Lorsqu’on débute en radioamateur, on apprend rapidement à parler de bande des 80 mètres, 40 mètres, 20 mètres, 2 mètres ou encore 70 centimètres. Mais derrière ces appellations familières se trouvent des bandes de fréquences très précisément définies par la réglementation.
Un radioamateur ne peut évidemment pas émettre n’importe où dans le spectre radioélectrique. Certaines portions de celui-ci sont attribuées au service d’amateur, parfois à titre primaire, parfois à titre secondaire, et quelquefois en partage avec d’autres services.
À cela s’ajoutent des limites de puissance qui ne sont pas identiques sur toutes les bandes.
Nous allons donc réunir dans un même tableau les principales informations nécessaires à un radioamateur français : bande, fréquence inférieure, fréquence supérieure, statut de l’attribution et puissance maximale autorisée.
Attention : cet article présente les limites réglementaires des bandes. Il ne constitue pas un band plan. La répartition des différents modes à l’intérieur de ces bandes — CW, SSB, FT8, RTTY, FM, relais, satellites, etc. — fera l’objet d’un article séparé.
1. Primaire, secondaire, partagé : que signifient ces termes ?
Avant de consulter le tableau, quelques explications sont nécessaires.
Attribution à titre primaire
Le service amateur dispose d’une attribution à titre primaire.
Sur certaines portions du spectre, cette attribution primaire peut être partagée avec d’autres services disposant eux aussi de droits primaires.
Attribution à titre secondaire
Lorsque le service amateur dispose d’une attribution à titre secondaire, la situation est différente.
Le radioamateur ne doit pas provoquer de brouillage préjudiciable aux stations appartenant à un service primaire. Inversement, il ne peut pas réclamer de protection contre les brouillages provenant de ces services primaires.
Cette distinction est particulièrement importante sur certaines bandes HF et sur une grande partie des bandes UHF et hyperfréquences.
2. Tableau des bandes radioamateurs utilisables en France métropolitaine
Le tableau suivant concerne le service d’amateur en Région 1 UIT, donc notamment la France métropolitaine.
| Bande usuelle | Limite inférieure | Limite supérieure | Attribution / partage | Puissance maximale |
|---|---|---|---|---|
| 2 200 m | 135,7 kHz | 137,8 kHz | Secondaire – partagée | 1 W PIRE |
| 630 m | 472 kHz | 479 kHz | Secondaire – partagée | 1 W PIRE |
| 160 m | 1,810 MHz | 1,850 MHz | Primaire | 500 W |
| 80 m | 3,500 MHz | 3,800 MHz | Primaire – partagée | 500 W |
| 60 m | 5,3515 MHz | 5,3665 MHz | Secondaire – partagée | 15 W PIRE |
| 40 m | 7,000 MHz | 7,200 MHz | Primaire | 500 W |
| 30 m | 10,100 MHz | 10,150 MHz | Secondaire – partagée | 500 W |
| 20 m | 14,000 MHz | 14,350 MHz | Primaire | 500 W |
| 17 m | 18,068 MHz | 18,168 MHz | Primaire | 500 W |
| 15 m | 21,000 MHz | 21,450 MHz | Primaire | 500 W |
| 12 m | 24,890 MHz | 24,990 MHz | Primaire | 500 W |
| 10 m | 28,000 MHz | 29,700 MHz | Primaire | 250 W |
| 6 m | 50,000 MHz | 52,000 MHz | Secondaire – partagée | 120 W |
| 2 m | 144,000 MHz | 146,000 MHz | Primaire | 120 W |
| 70 cm | 430,000 MHz | 440,000 MHz | Mixte : secondaire / primaire partagé | 120 W |
| 23 cm | 1 240 MHz | 1 300 MHz | Secondaire – partagée | 120 W |
| 13 cm | 2 300 MHz | 2 450 MHz | Secondaire – partagée | 120 W |
| 6 cm | 5 650 MHz | 5 850 MHz | Secondaire – partagée | 120 W |
| 3 cm | 10,000 GHz | 10,500 GHz | Principalement secondaire* | 120 W |
| 1,25 cm | 24,000 GHz | 24,250 GHz | Mixte primaire / secondaire | 120 W |
| 6 mm | 47,000 GHz | 47,200 GHz | Primaire | 120 W |
| 4 mm | 76,000 GHz | 81,500 GHz | Mixte primaire / secondaire | 120 W |
| 2,5 mm | 122,250 GHz | 123,000 GHz | Secondaire – partagée | 120 W |
| 2 mm | 134,000 GHz | 141,000 GHz | Mixte primaire / secondaire | 120 W |
| 1,2 mm | 241,000 GHz | 250,000 GHz | Mixte primaire / secondaire | 120 W |
* La bande 10 GHz comporte deux situations réglementaires : 10,00–10,45 GHz est attribuée à titre secondaire ; 10,45–10,50 GHz possède un statut particulier, secondaire au sens du Règlement des radiocommunications mais bénéficiant d’une attribution primaire dans le TNRBF français.
