Comment réaliser des communications à plusieurs centaines ou milliers de kilomètres sur 144 MHz, 432 MHz et même à travers un satellite géostationnaire ? Découvrez les possibilités de la BLU, les phénomènes de propagation, les antennes et les équipements nécessaires.
Lorsqu’on évoque la bande latérale unique (BLU ou SSB), on pense immédiatement aux communications sur les bandes décamétriques. Pourtant, cette modulation est également utilisée sur les fréquences VHF, UHF et hyperfréquences.
Sur 144 ou 432 MHz, elle permet de réaliser des communications à grande distance en exploitant des phénomènes de propagation parfois spectaculaires. Sur le satellite géostationnaire QO-100, elle permet même de communiquer régulièrement avec des stations situées à plusieurs milliers de kilomètres.
Mais comment expliquer ces performances alors que les ondes VHF et UHF se propagent principalement à proximité de la ligne de visibilité radioélectrique ?
La réponse repose sur trois éléments essentiels : une modulation adaptée aux signaux faibles, des antennes performantes et une bonne connaissance de la propagation.
Nous allons découvrir comment ces éléments permettent aux radioamateurs de repousser les limites habituelles des communications terrestres.
1. Pourquoi utiliser la BLU en VHF et UHF ?
Sur les bandes VHF et UHF, la modulation de fréquence (FM) est très répandue.
Elle est particulièrement appréciée pour les communications locales, notamment à travers les relais radioamateurs.
La BLU répond à des besoins différents.
Elle est surtout utilisée lorsque les signaux deviennent faibles et que l’on souhaite établir des communications à grande distance.
Une bande passante plus étroite
Une émission vocale BLU occupe généralement une largeur de bande d’environ 2,4 à 2,7 kHz.
À titre de comparaison, une émission FM analogique destinée aux communications vocales occupe une largeur de bande sensiblement supérieure, selon sa déviation et les caractéristiques du système.
Cette différence présente un intérêt important en réception.
Le bruit thermique capté par un récepteur augmente avec la largeur de bande utilisée.
En réduisant cette largeur, on réduit également la puissance de bruit présente à l’entrée du démodulateur.
À titre indicatif, passer d’une bande passante de 12 kHz à 2,4 kHz réduit la puissance de bruit intégrée d’environ 7 dB, toutes choses égales par ailleurs.
Cela ne signifie pas automatiquement un gain de 7 dB sur la portée ou sur l’intelligibilité par rapport à la FM : les deux modulations possèdent des comportements de démodulation différents.
Une dégradation plus progressive
Lorsque le signal FM devient trop faible, la qualité audio peut se dégrader rapidement.
En BLU, une voix peut rester compréhensible même lorsque le bruit devient important.
C’est l’une des raisons pour lesquelles la BLU est particulièrement appréciée des amateurs de DX.
| Caractéristique | FM | BLU |
|---|---|---|
| Usage habituel | Communications locales, relais | DX, concours, signaux faibles |
| Largeur de bande | Relativement importante | Environ 2,4 à 2,7 kHz |
| Réception faible signal | Effet de seuil marqué | Dégradation généralement progressive |
| Polarisation habituelle | Verticale en trafic local | Horizontale en trafic terrestre DX |
| Accord en fréquence | Relativement tolérant | Plus précis |
La BLU ne fait pas voyager les ondes plus loin par elle-même : elle permet surtout de mieux exploiter les signaux faibles.
2. La propagation VHF/UHF : l’horizon n’est pas une frontière absolue
Sur les bandes HF, les radioamateurs utilisent fréquemment la propagation ionosphérique pour communiquer à grande distance.
Sur 144 et 432 MHz, la situation est différente.
Ces fréquences traversent généralement l’ionosphère et ne bénéficient pas habituellement des mécanismes de retour vers la Terre rencontrés sur les bandes décamétriques.
La propagation dépend principalement de la géométrie du trajet, du relief et des caractéristiques de l’atmosphère.
