GNU Radio 4 : pourquoi cette nouvelle génération pourrait changer nos SDR

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GNU Radio 4 : une nouvelle architecture pour nos SDR

Pour beaucoup de radioamateurs, GNU Radio est devenu l’un des outils incontournables du monde SDR. Il permet de construire virtuellement un récepteur, un démodulateur ou un analyseur de signaux simplement en assemblant des blocs de traitement.

Le principe est assez simple :

Antenne → SDR → échantillons I/Q → traitement numérique → audio ou données

Un bloc peut réaliser un filtrage, un changement de fréquence, une démodulation FM, un décodage numérique ou encore afficher un spectre. En reliant ces blocs, on constitue ce que GNU Radio appelle un flowgraph.

Cette approche permet aujourd’hui de réaliser des systèmes étonnamment complexes avec un simple ordinateur et un récepteur RTL-SDR, HackRF, PlutoSDR ou LimeSDR.

Alors pourquoi vouloir tout changer ?

GNU Radio 4 n’est pas simplement GNU Radio 3.11

C’est probablement le premier point à comprendre : GNU Radio 4 n’est pas une évolution ordinaire de GNU Radio 3.

Les développeurs parlent eux-mêmes d’une nouvelle fondation destinée au traitement numérique du signal moderne. GNU Radio 4 a d’ailleurs atteint son premier stade Release Candidate (RC1) en mars 2026. À ce stade, l’architecture centrale et le modèle d’exécution sont considérés comme suffisamment stabilisés pour préparer l’écosystème à la future version définitive.

Une grande partie du travail concerne quelque chose que l’utilisateur ne voit pratiquement jamais : le moteur qui fait fonctionner les blocs.

Pour comprendre son importance, imaginons une petite chaîne SDR :

SDR → filtre → AGC → démodulateur → filtre audio → haut-parleur

Chaque bloc reçoit des échantillons, effectue son calcul puis transmet les résultats au suivant.

GNU Radio doit donc constamment décider quel bloc doit travailler, quand il doit travailler et quelles données doivent lui être fournies.

C’est le rôle du scheduler, ou ordonnanceur.

GNU4 scheduler

 

Le scheduler : le chef d’orchestre invisible

Dans GNU Radio 3.x, le moteur d’exécution repose historiquement sur un fonctionnement largement basé sur un thread par bloc. Cette solution a longtemps donné d’excellents résultats, mais elle n’est pas forcément optimale pour toutes les architectures modernes.

Imaginez maintenant un flowgraph contenant 40 ou 50 blocs.

Créer et coordonner autant de traitements peut finir par représenter une charge non négligeable, particulièrement lorsque certains blocs n’effectuent que des opérations très rapides.

GNU Radio 4 change profondément cette philosophie.

Le scheduler : le chef d’orchestre invisible

GNU Radio 3.x et GNU Radio 4 : le flowgraph peut rester similaire, mais le moteur d’exécution de GR4 adopte une architecture beaucoup plus modulaire et flexible.

Son architecture rend notamment les schedulers modulaires. Plusieurs blocs peuvent également être exécutés dans un même thread. Le tutoriel officiel GR4 montre par exemple que le scheduler fourni peut fonctionner en mode monothread ou selon une approche multithread.

Autrement dit, GNU Radio peut disposer d’une organisation du travail beaucoup mieux adaptée au système utilisé.

Pourquoi cela intéresse-t-il le radioamateur ?

Parce que nos SDR deviennent de plus en plus gourmands.

Recevoir quelques centaines de kilohertz avec un RTL-SDR ne représente pas la même charge que traiter simultanément plusieurs dizaines de mégahertz, plusieurs canaux ou différents démodulateurs.

Et nos ordinateurs ont eux aussi changé.

Nous disposons maintenant de processeurs multicœurs, mais aussi de GPU et d’autres accélérateurs matériels capables d’effectuer certains calculs DSP extrêmement rapidement.

L’architecture de GNU Radio 4 a justement été pensée pour mieux prendre en compte ces architectures hétérogènes. La séparation entre les blocs, les buffers et le runtime doit notamment faciliter le déplacement et le traitement des données avec différents accélérateurs.

On peut alors imaginer une chaîne dans laquelle :

SDR → CPU → GPU → traitement DSP → décodage

sans que chaque bloc doive nécessairement gérer lui-même toute la complexité du transfert des données.

C’est une évolution importante : le flowgraph reste notre représentation logique du récepteur, tandis que l’infrastructure située dessous peut devenir beaucoup plus sophistiquée.

Et ce n’est que le début

GNU Radio 4 a également été conçu avec les architectures distribuées en tête. Un flowgraph pourrait ainsi être réparti entre plusieurs ressources ou plusieurs machines, plutôt que d’être obligatoirement exécuté sur un seul ordinateur.

Principe d’un SDR distribué

Principe d’un SDR distribué : l’architecture de GNU Radio 4 est conçue pour permettre de répartir les traitements entre différentes ressources de calcul plutôt que de tout concentrer sur une seule machine.

Ajoutons à cela l’intégration de SoapySDR, destinée à faciliter l’utilisation de nombreuses familles de matériels SDR derrière une couche d’abstraction commune.

On commence alors à comprendre pourquoi GNU Radio 4 représente beaucoup plus qu’un changement de numéro de version.

Pour nous radioamateurs, l’écran pourra finalement sembler assez familier : toujours une source SDR, des filtres, des démodulateurs et des blocs reliés entre eux.

Mais sous le capot, le moteur aura profondément changé.

Un même SDR… mais plus facile à intégrer

Une autre évolution intéressante concerne la relation entre GNU Radio et le matériel.

Nos stations utilisent aujourd’hui des équipements très différents : RTL-SDR, HackRF, LimeSDR, PlutoSDR, SDRplay et bien d’autres. Chacun possède ses pilotes, ses particularités et ses paramètres.

GNU Radio 4 intègre SoapySDR, une couche d’abstraction permettant à GNU Radio de dialoguer avec de nombreuses familles de SDR à travers une interface plus homogène. L’objectif est de mieux séparer deux éléments :

le matériel qui fournit les échantillons I/Q
et
le flowgraph qui les traite.

Cette séparation facilite notamment le remplacement d’une source réelle par des données enregistrées ou simulées pendant la mise au point. C’est particulièrement intéressant lorsque l’on développe un décodeur ou que l’on veut reproduire exactement les mêmes conditions de test.

Attention cependant : SoapySDR existait déjà dans GNU Radio 3.10. La nouveauté de GR4 réside surtout dans son intégration à la nouvelle architecture et à son nouveau modèle d’exécution.

Et GNU Radio Companion ?

C’est probablement la question que beaucoup se poseront :

faudra-t-il programmer en C++ pour utiliser GNU Radio 4 ?

L’environnement graphique reste bien dans les préoccupations du projet. En mai 2026, l’équipe GNU Radio indiquait que GNU Radio Studio était le candidat actuel pour offrir une expérience comparable à GNU Radio Companion.

L’objectif reste donc de conserver ce qui fait une grande partie de l’intérêt de GNU Radio : construire graphiquement un système DSP en reliant des blocs.

Mais cette partie de l’écosystème GR4 est encore en évolution. GNU Radio travaille notamment sur les interfaces graphiques, la documentation, les exemples, le packaging et la simplification de l’installation.

Faut-il installer GNU Radio 4 maintenant ?

Pour expérimenter, certainement.

Pour remplacer immédiatement une installation GNU Radio 3 parfaitement fonctionnelle, probablement pas.

GNU Radio 4 a atteint le stade RC1 en mars 2026. Son architecture centrale est désormais considérée comme stable et les développeurs indiquent que les changements après RC1 devraient essentiellement compléter l’écosystème plutôt que bouleverser les API fondamentales.

Mais il reste encore un travail important : porter des blocs GNU Radio 3, compléter les interfaces matérielles, améliorer la documentation et développer les outils qui entoureront la version définitive.

