Retevis annonce le HS5 : un SDR HF/VHF/UHF 100 W annoncé comme entièrement ouvert

Banniere Retrevis HS5

Le marché des transceivers SDR continue de bouger. Après les équipements traditionnels des grands constructeurs et l’arrivée de nombreux SDR autonomes, Retevis propose désormais une machine particulièrement ambitieuse : le HS5, un transceiver DDC/DUC doté d’un grand écran tactile, d’une puissance pouvant atteindre 100 W et surtout présenté comme une plateforme matérielle et logicielle entièrement ouverte.

Sur le papier, la proposition est séduisante. Mais que sait-on réellement du HS5 à ce jour ?

Un véritable SDR de station

Dans le Retevis HS5 : comment fonctionne le SDR DDC/DUC ?

Architecture SDR DDC/DUC du Retevis HS5 : conversion numérique, traitement FPGA et DSP au cœur du transceiver.

Le HS5 repose sur une architecture DDC/DUC (Digital Down Converter / Digital Up Converter). Contrairement à un poste superhétérodyne traditionnel multipliant les changements de fréquence et les étages analogiques, une grande partie du traitement du signal est ici réalisée numériquement.

Retevis annonce également un spectaculaire waterfall 3D affiché sur un écran tactile capacitif de 7 pouces, ainsi qu’un atténuateur réglable de 0 à 31 dB, un LNA, des filtres passe-bande et une dynamique ADC annoncée aux environs de 100 dB.

Le modèle HS5 commercialisé correspond à la version puissante RS-998, équipée d’un coupleur automatique d’antenne intégré.

Caractéristique Retevis HS5 / RS-998
Architecture SDR DDC/DUC
Réception 0,5 à 750 MHz
Émission 0–30 MHz + 144–148 MHz
Puissance HF 100 W
Puissance VHF 50 W+
Modes CW, LSB, USB, AM, FM, WFM, DIGI
Écran tactile capacitif 7 pouces
Atténuateur 0 à 31 dB
Alimentation 13,8 V
Consommation TX 15 A+ annoncés
Dimensions 340 × 140 × 135 mm
Masse annoncée 5,55 kg

Ces caractéristiques placent donc davantage le HS5 dans la catégorie des stations de base transportables que dans celle des petits SDR QRP.

HF, VHF et UHF… mais attention !

La mention « HF+UV » utilisée dans la présentation peut prêter à confusion.

Le récepteur couvre 0,5 à 750 MHz, ce qui permet effectivement d’écouter les bandes HF, VHF et une bonne partie de l’UHF, notamment notre bande radioamateur des 430 MHz.

Mais l’émetteur ne suit pas cette couverture.

À ce jour, Retevis indique officiellement une émission de 0 à 30 MHz et de 144 à 148 MHz seulement. Le HS5 peut donc recevoir l’UHF mais n’est pas annoncé capable d’émettre sur 430 MHz.

Il serait donc plus exact de parler d’un transceiver HF/VHF avec réception étendue jusqu’à 750 MHz.

Retrevis HS5 Couverture

Retevis HS5 : réception jusqu’à 750 MHz, mais émission limitée aux HF et à la bande des 144 MHz.

Du FT8 sans ordinateur

Une autre fonction mérite l’attention des radioamateurs : le FT8 est directement intégré au transceiver.

Le manuel confirme que le HS5 peut encoder et décoder le FT8 sans équipement externe. L’opérateur renseigne notamment son indicatif et son locator, et le poste dispose même d’un mécanisme permettant de répondre automatiquement après lancement d’un CQ. Retevis recommande par ailleurs de réduire la puissance pour ce mode numérique.

Le poste propose également le décodage CW, l’enregistrement sur carte TF/SD, une carte son USB intégrée et le Wi-Fi.

On commence donc à se rapprocher davantage d’un ordinateur spécialisé dans la radio que d’un simple émetteur-récepteur piloté par DSP.

« Entièrement open source » : la promesse qui change tout ?

C’est probablement l’affirmation la plus intrigante de Retevis.

Le constructeur indique explicitement que le logiciel et le matériel sont entièrement open source et peuvent être modifiés selon les besoins.

Pour les expérimentateurs, une telle plateforme pourrait être passionnante : modification du firmware, ajout de fonctions numériques, évolution de l’interface, développement de nouveaux traitements DSP, voire modification de certaines parties matérielles.

Mais il convient pour l’instant de rester prudent.

Une véritable plateforme ouverte devrait idéalement fournir les sources du firmware, les schémas électroniques, la documentation de l’architecture, éventuellement les sources FPGA, les outils nécessaires à la compilation et surtout des licences clairement définies.

À l’heure où nous publions cet article, nous n’avons pas identifié de dépôt public officiel regroupant clairement l’ensemble de ces éléments. Retevis fournit toutefois déjà le manuel HS5 dans son centre de téléchargement.

Il faudra donc surveiller ce que recouvre concrètement cette promesse d’ouverture.

Un poste prometteur… qui devra passer au banc de mesure

Retevis affiche actuellement le HS5 à 1 285,99 dollars sur sa boutique internationale. À ce niveau de prix, le radioamateur attendra autre chose qu’une impressionnante liste de fonctions.

Il faudra mesurer la dynamique réelle du récepteur, son comportement en présence de signaux puissants, la sélectivité, le bruit de phase et surtout la pureté spectrale de l’émetteur à 100 W.

Il faudra également vérifier la qualité du FT8 autonome et découvrir jusqu’où il est réellement possible de modifier le logiciel et le matériel.

Le Retevis HS5 / RS-998 pourrait ainsi devenir une machine particulièrement intéressante pour les expérimentateurs… à condition que les performances mesurées et l’ouverture réelle du projet soient à la hauteur des caractéristiques annoncées.

Pour aller plus loin

Retevis – site officiel
Découvrir le site officiel Retevis

Retevis HS5 / RS-998 – page officielle
Caractéristiques et présentation du Retevis HS5

Manuel du HS5 / RS-998
Consulter le manuel technique du transceiver

Centre de téléchargement Retevis
Manuels et ressources Retevis

Annonce du HS5 du 2 septembre 2026
Présentation du HS5 par Simon The Wizard

Ferrites : comment choisir le bon matériau pour un balun ou un antiparasite ?

Banniere Ferrites : choisir le bon matériau

Dans les tiroirs d’un radioamateur, on trouve presque toujours quelques tores noirs, des ferrites à clipser récupérées sur d’anciens câbles informatiques ou encore des bagues provenant d’une alimentation. Elles se ressemblent toutes et pourtant leurs propriétés peuvent être radicalement différentes.

Une ferrite efficace pour supprimer un parasite à 3 MHz ne sera pas nécessairement adaptée à 430 MHz. De même, un excellent matériau pour réaliser un choke de mode commun n’est pas forcément le meilleur choix pour bobiner un transformateur d’impédance.

Le choix d’une ferrite repose donc sur quatre paramètres essentiels : le matériau, la fréquence, la géométrie et l’utilisation recherchée.

Qu’est-ce qu’une ferrite ?

Une ferrite est un matériau magnétique céramique constitué principalement d’oxydes métalliques. En radiofréquence, deux grandes familles sont particulièrement courantes :

  • MnZn : manganèse-zinc, généralement intéressant aux fréquences relativement basses ;
  • NiZn : nickel-zinc, dont la résistivité élevée permet notamment de travailler à des fréquences plus importantes.

On rencontre également d’autres compositions, mais MnZn et NiZn couvrent l’essentiel des ferrites utilisées par les radioamateurs.

Le fabricant Fair-Rite commercialise différents mélanges, ou mix, identifiés par des nombres : 31, 43, 52, 61, 73, 75, 77, etc.

Attention : ces nombres ne représentent ni la perméabilité, ni la fréquence, ni les dimensions du tore. Ce sont simplement des références de matériaux.

Tous les matériaux ne travaillent pas aux mêmes fréquences

Pour un antiparasite, Fair-Rite indique des plages d’utilisation optimales qui montrent immédiatement les différences entre matériaux : le 75 est destiné aux fréquences basses, le 31 couvre largement la HF, le 43 se décale vers les fréquences supérieures et le 61 devient particulièrement intéressant en VHF/UHF.

Tableau récapitulatif des principaux matériaux

Matériau Composition Perméabilité initiale µi* Plage indicative Utilisation typique
75 MnZn ≈ 5000 0,1 à 5 MHz Parasites BF/HF très basse, alimentations
73 MnZn ≈ 2500 1 à 25 MHz Antiparasitage basse HF, principalement perles
31 MnZn ≈ 1500 1 à 300 MHz Excellent pour chokes HF large bande
43 NiZn ≈ 800 20 à 300 MHz Antiparasitage, baluns et transformateurs HF
44 NiZn ≈ 500 20 à 300 MHz Antiparasitage, évolution du matériau 43
52 NiZn ≈ 250 ≈ 50 MHz à 1 GHz en suppression Chokes et applications RF plus hautes en fréquence
61 NiZn ≈ 125 200 MHz à 1 GHz en suppression VHF/UHF ; également inductances/transformateurs HF selon conception

* Valeurs typiques Fair-Rite. Les plages indiquées concernent principalement l’antiparasitage et ne doivent pas être interprétées comme les limites absolues d’utilisation d’un transformateur RF. Fair-Rite donne par exemple le matériau 61 pour des applications inductives jusqu’à environ 25 MHz, tout en le recommandant pour l’antiparasitage au-dessus de 200 MHz.

