Haifuraiya : le futur QO-100 pourrait-il devenir un routeur numérique dans l’espace ?

Future GEO sat

QO-100 a profondément changé la pratique des satellites radioamateurs : pour la première fois, un transpondeur amateur géostationnaire permet de réaliser des contacts à toute heure, sans attendre le passage d’un satellite. Mais son éventuel successeur pourrait aller beaucoup plus loin. Avec Haifuraiya, l’Open Research Institute (ORI) propose de remplacer le traditionnel répéteur analogique par une véritable plateforme numérique régénérative dans l’espace.

Et une évolution technique annoncée le 24 août 2026 rend le projet encore plus concret : son architecture prévoit désormais 64 canaux numériques simultanés dans une bande de seulement 10 MHz.

QO-100 : un remarquable « tuyau » radio

Le principe de QO-100 reste relativement classique. Le satellite reçoit les signaux envoyés depuis le sol sur 2,4 GHz, les transpose et les retransmet sur 10 GHz.

C’est ce que les ingénieurs appellent un transpondeur « bent pipe », littéralement un tuyau coudé.

Le satellite ne cherche pas réellement à comprendre ce qu’il reçoit. Une station trop puissante, mal réglée ou occupant trop de bande passante est donc retransmise telle quelle.

Haifuraiya change complètement cette philosophie.

L’Open Research Institute décrit Haifuraiya — « High Flyer » — comme un projet open source destiné aux orbites HEO/GEO. Pour futureGEO, ORI propose cette architecture comme base possible d’une future charge utile amateur géostationnaire régénérative.

Cette fois, le satellite décode les signaux

Avec Haifuraiya, les stations au sol transmettraient individuellement des signaux numériques utilisant le protocole Opulent Voice (OPV).

Le satellite les reçoit, mais au lieu de simplement les retransmettre, il les sépare, démodule et décode à bord.

Les données provenant des différentes stations sont ensuite regroupées dans un flux numérique commun avant d’être réémises vers la Terre en DVB-S2/S2X.

Le fonctionnement peut se résumer ainsi :

Stations radioamateurs → canaux OPV → satellite → décodage → multiplexage → DVB-S2/S2X → Terre

Autrement dit, Haifuraiya serait beaucoup plus proche d’un routeur numérique placé à près de 36 000 km d’altitude que d’un répéteur radio traditionnel.

QO-100 Vs Haifuraiya

QO-100 et Haifuraiya : deux philosophies différentes. QO-100 fonctionne comme un transpondeur « bent pipe » qui transpose et retransmet les signaux reçus. Haifuraiya introduit un transpondeur régénératif : les canaux numériques OPV sont séparés et décodés à bord, puis regroupés avant d’être retransmis vers la Terre en DVB-S2/S2X.

64 radioamateurs simultanément dans 10 MHz

C’est précisément sur ce point qu’une évolution importante vient d’être publiée.

L’uplink actuellement étudié se situe sur 5,6 GHz, avec une largeur totale de 10 MHz. Chaque utilisateur émettrait dans son propre canal FDMA en Opulent Voice.

ORI avait initialement envisagé 96 canaux, mais les essais et simulations ont montré que cette solution devenait trop contraignante.

Le signal OPV occupe environ 81 kHz entre ses premiers zéros. Avec 96 canaux dans 10 MHz, chaque canal ne disposerait que de 104,17 kHz, laissant seulement environ 11,5 kHz de garde de chaque côté.

Le nouveau choix de 64 canaux donne au contraire :

  • largeur par canal : 156,25 kHz ;
  • signal utile : environ 81 kHz ;
  • bande de garde : environ 37,5 kHz de chaque côté ;
  • modulation : MSK ;
  • débit symbole : 54,2 kbauds.

Cette marge supplémentaire facilite énormément le filtrage et améliore la tolérance aux erreurs de fréquence, aux oscillateurs imparfaits et au Doppler.

Le chiffre 64 présente aussi un avantage informatique : 64 = 2⁶. Une FFT de 64 points est beaucoup plus naturelle à réaliser dans un FPGA qu’une FFT de 96 points. Le prototype utilise ainsi un channelizer polyphasé à 64 voies dont l’implémentation a déjà été synthétisée et vérifiée sur une plateforme AMD/Xilinx Zynq UltraScale+ ZCU102.

64 canaux OPV en 5,6 GHz

Architecture du transpondeur numérique Haifuraiya. Jusqu’à 64 utilisateurs disposent chacun d’un canal OPV/MSK sur l’uplink 5,6 GHz. À bord, un channelizer FPGA sépare les canaux avant leur démodulation et leur décodage. Les données utiles peuvent ensuite être identifiées, contrôlées et regroupées pour constituer un flux descendant unique en DVB-S2/S2X.

Opulent Voice : pas seulement de la voix

Malgré son nom, Opulent Voice ne se limite pas aux communications vocales.

Le protocole a été conçu pour transporter dans une même architecture voix, texte, fichiers, télémétrie, commandes et données de type IoT.

Pour la voix, OPV utilise notamment le codec Opus, avec un débit à partir de 16 kbit/s, très différent des vocodeurs à faible débit traditionnellement employés par certains systèmes de voix numérique radioamateur.

Les paramètres publiés indiquent notamment une modulation MSK à 54 200 bauds, des trames de 40 ms, une correction d’erreurs convolutionnelle de taux 1/2 et une identification de la station intégrée dans chaque trame.

Une communication pourrait donc évoluer de la voix vers du texte ou des données sans devoir changer complètement de système radio.

Pourquoi redescendre en DVB-S2/S2X ?

C’est l’une des idées les plus astucieuses du projet.

Le satellite reçoit de nombreux petits canaux numériques indépendants, mais il n’est pas nécessaire de les retransmettre individuellement.

Après décodage, les informations utiles sont multiplexées dans un flux descendant DVB-S2/S2X unique.

Ce choix est particulièrement intéressant pour les radioamateurs : DVB-S2 est déjà largement connu dans le monde de la DATV et bénéficie d’un important écosystème matériel et logiciel.

Le principe devient donc :

64 petits uplinks individuels → traitement numérique à bord → un downlink numérique multiplexé.