Il faut donc considérer GR4 comme une technologie désormais suffisamment mature pour être expérimentée, mais dont l’écosystème n’a pas encore la richesse accumulée pendant des années par GNU Radio 3.

Ce qu’il faut retenir

La véritable révolution de GNU Radio 4 ne sera probablement pas immédiatement visible à l’écran.

Nous continuerons à raisonner avec une antenne, un SDR, des échantillons I/Q, des filtres, des démodulateurs et des décodeurs.

Ce qui change profondément se trouve sous le capot.

GNU Radio 4 apporte une architecture moderne et modulaire capable de mieux exploiter les processeurs multicœurs, les accélérateurs matériels et, à terme, les systèmes distribués. Le projet veut permettre à un même concept de traitement DSP de fonctionner depuis un système embarqué jusqu’à une architecture beaucoup plus puissante.

Pour nous radioamateurs, cela pourrait ouvrir la porte à des projets SDR plus ambitieux : récepteurs multicanaux, surveillance de larges portions de spectre, stations satellites automatisées, traitements numériques complexes ou applications associant SDR et intelligence artificielle.

GNU Radio 4 ne change donc pas seulement notre manière de construire un flowgraph.

Il prépare surtout la manière dont nos SDR pourront fonctionner demain.

Liens et ressources utiles

Pour suivre l’évolution de GNU Radio 4 et approfondir les notions abordées dans cet article, privilégiez les ressources officielles du projet :

  • GNU Radio – site officiel : actualités, annonces et évolution du projet.
    GNU Radio
  • GNU Radio 4 – Release Candidate 1 : présentation des nouveautés de GR4, de son architecture, de SoapySDR et des améliorations de performances.
    Découvrir GNU Radio 4 RC1
  • Documentation GNU Radio : guides, installation, tutoriels et documentation destinée aux utilisateurs comme aux développeurs.
    Documentation GNU Radio
  • GR4 – état du projet : informations sur la gouvernance, le développement et la route vers GNU Radio 4.0.
    GNU Radio 4 : Road to 4.0

Ces ressources permettront également de vérifier les évolutions de GR4 au fur et à mesure de sa stabilisation.

Nos 70 cm convoités par les satellites commerciaux : faut-il s’inquiéter ?

Nos 70cm convoités

La bande des 70 cm, de 430 à 440 MHz, est depuis longtemps un formidable terrain d’expérimentation pour les radioamateurs. Relais, liaisons locales, modes numériques, ATV, signaux faibles et surtout satellites : ces dix mégahertz sont loin d’être inutilisés.

Mais voilà que des satellites commerciaux commencent eux aussi à regarder du côté de nos fréquences. L’affaire AST SpaceMobile en est une illustration particulièrement intéressante. Faut-il craindre de voir progressivement les radioamateurs chassés de leurs 70 cm ?

À qui appartient vraiment la bande 430–440 MHz ?

Première précision : une fréquence radio n’« appartient » pas à ses utilisateurs.

Le spectre est organisé internationalement par l’UIT, puis décliné dans les réglementations nationales. La France appartient à la Région 1 de l’UIT, où 430–440 MHz constitue une bande importante pour le service amateur. La réglementation française est ensuite précisée par le Tableau national de répartition des bandes de fréquences (TNRBF) publié par l’ANFR.

À l’intérieur de cette bande, 435–438 MHz est également particulièrement importante pour le service amateur par satellite.

C’est précisément ce qui rend l’affaire actuelle intéressante : un satellite commercial n’est évidemment pas un satellite du service amateur.

À qui appartient vraiment la bande 430–440 MHz ?

AST SpaceMobile entre dans la bande

AST SpaceMobile développe une constellation de satellites en orbite basse destinée notamment à permettre des communications directes avec des téléphones mobiles.

Mais un satellite doit également communiquer avec ses stations de contrôle. Il faut transmettre sa télémétrie, connaître sa position et pouvoir lui envoyer des commandes : ce sont les fonctions TT&C — Telemetry, Tracking and Command.

AST a utilisé cinq fréquences situées en plein dans les 70 cm :

430,500 – 432,300 – 434,100 – 435,900 – 439,500 MHz.

Les satellites BlueBird utilisent des émissions GFSK d’environ 50 kHz de largeur. Le prototype BlueWalker 3 avait également émis sur 437,500 MHz.

L’affaire a pris une tout autre dimension lorsque l’entreprise a demandé que cette possibilité soit étendue à une constellation pouvant atteindre 248 satellites.

Pourquoi cela pose-t-il problème ?

On pourrait objecter qu’un satellite transmettant quelques données pendant quelques instants ne va pas bouleverser toute une bande de 10 MHz.

Mais une émission depuis l’espace possède une caractéristique redoutable : elle est visible sur une immense superficie.

Un émetteur terrestre de faible puissance sur 435 MHz ne porte généralement que sur une zone limitée. À plusieurs centaines de kilomètres d’altitude, le même principe devient très différent : des milliers de stations peuvent se trouver simultanément dans l’empreinte radio du satellite.

Or certaines activités radioamateurs recherchent des signaux extrêmement faibles.

Un opérateur suivant un CubeSat sur 435–438 MHz, une station travaillant en EME ou un amateur observant une portion de spectre avec un SDR peut recevoir un signal commercial considérablement plus puissant que le signal qu’il cherche à décoder.

Avec quelques satellites, le phénomène reste occasionnel. Avec des centaines de satellites, la question devient beaucoup plus sérieuse.

Pourquoi cela pose-t-il problème ?

Une mobilisation qui a porté ses fruits

L’ARRL, l’IARU, l’AMSAT et de nombreux radioamateurs se sont opposés à une utilisation généralisée de 430–440 MHz par la constellation. Plus de 2 500 contributions ont été adressées à la FCC.

Et cette mobilisation a eu un effet concret.

Le 21 avril 2026, la FCC a accordé une autorisation beaucoup plus restrictive que celle initialement envisagée. AST SpaceMobile peut utiliser les cinq canaux de 50 kHz pour ses 248 satellites uniquement pour des opérations TT&C d’urgence, lorsque les autres fréquences ne sont pas disponibles.

Chaque situation d’urgence est limitée à 24 heures et l’autorisation concerne des communications avec cinq stations terrestres déterminées, situées hors des États-Unis. Les administrations des pays concernés doivent en outre autoriser ces communications.

Autrement dit, AST SpaceMobile n’a pas obtenu un accès commercial permanent à nos 70 cm.

Alors, pourquoi rester vigilant ?

Parce que le véritable enjeu dépasse largement AST SpaceMobile.

L’IARU conteste notamment le recours à l’article 4.4 du Règlement des radiocommunications de l’UIT, qui permet sous certaines conditions d’autoriser une utilisation non conforme au tableau international d’attribution des fréquences, à condition de ne pas provoquer de brouillage préjudiciable.

Le problème est donc celui du précédent.

Aujourd’hui, cinq canaux utilisés exceptionnellement. Demain, d’autres constellations pourraient-elles réclamer des dispositions comparables ?

Avec la multiplication des satellites en orbite basse, les fréquences utilisables pour leurs communications deviennent une ressource extrêmement recherchée.

Faut-il donc s’inquiéter pour nos 70 cm ?

Pas de panique : personne ne vient actuellement supprimer la bande 430–440 MHz aux radioamateurs français.

Mais l’affaire AST SpaceMobile constitue un avertissement particulièrement instructif. Les fréquences radio sont une ressource limitée et les bandes dont disposent les radioamateurs peuvent susciter l’intérêt d’autres utilisateurs.

L’épisode montre également que les interventions de l’IARU, des associations nationales, de l’AMSAT et des radioamateurs peuvent réellement peser dans les décisions réglementaires.

Il existe enfin une excellente manière de défendre nos fréquences : les utiliser.

