
Les satellites radioamateurs offrent une formidable possibilité de communication : établir des contacts à plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de kilomètres, avec des équipements parfois très simples. Certains permettent des liaisons en phonie FM, d’autres utilisent des transpondeurs linéaires pour la SSB et la CW, tandis que plusieurs CubeSats proposent des communications numériques, de l’APRS ou la transmission d’images SSTV.
Mais quels sont les satellites radioamateurs encore actifs en 2026 ? Quelles fréquences utiliser pour les contacter ou recevoir leurs transmissions ?
Pour répondre à ces questions, nous avons rassemblé dans cet article un inventaire des principaux satellites radioamateurs opérationnels ou susceptibles d’être activés, avec leurs fréquences montantes et descendantes, leurs modes de fonctionnement et leurs particularités.
Cet inventaire s’appuie notamment sur les informations publiées par l’AMSAT, les bases de données satellitaires et les observations des radioamateurs.
Attention : l’état d’un satellite peut évoluer rapidement. Certains répéteurs fonctionnent en permanence, d’autres sont activés suivant un calendrier ou uniquement lorsque les conditions d’alimentation électrique le permettent. Les tableaux présentent les fréquences publiées et non une garantie de fonctionnement au moment de votre passage.
1. Comprendre les communications par satellite radioamateur
Avant de consulter les tableaux, rappelons quelques principes essentiels.
Fréquence montante et fréquence descendante
La communication avec un satellite utilise généralement deux fréquences distinctes :
- Uplink (montée) : fréquence sur laquelle la station terrestre émet vers le satellite.
- Downlink (descente) : fréquence sur laquelle le satellite retransmet le signal vers la Terre.
Prenons l’exemple du satellite SO-50 :
| Paramètre | Fréquence |
|---|---|
| Émission depuis la Terre | 145,850 MHz |
| Réception depuis le satellite | 436,795 MHz |
| Mode | FM |
| Tonalité CTCSS | 67 Hz |
Pour établir un contact, l’opérateur émet donc sur 145,850 MHz et écoute simultanément sur 436,795 MHz.
Cette technique est appelée fonctionnement full-duplex lorsque l’équipement permet d’émettre et de recevoir simultanément.
Elle est particulièrement intéressante pour vérifier que son propre signal traverse correctement le répéteur.
Les principaux types de satellites
Les satellites radioamateurs peuvent être regroupés en plusieurs catégories.
Satellites FM
Ils fonctionnent comme des relais terrestres, mais se déplacent à plusieurs kilomètres par seconde. Ils permettent des contacts en phonie avec un équipement VHF/UHF et des antennes adaptées.
Satellites à transpondeur linéaire
Ils retransmettent une portion de bande de fréquences. Plusieurs communications peuvent ainsi coexister, généralement en SSB ou en CW.
Satellites numériques et APRS
Ils transmettent des données et peuvent assurer la retransmission de paquets AX.25 ou d’autres protocoles numériques.
Satellites de télémétrie
Ils diffusent des informations sur leur fonctionnement : température, tension des batteries, état des équipements, orientation ou données scientifiques.
Satellites transmettant des images
Certains CubeSats et l’ISS transmettent ponctuellement des images SSTV ou SSDV.
Enfin, QO-100 occupe une place particulière puisqu’il s’agit d’un satellite géostationnaire permettant des communications permanentes depuis sa zone de couverture.
2. Inventaire des satellites radioamateurs FM
Les satellites FM constituent généralement la meilleure porte d’entrée pour découvrir le trafic spatial.
Un transceiver bibande VHF/UHF, une antenne directive portable et un logiciel de suivi orbital suffisent pour commencer.
