OpenHamClock : le tableau de bord radioamateur tout-en-un qui succède à HamClock

Tableau de bord radioamateur OpenHamClock

Dans une station radioamateur moderne, les informations utiles sont partout : propagation, DX Cluster, PSKReporter, WSPR, satellites, météo spatiale, Gray Line, activations POTA ou SOTA… Au point qu’il faut parfois ouvrir une multitude de sites et de logiciels avant même de commencer à trafiquer.

OpenHamClock propose de rassembler une grande partie de ces informations sur un seul écran.

Héritier de l’esprit du célèbre HamClock, le projet va aujourd’hui beaucoup plus loin qu’une simple horloge accompagnée d’une carte du monde. OpenHamClock tend à devenir un véritable tableau de bord de la station radioamateur.

Et bonne nouvelle : il est gratuit, open source et peut même être essayé directement depuis un navigateur.

HamClock : une petite révolution dans la station radioamateur

Pour comprendre OpenHamClock, il faut d’abord revenir à HamClock, créé par le radioamateur américain Elwood Downey, WB0OEW.

Le principe était particulièrement séduisant : afficher en permanence sur un écran les principales informations dont un radioamateur pouvait avoir besoin.

Heure UTC, position du Soleil, Gray Line, propagation, activité solaire, DX Cluster, carte mondiale… HamClock permettait de disposer d’un véritable tableau de bord radio à côté du transceiver.

Son intérêt était évident : au lieu de consulter successivement plusieurs sites Internet, le radioamateur pouvait simplement jeter un coup d’œil à son écran.

HamClock trouva naturellement sa place sur de nombreuses installations fonctionnant avec un Raspberry Pi et un petit écran dédié.

Au fil des années, il devint un outil bien connu de la communauté radioamateur internationale.

Pourquoi fallait-il préparer l’après-HamClock ?

Elwood Downey, WB0OEW, est malheureusement décédé en mars 2025.

Cette disparition souleva rapidement une question importante : que deviendrait HamClock ?

Le logiciel reposait en effet sur une architecture associant le programme utilisé par le radioamateur à différents services accessibles par Internet. La pérennité de ces services devenait donc un enjeu essentiel.

L’arrêt de l’infrastructure historique de HamClock ayant été annoncé, plusieurs développeurs et radioamateurs se sont intéressés à la préservation de son concept.

C’est dans ce contexte qu’apparaissent différents projets cherchant à poursuivre, réinterpréter ou moderniser l’idée originale.

OpenHamClock, développé autour de Chris Hetherington K0CJH, est l’un de ces projets.

Il ne s’agit donc pas simplement de copier HamClock : l’objectif est plutôt d’en reprendre l’idée fondamentale — un écran central donnant immédiatement les informations utiles à l’opérateur — avec des technologies modernes et un développement ouvert à la communauté.

De HamClock à OpenHamClock

De HamClock à OpenHamClock : une nouvelle génération de tableau de bord pour la station radioamateur.

OpenHamClock entre en scène

OpenHamClock est un projet open source, distribué sous licence MIT.

Son code source est publiquement disponible et le développement du logiciel peut ainsi continuer grâce aux contributions de la communauté.

Mais la différence la plus visible apparaît dès que l’on ouvre le programme.

OpenHamClock ressemble moins à une horloge améliorée qu’à un véritable cockpit radioamateur.

L’écran peut recevoir différents panneaux d’informations que l’utilisateur organise en fonction de ses centres d’intérêt.

Un amateur de DX n’aura donc pas nécessairement la même configuration qu’un passionné de satellites, de FT8, d’activations POTA ou de propagation HF.

C’est probablement l’un des principaux intérêts du système : chacun peut construire son propre tableau de bord.

Une carte mondiale au cœur de la station

La carte constitue naturellement l’un des éléments centraux d’OpenHamClock.

Elle permet de visualiser le monde sous différentes formes, notamment avec des représentations classiques, azimutales ou sous forme de globe.

Pour le radioamateur, une carte n’est cependant pas seulement décorative.

Elle permet de représenter de nombreuses informations utiles : position des stations, zones géographiques, activité radio ou encore phénomènes influençant la propagation.

La Gray Line, par exemple, matérialise la frontière entre le jour et la nuit.

Cette zone est particulièrement intéressante sur certaines bandes HF, car les conditions de propagation peuvent y devenir très favorables. Un DX situé à proximité du terminateur peut parfois être reçu alors qu’il serait beaucoup plus difficile à contacter à un autre moment de la journée.

OpenHamClock peut également afficher les grilles Maidenhead, bien connues des radioamateurs sous le nom de QRA Locator, ainsi que différentes informations géographiques utiles comme les zones CQ et ITU.

La carte devient donc progressivement une représentation de ce qui se passe réellement autour de notre station.

Surveiller la propagation HF

« Quelle bande dois-je essayer maintenant ? »

C’est probablement l’une des questions les plus fréquentes lorsqu’on allume une station HF.

