BandOpticon Geo : visualiser en direct la propagation radio autour du monde

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Lorsque nous allumons la station, une question revient souvent : quelle bande choisir ? Le 10 mètres est-il ouvert ? Le 15 mètres permet-il actuellement de traverser l’Atlantique ? Notre signal sur 20 mètres dépasse-t-il réellement l’Europe ?

Les outils de prévision de propagation apportent une partie de la réponse. Mais il existe une autre approche : regarder où les signaux radio sont réellement reçus à cet instant.

C’est précisément ce que propose BandOpticon Geo, un outil particulièrement visuel basé sur les données de PSKReporter.

Voir la propagation plutôt que la prévoir

BandOpticon est une application web open source développée par le radioamateur britannique Alan Robinson, G1OJS. Elle fonctionne directement dans le navigateur et ne nécessite donc aucune installation particulière.

Son principe peut être résumé très simplement : Stations radio → logiciels de décodage → PSKReporter → BandOpticon → cartes de propagation

BandOpticon ne mesure donc pas directement la propagation et n’effectue pas de prévision ionosphérique. Il exploite les reports collectés par PSKReporter afin de représenter graphiquement les communications réellement observées.

C’est une différence essentielle.

Un logiciel comme VOACAP nous indique où un signal devrait pouvoir passer. BandOpticon montre plutôt où des signaux ont effectivement été reçus.

PSKReporter comme gigantesque réseau d’observation

PSKReporter collecte en permanence les informations transmises par des milliers de stations utilisant notamment WSJT-X et d’autres logiciels compatibles.

Lorsqu’une station reçoit et décode un signal numérique, différentes informations peuvent être envoyées : indicatif de la station entendue, fréquence, mode, heure, locator de l’émetteur et du récepteur lorsqu’ils sont disponibles.

Imaginez des milliers de petits observatoires radio répartis autour du monde.

Individuellement, chacun indique simplement : « J’ai entendu cette station sur cette fréquence. »

Collectivement, ils constituent un formidable réseau permettant d’observer l’état réel des bandes.

BandOpticon récupère notamment ces informations grâce au flux temps réel MQTT de PSKReporter et les transforme en représentations cartographiques.

De la station à la carte de propagation

De la station radio à BandOpticon Geo : les reports collectés par PSKReporter deviennent une carte mondiale de la propagation.

Plusieurs bandes sous les yeux

C’est probablement l’un des premiers avantages que l’on remarque.

Avec PSKReporter, nous effectuons généralement une recherche concernant un indicatif, une bande ou un mode. BandOpticon adopte une approche différente en présentant simultanément plusieurs bandes sous forme de cartes.

En quelques secondes, nous pouvons ainsi constater une situation ressemblant à ceci :

  • 40 m : activité principalement européenne
  • 20 m : Europe et Amérique du Nord
  • 15 m : nombreuses liaisons transatlantiques
  • 10 m : ouverture vers l’Amérique du Sud

La situation évolue évidemment continuellement.

Cette vue permet de repérer rapidement la bande présentant actuellement l’activité géographique la plus intéressante, sans devoir effectuer plusieurs recherches successives.

Émission, réception et activité dans les deux sens

Il faut cependant apprendre à interpréter correctement les informations affichées.

BandOpticon distingue notamment les stations apparaissant comme Tx, Rx ou TxRx.

Une station Tx a été entendue par d’autres stations. Une station Rx a reçu d’autres stations. TxRx signifie qu’elle apparaît dans les deux catégories.

Cette distinction devient particulièrement intéressante lorsqu’on étudie sa propre installation.

Prenons notre radio-club F5KEE.

Nous pouvons rechercher où F5KEE est reçu et comparer cette information avec les stations que F5KEE reçoit.

Ces deux cartes peuvent être très différentes !

Une station peut parfaitement être reçue à 8 000 km alors qu’elle ne reçoit pas la station distante, notamment à cause du bruit local, des antennes utilisées ou des différences de puissance.

Une réception ne signifie pas forcément un QSO

BandOpticon possède à ce sujet une fonction particulièrement intéressante : l’affichage des chemins réciproques.

Supposons : F5KEE → W1ABC

Une station américaine reçoit F5KEE. C’est déjà une information intéressante sur la propagation.

Mais si nous observons : F5KEE ↔ W1ABC

F5KEE reçoit également W1ABC.

Réception et chemin réciproque en radio

Un spot dans un seul sens indique une ouverture ; un chemin réciproque montre que la propagation est observée dans les deux sens.

Le chemin radio fonctionne donc dans les deux directions au moment des observations.

Cela ne garantit évidemment pas qu’un QSO sera réalisé, mais cette information est beaucoup plus représentative d’une possibilité de communication que la simple réception d’un signal dans un seul sens.

