Pendant des années, le Kenwood TM-D710 a occupé une place particulière dans les stations VHF/UHF. Double réception, 50 W, GPS sur la version GE, TNC 1200/9600 bauds intégré et surtout une remarquable intégration de l’APRS : il était bien davantage qu’un simple bibande FM. Aujourd’hui discontinué, il n’avait jamais réellement trouvé de successeur chez Kenwood.
Avec le nouveau TM-D750, Kenwood semble enfin avoir décidé de reprendre la recette.
Un TM-D710 entré dans le XXIe siècle
Au premier regard, la filiation est évidente : le TM-D750 reste un mobile VHF/UHF conçu pour une utilisation radioamateur intensive, avec réception simultanée sur deux bandes et une façade détachable riche en commandes physiques.
Mais l’afficheur monochrome du D710 laisse place à un écran TFT couleur de 3,45 pouces. À cela viennent s’ajouter GNSS, Bluetooth, Wi-Fi 2,4/5 GHz, USB-C et carte microSD.
Autrement dit, Kenwood n’a pas simplement remplacé l’écran : l’architecture générale de l’appareil a été modernisée.
APRS : l’héritage du TM-D710 est bien là
C’est probablement le point le plus important pour les amateurs du D710.
L’APRS (Automatic Packet Reporting System) permet aux stations d’échanger automatiquement positions, messages et autres informations par paquets radio. Le D710 excellait dans ce domaine grâce à son TNC intégré, capable de travailler à 1200 ou 9600 bauds.
Le TM-D750 reprend cette philosophie : affichage des stations APRS reçues, messages, informations de position, chemins empruntés par les paquets et gestion d’une liste pouvant atteindre 100 stations.
L’intérêt reste le même : pas besoin d’ajouter un ordinateur, un Raspberry Pi ou un TNC externe pour exploiter l’APRS sur le terrain.
D-STAR et Wi-Fi changent la donne
Le D750 va cependant beaucoup plus loin que son ancêtre en intégrant le D-STAR.
Le Wi-Fi permet en outre d’exploiter certaines fonctions D-STAR via Internet. Le poste devient ainsi une plateforme combinant FM analogique, Packet/APRS, communications numériques et réseau IP.
C’est probablement là que se situe la principale rupture technologique avec le TM-D710.
Un waterfall… mais ce n’est pas une première !
L’une des fonctions les plus visibles du TM-D750 est son nouveau Visual Scan avec waterfall. L’historique de l’activité radio apparaît progressivement à l’écran, permettant de repérer plus facilement une fréquence occupée ou une émission intermittente.
Attention cependant à ne pas présenter cette fonction comme une première sur un émetteur-récepteur FM VHF/UHF.
L’Icom ID-52, commercialisé plusieurs années auparavant, possédait déjà un Band Scope avec véritable affichage waterfall. Icom indique d’ailleurs explicitement que celui-ci représente l’évolution chronologique du niveau des signaux.
Le TM-D710 lui-même possédait déjà un Visual Scan, mais celui-ci surveillait 31, 61, 91 ou 181 canaux sans offrir l’affichage historique d’un waterfall moderne.
Alors, digne successeur du TM-D710 ?
Sur le papier, difficile de répondre autrement que oui.
Le TM-D750 conserve les ingrédients qui avaient fait la réputation du D710 — double bande, Packet, APRS et fonctionnement autonome — tout en ajoutant écran couleur, GNSS moderne, D-STAR, Wi-Fi, Bluetooth, USB-C et waterfall.
Reste maintenant à vérifier sur le terrain ce qu’une fiche technique ne peut pas révéler : qualité du récepteur, résistance aux signaux puissants, efficacité du Visual Scan, ergonomie APRS et simplicité d’utilisation.
Car le véritable défi de Kenwood n’était peut-être pas d’ajouter davantage de fonctions au D710, mais de retrouver ce rare équilibre entre richesse fonctionnelle et efficacité opérationnelle qui avait fait de son prédécesseur une référence.