Une bande active, expérimentée, mesurée, documentée et techniquement utile est beaucoup plus facile à défendre qu’une portion de spectre silencieuse.

Liens et ressources utiles

  • ANFR — Tableau national de répartition des bandes de fréquences (TNRBF) : c’est la référence pour connaître les attributions françaises. La version consolidée du 26 mai 2026 est actuellement proposée par l’ANFR.
    Consulter le TNRBF sur le site de l’ANFR
  • ANFR — Tableau détaillé des fréquences : particulièrement intéressant pour vérifier 430–440 MHz. Il montre notamment les différentes attributions françaises et la présence du service amateur par satellite dans 435–438 MHz.
    Consulter le tableau des fréquences ANFR
  • IARU Région 1 — Position sur AST SpaceMobile : c’est probablement le document le plus pertinent pour votre article, car il expose directement les inquiétudes du monde radioamateur concernant l’utilisation de 430–440 MHz par la constellation.
    IARU Région 1 — AST SpaceMobile et 430–440 MHz
  • ARRL — Opposition à l’utilisation commerciale des 70 cm : l’ARRL détaille la demande d’AST SpaceMobile et les raisons techniques de son opposition.
    ARRL — Protecting the 70-centimeter amateur band
  • FCC — décision d’avril 2026 : c’est la source réglementaire américaine à consulter pour connaître précisément les limitations finalement imposées à AST SpaceMobile.
    FCC — décision DA 26-391

LinHT : et si le prochain talkie-walkie radioamateur était entièrement open source ?

LinHT

Nos talkies-walkies modernes ont énormément progressé. FM, DMR, D-Star, C4FM, GPS, Bluetooth… ils embarquent parfois une électronique impressionnante. Pourtant, leur fonctionnement reste généralement déterminé par le constructeur : on peut programmer des fréquences, des mémoires et quelques paramètres, mais certainement pas réinventer le fonctionnement de la radio.

LinHT propose une approche radicalement différente.

Imaginez un portatif UHF contenant un véritable ordinateur Linux, capable d’exécuter GNU Radio et associé à un frontal RF fournissant directement les signaux I/Q. Le mode radio n’est alors plus nécessairement figé dans l’électronique : une partie importante du fonctionnement du poste devient… du logiciel.

C’est précisément l’idée derrière LinHT, pour Linux Handheld Transceiver.

LinHT, c’est quoi exactement ?

LinHT est un projet de talkie-walkie SDR open source développé par des membres de la communauté M17. Il succède au projet OpenHT avec un objectif clairement affiché : réaliser une plateforme radio portable ouverte, modifiable et suffisamment accessible pour permettre l’expérimentation.

Le projet ne part d’ailleurs pas complètement de zéro. Les prototypes actuels utilisent le boîtier d’un Retevis C62 ainsi que plusieurs de ses éléments mécaniques : écran, boutons latéraux, connecteur SMA, prises audio, encodeur et diverses pièces du châssis.

Mais la carte électronique principale est remplacée par celle du LinHT.

Attention toutefois : en 2026, LinHT reste un projet expérimental. Il ne s’agit pas encore d’un talkie que l’on commande pour l’utiliser le lendemain.

À l’intérieur : un véritable ordinateur Linux

Schema LinHT

Le cœur du LinHT n’est pas un petit microcontrôleur comme on pourrait l’imaginer dans un talkie classique.

Il utilise un module informatique basé sur un NXP i.MX93, avec deux cœurs ARM Cortex-A55 cadencés jusqu’à 1,7 GHz, auxquels s’ajoute un Cortex-M33. La configuration actuelle dispose de 2 Go de mémoire LPDDR4 et 32 Go d’eMMC.

Autrement dit, nous sommes beaucoup plus proches d’un petit ordinateur embarqué que d’un poste radio traditionnel.

Le système fonctionne sous Linux, construit avec Yocto, et peut notamment exécuter Python, des outils de développement et surtout GNU Radio.

L’architecture peut être résumée ainsi :

Antenne → frontal RF → signaux I/Q → Linux → GNU Radio → traitement du mode radio

Et détail intéressant : les concepteurs ont choisi de réaliser cette architecture sans FPGA dans la chaîne de traitement.

Le SX1255 : quand le talkie devient SDR

Pour comprendre l’intérêt de LinHT, il faut regarder le composant situé entre l’antenne et l’ordinateur : le Semtech SX1255.

Celui-ci constitue le frontal RF Direct-IQ du poste.

Dans une radio conventionnelle, une grande partie des fonctions de réception et de modulation est assurée par des circuits électroniques spécialisés. Avec LinHT, le SX1255 fournit au système les composantes I et Q du signal.

Sans entrer trop profondément dans les mathématiques, ces deux signaux permettent de conserver les informations d’amplitude et de phase nécessaires au traitement numérique.

Le logiciel peut ensuite filtrer, démoduler ou décoder le signal.

C’est là toute la différence :

le matériel reçoit le signal ; le logiciel décide en grande partie quoi en faire.

La version actuelle reste cependant UHF uniquement et travaille avec une largeur de bande I/Q pouvant atteindre environ 500 kHz.

GNU Radio directement dans le talkie

C’est probablement la partie la plus séduisante du projet pour l’expérimentateur.

LinHT peut exécuter GNU Radio directement à bord.

On peut donc construire une chaîne de réception ressemblant conceptuellement à :

RF → I/Q → filtrage → démodulation → décodage → audio

et réaliser le chemin inverse en émission.

Le projet a naturellement beaucoup travaillé sur M17, protocole numérique vocal open source destiné aux radioamateurs. Dès novembre 2025, LinHT fonctionnait déjà comme un véritable transceiver M17 autonome.

Mais l’architecture ne se limite pas théoriquement à un seul mode. La documentation actuelle mentionne notamment FM, SSB, M17 et différents modes numériques expérimentaux, tandis que des essais de réception TETRA ont également été réalisés.

Un talkie peut ainsi devenir une véritable plateforme portable d’expérimentation SDR.

Et côté puissance ?

Un SDR expérimental capable de décoder des signaux sur une table de laboratoire est une chose. Un véritable talkie capable d’émettre plusieurs watts en est une autre.

La Rev B a justement permis de franchir cette étape.

Elle intègre un amplificateur RF GRF5604. Les essais ont mesuré environ 4,5 W en CW et autour de 3,5 W lors d’un essai M17.

Les concepteurs ont également validé la commutation émission/réception ainsi que deux atténuateurs RF programmables destinés notamment à éviter la saturation du récepteur.

LinHT commence donc réellement à ressembler à un portatif utilisable sur l’air.

Open source… jusqu’au circuit imprimé

L’intérêt du projet ne se limite pas à Linux.

La documentation matérielle est publiée : schémas électroniques, fichiers KiCad, PCB, nomenclature et données nécessaires à la fabrication sont accessibles.

On peut donc étudier le fonctionnement du poste, modifier son électronique et développer ses propres logiciels ou chaînes GNU Radio.

Il faut néanmoins apporter une nuance au terme « open source » : les fichiers matériels sont actuellement distribués sous licence CC BY-NC-SA 4.0, qui comporte notamment une restriction concernant l’utilisation commerciale.

Peut-on déjà construire son LinHT ?

Techniquement, un expérimentateur très bien équipé peut étudier le projet et envisager sa réalisation.

Mais nous sommes encore loin d’un kit à monter tranquillement un dimanche après-midi.

La Rev B a été fabriquée et testée et a permis de valider une grande partie de l’architecture. Plusieurs problèmes ont néanmoins été identifiés, notamment autour du GNSS, de certaines commandes matérielles et de l’intégration audio.

Ces enseignements servent maintenant au développement de la Rev C, qui devra elle-même être fabriquée et mesurée avant que ses performances puissent être considérées comme acquises.

Et si c’était cela, le talkie de demain ?

LinHT est finalement intéressant au-delà du projet lui-même.