L’horizon radioélectrique
Sur une Terre parfaitement sphérique et sans atmosphère, deux antennes doivent approximativement se trouver en visibilité directe pour communiquer par propagation rectiligne.
Dans la réalité, la réfraction atmosphérique courbe légèrement la trajectoire des ondes.
On utilise souvent une approximation tenant compte d’un rayon terrestre effectif égal aux quatre tiers du rayon réel.
La distance de l’horizon radioélectrique peut alors être estimée par :
![]()
Avec :
- d : distance en kilomètres ;
- h1 : hauteur de la première antenne en mètres ;
- h2 : hauteur de la seconde antenne en mètres.
Exemple pratique
Prenons deux stations dont les antennes se trouvent chacune à 10 mètres au-dessus d’un terrain plat.
Nous obtenons :
![]()
Soit environ : 26 kilomètres.
Cette valeur représente un horizon radioélectrique approximatif dans le modèle considéré, et non une limite absolue de communication.
Elle ne tient notamment pas compte du relief, des obstacles ni des mécanismes de propagation au-delà de l’horizon.
Une liaison de plusieurs dizaines ou centaines de kilomètres reste donc possible.
L’importance de la hauteur
Une antenne installée sur un point élevé bénéficie généralement d’un horizon plus dégagé.
C’est pourquoi les stations VHF/UHF destinées au DX privilégient souvent les emplacements dominants.
Mais la hauteur ne suffit pas toujours : les obstacles proches, les réflexions et les conditions atmosphériques peuvent modifier considérablement les performances.
3. Les phénomènes de propagation qui permettent le DX
Les communications VHF/UHF à grande distance reposent sur plusieurs mécanismes naturels.
Certains sont relativement fréquents, tandis que d’autres apparaissent de manière exceptionnelle.
La propagation troposphérique
La troposphère constitue la partie inférieure de l’atmosphère.
Ses variations de température, de pression et d’humidité modifient légèrement l’indice de réfraction de l’air.
Les ondes radio peuvent ainsi subir une courbure progressive.
La diffusion troposphérique permet également de recevoir une petite partie de l’énergie rayonnée au-delà de l’horizon.
Ces phénomènes expliquent certaines liaisons VHF/UHF dépassant largement la visibilité directe.
Les conduits troposphériques
Dans certaines conditions météorologiques, notamment lors d’inversions de température, des couches atmosphériques peuvent guider partiellement les ondes radio.
On parle alors de conduits troposphériques, ou tropo ducting.
Ces conditions peuvent permettre des communications sur plusieurs centaines de kilomètres et, dans certains cas, bien davantage.
Les ouvertures sont souvent particulièrement intéressantes sur les trajets maritimes.
La couche E sporadique
La couche E sporadique, généralement appelée Sporadic-E ou Es, correspond à la formation de zones d’ionisation intense dans l’ionosphère.
Elle peut permettre des communications très éloignées sur 50 MHz.
Des ouvertures sur 144 MHz sont également possibles, mais beaucoup plus rares.
Les signaux peuvent alors devenir étonnamment puissants pendant une durée limitée.
La diffusion météorique
Lorsqu’un météoroïde pénètre dans l’atmosphère, il peut produire une traînée ionisée.
Cette traînée est susceptible de diffuser temporairement les ondes radio.
Le phénomène permet des communications sur des distances importantes, notamment sur 144 MHz.
Les radioamateurs utilisent aujourd’hui principalement des modes numériques spécialisés, comme MSK144, pour exploiter ces réflexions très brèves.
L’EME : communiquer en utilisant la Lune
L’EME (Earth-Moon-Earth) consiste à diriger un signal radio vers la Lune et à recevoir l’infime partie de l’énergie réfléchie vers la Terre.
Cette technique permet des communications entre stations très éloignées, parfois situées sur différents continents.
Elle nécessite cependant un bilan de liaison particulièrement soigné.
