Radiogoniométrie et ADRASEC : l’essentiel pour comprendre comment retrouver une balise de détresse (Synthèse)

Radiogoniométrie ADRASEC _ synthèse visuelle

Synthèse de notre dossier consacré à la radiogoniométrie et à la recherche des balises de détresse.

Lorsqu’un avion disparaît, qu’un bateau rencontre des difficultés ou qu’une personne déclenche une balise de détresse, chaque minute peut compter. Les satellites permettent aujourd’hui de détecter rapidement de nombreuses alertes et, dans certains cas, de transmettre une position géographique. Mais lorsque cette position est absente, imprécise ou que les circonstances nécessitent une recherche complémentaire, il faut parfois retrouver physiquement l’émetteur.

C’est là qu’intervient la radiogoniométrie, une technique permettant de déterminer la direction d’où provient un signal radio. En France, les radioamateurs des ADRASEC peuvent apporter leurs compétences techniques aux autorités dans le cadre des opérations de recherche et de sauvegarde.

Voici les principes essentiels de cette activité, à la croisée de la radioélectricité, de la cartographie et de la sécurité civile.

1. Comment fonctionne une balise de détresse ?

Les balises de détresse sont conçues pour transmettre un signal d’alerte lorsqu’une situation dangereuse survient.

On distingue principalement trois catégories :

  • ELT (Emergency Locator Transmitter) : balises utilisées dans l’aviation.
  • EPIRB (Emergency Position Indicating Radio Beacon) : balises destinées au domaine maritime.
  • PLB (Personal Locator Beacon) : balises individuelles utilisées notamment par les personnes pratiquant des activités isolées.

Les balises modernes émettent généralement un message numérique sur 406 MHz, destiné au système satellitaire international Cospas-Sarsat.

Certaines disposent également d’un émetteur sur 121,5 MHz, permettant aux équipes de recherche équipées de récepteurs adaptés de localiser plus précisément la balise sur le terrain.

Il faut donc distinguer deux fonctions : donner l’alerte à grande distance et retrouver localement l’émetteur.

2. Le rôle du système Cospas-Sarsat

Le système Cospas-Sarsat repose sur plusieurs constellations de satellites capables de détecter les signaux des balises de détresse.

Lorsqu’une balise transmet sur 406 MHz, son message est capté par les satellites, puis acheminé vers des stations terrestres et des centres de contrôle.

Les informations sont ensuite communiquées aux organismes chargés de coordonner les secours.

Selon les caractéristiques de la balise et les conditions de réception, sa position peut être déterminée grâce aux coordonnées GNSS intégrées au message ou par les techniques de localisation du système satellitaire.

Cependant, une position approximative ne permet pas toujours de retrouver immédiatement une balise, particulièrement en montagne, en forêt ou dans un environnement difficile.

Une recherche complémentaire par radiogoniométrie peut alors être nécessaire.

3. La radiogoniométrie : trouver une direction

Le principe de la radiogoniométrie est relativement simple.

Une équipe utilise une antenne directive, généralement de type Yagi, reliée à un récepteur radio.

Contrairement à une antenne omnidirectionnelle, une Yagi présente une sensibilité plus importante dans certaines directions.

En faisant tourner l’antenne et en observant le niveau du signal reçu, l’opérateur recherche la direction correspondant à la réception la plus forte.

Cette direction est appelée azimut. Elle s’exprime en degrés par rapport au nord.

Par exemple, un azimut de 90° correspond à l’est, tandis qu’un azimut de 180° correspond au sud.

Mais attention : une seule mesure indique une direction, pas une distance. L’émetteur peut se trouver à quelques centaines de mètres comme à plusieurs kilomètres.

4. La triangulation : croiser plusieurs directions

Pour déterminer la position probable d’une balise, les équipes effectuent plusieurs mesures depuis des endroits différents.

Chaque station relève un azimut et trace sur une carte une ligne correspondant à la direction mesurée.

Lorsque deux ou trois lignes se croisent, elles permettent de délimiter une zone de recherche.

Cette méthode est souvent appelée triangulation, même si le terme technique de croisement de relèvements est plus précis.

En pratique, les mesures ne sont jamais parfaites.

Les reliefs, les bâtiments et les réflexions des ondes peuvent provoquer des erreurs. Les lignes ne se croisent donc pas toujours exactement au même endroit.

L’expérience des opérateurs reste essentielle pour interpréter les résultats et affiner progressivement la localisation.

5. Quels équipements utilisent les radioamateurs ?

Une station portable de radiogoniométrie comprend généralement une antenne directive, un récepteur adapté à la fréquence recherchée, un atténuateur radiofréquence, une boussole ou un moyen de mesure des azimuts, ainsi qu’un GPS et une carte.

L’atténuateur est particulièrement utile lorsque l’équipe se rapproche de l’émetteur.

En effet, un signal trop puissant peut saturer le récepteur et rendre difficile la recherche de sa direction.

Des techniques plus évoluées existent également, notamment les systèmes Doppler, l’interférométrie et les récepteurs SDR multicanaux.

6. ADRASEC : les radioamateurs au service de la sécurité civile

Les ADRASEC, Associations Départementales des Radioamateurs au service de la Sécurité Civile, regroupent des radioamateurs bénévoles mettant leurs compétences au service des autorités.

Leurs missions peuvent notamment concerner la recherche de balises de détresse et la mise en œuvre de réseaux de communication de secours.

Dans le cadre des opérations de recherche d’aéronefs, les équipes peuvent participer aux dispositifs SATER (Sauvetage Aéro-Terrestre), sous la coordination des autorités compétentes.

Elles participent également à des exercices SAREX (Search And Rescue Exercise), destinés à entraîner les intervenants aux procédures de recherche et de sauvetage.

Ces exercices permettent de tester les équipements, d’améliorer les méthodes de localisation et de renforcer la coordination entre les équipes.

7. Découvrez la radiogoniométrie avec notre simulateur

Pour mieux comprendre ces techniques, nous avons développé un simulateur interactif de radiogoniométrie.

Il permet notamment de découvrir le principe des relèvements, de croiser plusieurs azimuts et d’observer l’influence des erreurs de mesure sur la localisation d’une balise.

Une manière pédagogique de comprendre les difficultés rencontrées par les opérateurs sur le terrain.

Le simulateur est disponible dans notre article complet.

Pour aller plus loin

La radiogoniométrie montre comment des connaissances techniques acquises dans le cadre d’un loisir peuvent contribuer à des missions d’intérêt général.

Derrière une opération de recherche se cachent de nombreuses notions passionnantes : propagation des ondes, fonctionnement des antennes, traitement des signaux, cartographie et coopération entre intervenants.

Cette synthèse n’aborde que les principes fondamentaux.

Pour découvrir les méthodes de recherche en détail, les équipements, les difficultés liées aux réflexions des ondes, les techniques modernes et notre simulateur interactif, nous vous invitons à consulter notre dossier pédagogique :

➜ Lire l’article complet : Comment les radioamateurs retrouvent-ils une balise de détresse ? Découvrez la radiogoniométrie

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.