Le satellite pourrait même gérer les utilisateurs

Le traitement régénératif apporte une autre possibilité inexistante avec un simple transpondeur analogique.

Les trames OPV comportent notamment l’identification de la station et un jeton d’authentification. Haifuraiya peut donc déterminer quelles trames doivent être acceptées et retransmises. ORI décrit pour cela une architecture baptisée AAAAA : Access, Authentication, Authorization, Accounting, Auditing.

Un signal incorrect ou perturbateur pourrait ainsi être rejeté avant même d’atteindre le downlink.

Cette possibilité risque évidemment d’alimenter quelques discussions entre radioamateurs : jusqu’où doit aller le contrôle d’accès à un satellite amateur ?

Techniquement, en revanche, les possibilités deviennent considérables.

Ce n’est plus seulement une idée sur le papier

Un autre aspect rend Haifuraiya particulièrement intéressant : plusieurs briques technologiques fonctionnent déjà.

ORI a présenté en 2026 des implémentations opérationnelles du modem Opulent Voice, de la chaîne logicielle utilisateur et de l’émetteur DVB-S2 sur FPGA. L’organisation indique également travailler sur une version terrestre du répéteur ainsi que sur un prototype de carte de communication qualifiable pour le spatial.

Le channelizer 64 voies publié en août constitue une nouvelle étape : son implémentation FPGA fonctionne à 100 MHz et a été vérifiée par comparaison avec un modèle Python de référence.

L’ensemble du projet reste dans la philosophie radioamateur : architecture documentée et développements matériels et logiciels open source.

Haifuraiya sera-t-il réellement le successeur de QO-100 ?

Pas encore.

C’est une distinction importante.

Le programme futureGEO, conduit autour d’AMSAT-DL avec le soutien de l’ESA dans le cadre d’ARTES Future Preparation 1A.126, travaille à la définition des besoins et des concepts d’une future charge utile amateur géostationnaire.

Plusieurs philosophies ont été étudiées : un successeur amélioré mais relativement classique de QO-100, une plateforme numérique SDR régénérative baptisée Digital Innovation Lab, et un concept exploratoire utilisant des fréquences millimétriques.

Haifuraiya constitue la proposition d’ORI pour montrer ce que pourrait être la solution régénérative. ORI indique participer à la phase 2 de futureGEO.

Il serait donc prématuré d’affirmer que « Haifuraiya remplacera QO-100 ».

Mais le projet permet déjà d’entrevoir ce que pourrait devenir la prochaine génération de satellites radioamateurs géostationnaires.

Du répéteur spatial au réseau numérique spatial

QO-100 a démontré que la radio d’amateur géostationnaire était possible et extrêmement attractive.

Haifuraiya pose maintenant une autre question :

et si le prochain satellite ne se contentait plus de répéter nos signaux ?

Avec 64 canaux numériques, du traitement FPGA à bord, Opulent Voice pour transporter voix et données et DVB-S2/S2X pour les redescendre vers la Terre, le satellite deviendrait une véritable infrastructure de communications numériques dans l’espace.

Le passage du transpondeur « bent pipe » au transpondeur régénératif serait alors probablement aussi important que l’arrivée de QO-100 elle-même.

Liens utiles

Après QO-100, l’Amérique prépare-t-elle son propre satellite radioamateur géostationnaire ?

Banniere Après QO-100

Depuis 2019, QO-100 a profondément changé la pratique du satellite radioamateur. Installé à bord du satellite Es’hail-2 en orbite géostationnaire, il offre en permanence aux radioamateurs situés dans sa zone de couverture un transpondeur étroit pour la SSB, la CW et les modes numériques, ainsi qu’un transpondeur large principalement destiné à la DATV.

Mais il existe un grand absent : le continent américain. Et justement, de l’autre côté de l’Atlantique, AMSAT prépare depuis plusieurs années les technologies nécessaires au retour des satellites radioamateurs vers les orbites hautes.

Le problème : QO-100 ne couvre pas l’Amérique

À près de 36 000 km au-dessus de l’équateur, un satellite géostationnaire apparaît pratiquement immobile dans le ciel. Plus besoin de calculer les passages ni de poursuivre un CubeSat pendant quelques minutes : une parabole fixe suffit.

La position de QO-100 permet de couvrir l’Europe, l’Afrique et une vaste partie de l’Asie, mais pas l’Amérique du Nord.

couverture satellitaire

Disposer d’un équivalent placé au-dessus de l’Atlantique ou des Amériques représenterait donc une petite révolution pour les radioamateurs américains.

GOLF : Greater Orbit, Larger Footprint

C’est ici qu’intervient le programme GOLF, pour Greater Orbit, Larger Footprint, développé par AMSAT-NA.

Son principe est particulièrement intéressant : plutôt que de tenter immédiatement une coûteuse mission en orbite haute, AMSAT veut procéder progressivement. Des satellites expérimentaux doivent valider en LEO les technologies nécessaires avant de viser MEO puis HEO.

Feuille de route AMSAT

Parmi les difficultés à maîtriser figurent le contrôle d’attitude trois axes, les panneaux solaires déployables et orientables, l’électronique tolérante aux radiations, les SDR embarqués et, à terme, la propulsion.

GOLF-TEE : le laboratoire volant

Le premier maillon s’appelle GOLF-TEE, pour Technology Exploration Environment. Attention cependant : GOLF-TEE n’est pas le futur QO-100 américain.

Ce CubeSat 3U est destiné à tester en orbite basse les technologies qui seront nécessaires beaucoup plus loin de la Terre. AMSAT travaillait encore récemment sur son logiciel de vol et son architecture électronique.

Et certaines caractéristiques commencent sérieusement à intéresser les amateurs de QO-100.

AMSAT prévoit notamment des liaisons micro-ondes avec uplink en bande C vers 5,6 GHz et downlink en bande X vers 10 GHz, en plus des bandes radioamateurs classiques 144 et 435 MHz. Le SDR expérimental envisagé doit également permettre une liaison descendante en 10 GHz.

