Les résistances font partie des composants que l’on rencontre le plus souvent en électronique. Dans un montage radioamateur, une alimentation, un amplificateur, un filtre ou une simple carte Arduino, elles sont partout. Pourtant, contrairement à de nombreux composants modernes, les résistances traversantes n’affichent généralement pas leur valeur en clair.
Pour connaître leur valeur, il faut décoder les anneaux de couleur imprimés sur leur corps. Le principe est simple une fois que l’on connaît la règle. Voyons comment lire rapidement une résistance à 4, 5 ou 6 anneaux.
Pourquoi utiliser des couleurs ?
Une petite résistance ne laisse pas beaucoup de place pour imprimer « 4,7 kΩ ±5 % ». Les fabricants utilisent donc depuis longtemps un système normalisé dans lequel chaque couleur représente un chiffre, un multiplicateur ou une tolérance.
Le principe repose sur une série de dix couleurs correspondant aux chiffres de 0 à 9 :
Noir 0 – Brun 1 – Rouge 2 – Orange 3 – Jaune 4 – Vert 5 – Bleu 6 – Violet 7 – Gris 8 – Blanc 9.
À celles-ci viennent notamment s’ajouter l’or et l’argent, utilisés pour certains multiplicateurs et pour les tolérances.
Le tableau du code couleur des résistances

Le tableau suivant constitue la référence essentielle à conserver près de l’établi.
| Couleur | Chiffre | Multiplicateur | Tolérance | Coeff. température |
|---|---|---|---|---|
| Noir | 0 | × 1 | — | 250 ppm/°C |
| Brun | 1 | × 10 | ± 1 % | 100 ppm/°C |
| Rouge | 2 | × 100 | ± 2 % | 50 ppm/°C |
| Orange | 3 | × 1 k | — | 15 ppm/°C |
| Jaune | 4 | × 10 k | — | 25 ppm/°C |
| Vert | 5 | × 100 k | ± 0,5 % | 20 ppm/°C |
| Bleu | 6 | × 1 M | ± 0,25 % | 10 ppm/°C |
| Violet | 7 | × 10 M | ± 0,1 % | 5 ppm/°C |
| Gris | 8 | × 100 M | ± 0,05 % | 1 ppm/°C |
| Blanc | 9 | × 1 G | — | — |
| Or | — | × 0,1 | ± 5 % | — |
| Argent | — | × 0,01 | ± 10 % | — |
Dans quel sens lire une résistance ?
Avant même de décoder les couleurs, il faut savoir dans quel sens tenir la résistance.
Sur une résistance classique à quatre anneaux, l’anneau de tolérance, souvent or ou argent, est généralement légèrement séparé des autres. Il doit se trouver à droite.
On commence donc la lecture depuis l’autre extrémité.
Lorsque les anneaux sont difficiles à distinguer ou régulièrement espacés, cette règle peut être moins évidente, notamment avec certaines résistances de précision. Dans le doute, le multimètre reste le meilleur arbitre.
Comment lire une résistance à 4 anneaux ?
C’est probablement le cas le plus courant dans les tiroirs de nos ateliers.
Les quatre anneaux correspondent à :
1er anneau : premier chiffre
2e anneau : deuxième chiffre
3e anneau : multiplicateur
4e anneau : tolérance
Prenons une résistance :
Jaune – Violet – Rouge – Or
Jaune correspond à 4, violet à 7 et rouge indique un multiplicateur de ×100.
Nous obtenons donc :
47 × 100 = 4 700 Ω
soit :
4,7 kΩ ±5 %
L’anneau or indique en effet une tolérance de ±5 %.
Cela signifie que la résistance réelle peut théoriquement se situer entre environ 4,465 kΩ et 4,935 kΩ.
Et une résistance à 5 anneaux ?
Les résistances de précision utilisent fréquemment cinq anneaux. Cette fois, les trois premiers anneaux représentent trois chiffres significatifs.
La lecture devient :
1er anneau : premier chiffre
2e anneau : deuxième chiffre
3e anneau : troisième chiffre
4e anneau : multiplicateur
5e anneau : tolérance
Prenons :
Brun – Noir – Noir – Rouge – Brun
Les trois premiers anneaux donnent :
1 – 0 – 0 = 100
Le rouge correspond au multiplicateur ×100 :
100 × 100 = 10 000 Ω
Nous avons donc une résistance de :
10 kΩ ±1 %
Le dernier anneau brun indique la tolérance de ±1 %.

