POTA : quelle antenne planter dans le décor ? 3/8

POTA quelle antenne

Dans notre précédent article, « POTA : tout le shack dans un sac à dos ! », nous avons vu comment constituer une station portable avec transceiver, batterie, mât, coaxial et quelques accessoires indispensables.

Mais nous avons volontairement laissé de côté un élément essentiel : l’antenne.

Car entre 5 W envoyés dans une antenne correctement installée et 100 W dissipés dans une antenne mal adaptée au terrain, le résultat peut réserver quelques surprises ! Alors, EFHW, dipôle, verticale ou simple fouet télescopique : que faut-il emporter pour une activation POTA ?

La meilleure antenne POTA n’existe pas !

Commençons par casser le suspense : il n’existe pas une antenne idéale pour toutes les activations.

Une antenne excellente au sommet d’une colline peut devenir très encombrante sur une petite aire de pique-nique. Une EFHW ultralégère sera parfaite pour marcher plusieurs kilomètres, mais encore faut-il pouvoir déployer son fil. Une verticale sera autonome au milieu d’une prairie, mais demandera une installation correcte de ses radians.

Le choix dépend donc du terrain, des bandes utilisées, du poids transportable, du temps de montage et du type d’activation.

Les quatre grandes antennes POTA

Quatre antennes pour quatre façons d’activer en POTA : EFHW légère et polyvalente, dipôle simple et efficace, verticale autonome avec ses radians ou fouet raccourci pour une installation express. Le meilleur choix dépend surtout du terrain, des bandes utilisées, de l’espace disponible et du poids que vous êtes prêt à transporter.

L’EFHW : quelques mètres de fil dans le sac

L’End-Fed Half-Wave, ou EFHW, est particulièrement séduisante en portable.

Le principe consiste à alimenter un fil proche d’une demi-onde à son extrémité, où l’impédance est élevée. Un transformateur, généralement autour de 49:1, permet de ramener cette impédance vers une valeur exploitable par le transceiver.

Son principal avantage est son poids : quelques dizaines de mètres de fil et un petit transformateur tiennent facilement dans une poche.

Une EFHW conçue pour 40 m peut également permettre de travailler sur plusieurs bandes harmoniques, selon sa réalisation et son environnement.

Elle peut être installée horizontalement, en sloper ou en L inversé.

Attention cependant : l’extrémité alimentée présente une tension RF élevée. Il faut donc conserver les connexions correctement isolées et hors de portée du public.

Le dipôle : simple, efficace et toujours d’actualité

Deux morceaux de fil, une alimentation au centre : difficile de faire beaucoup plus simple.

Pour déterminer une longueur de départ d’un dipôle demi-onde :

L (m) ≈ 143 / f (MHz)

Sur 14,2 MHz, nous obtenons environ 10 mètres au total, soit approximativement 5 mètres de chaque côté.

En POTA, le montage en V inversé est particulièrement intéressant : un seul mât central suffit, les extrémités descendant vers le sol.

Le dipôle monobande est peu compliqué à régler et offre généralement un excellent rendement. Son principal défaut est justement d’être monobande, sauf à construire une version multibande, par exemple avec plusieurs doublets.

La verticale : quand il n’y a pas un arbre à l’horizon

Une prairie parfaitement dégagée est agréable pour la radio… jusqu’au moment où l’on cherche quelque chose pour accrocher son fil !

Une verticale quart d’onde devient alors une excellente candidate.

Sa longueur théorique de départ est approximativement :

L (m) ≈ 71,5 / f (MHz)

À 14,2 MHz, cela représente environ 5 mètres : parfaitement compatible avec un fouet télescopique ou un petit mât.

Mais n’oublions pas la moitié invisible de l’antenne : les radians.

Le sol et les conducteurs placés à sa base participent directement au fonctionnement de la verticale. Plusieurs radians déployés sur le sol peuvent considérablement améliorer une installation par rapport à un simple fouet planté sur un trépied.

Autre avantage : la verticale rayonne à 360°, ce qui convient particulièrement bien lorsque les Hunters peuvent arriver de toutes les directions.

Le fouet raccourci : monté avant que le café refroidisse

Lorsque l’espace est vraiment limité, un fouet télescopique associé à une bobine ou à un dispositif d’adaptation peut permettre d’être opérationnel en quelques minutes.