Les antennes directives, les faibles pertes et les récepteurs performants jouent un rôle essentiel.
Aujourd’hui, les modes numériques adaptés aux signaux extrêmement faibles occupent une place importante en EME, même si la BLU vocale reste possible avec des installations suffisamment performantes.
Tous ces mécanismes montrent que l’horizon radioélectrique n’est pas une frontière infranchissable.

Les principaux mécanismes de propagation VHF/UHF : trajet direct, propagation troposphérique, Sporadic-E, météores et réflexion lunaire.
4. Les fréquences et conventions d’exploitation en VHF/UHF
Pour faciliter les communications, les radioamateurs utilisent des conventions communes.
Sur les bandes VHF et UHF, la phonie BLU est généralement pratiquée en USB.
Certaines fréquences sont traditionnellement utilisées pour les appels.
| Bande | Fréquence d’appel BLU courante en Région 1 |
|---|---|
| 6 mètres | 50,150 MHz |
| 2 mètres | 144,300 MHz |
| 70 centimètres | 432,200 MHz |
Ces fréquences sont des repères d’exploitation. Leur utilisation doit rester conforme aux plans de bandes en vigueur.
Il convient également de distinguer les fréquences d’appel en phonie des fréquences utilisées pour les modes numériques.
Comment se déroule un QSO DX ?
Sur 144 MHz, une station peut lancer un appel sur 144,300 MHz USB.
Lorsqu’un correspondant répond, les opérateurs peuvent poursuivre leur communication sur une autre fréquence libre.
Cette pratique évite d’occuper inutilement la fréquence d’appel.
Le QRA Locator
Dans les communications VHF/UHF, les radioamateurs échangent fréquemment leur QRA Locator, également appelé Maidenhead Locator.
Ce système permet d’identifier approximativement la position géographique d’une station.
Il facilite le calcul de la distance et de la direction entre deux correspondants.
Pour les concours, le locator constitue souvent une information essentielle.
Les lecteurs pourront utiliser la carte QRA Locator proposée sur notre site F5KEE pour visualiser les positions et calculer les distances entre stations.
5. Antennes, polarisation et gain : les véritables clés du DX
Sur les bandes VHF et UHF, l’antenne constitue souvent l’élément le plus déterminant d’une installation.
Une amélioration de quelques décibels du système d’antenne peut transformer les possibilités de communication.
Antenne omnidirectionnelle ou directive ?
Une antenne verticale omnidirectionnelle est pratique pour les communications locales.
Elle permet de contacter des stations dans différentes directions sans nécessiter de rotor.
En revanche, une antenne directive concentre davantage l’énergie dans une direction privilégiée.
C’est notamment le cas des antennes Yagi.
Le gain d’une antenne
Le gain représente la capacité d’une antenne à concentrer son rayonnement dans certaines directions.
Il peut être exprimé en :
- dBi : décibels par rapport à une antenne isotrope théorique ;
- dBd : décibels par rapport à un dipôle demi-onde de référence.
La relation approximative est :
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Une antenne de 10 dBd possède donc un gain d’environ 12,15 dBi.
Exemple avec une Yagi
Imaginons deux installations.
La première utilise un dipôle alimenté avec 100 W.
La seconde utilise une Yagi de 10 dBd alimentée avec 10 W.
Dans la direction principale de la Yagi, et en négligeant les pertes, les deux installations présentent une puissance apparente rayonnée comparable, exprimée par rapport au dipôle de référence.
La Yagi permet donc d’obtenir un résultat équivalent dans une direction privilégiée avec une puissance d’émission plus faible.
Elle apporte également un avantage en réception : elle privilégie les signaux provenant de sa direction principale et peut atténuer ceux arrivant d’autres directions.
La polarisation horizontale
Pour les communications terrestres BLU à signaux faibles sur 144 et 432 MHz, la polarisation horizontale est traditionnellement utilisée.
Cette convention permet aux stations de disposer d’une polarisation commune.