Paraboles, amplificateurs, LNA, SDR et références de fréquence stables : voilà un terrain qui ne sera pas inconnu des utilisateurs de QO-100 !

Et maintenant… Artemis ?

Un développement particulièrement intéressant est apparu en 2026.

Le 31 mai, AMSAT a transmis à la NASA une lettre d’intention pour proposer un CubeSat AMSAT comme charge utile secondaire d’une future mission Artemis III, IV ou V.

Une telle opportunité permettrait de tester les technologies GOLF dans un environnement bien plus sévère que l’orbite basse : radiations, contraintes thermiques, communications à grande distance et contrôle d’attitude. AMSAT cite explicitement l’objectif de progresser du LEO vers le MEO puis le HEO.

Nous sommes donc encore loin d’un satellite géostationnaire opérationnel, mais technologiquement, les pièces du puzzle commencent à se mettre en place.

Alors, bientôt un « QO-100 américain » ?

Pas encore.

À ce jour, AMSAT n’annonce ni satellite radioamateur GEO américain avec une date de lancement, ni position orbitale réservée, ni véritable successeur américain de QO-100.

La stratégie est néanmoins claire : retrouver progressivement les orbites hautes et développer les technologies nécessaires pour y exploiter de nouveaux transpondeurs radioamateurs.

GOLF-TEE ne sera donc pas le QO-100 américain. Une éventuelle mission Artemis ne le sera probablement pas davantage.

Mais ces projets pourraient constituer quelques-unes des étapes indispensables pour qu’un jour, en tournant leur parabole vers le ciel, les radioamateurs américains disposent eux aussi de leur satellite presque immobile au-dessus de l’horizon.

Liens utiles

Après QO-100 : à quoi pourrait ressembler son successeur ?

QO-100 - Future GEO

Depuis sa mise en service en 2019, Qatar OSCAR-100 (QO-100) a profondément changé la pratique du satellite chez les radioamateurs. Pour la première fois, nous disposons d’un transpondeur radioamateur en orbite géostationnaire, accessible 24 heures sur 24 sur une immense zone géographique.

Avec une parabole, un LNB et quelques watts en 2,4 GHz, il est aujourd’hui possible de réaliser des contacts à plusieurs milliers de kilomètres en SSB, CW, modes numériques ou DATV.

Mais QO-100 ne sera évidemment pas éternel. Et dans le domaine spatial, préparer une nouvelle mission demande des années.

C’est pourquoi AMSAT-DL réfléchit déjà à l’après QO-100, dans le cadre d’une étude menée avec l’Agence spatiale européenne (ESA). Le projet porte un nom : futureGEO.

Pourquoi préparer maintenant l’après QO-100 ?

Il n’est absolument pas question d’enterrer QO-100. Lors du workshop futureGEO organisé à Friedrichshafen en juin 2026, une durée de fonctionnement encore importante d’Es’hail-2 a été évoquée.

Mais concevoir une nouvelle charge utile, choisir les technologies, obtenir les fréquences, trouver des partenaires puis surtout une opportunité de lancement peut prendre de nombreuses années.

Depuis janvier 2025, AMSAT-DL travaille ainsi dans le cadre du programme ARTES Future Preparation de l’ESA sur une étude baptisée Future Amateur Geostationary Payload Definition.

L’objectif est de déterminer ce que pourrait devenir la prochaine génération de charge utile radioamateur géostationnaire.

Trois grandes pistes sont actuellement étudiées.

Enhanced QO-100+ : améliorer ce qui fonctionne déjà

La première solution serait la plus proche de notre QO-100 actuel.

Baptisée provisoirement Enhanced QO-100+, elle conserverait le principe des transpondeurs classiques : le satellite reçoit nos émissions et les retransmet vers la Terre.

Nous pourrions ainsi retrouver un transpondeur bande étroite destiné à la SSB, CW et aux modes numériques ainsi qu’un transpondeur large bande pour la DATV.

Mais cette nouvelle génération pourrait apporter plusieurs améliorations : nouvelles balises, plusieurs bandes de fréquences, transmission de textes et d’images ou encore fonctions destinées aux communications d’urgence.

Cette solution aurait un avantage évident : nous savons déjà que le concept QO-100 fonctionne remarquablement bien.

Digital Innovation Lab : un SDR dans l’espace

La deuxième proposition est beaucoup plus ambitieuse.

Avec le Digital Innovation Lab, il ne serait plus simplement question de placer un relais dans l’espace. La charge utile disposerait d’importantes capacités de traitement numérique du signal.

Nous entrerions alors véritablement dans le domaine du SDR — Software Defined Radio — spatial.

Contrairement à un transpondeur classique qui retransmet essentiellement ce qu’il reçoit, une plateforme numérique pourrait traiter les signaux à bord et permettre d’expérimenter de nouvelles modulations ou de nouveaux protocoles.

On peut alors imaginer un véritable laboratoire radioamateur géostationnaire, permettant de tester de nouvelles technologies sans devoir construire un nouveau satellite pour chaque expérimentation.

C’est probablement l’idée la plus révolutionnaire de futureGEO : certaines fonctions pourraient évoluer grâce au logiciel alors que le satellite serait déjà en orbite.

High Frequency Pathfinder : explorer encore plus haut

La troisième proposition regarde encore plus loin.

Le High Frequency Pathfinder serait notamment destiné à explorer les communications dans les bandes millimétriques (mmWave).

Pour les expérimentateurs radioamateurs, ce serait un formidable terrain de jeu : nouvelles antennes, propagation sur les très hautes fréquences, balises expérimentales, mesures scientifiques et nouvelles techniques de transmission.

Nous serions alors bien au-delà d’un simple « QO-100 amélioré ».

Le satellite deviendrait également une plateforme d’expérimentation hyperfréquence.

Trois visions pour le futur

Ces trois concepts représentent finalement trois philosophies différentes.

Enhanced QO-100+ privilégie la continuité en améliorant une formule éprouvée.

Digital Innovation Lab transforme le satellite en plateforme SDR évolutive et expérimentale.

High Frequency Pathfinder ouvre la porte aux expérimentations sur les bandes millimétriques et aux technologies radio de demain.

