POTA Park-to-Park : quand les Activators se chassent entre eux ! (12/13)

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Dans notre précédent article, « POTA : quelle bande choisir pour ne pas appeler les écureuils ? », nous avons vu comment choisir entre 40, 20, 15 ou 10 mètres selon la propagation.

Maintenant que notre activation fonctionne, allons chercher un correspondant un peu particulier : un autre Activator POTA !

Lorsque deux stations installées dans des parcs se contactent, nous réalisons un Park-to-Park, généralement abrégé P2P.

Et vous allez voir que la chasse aux P2P peut rapidement devenir un jeu dans le jeu.

Un QSO, deux Activators

Imaginons :

F4AAA active F-1234

et quelques centaines de kilomètres plus loin :

F5BBB active F-5678.

F4AAA contacte F5BBB.

Les deux stations sont alors simultanément Activators et Hunters : chacune réalise un QSO depuis son propre parc avec un opérateur installé dans un autre parc.

C’est exactement ce que POTA appelle un Park-to-Park.

Le P2P n’est pas un mode particulier. Il peut être réalisé en SSB, CW, numérique ou sur toute autre bande et mode autorisés par les règles POTA.

Un QSO, deux parcs

Comment trouver les autres Activators ?

La méthode la plus simple consiste à consulter les spots POTA.

Supposons que nous soyons en train d’activer F-1234 sur 20 mètres et découvrions :

F5BBB — F-5678 — 14,244 MHz — SSB

Nous pouvons momentanément quitter notre fréquence, nous régler sur 14,244 MHz et écouter.

F5BBB lance CQ POTA ?

Parfait.

Attendons notre tour et appelons-le.

Dans un pile-up, préciser « Park-to-Park » peut aider l’Activator à identifier qu’un autre parc cherche à le contacter. Le guide POTA indique d’ailleurs explicitement que cette mention peut être utilisée lorsqu’un Activator en chasse un autre.

Que faut-il échanger ?

Pas besoin d’une procédure compliquée.

En phonie, le QSO pourrait ressembler à ceci :

— F5BBB, ici F4AAA, Park-to-Park.

— F4AAA, vous êtes 57 depuis F-5678.

— Reçu 57, vous êtes 59 depuis F-1234. Merci pour le Park-to-Park !

Et voilà.

L’information essentielle supplémentaire par rapport à un QSO classique est la référence du parc distant.

Notez-la soigneusement.

Ne comptez pas uniquement sur votre mémoire ou sur le spot affiché quelques minutes auparavant.

Comment réaliser un P2P ?

Un P2P en pratique : trouvez un Activator, écoutez, réalisez le QSO, échangez les références des parcs et notez-les soigneusement dans votre log.

Le P2P compte-t-il dans nos 10 QSO ?

Oui.

Un Park-to-Park reste un QSO réalisé pendant notre activation. S’il respecte les règles POTA, il participe donc à notre activité comme les autres contacts.

Il n’est pas nécessaire de réaliser dix QSO ordinaires puis de commencer ensuite les P2P.

Vous pourriez même théoriquement compléter une activation avec de nombreux contacts Park-to-Park si suffisamment d’Activators sont présents.

Et pendant certains événements POTA, ce n’est pas difficile !

Le point important : notre fichier ADIF

C’est ici qu’une petite erreur peut nous faire perdre le crédit P2P.

POTA utilise des champs ADIF spécifiques pour identifier les parcs.

Pour notre propre parc :

MY_SIG = POTA

MY_SIG_INFO = F-1234

Pour le parc de notre correspondant :

SIG = POTA

SIG_INFO = F-5678

Autrement dit :

MY_SIG_INFO = MON parc

SIG_INFO = SON parc

Le P2P dans le fichier ADIF

En P2P, MY_SIG_INFO contient la référence de votre parc et SIG_INFO celle du parc de votre correspondant.

Voilà probablement la règle la plus importante à retenir.

Un QSO P2P pourrait donc contenir notamment :

<MY_SIG:4>POTA

<MY_SIG_INFO:6>F-1234

<SIG:4>POTA

<SIG_INFO:6>F-5678

Votre logiciel de log peut évidemment présenter cela sous une forme beaucoup plus conviviale avec simplement deux cases « My Park » et « Their Park ».

Mais dans le fichier ADIF final, ce sont bien ces informations qui permettent à POTA d’identifier correctement le Park-to-Park.

Faut-il que les deux Activators envoient leur log ?

Oui, c’est la bonne pratique.

Chacun est responsable du log de sa propre activation.

La documentation POTA recommande d’utiliser correctement les champs P2P afin d’assurer le rapprochement entre les contacts. Elle précise également que le crédit dépend du traitement correct des informations provenant des Activators.

Nous retrouvons donc une règle déjà évoquée dans notre article consacré à l’ADIF :

envoyez toujours votre log, même si vous n’avez pas atteint les dix QSO nécessaires à une activation réussie.

Vos correspondants attendent peut-être leurs crédits !

Et si l’autre Activator est dans deux parcs ?

Voici le fameux 2-fer, voire 3-fer.