OpenHamClock rassemble plusieurs informations permettant d’aider l’opérateur à se faire rapidement une idée des conditions.

On y retrouve notamment des informations liées à l’activité solaire, à la météo spatiale et à la propagation ionosphérique.

La MUF — Maximum Usable Frequency, ou fréquence maximale utilisable — peut notamment donner une indication sur les fréquences susceptibles de permettre une liaison entre différentes régions.

OpenHamClock utilise également des modèles de prévision de propagation, notamment basés sur les recommandations ITU-R P.533.

Il faut évidemment conserver à l’esprit qu’une prévision de propagation reste… une prévision.

L’ionosphère ne lit pas toujours les manuels !

Mais en associant prévisions, activité solaire et observations réelles, l’opérateur dispose d’un ensemble d’indications particulièrement utile pour choisir une bande ou rechercher une ouverture.

Voir l’activité radio presque en temps réel

C’est probablement ici qu’OpenHamClock devient particulièrement intéressant.

Le programme peut exploiter plusieurs réseaux fournissant des informations sur l’activité radio réelle.

Le DX Cluster permet évidemment de visualiser les stations DX signalées par les opérateurs.

Mais nous pouvons aller beaucoup plus loin.

PSKReporter permet d’observer où nos signaux numériques sont reçus et quelles stations sont entendues dans différentes régions du monde.

Le Reverse Beacon Network (RBN) apporte de son côté une vision très intéressante de la propagation grâce à un réseau mondial de récepteurs automatiques.

Et le réseau WSPR permet d’observer la propagation de signaux extrêmement faibles sur de très longues distances.

Ces informations peuvent être représentées directement sur la carte.

Nous ne regardons alors plus seulement une prévision théorique de propagation : nous pouvons également observer ce que les radioamateurs reçoivent réellement à cet instant.

Pour un amateur de DX, la combinaison est particulièrement intéressante.

OpenHamClock _ Hub radioamateur mondial

OpenHamClock centralise sur un seul écran les principales sources d’information et les outils de la station radioamateur.

POTA, SOTA, WWFF : repérer les stations actives

Les activités portables occupent désormais une place importante dans le trafic radioamateur.

OpenHamClock intègre plusieurs sources liées à ces programmes.

On retrouve notamment :

  • POTA — Parks On The Air ;
  • SOTA — Summits On The Air ;
  • WWFF — World Wide Flora & Fauna ;
  • ainsi que d’autres activités et systèmes de spots.

L’opérateur peut ainsi repérer plus facilement une activation intéressante sans devoir consulter en permanence plusieurs sites différents.

L’intérêt devient évident lorsqu’on utilise OpenHamClock sur un écran secondaire : une nouvelle activation apparaît, il suffit alors de se rendre sur la fréquence concernée.

Et les satellites ?

OpenHamClock ne se limite pas aux bandes HF.

Le logiciel propose également plusieurs fonctions liées aux satellites.

Il est possible de suivre leur position et leur déplacement sur la carte, d’afficher leur zone de visibilité — le fameux footprint — et de disposer d’informations permettant d’anticiper leurs passages.

Pour l’amateur de trafic satellite, disposer de ces informations sur le même écran que les autres données de la station est particulièrement pratique.

Le développement du logiciel continue par ailleurs d’étendre les fonctions liées aux communications particulières, notamment autour de l’EME — Earth-Moon-Earth, plus connu sous le nom de Moonbounce.

OpenHamClock peut communiquer avec la station

Jusqu’ici, nous pourrions considérer OpenHamClock comme un excellent écran d’informations.

Mais le projet va plus loin.

Il peut communiquer avec plusieurs logiciels utilisés quotidiennement dans une station radioamateur.

L’intégration avec WSJT-X et JTDX est particulièrement intéressante pour les amateurs de FT8, FT4 ou autres modes numériques de la famille WSJT.

Des possibilités existent également avec des logiciels de concours et de journal de trafic comme N1MM ou DXLog.

OpenHamClock peut également dialoguer avec certains équipements de la station et exploiter les informations provenant du transceiver.

Le tableau de bord cesse alors d’être uniquement passif.

Il commence à devenir une véritable interface entre l’opérateur, les logiciels et la radio.

Un carnet de trafic directement intégré

Les versions récentes d’OpenHamClock ont encore renforcé cette philosophie avec l’apparition d’un carnet de trafic intégré.

Il devient possible d’enregistrer des QSO et de travailler avec le format ADIF, le format d’échange pratiquement incontournable entre logiciels de log radioamateur.

L’importation et l’exportation permettent ainsi de faire communiquer OpenHamClock avec d’autres outils de gestion des contacts.

Le programme peut également exploiter l’historique des QSO pour apporter des informations supplémentaires à l’opérateur.

OpenHamClock commence donc à réunir trois univers traditionnellement séparés : l’observation des conditions radio, l’activité en temps réel et le trafic de la station.

Pas besoin d’installer quoi que ce soit pour commencer

C’est probablement la meilleure façon de découvrir OpenHamClock.

