POTA : qui m’entend ? PSK Reporter vous le montre ! (10/13)

Banniere POTA PSK Reporter

Dans notre précédent article, « POTA France 2026 : que faire sans coordinateur français ? », nous avons vu que les Activators français pouvaient continuer leurs activités POTA et transmettre directement leurs logs.

Revenons maintenant sur le terrain.

La station est installée, l’antenne déployée et WSJT-X commence à envoyer nos premiers appels FT8. Mais personne ne répond…

Notre signal sort-il seulement du parc ?

Avant d’accuser l’antenne, les 5 watts ou la propagation, ouvrons PSK Reporter. Cet outil peut nous montrer, presque en temps réel, où notre signal numérique est reçu dans le monde.

PSK Reporter, c’est quoi ?

PSK Reporter est un réseau de collecte automatique des signaux numériques décodés par les radioamateurs.

Son principe est simple :

notre station → émission FT8 → station distante → décodage → PSK Reporter → carte.

Si une station située en Allemagne décode notre CQ et utilise un logiciel transmettant ses réceptions à PSK Reporter, notre indicatif peut apparaître sur la carte quelques instants plus tard.

PSK Reporter devient ainsi un formidable outil pour répondre à la question :

« Où suis-je entendu ? »

Et aucun QSO n’est nécessaire !

POTA : Comment votre signal arrive sur PSK Reporter ?

PSK Reporter : ce sont les stations qui vous décodent qui font apparaître votre signal sur la carte.

Comment apparaître sur PSK Reporter ?

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, nous n’avons pas besoin de créer une « activation » sur PSK Reporter.

Ce sont les stations qui nous reçoivent qui transmettent les informations.

Avec FT8 et WSJT-X, utilisons donc des messages standards contenant notre indicatif. PSK Reporter indique que WSJT-X peut reporter les messages standards correctement décodés, alors que les messages non standards ne le sont pas nécessairement.

Pour un Activator POTA, la documentation officielle propose notamment d’ajouter une macro du type :

CQ POTA F4XXX JN18

avec notre indicatif et notre locator.

Si l’indicatif est trop long pour conserver le locator dans le message disponible, POTA recommande d’omettre le locator.

Attention au locator !

Voilà un piège classique du radioamateur portable.

À la maison, WSJT-X connaît déjà notre locator.

Mais notre parc peut se trouver dans un autre carré Maidenhead.

Avant de commencer l’activation, ouvrons donc :

WSJT-X → Settings → General

et vérifions :

My Call → notre indicatif utilisé pendant l’activation
My Grid → le locator réel de notre emplacement

La documentation POTA demande justement de mettre à jour My Grid lorsqu’on opère depuis un emplacement différent.

Sinon, nous risquons de faire croire à tout le monde que notre petite table de camping se trouve toujours dans le jardin de la maison !

Et « Enable PSK Reporter Spotting » ?

Dans :

WSJT-X → Settings → Reporting

se trouve l’option :

Enable PSK Reporter Spotting.

Activons-la : cela contribue au réseau PSK Reporter en transmettant les stations que notre propre WSJT-X décode.

Mais attention à ne pas inverser les rôles.

Cette case n’est pas ce qui permet directement à notre propre signal d’apparaître sur la carte. Pour cela, il faut qu’une ou plusieurs stations distantes nous décodent et transmettent à leur tour leurs réceptions.

C’est le principe collaboratif de PSK Reporter : chacun écoute et renseigne la carte pour les autres.

POTA : WSJT-X : les réglages avant de lancer CQ POTA

Avant d’appeler CQ POTA en FT8, vérifiez votre indicatif, le locator du parc et les paramètres de reporting de WSJT-X.

Faisons l’expérience depuis notre parc

Installons-nous sur 20 mètres en FT8.

Lançons quelques appels :

CQ POTA F4XXX JN18

Puis ouvrons le site PSK Reporter.