La future solution pourrait d’ailleurs combiner plusieurs de ces idées.

Il faut cependant rester prudent : futureGEO n’est pas encore un satellite dont le lancement serait programmé. Nous sommes actuellement dans une phase d’étude et de définition des besoins.

QO-100 n’était peut-être que le début

QO-100 a démontré qu’un satellite géostationnaire radioamateur pouvait devenir un formidable outil de communication et d’expérimentation.

Sept ans après son lancement, nous nous sommes presque habitués à pouvoir utiliser depuis notre jardin un transpondeur situé à près de 36 000 km au-dessus de la Terre.

La question n’est donc peut-être plus seulement de savoir comment remplacer QO-100.

Elle devient plutôt :

que pourrions-nous faire de mieux la prochaine fois ?

Avec QO-100+, le Digital Innovation Lab et le High Frequency Pathfinder, les premières réponses commencent à apparaître.

Le successeur de QO-100 pourrait ainsi ne plus être seulement un relais radioamateur, mais devenir un véritable laboratoire radio dans l’espace accessible depuis nos stations.

Une évolution que nous suivrons évidemment avec beaucoup d’intérêt.

Les amplificateurs de puissance pour QO-100

Les amplificateurs de puissance pour QO-100

Comment choisir le bon amplificateur pour la bande 2,4 GHz ?

Depuis la mise en service du satellite géostationnaire QO-100 (Es’hail-2), des milliers de radioamateurs ont découvert le plaisir de réaliser des contacts via un satellite accessible 24 heures sur 24. Contrairement aux satellites défilants, il suffit de pointer une parabole vers une position fixe dans le ciel pour disposer d’un relais permanent couvrant une vaste partie de l’Europe, de l’Afrique et de l’Asie.

Pour émettre sur le transpondeur bande étroite (Narrow Band), la plupart des stations utilisent un transverter ou un SDR, suivi d’un amplificateur de puissance fonctionnant à 2,4 GHz. C’est précisément ce dernier élément qui soulève le plus de questions : quelle puissance choisir ? Les amplificateurs Wi-Fi à 50 € sont-ils réellement suffisants ? Faut-il investir dans un modèle professionnel de 20 ou 40 W ?

Dans cet article, nous faisons le point sur les différentes solutions disponibles et sur les critères qui comptent réellement.


Pourquoi un amplificateur est-il nécessaire ?

La majorité des transverters destinés à QO-100 délivrent entre 100 mW et 500 mW.

Cette puissance est insuffisante pour alimenter directement une parabole de 80 cm en phonie SSB. Un amplificateur devient donc indispensable afin d’obtenir une puissance rayonnée permettant d’être reçu confortablement sur le satellite. Toutefois, cela ne signifie pas qu’il faille rechercher la puissance maximale : la qualité du signal est bien plus importante que le nombre de watts affiché sur le wattmètre.


La puissance n’est pas tout

Beaucoup de débutants pensent qu’un amplificateur de 20 W sera quatre fois meilleur qu’un modèle de 5 W.

En radiofréquence, ce raisonnement est faux.

Voici le gain obtenu lorsque la puissance double :

Puissance Gain
1 W 0 dB
2 W +3 dB
4 W +6 dB
8 W +9 dB
16 W +12 dB

Autrement dit, passer de 4 W à 16 W ne procure qu’un gain de 6 dB.

Si votre parabole est correctement pointée et que votre antenne d’émission est bien réalisée, quelques watts suffisent généralement pour produire un excellent signal sur QO-100.


La première règle : rester linéaire

Le transpondeur bande étroite de QO-100 est utilisé simultanément par de nombreux radioamateurs.

Une modulation SSB déformée ou un amplificateur saturé génèrent des produits d’intermodulation qui viennent polluer plusieurs kilohertz de bande passante.

C’est pourquoi il est toujours préférable d’utiliser un amplificateur à 50 % de sa puissance maximale plutôt qu’à pleine puissance.

Un amplificateur fonctionnant dans sa zone linéaire :

  • produit une modulation plus propre ;
  • limite les produits d’intermodulation (IMD) ;
  • chauffe moins ;
  • offre une meilleure fiabilité à long terme.

Les amplificateurs Wi-Fi chinois

Depuis plusieurs années, les amplificateurs Wi-Fi 2,4 GHz sont devenus la solution la plus populaire pour débuter sur QO-100.

Le plus connu est sans doute l’EDUP EP-AB003, souvent annoncé pour 8 W.

En pratique, cette valeur correspond davantage à une puissance en saturation qu’à une puissance exploitable en SSB. Pour conserver une bonne linéarité, la plupart des utilisateurs limitent la puissance de sortie entre 2 et 4 W.

Avantages

  • prix très abordable ;
  • facile à trouver ;
  • consommation réduite ;
  • idéal pour débuter.

Inconvénients

  • puissance commerciale souvent optimiste ;
  • refroidissement perfectible ;
  • linéarité moyenne à forte puissance ;
  • qualité variable selon les fabricants.

Pour une station économique équipée d’une parabole de 80 cm, ce type d’amplificateur constitue néanmoins une excellente solution.


Les amplificateurs DX Patrol

DX Patrol propose depuis plusieurs années des amplificateurs spécifiquement conçus pour QO-100.

Ils délivrent environ 10 à 12 W sous 28 V grâce à un convertisseur DC-DC généralement fourni avec l’ensemble.

Par rapport aux modèles Wi-Fi, ils offrent :

  • une meilleure intégration ;
  • une commutation émission/réception prévue dès l’origine ;
  • des performances plus constantes ;
  • une meilleure qualité de fabrication.

Ils représentent un bon compromis entre simplicité de mise en œuvre et performances.


Les amplificateurs SG-Lab

Pour de nombreux radioamateurs, les amplificateurs SG-Lab constituent une référence.

Le modèle 20 W fonctionne sous 28 V et offre une excellente linéarité lorsqu’il est correctement piloté.

Ses principaux atouts sont :

  • conception dédiée au trafic radioamateur ;
  • excellente stabilité ;
  • faible distorsion ;
  • mesures de puissance directe et réfléchie disponibles.