Tableau récapitulatif des principaux matériaux

Plages d’utilisation indicatives des principaux matériaux ferrites selon la fréquence.

Cette dernière remarque est fondamentale : la fréquence d’utilisation d’une ferrite dépend de ce que l’on veut lui faire faire.

Un balun et un antiparasite ne demandent pas la même chose

C’est probablement la distinction la plus importante à retenir.

Dans un transformateur RF, on cherche à transférer correctement l’énergie d’un enroulement vers un autre ou à réaliser une transformation d’impédance. On recherche donc une inductance suffisante, une bande passante convenable et des pertes raisonnables.

Dans un choke de mode commun, c’est presque l’inverse : nous voulons que la ferrite s’oppose fortement au courant indésirable.

L’impédance d’une ferrite peut s’écrire :

    \[Z=R+jX\]

X représente la partie réactive et R la partie résistive.

Dans un antiparasite, une composante résistive importante est intéressante : au lieu de simplement stocker puis restituer l’énergie parasite, la ferrite contribue à la dissiper sous forme de chaleur.

Voilà pourquoi demander simplement « quelle est la perméabilité de ce tore ? » ne suffit pas pour choisir un bon antiparasite.

Le Mix 31 : le favori des chokes HF

Pour le radioamateur travaillant entre 1,8 et 30 MHz, le Mix 31 est particulièrement intéressant.

C’est un matériau MnZn spécialement développé pour l’antiparasitage. Fair-Rite indique une plage optimale de suppression d’environ 1 à 300 MHz, avec une bonne efficacité dans le bas du spectre.

Il convient donc très bien pour réaliser :

  • un choke sur le coaxial d’une antenne HF ;
  • un antiparasite sur le câble d’une alimentation ;
  • une suppression de mode commun sur USB ou Ethernet ;
  • un filtre sur les câbles CAT ou de commande ;
  • un choke à proximité d’une antenne.

Pour un choke couvrant plusieurs bandes HF, le Mix 31 constitue donc souvent un excellent premier choix.

Le Mix 43 : le grand classique

Le Mix 43 est probablement l’un des matériaux les plus connus des radioamateurs.

Il s’agit d’un matériau NiZn de perméabilité initiale voisine de 800. Fair-Rite donne une plage optimale de suppression située approximativement entre 20 et 300 MHz.

Mais le 43 est également largement utilisé dans les transformateurs RF large bande, baluns et ununs.

C’est pourquoi on rencontre fréquemment des références telles que FT240-43 ou FT140-43 dans les montages radioamateurs.

Il ne faut cependant pas conclure que le 43 est toujours supérieur au 31. Pour supprimer des courants de mode commun sur les bandes HF basses, le 31 peut être nettement plus intéressant.

Et lorsque l’on monte en VHF et UHF ?

À mesure que la fréquence augmente, les propriétés recherchées changent.

Le Mix 61 est un matériau NiZn de perméabilité relativement faible, environ 125. Fair-Rite le recommande notamment pour la suppression des perturbations situées au-dessus de 200 MHz, jusqu’à environ 1 GHz suivant les composants.

Il devient donc particulièrement intéressant lorsque l’on travaille autour de :

  • 144 MHz ;
  • 433/435 MHz ;
  • certaines applications UHF.

Cela illustre une règle essentielle :

le tore parfait pour 3,5 MHz n’est pas nécessairement celui qu’il faut pour 433 MHz.

Pourquoi plusieurs passages dans la ferrite ?

Passer plusieurs fois un câble dans un tore augmente considérablement son efficacité aux fréquences basses.

En première approximation :

    \[L \propto N^2\]

N représente le nombre de tours.

Passer deux, trois ou quatre fois le câble dans la ferrite peut donc produire une impédance beaucoup plus importante qu’un passage unique. Les mesures publiées par Fair-Rite montrent effectivement une forte augmentation de l’impédance lorsque le nombre de tours augmente.

Mais attention : plus de tours n’est pas toujours synonyme de meilleur résultat.

Lorsque la fréquence augmente, les capacités parasites entre les conducteurs deviennent importantes. Le montage possède alors ses propres résonances et l’efficacité peut finalement diminuer.

Le bon choke est donc une association :

matériau + dimensions du tore + nombre de tours + fréquence.

Tore, perle ou ferrite à clipser ?

Le tore permet plusieurs passages et convient particulièrement bien aux baluns, ununs et chokes coaxiaux.

Les perles et tubes de ferrite peuvent être enfilés sur un conducteur ou sur un câble coaxial. Plusieurs ferrites peuvent être disposées successivement afin d’augmenter l’impédance.

Enfin, les ferrites ouvrantes, ou snap-on, sont extrêmement pratiques pour traiter une installation existante sans couper les câbles.

On peut les placer sur :

  • un câble USB ;
  • un câble Ethernet ;
  • une alimentation ;
  • un câble micro ;
  • une liaison CAT ;
  • un câble de rotateur ;
  • les différents câbles reliant le transceiver à l’ordinateur.

Dans tous les cas, connaître le matériau utilisé reste beaucoup plus important que l’apparence extérieure de la ferrite.

Diamètre et couleur : peut-on reconnaître une ferrite à l’œil ?

Lorsqu’on achète ou récupère un tore, deux caractéristiques sautent immédiatement aux yeux : sa taille et parfois sa couleur. Pourtant, aucune des deux ne permet d’identifier avec certitude le matériau magnétique.

La couleur n’est pas un code universel

Contrairement aux résistances, il n’existe pas de code couleur universel des ferrites. Un tore rouge, bleu, jaune ou noir n’indique donc pas nécessairement un Mix 31, 43, 61 ou 75.

La couleur peut être utilisée par un fabricant pour distinguer ses propres produits, mais cette convention n’est pas forcément reprise par un autre fabricant.

Attention également à ne pas confondre ferrite et poudre de fer. Certains tores en poudre de fer possèdent justement des couleurs caractéristiques selon le fabricant. Un tore coloré récupéré dans une alimentation n’est donc pas automatiquement une ferrite.

En pratique : sans référence fabricant, la couleur seule ne permet pas d’identifier un tore.

FT-82, FT-140, FT-240 : que signifie le nombre ?

Les radioamateurs rencontrent fréquemment des références telles que :

FT-82-43, FT-140-31 ou FT-240-43.

Dans cette nomenclature courante, FT désigne un tore en ferrite, le premier nombre correspond à sa classe de dimensions et le nombre situé après le tiret identifie le matériau.

Quelques dimensions typiques permettent de se faire une idée :

Format Diamètre extérieur approximatif
FT-50 13 mm
FT-82 21 mm
FT-114 29 mm
FT-140 36 mm
FT-240 61 mm

Ainsi, FT-240-31 et FT-240-43 ont pratiquement les mêmes dimensions mais pas les mêmes propriétés magnétiques. À l’inverse, FT-82-43 et FT-240-43 utilisent le même matériau 43 dans des dimensions très différentes.

Pourquoi la taille est-elle importante ?

Le diamètre et, plus généralement, le volume du noyau influencent directement la réalisation pratique.

Un grand tore permet de faire passer un câble coaxial plus gros et d’effectuer davantage de tours. Il possède également davantage de matériau magnétique et offre généralement une meilleure marge thermique et énergétique.

C’est particulièrement important lorsqu’un choke est installé sur la sortie d’un émetteur HF de forte puissance : les courants de mode commun absorbés produisent des pertes et donc de la chaleur dans la ferrite.

On rencontre pour cette raison des chokes réalisés avec de gros noyaux FT-240, voire avec deux ou plusieurs tores empilés.

La référence complète est donc essentielle :

FT-240-31 = forme et dimensions FT-240 + matériau Mix 31.

Ne choisissez donc jamais une ferrite uniquement parce qu’elle est « grosse », « noire » ou de la même couleur qu’un modèle vu sur Internet. Pour une réalisation reproductible, recherchez toujours la référence exacte du fabricant et la fiche technique correspondante.

Attention aux ferrites de récupération

Une grosse ferrite récupérée sur un ancien écran VGA peut sembler parfaite pour notre station. Et elle peut effectivement l’être !

Mais il subsiste un problème majeur : nous ignorons généralement son matériau.

La couleur noire ou gris foncé ne permet pas de distinguer fiablement un Mix 31 d’un 43, d’un 61 ou d’un matériau propriétaire.

Une ferrite inconnue peut donc être utilisée pour expérimenter, mais il est difficile de construire un antiparasite reproductible sans la caractériser.

Avec un analyseur d’impédance ou même un NanoVNA et un montage de mesure approprié, il devient possible d’étudier son comportement en fonction de la fréquence.