Recherchons notre indicatif comme station émettrice et limitons éventuellement l’affichage à la bande et au mode utilisés.

Après quelques minutes, les premiers reports peuvent apparaître.

France…

Belgique…

Allemagne…

Italie…

Et peut-être beaucoup plus loin !

Pour chaque réception, PSK Reporter peut notamment fournir l’indicatif de la station réceptrice, son locator, la fréquence et des informations associées au report.

Nos 5 watts viennent peut-être de traverser l’Europe alors que notre log affiche toujours…

zéro QSO !

PSK Reporter n’est pas un spot POTA

C’est une distinction essentielle.

PSK Reporter dit essentiellement :

« F4XXX a été décodé à cet endroit. »

Le spot POTA dit :

« F4XXX active actuellement le parc F-1234 sur cette fréquence et dans ce mode. »

PSK Reporter ne remplace donc pas le spotting POTA.

En FT8 ou FT4, la longueur limitée des messages ne permet pas toujours d’indiquer la référence du parc. Le guide officiel POTA recommande alors aux Hunters de consulter la page des spots pour identifier le parc activé.

Le bon réflexe reste donc :

se spotter sur POTA + appeler CQ POTA en FT8/FT4.

Les deux systèmes sont complémentaires.

Personne ne répond… mais toute l’Europe m’entend !

Voilà l’une des utilisations les plus intéressantes de PSK Reporter.

Supposons que nous appelions depuis dix minutes sans obtenir de QSO.

Nous regardons la carte et découvrons vingt stations qui nous ont décodés entre -8 et -19 dB.

Conclusion ?

Notre station fonctionne !

L’émetteur sort bien, l’antenne rayonne et la propagation permet à notre signal d’atteindre ces régions.

Le problème est peut-être simplement que personne ne souhaite nous répondre à cet instant.

À l’inverse, après plusieurs appels, aucun report n’apparaît.

Nous pouvons alors vérifier :

fréquence et bande → puissance réellement émise → ROS → antenne → réglages WSJT-X → locator → propagation.

Et avant d’augmenter la puissance, essayons éventuellement une autre bande.

POTA : 5 W : jusqu’où suis-je entendu ?

PSK Reporter permet de visualiser où votre signal FT8 est reçu et à quel niveau, même sans avoir réalisé le moindre QSO.

Et avec GridTracker ?

Les utilisateurs de GridTracker 2 peuvent aller encore plus loin.

Le logiciel travaille avec WSJT-X et peut afficher sur sa carte les informations provenant de PSK Reporter. Une fonction permet notamment de visualiser les endroits où nos transmissions ont été reçues.

GridTracker possède également une intégration POTA : les activations présentes sur pota.app peuvent être affichées sur la carte et le logiciel propose différentes fonctions facilitant la chasse et les contacts Park-to-Park.

Nous obtenons alors un véritable tableau de bord :

WSJT-X pour le trafic → PSK Reporter pour voir où nous sommes reçus → GridTracker pour visualiser → POTA pour l’activation et les spots.

Le petit test F5KEE : 5 W, 1 W… jusqu’où descendrons-nous ?

Profitons maintenant de PSK Reporter pour faire une expérience.

Depuis le parc :

1 — réglons la puissance à 5 W ;
2 — envoyons quelques CQ FT8 ;
3 — observons les reports ;
4 — passons à 2 W ;
5 — recommençons ;
6 — puis essayons 1 W.

Comparons ensuite le nombre et la distance des stations qui nous ont reçus.

Voilà une façon beaucoup plus instructive de tester une station QRP que de simplement regarder le wattmètre !

Vous risquez même d’avoir une surprise :

avec une bonne propagation, 1 W peut aller beaucoup plus loin que prévu.

Lors de votre prochaine activation POTA, lancez donc quelques appels FT8 avant même votre premier QSO et regardez PSK Reporter.

Votre log sera peut-être encore vide…

mais votre signal aura déjà fait le tour de l’Europe !

Pour aller plus loin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.