Un Activator peut parfois se trouver physiquement dans une zone où plusieurs références POTA valides se chevauchent réellement.

Attention : deux parcs simplement voisins ne suffisent pas.

Pour qu’une activation multiple soit valable, POTA exige que les zones se chevauchent réellement et que l’ensemble de la station soit situé dans cette zone commune.

Si notre correspondant nous annonce deux références valides, la documentation POTA indique de créer des entrées appropriées avec les différentes références dans SIG_INFO afin que les P2P puissent être crédités.

Nous noterons donc soigneusement toutes les références annoncées.

Le 2-fer est une pratique plus avancée : mieux vaut vérifier sérieusement les limites officielles avant de revendiquer plusieurs parcs.

P2P en CW : trois lettres qui changent tout

En CW, nous pouvons également rechercher les autres Activators.

Le guide CW de POTA indique qu’en présence d’un pile-up, un Activator peut envoyer :

P2P

plutôt que son indicatif.

Si l’Activator répond au P2P, nous envoyons alors notre call.

Après le report, nous pouvons transmettre notre référence de parc. Le correspondant fera généralement de même.

Le Reverse Beacon Network et les spots POTA sont particulièrement pratiques pour localiser les Activators CW présents sur les bandes.

Et en FT8 ou FT4 : comment logger correctement un P2P ?

Un contact Park-to-Park est également possible en FT8 ou FT4. Pour POTA, le principe du log reste le même qu’en SSB ou en CW : ce qui change est simplement le mode du QSO.

La difficulté vient plutôt de l’échange des références des parcs.

Les messages FT8 et FT4 sont très courts et ne permettent pas d’échanger aussi facilement :

« Je suis dans F-1234 et vous êtes dans F-5678. »

Le bon réflexe consiste donc à consulter les spots POTA. Si nous voyons par exemple :

F5BBB — F-5678 — 14,074 MHz — FT8

et que nous réalisons ensuite un QSO FT8 avec F5BBB, nous savons que notre correspondant est en train d’activer F-5678.

Attention cependant : vérifions que le spot correspond bien à l’activation en cours et ne recopions jamais automatiquement une ancienne référence simplement parce que nous avons déjà contacté cette station auparavant.

Que faut-il mettre dans l’ADIF ?

Supposons que :

nous activions F-1234
et que
F5BBB active F-5678.

Notre QSO FT8 devra notamment contenir :

<CALL:5>F5BBB
<MODE:3>FT8
<MY_SIG:4>POTA
<MY_SIG_INFO:6>F-1234
<SIG:4>POTA
<SIG_INFO:6>F-5678

Exactement comme pour un P2P en phonie ou en CW :

MY_SIG_INFO = MON parc

SIG_INFO = SON parc

Le fait que le contact soit réalisé en FT8 ne modifie donc pas la façon dont les références POTA sont renseignées dans l’ADIF.

Notre logiciel de log peut éventuellement ajouter ces champs automatiquement. Sinon, il faudra renseigner manuellement la référence du parc distant avant de produire ou de corriger le fichier ADIF destiné à POTA.

FT8 + spots POTA : le duo pratique

La méthode peut finalement se résumer ainsi :

1 — consulter les spots POTA ;
2 — repérer un Activator FT8 sur notre bande ;
3 — réaliser normalement le QSO dans WSJT-X ;
4 — vérifier la référence du parc distant ;
5 — renseigner cette référence dans notre log ;
6 — contrôler l’ADIF avant son envoi à POTA.

PSK Reporter peut nous montrer où notre signal est reçu, mais ce sont les spots POTA qui nous permettent généralement d’identifier le parc activé par notre correspondant.

En FT8 comme dans les autres modes, un principe reste donc essentiel :

pour obtenir le crédit Park-to-Park, connaître l’indicatif ne suffit pas : il faut aussi correctement identifier et logger la référence du parc distant.

Les P2P ont aussi leurs awards

POTA récompense spécifiquement les contacts Park-to-Park.

Le programme propose un Park-to-Park Award destiné aux Activators qui contactent d’autres Activators. Le premier certificat est attribué à partir de 25 contacts P2P uniques, puis progresse par paliers de 25.

Ces récompenses sont générées automatiquement à partir des logs traités par POTA.

Voilà une excellente raison supplémentaire de noter correctement les références !

Attention, le P2P devient vite addictif !

Au début de l’activation, notre objectif était simple :

« Il me faut mes 10 QSO. »

Puis nous regardons les spots.

Un Activator sur 40 m…

Un autre sur 20 m…

Tiens, un nouveau parc sur 15 m !

Quelques minutes plus tard, nous ne lançons même plus CQ : nous sommes devenus Hunter depuis notre propre parc.

C’est tout le charme du Park-to-Park.

Le POTA n’est plus seulement une relation entre un Activator et des Hunters installés chez eux.

Les parcs commencent à communiquer entre eux.

Alors, lors de votre prochaine activation, une fois vos premiers QSO dans le log, ouvrez les spots et partez à la chasse.

Votre prochain correspondant est peut-être lui aussi assis sur une table de pique-nique, avec une batterie qui commence à faiblir et un café déjà froid !

Pour aller plus loin

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