Voilà d’ailleurs matière à un prochain article F5KEE !

Cas pratique : du courant RF sur le coaxial

Prenons une antenne HF alimentée par coaxial. Idéalement, les courants circulant sur les deux conducteurs sont égaux et opposés.

Dans la réalité, une partie du courant RF peut circuler sur la face extérieure de la tresse du coaxial.

Ce courant de mode commun peut provoquer :

  • retour HF dans la station ;
  • perturbations USB ;
  • déclenchements intempestifs ;
  • modification du diagramme de rayonnement ;
  • bruit reçu supplémentaire.

Un choke réalisé avec plusieurs passages de coaxial dans une ferrite adaptée présente une forte impédance à ce courant.

On peut écrire simplement :

    \[I_{CM}=\frac{V_{CM}}{Z_{choke}}\]

Plus

    \[<span class="katex">Z_{choke}\]

est importante, plus le courant de mode commun est réduit.

Pour un parasite, cherchez d’abord sa fréquence

Supposons maintenant qu’une alimentation à découpage génère un parasite très puissant autour de 3 MHz.

La station écoute peut-être le 14 MHz, mais ce n’est pas cette fréquence qui doit déterminer le choix de la ferrite : c’est principalement la fréquence du courant parasite que nous voulons atténuer.

À quelques MHz, un matériau comme le 31, voire le 75 lorsque le problème descend encore en fréquence, sera généralement beaucoup plus pertinent qu’un matériau destiné aux VHF/UHF.

Fair-Rite recommande d’ailleurs explicitement de connaître, au moins approximativement, la fréquence du bruit avant de sélectionner le matériau.

Quel matériau choisir en pratique ?

Votre problème Matériau à étudier en priorité
Parasites < 1 MHz 75
Parasites 1 à 5 MHz 75 / 31
Choke coaxial bandes HF 31
Choke HF large bande 31
Antiparasitage haut de la HF 31 / 43
Transformateur ou balun HF 43 / 52 / 61 selon la conception
Parasites VHF 43 / 61 selon fréquence et composant
Parasites UHF 61 ou matériau spécialisé
Ferrite récupérée inconnue À mesurer !

Ces choix constituent des points de départ et non des règles absolues. Les dimensions du noyau, le diamètre du câble, le nombre de tours et la puissance RF changent le résultat.

Les cinq erreurs à éviter

1. Acheter simplement « un tore en ferrite ». Sans connaître son matériau, ses performances restent imprévisibles.

2. Croire que 61 est meilleur que 43 et 43 meilleur que 31. Ces nombres sont des références de matériaux, pas une échelle de qualité.

3. Regarder uniquement la perméabilité. Pour un antiparasite, la courbe d’impédance en fonction de la fréquence est beaucoup plus instructive.

4. Ajouter toujours plus de tours. Cela améliore souvent les fréquences basses mais peut dégrader le comportement aux fréquences élevées.

5. Choisir la ferrite selon la bande radio utilisée plutôt que selon la fréquence du parasite. En CEM, c’est le bruit à éliminer qui nous intéresse.

Ce qu’il faut retenir

Une ferrite n’est donc jamais simplement « une ferrite ».

Pour faire le bon choix, retenons une méthode très simple :

Fréquence → fonction → matériau → dimensions → nombre de passages → mesure.

Pour un choke de mode commun HF, le Mix 31 constitue souvent un excellent point de départ. Le 43 reste un grand classique des montages RF et des transformateurs large bande. Lorsque l’on monte vers les VHF et UHF, des matériaux comme le 61 deviennent intéressants. Et pour des perturbations situées très bas en fréquence, il faut regarder du côté des matériaux à forte perméabilité comme le 75.

Surtout, plutôt que de choisir un tore à sa couleur ou à sa taille, consultez sa courbe d’impédance en fonction de la fréquence. Elle raconte beaucoup mieux ce que cette petite bague noire sera réellement capable de faire dans votre station.

Pour aller plus loin

AD8307 et AD8318 : mesurer une puissance RF sans wattmètre classique

Découvrez comment les AD8307 et AD8318 mesurent la puissance RF en dBm et en watts, des bandes HF aux micro-ondes, avec atténuateur ou coupleur.

Mesurer la puissance d’un émetteur semble normalement exiger un wattmètre RF inséré entre la station et une charge fictive ou une antenne. Pourtant, deux circuits intégrés rendent possible la construction d’un appareil numérique compact couvrant une plage impressionnante : l’AD8307 pour les bandes HF et VHF, et l’AD8318 pour les UHF et les micro-ondes.

Ces composants ne supportent toutefois pas directement les 10, 50 ou 100 W d’un émetteur. Ils mesurent un échantillon fortement atténué du signal RF et produisent une tension continue exploitable par un Arduino, un ESP32 ou un RP2040.

Pourquoi un simple multimètre ne suffit-il pas ?

Un multimètre mesure facilement une tension continue ou un signal alternatif à 50 Hz. Mais à 14 MHz, 144 MHz ou 2,4 GHz, ses circuits d’entrée sont beaucoup trop lents. Il faut d’abord transformer le signal RF en une tension continue représentative de son niveau.

Une diode peut remplir cette fonction, mais sa tension de seuil limite fortement la mesure des petits signaux. Un détecteur logarithmique est beaucoup plus sensible et couvre une dynamique considérable : il peut détecter aussi bien des puissances de quelques nanowatts que des niveaux proches du milliwatt.

Avec un prélèvement correctement calculé, cette plage peut être transposée aux puissances utilisées dans une station radioamateur.

Du watt au dBm

Les détecteurs logarithmiques travaillent naturellement en décibels. La puissance est donc généralement exprimée en dBm, c’est-à-dire en décibels par rapport à 1 mW :

    \[P_{\mathrm{dBm}}=10\log_{10}\left(\frac{P_{\mathrm{W}}}{1\ \mathrm{mW}}\right)\]

Pour revenir aux watts :

    \[P_{\mathrm{W}}=10^{\frac{P_{\mathrm{dBm}}-30}{10}}\]

Quelques valeurs permettent de se repérer :

Puissance Niveau
1 µW −30 dBm
10 µW −20 dBm
100 µW −10 dBm
1 mW 0 dBm
10 mW +10 dBm
100 mW +20 dBm
1 W +30 dBm
10 W +40 dBm
100 W +50 dBm

Cette représentation facilite les calculs. Lorsqu’un atténuateur de 30 dB est placé devant le détecteur, il suffit d’ajouter 30 dB à la puissance mesurée pour retrouver celle présente à son entrée.

Comment fonctionne un détecteur logarithmique ?

L’AD8307 et l’AD8318 contiennent une succession d’étages amplificateurs. Lorsque le signal traverse cette chaîne, les derniers étages atteignent leur saturation avant les premiers. Chaque étage contribue à une détection globale dont la sortie suit approximativement le logarithme de l’amplitude RF.

Le résultat est une tension dite « linéaire en dB » : une variation de puissance de 1 dB provoque une variation presque constante de la tension de sortie.

La relation peut s’écrire sous une forme générale :

    \[V_{\mathrm{OUT}}=S\left(P_{\mathrm{IN}}-P_{\mathrm{INTERCEPT}}\right)\]

    \[<span class="katex">S\]

représente la pente en volts par décibel. Pour ces deux circuits, elle est voisine de 25 mV/dB, mais son sens est différent.

En pratique, on utilisera plutôt une équation obtenue par calibration :

    \[P_{\mathrm{IN}}(\mathrm{dBm})=aV_{\mathrm{OUT}}+b\]

Les coefficients aa et bb sont calculés en appliquant au montage au moins deux puissances RF connues.

L’AD8307 pour les bandes HF et VHF

L’AD8307 fonctionne du continu jusqu’à environ 500 MHz. Analog Devices annonce une dynamique maximale de 92 dB et une très bonne conformité logarithmique aux fréquences inférieures à 100 MHz.

Sa tension de sortie augmente avec la puissance reçue, avec une pente nominale de :

    \[+25\ \mathrm{mV/dB}\]

Il consomme seulement 7,5 mA et accepte une alimentation comprise entre 2,7 et 5,5 V. Il convient particulièrement aux applications suivantes :

  • wattmètre pour les bandes décamétriques ;
  • mesure d’un émetteur QRP ;
  • contrôle d’une balise WSPR ;
  • mesure sur 50 ou 144 MHz ;
  • indicateur de niveau pour générateur HF ;
  • mesure simultanée de la puissance directe et réfléchie.

Son fonctionnement reste possible vers 432 MHz, mais sa précision, sa sensibilité et sa régularité diminuent lorsqu’on approche de sa limite supérieure. Une calibration spécifique à cette bande devient alors indispensable.

L’AD8318 pour les UHF et les micro-ondes

L’AD8318 est destiné aux fréquences plus élevées. Sa conformité logarithmique est spécifiée de 1 MHz à 6 GHz et son fonctionnement reste utile jusqu’à environ 8 GHz.

