AO-7 retrouve le Soleil en permanence… 52 ans après son lancement

AO-7 : 52 ans en orbite

Lancé en 1974, déclaré perdu en 1981 puis miraculeusement revenu à la vie en 2002, AMSAT-OSCAR 7 (AO-7) continue d’étonner les radioamateurs. En cette fin d’année 2026, sa mécanique orbitale lui offre une nouvelle période particulièrement favorable : le satellite reste continuellement éclairé par le Soleil. Une situation idéale pour cette extraordinaire machine dont la batterie ne fonctionne plus depuis plusieurs décennies.

Un satellite lancé en 1974

AO-7 a été lancé le 15 novembre 1974 depuis Vandenberg, en Californie, par une fusée Delta 2310. Placé sur une orbite presque circulaire autour de 1 450 km d’altitude, ce satellite radioamateur d’environ 29 kg embarquait notamment deux transpondeurs permettant d’établir des contacts à longue distance.

Il fonctionnera pendant près de sept ans avant qu’une défaillance de sa batterie NiCd ne provoque son silence en 1981. Pour les radioamateurs, AO-7 était alors définitivement perdu.

Mais l’histoire n’était pas terminée.

Le réveil après 21 ans de silence

Le 21 juin 2002, le radioamateur britannique Pat Gowen, G3IOR, entend une étrange balise CW autour de 145,97 MHz. L’identification ne tarde pas : AO-7 émet de nouveau !

L’explication avancée est étonnante. La batterie qui avait initialement développé des éléments en court-circuit aurait fini par passer en circuit ouvert. Les panneaux solaires pouvaient alors de nouveau alimenter directement l’électronique du satellite.

AO-7 avait ressuscité, mais avec une contrainte majeure : sans batterie fonctionnelle, il dépend entièrement du Soleil. Dès qu’il entre dans l’ombre de la Terre, il s’éteint.

AO-7 : 52 ans en orbite

AO-7 : lancé en 1974, ressuscité en 2002 et toujours opérationnel en 2026.

Quand la nuit disparaît pour AO-7

Un satellite en orbite terrestre traverse normalement régulièrement le cône d’ombre de notre planète. Ses panneaux solaires ne produisent alors plus d’électricité et la batterie prend le relais.

Mais l’orientation du plan orbital par rapport au Soleil évolue. À certaines périodes, la géométrie devient telle que l’orbite d’AO-7 ne traverse plus l’ombre terrestre.

Le satellite reste alors constamment au Soleil.

C’est précisément la situation actuelle : l’AMSAT indique qu’AO-7 bénéficie d’une illumination solaire continue jusqu’à la mi-décembre 2026.

AO-7 et l’ombre terrestre

Quand son orbite évite l’ombre terrestre, AO-7 reste alimenté en permanence par le Soleil.

Pour un satellite privé de batterie, la différence est considérable : son électronique peut désormais rester alimentée 24 heures sur 24.

Un temporisateur vieux de 52 ans fonctionne toujours !

Et c’est probablement le plus extraordinaire.

Lorsque l’alimentation reste permanente, le temporisateur de 24 heures conçu dans les années 1970 peut de nouveau assurer sa fonction : alterner automatiquement les deux transpondeurs du satellite.

Les observations actuelles indiquent ainsi généralement :

jours impairs : Mode A
jours pairs : Mode B

L’AMSAT précise cependant que l’état réel du satellite doit être vérifié avant utilisation.

Peut-on encore contacter AO-7 ?

Absolument. AO-7 possède deux transpondeurs linéaires utilisables en SSB ou CW :

Mode Montée Descente
A – V/a 145,850–145,950 MHz 29,400–29,500 MHz
B – U/v 432,125–432,175 MHz 145,975–145,925 MHz

Le Mode A est non inverseur tandis que le Mode B est inverseur. Les balises principales sont respectivement sur 29,502 MHz et 145,9775 MHz.

Une précaution est cependant essentielle : utiliser le minimum de puissance nécessaire. L’AMSAT demande actuellement de ne pas dépasser 100 W ERP sur la liaison montante. Des signaux excessivement puissants peuvent perturber l’alimentation et provoquer des changements de mode.

Une formidable machine à remonter le temps

Lorsqu’un radioamateur utilise AO-7 aujourd’hui, il fait fonctionner une électronique conçue il y a plus d’un demi-siècle.

Panne de batterie, 21 années de silence, résurrection inattendue et maintenant fonctionnement permanent grâce au Soleil : AO-7 est devenu bien davantage qu’un satellite radioamateur. C’est un véritable laboratoire spatial sur la longévité de l’électronique… et un remarquable témoin de l’ingéniosité des pionniers de l’AMSAT.

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