Tableau des satellites FM
| Satellite | Montée (MHz) | Descente (MHz) | CTCSS | Particularités |
|---|---|---|---|---|
| SO-50 | 145,850 | 436,795 | 67 Hz | Activation préalable nécessaire |
| AO-91 | 435,250 | 145,960 | — | Utilisation uniquement au soleil |
| AO-123 | 145,850 | 435,400 | 67 Hz | Répéteur FM |
| ISS | 145,990 | 437,800 | 67 Hz | Répéteur selon disponibilité |
| PO-101 | 437,500 | 145,900 | 141,3 Hz | Activation programmée, état dégradé |
| CAS-3H | 144,350 | 437,200 | — | Activation irrégulière |
| IO-86 | 145,880 | 435,880 | 88,5 Hz | Orbite faiblement inclinée |
| RS95S | 145,920 | 436,950 | 67 Hz | Fonctionnement en phase de tests |
| TEVEL2-1 à 9 | 145,970 | 436,400 | — | Constellation de satellites |
Source : AMSAT – Live FM Satellites, mise à jour du 10 juillet 2026. amsat.org
Quelques particularités importantes
SO-50 : un répéteur à activer
SO-50 possède une temporisation destinée à limiter sa consommation électrique.
Avant de pouvoir utiliser le répéteur, il peut être nécessaire d’émettre pendant environ deux secondes sur 145,850 MHz avec une tonalité CTCSS de 74,4 Hz.
Une fois le répéteur activé, les communications utilisent une tonalité de 67 Hz.
AO-91 : attention à l’alimentation électrique
En raison de l’état de ses batteries, AO-91 ne doit pas être sollicité lorsqu’il traverse l’ombre de la Terre.
ISS : un relais particulier
La Station spatiale internationale dispose d’équipements radioamateurs utilisés pour différentes activités.
Le répéteur FM n’est pas nécessairement disponible en permanence. Son utilisation dépend des opérations ARISS et des activités à bord.
IO-86 : une couverture géographique limitée
L’orbite d’IO-86 présente une faible inclinaison. Sa zone de passage concerne principalement les régions proches de l’équateur.
Il ne constitue donc pas une solution habituelle pour les opérateurs situés en France métropolitaine.
TEVEL2 : plusieurs satellites sur les mêmes fréquences
La constellation TEVEL2 utilise les fréquences de 145,970 MHz en montée et 436,400 MHz en descente. L’état de fonctionnement des différents éléments doit être vérifié individuellement.
3. Satellites à transpondeur linéaire : SSB et CW
Contrairement aux répéteurs FM, les transpondeurs linéaires permettent à plusieurs stations de communiquer simultanément.
Ils sont particulièrement appréciés pour les contacts longue distance, les expérimentations et le trafic en CW.
Tableau des transpondeurs linéaires
| Satellite | Montée (MHz) | Descente (MHz) | Modes habituels | Particularités |
|---|---|---|---|---|
| AO-7 mode A | 145,850–145,950 | 29,400–29,500 | USB/USB | Fonctionne au soleil |
| AO-7 mode B | 432,125–432,175 | 145,925–145,975 | LSB/USB | Transpondeur inverseur |
| AO-73 | 435,130–435,150 | 145,950–145,970 | LSB/USB | Fonctionnement en éclipse |
| FO-29 | 145,900–146,000 | 435,800–435,900 | LSB/USB | Activation programmée |
| JO-97 | 435,100–435,120 | 145,855–145,875 | LSB/USB | Transpondeur inverseur |
| RS-44 | 145,935–145,995 | 435,610–435,670 | LSB/USB | Transpondeur inverseur |
| TO-108 | 435,270–435,290 | 145,915–145,935 | LSB/USB | Fonctionnement intermittent |
| CatSat | 5663 MHz, centre | 10470 MHz, centre | USB/USB | Transpondeur expérimental de 200 kHz |
Source : AMSAT – Live Linear Satellites, mise à jour du 24 mars 2026. amsat.org
Qu’est-ce qu’un transpondeur inverseur ?
Un transpondeur inverseur modifie le sens du spectre reçu.
Ainsi, lorsqu’une station augmente sa fréquence d’émission, sa fréquence de réception correspondante diminue.
C’est pourquoi les communications utilisent généralement :
- LSB sur la fréquence montante.
- USB sur la fréquence descendante.
