La page Histoire…
Les tous premiers pionniers à avoir installé un poste émetteur autorisé ont, en France, un indicatif qui commence par le N° 8.
Ils ont été dans l’ordre les suivants :
- Mr RISS Boulogne sur Mer (licence accordée le 8 septembre 1921)
- 8AAM. L. DELOY
- 8ABM.*.Nice
- 8ACM.Mr LAGIER Marseille
- 8ACM.Mr J. ROUSSEL Juvisy sur Orge
- 8ADD Mr CORRET Versailles
- 8AE Radio Club de France Paris
Si vous avez d’autres infos, merci de nous les communiquer.
Pionniers, dont F8AB qui fit la première liaison onde courte inter continent entre la France et les État Unis.

Pour la Corse et les DOM-TOM
L’indicatif est composé de 2 lettres, propres au département ou au territoire, puis d’un chiffre pour indiquer la classe et enfin de 2 lettres caractérisant le radioamateur.
Les préfixes sont :
- FG : Guadeloupe
- FH : Mayotte
- FJ : St Barthélémy
- FM : Martinique
- FP : St Pierre et Miquelon
- FR : Réunion ( Glorieuse, Juan de Nova, Tromelin )
- FS : St Martin
- FX : Satellite français du service amateur
- FY : Guyane
- TK : Corse
Ainsi, un radioamateur de classe 2 résidant en Martinique aura un indicatif d’appel du type, FM3XX.
L’histoire des indicatifs radioamateurs français : de 8AA à F4XXX

