Construire une station radio autonome sur Raspberry Pi : APRS, Winlink, GPS et IA sans Internet

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Que reste-t-il de nos outils numériques lorsque la connexion Internet disparaît ? Pour un radioamateur, beaucoup de choses ! Associé à un transceiver, un GPS et quelques logiciels libres, un Raspberry Pi peut devenir le cœur d’une véritable station numérique autonome : localisation, APRS, messagerie radio, cartographie et même intelligence artificielle locale.

L’objectif n’est pas de recréer Internet, mais de construire une station capable de rester utile sans Wi-Fi, sans 4G/5G et sans connexion filaire.

Autour du Raspberry

Le Raspberry Pi au centre de la station

Un Raspberry Pi 5, de préférence équipé de 8 Go de RAM si l’on souhaite expérimenter l’IA locale, constitue une excellente base. On lui ajoutera un SSD ou NVMe, un récepteur GPS/GNSS USB ou série, une interface audio USB isolée et une commande PTT reliée au transceiver.

Pour une utilisation portable, l’ensemble peut être alimenté depuis une batterie LiFePO₄ 12 V au moyen d’un convertisseur DC/DC 5 V correctement dimensionné.

Attention à l’alimentation : le Raspberry Pi 5 est prévu pour une alimentation pouvant fournir 5 V sous 5 A. Avec une alimentation moins puissante, la capacité disponible pour les périphériques USB est réduite.

APRS : communiquer sa position sans Internet

Le premier service intéressant est l’APRS. Le GPS fournit latitude, longitude, altitude et heure au Raspberry Pi. Le logiciel gpsd peut distribuer ces informations aux différentes applications.

Le principe devient alors :

GPS → Raspberry Pi → Dire Wolf → interface audio → transceiver VHF → APRS

Dire Wolf remplace avantageusement un ancien TNC matériel : il utilise la carte son pour générer et décoder les signaux AX.25. Il peut fonctionner comme tracker GPS, TNC, digipeater ou IGate et fonctionne sous Linux, notamment sur Raspberry Pi.

Et surtout, la transmission APRS par radio ne nécessite aucune connexion Internet. L’accès à APRS-IS, en revanche, en nécessite une.

Winlink : le courriel passe par la radio

Autre possibilité passionnante : Winlink. Lorsqu’Internet local est inaccessible, un message peut être transmis par radio vers une station RMS distante.

Le chemin devient par exemple :

Raspberry Pi → modem/TNC → transceiver → liaison radio → RMS Winlink

Selon l’installation, on peut utiliser le packet radio en VHF/UHF ou différents modes adaptés à la HF.

Il faut cependant distinguer « accès à Winlink sans Internet chez l’utilisateur » et « réseau entièrement dépourvu d’Internet ». Winlink dispose justement d’un Hybrid Network permettant à certaines passerelles RMS de transférer des messages par HF lorsque l’infrastructure Internet est indisponible.

Sans internet ?

Lorsque l’accès Internet disparaît, le GPS, les cartes locales, l’IA embarquée et les liaisons radio directes restent disponibles. Winlink demeure accessible uniquement si une passerelle RMS peut être jointe par radio.

GPS et cartes : pas besoin du réseau mobile

Un récepteur GPS/GNSS n’a pas besoin d’Internet pour déterminer sa position. Le Raspberry Pi peut donc connaître en permanence :

latitude – longitude – altitude – heure – vitesse – locator Maidenhead

En enregistrant préalablement les cartes sur son stockage local, il devient également possible d’afficher sa position et éventuellement celles reçues par APRS sans consulter aucun serveur cartographique.

Pour une station portable ou une installation de secours, cette autonomie prend tout son sens.

Et pourquoi pas une IA sans Internet ?

C’est ici que notre station version 2026 devient particulièrement intéressante.

Avec llama.cpp, le Raspberry Pi peut exécuter localement de petits modèles de langage. Le logiciel accepte notamment des modèles GGUF quantifiés sur quelques bits afin de réduire leurs besoins en mémoire.

L’objectif n’est évidemment pas de transformer le Pi en centre de données. Une petite IA embarquée pourrait plutôt servir à rechercher une procédure dans une documentation stockée localement, résumer un bulletin reçu, reformuler un message Winlink ou expliquer une commande radio.

Une sorte d’assistant technique de terrain qui continuerait à fonctionner même lorsque le réseau est coupé.

Une station réellement autonome

Ajoutons une batterie LiFePO₄, un convertisseur DC/DC efficace, éventuellement un panneau solaire et une antenne adaptée : le Raspberry Pi devient alors le cerveau d’une petite station de communication autonome.

APRS, packet radio, GPS, cartographie, Winlink et IA locale peuvent ainsi cohabiter dans une boîte transportable.

Avec quelques watts, une antenne et un Raspberry Pi, on ne recrée pas Internet. On construit quelque chose de peut-être plus intéressant : une station capable de continuer à communiquer lorsqu’Internet n’est plus là.

Liens et ressources utiles

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