Cette particularité doit être prise en compte lors du réglage du transceiver.
AO-7 : un satellite historique toujours utilisable
Lancé en novembre 1974, AO-7 constitue un remarquable exemple de longévité.
Après une longue période d’inactivité, il a recommencé à fonctionner grâce à ses panneaux solaires.
Il reste toutefois dépendant de l’éclairement solaire et des conditions d’alimentation électrique.
RS-44 : un satellite intéressant pour le trafic SSB
RS-44 possède un transpondeur linéaire relativement large.
Sa fréquence descendante se situe dans la bande des 70 cm, tandis que la montée utilise les 2 mètres.
Il constitue une cible intéressante pour les opérateurs souhaitant pratiquer la SSB et la CW par satellite.
4. Satellites APRS et communications numériques
L’APRS (Automatic Packet Reporting System) permet de transmettre des informations numériques : position géographique, messages courts, indicatifs ou données diverses.
Certains satellites disposent d’un digipeater capable de recevoir un paquet radio et de le retransmettre.
Il devient alors possible d’échanger des informations numériques à grande distance sans utiliser de réseau terrestre.
Tableau des satellites numériques
| Satellite | Fréquence(s) (MHz) | Mode numérique | Indicatif ou chemin |
|---|---|---|---|
| ISS | 145,825 | APRS AFSK 1200 bauds | ARISS / RS0ISS / NA1SS |
| SONATE-2 | 145,825 | APRS AFSK 1200 bauds | DP0SNX |
| NO-44 | 145,825 | APRS AFSK 1200 bauds | W3ADO-1 / PCSAT-1 |
| IO-86 | 145,825 | APRS AFSK 1200 bauds | YB0X |
| CroCube | 436,775 | GFSK 9600 bauds | 9A0CC |
| GRBBeta | 145,935 / 436,785 | GFSK 9600 bauds | HA2GRB |
| KOSTKA | 436,870 | GFSK 9600 bauds | OK0KST |
| LASARsat | 436,925 | GFSK 9600 bauds | OK0LSR |
| Marina | 145,925 / 436,680 | GFSK 9600 bauds | OM9MAR |
| ARICA-2 | 436,830 | GMSK 4800 bauds | AX.25 |
| Erminaz-2U | 435,900 | GMSK 9600 bauds | Protocole spécifique |
| Foresail-1p | 437,125 | GMSK 9600 bauds | Skylink |
| KNACKSAT-2 | 145,825 | FSK/APRS 9600 bauds | À vérifier |
Source : AMSAT – Live Digipeater Satellites, mise à jour du 17 octobre 2026. amsat.org
Attention aux différents protocoles
Tous les satellites numériques ne sont pas compatibles avec un équipement APRS traditionnel.
L’APRS classique utilise généralement une modulation AFSK à 1200 bauds.
D’autres satellites emploient des transmissions FSK, GFSK ou GMSK à des débits plus élevés.
Ils peuvent nécessiter un récepteur SDR, un logiciel de démodulation adapté ou une interface numérique particulière.
Il faut également distinguer les satellites proposant un véritable digipeater de ceux transmettant uniquement de la télémétrie.
5. Satellites transmettant des images SSTV
La SSTV (Slow Scan Television) permet de transmettre des images fixes par radio.
Cette activité est particulièrement appréciée des radioamateurs, car la réception peut être réalisée avec un équipement relativement simple.
Plusieurs satellites diffusent occasionnellement des images SSTV.
Tableau des satellites SSTV
| Satellite | Descente (MHz) | Mode image | Observations |
|---|---|---|---|
| ISS | 145,800 | PD120 | Événements ARISS programmés |
| HC1PX | 437,050 | Robot36 | Images reçues |
| JAMX01 | 435,175 | Robot36 | Activité à vérifier |
| RS18S | 437,350 | Robot36 | Images reçues |
| RS27S | 436,125 | Robot36 | Images reçues |
| RS38S | 437,825 | Robot36 | Images reçues |
| RS40S | 437,625 | Robot36 | Images reçues |
| RS57S | 436,080 | Robot36 | Images reçues |
| RS58S | 435,290 | Robot36 | Images reçues |
| RS83S | 436,320 | SSTV / SSDV | Transmissions expérimentales |
| RS95S | 436,950 | Robot36 | Émissions programmées |
| SONATE-2 | 145,880 | Martin M1 | Émissions programmées |
Source : AMSAT – Live Image Satellites, mise à jour du 9 octobre 2026. amsat.org
Comment recevoir les images ?