En contrepartie, il nécessite une alimentation plus élaborée qu’un simple amplificateur Wi-Fi.


Les modules professionnels de récupération

De nombreux OM utilisent également des modules provenant d’équipements professionnels :

  • Ericsson ;
  • Nokia ;
  • Huawei ;
  • stations LTE ou UMTS.

Ces amplificateurs offrent souvent des performances remarquables pour un prix raisonnable sur le marché de l’occasion.

En revanche, leur intégration demande davantage de compétences :

  • alimentation spécifique ;
  • commande émission/réception ;
  • filtrage ;
  • adaptation mécanique.

Ils s’adressent principalement aux radioamateurs appréciant les réalisations personnelles.


Le refroidissement : un point souvent négligé

À 2,4 GHz, un amplificateur peut dissiper plusieurs dizaines de watts sous forme de chaleur.

Même si certains modèles semblent fonctionner correctement sans ventilation, leur température augmente rapidement lors d’un trafic prolongé.

Quelques recommandations simples :

  • utiliser un radiateur généreux ;
  • appliquer une pâte thermique de qualité ;
  • installer un ventilateur silencieux ;
  • éviter les boîtiers totalement fermés.

Un amplificateur qui reste froid conservera plus longtemps ses performances et sa linéarité.


L’alimentation

Selon les modèles, plusieurs tensions sont utilisées :

  • 12 V ;
  • 13,8 V ;
  • 24 V ;
  • 28 V.

Les modèles les plus puissants fonctionnent généralement sous 28 V.

Il faut également prévoir :

  • une alimentation suffisamment dimensionnée ;
  • des câbles de forte section ;
  • une bonne protection par fusible.

Une alimentation sous-dimensionnée provoque une chute de tension qui réduit la puissance disponible et augmente parfois la distorsion.


Attention au câble coaxial

À 2,4 GHz, les pertes deviennent importantes.

Quelques mètres de mauvais câble peuvent faire perdre une partie importante de la puissance produite par l’amplificateur.

Pour cette raison, on installe souvent le PA au plus près de l’antenne afin de limiter la longueur de câble entre l’amplificateur et le système rayonnant.

Le choix d’un câble à faibles pertes, comme ceux présentés dans notre guide consacré aux câbles coaxiaux, est donc particulièrement important.


LEILA : le gardien du satellite

QO-100 dispose d’un système de surveillance baptisé LEILA (LEIstungs Limit Anzeige).

Son rôle est de rappeler à l’ordre les stations dont le signal dépasse le niveau recommandé.

Lorsqu’un opérateur émet avec une puissance excessive, un signal sonore caractéristique est injecté afin de l’inciter à réduire immédiatement sa puissance. L’objectif est de préserver la qualité du transpondeur pour l’ensemble des utilisateurs.


Quel amplificateur choisir ?

Votre objectif Solution recommandée
Découvrir QO-100 à moindre coût Amplificateur Wi-Fi 2 à 4 W
Station économique et performante DX Patrol
Station fixe de qualité SG-Lab
Projet expérimental Module professionnel de récupération

Dans la majorité des cas, il est inutile de rechercher la puissance maximale. Une station correctement réglée, utilisant quelques watts avec une bonne linéarité, donnera de bien meilleurs résultats qu’un amplificateur puissant fonctionnant en saturation.


Conclusion

L’amplificateur de puissance constitue un élément essentiel d’une station QO-100, mais il ne doit pas être choisi uniquement en fonction de la puissance annoncée.

La linéarité, la qualité du refroidissement, la stabilité de l’alimentation et la qualité du câble coaxial influencent tout autant les performances finales. Pour la plupart des radioamateurs, un amplificateur délivrant entre 2 et 10 W dans de bonnes conditions d’utilisation est largement suffisant pour réaliser d’excellents QSO via le satellite.

Comme souvent en radioamateurisme, le meilleur résultat s’obtient par un ensemble cohérent : une parabole correctement pointée, une antenne d’émission bien réalisée, un amplificateur utilisé dans sa zone linéaire et une puissance adaptée aux recommandations de l’AMSAT. Un signal propre sera toujours plus apprécié qu’un signal puissant mais dégradé.

Ressources documentaire

Cet article consacré aux amplificateurs de puissance pour QO-100, ainsi que les illustrations qui l’accompagnent, ont été élaborés à partir de recherches documentaires et avec l’aide de ChatGPT. Les informations présentées ont ensuite été sélectionnées, adaptées et complétées afin de proposer un contenu pratique, fiable et accessible aux radioamateurs.

Construire une station QO-100 à petit budget

Construire une station QO-100 à petit budget

Pendant longtemps, le trafic via le satellite géostationnaire QO-100 a été considéré comme une activité réservée aux radioamateurs disposant d’un budget important. Pourtant, cette idée est aujourd’hui dépassée. Grâce à la disponibilité de composants performants à prix abordable, au marché de l’occasion et aux nombreuses réalisations partagées par la communauté radioamateur, il est désormais possible de construire une station de réception, voire une station complète émission/réception, sans se ruiner.

Avec un budget inférieur à 300 €, il est tout à fait envisageable de réaliser une station capable de trafiquer en SSB, CW ou FT8. Une ancienne parabole de télévision, un LNB de qualité, un convertisseur d’émission, un petit amplificateur 2,4 GHz et quelques accessoires suffisent à obtenir des résultats souvent étonnants. Les possesseurs d’une imprimante 3D pourront même fabriquer eux-mêmes certains éléments, comme le support de foyer ou le guide d’ondes, réduisant encore davantage le coût de l’installation.

Dans ce chapitre, nous vous proposons plusieurs configurations adaptées à différents budgets et niveaux d’expérience. Que vous souhaitiez simplement écouter le trafic sur QO-100 ou franchir le pas vers l’émission, vous trouverez des solutions éprouvées, accessibles et facilement reproductibles. L’objectif est de démontrer que le trafic par satellite géostationnaire est désormais à la portée de la plupart des radioamateurs.