Il trouve naturellement sa place sur :

  • 432 MHz ;
  • 1 296 MHz ;
  • 2,4 GHz, notamment pour QO-100 ;
  • 5,8 GHz ;
  • les équipements Wi-Fi et les montages micro-ondes expérimentaux.

Sa dynamique pratique se situe autour de 60 à 70 dB selon la fréquence et l’erreur acceptable. Contrairement à l’AD8307, sa tension de sortie diminue lorsque la puissance RF augmente. Sa pente nominale est donc :

    \[-25\ \mathrm{mV/dB}\]

L’AD8318 demande une alimentation de 5 V et consomme environ 68 mA. Son utilisation est également plus exigeante : pistes RF très courtes, plan de masse continu, connecteurs adaptés et découplage soigneux.

Les petits modules AD8318 vendus à bas prix facilitent les essais, mais leurs performances peuvent varier. La qualité du circuit imprimé, du connecteur SMA et des composants d’adaptation influence fortement la mesure, surtout à plusieurs gigahertz.

Comparatif RF AD8307 et AD8318

L’AD8307 privilégie la dynamique en HF/VHF, tandis que l’AD8318 étend la mesure aux bandes UHF et micro-ondes.

Trois façons de prélever la puissance RF

Mesurer directement un petit signal

Un générateur HF de laboratoire ou un oscillateur de quelques milliwatts peut être relié au détecteur, à condition de respecter sa plage d’entrée et l’impédance de 50 Ω.

Cette configuration convient à la mise au point d’oscillateurs, de filtres, d’amplificateurs ou d’atténuateurs. Elle ne doit jamais être raccordée directement à la sortie d’un émetteur de plusieurs watts.

Ajouter un atténuateur

Un atténuateur résistif réduit le niveau appliqué au détecteur. Avec une atténuation de 30 dB, la puissance est divisée par 1 000 :

    \[1\ \mathrm{W}=+30\ \mathrm{dBm}\]

Après une atténuation de 30 dB :

    \[P_{\mathrm{détecteur}}=30-30=0\ \mathrm{dBm}\]

Le détecteur ne reçoit plus que 1 mW. Toutefois, l’atténuateur placé en tête doit pouvoir dissiper presque toute la puissance initiale. Un modèle SMA prévu pour 2 W ne peut pas mesurer directement un émetteur de 100 W, même s’il offre 40 dB d’atténuation.

Mesure RF sûre d’un émetteur 100 W

Un coupleur de −40 dB réduit l’échantillon de 100 W à seulement 10 mW pour protéger le détecteur.

Employer un coupleur directionnel

Pour mesurer un émetteur HF de puissance moyenne ou élevée, le coupleur directionnel constitue la meilleure solution. Il laisse circuler l’essentiel de l’énergie entre l’émetteur et la charge, tout en prélevant une faible fraction du signal.

Prenons un émetteur de 100 W, soit +50 dBm, et un coupleur de 40 dB :

    \[P_{\mathrm{détecteur}}=50-40=+10\ \mathrm{dBm}\]

Le détecteur reçoit 10 mW, tandis que les 100 W circulent dans la ligne principale.

La précision dépend alors du facteur de couplage, de sa variation avec la fréquence et de la directivité du dispositif. Un coupleur réalisé pour les bandes HF ne conservera pas forcément les mêmes caractéristiques sur 144 ou 432 MHz.

Du détecteur à l’affichage numérique

Un wattmètre numérique complet se compose de plusieurs blocs :

  1. un atténuateur ou un coupleur ;
  2. un AD8307 ou un AD8318 ;
  3. un convertisseur analogique-numérique ;
  4. un microcontrôleur ;
  5. un écran ou une interface informatique.

Le microcontrôleur mesure

    \[V_{\mathrm{OUT}}\]

, applique les coefficients de calibration, ajoute l’atténuation du système de prélèvement puis convertit les dBm en watts :

    \[P_{\mathrm{ligne}}(\mathrm{dBm}) = P_{\mathrm{détecteur}}(\mathrm{dBm}) + A_{\mathrm{prélèvement}}(\mathrm{dB})\]

Comme 1 dB ne représente qu’environ 25 mV, la stabilité de l’alimentation et la qualité du convertisseur analogique-numérique sont importantes. Le moyennage de plusieurs mesures permet également de stabiliser l’affichage.

Peut-on se passer complètement d’un wattmètre étalon ?

Une fois calibré, le montage fonctionne sans wattmètre classique. Mais la première calibration exige une référence connue : générateur RF étalonné, analyseur de spectre, wattmètre emprunté au radio-club ou émetteur préalablement mesuré sur charge fictive.

Une calibration à deux points permet de déterminer la pente et le décalage. Pour une meilleure précision, on utilisera plusieurs niveaux et une table de correction différente pour chaque bande.

Cette opération compense :

  • les tolérances du détecteur ;
  • l’atténuation réelle du prélèvement ;
  • les pertes des câbles et connecteurs ;
  • la variation de réponse avec la fréquence ;
  • les erreurs du convertisseur analogique-numérique.

Le titre « sans wattmètre classique » doit donc être compris comme « sans wattmètre classique après calibration ».

Mesurer également le ROS

Avec un coupleur bidirectionnel et deux détecteurs identiques, il devient possible de mesurer séparément la puissance directe

    \[P_D\]

et la puissance réfléchie

    \[P_R\]

.

Architecture d’un wattmètre RF numérique

Deux détecteurs mesurent les puissances directe et réfléchie afin de calculer la puissance RF et le ROS.

Le coefficient de réflexion vaut :

    \[\Gamma|=\sqrt{\frac{P_R}{P_D}}\]

Le ROS est ensuite calculé par :

    \[ROS=\frac{1+|\Gamma|}{1-|\Gamma|}\]

Aux faibles niveaux réfléchis, la précision dépend surtout de la directivité du coupleur et du bruit résiduel des détecteurs. Un appareil affichant un ROS de 1,00 n’est donc pas nécessairement plus précis qu’un modèle indiquant 1,05 !

Attention à la nature du signal

Ces circuits sont généralement caractérisés avec une porteuse sinusoïdale continue. Leur indication est relativement simple à interpréter en CW ou en FM à amplitude constante.

En SSB, en AM ou avec certains modes numériques, l’enveloppe varie rapidement. Le résultat dépend alors du temps de réponse, du filtrage et du moyennage appliqué. Il faut préciser si l’on souhaite afficher :

  • la puissance instantanée ;
  • la puissance moyenne ;
  • la puissance de crête ;
  • la puissance moyenne sur la durée d’une émission.

Un détecteur logarithmique n’est pas un véritable wattmètre RMS thermique. Il additionne également tout ce qu’il reçoit dans sa bande passante : signal utile, bruit, harmoniques et rayonnements parasites. Un filtrage peut donc être nécessaire.

AD8307 ou AD8318 : lequel choisir ?

Pour un wattmètre décamétrique, un mesureur QRP ou un appareil couvrant 1,8 à 144 MHz, l’AD8307 est généralement le meilleur choix. Il est sensible, économique, peu gourmand et relativement facile à mettre en œuvre.

Pour 432 MHz, 1,2 GHz, 2,4 GHz ou 5,8 GHz, l’AD8318 devient préférable. Il demande davantage de précautions de construction, mais permet de couvrir les bandes micro-ondes, notamment pour surveiller la puissance d’un amplificateur QO-100.

Dans les deux cas, le circuit intégré n’est qu’un maillon de la chaîne. La précision finale dépendra autant du coupleur, de l’atténuateur, de l’adaptation 50 Ω et de la calibration que du détecteur lui-même.

Pour aller plus loin

Boîtiers CMS/SMD SOT : dimensions, broches, pas et équivalences

Banniere SMD / CMS SOT

Lorsqu’on récupère un composant CMS sur une carte électronique ou que l’on cherche son empreinte dans un logiciel de CAO, une question revient rapidement : quel est exactement ce boîtier ?

SOT-23, SOT-89, SOT-323, SOT-363, SOT-523, SC-70… Les références sont nombreuses et certains boîtiers semblent presque identiques à l’œil nu.

Pourtant, quelques informations permettent généralement de les différencier : dimensions du corps, encombrement avec les broches, nombre de broches et pas entre celles-ci.

Cette page propose deux tableaux complémentaires :

  • le premier est classé par numéro SOT, pour retrouver rapidement les caractéristiques d’un boîtier connu ;
  • le second est classé par dimensions, pour identifier un boîtier inconnu posé sur l’établi.

Que signifie SOT ?

SOT signifie Small Outline Transistor.

Ces boîtiers ont initialement été développés pour les transistors montés en surface, mais ils accueillent aujourd’hui de nombreux composants :

  • transistors bipolaires ;
  • MOSFET ;
  • diodes ;
  • régulateurs ;
  • amplificateurs opérationnels ;
  • comparateurs ;
  • circuits logiques ;
  • circuits RF ;
  • capteurs ;
  • petits convertisseurs.

Attention : le numéro qui suit SOT n’indique pas la taille du composant. Un SOT-323 est par exemple nettement plus petit qu’un SOT-223.