Pour recevoir les images SSTV, plusieurs solutions sont possibles.
Un transceiver VHF/UHF relié à un ordinateur permet de décoder les transmissions avec un logiciel spécialisé.
Un récepteur SDR constitue également une solution particulièrement intéressante.
Pour les transmissions SSTV classiques, des logiciels comme MMSSTV ou QSSTV permettent de reconstruire les images reçues.
La réception nécessite toutefois de connaître les horaires de transmission, car la plupart de ces satellites n’émettent pas des images en permanence.
Les émissions SSTV de l’ISS sont particulièrement intéressantes pour débuter, notamment lors des événements organisés par ARISS.
6. QO-100 : le satellite géostationnaire radioamateur
QO-100, également connu sous le nom d’Es’hail-2, occupe une place particulière dans le monde des communications radioamateurs.
Contrairement aux satellites défilants, il reste pratiquement fixe dans le ciel pour un observateur terrestre.
Positionné à 25,9° Est, il permet des communications continues depuis une grande partie de l’Europe, de l’Afrique et d’une partie de l’Asie.
Il dispose de deux transpondeurs radioamateurs.
Transpondeur bande étroite
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Fréquence montante | 2400,000–2400,500 MHz |
| Fréquence descendante | 10489,500–10490,000 MHz |
| Modes | SSB, CW et modes numériques étroits |
| Polarisation montée | Circulaire droite (RHCP) |
| Polarisation descente | Verticale |
| Type | Transpondeur non inverseur |
Transpondeur bande large
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Bande montante publiée par AMSAT | 2401,500–2409,500 MHz |
| Bande descendante publiée par AMSAT | 10491,000–10499,000 MHz |
| Mode principal | DATV |
| Standards | DVB-S / DVB-S2 |
| Polarisation descente | Horizontale |
| Utilisation | Télévision numérique amateur |
Les limites et les fréquences d’exploitation doivent être vérifiées dans le plan de bande AMSAT-DL en vigueur.
Sources : AMSAT-DL – QO-100 et plan de bande DATV. AMSAT-Deutschland
Un satellite accessible en permanence
L’un des principaux avantages de QO-100 est l’absence de suivi orbital permanent.
Une fois l’antenne correctement orientée, il est possible de communiquer à tout moment.
En revanche, son utilisation nécessite un équipement spécifique fonctionnant sur les bandes 2,4 GHz et 10 GHz.
Pour la réception, une parabole associée à un LNB et à un récepteur SDR peut constituer une solution économique.
Important : les émissions FM ne sont pas autorisées sur le transpondeur bande étroite de QO-100. Il convient de respecter le plan de bande et les limitations de puissance définis par AMSAT-DL.
7. Les nouveaux satellites et les missions expérimentales
Le secteur des satellites radioamateurs évolue constamment.
De nouveaux CubeSats sont régulièrement placés en orbite par des universités, des associations et des organismes scientifiques.
Certaines missions proposent des fonctions expérimentales particulièrement intéressantes.
En octobre 2026, plusieurs satellites figurent encore dans les listes de tests de l’AMSAT.
| Satellite | Fréquences principales | Fonction expérimentale |
|---|---|---|
| RS83S | 435,500 MHz montée / 145,910 MHz descente | Répéteur FM en test |
| HADES-SA | 145,875 / 436,875 MHz | Communications numériques et voix CODEC2 |
| Lilium-4 | 145,825 MHz | APRS et répéteur FM en test |
| PARUS-6U1 | 145,825 MHz | APRS et transmission de données |
| CANVAS | 437,250 MHz | Digipeater AX.25 prévu après la phase scientifique |
Ces satellites ne doivent pas être considérés comme des répéteurs régulièrement disponibles tant que leur fonctionnement n’a pas été confirmé.