Solution 1 – Découvrir QO-100 gratuitement (≈ 0 €)

Objectif : Écouter le trafic sur QO-100 sans investir dans une station radio. Cette solution est idéale pour découvrir le satellite, se familiariser avec les différents modes de trafic et observer l’activité avant de construire sa propre station.

Matériel Prix estimé
Ordinateur (PC, portable ou Mac) Déjà disponible
Connexion Internet Déjà disponible

Budget total

≈ 0 €

Pour cette première approche, aucun matériel radio n’est nécessaire. Il suffit d’un ordinateur connecté à Internet pour accéder à l’un des nombreux WebSDR dédiés à QO-100. Ces récepteurs distants permettent d’écouter en temps réel l’ensemble de la bande radioamateur du satellite, d’observer les signaux SSB, CW, FT8, DATV ou encore les balises, exactement comme si vous disposiez d’une station de réception.

Quelques WebSDR particulièrement appréciés des radioamateurs :

✅ Points forts

  • Entièrement gratuit.
  • Aucune installation de matériel radio.
  • Permet de découvrir l’activité sur QO-100 avant tout investissement.
  • Accessible depuis n’importe quel ordinateur connecté à Internet.

⚠️ À savoir

  • Réception uniquement : aucune possibilité d’émettre.
  • La qualité d’écoute dépend de la connexion Internet et de la station distante utilisée.
  • Vous ne vous familiarisez pas encore avec les réglages d’une véritable station satellite.

🏆 Notre avis

Cette solution constitue le point de départ idéal pour tout radioamateur souhaitant découvrir QO-100. En quelques minutes, il est possible d’écouter des stations du monde entier, d’observer les différents modes de trafic et de mieux comprendre le fonctionnement du satellite. C’est une excellente façon de confirmer son intérêt avant d’investir dans une installation de réception ou une station complète émission/réception.

👤 Pour qui ?

  • 🟢 Curieux souhaitant découvrir QO-100.
  • 🟢 Futurs utilisateurs préparant leur première station.
  • 🟢 Radioamateurs désirant suivre l’activité lorsqu’ils sont loin de leur station.

Notre recommandation

⭐⭐⭐⭐⭐ Le meilleur moyen de découvrir QO-100 sans dépenser un seul euro.

 

Solution 2 – Réception avec une clé SDR (≈ 70 à 120 €)

Objectif : Réaliser une véritable station de réception QO-100 à faible coût. Cette solution permet d’écouter directement le satellite avec son propre équipement, sans dépendre d’un WebSDR.

Matériel Prix estimé
Parabole offset 80 cm d’occasion 10 à 30 €
Support de fixation 10 €
LNB Bullseye TCXO 33 €
Clé SDR RTL-SDR V4 (ou équivalent) 35 à 50 €
Bias Tee (si non intégré à la clé SDR) 15 €
Câbles et connecteurs 15 €

Budget total

≈ 90 €

Cette configuration permet de recevoir directement les signaux de QO-100 grâce à une simple parabole équipée d’un LNB à faible dérive de fréquence. Connectée à une clé SDR et à un ordinateur, elle donne accès à l’ensemble de la bande étroite (Narrow Band) du satellite. Les logiciels gratuits comme SDR Console, SDR++ ou SDRangel permettent d’afficher le spectre en temps réel, d’écouter les communications en SSB, CW, FT8 ou les balises, et d’enregistrer les signaux pour une analyse ultérieure.

✅ Points forts

  • Véritable réception sur votre propre station.
  • Installation très simple à réaliser.
  • Excellent rapport qualité/prix.
  • Compatible avec de nombreux logiciels SDR gratuits.
  • Évolutive vers une station émission/réception.

⚠️ À savoir

  • Un ordinateur est indispensable.
  • Le pointage précis de la parabole reste nécessaire.
  • La stabilité de fréquence dépend principalement de la qualité du LNB.
  • Cette configuration est limitée à la réception.

🏆 Notre avis

Pour moins de 100 €, cette solution permet de disposer d’une véritable station de réception QO-100. C’est probablement le meilleur choix pour les radioamateurs souhaitant découvrir le satellite avec leur propre matériel avant d’investir dans une station complète émission/réception.

👤 Pour qui ?

  • 🟢 Débutants.
  • 🟢 Passionnés de SDR.
  • 🟢 Radioamateurs souhaitant découvrir QO-100 à moindre coût.
  • 🟢 Futurs utilisateurs préparant une station complète.

Notre recommandation

⭐⭐⭐⭐⭐ La meilleure porte d’entrée vers une véritable station de réception QO-100.

 

Solution 3 – Vous possédez déjà un transceiver multimode 432 MHz (≈ 220 à 280 €)

Objectif : Transformer un transceiver multimode 70 cm en une véritable station QO-100 émission/réception grâce à un transverter et quelques équipements complémentaires.

Matériel Prix estimé
Parabole offset 80 cm d’occasion 10 à 30 €
Support maison 10 €
Feed hélicoïdal imprimé 3D (DC8PAT) 15 €
LNB Bullseye TCXO 33 €
Transverter (DX Patrol MK4 ou équivalent) 145 €
Amplificateur Wi-Fi 2,4 GHz (5 à 8 W) 35 à 45 €
Bias Tee 15 €
Câbles et connecteurs 20 €

Budget total

≈ 260 €

Cette solution s’adresse aux radioamateurs qui disposent déjà d’un transceiver multimode couvrant la bande des 432 MHz. Le transverter assure la conversion entre les 432 MHz du transceiver et la bande 2,4 GHz utilisée pour l’émission vers QO-100. En réception, le LNB convertit les 10 GHz du satellite vers une fréquence intermédiaire compatible avec le transceiver.

Grâce à cette architecture, vous retrouvez toutes les fonctionnalités de votre équipement habituel : réglage précis de la fréquence, filtres, mémoires, puissance réglable et qualité audio.

✅ Points forts

  • Réutilisation d’un équipement déjà disponible.
  • Excellente qualité d’émission et de réception.
  • Utilisation identique à un trafic terrestre.
  • Compatible avec la SSB, la CW, le FT8 et la plupart des modes numériques.
  • Installation facilement évolutive.