Une antenne verticale et une antenne horizontale présentent théoriquement une très forte isolation lorsqu’elles sont parfaitement orthogonales.
Dans la pratique, les réflexions, les obstacles et les changements de polarisation réduisent souvent cette isolation.
La perte peut néanmoins rester importante.
C’est pourquoi une station équipée uniquement d’une antenne verticale peut rencontrer des difficultés pour contacter des stations DX utilisant des Yagi horizontales.
L’orientation de l’antenne
Une antenne directive nécessite généralement une orientation en azimut.
Un rotor permet de modifier sa direction depuis la station.
Pour les communications EME ou les satellites en orbite basse, un réglage de l’élévation peut également être nécessaire.
Conseil pratique : pour débuter en BLU sur 144 MHz, une petite Yagi horizontale correctement installée peut apporter une amélioration importante par rapport à une antenne verticale destinée au trafic FM.

Comparaison des antennes omnidirectionnelles et directives : diagrammes de rayonnement, gain et polarisation horizontale.
6. Les pertes dans les câbles : l’ennemi discret des stations VHF/UHF
Un excellent transceiver et une antenne performante ne suffisent pas si le câble coaxial présente des pertes importantes.
À mesure que la fréquence augmente, l’atténuation des câbles devient généralement plus élevée.
Sur 432 MHz, un câble acceptable en HF peut entraîner des pertes importantes.
Exemple avec un émetteur de 50 W
Supposons une station fournissant 50 W à l’entrée d’un câble coaxial.
| Perte de la ligne | Puissance approximative à l’antenne |
|---|---|
| 0 dB | 50 W |
| 1 dB | 40 W |
| 3 dB | 25 W |
| 6 dB | 12,5 W |
Une perte de 3 dB correspond approximativement à une division par deux de la puissance.
Avec 6 dB de pertes, seule une fraction proche du quart de la puissance initiale atteint l’antenne.
Ces valeurs supposent une ligne correctement adaptée et ne prennent pas en compte d’éventuelles pertes supplémentaires.
Les pertes affectent aussi la réception
Le problème ne concerne pas uniquement l’émission.
Un signal reçu très faible peut être fortement atténué avant d’atteindre le transceiver.
Sur les bandes VHF et UHF, cela peut dégrader sensiblement les performances de réception.
L’intérêt d’un préamplificateur à faible bruit
Un préamplificateur à faible bruit, ou LNA (Low Noise Amplifier), peut être installé à proximité de l’antenne.
Son rôle est d’amplifier le signal reçu avant les pertes du câble de descente.
Cette disposition peut améliorer le facteur de bruit global de la station.
Cependant, un préamplificateur n’est pas systématiquement bénéfique.
Il doit présenter un facteur de bruit adapté, une bonne résistance aux signaux forts et un gain raisonnable.
Il faut également prévoir une protection efficace contre la puissance de l’émetteur.
À retenir : sur 144 et surtout 432 MHz, réduire les pertes du câble peut être plus intéressant qu’augmenter simplement la puissance d’émission.
Pour approfondir ce sujet, consultez notre dossier F5KEE consacré aux câbles coaxiaux.
7. QO-100 : un relais radioamateur à près de 36 000 kilomètres
Avec QO-100, nous quittons les communications terrestres pour découvrir une autre manière d’utiliser la BLU.
Le satellite Qatar-OSCAR 100, installé sur le satellite de télécommunications Es’hail-2, occupe une position géostationnaire à 25,9° Est.
Il évolue à environ 35 786 kilomètres d’altitude au-dessus de l’équateur.
Contrairement aux satellites radioamateurs en orbite basse, QO-100 apparaît pratiquement immobile dans le ciel.
Une fois l’antenne correctement orientée, il n’est donc pas nécessaire de suivre continuellement son déplacement.
Une couverture exceptionnelle
Depuis sa position orbitale, QO-100 couvre une vaste région comprenant notamment l’Europe, une grande partie de l’Afrique, le Moyen-Orient et certaines régions d’Asie.