Depuis des décennies, nous utilisons des postes dont le constructeur définit les possibilités. LinHT inverse en partie cette logique : le matériel devient une plateforme sur laquelle le radioamateur peut expérimenter.

Linux, GNU Radio, SDR, matériel documenté et logiciels modifiables réunis dans un appareil tenant dans la main…

Après les talkies que l’on pouvait simplement programmer, voici peut-être venir une nouvelle génération : des talkies que l’on pourra véritablement transformer.

Reste maintenant à voir si LinHT restera un formidable terrain de jeu pour quelques passionnés… ou s’il préfigure réellement le talkie-walkie radioamateur de demain.

Pour aller plus loin

Vous souhaitez suivre le développement de LinHT, consulter ses schémas ou découvrir plus en détail son architecture ? Voici les principales ressources officielles du projet.

  • Documentation matérielle LinHT : schémas, fichiers KiCad, Gerber, nomenclature et modèles 3D.
    linux-radio.eu
  • M17 Project : site de la communauté à l’origine de LinHT et du protocole numérique M17.
    m17project.org
  • Actualités LinHT : essais des prototypes et évolution des différentes révisions matérielles.
    Actualités LinHT
  • Architecture interne de LinHT : présentation détaillée du SX1255, de l’i.MX93, de Linux et de GNU Radio.
    Comprendre le fonctionnement de LinHT
  • Sources matérielles : fichiers de conception du circuit imprimé.
    Dépôt LinHT-hw sur GitHub

LinHT évoluant rapidement, privilégiez ces sources officielles pour disposer des informations les plus récentes.

Après le SDR, voici l’IA-Radio : demain, notre récepteur saura-t-il reconnaître tout seul ce qu’il reçoit ?

IA et SDR

L’intelligence artificielle arrive dans l’univers radioamateur et pourrait bien transformer nos récepteurs SDR. Après avoir révolutionné notre manière d’observer et de décoder le spectre radio, le Software Defined Radio (SDR) pourrait franchir une nouvelle étape grâce à l’IA : reconnaître automatiquement les modulations, identifier certains signaux radio et détecter des interférences. Une évolution aujourd’hui explorée par Radio-FM, un modèle d’intelligence artificielle spécialement entraîné pour analyser directement les signaux radio.

Mais une étape supplémentaire est peut-être en train d’être franchie.

Et si notre récepteur était capable de regarder lui-même le spectre et de nous dire : « Ici, je détecte tel type de modulation ; là, probablement telle technologie ; et ce signal ressemble à une interférence » ?

C’est précisément le domaine exploré par Radio-FM, un nouveau modèle d’intelligence artificielle présenté début août 2026.

Du SDR à la radio « intelligente »

Un SDR transforme une grande partie des fonctions autrefois réalisées par des circuits électroniques en traitements logiciels.

Filtrage, démodulation, largeur de bande, affichage du spectre : tout ou presque peut être réalisé numériquement.

Mais l’opérateur reste généralement celui qui interprète ce qu’il voit.

Devant un waterfall, un radioamateur expérimenté reconnaît rapidement certains signaux. Une porteuse CW est assez caractéristique, tout comme le FT8, la SSB ou différentes transmissions numériques.

L’idée de l’IA-Radio consiste à automatiser une partie de cette analyse.

L’intelligence artificielle ne se contenterait plus de regarder une image du waterfall : elle pourrait travailler directement sur les échantillons I/Q, c’est-à-dire sur les données numériques brutes produites par le récepteur SDR.

Radio-FM : une IA entraînée à comprendre les signaux

Présenté le 6 août 2026 par une équipe de chercheurs, Radio-FM est ce que l’on appelle un foundation model, ou modèle de fondation, spécialisé dans les signaux radio.

Le principe rappelle, dans une certaine mesure, celui des grands modèles utilisés pour le langage ou les images : plutôt que d’entraîner une intelligence artificielle pour une seule tâche extrêmement précise, on cherche à créer un modèle général capable d’apprendre une représentation du monde radio.

Radio-FM a été pré-entraîné à partir de 15 jeux de données couvrant différents domaines : modulations, communications, radars et identification de signaux.

Les chercheurs l’ont ensuite évalué sur 15 bancs d’essai différents.

Selon leurs résultats, Radio-FM atteint les meilleures performances sur 13 des 15 tests, notamment pour la reconnaissance de modulation, l’identification d’émetteurs, la reconnaissance de technologies radio, de radars et d’interférences.

Que pourrait en faire un radioamateur ?

Imaginons maintenant cette technologie intégrée dans un logiciel SDR.

Nous balayons une bande et plusieurs signaux apparaissent.

Aujourd’hui, nous devons les reconnaître nous-mêmes ou utiliser des logiciels spécialisés. Demain, l’IA pourrait potentiellement analyser automatiquement les signaux présents et afficher une estimation :

CW – forte probabilité
modulation numérique – identification probable
signal inconnu – analyse nécessaire

Le principe pourrait aller beaucoup plus loin.

Une IA entraînée spécifiquement sur les bandes radioamateurs pourrait théoriquement apprendre à distinguer de nombreuses familles de signaux et aider l’opérateur à repérer rapidement une activité intéressante dans plusieurs mégahertz de spectre.

On pourrait également imaginer des fonctions de détection automatique d’interférences ou d’identification de signaux inhabituels.

Attention toutefois : Radio-FM n’est pas aujourd’hui un plugin que l’on installe dans SDR++ ou SDR# pour reconnaître automatiquement FT8, RTTY ou FreeDV.

Il s’agit avant tout d’un travail de recherche démontrant les possibilités d’un modèle général appliqué aux signaux radio.

Reconnaître même avec peu d’exemples

Un autre aspect intéressant concerne la capacité d’apprentissage avec relativement peu de données.

Les auteurs indiquent que Radio-FM obtient de bons résultats en few-shot learning : le modèle peut s’adapter à certaines nouvelles tâches avec un nombre limité d’exemples.

C’est important pour le monde radio.

Il existe énormément de modulations, protocoles, conditions de propagation, niveaux de bruit et situations d’interférences.

Il serait pratiquement impossible de disposer de millions d’enregistrements correctement étiquetés pour chacune d’entre elles.

Un modèle capable de généraliser à partir d’un nombre limité d’exemples devient donc beaucoup plus intéressant.

Et pourquoi pas un récepteur entièrement basé sur l’IA ?

D’autres recherches vont encore plus loin.

En juillet 2026, des chercheurs ont présenté FM-Receiver, un concept de récepteur dans lequel un modèle d’IA prend directement les signaux reçus en entrée pour produire les bits transmis en sortie. Les essais décrits sont réalisés en simulation, mais ils montrent jusqu’où pourrait aller le concept de récepteur « AI-native ».

Nous passerions alors progressivement du :

Software Defined Radio

au :

AI Defined Radio.

Le logiciel ne se contenterait plus d’exécuter les traitements choisis par l’opérateur. Il participerait lui-même à l’interprétation du signal.

L’opérateur ne va pas disparaître

Il ne faut cependant pas imaginer que notre prochain transceiver identifiera infailliblement tout ce qui traverse l’antenne.

Une intelligence artificielle peut se tromper. Le bruit, le fading, les signaux faibles, les brouillages ou des modulations très proches peuvent compliquer considérablement l’identification.

Pour le radioamateur, l’intérêt serait plutôt de disposer d’un nouvel outil d’assistance.

Après le waterfall, le décodage numérique automatique et les logiciels capables de surveiller plusieurs fréquences simultanément, l’intelligence artificielle pourrait devenir une nouvelle couche d’analyse.

Le récepteur ne nous montrerait plus seulement qu’un signal est présent.

Il pourrait également commencer à nous expliquer ce qu’il pense avoir reçu.

Et pour les amateurs de SDR et d’expérimentation numérique, voilà certainement un domaine qu’il faudra suivre de très près.

