OsTrax : un nouveau logiciel pour suivre les satellites et automatiser sa station radioamateur

OsTrax _ poursuite satellitaire en orbite

Les communications par satellite offrent aux radioamateurs de nombreuses possibilités d’expérimentation. Mais pour établir une liaison avec un satellite en orbite basse, il faut connaître précisément sa position, anticiper son passage, orienter les antennes et parfois corriger continuellement les fréquences utilisées.

OsTrax, un nouveau logiciel de poursuite satellitaire, propose de simplifier ces opérations en réunissant plusieurs fonctions dans une même application : suivi des satellites, prévision des passages, commande des transceivers, pilotage des rotors et journalisation des contacts.

Annoncé officiellement le 25 octobre 2026 par Avinstar, LLC, et présenté dans le bulletin de l’AMSAT, OsTrax est disponible pour Windows, macOS et Ubuntu.

Découvrons ce logiciel, ses principales fonctionnalités et ce qu’il pourrait apporter à une station radioamateur.

1. OsTrax : une nouvelle approche de la poursuite satellitaire

Développé par Jim McCullers, WA4CWI, OsTrax est un logiciel spécialement conçu pour les communications radioamateurs par satellite.

Son développeur possède une longue expérience dans le domaine radioamateur et dans la programmation informatique. Il est également à l’origine de SigTrax, une application de suivi de signaux destinée aux appareils mobiles.

L’objectif d’OsTrax est de simplifier la préparation et l’exploitation des communications satellitaires.

Traditionnellement, une station peut utiliser plusieurs logiciels pour effectuer différentes opérations : calculer les passages, commander le rotor, régler les fréquences du transceiver ou enregistrer les contacts.

OsTrax cherche à centraliser ces opérations dans un environnement unique.

Le logiciel est personnalisable afin de permettre à chaque utilisateur d’adapter son environnement de travail à son équipement et à ses habitudes.

Interface OsTrax de suivi satellitaire

OsTrax regroupe les informations nécessaires au suivi et à l’exploitation des satellites radioamateurs.

2. Prévoir et suivre les passages des satellites

La première fonction d’un logiciel de poursuite satellitaire consiste à déterminer la position d’un satellite à un instant donné.

Pour cela, OsTrax utilise des éléments orbitaux permettant de calculer sa trajectoire autour de la Terre.

À partir de la position géographique de la station, le logiciel peut notamment déterminer :

  • L’heure d’apparition du satellite à l’horizon (AOS).
  • L’heure de disparition du satellite (LOS).
  • L’azimut, correspondant à sa direction horizontale.
  • L’élévation, correspondant à sa hauteur au-dessus de l’horizon.
  • L’élévation maximale atteinte pendant le passage.
  • La trajectoire apparente du satellite dans le ciel.

Ces informations sont essentielles pour préparer une communication.

Un passage atteignant seulement quelques degrés d’élévation sera généralement plus difficile à exploiter qu’un passage culminant à 60 ou 70 degrés, notamment en présence d’obstacles.

Des informations orbitales actualisées

OsTrax propose une mise à jour automatique des éléments orbitaux et des profils des satellites.

Cette fonction évite à l’utilisateur de devoir rechercher et importer manuellement les données nécessaires au calcul des passages.

Il est également possible de définir des éléments orbitaux et des profils personnalisés, ce qui présente un intérêt pour les nouveaux satellites et les projets expérimentaux.

Préparer les futurs passages

Le logiciel dispose d’outils de prévision et de modélisation des passages.

Le radioamateur peut ainsi sélectionner les satellites qui l’intéressent et préparer ses prochaines séances de trafic.

Interface OsTrax, suivi satellite ISS

La prévision des passages permet de connaître les horaires, l’azimut et l’élévation d’un satellite.

3. Automatiser le pilotage des transceivers

Lorsqu’un satellite se déplace rapidement par rapport à une station terrestre, les fréquences radio subissent une variation appelée effet Doppler.

Cette variation est particulièrement sensible sur les bandes VHF et UHF.

Prenons l’exemple d’un satellite transmettant sur 435 MHz.

Lorsqu’il s’approche de la station, la fréquence reçue apparaît légèrement plus élevée. Lorsqu’il s’éloigne, elle devient plus basse.

À cette fréquence, l’écart Doppler peut atteindre plusieurs kilohertz.

Sur les satellites utilisant des transpondeurs linéaires, la gestion simultanée des fréquences de montée et de descente peut rapidement devenir délicate.

La commande CAT

OsTrax peut commander des transceivers compatibles en fonction du satellite sélectionné et du type de communication.

Le principe consiste à établir une liaison entre l’ordinateur et le poste radio, généralement à travers une interface CAT (Computer Aided Transceiver).

Le logiciel peut alors participer à l’automatisation des réglages nécessaires pendant le passage.

La liste précise des transceivers compatibles et les modalités de correction Doppler devront être vérifiées dans la documentation du logiciel.

Cette fonction est particulièrement intéressante pour les stations utilisant des satellites FM ou des transpondeurs linéaires.

4. Commander automatiquement les rotors d’antennes

La poursuite mécanique constitue une autre fonctionnalité importante d’OsTrax.