Tableau 1 — Boîtiers classés par numéro SOT

Ce premier tableau constitue le tableau de référence. Si vous connaissez déjà l’appellation du boîtier, recherchez simplement son numéro.

Boîtier Équivalence / autre nom Broches Corps seul L × l Hors tout L × l approx. Pas Usages courants
SOT-23 TO-236AB 3 ≈ 2,9 × 1,3 mm ≈ 2,9 × 2,4 mm 1,90 mm Transistors, MOSFET, diodes, références
SOT-23-5 SOT-25* 5 ≈ 2,9 × 1,6 mm ≈ 2,9 × 2,8 mm 0,95 mm LDO, AOP, comparateurs, capteurs
SOT-23-6 SOT-26* 6 ≈ 2,9 × 1,6 mm ≈ 2,9 × 2,8 mm 0,95 mm Analogique, RF, DC/DC
SOT-25 SOT-23-5* 5 ≈ 2,9 × 1,6 mm ≈ 2,9 × 2,8 mm 0,95 mm Régulateurs, AOP, petits CI
SOT-26 SOT-23-6* 6 ≈ 2,9 × 1,6 mm ≈ 2,9 × 2,8 mm 0,95 mm Logique, analogique, RF
SOT-89 TO-243 / SC-62 3 ≈ 4,5 × 2,5 mm ≈ 4,5 × 4,0 mm 1,50 mm Régulateurs, transistors moyenne puissance
SOT-143 4 ≈ 2,9 × 1,3 mm ≈ 2,9 × 2,4 mm asymétrique RF, doubles diodes, protections
SOT-223 TO-261 / SC-73 3 + tab ≈ 6,5 × 3,5 mm ≈ 6,5 × 7,0 mm 2,30 mm Régulateurs, transistors et MOSFET de puissance
SOT-323 SC-70 3 ≈ 2,0 × 1,25 mm ≈ 2,0 × 2,1 mm 1,30 mm Transistors, MOSFET, diodes, RF
SOT-343 SC-70-4 / SC-82* 4 ≈ 2,0 × 1,25 mm ≈ 2,0 × 2,1 mm ≈ 0,65 mm RF, doubles composants
SOT-353 SC-70-5 5 ≈ 2,0 × 1,25 mm ≈ 2,0 × 2,1 mm 0,65 mm Logique, AOP, comparateurs
SOT-363 SC-70-6 6 ≈ 2,0 × 1,25 mm ≈ 2,0 × 2,1 mm 0,65 mm Doubles transistors, diodes, RF
SOT-416 SC-75 3 ≈ 1,6 × 0,8 mm ≈ 1,6 × 1,6 mm ≈ 1,0 mm Transistors et diodes miniatures
SOT-457 SC-74 6 ≈ 3,0 × 1,5 mm ≈ 3,0 × 2,8 mm 0,95 mm Doubles transistors, réseaux de diodes
SOT-523 SC-75A* 3 ≈ 1,6 × 0,8 mm ≈ 1,6 × 1,6 mm 1,00 mm Transistors, MOSFET, diodes
SOT-553 5 ≈ 1,6 × 1,2 mm ≈ 1,6 × 1,6 mm 0,50 mm Logique, analogique, petits CI
SOT-563 6 ≈ 1,6 × 1,2 mm ≈ 1,6 × 1,6 mm 0,50 mm Doubles transistors, diodes, logique
SOT-666 6 ≈ 1,6 × 1,6 mm ≈ 1,6 × 1,6 mm ≈ 0,50 mm MOSFET doubles, commutation
SOT-723 3 ≈ 1,2 × 0,8 mm ≈ 1,2 × 1,2 mm 0,80 mm Transistors, diodes, RF
SOT-753 5 ≈ 1,2 × 0,8 mm ≈ 1,2 × 1,2 mm ≈ 0,40 mm Logique, petits CI
SOT-763 6 ≈ 1,2 × 0,8 mm ≈ 1,2 × 1,2 mm ≈ 0,40 mm Logique, réseaux, petits CI
SOT-883 DFN1006-3* 3 ≈ 1,0 × 0,6 mm ≈ 1,0 × 0,6–1,0 mm ≈ 0,35–0,40 mm RF, commutation, haute densité
SOT-886 XSON6 / DFN1006-6* 6 ≈ 1,0 × 0,6 mm ≈ 1,0 × 0,6 mm ≈ 0,35 mm Logique, RF, protections
SOT-891 DFN/XSON miniature* variable ≈ 1,0 × 1,0 mm ≈ 1,0 × 1,0 mm variable MOSFET, protections

* Les appellations équivalentes peuvent varier suivant les fabricants. Pour réaliser une empreinte PCB, consultez toujours la datasheet du composant concerné.

Corps, hors tout et pas : de quoi parle-t-on ?

La dimension « corps seul » correspond uniquement à la partie moulée du composant.

La dimension « hors tout » comprend également les terminaisons métalliques.

Le pas, appelé pitch dans les documentations anglophones, est la distance mesurée du centre d’une broche au centre de la broche voisine. Il ne faut donc pas mesurer simplement l’espace vide entre les deux pattes.

Ces trois informations, associées au nombre de broches, constituent une véritable signature mécanique du boîtier.

Guide de mesure d’un boîtier SOT

Comment mesurer les dimensions et le pas des broches d’un boîtier CMS/SMD de type SOT.

Tableau 2 — Identifier un SOT par ses dimensions

Voici maintenant le problème inverse : nous avons un composant inconnu devant nous.

Le tableau est approximativement classé du plus grand au plus petit. Commencez par mesurer le corps, puis comptez les broches.

Corps seul L × l Hors tout approx. Broches Pas Boîtier probable Équivalence
≈ 6,5 × 3,5 mm ≈ 6,5 × 7,0 mm 3 + tab 2,30 mm SOT-223 TO-261 / SC-73
≈ 4,5 × 2,5 mm ≈ 4,5 × 4,0 mm 3 1,50 mm SOT-89 TO-243 / SC-62
≈ 3,0 × 1,5 mm ≈ 3,0 × 2,8 mm 6 0,95 mm SOT-457 SC-74
≈ 2,9 × 1,6 mm ≈ 2,9 × 2,8 mm 5 0,95 mm SOT-23-5 / SOT-25
≈ 2,9 × 1,6 mm ≈ 2,9 × 2,8 mm 6 0,95 mm SOT-23-6 / SOT-26
≈ 2,9 × 1,3 mm ≈ 2,9 × 2,4 mm 3 1,90 mm SOT-23 TO-236AB
≈ 2,9 × 1,3 mm ≈ 2,9 × 2,4 mm 4 asymétrique SOT-143
≈ 2,0 × 1,25 mm ≈ 2,0 × 2,1 mm 3 1,30 mm SOT-323 SC-70
≈ 2,0 × 1,25 mm ≈ 2,0 × 2,1 mm 4 ≈ 0,65 mm SOT-343 SC-70-4*
≈ 2,0 × 1,25 mm ≈ 2,0 × 2,1 mm 5 0,65 mm SOT-353 SC-70-5
≈ 2,0 × 1,25 mm ≈ 2,0 × 2,1 mm 6 0,65 mm SOT-363 SC-70-6
≈ 1,6 × 1,6 mm ≈ 1,6 × 1,6 mm 6 ≈ 0,50 mm SOT-666
≈ 1,6 × 1,2 mm ≈ 1,6 × 1,6 mm 5 0,50 mm SOT-553
≈ 1,6 × 1,2 mm ≈ 1,6 × 1,6 mm 6 0,50 mm SOT-563
≈ 1,6 × 0,8 mm ≈ 1,6 × 1,6 mm 3 ≈ 1,0 mm SOT-416 / SOT-523* SC-75 / SC-75A*
≈ 1,2 × 0,8 mm ≈ 1,2 × 1,2 mm 3 0,80 mm SOT-723
≈ 1,2 × 0,8 mm ≈ 1,2 × 1,2 mm 5 ≈ 0,40 mm SOT-753
≈ 1,2 × 0,8 mm ≈ 1,2 × 1,2 mm 6 ≈ 0,40 mm SOT-763
≈ 1,0 × 1,0 mm ≈ 1,0 × 1,0 mm variable variable SOT-891 DFN/XSON*
≈ 1,0 × 0,6 mm ≈ 1,0 × 0,6–1,0 mm 3 ≈ 0,35–0,40 mm SOT-883 DFN1006-3*
≈ 1,0 × 0,6 mm ≈ 1,0 × 0,6 mm 6 ≈ 0,35 mm SOT-886 XSON6*

* Vérifiez systématiquement le dessin mécanique du fabricant lorsque plusieurs désignations sont possibles.

Exemple pratique d’identification

Imaginons que nous récupérions un minuscule composant sur une carte.

Le pied à coulisse donne environ :

2,0 × 1,25 mm

Nous comptons ensuite ses connexions.

Avec 3 broches, nous nous orientons vers le SOT-323 / SC-70.

Avec 5 broches, le candidat devient le SOT-353 / SC-70-5.