Liens utiles pour aller plus loin

Pour approfondir l’intelligence artificielle appliquée aux signaux radio, vous pouvez consulter la publication scientifique Radio-FM, à l’origine de cet article. Les lecteurs souhaitant expérimenter pourront également découvrir les jeux de données RadioML de DeepSig, utilisés dans la recherche sur la reconnaissance des modulations, ainsi que SigMF, un format ouvert permettant de stocker et documenter des enregistrements de signaux radio I/Q.

Après QO-100 : à quoi pourrait ressembler son successeur ?

QO-100 - Future GEO

Depuis sa mise en service en 2019, Qatar OSCAR-100 (QO-100) a profondément changé la pratique du satellite chez les radioamateurs. Pour la première fois, nous disposons d’un transpondeur radioamateur en orbite géostationnaire, accessible 24 heures sur 24 sur une immense zone géographique.

Avec une parabole, un LNB et quelques watts en 2,4 GHz, il est aujourd’hui possible de réaliser des contacts à plusieurs milliers de kilomètres en SSB, CW, modes numériques ou DATV.

Mais QO-100 ne sera évidemment pas éternel. Et dans le domaine spatial, préparer une nouvelle mission demande des années.

C’est pourquoi AMSAT-DL réfléchit déjà à l’après QO-100, dans le cadre d’une étude menée avec l’Agence spatiale européenne (ESA). Le projet porte un nom : futureGEO.

Pourquoi préparer maintenant l’après QO-100 ?

Il n’est absolument pas question d’enterrer QO-100. Lors du workshop futureGEO organisé à Friedrichshafen en juin 2026, une durée de fonctionnement encore importante d’Es’hail-2 a été évoquée.

Mais concevoir une nouvelle charge utile, choisir les technologies, obtenir les fréquences, trouver des partenaires puis surtout une opportunité de lancement peut prendre de nombreuses années.

Depuis janvier 2025, AMSAT-DL travaille ainsi dans le cadre du programme ARTES Future Preparation de l’ESA sur une étude baptisée Future Amateur Geostationary Payload Definition.

L’objectif est de déterminer ce que pourrait devenir la prochaine génération de charge utile radioamateur géostationnaire.

Trois grandes pistes sont actuellement étudiées.

Enhanced QO-100+ : améliorer ce qui fonctionne déjà

La première solution serait la plus proche de notre QO-100 actuel.

Baptisée provisoirement Enhanced QO-100+, elle conserverait le principe des transpondeurs classiques : le satellite reçoit nos émissions et les retransmet vers la Terre.

Nous pourrions ainsi retrouver un transpondeur bande étroite destiné à la SSB, CW et aux modes numériques ainsi qu’un transpondeur large bande pour la DATV.

Mais cette nouvelle génération pourrait apporter plusieurs améliorations : nouvelles balises, plusieurs bandes de fréquences, transmission de textes et d’images ou encore fonctions destinées aux communications d’urgence.

Cette solution aurait un avantage évident : nous savons déjà que le concept QO-100 fonctionne remarquablement bien.

Digital Innovation Lab : un SDR dans l’espace

La deuxième proposition est beaucoup plus ambitieuse.

Avec le Digital Innovation Lab, il ne serait plus simplement question de placer un relais dans l’espace. La charge utile disposerait d’importantes capacités de traitement numérique du signal.

Nous entrerions alors véritablement dans le domaine du SDR — Software Defined Radio — spatial.

Contrairement à un transpondeur classique qui retransmet essentiellement ce qu’il reçoit, une plateforme numérique pourrait traiter les signaux à bord et permettre d’expérimenter de nouvelles modulations ou de nouveaux protocoles.

On peut alors imaginer un véritable laboratoire radioamateur géostationnaire, permettant de tester de nouvelles technologies sans devoir construire un nouveau satellite pour chaque expérimentation.

C’est probablement l’idée la plus révolutionnaire de futureGEO : certaines fonctions pourraient évoluer grâce au logiciel alors que le satellite serait déjà en orbite.

High Frequency Pathfinder : explorer encore plus haut

La troisième proposition regarde encore plus loin.

Le High Frequency Pathfinder serait notamment destiné à explorer les communications dans les bandes millimétriques (mmWave).

Pour les expérimentateurs radioamateurs, ce serait un formidable terrain de jeu : nouvelles antennes, propagation sur les très hautes fréquences, balises expérimentales, mesures scientifiques et nouvelles techniques de transmission.

Nous serions alors bien au-delà d’un simple « QO-100 amélioré ».

Le satellite deviendrait également une plateforme d’expérimentation hyperfréquence.

Trois visions pour le futur

Ces trois concepts représentent finalement trois philosophies différentes.

Enhanced QO-100+ privilégie la continuité en améliorant une formule éprouvée.

Digital Innovation Lab transforme le satellite en plateforme SDR évolutive et expérimentale.

High Frequency Pathfinder ouvre la porte aux expérimentations sur les bandes millimétriques et aux technologies radio de demain.

La future solution pourrait d’ailleurs combiner plusieurs de ces idées.

Il faut cependant rester prudent : futureGEO n’est pas encore un satellite dont le lancement serait programmé. Nous sommes actuellement dans une phase d’étude et de définition des besoins.

QO-100 n’était peut-être que le début

QO-100 a démontré qu’un satellite géostationnaire radioamateur pouvait devenir un formidable outil de communication et d’expérimentation.

Sept ans après son lancement, nous nous sommes presque habitués à pouvoir utiliser depuis notre jardin un transpondeur situé à près de 36 000 km au-dessus de la Terre.

La question n’est donc peut-être plus seulement de savoir comment remplacer QO-100.

Elle devient plutôt :

que pourrions-nous faire de mieux la prochaine fois ?

Avec QO-100+, le Digital Innovation Lab et le High Frequency Pathfinder, les premières réponses commencent à apparaître.

Le successeur de QO-100 pourrait ainsi ne plus être seulement un relais radioamateur, mais devenir un véritable laboratoire radio dans l’espace accessible depuis nos stations.

Une évolution que nous suivrons évidemment avec beaucoup d’intérêt.

HAMgpt : quand l’intelligence artificielle se met au service des radioamateurs

HamGPT

L’intelligence artificielle s’installe progressivement dans de nombreux domaines techniques et le radioamateurisme n’échappe pas à cette évolution. Après les assistants généralistes comme ChatGPT, voici HAMgpt, une intelligence artificielle développée spécifiquement pour les radioamateurs.

Lancé en 2026, HAMgpt se présente comme un « Personal AI Copilot for Amateur Radio », autrement dit un copilote intelligent destiné à accompagner l’opérateur dans ses activités radio.

Propagation, DX, satellites, relais, antennes, calculs ou théorie de la radioélectricité : son champ d’utilisation est particulièrement vaste.

Un assistant adapté au radioamateur

L’un des intérêts de HAMgpt est sa capacité à tenir compte du contexte de l’utilisateur : indicatif, pays, localisation, classe de licence et certains éléments concernant sa station.

Cette personnalisation permet de poser des questions très concrètes.

Au lieu de demander simplement :

« Quelle bande utiliser pour faire du DX ? »

on peut demander :

« Depuis ma position, quelle bande semble actuellement la plus favorable pour contacter l’Amérique du Nord ? »

HAMgpt peut alors associer les connaissances de l’intelligence artificielle aux données disponibles concernant les conditions de propagation et l’activité radio.

Propagation, DX, POTA et SOTA

La propagation constitue naturellement l’un de ses domaines de prédilection.

Les possibilités de liaison dépendent de nombreux paramètres : heure, saison, activité solaire, état de l’ionosphère, fréquence et distance à parcourir.

HAMgpt peut aider l’opérateur à interpréter ces informations et à choisir une bande présentant de bonnes probabilités d’ouverture vers une région donnée.

L’assistant s’intéresse également au DX et aux activités populaires comme le POTA (Parks On The Air) et le SOTA (Summits On The Air).