Une station équipée d’antennes directives doit suivre le déplacement du satellite afin de conserver un signal suffisamment puissant.

Pour cela, elle utilise généralement deux mouvements :

L’azimut, qui correspond à la rotation horizontale de l’antenne, et l’élévation, qui permet de l’orienter vers le haut.

Un système de poursuite automatique utilise les coordonnées calculées par le logiciel pour commander les moteurs.

Le principe est relativement simple : Ordinateur avec OsTrax → Interface de commande → Contrôleur de rotor → Antennes

Pendant le passage, le logiciel actualise les coordonnées du satellite et transmet les consignes de positionnement.

L’utilisateur peut ainsi consacrer davantage d’attention à l’écoute et à la réalisation des contacts.

OsTrax annonce la prise en charge de différents équipements de commande, anciens et récents. La liste exacte des contrôleurs compatibles reste néanmoins à vérifier avant toute installation.

Une possibilité intéressante : utiliser Arduino avec un rotor Yaesu

Les radioamateurs amateurs de réalisations personnelles pourraient envisager une autre solution : utiliser une carte Arduino comme interface entre l’ordinateur et un rotor Yaesu.

De nombreux logiciels de poursuite utilisent des protocoles de commande standardisés, notamment les protocoles Yaesu GS-232A et GS-232B.

Un Arduino peut recevoir des commandes série provenant d’un ordinateur, les interpréter et piloter une interface de commande adaptée au rotor.

Il peut également récupérer la position réelle de l’antenne à l’aide d’un potentiomètre ou d’un capteur angulaire.

Le fonctionnement général serait le suivant : OsTrax → USB → Arduino → Relais ou interface adaptée → Rotor Yaesu

En retour : Capteur de position du rotor → Arduino → Ordinateur

Cette architecture pourrait permettre de réaliser un contrôleur économique et personnalisable.

Le projet open source K3NG Arduino Rotator Controller constitue une base particulièrement intéressante. Il prend notamment en charge les protocoles GS-232A, GS-232B et Easycom.

Il reste toutefois indispensable de vérifier qu’OsTrax accepte effectivement le protocole choisi.

L’interface doit également respecter les caractéristiques électriques du contrôleur Yaesu et intégrer les sécurités nécessaires : limitation des déplacements, arrêt des moteurs, prévention des commandes contradictoires et protection contre les défauts de positionnement.

Station satellitaire automatisée OsTrax

Une interface Arduino peut assurer la liaison entre le logiciel de poursuite et le système de commande des antennes.

Cette réalisation pourrait faire l’objet d’un article technique indépendant sur F5KEE, avec schéma électronique, programme Arduino et procédure d’étalonnage.

5. Suivre le Soleil et la Lune

OsTrax ne se limite pas aux satellites artificiels.

Il permet également de suivre la position du Soleil et de la Lune, avec possibilité de commander les rotors d’antennes.

Le suivi solaire

Cette fonction peut intéresser les radioamateurs souhaitant réaliser des expériences de réception du bruit solaire ou étudier le comportement de leurs antennes.

Elle peut également servir à vérifier le positionnement d’un système de poursuite.

Le suivi lunaire

Le suivi de la Lune présente un intérêt particulier pour les communications EME (Earth-Moon-Earth).

Cette technique consiste à utiliser la surface lunaire comme réflecteur naturel pour établir des communications radio à très longue distance.

La précision de l’orientation des antennes devient alors essentielle.

OsTrax peut fournir les coordonnées de la Lune et commander les rotors correspondants.

Il faut cependant distinguer cette fonction de poursuite des autres outils nécessaires au trafic EME, notamment les logiciels de communication et les calculs spécifiques à ce mode d’exploitation.

6. Enregistrer les contacts et préparer les prochaines activités

OsTrax propose également des fonctions de journalisation des contacts.

Le logiciel permet d’associer les informations du satellite et du passage aux QSO réalisés.

Les contacts peuvent être exportés au format ADIF, largement utilisé par les logiciels de carnet de trafic radioamateur.

Cette possibilité facilite l’intégration des contacts satellitaires dans un journal général.

Les outils de prévision et de modélisation permettent également d’étudier les prochains passages et de préparer les périodes d’activité.

Enfin, OsTrax autorise l’exécution de plusieurs instances indépendantes sur un même ordinateur, une possibilité intéressante pour certaines configurations expérimentales.

7. Comparaison : OsTrax, Gpredict, SatPC32 et MacDoppler

OsTrax arrive sur un marché où plusieurs logiciels sont déjà bien implantés.

Parmi les solutions les plus connues figurent Gpredict, SatPC32 et MacDoppler.

Ces applications permettent toutes de suivre les satellites, mais elles se distinguent par leurs systèmes d’exploitation, leurs interfaces et leurs possibilités d’automatisation.