Avec 6 broches, il s’agit probablement d’un SOT-363 / SC-70-6.

On peut donc retenir cette méthode :

dimensions du corps → nombre de broches → pas → dimensions hors tout → datasheet.

Comparaison des boîtiers SOT à l’échelle

Comparaison à la même échelle des principaux boîtiers SOT, du SOT-223 au minuscule SOT-723.

Du SOT-223 au minuscule SOT-723

Pour avoir une idée des dimensions relatives, retenons cette progression :

SOT-223 → SOT-89 → SOT-23 → SOT-323 → SOT-523 → SOT-723

Le SOT-23 reste relativement confortable à souder manuellement. Avec les SOT-523 et surtout SOT-723, une brucelle fine, du flux et une bonne loupe ou un microscope deviennent rapidement indispensables.

Ne pas confondre SOT et SOD

On rencontre également des appellations comme SOD-323, SOD-523 ou SOD-723.

SOD signifie Small Outline Diode. Ces boîtiers possèdent généralement deux terminaisons et sont principalement destinés aux diodes.

Ainsi, malgré la ressemblance des appellations, un SOT-323 et un SOD-323 ne correspondent pas à la même empreinte.

Les équivalences sont à prendre avec précaution

SOT, SC, TO, TSOT, DFN ou XSON appartiennent à différentes nomenclatures. Deux appellations peuvent désigner des enveloppes extrêmement proches sans garantir une interchangeabilité parfaite.

Les dimensions peuvent également varier légèrement suivant le fabricant, la longueur des terminaisons et les tolérances de fabrication.

Ces tableaux sont donc destinés à identifier et comparer les boîtiers, pas à remplacer leur documentation mécanique.

Pour réaliser un PCB :

identifiez le composant → téléchargez sa datasheet → consultez le dessin mécanique → utilisez le “recommended land pattern” du fabricant.

À retenir

Les deux tableaux de cette page s’utilisent donc dans des situations opposées.

Vous connaissez la référence SOT ?
Utilisez le tableau 1, classé numériquement.

Vous avez un composant inconnu sur l’établi ?
Utilisez le tableau 2, classé par dimensions.

Dans ce second cas, quatre informations permettent généralement de trouver rapidement la famille du boîtier :

dimensions du corps + nombre de broches + pas + dimensions hors tout.

Une fois le boîtier identifié, il restera éventuellement une seconde enquête : retrouver la référence exacte du composant à partir du marquage SMD gravé ou imprimé sur son boîtier.

La roue de la loi d’Ohm : comprendre les formules plutôt que les apprendre par cœur

Banniere Loi d'ohm

La roue de la loi d’Ohm est certainement l’un des aide-mémoires les plus connus en électronique. On la retrouve dans les manuels, les ateliers, les laboratoires et jusque sur les murs de nombreux radio-clubs. Elle rassemble, dans un même dessin, les principales formules permettant de calculer une tension, une intensité, une résistance ou une puissance.

Cette roue est très pratique lorsqu’on connaît déjà la loi d’Ohm. Pourtant, lorsqu’on débute, elle peut produire l’effet inverse de celui recherché : douze formules apparaissent simultanément et il devient difficile de savoir laquelle choisir.

Faut-il alors apprendre toutes ces expressions par cœur ? Heureusement, non. Deux relations fondamentales suffisent pour retrouver l’ensemble de la roue.

Roue Loi d'Ohm

La roue de la loi d’Ohm rassemble les douze formules reliant la tension, l’intensité, la résistance et la puissance.

Que contient la roue de la loi d’Ohm ?

La roue repose sur quatre grandeurs électriques :

Grandeur Symbole Unité
Tension U volt (V)
Intensité I ampère (A)
Résistance R ohm (Ω)
Puissance P watt (W)

La tension représente la différence de potentiel électrique entre deux points. L’intensité correspond au courant qui traverse le circuit. La résistance s’oppose au passage de ce courant, tandis que la puissance indique la quantité d’énergie électrique utilisée ou dissipée chaque seconde.

La roue regroupe généralement les douze formules suivantes :

Pour calculer la tension

    \[U = R \times I\]

    \[U = \frac{P}{I}\]

    \[U = \sqrt{P \times R}\]

Pour calculer l’intensité

    \[I = \frac{U}{R}\]

    \[I = \frac{P}{U}\]

    \[I = \sqrt{\frac{P}{R}}\]

Pour calculer la résistance

    \[R = \frac{U}{I}\]

    \[R = \frac{P}{I^2}\]

    \[R = \frac{U^2}{P}\]

Pour calculer la puissance

    \[P = U \times I\]

    \[P = R \times I^2\]

    \[P = \frac{U^2}{R}\]

Présentées de cette manière, ces douze formules donnent l’impression qu’il faut toutes les mémoriser. En réalité, elles dérivent de seulement deux relations.

Les deux formules à retenir

La première est la véritable loi d’Ohm :

    \[U = R \times I\]

Elle signifie que la tension aux bornes d’une résistance est égale à la valeur de cette résistance multipliée par le courant qui la traverse.

La seconde est la formule de la puissance électrique :

    \[P = U \times I\]

Elle indique que la puissance consommée ou dissipée est égale au produit de la tension par l’intensité.

deux relations fondamentales

Deux relations fondamentales suffisent pour retrouver toutes les formules de la roue.

Ces deux expressions constituent le point de départ de toutes les autres formules de la roue.

Par exemple, si nous connaissons la tension et la résistance, nous pouvons transformer la loi d’Ohm pour rechercher l’intensité :

    \[I = \frac{U}{R}\]

Si nous remplaçons ensuite II par U/RU/R dans la formule de la puissance, nous obtenons :

    \[P = U \times \frac{U}{R}\]

Soit :

    \[P = \frac{U^2}{R}\]

La roue n’est donc pas un ensemble de douze lois différentes. C’est simplement une représentation des différentes façons de combiner deux relations fondamentales.

Une autre approche : que cherche-t-on ?

methode je cherche je connais

Pour sélectionner la bonne formule, il suffit d’identifier la grandeur recherchée et les deux grandeurs connues.

Plutôt que de parcourir toute la roue à la recherche d’une formule, commençons par nous poser une question :

Quelle grandeur voulons-nous calculer ?

Nous devons choisir entre :

  • U : la tension ;
  • I : l’intensité ;
  • R : la résistance ;
  • P : la puissance.

Demandons-nous ensuite :

Quelles sont les deux grandeurs déjà connues ?

Ces deux questions suffisent généralement pour sélectionner la formule appropriée.

Prenons un exemple simple. Une résistance de 24 Ω est alimentée sous 12 V. Nous voulons connaître le courant qui la traverse.

Nous cherchons donc I et nous connaissons U et R. La relation à utiliser devient immédiatement :

    \[I = \frac{U}{R}\]

Le calcul donne :

    \[I = \frac{12}{24} = 0,5\ \text{A}\]

Le courant traversant la résistance est donc de 0,5 A, soit 500 mA.

Cette démarche est plus facile à retenir qu’une roue complète : je détermine ce que je cherche, j’identifie ce que je connais, puis je choisis la formule correspondante.

Un exemple appliqué à la radio

Supposons que nous mesurions une tension efficace de 20 V aux bornes d’une charge fictive de 50 Ω. Quelle puissance reçoit-elle ?

Nous cherchons P, tandis que nous connaissons U et R. La formule adaptée est :

    \[P = \frac{U^2}{R}\]

En remplaçant les lettres par les valeurs :

    \[P = \frac{20^2}{50}\]

    \[P = \frac{400}{50} = 8\ \text{W}\]

La charge fictive reçoit donc une puissance de 8 W.

Dans le cas d’un signal alternatif ou radiofréquence, la tension utilisée dans ce calcul doit être une tension efficace, également appelée tension RMS. Une mesure crête ou crête à crête ne peut pas être introduite directement dans la formule sans conversion préalable.

Ne pas oublier les unités

De nombreuses erreurs ne viennent pas de la formule, mais des unités employées.

Il faut notamment se souvenir que :

  • 1 A = 1 000 mA ;
  • 1 mA = 0,001 A ;
  • 1 kΩ = 1 000 Ω ;
  • 1 MΩ = 1 000 000 Ω ;
  • 1 kW = 1 000 W ;
  • 1 mW = 0,001 W.

Prenons une LED parcourue par un courant de 20 mA. Pour effectuer un calcul en ampères, il faut convertir cette valeur :

    \[20\ \text{mA} = 0,020\ \text{A}\]

Si cette conversion est oubliée, le résultat sera mille fois trop grand ou trop petit.

Une bonne habitude consiste donc à convertir toutes les valeurs en volts, ampères, ohms et watts avant de commencer le calcul. On pourra ensuite exprimer le résultat avec l’unité la plus pratique.

La roue reste-t-elle utile ?

Oui, car elle constitue un excellent aide-mémoire. Elle permet à une personne déjà familiarisée avec les grandeurs électriques de retrouver rapidement une formule.