Pour un radioamateur, l’indicatif est bien davantage qu’un simple identifiant administratif. F8, F3, F2, F1, F5, F6, F0, F4… Ces séries racontent à elles seules une bonne partie de l’histoire du radioamateurisme français.
Et contrairement à ce que pourrait laisser penser la numérotation, elles ne sont absolument pas apparues dans l’ordre !
1921 : tout commence avec 8AA
Au début des années 1920, l’identification internationale des stations amateurs est encore balbutiante. En France, le chiffre 8 est utilisé pour identifier les stations françaises.
Le 13 juillet 1921, l’administration des PTT délivre à André Riss, de Boulogne-sur-Mer, une autorisation sous l’indicatif 8AA. Il est généralement considéré comme le premier indicatif amateur français officiellement attribué.
Suivent notamment :
- 8AB, Léon Deloy ;
- 8BF, Pierre Louis ;
- 8CA, Réginald Gouraud ;
- 8GL, Jack Lefebvre.
Ces indicatifs historiques expliquent pourquoi le chiffre 8 occupe encore aujourd’hui une place particulière dans la mémoire collective des radioamateurs français.
De 8AA à F8AA
Le développement des liaisons à longue distance montre rapidement les limites du système.
En novembre 1923, Léon Deloy, 8AB, réalise avec l’Américain Fred Schnell, 1MO, une liaison transatlantique qui devient historique. Désormais, les amateurs peuvent réellement communiquer d’un continent à l’autre : il devient indispensable de savoir immédiatement de quel pays provient une station.
Les radioamateurs français commencent alors à ajouter une identification nationale à leur indicatif. Après plusieurs systèmes transitoires, c’est finalement le F qui s’impose pour la France.
Les anciens 8AA, 8AB… deviennent ainsi F8AA, F8AB…
Le modèle moderne de l’indicatif français est né : F + chiffre + suffixe.
1934 : arrivée des F3
Le nombre de radioamateurs augmente et la série F8 ne suffit plus.
En 1934, l’administration ouvre donc une nouvelle série :
F3AA, F3AB, F3AC…
Puis, à l’approche de la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle série est créée.
1939 : les F9
En 1939 apparaissent les indicatifs F9AA, F9AB…
La guerre interrompt brutalement cette expansion. L’émission d’amateur est interdite et les installations doivent être déposées.
Il faut attendre 1946 pour que les radioamateurs français puissent progressivement retrouver les ondes. Certaines séries anciennes F8 et F3 devenues disponibles seront ensuite réattribuées.
1952 : les F2
Le développement du radioamateurisme d’après-guerre entraîne une nouvelle augmentation du nombre d’indicatifs.
À partir de 1952, l’administration attribue la série :
F2AA…
Voilà pourquoi, encore aujourd’hui, rencontrer un indicatif F2 à deux lettres évoque généralement une station issue d’une génération ancienne du radioamateurisme français.
1961 : apparition des F1
Une nouvelle série est ouverte en 1961 avec les indicatifs :
F1AA, F1AB…
Puis une autre arrive seulement quelques années plus tard.
1965 : les F5
En 1965, les premiers indicatifs F5 à deux lettres sont attribués.
On trouve donc historiquement des indicatifs tels que :
F5AA, F5AB…
Ces anciennes séries à deux lettres sont aujourd’hui particulièrement reconnaissables sur les bandes.
1967 : les F6 à trois lettres
En 1967, changement important : la série F6 est ouverte avec un suffixe de trois lettres.
On passe donc progressivement du modèle historique :
F8AA
à une forme offrant beaucoup plus de combinaisons :
F6AAA
L’allongement du suffixe permet évidemment de multiplier considérablement le nombre d’indicatifs disponibles.
1968 : le chiffre commence à indiquer la classe
Une évolution importante intervient avec la création du certificat d’opérateur téléphoniste.
À partir de 1968, des indicatifs F1XXX sont attribués à ces opérateurs.
Un titulaire qui réussissait ensuite l’épreuve de télégraphie pouvait accéder à la classe supérieure et changer d’indicatif, par exemple en passant d’un F1XXX à un F6XXX.
L’indicatif ne renseigne donc plus seulement sur l’époque où il a été attribué : son chiffre peut également révéler la classe de certificat détenue par son titulaire.
Les années 1980 et 1990 : FA, FB, FC, FD, FE…
Le système devient encore plus complexe dans les années 1980.
En 1984, de nouvelles séries utilisant notamment les préfixes FA, FB, FC, FD, FE et FF apparaissent.
Cette organisation ne sera toutefois pas définitive. Au début des années 1990, une importante réorganisation simplifie les indicatifs.
En 1993, certaines séries sont transformées : les FC1 deviennent notamment F1, tandis que des opérateurs d’autres séries rejoignent les séries correspondant à leur classe.
Les F0 : l’époque de la licence novice
Autre indicatif resté célèbre : F0XXX.
La série F0 est associée à l’ancienne classe 3, souvent appelée licence novice. Elle permettait d’accéder au radioamateurisme avec des possibilités plus limitées que les classes supérieures.
Ces indicatifs ont joué un rôle intéressant comme porte d’entrée dans le monde amateur.
La classe 3 ayant disparu, les nouveaux indicatifs F0 ne sont plus attribués. La réglementation actuelle conserve néanmoins le chiffre 0 comme référence aux anciens certificats de classe 3.
F1/F5 puis F4/F8
Pendant une période, une logique de progression pouvait donc apparaître dans l’indicatif.
Les séries F1 correspondaient à une catégorie d’opérateurs tandis que l’accès à une classe supérieure pouvait entraîner l’attribution d’un F5.
Lorsque les possibilités offertes par ces séries deviennent insuffisantes, le système évolue encore.
À partir de 1998, les séries F4/F8 sont notamment utilisées, tout en continuant à réattribuer certains indicatifs F1/F5 redevenus disponibles.
2012 : le F4 devient la norme
Une simplification majeure intervient en avril 2012.
Pour les nouveaux radioamateurs, le chiffre n’est désormais plus choisi en fonction des anciennes classes de certificat.
L’administration attribue dorénavant les nouveaux indicatifs personnels métropolitains dans la série :
F4XXX
Ainsi, un nouvel opérateur peut recevoir un indicatif comme F4ABC, indépendamment des anciennes distinctions entre téléphoniste et télégraphiste.
L’ANFR précise que le chiffre 4 est utilisé depuis avril 2012 pour les nouveaux indicatifs délivrés, jusqu’à épuisement du stock disponible.
Que signifient donc les F1, F2, F3, F4, F5, F6, F8 et F9 actuels ?
C’est là que l’histoire devient intéressante.
Aujourd’hui, entendre un F2, F3, F5, F6 ou F8 ne signifie pas que son titulaire possède une licence différente de celle d’un F4 nouvellement attribué. Ces indicatifs constituent surtout l’héritage des anciens systèmes de licences et des différentes périodes d’attribution.
La réglementation conserve ainsi les séries historiques :
F0 : ancienne classe 3
F1 : ancienne classe 2
F2 : ancienne classe 1
F3 : ancienne classe 1
F4 : HAREC ou ancienne classe 2
F5 : ancienne classe 1
F6 : ancienne classe 1
F7 : série en réserve
F8 : ancienne classe 1
F9 : ancienne classe 1
Les séries F2, F3, F5, F6, F8 et F9 constituent donc aujourd’hui de véritables témoins de l’histoire administrative du radioamateurisme français.
Et l’outre-mer ?
Le système français ne se limite évidemment pas au simple préfixe F.
La réglementation utilise des sous-localisations permettant d’identifier différents territoires, par exemple :
FG pour la Guadeloupe, FM pour la Martinique, FR pour La Réunion, FY pour la Guyane, FO pour la Polynésie française, FK pour la Nouvelle-Calédonie ou FW pour Wallis-et-Futuna.
La Corse constitue un cas particulier avec le préfixe TK.
Et les fameux TM ?
Lors d’événements, anniversaires, expéditions ou commémorations, les radioamateurs peuvent également utiliser des indicatifs spéciaux temporaires.
En France métropolitaine, ils commencent généralement par :
TM
On rencontre ainsi sur l’air des TM suivis de chiffres et de lettres créés pour célébrer un événement particulier.
La réglementation prévoit également TO pour plusieurs territoires ultramarins, TX pour certaines collectivités d’outre-mer et TK pour la Corse.
Un indicatif raconte parfois toute une époque
Lorsque vous entendez aujourd’hui F2, F3 ou un ancien F8 à deux lettres, vous n’entendez donc pas seulement un indicatif court et facile à retenir.
Vous entendez un morceau de l’histoire du radioamateurisme français.
En un peu plus d’un siècle, nous sommes passés du mythique 8AA de 1921 aux F4XXX attribués aujourd’hui. Entre les deux se trouvent les F8, F3, F9, F2, F1, F5, F6, les licences téléphonistes et télégraphistes, les novices F0 et plusieurs réformes administratives.
Finalement, les indicatifs français ressemblent un peu à des plaques d’immatriculation historiques des ondes : leur forme permet souvent de deviner l’époque à laquelle leur titulaire est arrivé dans le monde radioamateur.
Et c’est probablement ce qui explique pourquoi un vieil indicatif à deux lettres attire encore immédiatement l’oreille lorsqu’il apparaît au milieu d’un pile-up.
Une petite antenne filaire.

Camp de Mailly le 19 novembre 1874

Quelques opérateurs célébres…

Samuel Morse

Guglielmo Marconi