Il suffit d’ouvrir le service depuis un navigateur Internet.

Après avoir renseigné quelques informations comme son indicatif et son QRA Locator, on peut commencer à explorer l’interface et construire son tableau de bord.

Cette solution permet de tester le logiciel sans modifier son ordinateur.

Mais OpenHamClock peut également fonctionner localement.

Le projet propose des possibilités pour différents environnements, notamment Windows, macOS, Linux, Raspberry Pi 64 bits et Docker.

L’utilisateur peut donc choisir entre une utilisation extrêmement simple dans son navigateur et une installation beaucoup plus autonome.

Un Raspberry Pi pour fabriquer son propre OpenHamClock

Voilà probablement l’une des configurations les plus intéressantes pour une station radioamateur.

Prenons : un Raspberry Pi + un écran HDMI + OpenHamClock.

Station radioamateur avec OpenHamClock

Un Raspberry Pi et un écran dédié transforment OpenHamClock en véritable tableau de bord permanent de la station radioamateur.

Le Raspberry Pi démarre automatiquement et lance OpenHamClock en plein écran.

Nous obtenons alors un véritable appareil dédié que l’on peut installer au-dessus ou à côté du transceiver.

L’écran peut afficher en permanence la carte mondiale, la Gray Line, les spots DX, la propagation, les satellites et les autres informations choisies par l’opérateur.

Un écran tactile peut encore rendre l’ensemble plus agréable à utiliser.

Cette solution permet de transformer un Raspberry Pi en tableau de bord radioamateur permanent, sans monopoliser l’écran principal de l’ordinateur de la station.

L’installation mérite d’ailleurs à elle seule un futur article F5KEE : « Installer OpenHamClock sur Raspberry Pi pas à pas ».

HamClock et OpenHamClock : même philosophie, nouvelle génération

Comparer directement les deux programmes uniquement par leur apparence serait réducteur.

HamClock a défini une idée particulièrement efficace : mettre sous les yeux du radioamateur les informations dont il a besoin au moment où il en a besoin.

OpenHamClock reprend cette philosophie et l’adapte à l’écosystème radioamateur actuel.

Les réseaux comme PSKReporter, RBN et WSPR permettent aujourd’hui d’obtenir une vision presque instantanée de la propagation.

Les activités POTA, SOTA ou WWFF ont pris une importance considérable.

Les modes numériques sont omniprésents.

Les logiciels communiquent entre eux et avec les transceivers.

Le tableau de bord moderne doit donc agréger beaucoup plus d’informations qu’autrefois.

C’est précisément la direction prise par OpenHamClock.

Pourquoi l’open source est-il important ?

L’histoire de HamClock rappelle également un point parfois oublié.

Un logiciel peut continuer à exister sur nos ordinateurs tout en devenant inutilisable si les services Internet dont il dépend disparaissent.

La publication du code source facilite au contraire la compréhension, la maintenance et la poursuite d’un projet par une communauté.

OpenHamClock étant publié sous licence MIT, son développement ne dépend pas uniquement d’un logiciel fermé dont personne ne pourrait reprendre le fonctionnement.

Cela ne garantit évidemment pas qu’un projet existera éternellement.

Mais cela donne à la communauté la possibilité de le faire évoluer, de corriger les problèmes et, si nécessaire, d’en reprendre le développement.

Pour un projet destiné à devenir un outil quotidien dans une station radioamateur, ce n’est pas un détail.

Bien plus qu’une horloge pour radioamateurs

Le nom OpenHamClock pourrait finalement induire en erreur.

Car l’horloge n’est plus que l’une des nombreuses informations affichées.

Propagation, activité solaire, DX Cluster, PSKReporter, Reverse Beacon Network, WSPR, POTA, SOTA, WWFF, satellites, QRA Locator, Gray Line, carnet de trafic, intégration avec les logiciels de la station…

Tout cela converge vers un même écran.

OpenHamClock peut ainsi trouver sa place aussi bien sur le second moniteur d’une station que sur un Raspberry Pi équipé de son propre écran.

Le radioamateur peut alors regarder son tableau de bord et répondre immédiatement à quelques questions essentielles :

  • Que se passe-t-il sur les bandes ?
  • Où mes signaux sont-ils reçus ?
  • Quels DX sont actifs ?
  • Quelle bande semble ouverte ?
  • Quels satellites vont passer ?

C’était déjà, au fond, la grande idée de HamClock.

OpenHamClock la reprend aujourd’hui en l’adaptant à une station radioamateur beaucoup plus connectée.

Et pour découvrir le projet, rien de plus simple : un navigateur Internet suffit.


Liens utiles

OpenHamClock en ligne
https://openhamclock.com/

Projet OpenHamClock et documentation
https://github.com/accius/openhamclock

Téléchargements et dernières versions
https://github.com/accius/openhamclock/releases

Documentation Docker
https://github.com/accius/openhamclock/blob/main/docs/DOCKER.md

Écosystème open source autour de HamClock
https://github.com/openhamclock

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