Cependant, la roue ne doit pas remplacer le raisonnement. Elle devient beaucoup plus facile à utiliser lorsque l’on comprend que :

  1. seules deux relations sont véritablement fondamentales ;
  2. la grandeur recherchée détermine la famille de formules ;
  3. les deux grandeurs connues permettent de choisir la formule exacte ;
  4. les unités doivent être vérifiées avant le calcul.

La meilleure façon d’apprendre la loi d’Ohm n’est donc pas de mémoriser aveuglément douze expressions. Il faut commencer par comprendre les relations entre la tension, l’intensité, la résistance et la puissance.

Un calculateur pour apprendre en pratiquant

Le calculateur interactif placé ci-dessous reprend cette méthode progressive.

Commencez par sélectionner la grandeur recherchée : U, I, R ou P. Indiquez ensuite les deux grandeurs que vous connaissez, puis saisissez leurs valeurs et leurs unités. La formule correspondante sera choisie automatiquement.

Un volet d’explication permet également de comprendre comment la formule a été obtenue. L’objectif n’est donc pas seulement de fournir un résultat, mais d’aider chacun à acquérir le bon raisonnement.

Après quelques essais, la roue de la loi d’Ohm ne devrait plus apparaître comme un tableau rempli de formules compliquées. Elle deviendra ce qu’elle aurait toujours dû être : un simple aide-mémoire représentant les relations logiques entre quatre grandeurs électriques.

Liens utiles pour aller plus loin

Code couleur des résistances : comment lire leur valeur sans se tromper ?

Banniere code couleur resistance

Les résistances font partie des composants que l’on rencontre le plus souvent en électronique. Dans un montage radioamateur, une alimentation, un amplificateur, un filtre ou une simple carte Arduino, elles sont partout. Pourtant, contrairement à de nombreux composants modernes, les résistances traversantes n’affichent généralement pas leur valeur en clair.

Pour connaître leur valeur, il faut décoder les anneaux de couleur imprimés sur leur corps. Le principe est simple une fois que l’on connaît la règle. Voyons comment lire rapidement une résistance à 4, 5 ou 6 anneaux.

Pourquoi utiliser des couleurs ?

Une petite résistance ne laisse pas beaucoup de place pour imprimer « 4,7 kΩ ±5 % ». Les fabricants utilisent donc depuis longtemps un système normalisé dans lequel chaque couleur représente un chiffre, un multiplicateur ou une tolérance.

Le principe repose sur une série de dix couleurs correspondant aux chiffres de 0 à 9 :

Noir 0 – Brun 1 – Rouge 2 – Orange 3 – Jaune 4 – Vert 5 – Bleu 6 – Violet 7 – Gris 8 – Blanc 9.

À celles-ci viennent notamment s’ajouter l’or et l’argent, utilisés pour certains multiplicateurs et pour les tolérances.

Le tableau du code couleur des résistances

tableau du code couleur des résistances

Le tableau suivant constitue la référence essentielle à conserver près de l’établi.

Couleur Chiffre Multiplicateur Tolérance Coeff. température
Noir 0 × 1 250 ppm/°C
Brun 1 × 10 ± 1 % 100 ppm/°C
Rouge 2 × 100 ± 2 % 50 ppm/°C
Orange 3 × 1 k 15 ppm/°C
Jaune 4 × 10 k 25 ppm/°C
Vert 5 × 100 k ± 0,5 % 20 ppm/°C
Bleu 6 × 1 M ± 0,25 % 10 ppm/°C
Violet 7 × 10 M ± 0,1 % 5 ppm/°C
Gris 8 × 100 M ± 0,05 % 1 ppm/°C
Blanc 9 × 1 G
Or × 0,1 ± 5 %
Argent × 0,01 ± 10 %

Dans quel sens lire une résistance ?

Avant même de décoder les couleurs, il faut savoir dans quel sens tenir la résistance.

Sur une résistance classique à quatre anneaux, l’anneau de tolérance, souvent or ou argent, est généralement légèrement séparé des autres. Il doit se trouver à droite.

On commence donc la lecture depuis l’autre extrémité.

Lorsque les anneaux sont difficiles à distinguer ou régulièrement espacés, cette règle peut être moins évidente, notamment avec certaines résistances de précision. Dans le doute, le multimètre reste le meilleur arbitre.

Comment lire une résistance à 4 anneaux ?

C’est probablement le cas le plus courant dans les tiroirs de nos ateliers.

Les quatre anneaux correspondent à :

1er anneau : premier chiffre
2e anneau : deuxième chiffre
3e anneau : multiplicateur
4e anneau : tolérance

Prenons une résistance :

Jaune – Violet – Rouge – Or

Jaune correspond à 4, violet à 7 et rouge indique un multiplicateur de ×100.

Nous obtenons donc :

47 × 100 = 4 700 Ω

soit :

4,7 kΩ ±5 %

L’anneau or indique en effet une tolérance de ±5 %.

Cela signifie que la résistance réelle peut théoriquement se situer entre environ 4,465 kΩ et 4,935 kΩ.

Et une résistance à 5 anneaux ?

Les résistances de précision utilisent fréquemment cinq anneaux. Cette fois, les trois premiers anneaux représentent trois chiffres significatifs.

La lecture devient :

1er anneau : premier chiffre
2e anneau : deuxième chiffre
3e anneau : troisième chiffre
4e anneau : multiplicateur
5e anneau : tolérance

Prenons :

Brun – Noir – Noir – Rouge – Brun

Les trois premiers anneaux donnent :

1 – 0 – 0 = 100

Le rouge correspond au multiplicateur ×100 :

100 × 100 = 10 000 Ω

Nous avons donc une résistance de :

10 kΩ ±1 %

Le dernier anneau brun indique la tolérance de ±1 %.

Et une résistance à 5 anneaux ?

Lecture pratique du code couleur : exemples de résistances à 4 et 5 anneaux et calcul de leur valeur.CodeCouleur

Et avec 6 anneaux ?

Une résistance à six anneaux se lit pratiquement comme une résistance à cinq anneaux. Le sixième anneau ajoute généralement une information concernant le coefficient de température.

Celui-ci s’exprime en ppm/°C, c’est-à-dire en parties par million par degré Celsius.

Cette caractéristique est surtout importante dans les circuits de précision : appareils de mesure, références de tension, oscillateurs, circuits analogiques sensibles ou équipements devant conserver leurs caractéristiques malgré les variations de température.

Pour nos montages courants, cette information est souvent secondaire, mais il est utile de savoir à quoi correspond ce mystérieux sixième anneau.

Attention aux résistances de faible valeur

L’or et l’argent ne servent pas uniquement à indiquer la tolérance. Lorsqu’ils occupent la position du multiplicateur, ils permettent de représenter des résistances inférieures à 10 Ω.

Par exemple :

Rouge – Rouge – Or – Or

Rouge = 2
Rouge = 2
Or = ×0,1

Donc :

22 × 0,1 = 2,2 Ω

avec une tolérance de ±5 %.

De même, l’argent comme multiplicateur correspond à ×0,01.

Une petite astuce pour mémoriser le code

Il n’est finalement pas indispensable d’apprendre immédiatement toutes les correspondances. Avec l’habitude, les couleurs les plus utilisées finissent par être mémorisées naturellement.

On rencontre par exemple très souvent :

Brun = 1
Rouge = 2
Orange = 3
Jaune = 4

Ainsi, une résistance brun-noir-rouge devient rapidement reconnaissable : 10 × 100 = 1 kΩ.

Une jaune-violet-rouge donne 47 × 100 = 4,7 kΩ.

Une brun-noir-orange donne 10 × 1 000 = 10 kΩ.

Et une jaune-violet-orange donne 47 × 1 000 = 47 kΩ.

À force de manipuler des composants, certaines valeurs deviennent reconnaissables au premier coup d’œil.

Les couleurs ne sont pas toujours faciles à distinguer

Sur le papier, le système paraît infaillible. Sur l’établi, c’est parfois une autre histoire !

Une résistance ancienne ayant chauffé peut présenter des couleurs altérées. Le rouge peut être confondu avec le brun, le bleu avec le violet et certaines teintes deviennent difficiles à identifier sous un mauvais éclairage.

Le problème est encore plus sensible pour les personnes ayant des difficultés à distinguer certaines couleurs.

Il ne faut donc jamais hésiter à utiliser un multimètre.

Pour obtenir une mesure fiable dans un circuit, il peut être nécessaire de dessouder au moins une patte de la résistance. Les autres composants connectés en parallèle peuvent sinon modifier complètement la valeur mesurée.

Code couleur ou multimètre ?

Les deux méthodes sont complémentaires.

Le code couleur permet d’identifier immédiatement la valeur nominale prévue par le fabricant et sa tolérance. Le multimètre permet de connaître la valeur réellement mesurée.

Cette distinction peut devenir intéressante lors d’un dépannage. Une résistance ayant fortement chauffé ou vieilli peut avoir changé de valeur, alors que ses anneaux continuent évidemment d’indiquer sa valeur d’origine.

Une résistance marquée 10 kΩ ±5 % mais mesurée à 15 kΩ mérite donc quelques soupçons !