L’intérêt est évident : plutôt que de consulter plusieurs services, l’opérateur peut demander à l’intelligence artificielle de synthétiser les informations utiles.

Cela ne dispense évidemment pas d’écouter les bandes ou de consulter WSPR, PSK Reporter et les différents clusters DX pour constater ce qui se passe réellement.

Satellites et relais VHF/UHF

HAMgpt peut également fournir des informations concernant les passages de satellites radioamateurs en fonction de la localisation de l’opérateur.

Même principe pour les relais : il peut rechercher les relais VHF et UHF à proximité (uniquement USA !), avec leurs principales caractéristiques : fréquence, décalage émission/réception et tonalités d’accès.

Une fonction particulièrement intéressante pour le radioamateur en déplacement.

HAMgpt sait aussi parler technique

Il serait cependant réducteur de présenter HAMgpt uniquement comme un outil consacré à la propagation, aux satellites et aux relais.

On peut également lui soumettre des questions techniques de radioélectricité.

Il est ainsi possible de l’interroger sur le fonctionnement d’un dipôle, d’une verticale ou d’une Yagi, mais aussi sur la résonance, les circuits RLC, le gain, les décibels ou l’adaptation d’impédance.

Quelques exemples :

« Pourquoi un dipôle demi-onde mesure-t-il réellement un peu moins de λ/2 ? »

« Pourquoi une antenne verticale quart d’onde nécessite-t-elle des radians ? »

« Quelle est la différence entre gain, directivité et rendement d’une antenne ? »

HAMgpt peut ainsi devenir un outil pédagogique pour approfondir certaines notions de radioélectricité.

ROS, impédance et lignes de transmission

Les problèmes d’adaptation peuvent également lui être soumis.

HAMgpt peut expliquer le ROS/SWR, le coefficient de réflexion ou les notions de résistance, de réactance et d’impédance complexe.

On pourrait par exemple lui demander :

« Mon antenne présente une impédance de 25 + j30 Ω sur une ligne de 50 Ω. Que signifie cette mesure ? »

L’assistant pourra expliquer la partie résistive et la réactance inductive, puis éventuellement effectuer les calculs correspondants.

Pertes dans les câbles coaxiaux, coefficient de vélocité, longueur électrique, transformateurs quart d’onde, stubs, baluns, ununs et chokes font également partie des sujets que l’on peut aborder.

HAMgpt peut aussi apporter une aide au dépannage en suggérant différentes causes possibles face à un ROS anormal ou à une installation qui ne fonctionne plus correctement.

Où trouver HAMgpt et dans quelle langue lui parler ?

HAMgpt est accessible directement sur son site Internet :

HAMgpt : https://hamgpt.co/

Une démonstration est accessible depuis la page d’accueil et il est possible de créer un compte gratuit pour utiliser plus complètement le service.

L’interface et la présentation du site sont principalement en anglais, et HAMgpt peut naturellement être interrogé en anglais ou en espagnol.

Bonne nouvelle pour ceux qui maîtrisent moins bien la langue de Shakespeare : il comprend très bien les questions formulées en français. Lors de son utilisation, il peut même répondre en français, même si ce comportement ne semble pas encore être présenté comme une fonctionnalité officiellement garantie.

On peut donc parfaitement essayer de lui écrire :

« Pourquoi mon antenne verticale présente-t-elle un ROS élevé sur 14 MHz ? »

sans nécessairement traduire la question en anglais.

HAMgpt et ChatGPT : deux approches complémentaires

HAMgpt pourrait être présenté comme un « ChatGPT pour radioamateurs », mais cette définition serait trop simpliste.

Une intelligence artificielle généraliste peut développer une théorie, effectuer une démonstration mathématique, analyser un circuit ou accompagner la conception d’un projet.

HAMgpt apporte surtout une spécialisation radioamateur, associée à des informations propres à cette activité.

On pourrait résumer la différence ainsi :

ChatGPT : « Comment fonctionne la propagation sur 20 mètres ? »

HAMgpt : « Est-ce une bonne idée d’essayer le 20 mètres depuis ma station maintenant ? »

Les deux approches sont donc davantage complémentaires que concurrentes.

Un outil supplémentaire dans la station

Propagation, DX, POTA, SOTA, satellites, relais, antennes, ROS, lignes de transmission et théorie de la radioélectricité : HAMgpt couvre finalement une bonne partie des préoccupations du radioamateur.

Une précaution reste néanmoins indispensable : une intelligence artificielle peut se tromper. Une formule, un calcul, une longueur d’antenne ou une information réglementaire importante doit toujours être vérifiée auprès d’une source fiable.

HAMgpt ne remplacera donc ni l’expérimentation, ni les mesures, ni le fer à souder, ni le NanoVNA et encore moins les discussions entre radioamateurs.

Mais il pourrait bien devenir un nouvel outil dans la boîte à outils de l’OM.

 

Éclipses solaires et radioamateurisme : quand la Lune perturbe la propagation des ondes

Eclipse 12 aout 2026

Une éclipse solaire est avant tout un spectacle astronomique fascinant. Pendant quelques minutes, la Lune vient masquer une partie ou la totalité du Soleil et transforme parfois le jour en une étrange pénombre.

Mais pour les radioamateurs, une éclipse est également une formidable expérience grandeur nature.

En masquant temporairement le rayonnement solaire, la Lune modifie l’ionisation des couches supérieures de l’atmosphère. Or ce sont précisément ces couches qui permettent à nos signaux HF de parcourir des centaines, voire des milliers de kilomètres.

Une éclipse peut donc modifier la propagation radio, parfois de façon spectaculaire.

Et justement, le 12 août 2026, une importante éclipse solaire sera observable depuis la France. Une excellente occasion de tourner les boutons de nos émetteurs… mais aussi de sortir le carnet de mesures !

1 – Pourquoi les éclipses intéressent-elles les radioamateurs ?

Pour comprendre l’intérêt d’une éclipse, il faut revenir rapidement sur le fonctionnement de la propagation HF.

À plusieurs dizaines ou centaines de kilomètres au-dessus de nos têtes se trouve l’ionosphère.

Sous l’action principalement des rayonnements ultraviolets et X du Soleil, les molécules et les atomes présents dans cette région sont ionisés. Plusieurs couches apparaissent alors, traditionnellement appelées :

  • couche D ;
  • couche E ;
  • couches F1 et F2.

Ces différentes régions jouent un rôle essentiel dans la propagation des ondes radio.

Grâce à elles, un signal HF peut revenir vers la Terre au lieu de poursuivre simplement son chemin dans l’espace. Plusieurs bonds entre la Terre et l’ionosphère peuvent ainsi permettre des communications à très grande distance.

Mais cette ionosphère n’est absolument pas constante.

Elle varie entre le jour et la nuit, avec les saisons, l’activité solaire et même en fonction de notre position géographique.

Une éclipse solaire introduit une variation supplémentaire particulièrement intéressante.

2 – Une nuit artificielle en pleine journée

Lors d’une éclipse solaire, la Lune se place entre la Terre et le Soleil.

Dans la zone concernée, une partie du rayonnement solaire disparaît pendant quelques minutes.

Pour l’ionosphère, c’est un peu comme si la nuit tombait brutalement en pleine journée.

La comparaison n’est évidemment pas parfaite. L’éclipse est beaucoup plus courte qu’une véritable nuit et toutes les couches de l’ionosphère ne réagissent pas à la même vitesse.

Néanmoins, la diminution du rayonnement solaire provoque une réduction de l’ionisation.

Et cette modification peut directement influencer nos communications radio.

3 – La couche D : celle qui nous intéresse particulièrement

La couche D est située approximativement entre 60 et 90 km d’altitude.

Pendant la journée, elle absorbe une partie importante de l’énergie des signaux HF, particulièrement aux fréquences les plus basses.