3. Quelques bandes méritent une attention particulière
Le tableau permet immédiatement de constater que toutes les bandes radioamateurs ne bénéficient pas du même statut.
2 200 m et 630 m : seulement 1 W… mais pas n’importe quel watt !
Sur 135,7–137,8 kHz et 472–479 kHz, la limite est de 1 W PIRE.
Il ne s’agit donc pas simplement de régler l’émetteur sur 1 W.
La PIRE — puissance isotrope rayonnée équivalente — tient compte de l’ensemble constitué par l’émetteur, la ligne d’alimentation et surtout l’antenne.
Sur ces fréquences extrêmement basses, les antennes utilisées par les radioamateurs sont généralement très petites par rapport à la longueur d’onde, ce qui rend leur rendement particulièrement faible.
4. Le cas très particulier de la bande des 60 mètres
La bande des 60 mètres est relativement étroite : 5,3515 à 5,3665 MHz, soit seulement 15 kHz.
Elle est attribuée au service amateur à titre secondaire et sa puissance maximale est limitée à : 15 W PIRE.
Cette bande demande donc une attention particulière, aussi bien en matière de puissance que de largeur de bande utilisée.
5. Jusqu’à 500 W sur une grande partie des bandes HF
À partir de la bande des 160 mètres, la réglementation française permet généralement une puissance maximale en crête à la sortie de l’émetteur pouvant atteindre : 500 W.
Cette limite concerne notamment les bandes : 160 m, 80 m, 40 m, 30 m, 20 m, 17 m, 15 m et 12 m.
Il faut toutefois rappeler qu’une puissance maximale autorisée n’est pas une puissance qu’il faut systématiquement utiliser.
En radio, la bonne pratique reste toujours d’employer la puissance nécessaire à l’établissement de la communication, et non automatiquement la puissance maximale disponible.
6. Pourquoi seulement 250 W sur 10 mètres ?
La bande des 10 mètres, de 28 à 29,7 MHz, constitue une exception parmi les bandes HF hautes.
La puissance maximale réglementaire y est fixée à : 250 W en crête maximale à la sortie de l’émetteur.
Il faut donc être prudent avec certains amplificateurs HF capables de fonctionner jusqu’à 30 MHz : leur capacité technique ne signifie pas que leur puissance maximale soit réglementairement utilisable sur 28 MHz.
7. À partir de 50 MHz : 120 W
Sur la bande des 6 mètres, la puissance maximale tombe à : 120 W.
Cette valeur de 120 W se retrouve ensuite sur les bandes VHF, UHF et hyperfréquences présentées dans notre tableau.
Ainsi, sur la très populaire bande des 2 mètres (144–146 MHz), la puissance maximale est également de 120 W.
Même principe sur 430–440 MHz, communément appelée bande des 70 cm.
8. Le cas intéressant de la bande des 70 cm
Dire simplement que la bande radioamateur des 70 cm s’étend de 430 à 440 MHz est correct, mais ne raconte pas toute l’histoire.
Son statut change à l’intérieur même de la bande :
- 430 à 434 MHz : attribution secondaire ;
- 434 à 440 MHz : attribution primaire partagée avec d’autres services primaires.
La puissance maximale reste néanmoins de 120 W.
C’est un bon exemple montrant pourquoi il faut parfois regarder plus loin que la simple indication « bande des 70 cm ».
9. Et au-dessus de 1 GHz ?
Le domaine radioamateur ne s’arrête absolument pas aux bandes HF, VHF et UHF.
Les radioamateurs disposent également d’attributions autour de : 1,2 GHz, 2,3 GHz, 5,7 GHz, 10 GHz, 24 GHz, 47 GHz, 76 GHz, 122 GHz, 134 GHz et même 241 GHz.
Nous entrons alors progressivement dans le domaine des SHF et EHF, communément appelé chez les radioamateurs le domaine des hyperfréquences.
Ces bandes permettent des expérimentations particulièrement intéressantes : propagation troposphérique, réflexion sur la pluie, liaisons à vue, balises, ATV/DATV, communications par satellite ou encore expérimentations à très large bande.
Les équipements deviennent cependant beaucoup plus spécialisés à mesure que la fréquence augmente.