L’auteur de BandOpticon souligne d’ailleurs que les chemins réellement réciproques sont beaucoup moins nombreux que l’ensemble des spots visibles.

Comment se comporte réellement notre station ?

C’est probablement l’utilisation la plus instructive de BandOpticon pour un radioamateur.

Prenons encore F5KEE comme exemple.

Imaginons plusieurs stations situées dans notre région. Sur 15 mètres, certaines reçoivent simultanément des stations japonaises alors que F5KEE n’en reçoit aucune.

Pourquoi ?

BandOpticon ne donnera pas directement la réponse, mais cette observation peut nous mettre sur une piste : niveau de bruit plus important, antenne moins favorable dans cette direction, environnement immédiat, différence de hauteur ou simplement conditions locales momentanées.

À l’inverse, si F5KEE reçoit régulièrement des stations que les installations environnantes ne détectent pas, c’est également une information intéressante.

BandOpticon devient alors une sorte de tableau de bord permettant de comparer les performances radio réelles d’une station avec son environnement.

Il faut néanmoins rester prudent : quelques observations ne suffisent évidemment pas pour juger définitivement les performances d’une antenne.

F5KEE au cœur de la propagation mondiale

BandOpticon permet de visualiser où F5KEE est reçu, quelles stations il reçoit et les chemins radio observés dans les deux sens.

Pas seulement pour le FT8

L’immense quantité de trafic FT8 disponible sur PSKReporter en fait naturellement un excellent indicateur de propagation.

Mais BandOpticon ne se limite pas au FT8.

FT4, WSPR et d’autres modes présents dans les données PSKReporter peuvent être exploités. Le logiciel a également évolué pour prendre en compte la CW.

Cette souplesse est intéressante : BandOpticon construit largement ses possibilités d’affichage à partir des bandes et modes réellement présents dans les données reçues.

Une projection particulièrement intéressante pour les radioamateurs

Outre la représentation cartographique classique, BandOpticon propose une projection azimutale équidistante, souvent appelée représentation Great Circle.

Elle est particulièrement adaptée à la radio.

Lorsqu’une carte azimutale est centrée sur notre station, la direction d’un correspondant sur la carte correspond directement à son azimut depuis notre emplacement.

Pour une station équipée d’une antenne directive, cette représentation devient immédiatement parlante : elle permet de visualiser les directions dans lesquelles apparaissent les ouvertures.

Attention à l’interprétation

Une carte BandOpticon ne représente pas toute la propagation radio mondiale.

Elle représente avant tout ce que les stations participant au réseau PSKReporter ont réellement observé.

Une région sans aucune liaison visible ne signifie donc pas nécessairement que la propagation y est impossible.

Il peut simplement ne pas y avoir suffisamment de stations actives, aucune station utilisant le mode sélectionné ou encore aucun report disponible à cet instant.

Il faut donc retenir : absence de spot ≠ absence certaine de propagation.

BandOpticon et les outils de prévision sont ainsi parfaitement complémentaires : les uns nous indiquent ce qui devrait être possible, l’autre nous aide à observer ce qui se produit réellement.

Essayez avec votre propre indicatif !

Une petite expérience ne prend que quelques minutes.

Ouvrez BandOpticon Geo, indiquez votre indicatif et choisissez par exemple FT8. Observez les différentes bandes, puis sélectionnez celle présentant l’activité la plus intéressante.

Regardez ensuite où votre station est reçue et quelles stations elle reçoit.

Activez les chemins réciproques, puis essayez la projection azimutale.

Enfin, comparez vos résultats avec ceux de stations situées dans votre région.

Vous risquez alors de découvrir que la bande que vous pensiez être la meilleure n’est pas nécessairement celle offrant actuellement les possibilités les plus intéressantes.

Quand la propagation devient visible

BandOpticon Geo ne remplace ni PSKReporter ni les logiciels de prévision ionosphérique. Il apporte quelque chose de différent : une manière particulièrement intuitive de transformer des milliers de reports radio en une représentation géographique immédiatement compréhensible.

On peut observer l’ouverture des bandes, suivre la portée de ses propres émissions, comparer émission et réception ou encore examiner les chemins réciproques.

Pour le radioamateur curieux de comprendre ce qui se passe réellement au-dessus de son antenne, BandOpticon transforme ainsi PSKReporter en véritable observatoire visuel de la propagation mondiale.

Liens utiles

BandOpticon Geo – application en ligne
https://g1ojs.github.io/BandOpticon/BandOpticon

BandOpticon – projet GitHub de G1OJS
https://github.com/G1OJS/BandOpticon

PSKReporter
https://www.pskreporter.info/

Documentation technique PSKReporter
https://www.pskreporter.info/pskdev.html

Flux MQTT PSKReporter
https://mqtt.pskreporter.info/

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