Deux stations situées à plusieurs milliers de kilomètres peuvent ainsi communiquer sans dépendre d’une ouverture de propagation ionosphérique ou troposphérique.
C’est l’un des grands intérêts de ce satellite.
Une station installée en France peut, par exemple, établir une liaison avec une station située à La Réunion, à condition que les deux stations disposent d’une visibilité suffisante du satellite.
Deux transpondeurs radioamateurs
QO-100 dispose de deux transpondeurs principaux :
Le transpondeur bande étroite (NB) est destiné notamment aux communications BLU, à la télégraphie et aux modes numériques à bande étroite.
Le transpondeur large bande (WB) est principalement destiné à la télévision numérique amateur (DATV).
Dans cet article, nous nous intéresserons au transpondeur bande étroite, qui permet les communications vocales en USB. AMSAT-Deutschland
8. Comment fonctionne le transpondeur bande étroite de QO-100 ?
Le fonctionnement de QO-100 est différent de celui d’un relais FM traditionnel.
Un relais FM reçoit généralement une émission sur une fréquence déterminée et la retransmet sur une autre.
Le transpondeur linéaire de QO-100 retransmet, quant à lui, toute une portion du spectre radioélectrique.
Plusieurs stations peuvent donc communiquer simultanément sur des fréquences différentes.
Les fréquences utilisées
Le transpondeur bande étroite utilise deux bandes de fréquences :
- Une liaison montante autour de 2 400 MHz.
- Une liaison descendante autour de 10 489 MHz.
Voici les caractéristiques principales :
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Fréquences de montée | 2 400,000 à 2 400,500 MHz |
| Fréquences de descente | 10 489,500 à 10 490,000 MHz |
| Largeur totale | Environ 500 kHz |
| Modulation vocale | USB |
| Type | Transpondeur linéaire non inverseur |
| Largeur maximale des signaux | 2,7 kHz selon le plan d’exploitation |
Les fréquences exactes et les sous-bandes réservées aux différents modes sont détaillées dans le plan officiel de l’AMSAT-DL. AMSAT-Deutschland
Le trajet du signal
Imaginons deux radioamateurs, l’un en France et l’autre en Afrique.
La première station émet un signal BLU sur une fréquence proche de 2 400 MHz.
Le satellite reçoit ce signal, le transpose vers la bande des 10 GHz et le retransmet vers la Terre.
La seconde station reçoit alors le signal sur la fréquence descendante correspondante.
Le trajet peut être résumé ainsi :
Station A → 2,4 GHz → QO-100 → 10,489 GHz → Station B
Le satellite ne décode pas la voix de chaque opérateur.
Il retransmet les signaux présents dans la bande passante du transpondeur.
Un transpondeur non inverseur
QO-100 possède une caractéristique intéressante.
Son transpondeur bande étroite est non inverseur.
Cela signifie que l’ordre des composantes fréquentielles est conservé entre la montée et la descente.
Une émission USB reste donc une émission USB après retransmission.
Ce n’est pas le cas de tous les satellites radioamateurs : certains transpondeurs inversent le spectre et nécessitent une bande latérale différente à la réception. AMSAT
La puissance d’émission : une règle essentielle
Sur QO-100, il ne faut surtout pas chercher à transmettre avec la puissance maximale disponible.
Une émission trop puissante peut surcharger le transpondeur et gêner les autres utilisateurs.
L’AMSAT-DL recommande de maintenir les signaux retransmis à un niveau inférieur à celui des balises de référence.
Le système LEILA peut signaler les émissions excessivement puissantes.
Lorsqu’un tel avertissement apparaît, l’opérateur concerné doit immédiatement réduire sa puissance de montée.
La FM est également interdite sur le transpondeur bande étroite, car elle utiliserait une largeur de bande et une puissance inadaptées.
