Le Soleil s’agite à nouveau et, pour les radioamateurs, cela signifie souvent une propagation inhabituelle. Le 25 août 2026, la région solaire active AR4513, alors bien orientée vers la Terre, a produit une puissante éruption de classe M6.9, accompagnée de plusieurs éjections de masse coronale (CME). L’événement a provoqué un blackout radio de niveau R2 et les CME associées pourraient provoquer une tempête géomagnétique G2 lors de leur arrivée sur Terre.
R2 et G2 : deux phénomènes à ne pas confondre
Le blackout R2 intervient presque immédiatement après l’éruption. Les rayons X émis par le Soleil atteignent la Terre en environ huit minutes et augmentent brutalement l’ionisation de la haute atmosphère. Résultat : les signaux HF peuvent être fortement absorbés sur la face éclairée de notre planète.
La CME, elle, est un immense nuage de plasma qui met plusieurs jours à parcourir les 150 millions de kilomètres séparant le Soleil de la Terre.
Lorsqu’elle rencontre la magnétosphère terrestre, elle peut déclencher une tempête géomagnétique. Un niveau G2 correspond à un indice Kp de 6. La NOAA indique alors notamment que la propagation HF peut subir du fading aux hautes latitudes.

Nos bandes HF vont-elles disparaître ?
Non ! Une tempête G2 ne signifie absolument pas un silence radio généralisé.
Sur 80 et 40 mètres, on pourra observer davantage de bruit, de fading et des conditions plus variables. Sur 30 et 20 mètres, les liaisons DX empruntant des trajets proches des régions polaires risquent d’être les plus perturbées.
Les bandes 17, 15, 12 et 10 mètres peuvent également devenir très changeantes : une belle ouverture DX peut apparaître puis disparaître rapidement.
C’est justement l’intérêt de l’événement : observer en temps réel comment l’ionosphère réagit à l’activité solaire.
Et si les VHF devenaient intéressantes ?
Une forte activité géomagnétique peut également favoriser la propagation aurorale. Les bandes 50 MHz et surtout 144 MHz méritent alors une écoute attentive en direction du nord.
Les signaux réfléchis ou diffusés par la région aurorale prennent un aspect très particulier. En CW, la note devient rauque et soufflée ; en SSB, les voix peuvent être fortement déformées. Les modes numériques classiques sont souvent moins efficaces à cause de l’étalement Doppler.

Que faut-il surveiller ?
Trois paramètres sont particulièrement intéressants : l’indice Kp, la vitesse du vent solaire et surtout le Bz du champ magnétique interplanétaire. Un Bz orienté durablement vers le sud favorise le couplage avec le champ magnétique terrestre et peut intensifier la tempête.
Une G2 n’est donc pas une catastrophe pour nos bandes : c’est plutôt un formidable laboratoire grandeur nature pour le radioamateur.
Pour suivre l’événement : NOAA Space Weather Prediction Center