Ce qu’il faut retenir

Pour une résistance à 4 anneaux, retenez simplement :

2 chiffres + multiplicateur + tolérance

Pour une résistance à 5 anneaux :

3 chiffres + multiplicateur + tolérance

Et pour une résistance à 6 anneaux :

3 chiffres + multiplicateur + tolérance + coefficient de température

Enfin, lorsque les couleurs sont douteuses, que la résistance semble avoir chauffé ou que vous dépannez un appareil, ne faites pas une confiance aveugle aux anneaux : sortez le multimètre !

Le code couleur permet de savoir ce que la résistance devrait être. La mesure permet de savoir ce qu’elle est réellement.

Formulaire de calcul des résistances

Mettre FT8 dans un ballon : peut-on faire des QSO HF depuis la stratosphère avec quelques milliwatts ?

Banniere ballon FT8

Faire décoller un émetteur WSPR sous un ballon est déjà une expérience fascinante. Mais pourquoi se contenter d’une balise ? Pourrait-on installer une véritable station FT8 sous un ballon stratosphérique et réaliser des QSO HF depuis 25 ou 30 km d’altitude ?

Un projet britannique permet aujourd’hui de poser sérieusement la question.

Une balise FT8 de seulement 10 mW

Steve, G4AQB, membre du Bolton Wireless Club, a réalisé une petite balise HF capable d’émettre en WSPR et FT8. Elle est basée sur un projet de Gene, W3PM, initialement développé pour la bande expérimentale des 40 MHz.

L’électronique reste étonnamment simple : un Arduino Nano, un synthétiseur Si5351A, un GPS NEO-6M disposant d’une sortie 1 PPS et éventuellement un petit écran OLED.

Le GPS joue ici un rôle essentiel. FT8 exige une excellente synchronisation temporelle, tandis que la fréquence produite par le Si5351 doit rester suffisamment précise. Le logiciel utilise donc le GPS pour maintenir temps et fréquence dans les limites nécessaires.

Plus étonnant encore : la puissance de sortie n’est que de 10 mW.

Lors des essais effectués par G4AQB sur les bandes des 10 et 20 mètres, cette minuscule balise a pourtant été reçue par de nombreuses stations européennes et ses signaux sont apparus sur PSKReporter.

G4AQB explique avoir construit l’ensemble dans la perspective de l’embarquer à bord d’un ballon expérimental haute altitude. À ce jour, aucune date publique de lancement n’a cependant été annoncée.

le principe du ballon FT8

Principe de la balise FT8/WSPR de 10 mW destinée à une future expérience sous ballon stratosphérique.

Projet FT8/WSPR de G4AQB
Projet W3PM sur GitHub

Pourquoi FT8 est-il intéressant dans un ballon ?

FT8 a précisément été conçu pour communiquer lorsque les signaux deviennent extrêmement faibles.

Une transmission occupe une séquence d’environ 15 secondes et WSJT-X est capable de décoder des signaux situés très largement sous le niveau de bruit audible. C’est pourquoi des radioamateurs réalisent quotidiennement des liaisons intercontinentales avec seulement quelques watts.

Documentation officielle WSJT-X

Un ballon possède en plus un avantage spectaculaire : son antenne peut se retrouver à 30 km au-dessus du sol, sans bâtiment, arbre ou relief immédiatement autour d’elle.

Mais attention à une idée reçue : en HF, monter à 30 km ne permet pas automatiquement de communiquer à 5 000 ou 10 000 km.

Pour les grandes distances sur 20 ou 10 mètres, l’ionosphère reste le principal acteur. L’altitude supprime surtout les obstacles proches et offre une situation particulièrement intéressante pour étudier la propagation.

WSPR et FT8 : ce n’est pas la même expérience

Une balise WSPR peut transmettre périodiquement son indicatif et différentes informations. Des stations réparties dans le monde la reçoivent et transmettent leurs reports vers Internet.

Elle répond essentiellement à la question :

« Jusqu’où mon ballon est-il entendu ? »

Une véritable station FT8 poserait une question beaucoup plus ambitieuse :

« Avec quelles stations mon ballon peut-il réellement communiquer ? »

Et cela change complètement l’électronique nécessaire.

Émettre du FT8 ne signifie pas réaliser un QSO

La balise de G4AQB sait émettre des messages FT8 préprogrammés. Elle ne constitue donc pas encore une station capable d’effectuer automatiquement des QSO.

Pour cela, le ballon devrait être capable d’écouter les réponses, de les décoder et d’enchaîner correctement les échanges.

Par exemple :

CQ → appel d’une station → report → R-report → RR73 → 73

Il faudrait donc embarquer non seulement un émetteur, mais également un récepteur HF, un décodeur FT8 et un calculateur capable de gérer automatiquement le QSO.

Nous passerions alors d’une balise de propagation à un véritable transceiver FT8 autonome.

À quoi ressemblerait notre station embarquée ?

Une architecture expérimentale pourrait comporter :

Antenne → filtre HF → récepteur → calculateur → décodeur FT8 → gestion du QSO → synthétiseur → amplificateur → filtre passe-bas → antenne

Il faudrait ajouter un GPS avec référence temporelle, une alimentation, une télémétrie indépendante et probablement des capteurs permettant de connaître l’état de la station.

Un petit ordinateur ARM ou un microcontrôleur suffisamment puissant pourrait assurer une partie du traitement.

La difficulté n’est donc pas vraiment de fabriquer l’émetteur. C’est la réception et le décodage autonome qui compliquent fortement l’expérience.

architecture complète d'une station FT8 bidirectionnelle embarquée

Architecture d’une station FT8 autonome capable de recevoir, décoder et répondre depuis un ballon stratosphérique.

Combien de watts faudrait-il ?

L’expérience de G4AQB donne un indice intéressant puisque seulement 10 mW ont déjà permis des réceptions européennes depuis le sol.

Regardons les différences :

10 mW = +10 dBm
100 mW = +20 dBm
1 W = +30 dBm
5 W ≈ +37 dBm

comparaison 10 mW / 100 mW / 1 W / 5 W

De 10 mW à 5 W : influence théorique de la puissance FT8 sur le bilan de liaison depuis la stratosphère.

Passer de 10 mW à 1 W apporte donc 20 dB supplémentaires.

Dans de bonnes conditions de propagation, quelques centaines de milliwatts pourraient déjà produire des résultats étonnants. Avec 1 ou 2 W, l’expérience deviendrait particulièrement intéressante.

Mais augmenter la puissance entraîne immédiatement davantage de consommation, une batterie plus importante et donc davantage de masse.

Et l’antenne ?

C’est probablement l’un des problèmes les plus intéressants.

Sur 20 mètres, un dipôle demi-onde approche 10 mètres de longueur totale. Sur 10 mètres, seulement 5 mètres environ.

Sous un ballon, une antenne filaire verticale ou légèrement inclinée devient parfaitement envisageable : contrairement à une station terrestre, nous disposons justement de dizaines de mètres… vers le bas !

Le 10 mètres serait donc particulièrement séduisant lorsque la propagation le permet. Le 20 mètres offrirait probablement davantage d’ouvertures, mais au prix d’une antenne plus longue.

Un opérateur FT8 robotisé à 30 km d’altitude ?

Reste une question fondamentale : la station pourrait-elle choisir seule à qui répondre ?

Techniquement, c’est envisageable. Le logiciel pourrait lancer CQ, analyser les réponses reçues, sélectionner un indicatif et dérouler automatiquement la séquence FT8.

Mais cette automatisation introduit une autre dimension : la réglementation. Selon le pays de lancement, il faudra vérifier les règles concernant les stations automatiques, l’identification, les fréquences utilisées, le contrôle de l’émission et naturellement celles concernant le ballon lui-même.

Alors, des QSO FT8 depuis la stratosphère ?

Techniquement, oui.

Et paradoxalement, produire le signal FT8 serait probablement la partie la plus facile.

L’expérience de G4AQB montre déjà qu’un émetteur de 10 mW peut être entendu à plusieurs centaines ou milliers de kilomètres lorsque la propagation coopère. FT8 est précisément destiné aux communications numériques à très faible niveau de signal.

Le véritable défi serait de construire une station suffisamment légère pour recevoir, décoder puis répondre automatiquement.

Un ballon équipé d’un transceiver FT8 de seulement 1 W, d’un GPS et de quelques mètres de fil pourrait alors devenir une extraordinaire expérience de propagation : une station radioamateur autonome flottant à près de 30 km d’altitude.

Et lorsque G4AQB annoncera finalement la date de son lancement, l’expérience méritera assurément d’être suivie sur PSKReporter.

Pour aller plus loin

G4AQB – HF WSPR and FT8 Beacon
W3PM – balise GPS FT8/WSPR
WSJT-X – site officiel
Guide utilisateur WSJT-X
Bolton Wireless Club
PSKReporter
F5KEE – Envoyer sa propre expérience radio dans la stratosphère
F5KEE – Faire le tour du monde avec un ballon de quelques grammes