Source : AMSAT – Upcoming Satellites, mise à jour du 13 septembre 2026. amsat.org
8. Comment savoir si un satellite est réellement actif ?
Un satellite peut être présent dans les catalogues orbitaux sans que ses équipements radio soient encore opérationnels.
Il faut donc distinguer trois situations.
Satellite actif
Les transmissions sont régulièrement reçues et son fonctionnement est confirmé.
Satellite intermittent
Les équipements fonctionnent occasionnellement, suivant un calendrier ou les conditions d’alimentation.
Satellite uniquement présent en orbite
Le satellite est toujours suivi par les systèmes de surveillance spatiale, mais aucune transmission radio n’est nécessairement détectée.
Consulter les observations des radioamateurs
L’AMSAT propose un service permettant de consulter les comptes rendus des utilisateurs.
Les observations signalent notamment si le satellite est actif, si seule sa télémétrie est reçue ou si aucune émission n’a été entendue.
Le réseau SatNOGS permet également de consulter les observations réalisées par des stations de réception automatisées réparties dans le monde.
Ces informations sont particulièrement utiles avant de préparer une session de trafic.
Il faut toutefois garder à l’esprit qu’une absence de réception signalée ne prouve pas nécessairement qu’un satellite est définitivement hors service.
9. Quel équipement pour débuter ?
L’un des aspects les plus intéressants des communications par satellite est qu’il n’est pas indispensable de disposer d’une installation importante.
Pour les satellites FM
Un équipement de base peut comprendre :
- Un transceiver bibande VHF/UHF.
- Une antenne directive portable.
- Un logiciel de suivi orbital.
- Un moyen de corriger les fréquences pour compenser l’effet Doppler.
L’utilisation d’un transceiver full-duplex facilite considérablement les communications.
Pour les satellites SSB et CW
Il faut disposer d’un équipement capable de travailler en SSB sur les bandes concernées.
Deux transceivers ou une station satellite full-duplex peuvent être utilisés.
Des antennes directives à polarisation adaptée améliorent les résultats.
Pour les satellites numériques
Un simple récepteur SDR peut suffire pour découvrir les transmissions de télémétrie.
Selon le protocole utilisé, des logiciels spécialisés permettent de démoduler et de décoder les données.
Cette activité présente un intérêt pédagogique particulier pour les radioamateurs souhaitant découvrir le traitement numérique des signaux.
10. L’effet Doppler : un paramètre indispensable
Les satellites défilants se déplacent rapidement par rapport à une station terrestre.
Ce mouvement provoque une variation apparente de la fréquence reçue : c’est l’effet Doppler.
Sur la bande des 70 cm, cette variation peut atteindre plusieurs kilohertz au cours d’un passage.
Pour les communications FM, il est souvent nécessaire de modifier progressivement la fréquence de réception ou d’émission.
Pour les transpondeurs linéaires, une correction plus précise est recommandée.
Des logiciels comme Gpredict ou SatPC32 peuvent calculer ces corrections à partir des paramètres orbitaux et, avec un équipement compatible, piloter automatiquement les fréquences du transceiver.
La qualité des corrections dépend notamment de l’actualisation des données orbitales.
11. Préparer le passage d’un satellite
Pour établir un contact, il faut déterminer à quel moment le satellite sera visible depuis sa station.
Cette prévision repose sur les éléments orbitaux, généralement appelés TLE.
Un logiciel de suivi permet de connaître :
L’AOS (Acquisition of Signal) : moment où le satellite apparaît au-dessus de l’horizon radio.
Le LOS (Loss of Signal) : moment où le satellite disparaît sous l’horizon radio.
L’élévation maximale : hauteur angulaire atteinte pendant le passage.
L’azimut : direction vers laquelle orienter l’antenne.