Enfin, l’exploitation impose de pouvoir écouter sa propre descente pendant l’émission, afin de contrôler le signal retransmis. AMSAT-Deutschland

Fonctionnement d’une communication BLU via QO-100 : montée à 2,4 GHz, transpondeur linéaire et descente à 10,489 GHz.
9. Quel matériel faut-il pour communiquer en BLU sur QO-100 ?
Une station QO-100 comporte généralement deux chaînes distinctes : la réception et l’émission.
Elles peuvent partager une même parabole, mais utilisent des équipements adaptés à leurs fréquences respectives.
La chaîne de réception
La réception de QO-100 repose généralement sur les éléments suivants :
Parabole → LNB → Récepteur SDR → Ordinateur
La parabole
Une parabole de réception satellite concentre les signaux provenant de QO-100 vers son foyer.
Une parabole d’environ 60 à 90 cm peut convenir à de nombreuses installations européennes, selon les conditions de réception et les équipements utilisés.
Le LNB
Le LNB (Low Noise Block) reçoit le signal autour de 10 GHz.
Il l’amplifie et le convertit vers une fréquence intermédiaire plus basse.
Cette conversion permet d’utiliser des récepteurs SDR relativement courants.
Le récepteur SDR
Un récepteur SDR permet de visualiser le spectre du transpondeur et d’écouter les émissions BLU.
Il faut naturellement choisir un récepteur capable de couvrir la fréquence intermédiaire produite par le LNB.
La stabilité en fréquence
Sur QO-100, la stabilité du système de réception est importante.
Un LNB classique peut présenter une dérive de fréquence, notamment avec les variations de température.
Il existe plusieurs solutions :
- Utiliser un LNB stabilisé.
- Employer une référence externe.
- Corriger la dérive par logiciel lorsque cette fonction est disponible.
La chaîne d’émission
La liaison montante utilise la bande des 2,4 GHz.
Une station d’émission comprend généralement :
Transceiver ou SDR → Convertisseur 2,4 GHz → Amplificateur → Antenne
Le convertisseur
Lorsque le transceiver ne fonctionne pas directement sur 2,4 GHz, un convertisseur permet de transposer le signal vers la fréquence de montée.
L’amplificateur
Un amplificateur RF adapté peut être nécessaire pour fournir le niveau de signal souhaité.
Sa puissance doit être choisie en fonction des pertes, du gain de l’antenne et des recommandations d’exploitation.
L’antenne d’émission
La liaison montante du transpondeur bande étroite utilise une polarisation circulaire droite, appelée RHCP.
La liaison descendante utilise une polarisation linéaire verticale.
Ces caractéristiques doivent être prises en compte lors du choix des antennes et des équipements de réception. AMSAT-Deutschland
Peut-on commencer uniquement en réception ?
Absolument !
C’est même une excellente manière de découvrir QO-100.
Il est possible de commencer par écouter les communications à l’aide d’un récepteur SDR accessible sur Internet.
Cette solution permet de découvrir le transpondeur, les fréquences utilisées et les habitudes d’exploitation sans investir immédiatement dans une station satellite complète.
Sur F5KEE, nous avons également consacré plusieurs pages à la réception et à la visualisation des émissions de QO-100.

Architecture d’une station QO-100 : chaîne de réception avec parabole, LNB et SDR ; chaîne d’émission avec convertisseur, amplificateur et antenne.
10. Réaliser son premier QSO BLU via QO-100
Une fois la station installée et correctement réglée, réaliser un premier QSO via QO-100 est relativement simple.
La difficulté principale réside généralement dans la préparation et le réglage de l’installation.
Étape 1 — Vérifier la couverture du satellite
Avant toute chose, il faut vérifier que le satellite est visible depuis votre emplacement.
La couverture de QO-100 est vaste, mais elle ne s’étend pas à l’ensemble du globe.
Étape 2 — Orienter la parabole
La parabole doit être orientée vers la position géostationnaire du satellite.