C’est particulièrement intéressant depuis une table de pique-nique ou près d’un véhicule.

Mais les lois de la physique ne prennent pas de vacances au parc !

Plus une antenne devient courte par rapport à la longueur d’onde, plus sa résistance de rayonnement diminue et plus les pertes prennent de l’importance. Le phénomène devient particulièrement sensible sur 40 et 80 mètres.

Un fouet compact peut donc être extrêmement pratique sans nécessairement offrir le rendement d’un dipôle grandeur réelle.

Même parc, quatre façons d'installer son antenne

Un même parc, quatre installations possibles : l’EFHW profite des arbres, le dipôle en V inversé demande surtout un mât central, la verticale s’affranchit des points d’accroche mais nécessite de l’espace pour ses radians, tandis que le fouet raccourci se contente de quelques mètres carrés. Avant de sortir l’antenne du sac, observez donc le terrain !

Et le coupleur dans tout ça ?

Un coupleur automatique peut être très pratique en portable, particulièrement lorsque l’on souhaite changer rapidement de bande.

Mais attention à une confusion fréquente :

ROS 1:1 ne signifie pas forcément bon rendement.

Le coupleur adapte l’impédance présentée au transceiver afin que celui-ci puisse transférer correctement sa puissance. Il ne peut pas supprimer les pertes d’une antenne trop courte, d’une mauvaise installation ou d’un système de radians insuffisant.

Autrement dit, le TX peut être parfaitement heureux alors qu’une partie importante des watts chauffe ailleurs !

20 ou 40 mètres : le sac ne sera pas le même

La bande choisie influence directement les dimensions de notre installation.

Sur 20 m, un dipôle mesure environ 10 m et une verticale quart d’onde environ 5 m.

Sur 40 m, nous passons approximativement à 20 m pour le dipôle et 10 m pour le quart d’onde.

Cela explique pourquoi les antennes raccourcies deviennent tentantes lorsque l’on descend en fréquence.

Pour une première activation, le 20 m constitue donc une bande particulièrement confortable en termes de dimensions d’antenne, tandis que le 40 m reste très intéressant pour des liaisons plus régionales selon l’heure et la propagation.

Alors, laquelle mettre dans le sac ?

Voici quelques pistes pratiques :

Situation Solution à envisager
Randonnée / station QRP EFHW légère
Un seul mât disponible Dipôle en V inversé
Aucun arbre disponible Verticale + radians
Très peu d’espace Fouet télescopique
Installation très rapide Verticale ou fouet
Plusieurs bandes recherchées EFHW / multibande
Activation depuis le véhicule Verticale sur support
Rendement privilégié Dipôle résonant

Ce tableau n’est évidemment pas un classement. Chaque terrain peut faire mentir nos prévisions !

Quelle antenne POTA choisir ?

Quelle antenne choisir pour une activation POTA ? À pied ou en voiture, avec ou sans arbres, beaucoup ou peu d’espace : quelques questions suffisent pour orienter le choix entre EFHW, dipôle en V inversé, verticale à radians et fouet raccourci. Il n’existe pas d’antenne universelle : la meilleure sera celle adaptée au terrain… et que vous maîtrisez déjà.

Testez-la avant de partir !

La pire façon de découvrir une nouvelle antenne consiste probablement à la sortir de son emballage au milieu du parc.

Montez-la auparavant dans le jardin ou sur un terrain connu. Mesurez son ROS, vérifiez les bandes réellement utilisables, repérez la longueur des haubans et entraînez-vous à la monter.

Vous découvrirez peut-être qu’il manque un adaptateur, qu’un câble est trop court ou que le fameux mât « ultraléger » se transforme en canne à pêche dès que le vent souffle.

Une activation POTA doit rester un plaisir.

Et finalement, la meilleure antenne POTA sera souvent celle que vous connaissez suffisamment bien pour l’installer rapidement, correctement et sans mauvaise surprise.

Dans notre prochain volet, nous laisserons enfin le matériel tranquille pour passer au trafic : « POTA : 10 QSO avant l’apéro ! » Comment choisir sa bande, se spotter, lancer son CQ et décrocher les dix contacts nécessaires à une activation réussie ?

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