10. Attention à ne pas confondre bande autorisée et band plan
C’est probablement le point le plus important à retenir.
Prenons la bande des 20 mètres : 14,000 à 14,350 MHz.
Cela ne signifie pas qu’un radioamateur puisse raisonnablement choisir n’importe quelle fréquence de cette plage et y transmettre n’importe quel mode.
À l’intérieur de la bande cohabitent notamment :
- CW ;
- communications numériques ;
- FT8 et autres modes faibles ;
- RTTY ;
- SSB ;
- balises et différentes activités particulières.
C’est précisément le rôle du band plan que d’organiser cette cohabitation.
La réglementation indique donc principalement : « Où avons-nous le droit d’émettre ? »
Le band plan répond plutôt à la question : « Où devons-nous nous placer pour pratiquer tel ou tel mode ? »
Ce sera le sujet de notre prochain article.
11. Puissance de l’émetteur, PAR et PIRE : attention aux unités
Une dernière précaution s’impose à la lecture du tableau.
Pour la majorité des bandes, la puissance indiquée par la réglementation correspond à la puissance en crête maximale à la sortie de l’émetteur.
Trois bandes font exception dans le tableau :
- 135,7–137,8 kHz : 1 W PIRE ;
- 472–479 kHz : 1 W PIRE ;
- 5,3515–5,3665 MHz : 15 W PIRE.
Il ne faut donc pas comparer directement ces valeurs avec les 500 W, 250 W ou 120 W indiqués pour les autres bandes.
Autre point à connaître : une installation radioamateur dont la puissance apparente rayonnée (PAR) dépasse 5 W doit faire l’objet d’une déclaration auprès de l’ANFR dans les conditions prévues par la réglementation.
12. Les textes réglementaires évoluent
Le spectre radioélectrique n’est jamais définitivement figé.
Les décisions prises au niveau international par l’UIT, européen par la CEPT et national par les autorités françaises peuvent conduire à modifier une attribution, ouvrir une nouvelle bande ou changer certaines conditions d’utilisation.
C’est d’ailleurs ainsi que la bande des 630 mètres a été ajoutée au tableau français, puis que la bande des 60 mètres a été ouverte ultérieurement aux radioamateurs.
Pour cette raison, un tableau publié sur Internet doit toujours être accompagné de sa date et ne doit jamais remplacer la consultation des textes réglementaires officiels.
Tableau vérifié pour la France métropolitaine – octobre 2026.
En conclusion
Du 2 200 mètres au 1,2 millimètre, le terrain d’expérimentation offert aux radioamateurs est immense.
Mais toutes ces bandes ne sont pas équivalentes.
Certaines sont attribuées au service amateur à titre primaire, d’autres sont partagées avec différents utilisateurs et beaucoup de bandes situées dans les UHF et les hyperfréquences sont utilisées à titre secondaire.
La puissance maximale autorisée varie également considérablement : 1 W PIRE sur 2 200 m et 630 m, 15 W PIRE sur 60 m, jusqu’à 500 W sur une grande partie des HF, 250 W sur 10 m et 120 W à partir de 50 MHz.
Connaître les limites de nos bandes constitue donc la première étape.
Mais savoir que l’on peut émettre entre 14,000 et 14,350 MHz ne nous dit toujours pas où placer un QSO CW, une transmission FT8 ou un contact SSB.
C’est pourquoi, dans le prochain article, nous descendrons à l’intérieur de chacune de ces bandes pour découvrir le band plan radioamateur : qui émet où, avec quel mode et pourquoi ?
Liens utiles
- ANFR – Cadre juridique du radioamateur
Le point d’entrée officiel vers les principaux textes français concernant l’exploitation et l’utilisation des stations radioamateurs. - ANFR – Tableau national de répartition des bandes de fréquences (TNRBF)
La référence nationale pour connaître l’attribution du spectre radioélectrique aux différents services. - Légifrance – Décision ARCEP n° 2012-1241
Le texte de base fixant les conditions d’utilisation des fréquences par les stations du service amateur et du service amateur par satellite. - Légifrance – Décision ARCEP n° 2013-1515
Modification ayant notamment introduit la bande 472–479 kHz dans le tableau des fréquences radioamateurs. - Légifrance – Décision ARCEP n° 2019-1412
Modification importante ayant notamment intégré la bande 5 351,5–5 366,5 kHz et actualisé les puissances et conditions d’utilisation. - IARU Région 1
À consulter notamment pour les recommandations et band plans internationaux. Ceux-ci seront particulièrement importants pour notre prochain article consacré à l’organisation des modes à l’intérieur des bandes.