Les angles d’azimut et d’élévation dépendent de la position géographique de la station.
Un réglage précis permet d’obtenir le meilleur niveau de réception.
Étape 3 — Recevoir les balises
Avant d’émettre, il est conseillé de vérifier la réception des balises du transpondeur.
Elles constituent des références utiles pour contrôler la fréquence et la stabilité du récepteur.
Étape 4 — Sélectionner une fréquence libre
Le transpondeur permet l’utilisation simultanée de nombreuses fréquences.
Il faut choisir une fréquence autorisée par le plan d’exploitation et vérifier qu’elle n’est pas déjà occupée.
Étape 5 — Régler l’USB
Les communications vocales sur le transpondeur bande étroite utilisent l’USB.
Il faut donc configurer correctement les chaînes d’émission et de réception.
Étape 6 — Commencer avec une puissance faible
La puissance de montée doit être augmentée progressivement, en observant le niveau du signal retransmis.
L’objectif est d’obtenir un signal intelligible sans dépasser les niveaux recommandés.
Étape 7 — Écouter sa propre émission
L’exploitation en duplex intégral permet de contrôler directement le signal retransmis par le satellite.
C’est un avantage important.
L’opérateur peut vérifier sa fréquence, sa modulation et son niveau de signal.
Il faut toutefois tenir compte du léger délai de propagation introduit par le trajet aller-retour via le satellite.
Étape 8 — Lancer un appel
Une fois les réglages vérifiés, il est possible de lancer un appel général.
Par exemple :
CQ CQ, ici F5KEE, Fox Five Kilo Echo Echo, appel général via QO-100, à l’écoute.
Étape 9 — Établir le QSO
Le correspondant répond et les deux stations échangent leurs informations habituelles :
- Indicatif.
- Prénom.
- Localisation.
- Report de réception.
- Informations sur la station.
Étape 10 — Terminer la communication
Le QSO se termine par les salutations habituelles.
La fréquence est ensuite laissée libre pour les autres utilisateurs.
Un exemple intéressant : la France et La Réunion
Imaginons une communication entre le radio-club F5KEE, en région parisienne, et une station radioamateur située à La Réunion.
Les deux stations peuvent utiliser QO-100 pour échanger directement en BLU, sans dépendre d’une ouverture de propagation HF.
Cette possibilité présente un intérêt pédagogique évident.
Elle pourrait notamment permettre à des collégiens de poser des questions à un correspondant situé à plusieurs milliers de kilomètres, puis d’écouter ses réponses en direct.
Une telle activité permettrait d’aborder simultanément la géographie, les satellites, les communications radio et les techniques de transmission.
11. BLU terrestre ou BLU par satellite : quelles différences ?
La BLU terrestre en VHF/UHF et la BLU via QO-100 utilisent des principes de modulation similaires.
Mais les conditions de propagation et les équipements nécessaires sont très différents.
| Caractéristique | BLU terrestre VHF/UHF | BLU via QO-100 |
|---|---|---|
| Fréquences | 144 et 432 MHz notamment | 2,4 GHz / 10 GHz |
| Propagation | Directe, troposphérique et autres mécanismes | Satellite géostationnaire |
| Portée | Variable selon les conditions | Plusieurs milliers de kilomètres dans la couverture |
| Antennes | Souvent Yagi horizontales | Généralement parabole et antenne de montée adaptée |
| Orientation | Azimut, parfois élévation | Pointage pratiquement fixe |
| Modulation vocale | USB | USB |
| Difficulté principale | Propagation et bilan de liaison | Conversions de fréquence et stabilité |
| Équipement complémentaire | Rotor, LNA selon les besoins | LNB, convertisseur et SDR |
| Disponibilité | Dépend notamment de la propagation | Généralement régulière dans la couverture |
La BLU terrestre permet d’exploiter les propriétés naturelles de la propagation.
QO-100 offre une autre approche : utiliser un relais spatial pour établir des communications régulières entre des régions très éloignées.