Une élévation importante facilite généralement les communications, car la distance au satellite est plus faible et les obstacles terrestres sont moins gênants.
Les passages à faible élévation peuvent néanmoins permettre des liaisons à grande distance, à condition de disposer d’un horizon dégagé.
Pour les débutants, il est préférable de commencer par des passages présentant une élévation suffisante, par exemple supérieure à 30°.
12. Quelques conseils pour réussir ses premiers contacts
Les communications par satellite sont souvent très rapides.
Un passage peut ne durer que quelques minutes et de nombreuses stations peuvent essayer d’utiliser simultanément le répéteur.
Il convient donc d’adopter une procédure simple et efficace.
Avant d’émettre, il est préférable d’écouter le satellite pendant plusieurs passages afin de se familiariser avec son fonctionnement.
Lorsque le répéteur est occupé, les échanges doivent rester courts.
Un contact satellite comprend généralement l’échange des indicatifs et des QRA Locators, parfois accompagné d’un report.
Il est également important de limiter la puissance d’émission au niveau strictement nécessaire.
Un signal trop puissant n’améliore pas nécessairement la communication et peut perturber les autres utilisateurs du satellite.
Enfin, il faut éviter toute émission sur un satellite dont le répéteur n’est pas officiellement ouvert à l’utilisation.
13. Les ressources indispensables
Plusieurs services permettent de suivre l’activité des satellites radioamateurs et de retrouver leurs caractéristiques.
| Service | Utilité | Lien |
|---|---|---|
| AMSAT | Informations générales sur les satellites | amsat.org |
| AMSAT Satellite Status | Observations de fonctionnement | Satellite Status |
| AMSAT Satellite Database | Fréquences, modes et identifiants NORAD | satdb.amsat.org |
| AMSAT FM Satellites | Liste des répéteurs FM | Live FM Satellites |
| AMSAT Linear Satellites | Transpondeurs SSB et CW | Live Linear Satellites |
| AMSAT Digipeaters | Satellites APRS et numériques | Live Digipeater Satellites |
| AMSAT Image Satellites | Satellites SSTV et SSDV | Image Satellites |
| SatNOGS | Réseau mondial de réception | network.satnogs.org |
| SatNOGS DB | Base de données des satellites | db.satnogs.org |
| AMSAT-DL | Informations sur QO-100 | amsat-dl.org |
| JE9PEL | Liste détaillée des fréquences satellites | Satellite Frequency List |
| CelesTrak | Données orbitales | celestrak.org |
| Gpredict | Logiciel de suivi des satellites | gpredict.oz9aec.net |
| ARISS | Activités radioamateurs de l’ISS | ariss.org |
14. Conclusion
Les satellites radioamateurs constituent un domaine particulièrement riche de notre activité.
Qu’il s’agisse de réaliser ses premiers contacts avec un simple portatif, d’expérimenter la SSB sur un transpondeur linéaire, de décoder des données numériques ou de recevoir des images SSTV, les possibilités sont nombreuses.
Les progrès de l’électronique, des récepteurs SDR et des logiciels de suivi rendent aujourd’hui ces activités accessibles à un nombre croissant de radioamateurs.
Cependant, le parc satellitaire évolue rapidement. Certains satellites cessent de fonctionner, d’autres retrouvent temporairement une activité, tandis que de nouvelles missions sont régulièrement lancées.
Les tableaux présentés dans cet article constituent donc un inventaire de référence à actualiser régulièrement. Ils couvrent les principales missions de communication et de transmission d’images recensées par l’AMSAT, mais ne prétendent pas répertorier exhaustivement tous les CubeSats et satellites scientifiques émettant sur les bandes radioamateurs.
Pour préparer une communication, il reste indispensable de vérifier le statut du satellite, ses fréquences et les éventuelles restrictions d’utilisation.
Enfin, n’oublions pas que le trafic satellite repose sur une ressource commune et limitée : la courtoisie, la maîtrise de la puissance d’émission et le respect des procédures sont essentiels pour permettre à chacun de profiter de ces équipements exceptionnels.