaux photovoltaïques et leurs onduleurs, CPL, VDSL, éclairage LED, chargeurs, électronique numérique, recharge sans fil et véhicules électriques peuvent générer des perturbations.

La compatibilité électromagnétique constitue donc désormais un enjeu majeur.

L’IARU participe aux travaux de normalisation et réalise également des campagnes de mesure du bruit radioélectrique.

Car disposer officiellement d’une bande de fréquences ne sert plus à grand-chose si son niveau de bruit augmente de plusieurs dizaines de décibels !

Satellites : de nouveaux défis

Le développement spectaculaire des CubeSats et des constellations commerciales transforme également l’environnement radioamateur.

Coordonner les fréquences d’un satellite amateur, éviter les brouillages et préserver les portions de spectre destinées aux communications spatiales deviennent des activités de plus en plus complexes.

Pour nous, utilisateurs de satellites ou de QO-100, cette dimension internationale est particulièrement importante.

Un satellite ne connaît évidemment pas les frontières administratives : la coordination internationale des fréquences y est donc indispensable.

Et les communications d’urgence ?

La capacité d’établir des communications indépendantes des infrastructures commerciales reste une caractéristique fondamentale du radioamateurisme.

Panne électrique majeure, catastrophe naturelle, rupture d’un réseau téléphonique ou d’Internet : une station radio autonome peut continuer à communiquer.

L’IARU Région 1 poursuit donc également ses travaux autour des communications d’urgence, sujet qui trouve naturellement un écho en France auprès des radioamateurs impliqués dans les réseaux d’urgence et notamment les structures de type ADRASEC.

Les technologies évoluent, mais le principe demeure : une antenne, une radio et une source d’énergie peuvent constituer un réseau de communication.

Préparer aussi la prochaine génération

Vienne 2026 ne s’est pas uniquement intéressée aux fréquences.

L’avenir du radioamateurisme dépend également du renouvellement de ses pratiquants.

Les initiatives YOTA – Youngsters On The Air, les formations, les activités destinées aux jeunes et la modernisation de l’image du radioamateurisme occupent donc une place importante dans la stratégie de l’IARU Région 1.

Satellites, SDR, programmation, communications numériques, électronique et expérimentation constituent justement d’excellentes portes d’entrée pour les nouvelles générations.

Alors, que va réellement changer après Vienne ?

Probablement moins de choses demain matin que certains titres pourraient le laisser penser… mais potentiellement beaucoup à moyen terme.

La FM sur 10 mètres voit son cadre recommandé évoluer. L’extension du 40 mètres jusqu’à 7,300 MHz devient un objectif à défendre. Le 23 cm doit s’adapter à la coexistence avec les systèmes de radionavigation. Les bandes UHF doivent être protégées face à une pression croissante sur le spectre. Et la lutte contre les perturbations électromagnétiques devient aussi importante que la défense des allocations elles-mêmes.

Il faut surtout retenir quatre mots : Décidé – recommandé – demandé – autorisé.

Ils ne signifient pas la même chose.

Une recommandation adoptée par l’IARU peut nécessiter ensuite des discussions internationales, des travaux de la CEPT puis éventuellement une modification de la réglementation nationale avant d’avoir une conséquence concrète dans notre station.

Une situation encore évolutive

Cet article est publié quelques jours seulement après la clôture de la conférence de Vienne 2026.

Les documents définitifs, les plans de bandes actualisés et surtout leur éventuelle prise en compte par les administrations nationales vont continuer à apparaître dans les semaines et mois à venir.

Certains détails présentés ici pourront donc encore évoluer.

Nous suivrons naturellement ces évolutions sur F5KEE et reviendrons sur les modifications qui auront une conséquence concrète pour les radioamateurs français.

En attendant, une règle reste valable : avant d’utiliser une nouvelle fréquence, vérifiez toujours la réglementation applicable dans votre pays et la dernière version du plan de bande.

Vienne 2026 n’est donc pas la fin d’un processus.

Pour plusieurs dossiers importants, ce n’est que le début.

Pour aller plus loin

Les décisions prises à Vienne vont progressivement être intégrées aux différents documents et plans de bandes de l’IARU Région 1. Certains détails pouvant encore évoluer, voici les principales sources à consulter pour suivre les mises à jour :

À retenir : les plans de bandes et recommandations IARU peuvent évoluer à la suite de Vienne 2026, mais leur publication ne signifie pas nécessairement qu’une nouvelle fréquence devient immédiatement utilisable en France. Pour toute modification importante, il faudra également vérifier la réglementation française en vigueur avant de passer en émission.

 

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