C’est notamment pour cette raison que les bandes 160 et 80 mètres sont généralement beaucoup plus performantes la nuit.

Après le coucher du Soleil, la couche D perd rapidement une grande partie de son ionisation. L’absorption diminue alors fortement.

Pendant une éclipse, un phénomène comparable peut temporairement se produire.

La couche D s’affaiblit alors que nous sommes encore en pleine journée.

Résultat : certaines fréquences habituellement fortement absorbées peuvent soudainement mieux se propager.

4 – Les bandes basses pourraient en profiter

Les bandes les plus intéressantes à surveiller seront donc notamment :

Bande Fréquence approximative Effet potentiel
160 m 1,8 MHz diminution de l’absorption
80 m 3,5 MHz amélioration possible
60 m 5 MHz conditions proches du crépuscule
40 m 7 MHz propagation améliorée sur certains trajets
30 m 10 MHz variations intéressantes
20 m 14 MHz évolution possible des conditions

Il ne faut cependant pas comprendre ce tableau comme la garantie de réaliser soudainement des DX extraordinaires.

La propagation dépend d’un très grand nombre de paramètres. L’éclipse ne fait qu’en modifier certains.

C’est précisément cette incertitude qui rend l’expérience intéressante !

5 – Et les bandes hautes ?

On pourrait penser que toutes les bandes HF vont bénéficier de l’éclipse.

Ce n’est pas nécessairement le cas.

La diminution du rayonnement solaire influence également les couches supérieures de l’ionosphère et notamment la région F.

La densité électronique peut diminuer et provoquer une baisse de la MUF, la Maximum Usable Frequency, ou fréquence maximale utilisable pour une liaison donnée.

Une liaison parfaitement établie sur 21 ou 28 MHz pourrait donc devenir plus difficile pendant l’éclipse.

Nous pourrions ainsi observer deux phénomènes simultanément :

une amélioration de certaines bandes basses et une dégradation de certaines bandes hautes.

6 – L’éclipse solaire du 12 août 2026

Cette année nous offre justement une occasion exceptionnelle de réaliser quelques expériences.

Le mercredi 12 août 2026, une éclipse totale de Soleil traversera notamment le Groenland, l’Islande et le nord de l’Espagne.

Depuis la France métropolitaine, elle sera partielle mais particulièrement importante.

En région parisienne, plus de 90 % du disque solaire sera occulté au maximum.

Une particularité devra toutefois être prise en compte dans nos observations : l’éclipse se déroulera en fin de journée.

Nous observerons donc simultanément les effets de l’éclipse et ceux de l’arrivée naturelle du crépuscule.

Il faudra en tenir compte pour interpréter les résultats.

7 – FT8 : beaucoup de stations pour observer la propagation

Les modes numériques constituent d’excellents outils pour étudier le phénomène.

FT8 présente notamment l’avantage d’être extrêmement utilisé.

Il sera possible d’observer les stations reçues avant, pendant et après l’éclipse et de comparer leurs rapports.

Une station habituellement inaudible à une heure donnée pourrait par exemple devenir décodable pendant quelques dizaines de minutes.

Inversement, certaines stations pourraient disparaître.

Les données FT8 peuvent donc donner une première indication des modifications de propagation.

Mais il existe un outil encore plus adapté.

8 – WSPR : un excellent laboratoire

Le WSPR – Weak Signal Propagation Reporter – a justement été conçu pour étudier la propagation.

Une station transmet périodiquement un signal de très faible puissance contenant notamment son indicatif et son locator.

Les stations qui reçoivent ce signal publient automatiquement leurs rapports.

Nous pouvons ainsi savoir :

  • qui nous reçoit ;
  • à quelle distance ;
  • sur quelle fréquence ;
  • avec quel rapport signal/bruit ;
  • et à quelle heure.

Pour étudier une éclipse, c’est presque idéal.

On pourrait par exemple laisser une station WSPR fonctionner plusieurs heures sur 40, 30 ou 20 mètres et observer l’évolution des reports.

9 – Une expérience simple à réaliser

Pas besoin d’être scientifique ou de disposer d’un laboratoire !

Une expérience intéressante pourrait consister à commencer les observations environ deux heures avant l’éclipse et à les poursuivre jusqu’à deux heures après.

Par exemple :

14 MHz → 10 MHz → 7 MHz

Plusieurs stations pourraient également se répartir les bandes.

Pour chaque bande, nous pourrions relever le nombre de stations reçues, leurs distances et surtout les rapports signal/bruit.

Il serait ensuite possible de représenter ces résultats sous forme de graphiques.

Nous pourrions peut-être observer une évolution correspondant au passage de l’ombre de la Lune.

10 – Comparer avec la veille et le lendemain

Une difficulté subsiste : comment savoir si une variation observée est réellement provoquée par l’éclipse ?

La propagation change naturellement en permanence.

Une méthode simple consiste donc à réaliser exactement les mêmes observations :

le 11 août → le 12 août → le 13 août.

Même antenne, même puissance, mêmes bandes et mêmes horaires.

Les journées du 11 et du 13 août servent alors de références.

Si une anomalie importante apparaît uniquement le 12 août au moment de l’éclipse, elle devient beaucoup plus intéressante.

L’expérience prend alors une véritable dimension scientifique.

11 – Et les VHF/UHF ?

Les effets seront beaucoup moins évidents.

Les communications locales en VHF et UHF ne reposent généralement pas sur la réflexion ionosphérique comme les communications HF.

Votre relais 145 MHz local ne devrait donc pas soudainement disparaître parce que la Lune passe devant le Soleil !

Des phénomènes ionosphériques subtils peuvent néanmoins être étudiés sur certaines fréquences et certains modes particuliers.

Pour une première expérience radioamateur, il sera cependant beaucoup plus intéressant de se concentrer sur les bandes HF.

12 – Attention : ne regardez jamais directement le Soleil

Si l’expérience radio est sans danger particulier, l’observation visuelle de l’éclipse nécessite en revanche des précautions impératives.

Il ne faut jamais regarder directement le Soleil sans protection spécialement conçue pour l’observation solaire.

Des lunettes de soleil ordinaires ne suffisent absolument pas.

Et surtout, ne regardez jamais le Soleil au travers de jumelles, d’un télescope ou d’un autre instrument optique dépourvu d’un filtre solaire approprié placé à l’entrée de l’instrument.

L’expérience radio peut d’ailleurs parfaitement être réalisée sans observer directement le Soleil.

13 – Ce qu’il faut retenir

Une éclipse solaire n’est pas seulement un magnifique phénomène astronomique.

Pour les radioamateurs, c’est également une expérience naturelle à l’échelle d’un continent.

Lorsque la Lune masque le Soleil, le rayonnement reçu par l’ionosphère diminue. La couche D s’affaiblit, l’absorption des fréquences basses peut diminuer et les conditions de propagation HF peuvent temporairement se rapprocher de celles rencontrées au crépuscule.

Pendant ce temps, la modification des couches supérieures peut également entraîner une baisse de la fréquence maximale utilisable.

Certaines bandes peuvent donc s’améliorer alors que d’autres se dégradent.

Le 12 août 2026, nous disposerons d’une excellente occasion de vérifier tout cela depuis nos propres stations.

Quelques watts, une antenne HF, FT8 ou WSPR et un ordinateur suffisent pour participer à l’expérience.

Et plutôt que de simplement constater que « la propagation était bizarre ce soir-là », essayons de conserver les données.

Avant, pendant et après l’éclipse.

Puis comparons-les avec celles de la veille et du lendemain.

C’est aussi cela, le radioamateurisme : utiliser nos stations non seulement pour communiquer, mais également pour observer, expérimenter et essayer de comprendre les phénomènes qui permettent à nos ondes de parcourir le monde.