Lecture pratique du code couleur : exemples de résistances à 4 et 5 anneaux et calcul de leur valeur.CodeCouleur
Et avec 6 anneaux ?
Une résistance à six anneaux se lit pratiquement comme une résistance à cinq anneaux. Le sixième anneau ajoute généralement une information concernant le coefficient de température.
Celui-ci s’exprime en ppm/°C, c’est-à-dire en parties par million par degré Celsius.
Cette caractéristique est surtout importante dans les circuits de précision : appareils de mesure, références de tension, oscillateurs, circuits analogiques sensibles ou équipements devant conserver leurs caractéristiques malgré les variations de température.
Pour nos montages courants, cette information est souvent secondaire, mais il est utile de savoir à quoi correspond ce mystérieux sixième anneau.
Attention aux résistances de faible valeur
L’or et l’argent ne servent pas uniquement à indiquer la tolérance. Lorsqu’ils occupent la position du multiplicateur, ils permettent de représenter des résistances inférieures à 10 Ω.
Par exemple :
Rouge – Rouge – Or – Or
Rouge = 2
Rouge = 2
Or = ×0,1
Donc :
22 × 0,1 = 2,2 Ω
avec une tolérance de ±5 %.
De même, l’argent comme multiplicateur correspond à ×0,01.
Une petite astuce pour mémoriser le code
Il n’est finalement pas indispensable d’apprendre immédiatement toutes les correspondances. Avec l’habitude, les couleurs les plus utilisées finissent par être mémorisées naturellement.
On rencontre par exemple très souvent :
Brun = 1
Rouge = 2
Orange = 3
Jaune = 4
Ainsi, une résistance brun-noir-rouge devient rapidement reconnaissable : 10 × 100 = 1 kΩ.
Une jaune-violet-rouge donne 47 × 100 = 4,7 kΩ.
Une brun-noir-orange donne 10 × 1 000 = 10 kΩ.
Et une jaune-violet-orange donne 47 × 1 000 = 47 kΩ.
À force de manipuler des composants, certaines valeurs deviennent reconnaissables au premier coup d’œil.
Les couleurs ne sont pas toujours faciles à distinguer
Sur le papier, le système paraît infaillible. Sur l’établi, c’est parfois une autre histoire !
Une résistance ancienne ayant chauffé peut présenter des couleurs altérées. Le rouge peut être confondu avec le brun, le bleu avec le violet et certaines teintes deviennent difficiles à identifier sous un mauvais éclairage.
Le problème est encore plus sensible pour les personnes ayant des difficultés à distinguer certaines couleurs.
Il ne faut donc jamais hésiter à utiliser un multimètre.
Pour obtenir une mesure fiable dans un circuit, il peut être nécessaire de dessouder au moins une patte de la résistance. Les autres composants connectés en parallèle peuvent sinon modifier complètement la valeur mesurée.
Code couleur ou multimètre ?
Les deux méthodes sont complémentaires.
Le code couleur permet d’identifier immédiatement la valeur nominale prévue par le fabricant et sa tolérance. Le multimètre permet de connaître la valeur réellement mesurée.
Cette distinction peut devenir intéressante lors d’un dépannage. Une résistance ayant fortement chauffé ou vieilli peut avoir changé de valeur, alors que ses anneaux continuent évidemment d’indiquer sa valeur d’origine.
Une résistance marquée 10 kΩ ±5 % mais mesurée à 15 kΩ mérite donc quelques soupçons !
Ce qu’il faut retenir
Pour une résistance à 4 anneaux, retenez simplement :
2 chiffres + multiplicateur + tolérance
Pour une résistance à 5 anneaux :
3 chiffres + multiplicateur + tolérance
Et pour une résistance à 6 anneaux :
3 chiffres + multiplicateur + tolérance + coefficient de température
Enfin, lorsque les couleurs sont douteuses, que la résistance semble avoir chauffé ou que vous dépannez un appareil, ne faites pas une confiance aveugle aux anneaux : sortez le multimètre !
Le code couleur permet de savoir ce que la résistance devrait être. La mesure permet de savoir ce qu’elle est réellement.