⚠️ À savoir

  • Cette solution suppose que vous possédiez déjà un transceiver multimode 432 MHz.
  • Le pointage précis de la parabole est indispensable.
  • Le feed hélicoïdal doit être correctement positionné devant le LNB.
  • Quelques réglages de niveaux HF peuvent être nécessaires lors de la mise en service.

🏆 Notre avis

Si vous disposez déjà d’un transceiver multimode sur 70 cm, cette solution représente certainement le meilleur compromis entre performances, simplicité et coût. Pour un investissement relativement limité, vous bénéficiez d’une station QO-100 complète offrant un confort d’utilisation comparable à celui d’une station décamétrique classique.

👤 Pour qui ?

  • 🟢 Possesseurs d’un FT-817, FT-818, FT-857, FT-897, FT-991, IC-9700, IC-705 ou équipement équivalent.
  • 🟢 Radioamateurs souhaitant accéder rapidement à l’émission sur QO-100.
  • 🟢 Utilisateurs recherchant une station performante et évolutive.

Notre recommandation

⭐⭐⭐⭐⭐ Le meilleur choix pour les radioamateurs déjà équipés d’un transceiver multimode 432 MHz.

Solution 4 – Une station SDR émission/réception (≈ 300 à 450 €)

Objectif : Réaliser une station QO-100 entièrement pilotée par ordinateur grâce à un SDR capable d’assurer simultanément l’émission et la réception.

Matériel Prix estimé
Parabole offset 80 cm d’occasion 10 à 30 €
Support maison 10 €
Feed hélicoïdal imprimé 3D (DC8PAT) 15 €
LNB Bullseye TCXO 33 €
SDR Tx/Rx (OpenSDR, ADALM-Pluto…) 180 à 280 €
Amplificateur Wi-Fi 2,4 GHz (5 à 8 W) 35 à 45 €
Bias Tee 15 €
Câbles et connecteurs 20 €

Budget total

≈ 330 €

Avec cette configuration, le SDR remplace le transceiver traditionnel. Relié à un ordinateur, il permet de gérer simultanément l’émission et la réception tout en offrant une vue complète de la bande QO-100. Les logiciels comme SDR Console, SDRangel ou d’autres applications compatibles facilitent le réglage des fréquences, le contrôle des niveaux et l’utilisation des différents modes numériques.

Le fonctionnement en full duplex permet d’entendre instantanément son propre signal sur le satellite, ce qui simplifie considérablement les réglages et améliore le confort d’utilisation.

✅ Points forts

  • Station compacte et moderne.
  • Visualisation de toute la bande passante en temps réel.
  • Fonctionnement en full duplex.
  • Excellente qualité d’émission et de réception.
  • Compatible avec la SSB, la CW, le FT8 et de nombreux autres modes numériques.
  • Nombreuses possibilités d’évolution par simple mise à jour logicielle.

⚠️ À savoir

  • Un ordinateur est indispensable.
  • La prise en main d’un logiciel SDR demande un petit temps d’apprentissage.
  • Certains SDR nécessitent des modifications ou des réglages pour couvrir l’ensemble des fréquences utiles à QO-100.
  • Le SDR ne fournit pas directement la puissance nécessaire à l’émission : un amplificateur 2,4 GHz reste indispensable.

🏆 Notre avis

Les SDR tels que l’ADALM-Pluto ou l’OpenSDR représentent aujourd’hui l’une des solutions les plus performantes pour exploiter QO-100. Ils offrent une excellente qualité de trafic, une grande souplesse d’utilisation et un confort remarquable grâce à la visualisation complète du spectre. Cette solution conviendra parfaitement aux radioamateurs appréciant les technologies SDR et souhaitant disposer d’une station moderne et évolutive.

👤 Pour qui ?

  • 🟢 Passionnés de SDR.
  • 🟢 Radioamateurs souhaitant une station entièrement pilotée par ordinateur.
  • 🟢 Utilisateurs des modes numériques.
  • 🟢 Amateurs de stations compactes et évolutives.

Notre recommandation

⭐⭐⭐⭐⭐ La solution la plus moderne et la plus évolutive pour exploiter pleinement les possibilités de QO-100.

 

Quel amplificateur utiliser ?

PA WiFi 8 W

L’étage de puissance constitue souvent l’un des postes les plus coûteux d’une station QO-100. Heureusement, il existe une alternative économique largement adoptée par de nombreux radioamateurs : les amplificateurs Wi-Fi 2,4 GHz disponibles sur les plateformes asiatiques.

Commercialisés pour des applications réseau, ces modules délivrent généralement entre 5 et 8 W en fonctionnement d’origine. En les utilisant à une puissance plus modérée, de l’ordre de 4 à 8 W HF, ils offrent d’excellents résultats sur QO-100 tout en limitant les contraintes thermiques et la distorsion du signal.

Ces amplificateurs présentent plusieurs avantages : un prix souvent compris entre 30 et 50 €, une alimentation en 12 V, un faible encombrement et une intégration relativement simple dans une station portable ou fixe.

Il est toutefois recommandé de ne pas chercher à exploiter leur puissance maximale. Un niveau de sortie raisonnable, associé à une bonne ventilation et à un réglage soigné du niveau d’excitation, permet d’obtenir un signal propre, conforme aux bonnes pratiques radioamateurs. Avec une parabole de 80 cm, une puissance de quelques watts seulement est généralement suffisante pour réaliser d’excellents contacts en SSB, CW ou FT8 via QO-100.

 

Quelle antenne choisir ?

Antenne DC8PAT et POTY

Pour émettre sur QO-100, il est nécessaire d’utiliser une antenne adaptée à la bande des 2,4 GHz. La plus connue est sans doute la POTY (Patch Of The Year), une antenne bi-bande permettant également de recevoir la bande des 10 GHz grâce au LNB placé en son centre. Très performante, elle est toutefois relativement coûteuse lorsqu’elle est achetée prête à l’emploi.