De nouvelles pages techniques ont été publiées

La technique radioamateur occupe une place importante sur le site du Radio-Club F5KEE. Nous venons de publier plusieurs nouvelles pages destinées à mieux comprendre certains éléments essentiels de nos installations : lignes coaxiales, ROS, adaptation d’impédance, baluns, ununs et chokes. Certaines pages proposent également des calculateurs permettant de passer directement de la théorie à la pratique. Voici les cinq nouveaux dossiers techniques à découvrir :

Hamexpo 2026, le 3 octobre au Parc des Expositions du Mans

Hamexpo 2023 Le Mans 3 octobre

Hamexpo 2026 aura lieu le 3 octobre au Mans. Exposants, brocante radioamateur, conférences, ANFR et examens : découvrez le programme.

Véritable rendez-vous incontournable du monde radioamateur, Hamexpo est la plus importante manifestation radioamateur de France. Vous y retrouverez de nombreux exposants, qu’il s’agisse de commerçants spécialisés, de fabricants, d’associations ou encore de radio-clubs. Une vaste zone sera également dédiée à la brocante radioamateur, où chacun pourra vendre ou dénicher du matériel d’occasion.

L’ANFR sera naturellement présente avec son stand d’information. Elle organisera également quatre sessions d’examen, accueillant chacune 10 candidats souhaitant obtenir leur licence radioamateur.

Le tarif d’entrée est fixé à 10 €. L’accès est gratuit pour les YL, les jeunes jusqu’à 16 ans, les étudiants (sur présentation de leur carte) ainsi que pour les candidats à l’examen.

Tout au long de la journée, plusieurs conférences viendront compléter le programme et permettront d’échanger autour de nombreux sujets liés à notre passion.

Pour ceux qui souhaitent déjeuner sur place, un restaurant installé dans l’enceinte de l’exposition proposera un repas complet au tarif raisonnable de 25 €.

À partir de la fin août, les réservations des entrées et des repas seront ouvertes sur le site officiel de Hamexpo :
https://web.r-e-f.org/hamexpo-2026

 

OpsLog : un nouveau carnet de trafic radioamateur français qui mérite votre attention

OPSLOG

Le monde des logiciels de carnet de trafic est dominé depuis de nombreuses années par des références incontournables comme Logger32, Log4OM, Swisslog ou Ham Radio Deluxe. Ces logiciels sont devenus très complets au fil des ans, mais ils reposent souvent sur des architectures anciennes.

Depuis quelques mois, un nouveau projet français attire pourtant l’attention de nombreux radioamateurs : OpsLog.

Développé par F4BPO Greg, OpsLog est un logiciel open source dont le développement a officiellement débuté le 26 mai 2026 avec la publication de sa première version sur Gitea. Malgré sa jeunesse, le projet évolue à un rythme particulièrement soutenu, avec plusieurs dizaines de mises à jour en seulement quelques semaines.

Un projet français en pleine évolution

OpsLog n’est pas né d’une simple expérimentation. Dès son premier commit, le logiciel disposait déjà d’une architecture moderne comprenant :

  • une base de données SQLite ;
  • l’import des fichiers ADIF ;
  • la gestion des profils opérateurs ;
  • le contrôle CAT via OmniRig ;
  • la recherche automatique des indicatifs sur QRZ.com et HamQTH ;
  • une interface graphique moderne développée avec React et Wails.

Depuis cette première version, le développement est particulièrement dynamique. Presque chaque semaine, de nouvelles fonctionnalités apparaissent : support de nouveaux transceivers, amélioration du DX Cluster, suivi des spots, nouvelles interfaces CAT, optimisation de l’ergonomie et corrections de nombreux détails.

Cette cadence de développement témoigne d’une réelle volonté de construire un logiciel moderne, capable d’évoluer rapidement selon les besoins des utilisateurs.

Où suivre le projet ?

Même si OpsLog ne dispose pas encore d’un site vitrine dédié, son développement est entièrement public.

L’auteur met à disposition l’ensemble du projet sur son serveur Gitea personnel, où il est possible de :

  • télécharger les dernières versions ;
  • suivre les nouvelles fonctionnalités ;
  • consulter l’historique complet des développements ;
  • signaler d’éventuels problèmes.

Les ressources officielles sont :

  • ROuGGy’s Programming World (site de développement de l’auteur) ;
  • dépôt officiel OpsLog, contenant le code source, les versions et l’historique du projet.

Cette transparence est appréciable et permet à chacun de constater l’évolution du logiciel pratiquement en temps réel.

Un projet pensé avec les technologies actuelles

Contrairement à de nombreux logiciels historiques, OpsLog repose sur des technologies modernes :

  • interface graphique réactive ;
  • développement en Go et React ;
  • base de données SQLite intégrée ;
  • architecture facilement évolutive.

Cette approche permet d’obtenir un logiciel rapide, agréable à utiliser et relativement simple à maintenir.

Une saisie des QSO simplifiée

L’un des principaux atouts d’OpsLog est son interface de saisie.

Toutes les informations essentielles sont regroupées sur une seule ligne :

  • indicatif ;
  • fréquence ;
  • bande ;
  • mode ;
  • RST ;
  • heure UTC ;
  • commentaires.

L’objectif est de réduire au maximum le nombre de clics afin que l’opérateur reste concentré sur son trafic.

Le logiciel mémorise également plusieurs paramètres afin d’accélérer la saisie des contacts successifs.

Contrôle CAT intégré

OpsLog dispose déjà d’un contrôle CAT particulièrement complet.

Le logiciel récupère automatiquement :

  • la fréquence ;
  • le mode ;
  • la bande ;
  • le SPLIT ;
  • les VFO.

L’interface repose sur OmniRig, ce qui assure une bonne compatibilité avec de nombreux transceivers du marché.

Recherche automatique des stations

Lorsqu’un indicatif est saisi, OpsLog peut interroger automatiquement plusieurs services comme :

  • QRZ.com ;
  • HamQTH.

Les informations sont ensuite mémorisées localement afin d’accélérer les recherches futures.

Importation des anciens carnets

Changer de logiciel est souvent une étape délicate.

OpsLog facilite cette migration grâce à la prise en charge du format ADIF, standard utilisé par la quasi-totalité des logiciels radioamateurs.

Quelques minutes suffisent pour retrouver plusieurs milliers de QSO dans le nouveau carnet.

Suivi du DX

Pendant la saisie, OpsLog indique immédiatement :

  • si la station a déjà été contactée ;
  • si le DXCC est nouveau ;
  • si la bande ou le mode représentent un nouveau slot.

Ces informations sont particulièrement utiles pour les amateurs de DX et de diplômes.

Une ouverture vers les autres logiciels

L’auteur ne souhaite pas faire d’OpsLog un logiciel isolé.

Plusieurs développements sont déjà orientés vers l’interconnexion avec d’autres applications radioamateurs.

Parmi les fonctionnalités annoncées ou en cours figurent notamment :

  • le pilotage de rotateurs ;
  • le support des DX Clusters ;
  • la communication réseau avec d’autres logiciels spécialisés.

Un logiciel encore jeune…

Il serait toutefois injuste de comparer directement OpsLog à des logiciels développés depuis plus de vingt ans.

Certaines fonctions avancées restent encore en cours de développement :

  • gestion complète des diplômes ;
  • concours ;
  • synchronisation avec davantage de services en ligne ;
  • personnalisation avancée.

Mais le rythme de développement laisse penser que ces fonctionnalités arriveront progressivement.

Notre avis

OpsLog représente probablement ce que beaucoup attendaient depuis longtemps : un carnet de trafic moderne, développé avec les technologies actuelles et conçu dès le départ pour évoluer rapidement.

Son développement très actif, assuré par F4BPO depuis le printemps 2026, montre qu’il ne s’agit pas d’un simple projet expérimental mais d’un logiciel appelé à s’enrichir au fil des versions.

S’il poursuit sur cette lancée, OpsLog pourrait rapidement devenir une alternative sérieuse aux logiciels historiques.

Liens utiles :