Les deux techniques sont complémentaires.
12. Deux installations pour débuter
Pour terminer cette découverte, voici deux exemples d’installations accessibles aux radioamateurs souhaitant explorer ces activités.
Exemple A — Une station BLU 144 MHz
Une installation simple peut comprendre :
| Équipement | Proposition |
|---|---|
| Transceiver | Multimode 144 MHz |
| Puissance | 10 à 50 W |
| Antenne | Yagi horizontale de quelques éléments |
| Câble | Coaxial à faibles pertes |
| Orientation | Fixe pour débuter, puis rotor azimutal |
| Accessoires | Wattmètre et ROS-mètre adaptés |
Une telle station permet de découvrir les communications BLU en VHF, les concours et les ouvertures de propagation.
Les résultats dépendront fortement de l’emplacement, du dégagement et de l’activité des autres stations.
Exemple B — Une station de réception QO-100
Pour découvrir le satellite, une station de réception peut comprendre :
| Équipement | Proposition |
|---|---|
| Antenne | Parabole satellite |
| Tête de réception | LNB adapté |
| Récepteur | SDR couvrant la fréquence intermédiaire |
| Ordinateur | PC avec logiciel SDR |
| Accessoires | Câble coaxial, alimentation LNB, support de parabole |
Cette configuration permet d’écouter les communications BLU sur le transpondeur bande étroite.
Il est également possible de commencer avec un SDR distant accessible sur Internet.
Conclusion — La BLU ouvre de nouveaux horizons
La bande latérale unique ne se limite pas aux communications HF.
Sur 144 et 432 MHz, elle constitue un excellent moyen d’exploiter les signaux faibles et les phénomènes de propagation permettant des communications à grande distance.
La réussite dépend alors de plusieurs facteurs : le gain et la polarisation des antennes, la hauteur d’installation, les pertes dans les câbles et les conditions atmosphériques.
Avec QO-100, la BLU prend une autre dimension.
Grâce à un transpondeur linéaire installé sur un satellite géostationnaire, les radioamateurs peuvent communiquer régulièrement sur plusieurs milliers de kilomètres.
Ces deux activités montrent que la puissance d’émission n’est pas le seul élément déterminant.
Une antenne bien choisie, une installation correctement réalisée et une bonne connaissance des phénomènes de propagation permettent souvent d’obtenir davantage qu’une simple augmentation de puissance.
Que vous souhaitiez découvrir le DX sur 144 MHz, améliorer votre station 432 MHz ou écouter vos premiers QSO via QO-100, la BLU offre de nombreuses possibilités d’expérimentation.
Et c’est précisément ce qui fait tout l’intérêt de notre activité radioamateur !
73 de F5KEE !
Liens utiles pour aller plus loin
IARU Région 1 — Plans de bandes VHF, UHF et hyperfréquences
Les plans de bandes officiels permettent de connaître les segments recommandés pour la BLU, les modes numériques et les autres activités radioamateurs.
AMSAT-DL — QO-100
L’AMSAT-DL propose des informations techniques concernant le satellite QO-100, ses transpondeurs et les équipements permettant de l’utiliser.
AMSAT-DL — Plan de bandes et règles d’exploitation QO-100
Cette documentation précise les fréquences, les modes autorisés et les recommandations de puissance pour le transpondeur bande étroite.
https://amsat-dl.org/en/p4-a-nb-transponder-bandplan-and-operating-guidelines/
AMSAT — Satellites radioamateurs
Informations sur les satellites radioamateurs et leurs caractéristiques techniques.
BATC — British Amateur Television Club
Ressources consacrées aux communications par satellite et à la télévision numérique amateur.
PSK Reporter
Service permettant d’observer les réceptions de signaux numériques et certaines ouvertures de propagation.
Radio-Club F5KEE
Retrouvez nos articles pédagogiques, nos outils de cartographie et nos ressources consacrées aux techniques radioamateurs.