Une alternative particulièrement intéressante consiste à réaliser une antenne hélicoïdale. Facile à construire, elle offre d’excellentes performances pour un coût très réduit. Au radio-club F5KEE, nous avons décrit sa réalisation pas à pas dans l’article :

« Réalisation d’une antenne QO-100» sur https://www.f5kee.fr/realisation-dune-antenne-qo-100/

Cette antenne s’imprime en grande partie en 3D, ce qui facilite sa construction et garantit une excellente répétabilité. Une petite amélioration peut être apportée par rapport à la conception d’origine : au lieu d’utiliser une barre de cuivre pleine de 4 mm, il est préférable d’employer un tube de cuivre de 4 mm. Plus souple et beaucoup plus facile à cintrer, il permet de réaliser une hélice parfaitement régulière sans modifier les caractéristiques électriques de l’antenne.

Parmi les réalisations les plus populaires figure également l’antenne hélicoïdale de DC8PAT, largement utilisée par la communauté radioamateur. Les essais réalisés par de nombreux utilisateurs montrent que ce type d’antenne offre des performances très proches de celles d’une POTY pour un coût de fabrication nettement inférieur. Pour une station à petit budget, c’est sans doute l’une des meilleures solutions, d’autant qu’elle ne nécessite que quelques heures de fabrication et très peu de matériaux.

Conclusion

Comme nous l’avons vu tout au long de cet article, accéder au satellite QO-100 n’est plus réservé aux stations coûteuses ou aux radioamateurs les plus expérimentés. Grâce à l’évolution des composants électroniques, à la disponibilité de matériel d’occasion, à l’impression 3D et aux nombreuses réalisations partagées par la communauté radioamateur, il est aujourd’hui possible de construire une station performante avec un budget maîtrisé.

Que vous souhaitiez simplement écouter le trafic via un WebSDR, réaliser une station de réception avec une clé SDR, réutiliser un transceiver multimode 432 MHz ou opter pour une solution entièrement SDR, il existe une configuration adaptée à vos besoins, à votre niveau technique et à votre budget.

Le plus important est sans doute de franchir le pas. QO-100 offre un terrain d’expérimentation exceptionnel pour découvrir les hyperfréquences, les techniques satellitaires et les nombreux modes de trafic disponibles. N’hésitez pas à commencer modestement : votre station pourra évoluer au fil du temps, en fonction de vos envies et de votre expérience.

Si cet article vous a donné l’envie de construire votre propre station, le radio-club F5KEE met à votre disposition de nombreux tutoriels, réalisations et conseils pour vous accompagner dans cette aventure. Nous vous souhaitons d’excellents contacts via QO-100 et espérons vous retrouver très prochainement sur le satellite !

Ressources documentaire

Cet article consacré à la réalisation d’une station QO-100 à petit budget, ainsi que les illustrations qui l’accompagnent, ont été élaborés à partir de recherches documentaires et avec l’aide de ChatGPT. Les informations présentées ont ensuite été sélectionnées, adaptées et complétées afin de proposer un contenu pratique, fiable et accessible aux radioamateurs.

Retour sur le contact scolaire avec l’île Maurice

Contact Scolaire ile Maurice3B8DU

Le contact scolaire QO-100 avec l’île Maurice s’est déroulé avec succès le 5 avril 2026, malgré quelques aléas techniques qui font aussi partie de l’aventure radioamateur ! Organisée avec les collégiens du Collège Olivier de Serres de Viry-Châtillon, cette liaison a permis aux élèves d’échanger par radio avec l’île Maurice grâce au satellite géostationnaire QO-100.


🛰 Quelques défis techniques

Station QO-100

Tout ne s’est pas passé exactement comme prévu côté technique.
Notre chaîne DATV via QO-100 a malheureusement été mise hors service suite à une panne de l’émetteur : le transistor final du PA nous a lâchés lors du pointage de l’antenne.

Cependant, l’essentiel du projet reposait sur la liaison phonie via QO-100, et celle-ci a parfaitement fonctionné, permettant d’assurer le cœur de l’événement sans difficulté.


🎓 Une belle participation des collégiens

Classe ODS

Nous tenons à féliciter les collégiens du Collège Olivier de Serres à Viry-Châtillon (91), qui ont su faire preuve :

  • de calme
  • de sérieux
  • et surtout d’une grande qualité dans leurs questions

Leur implication a largement contribué à la réussite de ce contact.

L’ensemble des élèves, des professeurs ainsi que le Principal ont été ravis de cette expérience enrichissante, et se disent déjà prêts à renouveler l’opération.


🌍 Un moment de partage élargi

À l’issue des échanges, Vincent (FR5VK), depuis l’île de la Réunion, voisin de l’île Maurice, est intervenu pour saluer l’assistance, ajoutant une dimension encore plus conviviale à cet événement.

Le mot de clôture est revenu au Principal du collège, concluant cette belle rencontre sur une note très positive.


🙏 Remerciements

Nous adressons nos plus sincères remerciements à toutes les personnes qui ont rendu cet événement possible :

  • Jean-Marc (3B8DU) et son épouse Véronique (3B8AU) pour leur disponibilité et leur participation
  • Le Principal et les enseignants du collège pour leur confiance
  • Vincent (FR5VK) pour son intervention
  • Et tout particulièrement Chris (ON1RC) pour :
    • le relais de l’événement sur QO-100
    • la diffusion sur Twitch
    • et surtout ses nombreux conseils précieux, très utiles pour une première expérience de ce type

📻 Une expérience riche d’enseignements

Ce contact restera une expérience très enrichissante pour tous.
Il nous permettra également de tirer de nombreux enseignements techniques et organisationnels pour améliorer encore nos prochaines réalisations.


👉 Une chose est sûre : ce ne sera pas le dernier contact scolaire du radio-club F5KEE !

73 à tous ! 📡

Comment suivre le contact scolaire avec l’île Maurice ?

Contact Scolaire ile Maurice3B8DU

Le contact entre un collège de Viry-Châtillon et l’île Maurice pourra être suivi de plusieurs façons :

🕦 Rendez-vous à 11h30 (heure française) jeudi 26 mars

Lors de cet échange, 20 collégiens auront l’opportunité de poser chacun une question sur l’île Maurice.

⚠️ Les fréquences utilisées, en phonie comme en DATV, seront déterminées en fonction de l’occupation du transpondeur au moment du contact.