Tableau comparatif

Fonction OsTrax Gpredict SatPC32 MacDoppler
Windows Oui Oui Oui Non
Linux Ubuntu Oui Non Non
macOS Oui Oui Non Oui
Prévision des passages Oui Oui Oui Oui
Suivi en temps réel Oui Oui Oui Oui
Commande des transceivers Oui Oui Oui Oui
Gestion Doppler À préciser Oui Oui Oui
Pilotage des rotors Oui Oui Oui Oui
Suivi Soleil/Lune Oui Selon fonctions Selon fonctions Selon fonctions
Journalisation ADIF Oui Non intégré Selon configuration Selon configuration
Licence Propriétaire Libre Commerciale Commerciale
Version d’essai 15 jours Gratuit Selon distribution Selon distribution

Tableau indicatif établi à partir des fonctionnalités documentées. Certaines caractéristiques dépendent des versions, des équipements et des configurations.

Gpredict : la solution libre

Gpredict est un logiciel open source particulièrement apprécié des radioamateurs utilisant Linux.

Il fonctionne également sous Windows et permet de suivre plusieurs satellites, de prévoir leurs passages et de piloter les radios et rotors compatibles.

Il utilise notamment la bibliothèque Hamlib pour communiquer avec les équipements.

Son principal avantage reste sa gratuité et son ouverture aux expérimentations.

En revanche, sa configuration peut nécessiter quelques connaissances techniques, notamment pour la commande des équipements.

SatPC32 : une référence historique

SatPC32 est depuis longtemps utilisé pour les communications satellitaires.

Ce logiciel Windows propose des fonctions avancées de poursuite, de correction Doppler et de commande des équipements.

Il bénéficie d’une expérience importante dans le domaine des satellites radioamateurs.

Son interface est cependant plus traditionnelle que celle des logiciels récents.

MacDoppler : une solution pour macOS

MacDoppler est destiné aux utilisateurs d’ordinateurs Apple.

Il propose des fonctions de poursuite, de correction Doppler et de commande automatique des antennes.

Il peut être utilisé dans des installations satellitaires avancées.

Son principal inconvénient pour certains utilisateurs reste sa disponibilité limitée à macOS.

Quelle place pour OsTrax ?

OsTrax se distingue notamment par sa disponibilité sur trois environnements informatiques : Windows, macOS et Ubuntu.

Il propose également une approche intégrée associant les informations orbitales, les prévisions, la commande des équipements et la journalisation.

Son interface personnalisable constitue un autre argument intéressant.

Cependant, il serait prématuré d’affirmer qu’il remplace avantageusement les solutions existantes sans avoir réalisé des essais comparatifs.

Le choix dépendra principalement des équipements possédés, du système d’exploitation utilisé et des besoins de chaque station.

8. Installation et disponibilité

OsTrax est disponible pour Windows, macOS et Ubuntu.

Le développeur propose une licence d’essai entièrement fonctionnelle pendant 15 jours.

Cette période permet de découvrir le logiciel, d’examiner son interface et de vérifier sa compatibilité avec les équipements de la station.

Avant de connecter un rotor ou un transceiver, il est conseillé de commencer par les fonctions de poursuite et de prévision des passages.

L’utilisateur pourra ensuite configurer progressivement les interfaces matérielles.

Le prix de la licence définitive et les conditions exactes d’utilisation doivent être consultés sur le site officiel.

Site officiel : https://www.ostrax.com

Documentation : https://www.avinstar.com/ostrax/docs

9. Un logiciel intéressant pour les stations expérimentales

Au-delà de la simple poursuite des satellites, OsTrax pourrait trouver sa place dans les projets de construction radioamateur.

L’association d’un logiciel de poursuite, d’une interface Arduino et d’un rotor azimut/élévation constitue notamment une excellente base d’expérimentation.

Une station de ce type pourrait réunir :

  • Un ordinateur exécutant OsTrax.
  • Un transceiver VHF/UHF compatible CAT.
  • Un système d’antennes directives.
  • Un rotor azimut/élévation.
  • Une interface Arduino de commande.
  • Un système de recopie de position.

Le radioamateur disposerait alors d’une station dont une partie des opérations pourrait être automatisée.

OsTrax _ suivi satellite en temps réel

Le logiciel calcule en permanence l’azimut et l’élévation nécessaires à l’orientation des antennes.

Un tel projet permettrait d’aborder plusieurs domaines techniques : communication série, électronique de commande, programmation, mécanique, calcul orbital et propagation radio.

Il pourrait également constituer une activité pédagogique intéressante dans un radio-club.

10. Conclusion

Avec OsTrax, les radioamateurs disposent d’une nouvelle solution pour préparer et exploiter les communications par satellite.

Sa disponibilité sur Windows, macOS et Ubuntu, son interface personnalisable et ses fonctions de commande des équipements constituent des caractéristiques intéressantes.

La possibilité de centraliser la poursuite satellitaire, les prévisions, le pilotage des antennes et la journalisation des contacts mérite également l’attention.

OsTrax devra néanmoins faire ses preuves face à des logiciels bien établis comme Gpredict, SatPC32 ou MacDoppler.

Pour les radioamateurs intéressés par l’automatisation, il ouvre aussi une perspective intéressante : associer un logiciel de poursuite à une interface Arduino pour commander un rotor Yaesu.

Une réalisation qui pourrait faire l’objet d’un prochain projet pratique sur F5KEE.


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